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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 08:37

 

La révolution numérique est en marche, et alors que l’on ne cesse de regretter l’individualisme galopant, les réseaux sociaux explosent, recréant une communication, virtuelle certes, mais réelle. Ainsi le moteur de recherche Google a été créé en 1998 par deux étudiants en informatique de Californie, Larry Page et Sergey Brin. Aujourd’hui Google emploie 20 000 salariés dans le monde et est consulté par 146 millions d’utilisateurs par mois… Google s’est donné pour mission « d’organiser toutes les informations à l’échelle mondiale dans le but de les rendre utiles et accessibles à tous », 97 % des recettes étant apportées par la publicité. Quelle belle gueule, au moins en apparence. Facebook vise lui, juste le monopole de la gestion de nos identités sur la toile… Créé en 2004 par Mark Zuckerberg, étudiant à Harvard, ce réseau social compte 500 millions de membres et permet aux internautes de se construire des profils et de communiquer avec ceux des autres. Mais cette mine de données personnelles, qui peuvent être monnayées à des annonceurs en quête de publicités ciblées, pose quelques problèmes quant au respect de la vie privée. Quelle face de bouc !

Cette révolution n’a qu’une dizaine d’années et déjà Google va plus loin en proposant de devenir « le troisième hémisphère de notre cerveau ». Google conserve la trace de toutes les navigations, ce qui peut permettre de mieux cerner le profil d’un internaute. Facebook est une source d’étonnement devant le récit détaillé d’une mauvaise nuit ou d’un talon cassé avec commentaires... Insidieusement, le système amène à donner de plus en plus d’informations sur soi-même et construit ainsi un dispositif d’hypersurveillance très efficace.

D’autres réseaux, comme Yahoo, Twitter, YouTube, ou autres Microsoft, permettent de rétablir un peu d’équilibre par leur concurrence entre eux. C’est ainsi que Wikipédia, créé par Jimmy Wales et Larry Sanger en 2001 a pour projet fou de concevoir une encyclopédie en ligne, gratuite et rédigée par les internautes eux-mêmes. C’est aujourd’hui le 5ème site le plus visité du web, avec 17 millions d’articles en 270 langues et sans but lucratif.

Cette nouvelle société du numérique est soutenue par la déferlante des tablettes qui rendent accessible internet n’importe où et n’importe quand. Plus de 23 millions de Français sont équipés d’un téléphone mobile avec accès internet. Drôle de communication où chacun est dans sa bulle, seul mais ensemble. Communication restrictive sans doute, mais aussi très ouverte, dépassant les frontières, les cultures, les couleurs de peau, en somme une collectivisation de la pensée qui contredit l’individualisme. La société numérique bouleverse notre rapport à la réalité et invente une nouvelle communication. Elle aura une belle gueule ou une face de bouc ?

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 07:40

Certaines anecdotes ne prennent tout leur sens qu’après coup. C’était le 29 janvier 1988, je rencontrais Jean Lecanuet en tête à tête à son bureau de la mairie de Rouen. Il était maire de la ville et président du conseil général de la Seine-Maritime. Je lui présentais les réalisations de l’Observatoire régional de l’environnement et insistais sur l’importance d’informer le public sur les questions environnementales. Il acquiesca, et soudain très pensif déclara : j’espère qu’il ne se passera jamais rien de grave à Paluel… La centrale nucléaire de Paluel était en chantier depuis 1977 et l’accident de Three Miles Island avait eu lieu en 1979. Le drame de Tchernobyl suivit en 1986. L’accident de Fukushima (sans oublier que le nouveau séisme du 7 avril a touché 2 autres centrales  et un centre de retraitement) ne réconforterait sans doute pas l’ancien maire de Rouen…

La preuve vient d’être apportée, s’il en était besoin, que la technologie nucléaire n’est pas sûre. De plus, les choix initiaux, dans à peu près tous les pays, relèvent davantage de la connivence entre politiques et industriels que du débat démocratique. Tout cela fait froid dans le dos, mais pose aussi la question que personne n’aborde vraiment : comment se passer du nucléaire ? La fin du pétrole est inéluctable, la fin du nucléaire aussi. L’épuisement des stocks d’uranium étant envisagé pour la fin du siècle. Chacun sait que les énergies renouvelables constituent évidemment une solution par leur diversité, mais ne sauraient, avant longtemps, répondre à la consommation d’énergie actuelle et surtout à venir. Bien sûr, la technologie va progresser et apportera d’autres solutions pour la production d’énergie, mais cela demandera beaucoup de temps. Que peut-on faire dans l’attente, si ce n’est réduire nos consommations (http://www.michel-lerond.com/article-29123911.html).

