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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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9 décembre 2019 1 09 /12 /décembre /2019 08:53

     Les questions environnementales sont désormais en tête des préoccupations des Français. De partout fusent livres, reportages ou commentaires sur les réseaux sociaux. Tout cela, hélas, parfois entaché d’approximations ou de dogmatisme. Pour revenir aux réalités du moment, lisez donc mon livre « Faire passer le message », une vision personnelle sur les grandes thématiques de l’environnement. Plus que jamais dans l’actualité ! Ne le ratez pas.

Offrez, offrez vous, Faire passer le message - Persée, Paris, 2018.- 158 p. - 14€20

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Et un autre cadeau gratuit pour Noël !    

     Vous êtes à la recherche d’un cadeau pour Noël et vous vous intéressez à l’environnement. Très simple, vous vous abonnez à mon blog afin de pouvoir disposer d’informations et réflexions, ni dogmatiques, ni simplistes sur les questions environnementales et sociétales. Et en plus, c’est gratuit !

     Pour cela, vous allez sur www.michel-lerond.com colonne de gauche - rubrique newsletter - vous inscrivez votre adresse mail - vous recevez un mail de confirmation et c’est tout. Vous êtes informés par mail de chaque parution.

     Merci de me rejoindre et bonnes lectures.

 

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2 décembre 2019 1 02 /12 /décembre /2019 16:45

     L’histoire s’intéresse le plus souvent aux états ou aux civilisations. Elle peut aussi s’intéresser à des thèmes, comme le fait l’association pour l’Histoire de la Protection de la Nature et de l’Environnement depuis 2009. Revoir l’évolution de la prise en compte de l’environnement peut être très éclairant sur les préoccupations actuelles et la nécessité d’avancer… enfin pour de bon !

     Juste pour se mettre en mouvement, rappelons quelques dates clés :

 

■ 1861 : John Tyndall, physicien Irlandais, publie un article s’inquiétant de la variation des taux de vapeur d’eau et de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, susceptibles de produire des effets sur le climat.

■ Début du 20ème siècle : Arvid Högbom, physicien suédois, estime qu’un doublement du CO2 dans l’atmosphère engendrerait une augmentation de la température moyenne de la terre de 5 à 6°.

■ 19­62 : Rachel Carson, biologiste américaine, publie son livre Le Printemps silencieux, dénonçant les ravages des pesticides et mettant en garde contre la disparition des oiseaux des campagnes.

■ 1972 : A Stockholm se réunit la première Conférence des Nations Unies sur l’environnement. C’est le premier Sommet de la Terre.

■ 1988 : Création du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) pour évaluer les informations du monde entier sur le climat.

■ 1992 : A Rio se tient le troisième Sommet de la Terre pour lancer la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et la biodiversité, et adopter le programme Action 21 qui comprend environ 2 500 recommandations, la plupart jamais mises en œuvre…

■ 2001 : Le GIEC apporte la preuve que le réchauffement observé depuis 50 ans est imputable à l’activité humaine.

■ 2006 : Al Gore, ancien vice-président des Etats-Unis, fait le tour du monde avec son film « Une vérité qui dérange », traitant du changement climatique.

■ 2018 : L’Organisation météorologique mondiale (OMM) s’inquiète : « Il n’y a aucun signe de ralentissement, et encore moins de diminution, de la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère malgré tous les engagements pris au titre de l’Accord de Paris sur le climat ».

     On réfléchit longtemps, et c’est bien. Mais il va falloir se décider à agir maintenant, sinon…

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25 novembre 2019 1 25 /11 /novembre /2019 14:06

     On le sait maintenant, nous sommes en urgence écologique. Même si tout le monde n’adhère pas encore à cette idée, force est de constater que les preuves s’accumulent tant en ce qui concerne le climat que la biodiversité. Il est sûr que des efforts importants seront nécessaires pour sauver l’Humanité.

