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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 08:23

        Ils avaient l’habitude de se retrouver le mercredi soir pour prendre ensemble une mousse ou un apéro. Parfois, ils restaient au bar, mais cette fois ils avaient préféré s’installer à une table en retrait. Voilà un moment qu’ils souhaitaient parler de la sûreté nucléaire. Non non, ce n’était pas le Café du Commerce, celui-là s’appelait L’Espoir. Avec un sens inné du marketing, le patron avait pris l’habitude de s’approcher doucement des clients dont les verres étaient vides et leur proposait, à mi voix : Je vous remets un peu d’Espoir ? 

        C’est Rémi qui entama la discussion en tant que défenseur du nucléaire : Alors Toi Antoine, tu t’es rallié aux écolos et leurs fantasmes qui foutent la trouille ?

        Antoine fut un peu vexé de cette entrée en matière, lui qui travaillait en environnement en cherchant toujours à cerner avec objectivité les questions posées. Il répondit : Je comprends que l’on puisse soutenir la filière nucléaire pour assurer un approvisionnement énergétique efficace, mais on ne peut pas sous-estimer les risques qui vont avec.

         Rémi : Mais quels risques ? A ce jour il n’est pas arrivé d’accident grave en France, que des incidents mineurs.

         Antoine : C’est vrai, mais il y a eu Three Miles Island, puis Tchernobyl et Fukushima plus récemment. Qui dit que nous sommes à l’abri de risques similaires ?

         Rémi : Mais non, tu sais bien que la technologie nucléaire française est tout ce qu’il y a de plus fiable. Et puis comment pourrait-on se passer du nucléaire ? On ne va pas construire des centrales au charbon avec les risques, bien plus importants, que cela comporte pour l’effet de serre. Et en termes d’emploi, tu y as pensé au gisement que représentent l’entretien des centrales existantes et la construction des EPR ?

         Antoine : On pourrait tout de même faire plus en ce qui concerne les énergies renouvelables, comme l’éolien, le photovoltaïque, la biomasse, la géothermie…

         Rémi coupa la parole : Parlons-en des éoliennes, avec la dégradation des paysages qu’elles engendrent. 

         Antoine : Tout cela se discute Rémi, mais revenons aux risques du nucléaire. En tant que chef d’entreprise tu as sans doute entendu parler du rapport tout récent de la Commission européenne sur l’état des réacteurs…

         Rémi : Que l’Europe s’occupe de ce qui la regarde !

         Antoine : Quand elle subventionne les entreprises, ça la regarde, mais pas quand elle s’intéresse à la sécurité des populations ? Alors je vais te dire l’essentiel des conclusions de ce rapport sur l’état des 145 réacteurs européens, dont 54 en France : Les équipements destinés aux interventions d’urgence ne sont pas protégés dans la moitié du parc ; dans 54 réacteurs les risques sismiques n’ont pas été pris en compte selon les normes récentes ; 24 réacteurs ne disposent pas de salle de commande de secours. En résumé, presque partout des améliorations à la sécurité doivent être apportées, et en particulier en France à Fessenheim, Tricastin, Cattenom et Chooz.

        Alors le patron du café s’approcha doucement d’eux et leur proposa, à mi voix : Alors Messieurs, je vous remets un peu d’Espoir ? 

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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 08:23

       Il est désagréable pour nombre de gens, dont les agriculteurs bien sûr, de rappeler sans cesse que l’agriculture est devenue trop souvent nuisible à l’environnement et la santé. C’est une triste réalité évoquée de façon récurrente à propos des pesticides, des OGM, de la dégradation des paysages et de la biodiversité. Mais est-ce une fatalité ou simplement une erreur d’orientation qui peut être corrigée ? Force est de constater que nous sommes face à un déni qui semble insurmontable. 

