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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 15:45

 

 

Depuis un peu plus de quatre ans que ce blog existe, 213 chroniques ont été publiées, en voici le rappel des titres pour 2011 :

 

- La crèche de la guerre 20-12-11

- Ernest Noury, précurseur ? 13-12-11

- Quatre ans ! 06-12-11

- Yin ou yang ? 29-11-11

- L’info-nature, vraie culture ou foutaise ? 22-11-11

- Lanceurs d’alerte ou alerte aux dénonciateurs ? 15-11-11

- Vous avez un plan pour le climat ? 8-11-11

- T’as une tête maorie ? 01-11-11

- Y a-t-il un trader dans la salle ? 25-10-11

- Çà va taxer un max ? 18-10-11

- Le Nigeria, à la vie, à la mort ? 11-10-11

- Ce sera le meilleur des mondes ? 04-10-11

- La Bourse ou la vie 27-09-11

- Protéger la nature ? 20-09-11

- Notre poumon est malade ? 13-09-11

- Adieu le tigre je t’aimais bien tu sais 06-09-11

- Les profs, des héros ? 30-08-11

- Quel avenir pour les jardins ? 23-08-11

- Enfin, il y eut une femme pour sauver le monde ? 16-08-11

- Restera-t-il un chant d’oiseau ? 09-08-11

- Plutôt gaie la chanson ? 02-08-11

- Et maintenant, vous allez le chanter ? 26-07-11

- C’est de la franchouillardise ? 19-07-11

- Indignation ou empathie ? 12-07-11

- Le maire, chef des escargots ? 05-07-11

- Sortir du nucléaire ? 4/4. Que faire maintenant ? 28-06-11

- Sortir du nucléaire ? 3/4. Faut-il sortir du nucléaire ? 21-06-11

- Sortir du nucléaire ? 2/4. Quel retour d’expérience après Tchernobyl ? 14-06-11

- Sortir du nucléaire ? 1/4. Quelle prise de conscience après Fukushima ? 07-06-11

- Stratégie nationale de la biodiversité, ou de lâcheté ? 31-05-11

- DSK : Dure Semaine pour un Kamikase ? 24-05-11

- Haro sur les plantes médicinales ? 17-05-11

- Comment recycler les écologistes 10-05-11

- Architecture et environnement, une révolution 03-05-11

- Avez-vous la « Phyt’attitude » ? 26-04-11

- Belle gueule ou face de bouc ? 19-04-11

- La planète en fusion ? 12-04-11

- Quel bilan en un demi siècle ? 05-04-11

- C’est de la dyslexie culturelle ? 29-03-11

- C’était comment la démocratie ? 22-03-11

- PAC ou PAAC ? 15-03-11

- Le Hulot ou la Hulotte ? 08-03-11

- Premiers partout ? 01-03-11

- Vous avez dit croissance ? 22-02-11

- Le littoral normand en péril ? 15-02-11

- Vous avez peur des jeunes ? 08-02-11

- Le réchauffement va-t-il nous refroidir ? 01-02-11

- Alain Carment, un Brayon pour le développement soutenable 25-01-11

- Copenhague, Cancun, et après ? 18-01-11

- Bilan d’activités 2010 11-01-11

- Re-partie l’Afrique ? 04-01-11

 

        Cette dernière chronique index de l’année est l’occasion de vous remercier encore une fois de votre fidélité. Merci pour vos commentaires toujours plus nombreux, avisés et pondérés, ce qui contribue à nourrir notre réflexion commune. Bonne année 2012 à tous et rendez-vous au 3 janvier.

 

 

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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 08:00

 

 

Voilà Noël et sa ribambelle de cadeaux, parfois douteux… Cela m’a rappelé un poème que j’avais écrit en 1967, et jamais publié. Le voici :

Un pistolet à air comprimé

C’est sa fête

Un char en matière plastique

C’est Pâques

Et à Noël

Sous le sapin

Une crèche

Et une panoplie de marine

L’enfant Jésus sourit

Le casque et le ceinturon

Sont pareils aux vrais

Joseph et Marie à genoux

Remercient Dieu

Les grenades ont des goupilles

Comme les vraies

L’âne et le bœuf

Semblent émus et ravis

Le fusil mitrailleur

Lance des balles

Comme les vraies

Le sapin est plein de lumières

De guirlandes de boules

            Et de paix

De paix, de paix, de paix

Le gosse déjà casqué

Bardé de munitions

Dit qu’il va jouer à la guerre du Vietnam

La guerre, la guerre, la guerre

S’il demande pourquoi il y a la guerre

Son père répond

Que c’est à cause de la politique

Sa mère ajoute

Que ceux qui font la guerre

Seront punis par le Bon Dieu

Le gosse rampe sous le sapin

Lance ses grenades

Et tire sur son viet

            C’est Noël

C’est la paix

Mais pour combien de temps.