Le retentissement de l’accident de Fukushima est planétaire et traduit une double inquiétude, celle du risque nucléaire et celle de la pénurie d’énergie. On peut penser que le retour d’expérience sera positif, mais les choix seront difficiles. Combien de contestations, de manifestations, de revendications allons-nous voir bientôt avec le renchérissement de l’énergie ?

C’est le moment que Louise a choisi pour naître dans ce monde en fusion. Si nous sommes tous des Japonais, alors Louise est une petite geisha qui va devoir accomplir une tâche immense, contribuer à réconcilier l’homme avec une nature parfois hostile, mais dont il ne peut se passer. Il est facile, en matière nucléaire, d’imaginer des scénarios de l’horrible. Sans aller jusque là, imaginons seulement que trois accidents de type Three Miles Island, Tchernobyl et Fukushima se produisent simultanément en trois endroits de la planète… Ce jour-là, peut être, Louise me regardera dans les yeux pour me dire : Et toi Papy, qu’est-ce que tu as fait pour éviter cela ? Je cherche ma réponse…

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 08:43

 

Il se trouve que c’est en 1961 que je créais un club de naturalistes dont la vocation était « l’étude et la protection de la nature ». Voilà donc 50 ans ! Depuis, les mesures en faveur de notre environnement ont progressé de façon colossale, même si ce fut souvent avec un temps de retard par rapport aux atteintes. Malgré cela de nombreux sujets d’étonnement demeurent…

Malgré tous les inventaires, mesures de protection réglementaires, réserves, parcs, etc. la biodiversité continue de s’appauvrir. Très tôt les forêts équatoriales et tropicales ont été considérées comme un réservoir planétaire de biodiversité. Depuis, en silence, une grande partie de la forêt africaine a été transformée en champs d’ananas ou en oliveraies. Quant à la forêt amazonienne, elle est devenue en grande partie des champs de maïs et soja.

Dès les années 1970, brochures, séminaires, colloques innombrables attiraient l’attention sur l’importance du bocage pour le paysage, la biodiversité, les circulations hydrauliques. Force est de constater que dans certaines régions, comme la Bretagne, le bocage est largement un souvenir… Les labours ont grignoté les prairies permanentes, éradiqué les haies et « désertifié » des régions entières comme une grande partie de la Haute-Normandie.

Bien que l’on ait réduit le  nombre de points noirs en matière de pollution de l’eau, la situation reste préoccupante. Pour simplifier, on pourrait dire que de noire et blanche, la situation est devenue grise partout. De plus l’accès à l’eau potable, qui était jusque là une question mineure, est devenu un vrai souci, y compris en zones tempérées. Certaines pollutions de l’air ont été sensiblement réduites, comme les pollutions industrielles. Mais d’autres demeurent, comme les microparticules liées à l’automobile. Certaines restent peu étudiées, comme les pesticides. La montée en puissance des pays émergents remet au premier plan ces préoccupations.

Alors que le premier choc pétrolier des années 1970 avait suscité de nombreuses réactions, les vraies mesures utiles n’ont pas été prises. L’augmentation actuelle du prix des carburants génère de nombreuses contestations, comme si l’on découvrait le problème… Qu’a-t-on fait pour rapprocher domicile et travail et réduire l’usage de la voiture ? Le passage progressif à une société sans pétrole aurait du être commencé depuis 40 ans. Et pourtant, on continue à privilégier la route par rapport au rail, jusqu’au point d’envisager la fermeture de la gare de triage de Sotteville-les-Rouen !

Ces quelques exemples, parmi beaucoup d’autres sont pour le moins irritants. A force de reculer les décisions, il faudra bien un jour intervenir dans l’urgence, avec beaucoup plus de dégâts « collatéraux »… (http://www.michel-lerond.com/article-31873331.html).

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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 08:24

 

De plus en plus souvent, lorsque l’on reçoit un courrier, ou un courriel, on peut se demander si les règles orthographiques n’auraient pas été abolies. De même, le style et la syntaxe de certains écrits laissent parfois perplexes. Si la dyslexie est bien une difficulté à identifier les lettres et les mots, les comprendre et les reproduire, on peut constater qu’il existe aussi une dyslexie culturelle qui consiste en la difficulté à identifier, comprendre et reproduire des faits simples dans une situation plus complexe. Ainsi, par exemple :

- Deux hommes, tronçonneuse au poing, frappent à la porte : Bonjour monsieur, nous sommes envoyés par EDF pour élaguer vos arbres qui gênent la ligne électrique. On pourrait penser aussi que ce sont mes arbres, qui étaient là bien avant la ligne électrique, qui sont gênés par celle-ci dans leur croissance.

