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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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14 novembre 2021 7 14 /11 /novembre /2021 10:06

Alors qu’elle constitue une préoccupation importante pour l’environnement, la démographie reste largement un sujet tabou. Mais voilà que les choses changent ! Alors que la maternité était une évidence pour tous les couples depuis des siècles, près de 5 % des Françaises ne souhaitent pas avoir d’enfant, pour diverses raisons : ambition professionnelle, désir de liberté et aussi pour des raisons écologiques. Des jeunes couples, pensent en effet que la surpopulation de la Terre a des conséquences désastreuses en matière de consommation et donc de pérennité de notre espèce. Certains couples souhaiteraient plutôt adopter un enfant, pour le sortir de la misère, que de le concevoir.

Dans ces choix, on constate des différences entre sexes. Les hommes font ce choix plutôt pour privilégier leur liberté et ne pas s’imposer des contraintes à vie, alors que les femmes ne souhaitent pas procréer dans un monde plein d’incertitudes. L’éco-anxiété prend là toute sa mesure, avec en France 74 % des jeunes qui trouvent l’avenir effrayant en 2021 ! Les jeunes Finlandais (56 %) sont plus « optimistes » et les plus pessimistes sont les Philippins (92 %). Faute de pouvoir agir directement sur les grands défis environnementaux, dépités devant l’incurie des dirigeants, de plus en plus de jeunes Terriens refusent d’exposer leur possible enfant à des catastrophes  engendrées par les activités humaines. On est dans la désespérance.

On peut bien sûr s’interroger sur ce courant de pensée qui prend de l’ampleur. Certes, enfanter c’est assurer notre espèce de perdurer, mais sur une planète surpeuplée, cela interroge. Cela dit, si bien même les Français, ou les Européens ne faisaient plus d’enfants, la conséquence sur la démographie mondiale serait insignifiante. C’est plutôt en Chine, Inde, Afrique ou Amérique du Sud qu’il faut intervenir. On peut aussi penser que ce sont les enfants qui naissent aujourd’hui qui trouveront des solutions pertinentes aux grands défis que les générations antérieures ont engendrés.

Ce grand débat naissant n’est pas simple, mais il a au moins le mérite de poser le problème clairement, en transcendant le tabou. Cette nouvelle attitude affiche ainsi une grande inquiétude, interpelle sur la démographie planétaire et aiguise la notion de solidarité entre les civilisations dans la mesure où de plus en plus de jeunes pensent que, plutôt que faire des enfants sur une planète surpeuplée, il faut mieux prendre soin des personnes déjà présentes en adoptant des enfants à qui on peut redonner une chance. Notre proposition 79 de « Les clés de notre avenir » reprend l’appel de 2017 de 15 000 scientifiques : « Déterminer à long terme une taille de population humaine soutenable et scientifiquement défendable tout en s'assurant le soutien des pays et des responsables mondiaux pour atteindre cet objectif vital ».

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7 novembre 2021 7 07 /11 /novembre /2021 08:22

La France est un pays de ronchons… on ne le sait que trop ! Voilà bien longtemps en effet que les Français s’enlisent dans des querelles entre ceux qui pensent que « tout est foutu » et ceux qui assurent que « de toute façon, on va s’en tirer »… Avec un peu de clairvoyance et de méthode, on pourrait échapper à cette opposition aussi simpliste que stérile, ce qui est l’avis d’une France sans doute majoritaire, mais silencieuse. Dans les conversations de salon, ou de bistrot, on confond souvent court terme et long terme, la pandémie de Covid-19 et l’urgence climatique sont là pour nous le rappeler. Gardons la tête froide et regardons les choses avec le recul nécessaire.

La France est un des pays les plus redistributifs qui soit, où « on gagne plus à rien foutre qu’à travailler ». Sans doute y a-t-il des réajustements à faire entre les allocations de toutes sortes, mais comment se fait-il que le nombre de pauvres (moins de 60 % du salaire médian) ne cesse de progresser, alors même que la fortune des 1 % des ménages les plus aisés a encore cru du fait de la progression des revenus du capital. De plus en plus d’entreprises prennent conscience de cet état de fait et, même si cela peut surprendre, se remettent en cause pour assurer à leurs employés un « salaire décent » ou évoluer vers des « entreprises à mission », afin de retrouver une raison d’être. Ne soyons pas naïfs, ces initiatives restent marginales du fait d’un immobilisme des institutions, des modes de gouvernance et des grandes écoles. Cette évolution reste lente, mais… on avance et il n’y a rien de tel que la valeur de l’exemple.