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 09:45

 

 

 

C’est le 9 décembre 1968 que disparaissait Ernest Marius NOURY, né le 18 juin 1877 à La Feuillie (Seine-Maritime).

Il fréquente d’abord l’Ecole de Buchy où il obtient le brevet élémentaire. A 13 ans, le jeune Ernest a déjà constitué son premier herbier. Elève brillant, il intègre l'Ecole Normale d'instituteurs de Rouen, puis est nommé dans une école primaire. De 1903 à 1932 il est instituteur-secrétaire de Mairie à Bois-Guilbert. A l’heure de la retraite, en 1932, il s’installe route d'Argueil à Buchy. Ainsi il aura passé 65 ans de sa vie dans un rayon d'environ 20 km ! NOURY, homme simple toujours gai, vivait ainsi à la campagne dans une maison modeste, abritée dans un grand jardin sauvage.

Si Ernest NOURY fut un bon botaniste et un bon entomologiste, il fut surtout pionnier en cécidologie, science des galles, c'est à dire des excroissances des plantes occasionnées le plus souvent par un insecte. NOURY a ainsi pratiqué une démarche scientifique globale, écologique ; sa bibliographie comporte une cinquantaine de références. Il contribua aussi à la connaissance de la nature par ses activités associatives. En 1902, il entre à la Société des Amis des Sciences et du Muséum de Rouen où il gravit tous les échelons de bibliothécaire à président honoraire en passant par le secrétariat, la vice-présidence et la présidence. En 1949 il est président honoraire du Laboratoire Normand fondé par deux jeunes bucheois. En 1952 Le Laboratoire Normand présente une première exposition inaugurée par André MARIE, Président du Conseil et Ministre de l'Instruction Publique. En 1964 le petit musée devient le Musée Ernest NOURY.

Homme de synthèse, NOURY a su ainsi valoriser ses acquis dans des disciplines traditionnelles pour contribuer à l'avancement d'une science nouvelle aux côtés de spécialistes français et européens. Ernest NOURY aura ainsi apporté une contribution aux sciences de la nature, en travaillant jusqu'à ses dernières heures, fin 1968. Apportant son concours à l'amélioration des connaissances fondamentales, NOURY n'a jamais perdu de vue les applications possibles de ces connaissances, il fut en cela un des pionniers de l'écologie et de la protection de la nature. Ernest NOURY a eu une vie bien remplie pendant 92 ans et couronnée de la reconnaissance de ses contemporains.

 

 

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 11:14

Voilà quatre ans que ce blog existe, la première chronique « As-tu vu Tuvalu ? » (http://www.michel-lerond.com/article-14347007.html), a été publiée le 4 décembre 2007. Un blog (web log = journal de bord sur le web) permet de toucher facilement un public intéressé, même s’il n’est pas aisé de quantifier cette fréquentation. Il existerait actuellement 156 millions de blogs dans le monde, ce qui relativise bien des choses… dont toutefois, la majorité est inactive ou éphémère. En France il y aurait 15 à 20 millions de blogs dont un quart seulement sont actifs. La plateforme OverBlog, créée en 2004 à Toulouse, revendique près de 2 millions de blogs et plus de 10 millions de visiteurs par mois à elle seule.

Alors qu’en est-il de votre blog préféré ? En quatre ans, 210 chroniques ont été publiées qui ont fait l’objet de 321 commentaires. La fréquentation totale a été de 18 905 visiteurs pour 36 095 pages vues. Comparée à beaucoup d’autres, ce blog connaît une bonne fréquentation, mais bien sûr il reste très modeste si l’on compare avec des sites comme lemonde.fr qui recense 1,5 million de visites quotidiennes ! Plus modestement, notre journée record de fréquentation a été le 3 novembre 2010 avec 213 pages vues. Les 210 chroniques publiées se sont réparties entre environnement 106, société 63, économie 15 et gouvernance 26. Rares sont les chroniques qui ne font l’objet d’aucun commentaire. Les plus commentées sont : le 2 janvier 2008 Béthencourt, la mondialisation ? (http://www.michel-lerond.com/article-15186857.html) et le 19 avril 2011 Belle gueule ou face de bouc ? (http://www.michel-lerond.com/article-belle-gueule-ou-face-de-bouc-72062443.html) avec 8 commentaires chacune.