     Concernant la biodiversité, le nombre d’espèces en péril ne cesse d’augmenter malgré tous les efforts de protection déjà consentis. Hier, on constatait les dégradations et, en réaction, on a pris des mesures pour protéger certains espaces riches en biodiversité ou fragiles. C’est une des vocations des parcs naturels régionaux et nationaux, des réserves naturelles et autres mesures de protection des milieux. Aujourd’hui, à peu de choses près, c’est l’ensemble des milieux naturels qui sont dégradés, à des niveaux différents, et il est donc temps de s’interroger sur la fiabilité des mesures prises. Ne serait-il pas temps d’inverser le raisonnement et considérer, devant l’urgence de la situation, que l’ensemble du territoire doit bénéficier de mesures de protection fortes. Dès lors tout le territoire est protégé et on définit des espaces qui peuvent être aménagés. Ainsi on change complètement la donne en mettant la priorité sur ce qui préserve l’avenir de l’Humanité, plutôt que sur ce qui la détruit. Cette conversion, graduelle, devrait être mûrement réfléchie pour refonder notre conception de l’usage des espaces naturels et repenser totalement l’aménagement.

     La logique voudrait que l’on commence ce renversement par les parcs naturels régionaux. Ceux-ci ont fait leurs preuves et il est grand temps que leurs acquis puissent être transposés à l’échelle de toute une région. Ainsi pour la Normandie, c’est toute la région qui mettrait en application les vocations des PNR, bien sûr coordonnées avec les Départements et Communautés de communes. Cette démarche régionale aurait vocation à être étendue à terme à toute l’Europe, puis la planète, rêvons un peu ! Dans un premier temps, les territoires régionaux bénéficieraient de mesures fortes de protection des espèces et espaces en totalité. Ces mesures drastiques, parce qu’il y a urgence vitale, seraient complétées et atténuées par la définition de zones affectées aux activités humaines : habitat, communications, entreprises, etc. en économisant l’espace. Ce renversement prendrait inévitablement beaucoup de temps, c’est pourquoi il faut anticiper dès maintenant.

     Utopie ? Oui, bien sûr, dans le contexte actuel, c’est totale utopie… Mais souvenez-vous de René Dumont qui, agronome convaincu par l’agriculture intensive, a pris conscience de son erreur et fait sa propre conversion en préconisant des orientations devenues aujourd’hui assez évidentes (L’utopie ou la mort, 1973). Alors, on refait tout à l’envers ? Chiche !

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18 novembre 2019 1 18 /11 /novembre /2019 17:21

Les suites à donner :

     L’accident Lubrizol du 26 septembre 2019 a marqué la population par son immense nuage inquiétant. Au-delà de la communication défaillante et de la faible culture du risque, cet accident a été un véritable révélateur de notre société qui pose de nombreuses questions sur nos modes de production et de consommation, et donc à nous-mêmes.

     Il convient d’abord de s’interroger sur la nécessité, ou pas, des industries polluantes et dangereuses. Si elles existent, c’est parce qu’elles produisent des choses que nous consommons. Avons-nous vraiment besoin de ces produits, en abusons-nous ? La question paraît toujours saugrenue, et pourtant c’est bien le consommateur le décideur. Dans le cas présent, l’usine Lubrizol fabrique des additifs pour les huiles moteurs qui améliorent les performances, en faisant une vidange de sa voiture seulement tous les 25 000 km. C’est utile, sur les plans économique et environnemental et cette usine a donc toute sa justification. Mais cette activité est dangereuse et demande de grandes précautions. Dès lors se posent les questions de l’emploi, de l’implantation des usines et de leur proximité avec l’urbanisation.

     Concernant l’emploi, question que l’on ne peut pas éluder, l’activité pétrochimique de l’agglomération de Rouen emploie encore 30 000 personnes, bien qu’ayant perdu 20 000 emplois en 30 ans. Lorsqu’il s’est agi de fermer la raffinerie Pétroplus (anciennement Shell) devenue hyper polluante, on a bien vu combien la population elle-même hésitait entre risque technologique et protection de l’emploi. Pas si simple !...