Derrière ces évolutions, il y a vous, il y a moi ! En effet, si les entreprises bougent, c’est surtout sous la pression des investisseurs qui eux-mêmes subissent la pression de la société civile qui s’inquiète de savoir « à quoi sert l’argent ? » : je demande à la banque que mon fric ne serve pas à financer des entreprises polluantes, des entreprises qui font travailler des enfants ou qui ne respectent pas l’égalité homme-femme… sinon, ou si vous êtes incapables de le prouver, j’enlève mon fric. Que vaudrait une banque… sans argent ? Que deviendrait une entreprise sans financement bancaire ? C’est vous, c’est moi qui en décidons !

Quand un patron du CAC 40 gagne 200 à 300 fois le salaire médian des salariés de son entreprise, il ne s’agit plus de réformer, mais de changer, de repenser notre économie. Les crises du climat et de la biodiversité, aux conséquences redoutables, vont générer des restrictions difficiles à faire accepter par le plus grand nombre, elles ne pourront l’être qu’avec plus d’équité, de justice sociale, en repensant nos modes de vie, car là aussi c’est vous, c’est moi, qui décidons de changer pour avancer. C’est la proposition 46 de « Les clés de notre avenir » pour contribuer à inventer une sociale-économie.

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31 octobre 2021 7 31 /10 /octobre /2021 07:42

Même si on le sait peu, voilà bien longtemps que l’on a pris conscience des menaces qui pèsent sur la biodiversité et que l’on a mis en place des mesures de protection, dès le XIXème siècle. C’est en 1913 qu’est créé le Parc national de l’Oisans dans les Alpes, sans véritable statut officiel, puis en 1960 est créé le statut de Parc national français (50 ans après la Suède…) avec le premier parc, celui de la Vanoise. Un parc national est une zone naturelle classée du fait de sa richesse exceptionnelle. Il en existe 11 dont 8 en métropole et 3 outre-mer. Qu’en est-il maintenant au moment où l’avenir de la biodiversité est devenu un enjeu mondial de première importance ?

          Au plan international, les réserves de biosphère ont été créées en 1976 par l’UNESCO pour concilier la conservation de la biodiversité et le développement soutenable. Une réserve de biosphère ne se superpose pas aux législations nationales existantes et peut être transfrontière ou intercontinentale. Les acteurs impliqués dans la gestion doivent intégrer la conservation de la biodiversité, mais aussi le développement économique, ce qui implique que la population soit impliquée dans les prises de décision. Il s’agit de démontrer que l’homme peut utiliser la biodiversité sans la détruire. En 2021, on dénombre 727 réserves de biosphère dont 21 transfrontières réparties dans 132 pays, concernant une population d'environ 170 millions habitants sur 5 % de la surface de la planète. L’objectif final est de couvrir 30 % de la surface terrestre en réserves de biosphère avant 2030… demain !

          La France compte 16 réserves de biosphère, dont 2 nouveaux sites en Martinique et en Moselle-Sud depuis le 15 septembre 2021. En Martinique, c’est l’ensemble du territoire terrestre et marin qui se trouve ainsi protégé pour préserver à la fois les richesses naturelles et culturelles. En métropole, le département de la Moselle voit ainsi protégé 139 257 ha avec pentes montagneuses, vallée mosellane, forêts et zones humides, soit 22 % de la surface du département qui compte un peu plus d’un million d’habitants ! De quoi méditer…

Voilà bien une orientation à privilégier pour préserver efficacement la biodiversité au niveau local dans un contexte mondial, alors que les Parcs naturels régionaux sont devenus obsolètes dans la mesure où les communautés de communes disposent quasiment des mêmes moyens pour agir, ce qui nous a amené à proposer d’étendre à tout le territoire les vocations des PNR (proposition 21 de « Les clés de notre avenir »).

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24 octobre 2021 7 24 /10 /octobre /2021 08:42