      Pourtant, si l’agriculture peut être source de menaces sur les habitats et les espèces, elle peut aussi contribuer à leur maintien, comme les prairies naturelles humides, les landes et garrigues, les prés salés, etc. Certains systèmes agricoles sont considérés comme étant de haute valeur environnementale (HVE) parce qu’ils sont à l’origine de ces avantages. Ce concept de HVE est d’ailleurs reconnu par l’Agence européenne de l’environnement, repris dans la PAC 2013 et en France dans la Stratégie nationale pour la biodiversité. Il s’agit de zones où l’agriculture est une forme majeure d’utilisation de l’espace et où elle est à l’origine d’une grande diversité d’espèces et d’habitats. Hélas, en 30 ans, ces zones ont considérablement reculé en surface. Aujourd’hui, les régions françaises les mieux représentées sont celles de polyculture-élevage comme la Corse et le Limousin (plus de 85 % de la surface agricole utile) ; les moins représentées étant l’Ile-de-France (0,5 %), le Nord-Picardie (3 %), et la Haute-Normandie (6 %). 

      Le soutien aux systèmes agricoles HVE est sans conteste une voie d’avenir, d’autant plus qu’une politique coordonnée avec Natura 2000  peut renforcer cette contribution forte à la restauration de la biodiversité. Cette démarche va de pair avec une révision des systèmes de production qui visent un faible niveau d’intrants (engrais et pesticides), la diversification des espèces cultivées et le maintien d’une biodiversité sauvage. Cela est possible, comme le démontrent deux agriculteurs de Bréauté (Seine-Maritime) en évoluant vers le « zéro intrant » afin de réduire les « impacts dévastateurs » et… les coûts ! (Paris-Normandie du 5-10-2012) Il s’agit, en fait, de réinscrire les processus culturaux dans le fonctionnement des écosystèmes, comme cela se pratiquait assez spontanément autrefois. Le principe est toujours le même : composer avec la nature, plutôt que s’y opposer, même si ce n’est pas toujours simple. Cela suppose également de revoir le relationnel sociologique et économique entre les acteurs des territoires : agriculteurs entre eux, agriculteurs et industriels et aussi agriculteurs et semenciers. Là encore, revenons aux fondamentaux, quel est l’objectif ? Faire du fric pour certains groupes ou nourrir la population de façon équitable et équilibrée ?

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 08:12


         C’était le 8 septembre 2016, dans une rue piétonne de Rouen, Liky et Likia souhaitaient s’offrir « un bon resto » à l’occasion de l’anniversaire de leur première rencontre. Ils connaissaient déjà beaucoup de restaurants dans leur ville, mais n’étaient pas encore allés chez Insectus, qui venait d’ouvrir. L’entrée du restaurant était symbolique, avec une grande sauterelle en guise de portique, et la déco intérieure reprenait ce thème, avec force papillons, asticots, grillons, etc.

Le garçon de salle les accueillit et les mis tout de suite à l’aise en leur proposant un miel liquide ou un jus de vers de bambou en apéritif, puis leur proposa la carte. Celle-ci leur apparut effectivement des plus originales : verrines de pattes et ailes à l’échalote, quiche aux asticots, spaghettis aux grillons, riz au lait avec larves d’abeilles, vers de bambous, larves en poudre, etc.

Liky eut comme une hésitation à la lecture de la carte, tandis que Likia semblait curieuse de découvrir ces nouveaux mets. Elle s’inquiéta un peu de la moue de Liky : Ne fais pas cette tête mon amour, je comprends tes réticences, mais ce n’est que psychologique. Tout cela doit être très riche en protéines et tu sais que nous sommes des pionniers en pratiquant l’entomophagie. Nous contribuons ainsi à réduire les coûts environnementaux occasionnés par la production de viande. Les insectes demandent moins d’eau, moins de surface et émettent moins de gaz à effet de serre. C’est formidable, non ?