     Mais où donc implanter les usines polluantes ou dangereuses, l’urbanisation n’ayant cessé de rejoindre les usines, sachant que le risque zéro n’existe pas... Les éloigner des villes, en augmentant les déplacements et les pollutions qui vont avec les transports ? Les conserver en périphérie urbaine, avec des mesures de sécurité drastiques ? Un exemple récent vient nourrir la réflexion très à propos : la coopérative agricole Cap Seine a obtenu l’accord du Préfet, par arrêté du 21 juin 2017, pour implanter à Vieux-Manoir (près de Buchy, à 25 km au nord de Rouen) un stockage de 4 150 tonnes de produits phytosanitaires (521 pesticides différents) classé site Seveso seuil haut. Mais suite à une levée de boucliers locale, compte-tenu du danger majeur, le Tribunal administratif de Rouen a annulé l’arrêté préfectoral le 30 octobre 2019. Pas si simple !...

     Bien sûr, on peut critiquer à tout va, on peut être déçu par certains élus, mais en se souvenant que c’est nous qui les avons élus et avons donc mal choisi… S’ils sont « tous mauvais » on peut aussi se présenter à une élection, il y aura bientôt plusieurs opportunités…

     Alors maintenant, place à la résilience. Restons calmes ! Il y a nécessité de replacer l’accident Lubrizol dans le contexte de notre société en mutation et sans doute de repenser l’économie. Rien que ça, mais l’opportunité est là.

     Soyons réalistes, on ne pourra pas déplacer toutes les usines (pour les mettre où ?) et on ne pourra pas échapper à tout risque industriel. Il faut donc, en premier lieu, revoir la culture du risque, l’enseigner, la faire partager par la population sur un vaste territoire. Ce n’est qu’ainsi que la communication, en cas de crise, pourra être efficace. A titre de prévention, il faudra sans doute encore renforcer les règles de sécurité et faire assurer les contrôles de façon plus indépendante, en y associant des représentants de la société civile. Dans tout ce processus, il ne faut surtout pas omettre la prise en compte des synergies possibles, et probables, entre risques industriels et risques climatiques : qu’en sera-t-il d’un accident comme Lubrizol, en cas de pluies diluviennes et inondations ou en cas de tempêtes violentes ?

     Plus en profondeur, il va falloir s’interroger sur la raison d’être des entreprises, sur l’avenir de l’économie, donc sur notre consommation. De plus en plus il va falloir envisager des entreprises à mission dont la raison d’être est la contribution aux besoins réels de la population et non le profit. Dès maintenant, et ce processus est en route, les collectivités doivent financer les projets à impacts positifs et… oublier les autres. Ne nous y trompons pas, cette révolution va entraîner une baisse de consommation, avec des conséquences à anticiper. Nous avons pris l’habitude de vivre, souvent pour les besoins du marché et sans nécessité réelle, dans une société hyper technologique avec des processus mal maîtrisés par les utilisateurs, et souvent même par les professionnels eux-mêmes, ce qui nous complique la vie. Le but, ce n’est pas le fric, mais notre bien être !

     Cette nouvelle manière de penser l’économie va placer les préoccupations environnementales, sociales et de solidarité au premier plan. Déjà les Français ont compris qu’ils étaient directement concernés, notamment par les risques industriels, mais aussi climatiques, avec les variations brutales que cela présente. La question est aussi de savoir si cette nouvelle préoccupation va se concrétiser dans l’harmonie ou créer de nouvelles fractures de notre société.

     La mobilisation des jeunes pour le climat est annonciatrice. En 1968, l’aspiration était la liberté, aujourd’hui elle est la sobriété. Il ne s’agit pas d’opposer ceux qui s’inquiètent de la fin du mois à ceux qui ont peur de la fin du monde, mais l’exaspération est là.

     Mesdames et messieurs les politiques, attention à Vous, avis de tempête en vue. Il se pourrait que ça souffle fort !

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11 novembre 2019 1 11 /11 /novembre /2019 16:48

La culture du risque :

     Il faut rappeler qu’en 2019, en France, on dénombre 705 sites Seveso classés seuil haut et 607 sites Seveso classés seuil bas. La répartition de ces sites sur le territoire est assez disparate, avec des concentrations, souvent liées à l’histoire industrielle des régions. Avez 58 sites Seveso seuil haut, la Normandie est cinquième, avec une forte disparité, la Seine-Maritime en comptant 11 à elle seule. Ce qui frappe, c’est la concentration, de Rouen au Havre en trois points : Rouen, Lillebonne-Notre-Dame-de-Gravenchon et Le Havre.