Pendant des siècles les activités agricoles se transmettaient de génération en génération, comme une évidence. Les choses changent et il n’est plus rare que des jeunes citadins, sans lien familial avec l’agriculture, souhaitent devenir paysans. Cela ne se fait pas sans difficulté, compte tenu des usages pour la transmission des terres, y compris en France, ce qui favorise l’appropriation des terres par les plus riches, aux dépens des petits exploitants et des jeunes qui voudraient s’installer. C’est ce qui a motivé, à une échelle locale en début de cette année 2021, la création d’un collectif de Veille citoyenne agricole et forestière brayonne afin d’alerter sur l’urgence à défendre les cultures et les paysages. Au fur et à mesure des successions, le contexte juridique spéculatif de l’agriculture favorise les céréaliers pour amener à des fermes de plusieurs centaines d’hectares, aux dépens de petits exploitants qui voudraient s’installer sur quelques hectares, pour faire par exemple du bio et mettre en place des circuits courts. Cela concerne d’autant plus les éleveurs, majoritaires en Pays de Bray, qui pratiquent un métier complexe et très prenant. Il s’agit donc pour ce collectif de « sensibiliser, informer et lever les tabous ». Cet état de fait n’est pas sans impact sur les paysages, dans la mesure où le labourage intensif réduit la biodiversité et accélère la disparition du bocage. C’est ainsi qu’en Pays de Bray, 5 % des surfaces en prairie disparaissent chaque année, haies arrachées et mares comblées pour laisser libre cours à des engins agricoles de plus en plus gros.

Actuellement, environ un tiers des créations d’activités agricoles sont le fait de personnes non issues de familles paysannes, soit un doublement en 10 ans. Ces « nouveaux paysans » sont motivés à la fois par une recherche de mieux vivre individuel, un souhait de faire évoluer la société rurale et de vivre avec la nature. Pour ces néoruraux, devenir agriculteur, c’est choisir la passion de la terre en connexion avec la nature, en somme produire soutenable. Les activités les plus recherchées sont le maraîchage, la viticulture, l’apiculture ou l’élevage ovin. Mais ce n’est pas si simple, et il faut d’abord trouver des parcelles disponibles, le premier défi à relever… On assiste ainsi à un renouvellement des générations agricoles, à l’apparition d’un nouveau visage de l’agriculture française, ce qui est bien encourageant pour l’avenir au moment où 1/3 des agriculteurs se préparent à prendre leur retraite d’ici 2023…

C’est dans cet esprit qu’un projet de loi est à l’étude pour lutter contre l’accaparement des terres et récupérer du foncier pour l’installation des jeunes. D’ores et déjà, le collectif de Veille citoyenne agricole et forestière brayonne contribue à sensibiliser sur cette question et assister les nouveaux exploitants. Il y a urgence !

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17 octobre 2021 7 17 /10 /octobre /2021 09:20

Comme rappelé tout récemment, il y en a marre de ce déni devant les menaces qui pèsent sur l’avenir de nos enfants et petits-enfants, et plus largement sur l’Humanité. Sans doute la pédagogie est-elle l’art de la répétition, mais il y a un moment où il faut se résumer pour y voir plus clair et passer à autre chose. Sans égocentrisme (ou pas trop !) il peut être utile de se référer à son expérience personnelle pour mieux comprendre l’évolution du monde.

Sans doute, l’histoire le dira, le passage entre 20ème et 21ème siècle, de 1950 à 2050 pour caler les choses, marquera l’humanité avec des transformations énormes sur un temps très court à l’échelle historique. En me référant à ma propre vie, il me semble bon de rappeler combien cette période a vu une littérale révolution technologique, en particulier informatique, une mondialisation des relations et échanges comme jamais connue, une érosion de la biodiversité qui n’est pas sans rappeler la disparition des dinosaures, et un dérèglement du climat comme l’humanité n’en a jamais connu, pour enfin se terminer par un effondrement de notre civilisation basée sur des fondements irrationnels, irréfléchis et inconséquents. Un siècle de feu d’artifice… qui se termine mal !

Pour ma part donc, né en 1945, j’ai vécu mes premières années à la campagne, dans une maison sommaire, sans toilettes ni confort. Mon père exploitait la petite ferme avec un cheval. C’est dans les années 1955 qu’est arrivé le tracteur, puis une première voiture. Je n’ai eu chez moi la télévision et le téléphone que vers 1980, puis un petit ordinateur en 1991 et un smartphone vers 1995. Aujourd’hui j’ai tout cela et suis sur les réseaux sociaux. Une révolution technologique !

Mes parents n’avaient guère « voyagé » au-delà d’une cinquantaine de kilomètres autour de leur village d’origine. Personnellement, j’ai créé un club international de naturalistes, en communiquant par courrier postal, en 1961, puis effectué quelques voyages, de loisirs ou professionnels, dont la Norvège en 1976 ou la Réunion vers 1995. Mes enfants ont effectué de multiples voyages à de grandes distances. Certains de mes amis ont un enfant en Australie et l’autre au Mexique ou au Canada… Une véritable mondialisation !

