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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 08:21

            La campagne électorale présidentielle française aborde surtout les sujets liés à l’emploi, au pouvoir d’achat ou la sécurité, ce qui est bien légitime puisque cela correspond à l’attente de très nombreux citoyens. Mais n’est-ce pas le rôle des politiques que d’alerter l’opinion sur les questions prioritaires, avec pédagogie et propositions. C’est ainsi que l’on parle d’économie, sans jamais se préoccuper, ou si peu, ni de la genèse ni de la prospective de ces questions.

Pourtant le mot économie, du grec oikonomia, signifie l’administration de la maison. Le mot écologie lui, vient de oïkos, habitat, et de logos, science ; soit l’étude des êtres vivants dans leur milieu, y compris les Hommes. Il serait donc logique que l’on se préoccupe d’abord d’écologie, puis en fonction de l’état des lieux, que l’on « administre la maison ». Ce raisonnement paraît toujours un peu dogmatique, pourtant c’est de la vie dont il s’agit. Il faut d’abord assurer les besoins primaires (se nourrir, se loger, se déplacer) avant d’envisager autre chose. Si les priorités sont bien celles-ci, où sont donc les propositions ?

Ainsi pour l’eau potable dont la gestion est devenue un défi à relever pour garantir la sécurité alimentaire et qui ne peut être un enjeu de marché. Ceci d’autant plus au moment où l’on découvre que près de 2 millions de Français reçoivent une eau non conforme et que l’agriculture est à l’origine des 2/3 de la pollution de l’eau potable… Il s’agit bien d’une priorité !

De même pour la biodiversité. Si au niveau mondial, de nombreux pays réfléchissent pour prendre en compte le capital naturel dans la vie économique, en France, les décisions reposent sur les bonnes volontés, plutôt que sur une politique ambitieuse, en refusant tout objectif chiffré... C’est bien une priorité !

 Concernant le climat, nous allons devoir nous habituer aux désordres climatiques, malgré les avertissements répétés du GIEC, et à gérer des migrations humaines importantes. Tout cela sans qu’il ne soit question de la taxe carbone qu’il faudra bien décider un jour… Voilà encore une priorité oubliée !

L’agriculture n’est-elle pas une autre priorité, en relation avec l’eau, la biodiversité ou le climat. Il faudrait la réorienter vers l’agro-écologie plutôt… qu’assouplir l’interdiction de pulvériser certains pesticides par voie aérienne, comme vient de le faire le Ministère de l’agriculture…

La question du nucléaire a été évoquée, mais où est la vision globale de la politique énergétique ? La filière a pris l’importance que l’on sait avec beaucoup de doutes sur la sécurité et l’approvisionnement en uranium. Il faut donc préparer une transition pour produire de l’énergie renouvelable et sécurisée.

Un lien doit être établi entre la crise économique et la crise écologique, du fait de l’hyperconsommation. Faute d’y réfléchir avec rigueur maintenant, il faudra bien vivre l’austérité demain…

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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 08:42

 

En janvier 2012, la Cour des Comptes publiait un rapport d’évaluation de la politique d’aide aux biocarburants en dressant un bilan environnemental très discutable, même si son utilité pour la filière agricole est réel. En 2008 déjà, nous avions attiré l’attention sur cette question (http://www.michel-lerond.com/article-25617505.html). Qu’on nous excuse de nous citer nous-mêmes : Le secteur le plus contesté est sans aucun doute celui des agrocarburants, longtemps défendus par l’ADEME, qui persiste dans ses choix, et qui sont maintenant largement considérés comme concurrents des cultures alimentaires, sans compter leurs impacts forts, notamment sur l’érosion de la biodiversité …C’est ainsi qu’en 2003 la France s’est lancée dans la production des agrocarburants sous la pression des céréaliers, en dehors de toute évaluation sérieuse… Une décennie plus tard… la Cour des Comptes recommande de redéfinir cette politique de soutien aux biocarburants. N’est-il pas savoureux de lire la recommandation 5 : acquérir une véritable connaissance, qui fait encore défaut, des données comptables et financières de la filière. Ou encore la recommandation 9 : satisfaire les exigences de transparence vis-à-vis des citoyens, consommateurs et contribuables, en faisant clairement savoir à l’opinion si la politique en faveur des biocarburants est une vraie composante d’une politique de l’environnement ou un simple volet d’une politique agro-industrielle. Nous y voilà, il ne s’agissait donc bien que d’une action de lobbying bien menée ! Mais maintenant que les usines de biodiesel et bioéthanol existent, on ne va pas les fermer et licencier le personnel, ce serait trop ballot…

