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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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13 mai 2008 2 13 /05 /mai /2008 09:21

         Dans mon village de Normandie, il y a le « Grand Mont », témoin de l’effondrement du bombement calcaire initial de l’ère tertiaire. L’érosion a entamé le substrat en laissant des buttes témoins, plus dures. Cette forme élevée, arrondie et douce, avec son flanc creusé du « Fer à Cheval », ne manque pas de susciter la curiosité du fait de sa grande originalité parmi nos paysages.

Le Grand Mont constitue un patrimoine important, tant pour sa valeur paysagère (une des plus importantes buttes témoins du Pays de Bray, même si l’altitude n’est que de 186 mètres) que pour l’intérêt de sa végétation (présence d’orchidées sauvages, de gentianes d’Allemagne et autres plantes caractéristiques des coteaux calcaires). Une centaine d’espèces de plantes, dont une dizaine d’espèces d’orchidées (2 à 4 000 individus selon les saisons), font de ce site un des plus riches de toute la Haute-Normandie.

Ce sont ces arguments qui ont justifié que le Grand Mont soit inscrit, depuis une vingtaine d’années, à l’inventaire ZNIEFF, établi par le ministère en charge de l’environnement. Depuis un an, le Grand Mont est également inscrit à l’inventaire Natura 2000, recensement européen des sites naturels importants.

Tout cela est connu : un dossier de protection-gestion a été monté depuis quatre ans avec un rapport documenté (sans succès pour le moment), deux articles ont été publiés dans le bulletin municipal, plusieurs visites ont été faites sur place pour des groupes, des élus locaux ou des responsables des services concernés et l’agriculteur exploitant (un homme charmant et à l’esprit ouvert) a été informé.

Après avoir été longtemps pâturée par des moutons, une partie du site a été mise en jachère agricole, seulement entretenue de façon douce à l’automne, dans le contexte de la PAC qui visait à réduire la surproduction. Mais voilà que les temps changent : la PAC s’inverse pour inciter à produire davantage, et donc remettre en culture les jachères, avec obligation administrative.

Ces derniers jours, le coteau ouest en jachère, a été traité au désherbant, puis le terrain a été fumé pour être mis en culture. La station est détruite pour des années, ou des décennies…

Tout cela en « direct-live », sous nos yeux incrédules, impuissants que nous sommes… Au vu de ce spectacle, j’ai ressenti comme une convulsion, une montée de larmes qui ne s’épanouit pas… Est-il venu le temps de désespérer définitivement ? Faut-il croire encore en la raison des hommes ?

Sans doute la station renaîtra-t-elle un jour. A partir du Fer à Cheval, on peut imaginer une nouvelle expansion de la végétation sauvage. Gilbert Bécaud chantait « Quand il est mort, le poète. Le monde entier pleurait ». Le Grand Mont, patrimoine de mon village… planétaire : la Terre survivra sans doute, quant aux hommes ?...

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Published by Michel Lerond - dans Environnement
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6 mai 2008 2 06 /05 /mai /2008 09:40

        Il a été beaucoup question de démocratie participative ces derniers temps et l’expression est devenue très tendance. L’affirmation que le fossé se creuse entre la « classe politique » et la population est étayée par de nombreux constats. Tout se passe comme si les décisions des élus étaient perçues comme de plus en plus déconnectées des réalités (Voir notre chronique « Vive 2008 ? » du 8-01-08). Pourtant, la concertation, la participation du public, le débat public sont de plus en plus présents dans de nombreux processus décisionnels. Ceci est particulièrement vrai dans le domaine de l’urbanisme, de l’aménagement du territoire et plus largement de l’environnement où la procédure d’enquête publique est réglementaire. Dans ce contexte où il est question de façon récurrente de démocratie participative, il y a lieu de s’interroger sur l’efficacité réelle des procédures en cours. D’abord, nombreux sont ceux qui revendiquent la démocratie participative sans l’avoir vraiment définie et sans en avoir précisé les règles.

De fait, on constate que la concertation est souvent « phagocytée » par des groupes de pression. Tantôt comités de défense qui confondent parfois préoccupations personnelles, certes légitimes, avec intérêt général. Tantôt lobbies, dont le lobby associatif dit de « défense de l’environnement », qui s’appuie trop volontiers sur des positions a priori plutôt que sur une analyse globale de la situation soumise à concertation. Dans le cas des enquêtes publiques, et plus encore dans les commissions « officielles », la société civile est, de fait, représentée par des associations… pas toujours représentatives. Les professionnels ne sont quasiment pas sollicités, et les élus locaux bien peu. Il faut donc améliorer ce système pour associer davantage les professionnels et la population. On pourrait faire le parallèle avec l’entreprise où les négociations se font avec des syndicats archi minoritaires.