Quant à l’érosion de la biodiversité et le dérèglement du climat, inutile d’y revenir encore, cela a été évoqué à de multiples reprises au cours de plus de 700 chroniques sur ce blog et quelques ouvrages…

Et maintenant ? Il faut AGIR, vite et après évaluation des situations. Gare aux fausses bonnes idées ! AGIR chacun individuellement et collectivement. Un petit livre peut y aider en offrant 93 propositions : Les clés de notre avenir - Persée, 2020.- 100 p. – 10 €. En librairie ou à défaut : https://www.editions-persee.fr/

A petite échelle ce blog peut contribuer aussi à cette évolution avec des propositions concrètes pour progresser, autant que possible. Pour vous abonner : www.michel-lerond.com , colonne de gauche, case « newsletter », inscrire son adresse mail et cocher « s’abonner ». Valider le mail de confirmation. Vous recevez directement chaque nouvelle publication à périodicité variable. Bonnes lectures !

 

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10 octobre 2021 7 10 /10 /octobre /2021 08:32

Réinventer le monde.

L’enjeu n’est plus de convaincre de la réalité de la crise climatique, mais de réinventer le monde pour limiter les dégâts… Ce qui nous attend n’a jamais été fait, il s’agit d’assurer des transitions énormes sur le plan de l’énergie, de l’agriculture, des déplacements, etc. Le dérèglement du climat a pris une telle ampleur qu’il ne s’agit plus des générations futures, mais du présent, de nous, nos enfants et nos petits-enfants… Ceci d’autant plus que ce dérèglement climatique est correllé avec un effondrement de la biodiversité qui va entraîner des conséquences très fâcheuses pour notre survie, en termes d’alimentation et de santé. Alors quelles réponses ? Les dirigeants mondiaux, restés longtemps sourds aux appels, semblent s’émouvoir un peu devant le nombre de victimes et les dégâts matériels, après des décennies perdues pour agir. Il faut bien reconnaître hélas que la plupart des décideurs, politiques et économiques, ne répondent pas à la menace, trop obsédés par leurs mythologies de la croissance et de la domination, et ne s’attaquant pas aux causes du mal : la surexploitation de la Terre. Certes les objectifs affichés dans l'accord de Paris de 2015 sont à la hauteur de la réalité scientifique, mais il y un fossé entre ces objectifs affichés et la réalité des décisions de tous les jours. Et toujours les dirigeants repartent sur les données du monde d’avant, complètement erronées, alors qu’il faut d’abord évaluer les situations en permanence pour choisir des solutions adaptables plutôt que foncer tête baissée  sur des fausses bonnes idées comme la voiture électrique, par exemple.

Il y en a marre ! Mais quand donc allons-nous réagir ? En France c’est reparti pour la campagne électorale de la présidentielle 2022. Les Français adorent les campagnes électorales, même s’ils ne votent qu’en petit nombre… Et voilà c’est reparti comme pour le monde d’avant, avec relance économique, croissance et tutti quanti ! Avec quelques touches vertes ici ou là, pour tenter de convaincre que l’on a bien compris le message. Désespérant… C’est ainsi que la loi Climat et résilience, adoptée pendant l’été 2021, à la suite des travaux de la Convention citoyenne lancée en 2019, constitue un « tournant culturel » pour le gouvernement, alors qu’elle n’est qu’une ébauche de ce qu’il faudrait faire. A cette occasion, le Haut Conseil pour le climat (instance consultative indépendante chargée d’évaluer la compatibilité de la politique du gouvernement avec l’Accord de Paris) a souligné combien la France se prépare mal au choc climatique qui nous attend, avec une action très insuffisante, alors que la situation empire. Cette insuffisance a été pointée du doigt par de nombreuses instances dont le Conseil d’Etat qui a enjoint le Gouvernement de prendre des mesures supplémentaires avant mars 2022 afin d’espérer atteindre les objectifs de la Convention de Paris de 2015. A cet égard, il est frappant de constater qu’un seul pays, sur 195, a respecté les engagements de l’Accord de Paris de 1995, 26 ans plus tard !... Le seul bon élève est la Gambie, petit pays de l’Afrique de l’Ouest d’un peu plus de 2 millions d’habitants. Désespérant !... alors que 36 états + l’Union Européenne sont responsables de 80 % des émissions de gaz à effet de serre. Les plus mauvais élèves sont les Etats-Unis, la Chine, le Canada, l’Australie, l’Inde, la Russie, l’Arabie saoudite et l’Union Européenne…

