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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 07:57

     Pour conclure sur l’ouvrage L’Homme renaturé, le grand pédagogue que fut Jean-Marie Pelt, tant à l’Université de Metz que dans ses conférences et ses émissions radio, n’a pas oublié le rôle de l’école :

Il est urgent de développer dans la mentalité collective une vision synthétique, évolutionniste et dynamique de l’univers. Cette tâche fondamentale de la pédagogie moderne contribuera à créer entre les hommes ce langage minimal commun, en deçà duquel il n’y a plus de valeurs partagées ni de compréhension possible : donc plus de civilisation. A notre époque, le défi est de taille, car tous les futurs sont possibles, de l’effondrement des sociétés industrielles à la conflagration nucléaire, et de la montée des totalitarismes aux décadences dans l’anarchie. Il n’est même pas impossible que nous parvenions à instituer la société planétaire, équilibrée, conviviale, humaine.    

L’inquiétude sur l’avenir est pourtant bien là :    

La « victoire » de l’homme sur la nature fait surgir une nouvelle menace pour l’espèce : la montée de la compétition intraspécifique, c’est-à-dire entre les hommes.    

Mais aussi l’espoir d’une évolution :    

Comme les plantes et les animaux de la forêt cohabitent, bien que « d’origine » et de « cultures » différentes, acceptons enfin comme normale et légitime la coexistence de l’intégriste et du progressiste, du libéral et du socialiste, du réactionnaire et du gauchiste, du juif et du musulman, du catholique et du protestant.    

Certes, il y a encore du boulot, mais voilà au moins une voie à suivre. Pelt visionnaire et peut être aussi citoyen du monde :     

Cependant, au moment où la crise de notre civilisation est planétaire, où le Club de Rome alerte l’opinion internationale sur les dramatiques conséquences à terme d’un déséquilibre économique, écologique et démographique accru, la construction européenne ne saurait être qu’une étape sur le chemin de la planétarisation nécessaire des projets et des décisions. La concertation à l’échelle mondiale pour la gestion des ressources naturelles, l’exploitation des matières premières et la sauvegarde de l’environnement devient un impératif auquel on ne pourra plus longtemps se soustraire.    

Et enfin, pour conclure :    

A l’aube du troisième millénaire, l’humanité est enfin sommée de prendre sa destinée en charge.    

Que Jean-Marie Pelt soit entendu ! Il nous faut relire, et faire lire ou relire ces grands précurseurs comme Jean Rostand ou Jean-Marie Pelt.    

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11 octobre 2016 2 11 /10 /octobre /2016 07:45

     En tant que botaniste-écologue, Jean-Marie Pelt ne pouvait rester silencieux sur le thème de la biodiversité :

     Durement agressée, la nature recule à sa manière : silencieuse, et sur la pointe des pieds… (Au) recul spectaculaire des espaces naturels, cultivés ou boisés, s’ajoute la régression, moins immédiatement perceptible, des faunes et des flores. Pourtant les chiffres sont éloquents. Des études précises effectuées en Belgique montrent que chaque année, depuis le début du siècle, une espèce végétale disparaît du territoire belge ; en outre 200 espèces ont perdu plus de 75 % de leur population. Depuis le siècle dernier 49 espèces ont disparu de l’Anjou.

     Et en grand pédagogue qu’il fut, il s’empresse d’ajouter :

     Mais, dira-t-on, à quoi peuvent servir ces espèces qui disparaissent ? Il serait facile de répondre : à quoi servons-nous, nous-mêmes ?... La question posée est en réalité celle-ci : à quoi peuvent-elles nous servir ? La réponse est simple : ces plantes, ces animaux sont ce que nous avons de plus utile, de plus cher, de plus beau dans notre environnement. Chacun joue son rôle sur la grande scène de la vie et contribue au maintien des équilibres de la nature, dont nous sommes tributaires, par l’oxygène que nous respirons, la nourriture que nous prélevons, les matières premières que nous utilisons… La facture, c’est pour plus tard.