Liky voulait bien admettre ces arguments, mais ne se sentait plus guère d’appétit… Pour le convaincre tout à fait, Likia appela le garçon afin qu’il précise la recette des asticots aux grillons. C’est très simple, repondit-il, vous prenez environ 75 grammes d’asticots par personne et quelques grillons, vous faites bien revenir à la poêle avant de les mélanger à la crème, puis vous versez sur la pâte feuilletée. Vous pourriez faire la même chose avec des criquets ou des sauterelles. C’est délicieux et très nourrissant. Une vraie voie d’avenir !

Ils commandèrent donc ces asticots aux grillons, les dégustèrent et finalement furent conquis. Liky précisa même que l’alimentation, c’est vraiment culturel. On prend des habitudes étonnantes, comme par exemple, consommer avec délice des escargots, alors qu’il ne viendrait à l’esprit de personne de manger des limaces… Et ce fut la fête !

Aujourd’hui, en 2024, non seulement ce type de restaurant est devenu d’une grande banalité, mais on trouve aussi ces produits dans les supermarchés et chez certains producteurs locaux sur les marchés.

D’ailleurs cela était annoncé depuis longtemps, comme par exemple sur un excellent blog, dès 2010 : http://www.michel-lerond.com/article-ils-ont-faim-57833506.html

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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 08:37

         Les Français sont contestataires, révolutionnaires même parfois, mais ils sont aussi conservateurs et un rien monarchistes. En fait nous sommes surtout schizophrènes… Ainsi on peut être contre le nucléaire et pour les énergies renouvelables, mais on ne veut pas d’éoliennes qui « défigurent » le paysage. On est contre les camions en trop grand nombre sur les routes et pour le transfert sur le rail, mais on ne veut pas de nouvelles voies ferrées qui vont « couper » les villages. On est contre les déficits et pour réduire la dette, mais on ne veut diminuer aucune dépense ce qui pourrait « contrarier la croissance ». Etc.

Le pouvoir politique, nouvellement élu, a épousé cette même attitude, en commettant une erreur de communication aussi grossière qu’inefficace. Le discours, un rien schizophrène lui aussi, est : la crise est très grave, mais il n’y aura pas d’austérité… Il eut fallu être clairvoyant et dire la vérité : la crise est très grave parce que nous avons tous « tiré un peu trop sur la corde », il va falloir payer les dettes et pour cela entrer en austérité à laquelle tout le monde va devoir se plier. Le discours de vérité aurait consisté alors à annoncer des réductions drastiques des dépenses de fonctionnement de l’Etat (en commençant par le Parlement : réduction du nombre de parlementaires et de leurs avantages divers) et des collectivités territoriales en tranchant net dans le millefeuille administratif avec regroupements et redéfinition des compétences. Les entreprises auraient été contraintes de revoir leurs objectifs, non pas seulement pour « maintenir l’emploi », mais aussi pour élaborer des produits et services dont on a vraiment besoin et qui ne compromettent ni la santé ni l’environnement. Les citoyens auraient du être appelés à un effort exceptionnel avec augmentation des impôts et partage du travail, cela pouvant signifier baisse temporaire des horaires et donc des salaires pour employer des chômeurs. Il faut, bien sûr, que tout cela soit expliqué et argumenté, avec pédagogie et non démagogie.

Faute de cela, on tergiverse, on « parlemente », on multiplie les lois annonciatrices de réformes que l’on ne met pas en place ou que l’on réduit comme peau de chagrin année après année… La situation devient de plus en plus insupportable, avec de grandes disparités de niveaux de vie qui favorisent la montée des extrêmes.

Un coup de gueule ? Oui c’est un coup de gueule, parce que je voudrais que nous nous réveillions, faute de quoi nous pourrions connaître bientôt des réveils difficiles, avec gueule de bois prolongée… et je n’aimerais pas que mes enfants et petits enfants en soient les victimes.