         Au-delà de cette « embrouille » bien vendue en termes de communication, il est encore temps d’en tirer le meilleur profit. Faisons en sorte que l’agriculture utilise elle-même ses biocarburants pour devenir autonome au plan énergétique. Cela devrait permettre d’expérimenter, évaluer et mettre au point la filière des biocarburants de 2ème génération (la filière lignocellulosique) qui utilise la biomasse végétale des sous-produits de l’agriculture, donc sans concurrence avec les cultures alimentaires. On peut imaginer aussi d’aller plus loin dans cette voie pour rendre les exploitations agricoles autonomes en énergie et même « exportatrices » vers le monde rural environnant. La méthanisation, par exemple, est un procédé qui permet de valoriser les matières organiques (lisiers, boues de stations d’épuration des eaux, tontes de pelouses, déchets agro-alimentaires, de cantines, etc.) en produisant du biogaz. En Haute-Normandie, de nombreux projets existent, à l’image de Capik-Ikos en service à Fresnoy-Folny en Pays de Bray (www.capseine.fr/IMG/pdf/dossier_presse-web.pdf).

         Des solutions énergétiques innovantes existent, elles permettent de construire l’avenir pourvu qu’on les évalue en privilégiant l’intérêt collectif plutôt que celui de tel ou tel corporatisme.

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 11:23

 

A la veille de commémorer le centenaire de la première guerre mondiale de 1914-1918, le 20ème siècle est bien derrière nous. Ce siècle aura été marqué par deux guerres mondiales, des conflits innombrables, des génocides terribles, mais aussi par une accélération de la consommation de toutes sortes de produits. Après une amorce entre les deux guerres mondiales, cette consommation est devenue frénétique pendant les « 30 glorieuses », 1945-1975, pour devenir préoccupante à la fin du siècle, au moment où l’on prenait conscience des limites de notre planète. 

La brillance ce fut, de façon anecdotique mais significative, cette ampoule allumée dans la caserne des pompiers de Livermore aux Etats-Unis en 1901 et qui a brillé près d’un million d’heures jusque maintenant sans jamais avoir été éteinte ! Preuve s’il en est de la possibilité de performance technique.

L’obsolescence, ce fut l’harmonisation de la durée de vie des ampoules à incandescence ramenée à 1 000 heures, dans le monde entier dans les années 1920, au motif « qu’un article qui ne s’abîme pas est une tragédie pour les affaires »… C’est ce que l’on appelle l’obsolescence programmée qui regroupe les techniques visant à réduire la durée d’utilisation d’un produit afin de contraindre à son remplacement. Cette technique est d’autant plus performante si les producteurs d’un produit donné ont une position de monopole sur le marché.

Le film « Prêt à jeter », de la réalisatrice allemande Cosima Dannoritzer raconte l’histoire de ce concept, avec des exemples concrets (http://www.arte.tv/fr/3714422,CmC=3714270.html). Les exemples les plus connus sont sans doute, après les ampoules, les bas nylon « retravaillés » pour filer, les imprimantes conçues pour bloquer l’impression au-delà d’un nombre déterminé de copies ou les systèmes informatiques élaborés de façon à être incompatibles avec d’autres versions… Cela ne va pas sans un conditionnement du consommateur par la publicité pour lancer des modes et le convaincre de la nécessité de consommer des produits sans cesse renouvelés.