     Ainsi pour la zone industrielle de Rouen, l'usine de fabrication d'engrais azotés GPN, filiale de Total, qui stocke 20 000 tonnes d'ammoniac et 10 000 tonnes d'ammonitrates, côtoie le centre de stockage Rubis Terminal (650 000 m3 de produits pétroliers, chimiques et d'engrais) et le fournisseur de gaz Butagaz (800 m3 de propane et 1 600 m3 de butane). Quand l'entreprise GPN est créée en 1912, elle connaît son heure de gloire, à l'instar des autres usines d'une région qui se transforme en l'un des plus importants complexes pétrochimiques de France, employant alors 1 000 salariés. Les ateliers tournent à plein régime pour produire des engrais, mais aussi des lessives ou de l'acide phosphorique. Le groupe construit même des logements pour ses salariés qui résident ainsi à côté de l’usine. Cette proximité avec la ville interroge sur l'équilibre entre enjeux économiques et impératifs de sûreté publique.

     Longtemps, les industriels ont vécu en vase clos avec chacun sa propre stratégie de maîtrise des risques. Mais l’électrochoc AZF, en 2001 à Toulouse, a obligé le monde industriel à réfléchir en commun, avec l’objectif partagé d’analyser les sources de risques, de les éviter et de développer en interne une plus grande culture du risque. C’est à la suite de cet accident que sont nés les PPRT (Plans particuliers des risques technologiques). Le risque zéro n’existe pas, mais il ne faut pas pour autant banaliser le risque, c’est pourquoi les industriels Seveso sont soumis à des règles drastiques en constante évolution. Les dispositifs PPRT obligent à l’identification des sources de risques et à une gestion collective des sites, en associant les Comités hygiène, sécurité et environnement, le tout contrôlé par la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) et l’Inspection du travail.

     La solidarité entre industriels est souvent plus forte qu’on l’imagine. Ainsi dès l’alerte Lubrizol, d’autres industriels se sont mobilisés pour venir en aide à l’un des leurs, chacun étant conscient que la tragédie est toujours possible. En 2018, la DREAL a recensé une soixantaine d’incidents ou accidents dans les sites Seveso de Normandie.

     A suivre : Les suites à donner.

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4 novembre 2019 1 04 /11 /novembre /2019 10:27

      L’accident grave survenu à l’usine Lubrizol de Rouen le 26 septembre 2019 a généré une situation qui pose de nombreuses questions quant à la gestion de crise, la culture du risque et les suites à donner.

La gestion de crise :

      Certes, la communication de crise n’a pas été du tout à la hauteur de l’évènement, c’est le moins que l’on puisse dire… La catastrophe fut plutôt la communication que l’incendie lui-même ! Cet amateurisme a généré de nombreuses questions, restées sans réponse ou avec des approximations et sans aucune pédagogie. Le doute fait naître la peur et mène à la psychose, et ce fut le cas… A ce stade, personne ne maîtrise plus la situation et on a entendu n’importe quoi, entre le censé et le stupide, avec qui plus est des commentaires totalement fantaisistes et pire encore des insultes pour les industriels, les élus, les services de l’Etat, en dehors de toute connaissance basique du fonctionnement de notre société… Les médias se sont régalés et quelques opportunistes se sont léchés les babines avec des élections prometteuses en vue… Les mesures prises ensuite, bien qu’opportunes, n’ont pas convaincu.

      Bien sûr la critique est aisée, mais a minima, il aurait tout de même fallu rappeler quelques notions de base afin de recadrer l’évènement dans son contexte historique. Même si l’urgence était, bien sûr, la protection des populations, que ce soit sur le plan sanitaire ou psychologique, il aurait été utile de rappeler d’où viennent les Rouennais, l’évolution de cette ville industrielle et de la vallée de la Seine. Certes l’histoire est vite oubliée, mais elle peut aider à relativiser les choses, sans pour autant minimiser le drame du moment.