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 08:45

        C’était un beau matin de juillet, ciel bleu et soleil doux. En pleine lumière, Nathalie était très belle. Ses cheveux mi-longs, son sourire tendre, et « tout ce qu’il faut, là où il faut », comme disent les hommes un rien macho, la faisaient très séduisante. Sans concours, ni élection, Nathalie était considérée comme la plus belle femme du village. Elle avançait sur le trottoir de la rue centrale, tenant par la main son petit Valentin, blondinet de trois ans. C’était à croire que les grossesses la rendaient encore plus belle, son ventre lourd la cambrant un peu plus.

        Soudain, cette scène estivale fut troublée par un bruit assourdissant. Une voiture venant de la gauche freina sans succès et s’encastra dans le mur d’en face. Nathalie avait été happée par l’avant de la voiture, projetée sur le mur et retombée à son pied. Comme adossée, elle avait les jambes légèrement repliées, semblant vouloir encore protéger le contenu de son ventre, malgré une immense tâche de sang qui recouvrait le trottoir. Valentin avait été accroché par le pare-choc et propulsé sur le côté. Au passage sa main avait été arrachée et projetée en l’air. Cette petite main virevoltait interminablement, avant de retomber sur le store d’un magasin, comme une ponctuation désignant l’enseigne : Baby Fringues.

        La voiture était totalement enfoncée de l’avant et le conducteur, visiblement assez sonné. C’était le vieux Fernand, âgé d’environ quatre vingt dix ans. Il y a peu de temps, le maire du village avait rencontré son fils, au risque d’être accusé de délation, pour lui faire part de son étonnement à voir Fernand chaque jour au volant de sa voiture, bien qu’il soit reconnu comme atteint gravement de la maladie d’Alzheimer. Bruno avait soutenu son père en précisant qu’il n’allait que de chez lui à la boulangerie, tout juste un kilomètre, que c’était son seul plaisir de la journée, et qu’il ne pouvait rien arriver sur un aussi petit trajet qu’il connaissait si bien. Et donc il n’était pas question de lui enlever ce plaisir.

       Les gendarmes sont arrivés très vite sur les lieux de l’accident. L’un d’entre eux a reconnu Fernand et s’est dirigé vers lui. Alors Fernand, avec un large sourire l’interpelle : Bonjour mon commandant, quelle animation dans le pays ce matin !

      Nathalie a quitté les lieux sous le plus beau linceul du village. Valentin est parti dans une voiture rouge qui faisait pinpon, pinpon comme celle qui l’amusait tant dans sa chambre.

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 08:47

Nombre de faits divers dans l’actualité récente ont fait écho à la recherche scientifique, qu’il s’agisse de médicaments, de produits phytosanitaires, d’OGM ou de divers produits de consommation courante. 

La recherche scientifique, par nature, comporte bien des incertitudes et les résultats peuvent être remis en cause ultérieurement. C’est d’ailleurs le fondement de la science. Mais les choses se compliquent un peu plus quand les recherches sont menées avec opacité. Comment alors, le citoyen peut-il se faire une opinion, comment le consommateur peut-il faire ses choix ? 

Au-delà des questions difficiles inhérentes à la recherche scientifique, les modes de financement pourraient bien être à l’origine de certaines controverses. C’est ainsi que telle étude « démontrant » l’impact des pesticides sur les abeilles est contestée, au motif de protocole ou de modèle mathématique insuffisants, par un chercheur… soutenu par un agrochimiste. N’est-on pas alors dans le conflit d’intérêts ? La récente polémique sur les OGM s’est appuyée sur une contestation portant sur l’insuffisance de rigueur du protocole d’étude, notamment par l’EFSA (Autorité Européenne de Sécurité des Aliments), qui elle-même est mise en cause lourdement pour conflits d’intérêts sur les OGM. 