Cette surconsommation, ainsi organisée avec méthode, contribue à la diminution drastique des stocks de matières premières disponibles sur la planète. A l’autre bout de la chaîne, les déchets « non intéressants » pour les pays occidentaux arrivent par conteneurs dans des pays en développement trop peu scrupuleux, avec des conséquences environnementales dramatiques : pollutions des sols et des eaux par des produits toxiques et contamination des populations.

L’obsolescence programmée des produits n’est-elle pas aussi celle de notre planète ? Que ferions-nous sur une planète obsolète, « périmée du fait du progrès et de l’évolution technique »… Que le 21ème siècle soit celui de la brillance !

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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 08:56

 

PRQA, PPA, ZAPA, PDU, PLU, PCET, SCoT, SRCAE, PP. Dit comme cela, et prononcés à haute voix, on pourrait se demander si tous ces plans ne risquent pas de nous provoquer une insuffisance respiratoire… Pour reprendre une bouffée d’oxygène, on peut ajouter les PREPA ou encore le PNSE décliné en PRSE, qui vise justement la Santé-Environnement. Expliciter tous ces sigles n’a que peu d’intérêt puisque, s’ils concernent tout le monde, ils n’intéressent que bien peu de gens… (Voir http://www.airnormand.fr/ publications, l’Air Normand).

Certes tous ces outils ont leurs propres objectifs, ils sont certainement performants et témoignent de la volonté de l’Etat de prendre à bras le corps les problèmes de qualité de l’air et de climat. C’est une avancée incontestable. Comme le dit l’article 1er de la loi sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie (LAURE) de 1996 : « … Cette action d’intérêt général consiste à prévenir, à surveiller, à réduire ou à supprimer les pollutions atmosphériques, à préserver  la qualité de l’air et, à ces fins, à économiser et à utiliser rationnellement l’énergie… ». Bravo pour les intentions, quant aux moyens d’y parvenir… Certes l’atmosphère est un milieu complexe qui concerne une multitude d’activités et d’acteurs, pour ainsi dire toutes les activités et tous les acteurs. En effet, on peut vivre sans eau quelques jours tout au plus, mais on ne peut vivre sans air au-delà de quelques minutes !

         On est bien là dans un des travers français qui consiste à « réunionner », se concerter, planifier, pour finalement… oublier. Ne risque-t-on pas de voir pour l’air se reproduire ce que l’on a déjà connu pour l’aménagement du territoire, depuis plus de 30 ans, qui à force de multiples plans et schémas nationaux, de Schéma d’aménagement de la Basse Seine, de Directive territoriale et d’aménagement, de Schéma régional d’aménagement et de développement durable, et j’en passe, et malgré tout cela, c’est 40 ans plus tard que l’on commence à envisager, enfin, qu’il puisse exister un jour une liaison ferroviaire entre Caen et Le Havre !

         Se concerter et planifier, c’est très bien et même indispensable. Mais il faut le faire avec cohérence et la volonté d’AGIR. S’agissant de l’air et du climat, il conviendrait sans doute de regrouper tous ces plans dans UN plan national, décliné en plans REGIONAUX, applicables dans le cadre d’une REGLEMENTATION effective. A trop vouloir planifier indéfiniment, on prend le risque de manquer d’air !

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 18:51

 

 

Pour utopique qu’elle soit, la question mérite d’être posée et elle l’est par un certain nombre d’agriculteurs, les partisans de l’agriculture biologique en premier lieu. Certains prétendent s’en passer totalement, mais ce point de vue n’est pas unanime.

Pourtant, des études récentes démontrent le lien existant entre la présence de tumeurs cancéreuses et l’exposition aux pesticides chez les agriculteurs. Bien que la dangerosité des produits soit avérée, tout le monde n’est pas convaincu qu’il soit possible de supprimer totalement les pesticides en agriculture, eu égard leur efficacité anti parasites, sans vraie solution de remplacement. Toutefois, dans le cadre du plan Ecophyto de 2008 visant à réduire de 50 % l’utilisation des pesticides, 1 000 fermes expérimentales ont été mises sur pied avec le soutien de l’Etat pour étudier les conséquences des modifications de traitements.