La prétendue « démocratie participative » ne devient-elle pas dans ce cas une dérive de la simple démocratie en accordant une audience aux groupes de pression bien au-delà de ce qu’ils représentent réellement. Le Grenelle de l’environnement en est un des exemples les plus criants ! Si l’on s’interroge sur les principes démocratiques fondamentaux, la démocratie dite « participative » ne serait-elle pas tout simplement la démocratie représentative que nous pratiquons habituellement pour les élections « politiques ». Si le public ne s’y retrouve pas, c’est que cette démocratie-là fonctionne mal, en n’étant pas suffisamment partagée au-delà d’une « classe politique » restreinte.

Comment remédier à cela si ce n’est en permettant un partage du pouvoir beaucoup plus grand (Voir notre chronique « Ferez-vous le 11 ? » du 22-01-08).

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Published by Michel Lerond - dans Gouvernance
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29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 09:30

A propos d’habitat aussi, on ne parle plus que développement soutenable. Réjouissons-nous que l’architecture, enfin, fasse grand cas de l’environnement. Ici ou là en France, les expériences et projets pilotes se multiplient.

Ainsi, l’architecture bioclimatique est devenue très tendance, même si sous ce vocable « nouveau » se cache bien souvent un retour au simple bon sens. Quoi qu’il en soit, l’architecture bioclimatique essaie de tirer profit des conditions naturelles en veillant à l’exposition du bâtiment, à exploiter des énergies renouvelables et utiliser des matériaux respectueux de l’environnement.

Partout, les réalisations se multiplient, en privilégiant surtout les innovations énergétiques, de la maison individuelle jusqu’aux éco-quartiers, en passant par toute sorte d’équipements collectifs. Un cas particulièrement intéressant est celui du Logis d’Osmoy, réalisé par le Collectif Poitevin pour le Logement et Sipea Habitat à Poitiers. Cette résidence a été lauréate du prix Confort de vie 2007 qui récompense les réalisations répondant aux critères d’accessibilité pour tous, de respect des exigences de développement soutenable et de basse consommation d’énergie. Cette maison relais offre une alternative de 14 logements pour des personnes en situation d’isolement ou de désocialisation. Des informations complémentaires sont disponibles sur les sites : www.asso.agglo-poitiers.fr/fiche.php?fiche_id=438&offset=238&ID_ville=8 et www.sipea-poitiers.fr

Sans doute peut-on aller plus loin encore, comme l’envisage le conseil régional de Haute-Normandie, en conditionnant les aides à la construction par le recours obligatoire à la HQE (Haute Qualité Environnementale).

Pourtant une préoccupation majeure de la fin du 20ème siècle, à savoir respecter les grandes caractéristiques régionales des constructions, semble assez oubliée dans cette nouvelle donne de la construction. Sous prétexte de maison « en bois » ou « bioclimatique », il semble que l’on excuse tout le reste. On pourrait pousser un peu plus loin la démarche et, à cette occasion, réinventer un habitat régionalisé, ceci particulièrement en milieu rural.

Comme toujours les bonnes idées ont aussi leur revers. Des constructeurs européens de maisons individuelles vont bientôt commercialiser des maisons préfabriquées, économiques et… écologiques. Veillons à ne pas tomber dans les écueils de la standardisation monotone de nos campagnes au prétexte… d’écologie.

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22 avril 2008 2 22 /04 /avril /2008 09:19

           Extrait de « Lettre de mon village… planétaire » (ma lettre professionnelle) N° 10, mai 2008, en avant-première pour les lecteurs de ce blog. Les personnes intéressées peuvent demander cette lettre (numérique ou papier) à michel.lerond@wanadoo.fr

Cette lettre professionnelle N° 10 sera la dernière. C’est en 1992 qu’a été publiée la première, afin de maintenir un contact avec mes amis et relations professionnelles. Voilà donc plus de 16 ans que j’exerce la profession de consultant en environnement. Sans que cela puisse être démontré, je fus l’un des tous premiers à exercer ce nouveau métier. J’en ai retiré beaucoup de satisfactions, en intervenant sur tout le territoire national et en participant à la belle aventure de l’avènement de l’évaluation environnementale. J’ai appris énormément dans cette fonction, notamment combien notre planète, notre pays, notre région, sont endommagés sur le plan environnemental, malgré les progrès considérables qui ont été accomplis depuis une vingtaine d’années. Mais j’ai eu le plaisir aussi de constater combien progresse la prise de conscience de la nécessité d’agir sans plus attendre.