La vraie question, semble-t-il, est celle de l’indépendance de la recherche. Autrefois elle était financée par des fonds publics, ce qui permettait une grande liberté d’approche et d’expression des résultats. Depuis une trentaine d’années, la recherche est le plus souvent financée par des entreprises qui attendent des résultats applicables, ce qui est logique, dans des délais raisonnables et sans trop s’apesantir sur les effets indésirables. Cette nouvelle donne débouche, inévitablement, sur des lobbyings puissants, et d’autant plus que les hommes politiques sont faibles…

A cela il faut ajouter les fraudes des chercheurs eux-mêmes, rares il faut l’espérer mais qui compliquent un peu plus le problème. La fraude est estimée à un article scientifique sur 10 000, mais est en augmentation du fait d’une logique économique qui exige un résultat opérationnel en un temps court, faute de quoi le laboratoire mandaté n’est plus financé... La médiatisation amplifie le phénomène en publiant des résultats annoncés, certes, mais pas obligatoirement validés en totalité. Ce fut le cas, à plusieurs reprises ces derniers temps, à propos de produits pharmaceutiques, pour lesquels la sensibilité du public est encore plus forte.

Pour limiter les impacts sur la santé et l’environnement de résultats « scientifiques », il faudra bien revenir à plus d’indépendance des chercheurs, des financements de la recherche et de présentation transparente des effets constatés.

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 08:17

Ce matin, je me suis levé tard, très tard. Après une nuit paisible, je suis resté accolé à Nicole sur le lit, dans une chaleur délicieuse. Par la fenêtre de la chambre, légèrement entrebâillée, je recevais un léger filet d’air dans une lumière d’automne des plus gaies. J’apercevais au fond du jardin un érable champêtre, comme ils disent. Mais un arbre peut-il être autre chose que champêtre ? Celui-là, en tous cas, était devenu jaune, ocre, rougeâtre, une splendeur que je ne me lassais pas de regarder en lissant ma moustache. 

Ce midi, je me suis levé enfin pour manger un peu, un mélange de mousselines des plus réussies, au poulet, lapin et rognons. Un vrai délice, je m’en léchais les babines… Côté boisson, je suis plutôt sobre et j’aime bien accompagner mes repas de lait frais, cela me désaltère de façon très douce et agréable.

Ainsi restauré, j’ai pu faire quelques exercices physiques en allant dans le jardin. J’ai bien suivi les allées pour ne pas me mouiller les pieds avec la rosée à peine dissipée. Je n’ai pas fait un grand parcours, mais cette petite promenade m’a ragaillardi à tel point que j’ai pu courir un peu après une pie qui prétendait s’installer sur un rebord de fenêtre. Mais après cette sorte de sprint, j’ai éprouvé le besoin d’une petite sieste. 

Je me suis alors installé confortablement sur le canapé, d’où l’on a une belle vue sur le jardin. Mais j’ai vite sombré dans un sommeil profond dont je ne suis sorti… qu’en fin d’après-midi.

En fait, je me suis réveillé tiraillé par une petite faim. Ah cette fringale qui vous prend à l’heure du goûter ! Il restait un petit peu de mousseline que je me suis empressé de terminer, accompagnée de quelques boulettes de viande et légumes. Tout cela accompagné, comme toujours, d’un peu de lait frais. 

Maintenant bien réveillé, je suis sorti à nouveau pur aller m’asseoir sur un banc, face au soleil couchant. Les merles sifflotaient, quelques pies jacassaient encore autour du compost et un écureuil montait et descendait comme un fou d’un bouleau. Tout cela m’a un peu étourdi, sans compter le soleil couchant qui maintenant m’aveuglait dans une douce torpeur. Si bien que je sombrais… dans une seconde sieste, à moins que ce ne soit la troisième car je ne sais pas très bien compter.

Plus tard, j’entendis que l’on mettait les couverts et je revins à la maison pour un dernier repas, puis regagnait le lit de Nicole pour une bonne nuit bien méritée.