Les mentalités ont évolué sur cette question taboue et un consensus semble se dégager sur la nécessité de diminuer les doses. On constate en effet l’apparition de parasites résistants aux pesticides, et donc une diminution des rendements, mais aussi la montée des préoccupations sanitaires pour les agriculteurs et le souci de réduire les coûts de production. Il reste à apporter la preuve des résultats pour convaincre plus largement.

Certaines préoccupations sont encore à la recherche de réponses, comme par exemple les cultures qui sont sans solution face aux attaques de maladies, notamment dans le domaine du maraîchage. Les agriculteurs attendent donc qu’on leur propose des solutions alternatives, sans impact sur l’utilisateur, le consommateur et l’environnement. Il faudrait d’abord sortir du piège qui consiste à faire conseiller les agriculteurs par les vendeurs de produits phytosanitaires ! Un organisme de conseil indépendant est indispensable pour orienter les techniques de culture vers une réduction des pesticides.

Il faudrait aussi se réorienter vers l’agro-écologie afin que l’espace agricole produise lui-même ses auxiliaires. Il faut pour cela revenir à des pratiques de bon sens comme les rotations des cultures, l’association culture – élevage, la préservation des haies, mares et talus, pour maintenir les habitats des auxiliaires naturels des cultures.

Alors, tout bio et sans pesticides ? Peut être un jour, mais allons progressivement pour assurer une transition écologique qui permette aussi de faire manger tout le monde, en se donnant en première urgence les outils indispensables de recherche et de conseil. Les choses avancent, réjouissons nous, mais il faut faire vite. Les Français attendent une autre relation entre l’agriculture, la nature et leur santé.

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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 16:23

     C’était au début des années 2000 dans un pays qui se croyait encore grand, mais qui en réalité était bien riquiqui. Il s’agissait de désigner le roi du carnaval du mardi-gras parmi les animaux qui peuplaient ce pays.

Depuis un moment déjà, on entendait dans le lointain un bruit sourd qui se rapprochait. Le bruit prit de l’ampleur et le rythme devint plus rapide : ranplanplan, ranplanplan ! A la tête d’un grand nuage apparut un éléphant et à ses côtés une souris très agitée. Tous deux allaient bon train et, passant à notre niveau, on entendit la souris dire, en se retournant : « t’as vu toute la poussière qu’on fait ». Lui s’appelait Lafinance et elle, la petite souris, Sacari. Il y eut effectivement beaucoup de poussière, mais si l’on revit souvent Lafinance, Sacari n’avait fait que passer… Il y avait aussi un certain Ohla qui prétendait avoir été éléphant, au Péesse disait-il. Mais après un régime drastique il était devenu un canard, assez majestueux c’est vrai, qui essayait d’imiter le paon faisant la roue. Et puis il y avait ce serpent, persiflant sans cesse, non sans une certaine vérité dans la tonalité, celui-là c’était Coudetorchon. Et puis Lamarine, cette otarie qui faisait beaucoup de bruit en frappant sans cesse ses nageoires sur le sol, mais sans avancer vraiment. Parmi ce joyeux carnaval des candidats au trône, on notait aussi la présence de Béret, que certains appelaient Bénet, un gros chat qui roulait toujours au milieu de la route avec son tracteur.

Il y avait aussi un vieux lion de Belfort à la crinière défraîchie, Leutché, mais il s’était rendormi après avoir poussé un vague rugissement à peine audible. De même pour Cricri la grenouille, qui ne s’écartait jamais beaucoup du bénitier, et qui après avoir sautillé en tous sens était allée jouer avec Sacari la souris. Tout comme Morue le chacal, qui se donnait des airs guerriers pour finalement rejoindre Cricri et Sacari.