Mais ce que je retiens de plus intéressant de cette expérience, c’est la diversité de la fréquentation. En effet, sur près de 200 abonnés (c’est bien peu par rapport aux 13 millions d’abonnés à Lady Gaga sur Twitter !) dont je ne connais qu’une moitié, on note des élus, administratifs, associatifs, professionnels d’horizons très divers (environnementalistes bien sûr, mais aussi journalistes, enseignants, architectes, urbanistes, agriculteurs, forestiers, commerçants, artisans, jardiniers, etc.) qui viennent de France, mais aussi d’autres pays.

Alors, on continue ?

 

Pour retrouver les chroniques les plus anciennes : « Qu’est-ce qu’on attend ? Chroniques (2008-2009) ». A commander sur www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=31058 150 pages – 13,78 €, ou dans toutes les bonnes librairies.

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 16:20

 

Dans la philosophie chinoise, le yin et le yang se complètent dans tous les aspects de la vie. Alors que nous pensons, nous autres occidentaux, la dualité plutôt en termes d’opposition, les orientaux la pensent en termes de complémentarité. Le yin, c’est le noir, le féminin, la lune, le négatif. Et donc, le yang, c’est le blanc, le masculin, le soleil et le positif. C’est ainsi que le yin peut être associé au nord de la colline (pour nous l’ubac) alors que le yang est associé au sud de la colline (l’adret). Mais ces deux concepts étant liés, il y du yin dans le yang, et réciproquement ; en somme le dualisme n’est jamais complet comme le voudrait notre culture occidentale, pétrie de christianisme et de cartésianisme. Rien ni personne n’est totalement bon, ni totalement mauvais.

Dès lors, le yin et le yang sont en relation d’opposition, mais aussi d’interdépendance et peuvent muter de l’un à l’autre. L’harmonisation yin-yang est celle qui existe entre froid et chaud, ombre et lumière, noir et blanc, mais aussi entre industrialisation et nature ou pollution et santé… Certes cette philosophie chinoise est plus complexe qu’il n’est évoqué ici, mais n’a-t-on pas là une prodigieuse leçon à prendre dans notre appréhension des problématiques environnementales.

C’est ainsi que le fleuve Seine peut être considéré à la fois comme une entité économique et environnementale (http://www.michel-lerond.com/article-15657193.html), que la crise actuelle peut être salutaire en favorisant une révolution verte (http://www.michel-lerond.com/article-31603124.html), que l’aménagement des routes peut générer des plantations astucieuses (http://www.michel-lerond.com/article-des-routes-pour-les-arbres-44574198.html), que la chimie peut être associée à l’idée de santé de l’environnement (http://www.michel-lerond.com/article-la-chimie-ca-pollue-58742069.html), que l’écologie et l’écologisme ne sont pas à confondre mais peuvent se compléter (http://www.michel-lerond.com/article-ecologie-ou-ecologisme-60599146.html) ou encore que le réchauffement climatique pourrait bien nous refroidir… (http://www.michel-lerond.com/article-le-rechauffement-va-t-il-nous-refroidir-66217518.html).

Ainsi dans le domaine de la nature et de l’environnement, rien n’est simple et tout doit être regardé en termes d’opposition, mais aussi de complémentarité et d’interdépendance. Ah, ce n’est décidément pas facile d’être yin et yang !

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 08:21

En créant l’Observatoire régional de l’environnement de Haute-Normandie, en 1982, mon objectif était de permettre à tout un chacun d’accéder plus facilement à l’information sur la nature. La documentation régionale était déjà très abondante à cette époque, mais très dispersée. Depuis, les choses ont considérablement évolué avec la création de nouvelles structures et l’élaboration de dispositifs performants. Parmi ceux-ci, le SINP (Système d’information sur la nature et les paysages) du ministère de l’écologie est sans doute un des systèmes les plus aboutis (http://www.naturefrance.fr/).