     N’allons-nous pas commencer à « payer la facture » maintenant ?

     Jean-Marie Pelt fut aussi élu à la mairie de Metz et nous livre une brève réflexion, oh combien d’actualité :

     (La) notion de propriété trouve sa justification dans la protection qu’assure à chacun la « bulle territoriale » de son habitation… Remembrer, réussir des fusions de communes ou créer de nouvelles structures d’agglomération urbaine ou rurale sont donc de rudes épreuves où la ferveur des discours cache mal l’attachement viscéral à la propriété et au territoire, c’est à dire, pour l’animal humain, aux fondements mêmes de son agressivité.

     Voilà bien de quoi méditer pour un certain nombre d’élus confrontés au regroupement de communes, dont certaines parfois, atteignent péniblement la centaine d’habitants…

     Mais notre ami ne désespère pas : L’homme n’a progressé au cours de l’évolution biologique et sociale qu’à travers des crises. Or, l’homme contemporain est en crise… Il est donc, par là même, en « puissance d’évolution », c’est-à-dire en situation d’innovation et de dépassement.

     Courage, on va y arriver !

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5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 09:51

     Eh oui, il est paru : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=51719 …

 

 

               QUEL FOUTOIR LA NATURE

Après avoir publié Le développement soutenable en collaboration avec un béninois, en 2007, nous avons poursuivi la réflexion sur nos modes de développement, avec un oeil critique, mais aussi pour esquisser des propositions d'action. Nous renouvelons cette expérience avec une centaine de mini éco-nouvelles écrites entre 2008 et 2016.


Broché : ISBN : 978-2-343-10176-7 • octobre 2016 • 170 pages
Prix éditeur : 17,10 €

Version numérique : 13,99 € / 2 019 Ko / EAN Ebook format pdf : 9782140019708          

 
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4 octobre 2016 2 04 /10 /octobre /2016 08:18

     L’année où disparaissait Jean Rostand, en 1977 (http://www.michel-lerond.com/2016/08/relire-jean-rostand-1-3.html), Jean-Marie Pelt publiait L’Homme re-naturé (Editions du Seuil, 1977, 271 pages), marquant par cet ouvrage, lui aussi, son esprit précurseur (http://www.michel-lerond.com/2016/01/adieu-monsieur-pelt.html). Relire ces auteurs « anciens » me semble utile pour mesurer, à la fois, les avancées de la pensée et aussi les piétinements de l’action. Que faudra-t-il encore de pédagogie et de répétitions pour convaincre de choses aussi élémentaires et souvent évidentes…

     Ainsi à propos du contexte économique de notre société, Jean-Marie Pelt écrit : … Il est aisé de démontrer que le malaise économique et le désarroi moral actuels sont les conséquences naturelles d’une conception exclusivement quantitative et matérielle du progrès.

     Le rythme de croissance auquel sont soumises les économies des pays techniquement avancés depuis une trentaine d’années suppose, pour se maintenir, une augmentation de la consommation. Trois types de stratégies concertées permettent d’atteindre cet objectif : la création de nouveaux besoins et la stimulation des désirs par la publicité, l’ouverture de nouveaux débouchés à l’exportation et la réduction de la durée de vie des objets.

     A-t-on vraiment évolué en 40 ans ? J’en doute. En aval de cette croissance, il y a parfois quelques problèmes de pollution :

     Polluer, en effet, c’est d’abord transférer des déchets de son activité domestique ou industrielle sur le territoire des autres. Qu’importe après tout de contaminer la foule innombrable des êtres vivants qui peuplent la nature et dont la vie, à première vue, ne nous concerne pas ? Comment se sentir solidaires de ces rapaces devenus stériles par accumulation de pesticides chlorés dans leur organisme ?… C’est ainsi que peu à peu des espèces reculent, d’autres disparaissent, appauvrissant de manière irréversible le patrimoine biologique et génétique de la biosphère.