      C’est dès le 17ème siècle que l’industrie s’installe en vallée de la Seine, en particulier autour de Rouen, avec l’utilisation de produits très nocifs, des explosions de poudrières ou des incendies d’usines textiles. Mais c’est seulement à partir des années 1960 que « les fumées noires, jaunes ou rousses, les mauvaises odeurs furent considérées comme des pollutions affectant environnement et santé » (J. Chaïb).

      Lors de l’accident Lubrizol, la polémique a été permanente quant aux informations relatives à la toxicité des produits. La situation était particulière, mais pour autant, on ne peut pas dire que « l’on nous cache tout »…  L’information générale sur les pollutions diverses est bien connue par le centre documentaire de l’Agence régionale de l’environnement, qui existe sous différentes formes depuis 1978… (inauguration par Jean Lecanuet, maire de Rouen et Jean Dorst, directeur du Museum de Paris) et la pollution de l’air particulièrement par ATMO Normandie, qui sous différentes formes encore, existe depuis 1973… ! On ne peut pas indéfiniment répéter que tout est truqué, et il faut se souvenir qu’est bien informé qui veut l’être !

      Il aurait été utile aussi de rappeler que cette vallée industrielle de la Seine, si elle ne date pas d’hier, préoccupe depuis longtemps et a considérablement évolué en termes de risques et de gestion de ceux-ci. La toxicité des produits émis par Lubrizol a beaucoup fait parler, mais là encore sans relativiser avec d’autres circonstances. Ainsi faut-il rappeler encore la pollution résultant des pesticides dont les conséquences sur la santé sont connues et sans doute bien plus importantes. Les premières études de la MSA (Mutualité sociale agricole) concluent qu’en France on constate entre 100 et 200 intoxications aiguës par an imputées aux pesticides.

      Faut-il rappeler aussi que si la pollution de l’air, à Rouen pour ce qui nous concerne ici, reste une préoccupation, on oublie vite que l’intérieur de notre voiture est souvent plus pollué que l’air extérieur et plus encore que les pollutions intérieures à la maison (en particulier dans notre salle de bain) sont bien plus redoutables que celles de dehors. On ne parlera pas des manifestations pendant lesquelles, assez systématiquement, sont brûlés des pneus…

      Quant à la cigarette… On compte de l’ordre de 4 000 substances différentes dans la fumée du tabac, dont des cancérigènes majeurs, de la dioxine, du plomb, mercure, ammoniac et même cyanure ! Dans le monde il y a de l’ordre d’un milliard de fumeurs, dont 15 millions en France, qui fument 12 à 15 cigarettes par jour et… rejettent leur fumée dans l’atmosphère. C’est ainsi que 90 % des cancers du poumon sont dus au tabac, cause de 73 000 morts prématurées par an en France.

     A suivre : La culture du risque, Les suites à donner.

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30 octobre 2019 3 30 /10 /octobre /2019 09:42

     Les plastiques sont devenus une préoccupation partout dans le monde, d’autant plus que les cours d’eau et courants marins ont tendance à les regrouper dans… un océan de plastique. Malgré cela et tous les dispositifs mis en place pour la collecte des déchets, ceux-ci prolifèrent allègrement, un peu partout, en ville et à la campagne…

     Il est donc urgent de sensibiliser la population en général et les jeunes en particulier pour que notre village, notre pays, notre planète ne deviennent pas une vaste poubelle.

     Cette sensibilisation peut se faire de différentes manières et on le voit de plus en plus avec des séances de ramassage de déchets ici ou là. Le collège Francis Yard de Buchy (Normandie) a innové à sa manière en mettant en place un flash mob (rassemblement public d’un groupe de personnes pour effectuer une courte action) spectaculaire. Le 9 octobre 2019, après une longue préparation minutieuse par tous les élèves et tous les personnels, avait lieu l’opération Life in Plastic, it’s fantastic ? Une démonstration internationale dans le cadre du projet Erasmus+ réunissait un peu plus de 650 personnes : les élèves du collège, près de 50 élèves de divers collèges européens, tous les professeurs et même le maire de la ville.

     Une vaste chorégraphie a réuni tout ce monde, avec force bouteilles en plastique, pour une longue chaîne jusqu’au lieu de stockage, en vue du recyclage. Tous ces élèves ont ainsi été sensibilisés à la nécessité de recycler et surtout de penser de nouvelles manières d’utiliser les plastiques.