Oui, c’est vrai, je ne fais à peu près rien, mais je sais profiter de l’air du temps et me régaler de douces impressions. Je suis un chat heureux. Moi chat’va, et Vous ?

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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 08:24

Voilà quasiment 50 ans que je milite pour la nature, dont 35 en tant que professionnel de l’environnement… et je me demande toujours comment il est possible que la culture naturaliste soit aussi faible. Comme d’autres, j’ai participé à des dizaines et des dizaines de publications, films, émissions radio et télé, sorties nature, conférences, expositions, etc. et me désespère un peu parfois du piètre résultat auquel nous sommes arrivés.

Si j’en avais le pouvoir, je proposerais 5 mesures prioritaires pour que l’éducation à la nature trouve enfin sa place dans la société française :

- Inscrire les bases de l’écologie dans les fondamentaux de l’école : lire, écrire, compter et savoir le b a ba de notre relation biologique à la nature. Ceci en maternelle et primaire, en adaptant le niveau bien sûr.

- Au cours des études secondaires, donner à l’enseignement de l’écologie / environnement / développement soutenable le rang de discipline principale avec l’expression écrite et orale. 

- En supérieur, enseigner les données concrètes relatives à ce triptyque (bases de l’écologie / manière de se comporter individuellement / gouvernance collective) dans toutes les filières.

- Dans toutes les formations professionnelles, enseigner les aspects spécifiques des futures professions concernées quant à leur impact sur la nature.

- Dans la pratique professionnelle, sanctionner les comportements anti-nature.

Certes la motivation des jeunes a considérablement augmenté dans ces domaines, si l’on en juge par le nombre d’étudiants (de l’ordre de 42 000 en France) qui ont choisi des formations techniques et professionnelles, pour des diplômes allant du CAP au master. Toutefois, après une croissance très forte, le nombre d’emplois proposés tend à se stabiliser. 

Mais s’agissant de culture et de formation initiale, peut être faut-il aller loin de chez nous pour trouver des pistes innovantes à suivre. Par exemple à Bali où a été créée en 2008, par un Canadien, une « Green School ». Cette école accueille 120 élèves de 3 à 14 ans pour former une génération de citoyens responsables, capables d’agir durablement pour la planète. On leur apprend à consommer équitablement, à économiser l’énergie, à jardiner et profiter des bénéfices de la terre, sans polluer ni gaspiller. D’autres écoles vertes sont en projet en Inde et en Chine, avec cette devise « Choisis ton futur ». Et en France ?

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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 08:18

Comme beaucoup d’autres écologues, je n’ai cessé d’attirer l’attention sur les menaces qui pèsent sur la biodiversité. De multiples preuves ont été apportées de la raréfaction de quantité d’espèces végétales et animales et des conséquences, par ricochet, pour nous autres les Humains. Mais ces alertes incessantes n’ont pas été entendues, ou si peu… Pire encore, c’est en toute connaissance de cause que certaines instances prennent des décisions lourdes de conséquences pour la biodiversité ! Que faire quand ce ne sont plus les politiques qui dirigent, en principe pour le bien collectif, mais les lobbies économiques de toutes sortes. Objectif premier le fric, le reste n’étant que balivernes… 

Oui je sais tout cela a déjà été dit et je me répète. Mais, malgré quelques avancées ici ou là, la situation globale ne cesse de se dégrader, au point d’en devenir parfois surréaliste. Ainsi deux exemples peuvent illustrer le propos au niveau européen, avec la PAC, et au niveau mondial, avec le patrimoine naturel de l’UNESCO. 