     Et tout cela avec, aussi, des résultats qui nous concernent davantage :

     L’importance des interactions entre le monde moléculaire et l’organisme humain apparaît avec éclat dans l’estimation selon laquelle 80 à 90 % des cancers seraient dus à l’environnement. On connaît aujourd’hui avec certitude la responsabilité du tabac et de l’alcool dans le développement des cancers de la cavité buccale et de l’appareil bronchopulmonaire. Mais on perçoit mieux chaque jour l’impact de la pollution de l’air et de l’eau, et les effets cancérigènes de nombreuses molécules considérées comme banales, de sorte que la qualité de l’environnement semble peser de plus en plus lourd sur le bilan global de la santé…

     Où en est-on en 2016 ? C’est mieux ?

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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 08:42

     Le brexit a permis aux Britanniques de dire non à l’Europe. Le peuple a parlé. Pourquoi pas, c’est son droit. Bien sûr l’abstention fait que seule une minorité s’exprime et emporte la décision, les absents ayant toujours tort. Au fait, les Britanniques ont répondu à la question posée par le gouvernement, faut-il quitter l’Europe, mais en pensant surtout à la question qu’ils se posent eux, faut-il encore accepter des immigrés …

          C’est bien le problème du référendum qui apparaît comme la formule la plus démocratique qui soit. C’est vrai en termes numériques, mais attention aux apparences. Comme disait Giscard d’Estaing, le référendum est une bonne idée à condition de voter oui…

          La démagogie permet de convaincre nombre d’électeurs de voter dans telle ou telle direction, sans grand discernement. Un référendum peut être un boulevard pour les partis extrémistes. Certains reprochent à l’Union européenne toutes sortes d’abus de pouvoir en termes de directives et normes. Mais la loi européenne est votée par des parlementaires européens dont bon nombre de représentants des partis extrémistes brillent… par leur absentéisme. Dès lors on peut proposer un frexit (exit la France, de l’Europe) pour tenter d’exploiter la naïveté des citoyens trop peu réfléchis.

          Il faudra peut-être un jour proposer un populexit (exit le populisme, de l’Europe), un référendum pour ou contre le populisme… Mais ce n’est pas gagné d’avance.

          L’Europe est pourtant une étape indispensable pour une meilleure vie collective avec une démocratie rénovée et la construction d’un avenir commun pacifié, pour mieux gérer les immenses défis écologiques, sociaux et économiques dans un monde interdépendant : http://www.michel-lerond.com/article-nous-citoyens-europeens-nous-123977952.html

 

          A paraître prochainement :

LEROND, Michel.- Quel foutoir la nature ! Mini nouvelles 2008-2016.- Paris : les Impliqués (l’Harmattan), 2016.- 149 p.

Cent mini éco-nouvelles rassemblées de façon construite, selon les piliers du développement soutenable.

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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 16:32

     Cela a été assez répété, la malbouffe favorise l’obésité et le diabète, entre autres. C’est ainsi qu’entre 1980 et 2014, le nombre de diabétiques est passé de 180 à 422 millions dans le monde, selon la revue The Lancet. On considère aujourd’hui que 13 % de la population mondiale est obèse. La nourriture que nous consommons est bourrée de produits chimiques tels que colorants, additifs divers et résidus de pesticides. C’est pourquoi nombre de médecins considèrent que la malbouffe est à l’origine de troubles digestifs, allergies, maladies cardio-vasculaires, diabète et, pour une part au moins, de cancers. Bonjour les dégâts !

     Face à ce constat, les pouvoirs publics sont d’une réactivité… un peu assoupie, d’autant plus que des lobbies puissants sont aux aguets, que certains industriels trichent un peu et que les contrôles sont… pas trop regardants. Le but de l’agroalimentaire étant d’abord… la croissance du chiffre d’affaires, l’urgence est de faire surconsommer et de nous rendre accros au sucre, au sel ou au gras. Il faut vendre ! Toute cette démarche est bien formatée pour que dès le plus jeune âge, le consommateur apprenne ce qui sera bon… pour le business.