- Nous avons assaini le marigot putride pour notre plus grand bien. Bon exemple de lecture inversée, alors qu’il faudrait dire que la sauvegarde des zones humides est indispensable à la biodiversité et à la régulation hydraulique, c’est à dire pour nos besoins primaires et notre bien être.

- Il faut assurer à nos entreprises un développement durable. Cette foutue traduction erronée de sustainable development n’a pas fini de porter préjudice au développement soutenable. Il ne s’agit pas que le mode de développement actuel dure ; au contraire, il faut changer ce mode de développement…

- Il faut modifier nos comportements pour sauver la planète. Il s’agirait plutôt de nous sauver nous-mêmes, Homo sapiens éventuellement menacés, la planète n’ayant besoin de personne pour survivre.

- Le réseau routier n’est pas adapté aux camions qui circulent maintenant. Mais ne serait-ce pas là encore une lecture inversée de la réalité ? Les camions sont devenus d’un tel format que la voirie rurale ne leur permet même plus de se croiser…

- Le prix des carburants est beaucoup trop élevé, il porte préjudice aux entreprises de transports. Pourtant c’est bien de l’inverse dont il s’agit, il faut augmenter le prix des carburants pour recourir davantage au rail et ainsi réduire la part des transports routiers très producteurs de gaz à effet de serre.

Voilà quelques exemples qui montrent tout l’effort de pédagogie qui reste à faire pour que l’on puisse apprendre à poser un diagnostic et élaborer un raisonnement qui mette les choses dans le bon ordre… En particulier, notre relation à la nature demeure largement entachée d’un sentiment de domination sur celle-ci, qui nous égare par rapport à la réalité des choses.

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 16:37

         Il est arrivé à plusieurs reprises, par le passé, que la France soit un pays démocratique. Cela semble un peu dépassé maintenant. Dans une véritable démocratie, une confusion des genres telle qu’on la connaît actuellement amènerait les dirigeants politiques à présenter leur démission sans délai (http://www.michel-lerond.com/article-entendez-vous-dans-les-campagnes-56211750.html). Si notre société conserve les apparences de la démocratie (gouvernement où le peuple exerce la souveraineté), en réalité nous vivons en oligarchie (gouvernement exercé par une classe restreinte) de façon avérée depuis plusieurs décennies.

C’est vrai que la concertation et le débat public sont de plus en plus présents dans de nombreux processus décisionnels, en particulier dans les domaines de l’urbanisme, aménagement du territoire et plus largement environnement, où la procédure d’enquête publique est réglementaire. Mais la décision se prend après, parfois « en oubliant » les termes de la concertation. Le Grenelle de l’environnement en est un bon exemple (http://www.michel-lerond.com/article-19328563.html). La classe politique semble bien avoir pour objectif principal de garder la « mainmise sur les affaires » et de s’inscrire dans une perspective de carrière.

Si les peuples ont les dirigeants qu’ils méritent, alors c’est sur nous-mêmes qu’il faut nous interroger. Au-delà de la méfiance qui perdure entre les citoyens et la classe politique, il faut poser la question du renouvellement de celle-ci, afin que le pouvoir politique redevienne une fonction temporaire et non plus une profession permanente. Il est urgent de déprofessionnaliser la politique, la société civile ayant aussi son pouvoir d’imagination et d’innovation. Comment remédier à cela si ce n’est en permettant un partage du pouvoir beaucoup plus large, notamment en direction des jeunes et des femmes (http://www.michel-lerond.com/article-15883948.html).

La formation citoyenne est largement à revoir pour retrouver une vraie démocratie. Comment expliquer en effet les lacunes dans « l’instruction civique » des Français, souvent complètement dépassés dans l’approche des organismes publics, y compris les élus locaux eux-mêmes… Comment comprendre que des étudiants de master, bien que majeurs et électeurs,  ne sachent pas faire la différence entre un conseil général et un conseil régional…

Retrouver la démocratie ou s’enfermer dans l’oligarchie qui favorise la montée des extrêmes, c’est à nous de choisir… et d’agir. On pourrait commencer par aller voter, même aux élections cantonales, plutôt que de s’abstenir à près de 56 % !