Et au-dessus de tout ce petit monde, volaient d’innombrables mouches, ne sachant trop vers qui se diriger. Et puis des abeilles butinaient de fleur en fleur pour ne retenir que le meilleur et faire avancer le monde malgré tout, avec un regard méprisant pour ce carnaval un peu… dérisoire. Quant aux moustiques, ceux-là piquaient tout un chacun pour profiter, sans rien donner.

Mais que n’ont-ils pas vu, ces pauvres animaux, que la désignation de leur roi était bien factice, puisque bien sûr, c’était le gros éléphant Lafinance, qui écraserait tout le monde. A moins qu’un jour les mouches, et surtout les abeilles, ne s’organisent en ruches bien construites et autogérées pour envoyer Sacari, Ohla, Béret et tous les autres, et surtout Lafinance, dans des maquis douteux ou vers les bas fonds.

PS (Il faut comprendre post scriptum) : ceci n’est qu’une fable et toute ressemblance avec des animaux existants ou ayant existé serait purement fortuite.

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 08:24

         Un antibiotique est destiné à tuer des bactéries pouvant générer une maladie, mais il est totalement inefficace contre les virus. Ainsi on peut soigner la pneumonie ou la coqueluche, maladies d’origine bactérienne, avec un antibiotique, mais pas le rhume ou la grippe, dues à des virus. Dès lors, il convient de bien adapter le traitement à chaque cas et de ne pas prendre des antibiotiques « par habitude », comme si ce remède soignait tout, tout de suite. D’où la campagne d’information « les antibiotiques, c’est pas automatique ».

En effet, la France est le pays le plus consommateur d’antibiotiques en Europe. Certes la découverte des antibiotiques a révolutionné la médecine et sauvé des millions de vie. Pour autant, ce ne sont pas des remèdes miracles et leur abus peut provoquer l’adaptation de certaines bactéries qui deviennent alors résistantes. C’est pourquoi, depuis quelques années, on voit apparaître des souches de bactéries qui sont insensibles aux antibiotiques habituels. La campagne d’alerte a porté ses fruits et a permis de recadrer l’emploi de ces médicaments.

Mais comme souvent dans notre société complexe, si la campagne « médicale » a été efficace, elle souffre par ailleurs d’une incohérence notoire du fait de la contamination de l’environnement un peu… automatique, par les antibiotiques. Bien que les stations d’épuration soient de plus en plus performantes, elles laissent passer des produits médicamenteux provenant de nos toilettes. Les doses sont minuscules, mais néanmoins elles préoccupent les médecins quant aux conséquences à long terme d’une absorption régulière, même à doses très faibles. Les résidus d’antibiotiques se retrouvent, de ce fait, dans les cours d’eau, les nappes souterraines et même notre alimentation puisque l’industrie agroalimentaire a souvent recours aux antibiotiques (de façon illicite) pour la nourriture des bœufs, veaux, et surtout porcs, lapins et volailles afin d’en accélérer la croissance. Si bien que ces produits se retrouvent, en quantités infimes c’est vrai, dans notre alimentation. Les quantités d’antibiotiques vétérinaires utilisés en France sont de l’ordre de 1 000 tonnes par an.

La mobilisation politique est générale sur cette question : la Commission européenne a interdit l’utilisation des antibiotiques pour stimuler la croissance des animaux depuis 2006, et a mis au point, fin 2011, une « stratégie quinquennale sur la résistance aux antimicrobiens ». Le ministère français de l’agriculture prévoit 40 mesures préventives à cet égard .

Afin de ne pas participer nous-mêmes à cette contamination, faible mais généralisée, il convient de ne pas jeter d’antibiotiques périmés ou inutilisés, dans les toilettes ou la poubelle et les rapporter au pharmacien ou à la déchetterie dans la case « produits toxiques ».