     Cette sensibilisation sera poursuivie en classe pour des échanges sur ce sujet.

     On peut être sûrs que ceux-là, au moins, ne jetteront plus leurs canettes depuis le scooter ou la voiture !

     C’est un exemple des actions qu’il faudrait multiplier largement pour, enfin, apprendre la nature à tous, dès le plus jeune âge et à tous les niveaux de formation.

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21 octobre 2019 1 21 /10 /octobre /2019 14:38

     Face à l’actualité brûlante concernant l’environnement, des solutions sont proposées pour refaire le monde dans « Faire passer le message », une vision personnelle sur les grandes thématiques de l’environnement.

 

     FETE DE LA POMME : samedi 16 novembre 2019,

       de 10h à 18h au Château-lycée agricole de Merval

       à Brémontier-Merval, entre Argueil et Gournay-en- Bray (76)

 

Faire passer le message - Persée, Paris, 2018.- 158 p. - 14€20

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14 octobre 2019 1 14 /10 /octobre /2019 14:47

La résilience :

     Dès lors la grande question est de savoir, s’il y a effondrement, ce qui viendra après, tout cela étant à imaginer et à créer. Voilà bien du nouveau ! Mais quel avenir proposer à nos enfants et petits-enfants si la fin de ce monde est inévitable ? Les survivalistes américains construisent déjà des bunkers et accumulent des conserves pour survivre tandis que les collapsologues essaient d’inventer des communautés locales fondées sur l’entraide. Si pour certains il est déjà trop tard pour la transition écologique, il faut, a minima, s’organiser pour surmonter cette crise de civilisation. Pour s’en sortir, il faudrait tout de suite une économie de guerre, un état d’urgence climatique, afin de rationner les carburants, les vivres et sans doute limiter les naissances dans un contexte planétaire. Tout cela étant bien éloigné des préoccupations liées au pouvoir d’achat… et pas très vendeur pour de prochaines élections ! Mais c’est cela la résilience.

     Nous voilà à la bifurcation où il faut choisir : tout faire pour empêcher cet effondrement ou admettre la fatalité et s’y adapter. Et ensuite ? Vivre dans des grottes, comme des chasseurs-cueilleurs primitifs ? Mais non, plutôt inventer une nouvelle civilisation, en ne répétant pas les erreurs du passé, en renouant une relation intime avec la nature, notre mère nourricière. Comme nous le répétons depuis des années, il faut refaire le monde, quel plus beau challenge peut-on espérer ? Le pire n’est jamais sûr, mais il est possible. Regardons les choses en face, avec réalisme et réagissons, avec résilience, afin de surmonter cette épreuve qui pourrait bien être redoutable de toute façon.

     Bien sûr les avis sont partagés entre imminence de l’effondrement ou délai d’une quinzaine d’années pour réagir. Mais d’ores et déjà, des citoyens s’organisent, seuls ou en communautés, pour retrouver des savoirs anciens, reprendre contact avec la nature à la campagne, pratiquer la permaculture… Une nouvelle vague de bobos écolos soixante huitards ? Peut-être, mais pas seulement. On rencontre dans cette mouvance aussi d’anciens banquiers ou informaticiens, lassés du « monde moderne » oppressant et anxiogène, soucieux de réinventer une vie collective.