 

 

 

 

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 17:58

 

La Politique agricole commune ou PAC a été mise en place à l'échelle de l'Union européenne pour moderniser et développer l'agriculture. Le traité de Rome, signé le 25 mars 1957, a donné à la PAC une orientation résolument productiviste, car il fallait augmenter la production agricole.

La PAC a été une incontestable réussite (modernisation, développement de la production, autosuffisance alimentaire), mais elle a rencontré de redoutables écueils avec des crises liées à la surproduction de nombreux produits.

La PAC a eu un coût environnemental et social énorme qui, pour ses détracteurs, réduisent considérablement les bénéfices retirés. Une première réorientation a vu le jour à la fin des années 80 avec la mise en place des fonds structurels destinés à corriger les méfaits environnementaux et sociaux des politiques menées. Malgré cela, la PAC a globalement continué à privilégier la quantité sur la qualité et à favoriser la concentration des exploitations et la diminution du nombre d'agriculteurs.

Depuis 2003, s’est mise en place une nouvelle PAC qui vise, notamment, à subordonner les paiements de subventions au respect de normes en matière d’environnement, de sécurité alimentaire et de santé animale et végétale.

L’avenir de la PAC, après 2013, repose sur une prise en compte de la crise énergétique et des modifications climatiques. Il faudra produire plus avec moins de terres, moins d’eau et moins d’énergie. La PAC en cours de négociation poursuit le double objectif de préserver l’environnement et garantir une bonne alimentation. Il faut en tenir compte dans l’aménagement du territoire, en particulier les PLU et SCOT, y compris en milieu urbain.

Réforme après réforme, la PAC s’est transformée pour n’être plus qu’une politique d’assistance. Les agriculteurs n’y croient plus, les gouvernements sont lassés et l’opinion est de plus en plus critique. En une génération, le « paysan nourricier » est devenu « l’agriculteur pollueur »… La PAC doit être profitable aux agriculteurs, mais aussi utile aux citoyens et aux consommateurs. Il faut donc orienter les aides européennes vers ce qui les intéresse : l’alimentation. La PAC est morte, vive la PAAC, politique agricole et alimentaire commune. La Commission européenne a publié le 18 novembre 2010 une communication sur la PAC après 2013 et présentera dans le courant de l’année 2011 des propositions législatives formelles. Certes ces questions sont débattues largement, mais le grand public n’y est pas suffisamment associé, à notre sens : http://global.arte.tv/fr/2011/02/08/pour-un-debat-public-sur-l%E2%80%99agriculture/

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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 08:12

 

Les Français adorent les campagnes électorales, même si c’est pour bien les dénigrer. Voilà la campagne des présidentielles de 2012 sur les rails avec son cortège de mascarades. A droite un leader, quelques traîtres et quelques annonces populistes en guise de programme. A gauche de nombreux candidats à la candidature et un programme fantôme. Et puis il y a la « troisième voie », celle de l’écologie politique.

Ainsi donc, dans le parti de l’écologie politique, il y aura le choix entre monsieur Hulot qui pourrait bien être aussi à l’aise en politique que le héros de Jacques Tati en vacances, et madame Joly, avec qui ce serait sans doute plus chouette (Hulotte, il va sans dire). Une primaire-débat autour de la vision des candidats devrait permettre aux membres de Europe Ecologie les Verts de choisir entre l’animateur télé et la juriste inflexible.

Certes Nicolas Hulot a une excellente analyse de l’urgence écologique, bien conseillé qu’il est, des compétences indéniables de communicant et sans doute l’opiniâtreté nécessaire. Eva Joly a une réputation d’incorruptible, une ténacité à toute épreuve et a ouvert le courant écologiste au-delà de ses thèmes initiaux. Eva Joly est marquée à gauche sans ambiguïté, tandis que Nicolas Hulot est plutôt centre-droit et à vrai dire incertain dans son positionnement. Les sondages se suivent et… se contredisent. Mais selon les plus récents, Nicolas Hulot ferait autour de 6 % des voix et Eva Joly entre 8 et 10 %. Autant dire que l’annonce des alliances possibles au second tour sera déterminante pour le vote et le poids ultérieur, éventuel, de la formation écologiste. Rien de changé donc, ou si peu, si ce n’est le poids de l’extrême droite…

Cet état de fait ne résulte-t-il pas de la confusion sémantique de départ ? A l’origine, les Verts s’appuient sur un courant en faveur de la protection de l’environnement et inventent le concept d’écologie politique, sans le nommer écologisme. La confusion s’installe entre écologues et professionnels de l’environnement, d’une part, et écologistes d’autre part. Progressivement les militants prennent conscience que l’écologisme ne suffit pas à définir un projet de société et communiquent sur les questions de l’immigration ou des femmes battues. Thèmes importants certes, mais quelle confusion !