Le SINP a en effet pour vocation de coordonner l’ensemble des acteurs et de collecter les données afin de contribuer à un état des lieux complet. Les données concernées sont celles relatives à la nature dans son ensemble, espèces et espaces naturels. Le SINP recense ainsi les dispositifs de collecte, les bases de données et les acteurs. Reste à adapter le dispositif pour être accessible au grand public, bien qu’il soit déjà relayé par d’autres structures, comme l’AREHN en Haute-Normandie (http://arehn-asso.superdoc.com/Documents/pdf/Ficheoutil/violette_de_rouen.pdf) avec ici l’exemple de la violette de Rouen.

Ce n’est pas pour autant que la culture naturaliste s’est développée comme on aurait pu l’espérer et que les décisions politiques, administratives ou d’aménagement sont prises dans le bon sens. C’est ce que révèle le rapport remis fin octobre par Guillaume Sainteny (ancien directeur du Ministère de l’écologie) au Conseil d’analyse stratégique. Ce rapport fait état des dégâts sur la biodiversité résultant de certaines aides fiscales. Si autrefois (dans les années 1980), on a pu déplorer que les aides publiques au remembrement aient fait passer le linéaire national de haies de 2 millions de km à 600 000, aujourd’hui encore, les exonérations de TIPP (Taxe intérieure sur les produits pétroliers) et de TVA sur le kérosène, taux réduits de TVA sur les phytosanitaires et autres incitations fiscales encourageant l’étalement urbain, le coût est très élevé pour la biodiversité. Bien que très difficile à chiffrer ce coût est estimé à plusieurs dizaines de milliards d’euros d’aides annuelles ayant un impact négatif sur la biodiversité. Le rapport (http://www.strategie.gouv.fr/content/les-aides-publiques-dommageables-la-biodiversite-note-de-synthese-246-octobre-2011) de 300 pages détaille tous ces dommages et formule pas moins de 80 recommandations pour « alléger la charge ». Un certain nombre d’organismes internationaux se sont émus de cette situation, mais la France s’est peu impliquée dans le débat. Il faut dire que la jungle fiscale française a quelque peu découragé tout investigateur… Alors informés les décideurs ?

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 08:18

 

 

La participation des associations de défense de l’environnement aux instances de consultation en matière d’environnement fait polémique depuis cet été. En effet, un décret du 12 juillet 2011 modifie sensiblement les « règles du jeu ». Ce nouveau texte, promulgué en début d’été en catimini, est en effet suspecté de vouloir restreindre le « pouvoir » des associations. Celles-ci devront maintenant justifier d’un nombre de membres supérieur à 2 000, d’une activité effective sur une partie significative du territoire, d’un financement diversifié etc., autant de critères très sélectifs par rapport à la situation antérieure.

N’est-on pas là dans un de ces débats franco-français dont on a le secret et où chacun se cache derrière son petit doigt. Il serait opportun d’évoquer tous les éléments du débat, ce qui ne manque pas de quelques contradictions. De fait, la concertation est parfois accaparée par des groupes de pression, comités de défense ou lobbies qui peuvent confondre préoccupations personnelles avec intérêt général et qui esquivent toute analyse globale de la situation. Dans nombre de commissions « officielles », la société civile est, de fait, représentée par des associations… pas toujours représentatives, les professionnels ne sont quasiment pas sollicités, et les élus locaux bien peu.

Il n’en reste pas moins que ces « lanceurs d’alerte » comme disent les anglo-saxons ont un rôle très utile, en dénonçant, en vrac, les risques de l’amiante, les dégâts de l’agriculture ou les méfaits du médiator… ce qui peut faire peur à certains lobbies !

Bien sûr, il faut que la démocratie représentative soit complétée d’une démocratie participative, dans laquelle les associations doivent être partie prenante, selon des règles établies (Voir aussi : http://www.michel-lerond.com/article-19328563.html). Mais les professionnels, les experts, ne doivent pas être écartés du processus de concertation, dans la mesure où l’expertise est une base essentielle pour garantir des discussions fondées. Ce sont souvent des spécialistes qui mettent le doigt sur telle ou telle difficulté ou sur des phénomènes non encore envisagés. Les associations doivent alors pouvoir relayer ces opinions et devenir effectivement des lanceurs d’alerte.