     La comparaison est tentante entre le dérèglement alimentaire et le dérèglement climatique, si l’on considère que le secteur de l’alimentation est à l’origine du tiers des émissions de gaz à effet de serre. De belles marges de progrès en perspective ! Une forme de résistance, ou au moins de réactivité, s’organise : les magasins bio se multiplient, comme les Amap, alors que la consommation de viande et de jus de fruits industriels est en baisse, dans les pays industrialisés. Le consommateur responsable sait qu’il détient le pouvoir puisque c’est lui qui choisit d’acheter ou de ne pas acheter.

     Le choix du consommateur serait néanmoins plus facile, s’il disposait d’une information fiable et si possible honnête. C’est pourquoi, en 2013, des chercheurs de l’Inserm ont proposé un système d’étiquetage simple et compréhensible avec des pastilles de couleur qui permettent immédiatement de connaître les facultés nutritionnelles de chaque aliment, en fonction de son apport calorique, de sa teneur en graisses, sucre et sel. Ce système existe déjà dans certains pays dont la Grande-Bretagne.

     Mais les industriels de l’agroalimentaire craignent que l’on stigmatise ainsi certains produits et que ceux affectés d’une pastille rouge ne se vendent plus. Ils proposent donc un autre étiquetage qui mèle critères nutritionnels et fréquence de consommation, beaucoup moins compréhensible… Pour résoudre ce dilemme, la ministre de la santé a créé un comité scientifique chargé d’arbitrer entre ces systèmes d’étiquetage. Plusieurs journaux ont révélé que ce comité de 14 membres comporte une majorité de personnes liées à l’agroalimentaire… De quoi ressentir quelques troubles digestifs !

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13 septembre 2016 2 13 /09 /septembre /2016 08:42

     Toujours dans son ouvrage Inquiétudes d’un biologiste (Editions Stock, 1967), Jean Rostand évoque ses  craintes, et son combat, à l’égard de l’arme nucléaire. Cet extrait est très significatif :

  • La bombe atomique : ce monstrueux produit de la copulation de la haute physique et de l’art militaire…

Les explosions nucléaires font pis que tuer ; elles préparent de la mauvaise vie ; elles mettent en circulation des gènes défectueux, qui vont proliférer indéfiniment.

Non seulement crime dans l’avenir, mais crime vivant, continué, qui s’entretient de lui-même.

     Qu’aurait pensé Jean Rostand de nos centrales nucléaires et des stockages souterrains de déchets garantis sans risque pour plus d’un million d’années ?...

     Voilà sans doute un des facteurs d’inquiétude pour Jean Rostand qui évoque l’avenir avec un certain scepticisme :

  • La seule « prospective » qui m’intéresserait serait celle de l’affectivité. Peu importe quels seront, demain, l’aspect des cités, la forme des maisons, la vitesse des véhicules… Mais quel goût aura la vie ? Quelles seront, pour l’homme, les nouvelles raisons de vouloir et d’agir ? Où puisera-t-il le courage d’être ?
  • Jamais on n’a tant parlé de l’avenir que depuis qu’on ne sait même plus s’il y aura un avenir.
  • Avenir humain. La pièce sera de plus en plus belle, mais encore faut-il que les acteurs aient envie de la jouer

     A chacun de méditer ces pensées profondes et de relire, éventuellement, les deux ouvrages cités en référence. Jean Rostand, un biologiste, un écrivain, un Homme à ne pas oublier !

 

     Il peut être utile aussi de relire :

 

LEROND, Michel.- Qu’est-ce qu’on attend ? Chroniques (2008-2009).- Paris : l’Harmattan, 2010.- 149 p.