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 08:15

 

La Renaissance fut une période de renouveau artistique, littéraire et scientifique qui marque essentiellement le XVI ème siècle avec débordements variables, selon les auteurs. C’est alors une véritable révolution de la pensée qui transforme radicalement le rapport de l’Homme à la nature, au monde et à Dieu. Les progrès en astronomie font prendre conscience que la terre est ronde et tourne autour du soleil. L’Homme prend conscience d’appartenir à la nature et la création artistique s’ouvre au-delà de la religion. On assiste alors à la naissance d’une identité européenne qui va générer des expéditions maritimes au-delà des mers. Celles-ci permettent de découvrir d’autres mondes avec des conséquences économiques importantes. L’imprimerie est l’une des inventions les plus fabuleuses, permettant une large diffusion des connaissances. Avec la découverte d’un nouvel idéal humaniste et la rupture avec l’assujettissement à la religion, la Renaissance fonde la pensée moderne. Cela c’était hier.

Aujourd’hui nous vivons à l’anthropocène, une époque géologique au cours de laquelle l’influence de l’Homme sur la planète est devenue prédominante par rapport aux facteurs naturels. Cette époque aurait commencé à la fin du XVIII ème siècle et prendrait fin vers 2050. C’est la période qui correspond à ce que nous avons décrit par ailleurs comme étant les ères industrielle et de la communication (http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=24878). La crise actuelle est non seulement financière et économique, elle est aussi écologique, politique et morale, en France, en Europe et largement sur toute la planète. Nous vivons dans une sorte de monarchie planétaire où toutes les activités se réduisent au sacro-saint marché… (Voir aussi http://www.michel-lerond.com/article-etes-vous-bien-notes-97239825.html).

La situation est-elle pour autant devenue irréversible ? On peut craindre que l’Homme n’ait pas de raison suffisante pour modifier radicalement le fonctionnement de cette ère de consommation inféodée au productivisme. Si c’est le cas, cette addiction à la croissance va inévitablement se désintégrer… sauf si les jeunes générations inversent le courant. On pourrait établir de nombreux parallèles entre des signes précurseurs actuels et ceux de la Renaissance : 1) notre rapport à la nature est en pleine évolution avec la prise de conscience qui se fait sur l’état de la planète, 2) internet est une technologie en train de révolutionner la communication planétaire et 3) le monde se libère des dogmes politiques et religieux, même si demeurent certains intégrismes. Les prémices d’une gouvernance mondiale sont là pour une vraie réconciliation entre l’Homme et la nature. Vite les jeunes, le monde est à refaire, quel challenge que d’inventer une nouvelle Renaissance !

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 08:42

 

          En juin 2012, Rio de Janeiro accueillera le Sommet de la Terre, 20 ans après le premier sommet de Rio, 40 ans après la conférence de Stockholm, véritable début de cette réflexion planétaire qui voudrait parvenir à une gouvernance mondiale de l’économie verte. Cette perspective est riche d’espoir, mais est-ce pour autant que les nations sont en cohérence avec ces objectifs ?

Ainsi au Brésil même, le démantèlement des lois de protection des forêts est en cours, permettant une déforestation massive aux dépens de l’énorme poumon vert que représente la forêt amazonienne (voir aussi http://www.michel-lerond.com/article-notre-poumon-est-malade-84135155.html). Le nouveau code forestier va ainsi répondre aux exigences des lobbies agricoles qui souhaitent la disparition de la « réserve légale » (mécanisme de sauvegarde de la flore), afin de pouvoir mettre en culture la totalité de leurs terres. Le conflit entre écologistes et lobby agricole tourne au tragique avec assassinats de militants… Les accords commerciaux entre les producteurs locaux de soja et les Chinois ne sont pas faits pour arranger les choses.