Le Conseil d’Etat essaie, à juste titre, de remettre de l’ordre dans ces procédures avec son rapport de juin 2011 (http://www.conseil-etat.fr/fr/rapports-et-etudes/rapport-public-2011-consulter-autrement-participer-effectivement.html) pour mieux répondre aux attentes des citoyens dans le cadre des consultations préalables à la décision publique. Cela devrait permettre de rendre les procédures plus transparentes, ouvertes et dont les résultats seraient restitués.

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 07:53

 

Après Kyoto (1997), puis Cancun (2010) et tant d’autres conférences, ce sera Durban en décembre (17ème conférence mondiale sur le climat). Voilà donc un siècle et demi !! que l’on tergiverse sans jamais vraiment décider… C’est en effet récemment que les Irlandais nous ont rappelé que l’un des leurs, John Tyndall, physicien et l’un des premiers climatologues, avait publié le 30 septembre 1861 un article s’inquiétant de la variation des taux de vapeur d’eau et de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, susceptibles de produire des effets sur le climat. Au tout début du 20ème siècle, un autre physicien, suédois, Arvid Högbom estime qu’un doublement du CO2 dans l’atmosphère engendrerait une augmentation de la température moyenne de la terre de 5 à 6°… scénario confirmé par le GIEC un siècle plus tard !

En France, après les engagements prévus par la loi Grenelle I du 3 août 2009, un plan 2011-2015 comprenant 230 mesures a été présenté fin juillet 2011. On prévoit en effet des sécheresses de plus en plus intenses et fréquentes qui vont affecter la filière agricole et la ressource en eau. Parmi toutes ces mesures, on note par exemple la mise en place d’une veille santé-climat, le test d’espèces forestières adaptées au changement climatique, la recherche de techniques nouvelles pour les infrastructures routières et ferroviaires afin de mieux résister à des cycles gel-dégel fréquents, etc. Ces efforts sont très louables, pourvu… qu’ils soient concrétisés. Au plan international, en effet, on se hâte lentement… alors que les émissions mondiales de CO2 ont augmenté de près de 5 % en 2010 (Il était prévu qu’elles commencent à baisser en 2015) et que la concentration du CO2 est estimée à 391 ppm (part pour million), soit à 9 ppm du point de non-retour envisagé…

Alors qu’il devient urgent d’admettre la régulation climatique comme priorité mondiale, les négociations sont « au bord du coma » comme l’ont titré plusieurs journaux. Les pays développés, donneurs de leçons, sont rattrapés par les pays émergents dont la Chine, premier pollueur mondial. Pendant ce temps, Mohamed Nasheed, président des Maldives, ce chapelet d’îles de l’océan Indien, ne fait plus de prospective, mais essaie de gérer le présent : 16 îles évacuées, eau douce contaminée par l’eau de mer sur 70 îles, insécurité alimentaire du fait de la disparition des poissons, migrations internes…

Faute de négociations abouties et efficaces, sans doute, allons-nous devoir nous habituer aux désordres climatiques, malgré les avertissements répétés du GIEC. Si tout venait à se dérégler, nous aurions à gérer des migrations importantes et pourrions voir la part la plus sombre de notre nature ressurgir… Mais c’est lorsque tout semble désespéré que survient le sursaut non prévu, le sursaut salvateur.

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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 10:02

        En 2006, le Museum de Rouen prépare sa réouverture au public, après 10 ans de fermeture pour raisons de sécurité. Une nouvelle équipe est recrutée qui, sur demande de la municipalité, met en œuvre le nouveau projet culturel et scientifique. Très vite, naît l’idée de restituer à la Nouvelle-Zélande, qui le réclame depuis de nombreuses années, la tête humaine tatouée et momifiée, dite tête maorie, conservée au musée depuis 1875.

C’était le début d’une aventure laborieuse qui, pendant une décennie, a mobilisé le monde politique pour vaincre les obstacles juridiques à la restitution des restes humains. Depuis les années 1980 en effet, les Maoris réclament la restitution de ces têtes, qui furent prisées par les collectionneurs étrangers dès le XVIIIe siècle, suscitant un important trafic. Après bien des débats, une loi a été votée le 4 mai 2010, déclassant ces restes humains des collections inaliénables des musées, afin de pouvoir les rendre au Musée national Te Papa en Nouvelle-Zélande. La tête de Rouen a été restituée le 9 mai 2011 à la Nouvelle Zélande.