Le pire n’étant jamais sûr, il faut se réjouir d’une prise de conscience grandissante du public et en particulier des jeunes, même si celle-ci génère une éco-anxiété évoquée au début de cette chronique. En effet, ce n’est même pas de réformes dont nous avons besoin, mais d’une nouvelle civilisation pour refonder le monde sur des bases nouvelles. Ce nouveau monde devrait s’appuyer d’abord sur une réconciliation entre l’Homme et la nature, mais aussi sur une technologie respectueuse de l’environnement, au bénéfice de tous et non pas un business de court terme. Ce nouveau monde devra réinventer la démocratie pour que l’économie soit au bénéfice de tous et non pas d’une petite minorité d’ultra riches. Cela passera par des contraintes qui devront être expliquées, comprises et acceptées pour retrouver une harmonie entre notre bien-être et notre environnement, c’est-à-dire pour garantir un avenir aux futures générations. Les contraintes pour nous, les Terriens du moment, vont en effet être lourdes. On peut ainsi imaginer qu’il va falloir très vite interdire la vente des logements mal isolés, voire les démolir. Bientôt sans doute, les véhicules trop polluants seront tout simplement interdits en ville, et les villes seront de plus en plus sans voitures individuelles, au profit des transports en commun. En dehors des villes, on peut s’attendre à que ce soit érigés des quotas de kilomètres parcourus par an, au-delà desquels il faudra laisser la voiture à la maison. De même pour les avions dont l’accès sera bientôt interdit sur des distances trop courtes ou limité selon des quotas pour des vols longue distance. Dans le domaine de l’alimentation, il faut s’attendre à ce que les produits de proximité soit favorisés systématiquement et certaines importations sans doute interdites. Les livraisons devront se faire avec des petits véhicules peu ou pas polluants. Quant aux activités polluantes, elles doivent s’attendre à des recadrages forts… etc. Il n’est pas dit que toutes ces mesures à venir soient acceptées facilement et on peut s’attendre à des contestations et des manifestations. Ce sera à chacun de nous de choisir entre les options possibles pour l’avenir : changer ou mourir !

A une toute petite échelle, à quoi bon ce blog ? A quoi peut-il bien servir ? Je m’efforcerai maintenant de formuler des propositions concrètes pour progresser, autant que possible.

Compte-tenu des espérances de vie actuelles, mes petits-enfants nés entre 2000 et 2011 devraient vivre jusque 2080-2095. Quel monde les attend ? Quels soucis ou cauchemars risquent-ils de vivre ? Qu’avons-nous fait, qu’ai-je fais pour améliorer leur futur ? Alors oui, il y en a marre ! Mais quand donc allons-nous AGIR ?

Climat, biodiversité, pandémies… voilà bien les vrais enjeux. Pour AGIR et réinventer le monde, plus que jamais, il est temps de Faire passer le message et de se donner les Clés de notre avenir !, petit ouvrage qui fait état de 93 propositions pour aller de l’avant.

Faire passer le message - Persée, Paris, 2018.- 158 p.14€20

Les clés de notre avenir - Persée, 2020.- 100 p. – 10 €.

En priorité chez votre libraire : https://lalibrairieautresrivages.com/

Ou https://www.facebook.com/papier.et.plumes/

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Ou à défaut : https://www.editions-persee.fr/

 

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3 octobre 2021 7 03 /10 /octobre /2021 08:31

L’autre défi majeur : l’avenir de la biodiversité.

Aux préoccupations fortes et urgentes liés au dérèglement climatique, s’ajoute l’autre défi majeur, celui de l’avenir de la biodiversité. Là encore, depuis plusieurs décennies, d’innombrables études mettent en avant l’effondrement de la biodiversité. Le Congrès mondial de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) qui s’est tenu à Marseille début septembre 2021 a confirmé la chute vertigineuse de la faune et la flore.

Les chiffres sont très alarmants, avec 68 % des animaux vertébrés du monde disparus en 50 ans, en particulier en Amérique latine et en Afrique. En France, les populations d’oiseaux ont baissé de 30 % en 30 ans. Pour la seule année 2020, 31 espèces animales et végétales qui étaient menacées se sont éteintes… En Méditerranée les poissons sont très concernés avec une baisse de 20 % des populations de vertébrés entre 1993 et 2016, l’exemple le plus frappant étant le thon rouge dont la population a diminué de 90 % dans le même temps ! La plupart des espèces subissent les effets conjugués des activités humaines et du dérèglement climatique. Il y a donc, là encore, urgence à agir.