La politique agricole commune prépare une réforme ambitieuse qui devrait entrer en vigueur en 2014, pour aller vers plus de verdissement. Elle doit s’articuler autour de trois axes : - diversification des cultures, avec au moins trois variétés de récoltes et pas plus de 70 % d’une même culture, - maintien de pâturages permanents et - mise en jachères de 7 % des terres pour préserver les haies, bocages, mares, ou zones tampons diverses. Mais ces objectifs génèrent de violentes oppositions des lobbies agricoles et paraissent déjà compromis. Pourtant, ces mesures visent à enrayer le déclin vertigineux de la biodiversité en zone agricole. Ainsi, au niveau européen, une étude récente montre que l’on a perdu 300 millions d’oiseaux en zone agricole en 30 ans, soit la moitié de l’effectif initial. 22 espèces sur 37 sont en déclin. Les causes sont parfaitement connues : agriculture intensive et spécialisée, éradication des haies, jachères et mares, utilisation toujours importante de pesticides. 

Au niveau mondial, l’UNESCO a classé 183 sites naturels depuis 1978, mais un site naturel sur 10 est actuellement en péril. Ces sanctuaires de biodiversité sont particulièrement menacés en Afrique par les exploitations pétrolières et le braconnage. L’échec est patent : certains sites sont jugés en péril depuis 20 ans, sans qu’aucune amélioration ne soit constatée. Faut-il les maintenir ou les désinscrire de la liste ?

Il est clair que ni les dirigeants, ni les populations n’ont vraiment pris en compte la biodiversité et la nécessité absolue qu’elle représente pour l’humanité. Avec juste un peu de cynisme, on peut espérer que bientôt, le coût prohibitif des énergies fossiles et les méfaits des changements climatiques vont nous ramener à la raison.

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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 08:20

            La Seine, gigantesque oméga qui se prélasse entre les frondaisons, s’est lovée en un repli utérin pour engendrer une ville : Rouen. C’est ainsi que je commençais dans l’ouvrage « Rouen » (Editions Bonneton, 1990), le chapitre consacré à la nature et l’environnement.

Depuis plusieurs années, la ville et l’agglomération de Rouen multiplient les initiatives pour se réapproprier le fleuve. Profitant du recul du port vers l’aval, pour des raisons économiques, les quais bas ont été réaménagés rive droite, en espaces paysagers et de loisirs. C’est une révolution en marche puisqu’il est question maintenant d’aménagement de la rive gauche en prairies et espaces boisés et de construction d’éco-quartiers sur les deux rives. Rouen recrée de nouveaux espaces de vie et c’est heureux. Dans le même temps, la Région de Haute-Normandie et les deux Départements de l’Eure et de la Seine-Maritime s’engagent dans l’opération « Grande Seine 2015, une Seine d’avenir », avec une large concertation, ce qui témoigne de la volonté unanime de valorisation des berges de la Seine.

Sur la rive gauche, la prairie de Saint-Sever, entre les ponts Corneille et Boieldieu sera constituée d’une étendue herbeuse ouverte sur les perspectives paysagères (Côte Sainte Catherine et cathédrale). Les coulisses de Claquedent, entre les ponts Boieldieu et Jeanne d’Arc, seront un espace de promenade arboré, avec un jardin intime. L’esplanade de la Curanderie, entre les ponts Jeanne d’Arc et Guillaume le Conquérant, sera un espace évolutif pour accueillir les grands événements populaires. Le tout devrait être livré aux Rouennais graduellement avec une échéance finale fixée à début 2014. Ces aménagements seront complétés rive droite pour constituer un nouvel espace vert de 15 hectares et d’un coût de presque 13 millions d’euros.

Après avoir été vécue souvent comme une coupure de la ville entre les deux rives, la Seine retrouve ainsi sa vocation fédératrice.

D’autres villes comme Lyon, Bordeaux, Toulouse ou Paris sont en train également de réaliser de grands aménagements de reconquête des  fleuves. Après avoir été abandonnées à « la bagnole », les berges des fleuves sont maintenant un atout majeur pour la réconciliation entre les citadins et la nature. C’est sans doute Toulouse qu va le plus loin dans cette voie avec un aménagement sur 32 km et 3 000 hectares !

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