En Amérique centrale aussi, au Guatemala, la course à la terre génère une pression qui accélère la déforestation. La forêt primaire a régressé de 30 % en dix ans, pour laisser place à la culture massive du palmier à huile et à l’élevage extensif de bovins. La forêt primaire est aujourd’hui, surtout perçue comme un moyen d’atténuer les effets du changement climatique, en constituant des puits de carbone. La concentration des exploitations agricoles va bon train et les petits paysans n’ont plus de terre, plus d’endroit à cultiver, plus de bois de chauffe… et éventuellement des difficultés d’accès à l’eau qui se trouve sur des terres ne leur appartenant plus. De grands groupes agro-industriels acquièrent les terres pour mettre en place des mono-cultures intensives sur des milliers ou… des centaines de milliers d’hectares ! Les populations rurales dépossédées constituent alors une main d’œuvre bon marché.

En Afrique les Chinois et les Indiens, à la recherche de ressources pour nourrir leurs populations, sont en première ligne pour louer ou acheter des terres, mais les occidentaux ne sont pas en reste et on a même relevé parmi les investisseurs… des universités américaines, dans le plus grand secret.

Les forêts de la planète absorbent environ 1/3 du CO2 émis dans le monde par les combustibles fossiles, c’est dire quelles seront les conséquences de la déforestation, surtout des forêts tropicales qui constituent la moitié des puits de carbone de la planète.

Dans ce contexte, le prochain « Rio+20 » ne sera-t-il qu’une grand messe de plus ? Tout reste possible, et la création enfin envisagée, d’une Organisation mondiale de l’environnement constitue un espoir sérieux.

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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 08:13

 

Claude DOUYER est un agronome ayant effectué toute sa carrière à Rouen. Administrateur de la Société Centrale d’Agriculture, il est passionné par l’histoire du monde rural et de l’agriculture. C’est ainsi qu’il s’est intéressé, entre autres, à l’histoire des moulins à eau jalonnant nos rivières, à l’histoire des laiteries ou… à l’histoire de la betterave sucrière. Son souhait est de rassembler le maximum d’informations, aussi précises que possibles, afin qu’elles ne soient pas perdues. Il participe ainsi à la valorisation d’un patrimoine régional et à sa transmission à un public qui, le plus souvent, n’a pas connu le ruralisme qu’il évoque. C’est un homme d’analyse, plus que de synthèse, ce qui confère à ses publications un aspect très documenté et technique.

Son ouvrage « LA BETTERAVE SUCRIERE EN PAYS DE CAUX. Deux siècles d’histoire », de 152 pages, est une véritable encyclopédie sur le sujet traité. Après une approche historique et agronomique sur les origines de la betterave, de Mésopotamie au Pays de Caux, sont fournis les chiffres relatifs à l’évolution de la culture, en terme de surfaces et de rendements. Puis les différentes sucreries ayant existé en Pays de Caux sont passées en revue, avec description de leur installation, types d’activités, etc.

Monsieur Bernard Boullard et moi-même, qui avons analysé cet ouvrage, avons noté sa grande richesse et sa précision, allant jusqu’à citer les agriculteurs impliqués dans cette culture au fil du temps, avec mention des surfaces, des variétés cultivées et des pratiques agronomiques. Sa rédaction est très concise, bien structurée et organisée de façon à permettre des recherches aisées. Une illustration dense de photos anciennes complète le texte et concrétise les aspects patrimoniaux, tant en ce qui concerne le matériel agricole, les pratiques anciennes que les bâtiments des sucreries. Sa richesse en fait un document de référence sur une activité qui a connu des évolutions considérables en deux siècles. Bien que la sucrerie de Fontaine-le-Dun soit la seule encore en activité (sur 5 autrefois), la production de betteraves sucrières occupe 10 000 hectares en Seine-Maritime, ce qui permet une production de proximité pour un produit courant comme le sucre, ce qui nous ramène à des préoccupations très contemporaines en matière de développement soutenable.

Cet ouvrage constitue un témoignage important du régionalisme normand, en matière agricole, c’est à ce titre qu’il a été récompensé par le prix Guérout, attribué le 17 décembre 2011 par l’Académie des sciences, belles lettres et arts de Rouen.

Ouvrage à commander à documentation@seine-maritime.chambagri.fr, Thierry Decaux, tel. 02 35 59 47 17 – 12 €.

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