Le Congrès mondial de l’UICN a été marqué par des avancées quant au niveau d’information et une meilleure compréhension du lien climat-biodiversité. Une vingtaine de motions votées vont dans le bon sens pour réduire les impacts de l’industrie minière, restaurer les forêts primaires ou protéger l’Amazonie. 5 entreprises multinationales se sont mobilisées pour des actions favorables à la nature. Mais le niveau de réponse politique à cette situation d’urgence reste loin des vrais enjeux… et avec des moyens très modestes. Ainsi quand la France s’engage à protéger 5 % du littoral méditerranéen d’ici 2027, cette promesse avait déjà été faite en 2019 et reste une ambition bien modeste par rapport aux défis réels.

L’activité économique ne peut plus se faire aux dépens du climat et de la nature, c’est-à-dire aux dépens de l’Humanité, cette conception était le monde d’hier. Il est urgent d’engager des réformes en profondeur pour transformer notre façon de vivre en société de façon durable. La récente pandémie de la Covid-19 a eu cet effet positif de montrer qu’en très peu de temps, on pouvait engager des transformations importantes comme le télétravail, limitant les déplacements, la consommation de produits locaux ou la relocalisation de certaines fabrications, limitant ainsi les transports incessants de marchandises à travers la planète. C’est autant de gagné sur les émissions de gaz à effet de serre. Tout espoir n’est donc pas perdu, la crise sanitaire mondiale actuelle a montré à quel point le monde entier peut se mobiliser rapidement pour faire face à des défis énormes. Selon certains scientifiques il nous resterait environ 10 ans pour changer le monde avant qu’il ne soit trop tard… Continuons !

A suivre : 4/4 Réinventer le monde.

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26 septembre 2021 7 26 /09 /septembre /2021 08:56

Plus fort et plus rapide que prévu.

Il est déjà trop tard pour inverser le processus, ce qui va demander au mieux des décennies pour revenir à un équilibre, mais il faut se préparer à s’adapter aux conséquences du réchauffement du climat, faute de quoi nous courons à l’effondrement de notre civilisation… Pour ma modeste part, depuis une quinzaine d’années sur ce blog, j’ai évoqué la question climatique dans environ 50 chroniques sur 703 publiées, en ressassant les évolutions et les conséquences que l’on peut en attendre… Autant crier dans le désert !

Certes les médias qui étaient jusque-là quasiment muets sur le sujet en font maintenant une question récurrente, sans trop de commentaires et avec leur manque de recul nécessaire, comme à l’habitude… Vite, un drame pour faire la Une du journal ! La rapidité de la circulation de l’information, notamment sur les réseaux sociaux, pourrait faire croire que le ciel nous tombe sur la tête, alors qu’il s’agit, pour le moment, d’évènements assez localisés. C’est bien sûr la récurrence de ces phénomènes qui est importante et qu’il faut analyser avec circonspection. Ce sont les vagues de chaleur et feux de forêts, les précipitations violentes et inondations qui se multiplient, ou les chutes de neige en des lieux inattendus… En somme, nous voilà bien face au « toujours plus », expression que j’ai souvent employée pour faire écho au plus chaud, plus sec, plus froid, plus humide… C’est en août 2021 que le GIEC (instance onusienne pour l’étude du climat) a publié son rapport résultant des travaux de 234 scientifiques de 66 pays, à partir de l’analyse de 14 000 études. Cela donne une certaine crédibilité aux conclusions ! Le réchauffement climatique des dernières décennies n’a jamais été observé depuis plusieurs millénaires et concerne toutes les parties de la planète. Les changements déjà amorcés, comme la fonte des calottes glaciaires, sont irréversibles pour plusieurs siècles. Ce n’est pas pour autant la fin du monde, pourvu que l’on mène des actions immédiates et à grande échelle afin de réduire de façon drastique les émissions de gaz à effet de serre, sinon…

A titre d’exemples de ce qui nous attend, l’été 2021 a été assez riche d’enseignement avec une série d’évènements climatiques. Parmi records de chaleur, incendies, pluies torrentielles, etc. quels sont les constats les plus flagrants ? :

On a connu en milieu d’année 2021 31 jours d’affilée à plus de 25° en Finlande. En Sibérie, une des régions les plus froides du monde, de fortes chaleurs ont occasionné l’incendie de 1,5 million d’hectares de végétation. Le Groenland a vu ses températures monter d’environ 20° au-dessus des normales…

Le territoire de l’Arctique se réchauffe trois fois plus vite que la moyenne. Les températures ont atteint en juin 2021 49,6° aux Etats-Unis et au Canada, 47,7°en Sibérie, en juillet 43° en Inde, battant ainsi tous les records avec une reprise des incendies.