Un parti de l’écologisme n’a pas plus de sens que n’aurait un parti de la culture ou un parti du sport. Pour prétendre gouverner, les écologistes devront choisir un jour entre cette stratégie d’un parti spécifique et autonome, en annonçant clairement le développement soutenable comme projet de société, construit rigoureusement, ou bien une inclusion dans les grands partis afin de reconquérir le champ politique de l’intérieur. Faute de quoi, je crains que bien longtemps encore l’écologisme ne fasse des petits scores…

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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 17:34

 

       Le pays le plus peuplé au monde, c’est la Chine. La République populaire de Chine comptait 1 331 460 000 habitants en 2009, soit 20 % des 6,8 milliards de Terriens, ou encore 2,5 fois sa population de 1949. Cette population devrait atteindre 1,4 milliards en 2015.

       Le pays qui compte le plus de chercheurs au monde, c’est la Chine. En 2008, la Chine comptait 1,6 millions de chercheurs, soit près de 20 % du total mondial.

       Le pays qui dispose du plus grand réseau TGV, c’est la Chine. Commencé en 2008, le réseau devrait atteindre 13 000 km en 2012 ; ce sera, de loin, le plus important du monde. La ligne Pékin-Shanghaï ouvrira en 2011, sur 1 300 km parcourus en quatre heures. Les Chinois rêvent déjà d’un TGV Pékin-Londres. Le réseau TGV français offre 1 547 km de voies.

       Le pays qui produit le plus de voitures, c’est la Chine, avec 10 millions de véhicules par an. Il y avait 100 millions de véhicules sur la planète en 1956, on en compte maintenant 1,3 milliards. En Chine roulent environ 8O millions de véhicules, on en prévoit 200 millions en 2020.

           Le pays qui produit le plus d’électricité à partir du charbon, c’est la Chine. En 2008, la Chine était le premier producteur, consommateur et exportateur de charbon (2,5 milliards de tonnes par an, soit le double des USA). La Chine met en service deux centrales thermiques… par semaine.

       Le pays qui rejette le plus de gaz carbonique, c’est la Chine. Annuellement, la Chine rejette un peu plus de 6,5 milliards de tonnes de CO2, soit 22,3 % des rejets mondiaux, devant les Etats-Unis qui n’en rejettent… qu’un peu moins de 6 milliards de tonnes.

       Le pays qui compte le plus de réacteurs nucléaires, c’est l’Union Européenne avec 146 sur un total mondial de 439. Les USA en comptent 103 et la France 58. La Chine n’en compte que 13. Mais elle en prévoit 34 autres dont 26 sont en construction, et envisage de multiplier son parc par 6.

       Par ailleurs, la stratégie du Zouchugu, « sortir des frontières de la Chine », consiste à acquérir terres agricoles et minières en Afrique et Amérique du Sud, entreprises aux Etats-Unis et Europe, infrastructures un peu partout, ou encore dettes de certains pays occidentaux… En France, la grève des dockers mine les ports maritimes, c’est une opportunité pour les Chinois qui vont acheter… une partie du Port du Havre.

     Alain Peyrefitte avait prophétisé ce qui arrive maintenant dans son célèbre ouvrage de 1973 Quand la Chine s’éveillera… le monde tremblera. Je ne sais pas si le monde doit trembler, mais la Chine s’est éveillée !

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 15:57

 

La croissance va nous sortir de la crise ! Ce dogme n’a pu perdurer que parce qu’il oubliait les lois économiques élémentaires : une planète finie ne peut procurer indéfiniment des ressources pour une population toujours plus nombreuse et consommatrice, quand bien même s’agirait-il de « croissance verte »… Ainsi depuis 50 ans, la sacro-sainte croissance du PIB (Produit Intérieur Brut) s’appuierait sur le progrès technique. Pourtant, on commence à admettre que la technologie n’est pas toujours la solution à nos difficultés (http://www.michel-lerond.com/article-la-technologie-va-tout-resoudre--39938444.html). Sans doute faudrait-il mesurer autre chose que la seule croissance économique et prendre en compte les autres dimensions de notre développement. Le PIB ne doit plus être la boussole de l’économie. Il nous faut maintenant redéfinir le concept de développement et faire les choix politiques qui nous emmèneront vers un futur collectif soutenable. La décroissance généralisée n’est pas plus pertinente. Tout dépend de quoi l’on parle. On peut facilement imaginer que devant la raréfaction des ressources naturelles il y aura des secteurs en croissance et d’autres en décroissance, de façon évolutive.