Auparavant, j’avais créé et dirigé pendant une décennie l’Observatoire Régional de l’Environnement de Haute-Normandie, structure qui a évolué vers une agence régionale en 1996 ; j’en suis fier. Là, j’avais appris la patience pour voir l’aboutissement d’une idée simple : rassembler l’information sur l’environnement régional pour la rendre plus accessible. Mais j’ai aussi pu expérimenter le fait que la détermination d’une petite équipe peut vaincre bien des obstacles pour faire avancer des idées qui n’étaient pas encore largement partagées à l’époque.

Avant encore, une décennie passée au Museum de Rouen m’avait procuré les joies de la vulgarisation scientifique, et appris que l’on a toujours tort d’avoir raison trop tôt. La pédagogie de la nature était un concept élitiste dans les années 1970 et vouloir faire du Museum, ce concept du 19ème siècle, un lieu de culture et un outil pour l’avenir relevait  quasiment  de  la  provocation.  Des  divers projets de rénovation, aucun ne vit le jour et l’établissement fut même fermé pendant dix ans, pour « raisons de sécurité ». Quelle joie de le voir réouvert maintenant, avec des perspectives d’évolution.

Plus tôt encore, c’était en 1961, autant dire la Préhistoire, j’avais créé le Club International des Naturalistes Bucheois. Le « Village planétaire » déjà, soit un réseau de correspondants naturalistes (par courrier postal bien entendu) entre une soixantaine de jeunes d’une dizaine de pays et les quelques naturalistes amateurs de Buchy (mon village natal en Normandie), sous le patronage d’Ernest Noury, éminent cécidologiste et figure locale. Quelle aventure pour les jeunes que nous étions à l’époque où les médias parlaient essentiellement des « Blousons noirs »…

Tout au long de ces années, j’aurai été animé essentiellement par la volonté de « faire passer le message ». Rien n’est gagné et il faut encore convaincre bien des acteurs économiques, des élus et une partie du grand public.

Maintenant que le terme de ma « carrière » se profile à l’horizon, j’achève les prestations en cours et souhaite poursuivre cette démarche, initiée il y a près de cinquante ans en vous donnant rendez-vous sur mon blog (www.michel-lerond.com). Là nous pourrons échanger encore sur les constats, les avancées en matière d’environnement et de développement soutenable, et aussi de tout ce qu’il reste à faire.

Emma, Victor, Lucien et leurs copains sont nés avec le siècle ; eux n’auront pas à tergiverser avec les questions qui nous animent depuis si longtemps, ils devront agir vite et avec une grande efficacité. Puissions-nous leur ouvrir quelques voies, leur donner quelques clés pour que tout cela n’ait pas été inutile.

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15 avril 2008 2 15 /04 /avril /2008 09:25

         S’insérer dans le monde du travail n’est pas toujours facile. Aussi faut-il ne pas perdre de vue quelques repères :

- Dans l’euphorie des « 30 glorieuses », la classe politique n’a pas entendu les avertissements du Club de Rome (1972), pas plus que ceux du premier choc pétrolier (1973) et a continué son chemin sans avoir su anticiper les évolutions fortes pour mettre en adéquation les formations et les métiers. L’enseignement supérieur n’a toujours pas tranché le vieux débat sur l’université créatrice de savoirs et d’érudition ou bien lieu de formation professionnelle et se trouve maintenant en grand décalage avec l’offre d’emplois.

- Maintenant, le développement soutenable est présent partout, au moins en termes d’annonce, et les formations professionnelles n’échappent pas à cette tendance lourde. Chaque année, en France, plus de 15 000 étudiants suivent un cursus spécialisé dans ce domaine qui ne compte pas moins d’environ 800 formations, niveau bac + 2 et davantage. Attention aux désillusions… Certes les secteurs de l’eau et des déchets continuent de recruter, comme celui des éco-industries, mais le gisement d’emploi n’est pas… renouvelable indéfiniment, malgré l’enthousiasme des jeunes pour ces nouvelles professions. A l’inverse, les secteurs les plus attractifs (protection de la nature, paysage, biodiversité) ne représentent que 6 % des emplois du secteur.

- Le futur peut paraître redoutable. Au chômage s’ajoutent l’érosion de la biodiversité, les modifications climatiques, l’appauvrissement des énergies fossiles ou l’ouverture des marchés à l’échelle planétaire, autant de facteurs qui laissent penser que le monde ne sera désormais plus le même.

- Mais il y a un avenir heureux, puisque tout est à reconstruire. Il est devenu nécessaire d’inventer une autre agriculture, une autre façon d’habiter, une autre façon de se déplacer, une autre façon de travailler. Il n’y a plus d’alternative, pour durer la société doit changer et c’est collectivement que nous devons évoluer pour inventer les métiers du futur et leur rétribution équitable.