     Mais alors quelles solutions envisager pour sortir de cette crise ? On retrouvera des pistes dans « Faire passer le message » pour orienter la construction de ce monde nouveau. A ces orientations générales, on peut ajouter quelques remarques telles que la nécessité urgente de revoir les bases de notre économie afin de privilégier les intérêts publics plutôt que les spéculations pour quelques-uns. Que faut-il gérer en commun si ce n’est ce qui correspond aux besoins primaires de la population, à savoir l’eau et l’alimentation en premier lieu. A titre d’exemple rappelons mes proposions faites en 2009, comme nationaliser l’eau. La gestion de l’eau est devenue un défi à relever pour garantir la sécurité alimentaire, hydrique et énergétique de certaines régions. Il est urgent de considérer l’eau comme un bien essentiel, et l’accès à l’eau potable comme un droit fondamental, ce qui ne peut être un enjeu de marché. La propriété des réserves devrait pouvoir être « mondialisée » (avec la création d’une agence mondiale de l’eau) afin d’éviter les guerres de l’eau entre Etats et la gestion devrait être assurée par des régies publiques à différents niveaux. De même nous avons proposé de nationaliser l’agriculture vivrière. Aujourd’hui, l’agriculture traverse des difficultés, c’est le moins que l’on puisse dire. Par le biais des aides publiques la production agricole est largement financée par le contribuable, peu par le consommateur, elle est donc une production publique, de fait. Alors pourquoi ne pas nationaliser l’agriculture vivrière ? Il ne s’agit pas de recréer des kolkhoz d’un autre âge ou des kibboutz, ou de transformer les agriculteurs en fonctionnaires. L’agriculture a la grandeur de nous procurer la ressource la plus stratégique qui soit : notre alimentation. Alors, pourquoi ne pas aller au bout du raisonnement : l’Etat assure le « service public de l’alimentation » en contractualisant (via une agence de l’alimentation) avec les agriculteurs pour définir les productions, leur qualité et leur prix.

     Il s’agit là de ce que certains économistes nomment les biens communs, dont la gestion doit être harmonisée aux plans national et international et gérée au plan local. L’économie circulaire qui se développe de plus en plus s’inscrit dans ce registre. Voilà une voie de secours pour revenir à plus de respect de l’environnement et plus d’équité. Il devient évident que ces transformations en profondeur passent par une réorganisation de notre société, en particulier sur le plan politique pour les prises de décisions, la pédagogie que cela demande et la participation du public. D’innombrables initiatives sont prises en ce sens dans divers pays. Un élément nouveau est l’apport des femmes, trop longtemps tenues à l’écart, qui sont sensibles à ces problématiques et très déterminées.

     Par définition, l’avenir est incertain, ce dont nous sommes sûrs toutefois, c’est qu’il ne suffira pas de réformettes, c’est bien d’une révolution dont il s’agit. Le temps presse et nous devrons tous nous investir, individuellement et collectivement, en acceptant des restrictions inévitables et dans le respect d’autrui, faute de quoi…

     En conclusion : Nous sommes au seuil de l’effondrement de notre civilisation industrielle, ce dont nous sommes tous responsables. Ce n’est pas la fin du monde, grâce à la résilience dont nous saurons faire preuve. C’est le début d’un nouveau monde !

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7 octobre 2019 1 07 /10 /octobre /2019 18:17

     Oh que voilà bien des choses compliquées ! Mais non, c’est très simple, juste un choix à faire pour chacun entre accepter l’effondrement de notre civilisation ou la volonté de réagir. Voilà bien le dilemme, mais il faut d’abord s’entendre sur les mots. La collapsologie désigne l’étude de l’effondrement de la civilisation, terme venant de l’anglais to collapse, s’effondrer. La résilience est un phénomène psychologique qui consiste à rebondir et surmonter les épreuves de la vie.

 

     L’idéologie la mieux partagée des 19e et 20e siècles était le progrès, surtout technologique et économique, avec un caractère quasi dogmatique, mais cette croyance est remise en question du fait de la crise écologique, climat et biodiversité. Nous éprouvons le besoin de nous projeter dans un avenir meilleur, pour nous-mêmes et nos enfants. Les 30 glorieuses (1945-1975) nous ont encouragés dans cette voie, persuadés que cela allait continuer. Pauvres naïfs nous étions. Pourquoi cette remise en cause maintenant ? Nous prenons conscience, avec retard certes, mais tout de même, du dérèglement climatique, de la perte de biodiversité et, qui plus est, d’une démographie mondiale quasi incontrôlée qui remet tout en cause. C’est la désillusion. Si l’on prolonge les courbes relatives à la consommation d’énergie ou d’espaces agricoles en toute insouciance, il est clair qu’en quelques décennies la situation va devenir invivable. Plus nous attendrons pour réagir et plus il sera difficile de redresser la barre. Voilà bien le dilemme !