Les cent premières chroniques de notre blog rassemblées de façon construite, selon les piliers du développement soutenable.

LEROND, Michel.- C’est bientôt la renaissance ? Pour sortir de la crise écologique.- Paris : l’Harmattan, 2013.- 156 p.

100 chroniques écrites en 2010-2012 : une réflexion sur nos modes de développement, avec un œil critique, mais aussi pour esquisser des propositions d’action.

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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 07:43

     Dans son ouvrage Inquiétudes d’un biologiste (Editions Stock, 1967), Jean Rostand se fait encore plus précis et précède (ou initie ?) le grand mouvement qui va suivre, relatif au devenir de notre environnement, notamment. Cet extrait me semble très significatif :

Depuis quelques années, les amis de la nature se sont donné pour tâche de dénoncer les incessantes agressions dont elle est l’objet. Agressions contre le sol, contre l’atmosphère, contre les eaux, contre les flores, contre les faunes… Agressions par la pollution radioactive, par les insecticides et les herbicides, par les hydrocarbures… Agressions qui, soit en réduisant le potentiel nourricier de la planète, soit en empoisonnant les aliments ou l’air respirable, soit en rompant les fragiles équilibres naturels, finiront par se retourner contre l’homme.

Et peut-être sied-il de marquer le singulier renversement d’attitude qui, désormais, se trouve imposé à notre espèce.

L’homme avait, jusqu’ici, le sentiment qu’il logeait dans une nature immense, inépuisable, hors de mesure avec lui-même. L’idée ne pouvait lui venir qu’il aurait, un jour, à ménager, à épargner cette géante, qu’il lui faudrait apprendre à n’en pas gaspiller les ressources, à ne la pas souiller en y déposant les excréments de ses techniques. Or, voilà que, maintenant, lui, si chérif, et qui se croyait si anodin, il s’avise qu’on ne peut tout se permettre envers la nature ; voilà qu’il doit s’inquiéter pour elle des suites lointaines de son action ; voilà qu’il comprend que, même dans une mer « toujours recommencée », on ne peut impunément déverser n’importe quoi…

D’où vient ce revirement ?

D’une part, de l’accroissement de la population, qui fait de l’homme un animal toujours plus « gros » et plus envahissant ; d’autre part, des progrès de la civilisation technique qui étendent démesurément ses pouvoirs.

     Ne voilà-t-il pas un discours très précurseur ? Certes, depuis cet écrit de… 1967, il y a tout juste 5O ans, la prise de conscience a considérablement évolué, mais chacun mesure ce qu’il reste à faire !

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30 août 2016 2 30 /08 /août /2016 07:49

     Même si de nombreux collèges et lycées portent son nom, Jean Rostand semble bien oublié aujourd’hui… Pourtant, né en 1894 et décédé en 1977, fils du dramaturge Edmond Rostand, Jean Rostand fut un biologiste et écrivain très prolifique. Très autonome, sa fortune personnelle lui permettant cette liberté, il fonde en 1936, à Ville-d’Avray son propre laboratoire indépendant dans lequel il étudie notamment la biologie des batraciens. Il est l’auteur d’une production scientifique et littéraire abondante qui lui vaut d’entrer à l’Académie française en 1959. Doté d’une grande ouverture d’esprit et de beaucoup d’honnêteté intellectuelle, il milite pour différentes causes et en particulier contre l’armement atomique. Par ses réflexions philosophiques, il fut certainement en avance sur son temps.

     Dans le monde très chahuté que nous vivons, il m’a semblé qu’un homme comme Jean Rostand pouvait être un repère utile, nos intellectuels du moment étant parfois un peu déficients… Ainsi, dans son ouvrage Ce que je crois (Editions Bernard Grasset, 1953), certains extraits me semblent à même de nourrir notre réflexion sur les problématiques actuelles :

  • Ma conviction est que l’homme se trouve tout au début de son aventure intellectuelle, que son « âge mental » est extrêmement bas au regard de celui qu’il est appelé à prendre. Cette notion de l’immaturité, de l’infantilisme de notre espèce suffirait à me convaincre que, d’un très long temps, nous n’avons à espérer que des réponses naïves et grossières aux grandes questions qui nous préoccupent.