Le nombre d’inondations a plus que doublé en 20 ans et on prévoit que les 10 millions d’habitants de Bangkok soit submergés à 40 % dès 2030, demain…

Les Etats-Unis et la Chine sont les pays les plus touchés au monde par les catastrophes climatiques et en particulier les tempêtes, mais aussi l’Inde avec à chaque fois des morts et des milliers de sinistrés. En juin à Moscou, des pluies torrentielles ont succédé à une canicule avec près de 35°. En une vingtaine d’années, les catastrophes climatiques de toutes sortes ont touché près de 4 milliards de personnes, occasionnant environ 800 000 morts et… accessoirement de l’ordre de 2 000 milliards de dollars de coût économique.

Concrètement, en France même, il n’est plus rare qu’en un seul jour il puisse tomber autant de précipitations qu’en un mois habituellement. En juin, dans les Vosges, un orage de grêle exceptionnel a recouvert le sol de 80cm de grêlons. La France est le quatrième pays avec le plus de victimes liées aux évènements climatiques extrêmes.

Certes, ces évènements ont, pour certains, déjà eu lieu au cours de notre histoire, de façon très ponctuelle. C’est la répétition et l’amplification de ces dérèglements qui pose question. Les climatologues répondent à cela en invoquant le réchauffement du climat qui a un effet amplificateur des phénomènes météorologiques extrêmes. Bien entendu, tout cela demande des suivis rigoureux, des discussions et même des contestations, tant cette réalité est complexe et difficile à appréhender. Ceci d’autant plus que l’aménagement du territoire, comme le développement urbain ou la destruction des barrières végétales et des zones inondables naturelles, peuvent encore amplifier les conséquences des dérèglements climatiques et en compliquer l’interprétation. Quoi qu’il en soit, une grande majorité de scientifiques s’attend à des évènements météorologiques extrêmes plus fréquents et plus intenses du fait du réchauffement généralisé. Il est bien tard, sans doute trop tard, pour inverser le cours des choses et il faut donc prendre toutes les mesures de prévention au plus tôt. Le contexte de la Covid-19 aidant, on est passé d’une vague inquiétude à une prise de conscience d’un effondrement possible. Mais quelles décisions sont prises pour faire face ?

A suivre : 3/4 L’autre défi majeur : l’avenir de la biodiversité.

4/4 Réinventer le monde.

 

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19 septembre 2021 7 19 /09 /septembre /2021 09:17

L’éco-anxiété des jeunes devient préoccupante.

Oui, il y en a marre de ce déni, de cette désinvolture, devant les drames qui se préparent. Le répéter ne suffit plus, il faut AGIR !

Voilà des décennies que des scientifiques alertent sur les évolutions du climat. Il y a peu de temps encore, sur ce blog, j’attirais l’attention en posant la question : « Au bord de l’abîme » ou « réveil écologique » ? A l’évidence, la situation se dégrade d’année en année et plus vite que prévu… Voilà un demi-siècle que la question se pose, après bien des prémices dont les plus anciennes datent de la fin du XIXème siècle ! Souvenons-nous que c’est dès cette date que le Suédois Arrhenius a prévu qu’avec un doublement du taux de gaz carbonique dans l’air nous atteindrions une hausse moyenne des températures terrestres de 5°. C’est quasiment à cette conclusion qu’est arrivé le GIEC (Groupe Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat) un siècle plus tard… si ce n’est qu’Arrhenius imaginait cette perspective d’ici 3 000 ans alors que nous en sommes maintenant tout près… On lui pardonnera ce manque de justesse dans la prospective !

Depuis un demi-siècle et tant de rapports, de conférences internationales, de plan « d’actions », de catastrophes « naturelles », qu’avons-nous faits ? Bien sûr, c’est toujours la faute des autres, les Chinois, les Américains, ou les politiques. Mais vous, moi, qu’avons-nous faits ? Qu’avons-nous faits au boulot, à la maison, pour nos achats, pour nos déplacements, pour nos vacances, en tant que consommateurs, citoyens, ou électeurs ? Avez-vous, ai-je pensé à notre futur, à celui de nos enfants, de nos petits-enfants ? Avez-vous, ai-je pensé à « jouer collectif » plutôt que chacun dans sa grotte ou son petit égo ? Bien que le souci de préservation de la nature soit croissant chez les adolescents, cet intérêt vire parfois à l’angoisse pour l’avenir de la planète et surtout d’eux-mêmes… L’éco-anxiété des jeunes est en train de devenir une question préoccupante. Un sondage récent réalisé par l’institut Kantar auprès de 10 000 jeunes âgés de 16 à 25 ans dans 10 pays du Nord et du Sud a montré que 75 % des sondés jugent l’avenir « effrayant » !... et 56 % estiment que « l’humanité est condamnée »… Moins de 30 % seulement se sentent optimistes. Une grande majorité des jeunes donc n’a plus confiance au futur, se sent trahie et impuissante face à l’inaction des gouvernements et le déni des populations. Cette situation peut expliquer, en partie au moins, une désaffection de certains jeunes pour les études et la recherche d’emploi. Les lacunes de l’enseignement quant à l’effondrement de la biodiversité et le dérèglement climatique laissent les ados seuls face à leurs interrogations d’autant plus que dans le même temps, tous leurs médias les incitent à consommer toujours davantage… Cette peur de l’avenir génère aussi des conflits générationnels.