L’effondrement :

     C’est depuis 2015 que s’est développée la théorie de l’effondrement, suscitant controverses entre adeptes convaincus d’une certaine fin du monde et contestataires qui dénoncent un bluff scientifique. Parmi les premiers il est à noter la présence d’Yves Cochet, mathématicien né en 1946, membre des Verts, député puis ministre de l’environnement en 2001-2002. Il tente de faire prendre conscience d’un effondrement imminent de la civilisation industrielle et des moyens de réduire son ampleur. En 2018, 200 personnalités rejoignaient Yves Cochet dans un appel pour sauver la planète. Depuis on a vu des mouvements de jeunes marcher pour le climat, un succès des Verts aux élections européennes de 2019 et des sondages d’opinion en France qui placent les préoccupations environnementales au premier rang. Yves Cochet imagine un effondrement par la guerre liée au manque de ressources, ou par des épidémies, tout cela en lien avec le réchauffement du climat qui s’accélère et la pénurie d’eau potable. Dans cette hypothèse, au lieu d’être 10 milliards de Terriens en 2050, il se pourrait que nous ne soyons plus que 2 ou 3 milliards. Sans verser dans le catastrophisme, on peut en effet envisager un effondrement de notre civilisation industrielle à terme rapproché. L’utopiste d’aujourd’hui est celui qui croit que tout peut continuer comme depuis deux siècles alors que l’effondrement est notre horizon.

     Les hommes ont cru pouvoir être maîtres de la nature et en tirer profit indéfiniment, en lien avec des mythologies économiques et religieuses. Faut-il le rappeler encore, dès 1972, le rapport du Club de Rome mettait en garde, utilisant déjà le terme d’effondrement et préconisant des limites à la croissance… Il y a presque 50 ans ! Qui a entendu cet appel ? Maintenant, nous voilà face aux réalités. L’effondrement est bien un processus qui mène à une réduction de la fourniture des besoins de base à la population. Par exemple, en cas de catastrophe, Paris ne dispose que de trois jours d’autonomie alimentaire ! Et que penser des conséquences en cascade d’un « simple » accident comme celui de Lubrizol à Rouen survenu en septembre 2019 ? Il s’agit bien là d’un avertissement en termes de réactivité, de communication et d’efficacité des mesures prises. En noircissant juste un peu le tableau, la conjonction d’un effondrement environnemental, économique et social conduirait à une situation particulièrement alarmante. N’oublions pas qu’un effondrement du bloc asiatique pourrait engendre un flux de plusieurs millions de migrants.

     Sans dramatiser, soyons attentifs au moins aux réalités du présent :

     Dans son rapport du 25 septembre 2019 (établi par plus de 100 auteurs de 36 pays, à partir de plus de 7.000 références scientifiques récentes), le GIEC alerte sur « l’urgence à définir des mesures prioritaires pour faire face aux changements durables et sans précédent que subissent l’océan et la cryosphère (les régions gelées de la terre) ». Le niveau de la mer devrait augmenter, selon les hypothèses, de plus de 80 cm en moyenne d’ici 2100, menaçant environ 700 millions de personnes dont beaucoup sont concernées dès maintenant par cette menace sur les habitats côtiers. Sans oublier que la réduction en cours des glaciers d’Europe, et ailleurs, impacte la disponibilité en eau en aval, notamment pour l’agriculture et l’hydroélectricité. Dès maintenant les processus s’accélèrent et les évènements extrêmes, de rythme centennal, vont devenir progressivement annuels. Selon le GIEC, « le réchauffement et l’acidification de l’océan, la diminution de l’oxygène et les variations de l’approvisionnement en nutriments ont déjà des répercussions sur la répartition et l’abondance de la faune et de la flore marines dans les zones côtières, en haute mer et dans les profondeurs océaniques ». 

     Bien entendu, rien n’est sûr et personne n’est en mesure de prédire les échéances et l’intensité des phénomènes, mais il faut étudier les scénarios possibles et leurs conséquences, afin de les gérer au mieux. C’est tout l’intérêt de la collapsologie de nous inciter à tout mettre en œuvre pour éviter la catastrophe.

A suivre : la résilience.

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