     N’est-ce pas là, le constat et l’espoir, que notre espèce est perfectible et que les marges de progrès sont grandes…

  • On ne s’étonnera pas que le principal de mes croyances s’organise autour des réflexions que me suggère l’étude de la biologie. Or, l’une des choses que je crois avec le plus de force, - l’une des rares dont je sois à peu près sûr -, c’est qu’il n’existe, de nous à l’animal, qu’une différence du plus au moins, une différence de quantité et non point de qualité ; c’est que nous sommes de même étoffe, de même substance que la bête.

     Ne l’avons-nous assez répété que nous faisons partie de la nature et sommes interdépendants avec la nature. Jean Rostand, voilà bien un biologiste qui « recale » les choses.

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22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 07:39

     La récolte de blé 2016 en France a été annoncée comme étant la plus mauvaise depuis 40 ans. La raison essentielle est liée aux mauvaises conditions climatiques du début d’année avec des pluies excessives et le manque de soleil. De ce fait les épis sont peu chargés, de médiocre qualité et les parasites se développent. Cette situation a un impact économique et les agriculteurs vont demander la reconnaissance de calamité agricole pour compenser les pertes. Ce constat peut être un tout petit peu nuancé si l’on retient que depuis de nombreuses années les rendements ont augmenté, culminant en 2015, sans trop se soucier ni des modifications climatiques, ni de l’appauvrissement des sols à force d’intensification des cultures, ni de la sélection des graines qui offrent peut être moins d’adaptabilité aux conditions du milieu…

     Comment faut-il le dire et redire pour être entendu : le climat est perturbé du fait des activités humaines, ces perturbations concernent la planète entière de façon aléatoire et très diversifiée et nous devons en tenir compte d’urgence faute de quoi nous le payerons très cher ! Chacun le sait, l’année 2015 a battu tous les records d’émissions de gaz à effet de serre et donc de températures, de montée des eaux, de sécheresses, de recul des glaciers et d’inondations… Les six premiers mois de 2016 ont été encore plus chauds !

     Certes les céréaliers savent se faire entendre, mais ils ne sont pas les seuls concernés, les apiculteurs aussi et les pêcheurs de même ! Du fait de la météo, les abeilles sont moins sorties et ont peu butiné : la récolte de miel sera le tiers de ce qu’elle est habituellement, sans compter le déficit de fécondation des fleurs de toutes sortes, y compris de nos cultures. Dans un autre registre, les eaux marines plus chaudes ont aggravé la propagation des algues aux dépens des poissons, en particulier en Méditerranée où près de 60 % des stocks ont été péchés à des niveaux biologiquement non viables. Bref, les récoltes en tous genres annoncent cette année une baisse, alors que la population terrestre augmente. Dans un communiqué, le Fonds mondial pour la nature (WWF) a alerté l’opinion : la planète vit à crédit et de plus en plus chaque année. C’est le 23 décembre 1970 que l’on a estimé pour la première fois ce déficit entre la production de la planète et la consommation humaine. Cet Earth Overshoot Day est intervenu le 13 octobre en 1990 et le 8 août cette année.

     D’ores et déjà il est prévu que si les émissions mondiales de C02 ne diminuent pas, en 2030 le « budget écologique » sera englouti pour le 28 juin. En clair cela signifie qu’en six mois nous aurons consommé toute la production annuelle, ce qui ne peut se poursuivre au-delà. Que faire alors pour « équilibrer le budget » : soit on diminue la population de moitié, soit on consomme moitié moins. A vous de choisir ! Pas facile…

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