La communauté scientifique nous alerte depuis des décennies sur le dérèglement du climat. Nous y voilà à la concrétisation des prévisions, avec une « petite » erreur de casting : c’est plus fort et plus rapide que prévu ! Il n’est plus temps de tergiverser, il est urgent de changer de modèle, l’actualité climatique des derniers mois devrait nous en convaincre, tous, nous, moi et surtout les politiques.

A suivre : 2/4 Plus fort et plus rapide que prévu.

3/4 L’autre défi majeur : l’avenir de la biodiversité.

4/4 Réinventer le monde.

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5 septembre 2021 7 05 /09 /septembre /2021 10:12

En ce mois de septembre 2021, ce blog compte 100 000 pages vues depuis sa création en 2007. Ce « score » est bien loin des blogs qui font le buzz, mais parfois de façon éphémère. Pour notre part, voilà 14 ans que dure cette aventure, avec 701 chroniques publiées. Quelle satisfaction que de pouvoir diffuser des informations, des avis, des idées et de pouvoir échanger avec quelques lecteurs, échanges concrétisés par 1 325 commentaires. Une des chroniques les plus lues fut sans doute celle du 29 avril 2014 : A quoi ça sert de travailler ? sujet toujours d’actualité.

Ces chroniques ont été regroupées et ordonnées dans plusieurs ouvrages :

  • Qu’est-ce qu’on attend ? Chroniques (2008-2009).- Paris : l’Harmattan, 2010.- 149 p.
  • C’est bientôt la renaissance ? Pour sortir de la crise écologique.- Paris : l’Harmattan, 2013.- 156 p.
  • Quel foutoir la nature ! Mini-nouvelles (2008-2016).- Paris : Les impliqués éditeur, 2016.- 170 p.

Ces chroniques ont été ensuite reprises et synthétisées dans deux ouvrages :

  • Faire passer le message – Aix-en-Provence, Editions Persée, 2018.- 160 p.
  • Les clés de notre avenir.- Sainte-Luce-sur-Loire, Editions Persée, 2020.- 108 p.

A propos du premier de ces livres « Qu’est-ce qu’on attend ? », notre ancien professeur de l’Université de Rouen, M. Bernard Boullard a écrit une analyse pour la revue Etudes Normandes (N° 60-1 de 2011 en pages 86 et 87) qui résume bien notre propos et nos intentions sous le titre « Il est temps, plus que temps… d’agir ! » : «… Le titre de l’ouvrage lui-même souligne l’urgence des mesures à prendre. Et il ne s’agit pas de petits remèdes qui ne froisseraient personne mais s’avèreraient rapidement insuffisants… Il est peu courant de lire une prose multifacettes aussi riche de connaissances que sage et persuasive dans ses propositions, loin de certains écologistes dont l’excitation l’emporte trop souvent sur les constats solides et les suggestions raisonnées de solutions crédibles. Dans quelques années, si l’on attend trop, le volume rédigé par M. Lerond constituera un document à charge accablant pour les « non-décideurs » de ce début de XXIème siècle ! »

Nous y voilà précisément… dix ans plus tard, avec une inaction qui pourrait bien nous conduire au désastre ! Nous aurons l’occasion d’y revenir.

Cette chronique est certes un couplet d’auto-satisfaction. Mais pourquoi ne pas être satisfait quand il s’avère que l’on a vu juste. Par contre, quelle déception de ne pas avoir été suivi dans nos réflexions, ou si peu ! ... Ce blog a suffisamment attiré l’attention, nous nous efforcerons maintenant de formuler des propositions concrètes pour progresser, autant que possible. Il n’est jamais trop tard. Il est temps, plus que temps, mais encore temps !

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