Après que la France, la Grande-Bretagne et l’Italie se soient engagées dans la recherche d’un nouvel indicateur de mesure de la richesse, l’Allemagne s’y met aussi. La commission réunie à cet effet va réfléchir sur un indicateur global qui prendrait en compte cohésion sociale, préservation des ressources, santé et espérance de vie, entre autres… Mais les plus grandes avancées ne viennent pas obligatoirement d’où on les attend. Ainsi, le Bhoutan, petit royaume bouddhiste situé entre l’Inde et l’Himalaya (environ 800 000 habitants), utilise un nouvel indice de croissance, le BNB (Bonheur National Brut) depuis… 1972 ! Le BNB est basé sur quatre principes : croissance et développement économique, conservation et promotion de la culture, sauvegarde de l’environnement et des ressources et enfin bonne gouvernance. Cela rappelle quelque chose, me semble-t-il… Ce BNB oblige à une vision à long terme et se traduit, par exemple, par l’inscription dans la constitution  que les forêts doivent couvrir 60 % de la surface du pays… pour l’éternité. Rien n’étant parfait, tout cela dissimule un peu d’idéologie nationaliste et d’imprévision (la fonte des glaces de l’Himalaya remet en cause la production d’hydroélectricité largement privilégiée).

L’entreprise, base de notre système économique, devrait changer de nature en s’orientant vers la notion de service et d’épanouissement humain, plutôt que vers le consumérisme. Quel chantier ! mais quelle belle opportunité pour les politiques de reprendre l’initiative sur l’économie-fric qui grignote le monde !

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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 10:34

 

        La côte normande a connu l’an dernier l’un de ses plus gros éboulis, en Seine-Maritime. Une portion de falaise de 300 m de long sur 70 m de haut s'est effondrée à Saint-Martin-aux-Buneaux et Veulettes.

        En Normandie, le recul du littoral peut atteindre 5 m/an en moyenne à l'ouest du Cotentin. Sur les falaises de  craie de Seine-Maritime, le recul est de l’ordre de 20 cm/an et on y compte environ 40 effondrements/an.

        L’érosion du littoral est d’origine naturelle et humaine. La raison tient essentiellement au travail de sape de la marée qui se fait en pied de falaise, accentuée par les phénomènes de gel-dégel en hiver, ce qui fracture la roche et la rend plus vulnérable. Il semble que le phénomène s'amplifie, du fait du réchauffement climatique qui relève le niveau des océans, très faiblement, mais assez pour accélérer l'érosion. Le ministère de l’écologie travaille actuellement sur une hypothèse de montée du niveau des eaux d’un à deux mètres d’ici 2100. Les travaux portuaires, les ouvrages de protection et les aménagements de front de mer peuvent aussi contribuer, dans certains cas, à l’érosion des falaises.

        Bien que ce phénomène soit ancien (le phare du Cap d’Ailly a du être reconstruit plusieurs fois), on peut craindre qu’il ne s’accentue. Les risques concernent surtout les maisons situées trop en bordure de falaise. Certaines pourraient être expropriées, comme cela s’est déjà produit en 2006 à Criel.

        La Loi littoral vise à encadrer l'aménagement de la côte pour la protéger des excès de la spéculation immobilière. Le Grenelle de la mer a estimé sa prise en compte insuffisante dans les documents d’urbanisme.

      Pour remédier à cela, les régions Picardie, Haute et Basse-Normandie, ont décidé de s’associer dans la mise en place d’un Réseau d’observation du littoral normand-picard. L’objectif est de définir les risques le plus précisément possible, afin de gérer le littoral de manière globale et partenariale. Il faudra, de toute façon, composer avec la nature, plutôt que chercher à s’y opposer par la force…

 

Si l'on s'intéresse aussi à l'agriculture, on peut regarder :  http://global.arte.tv/fr/2011/02/08/pour-un-debat-public-sur-l%E2%80%99agriculture/

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