       Le film La fabuleuse histoire de la tête maorie du Museum de Rouen, écrit et réalisé par Philippe Tourancheau, a été projeté en avant-première le 4 octobre au cinéma Omnia République de Rouen. Il relate toute cette aventure et la replace dans son contexte muséographique et éthique (voir aussi : http://www.dailymotion.com/video/xiqz6t_sebastien-minchin-relate-la-decouverte-de-la-tete-maori-du-musee-de-rouen_creation et http://vimeo.com/22288017 .

        Il faut saluer ici le travail réalisé par Sébastien Minchin, conservateur du Museum de Rouen, qui par sa ténacité a permis un aboutissement heureux de toute cette affaire, en plaçant le Museum de Rouen à l’avant-scène sur une problématique nationale d’actualité.

        C’est ainsi, à la suite de « l’affaire de Rouen », que l’ensemble des têtes maories des collections de France se trouvent déclassées pour pouvoir retourner vers leur terre d'origine. Une vingtaine de têtes maories seront restituées en janvier 2012, à la clôture de l’exposition sur la culture Maorie au Musée du Quai-Branly à Paris. Tous les Maoris de haut rang, guerriers et chefs de tribus, étaient tatoués selon des motifs rappelant leur tribu. En effet, selon leurs traditions, la tête est considérée comme la partie sacrée du corps et le tatouage comme une véritable signature sociale et religieuse. Le peuple Maori avait ainsi coutume de conserver les têtes tatouées des guerriers morts au combat, et de les exposer dans un endroit consacré à leur mémoire, où chacun pouvait les vénérer jusqu’au moment où ils estimaient que l’âme du défunt était partie. Les têtes étaient alors inhumées près du village.

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 08:08

 

Les « marchés » sont devenus omniprésents dans les médias et les conversations. Mais qui donc se cache derrière ces monstres froids qui en veulent à nos économies et aux états ? A l’origine les marchés de capitaux sont des lieux de rencontre où s’ajustent l’offre et la demande de financement. Les ménages, les banques, les entreprises et les états constituent les acteurs de cette « bourse d’échanges ».

Mais les choses ont dérapé depuis une bonne dizaine d’années, avec l’apparition du shadow banking system, système financier virtuel. L’objet de ce système est d’élaborer des produits financiers très complexes, souvent incompréhensibles et échappant aux contrôles des autorités de régulation. Dès lors on change de registre et entrons au casino ! C’est ainsi que l’on a vu des Jérôme Kerviel faire perdre 5 milliards € à la Société Générale en 2008, et depuis ça continue… Tout se passe comme si les banques avaient créé des monstres qu’elles ne maîtrisent plus. Les amplitudes des marchés deviennent parfois fantasques, sans justification, comme soumises à des accès de folie.

Dans ce système démentiel, les traders peuvent constituer un motif d’inquiétude, mais il y a plus grave encore. En effet les marchés boursiers sont de plus en plus gérés par des robots (un tiers des échanges à Paris et la moitié à Wall Street), des ordinateurs qui réagissent en termes de millisecondes sur toute fluctuation intervenant n’importe où dans le monde, afin de « jouer gagnant ». Ces échanges à haute fréquence sont en pleine expansion et reposent sur des ordinateurs, sans intervention humaine (voir aussi notre chronique du 4 octobre 2011 Ce sera le meilleur des mondes ? http://www.michel-lerond.com/article-ce-sera-le-meilleur-des-mondes-85779199.html). Cette situation laisse imaginer qu’un « krach boursier automatique » soit tout à fait possible… puisque seuls des ordinateurs peuvent rivaliser avec… des ordinateurs. De plus les systèmes de contrôles sont également automatisés. La présence d’un trader dans le dispositif pourrait nous rassurer !

Les gouvernements, les politiques donc, n’en finissent pas de discuter des solutions, d’un G20 à l’autre… sans résultat. Quelle situation rocambolesque où une toute petite caste de crânes d’œuf construit des programmes ultra-secrets (et au reste incompréhensibles par le non initié), qu’elle fait gérer par des ordinateurs très sophistiqués qui communiquent entre eux en déjouant tous les contrôles.

Les politiques sont impuissants face à cette machinerie, complètement dépassés, mais gesticulant avec fébrilité en proférant des menaces martiales et sans lendemain… C’est à pleurer !

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