Le monde est à refaire. De quel projet plus noble peut-on rêver, pour retrouver le sens de l’avenir en commun, redéfinir les objectifs économiques, partager les gains de notre travail entre Nord et Sud et restaurer un environnement planétaire dégradé. Certes il y a beaucoup à faire, c’est l’entreprise de toute une génération, ce qui demande beaucoup d’intelligence, de connaissances, de sens du partage, mais qui donne un sens à ce siècle et à la vie de chacun.

Bonne chance pour vous insérer dans ce vaste chantier.

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8 avril 2008 2 08 /04 /avril /2008 10:05

          En 1990, lors de la publication d’un ouvrage sur Rouen*, Jean Lecanuet, alors maire de Rouen, me félicitait pour « les belles pages que j’avais écrites sur Rouen ». Qu’on me permette de citer ma première phrase… : La Seine, gigantesque oméga qui se prélasse entre les frondaisons, s’est lovée en un repli utérin pour engendrer une ville : Rouen. J’ai voulu insister, par cette formule, sur l’importance du fleuve pour la ville et quelques temps plus tard, je proposais à des responsables de l’aménagement urbain et portuaire l’idée de réserver dans l’urbanisme de l’agglomération une longue coulée verte, allant du nord-est au sud-ouest, afin de réconcilier la ville avec son fleuve. Cette idée… sombra dans la Seine, comme tant d’autres ! Mais les idées finissent toujours par germer et bien que modeste encore, cette « diagonale verte » a commencé à exister. Depuis quelques années, l’aménagement « vert » des rives du Robec (affluent de la Seine) et de la Côte Sainte Catherine constitue un parc naturel urbain qui ne demande qu’à se développer.

Rouen, c’est en effet une ville un peu « coincée entre Paris et la mer » comme dit le géographe Yves Guermond, mais c’est aussi une lumière tout en nuances qui a fait le bonheur des peintres impressionnistes tel Claude Monet. Après un divorce entre la ville et le fleuve, voilà que la réconciliation est en cours. Les bords de Seine, maintenant plantés, constituent une promenade de choix avec restaurants et salles de sport. C’est aussi la meilleure tribune pour admirer les voiliers de l’Armada qui sera de retour en juillet 2008.

Doucement, le centre de Rouen glisse vers la Seine, avec des projets de restructuration urbaine, de nouvelle gare, d’éco-quartiers, de parcs urbains.

Il ne restera plus qu’à prolonger cet aménagement plus en amont du Robec, et à travers le port maritime pour ainsi réaliser cette diagonale verte qui unirait la ville, son fleuve et les forêts péri-urbaines. Rouen, autrefois seconde ville du royaume de France, est en train de renaître. Bienvenue à sa première femme maire qui saura faire souffler la brise du renouveau urbain.

On trouvera de plus amples renseignements sur le site  http://www.editions-bonneton.com/ pour les encyclopédies régionales, http://www.armada.org/Presentation pour la prochaine Armada, et http://www.rouen.fr/ pour la ville de Rouen.

 

* Michel Lerond ; Jean-Pierre Chaline ; Marie Pessiot ; Alain Gasperini ; Catherine Vaudour ; Guy Nondier ; Christian Goubault ; Yves Guermond.- Rouen.- Editions Bonneton, 1990.- 320 p.

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1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 08:40

Qui a dit : « Je vous préviens, si nous ne faisons rien, le tableau de notre planète en 2030 ne sera pas agréable à regarder… Je ne dis pas que cela est bon marché ou facile… L’ennemi est connu. Il s’appelle carbone. Nous devons combattre cet ennemi en lui imposant un prix élevé. » Un écolo catastrophiste ? Un « décliniste » ? Non, c’est Angel Gurria, secrétaire général de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique).

Qui a dit : « Il semble qu’il y ait une tendance à l’accélération (de la fonte des glaciers) sans qu’on puisse en voir la fin… Des millions, si ce n’est des milliards de personnes dépendent directement ou indirectement de ces réserves naturelles d’eau pour l’eau potable, l’agriculture, l’industrie et la production d’énergie électrique… » ? Un autre écolo ou décliniste ? Non, c’est Achim Steiner, secrétaire général adjoint des Nations Unies.

Qui a dit : (Les émissions mondiales de gaz carbonique, d’origine humaine, ont augmenté entre 2000 et 2006 à un rythme de 3% par an) «  ce qui est déjà au-dessus du scénario de développement le plus pessimiste imaginé par le GIEC. » Encore un écolo décliniste ? Non, c’est Valérie Masson-Delmotte, chercheur au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement.

Certes, depuis quelques années, nombre de dirigeants et de citoyens ont pris conscience des enjeux planétaires en matière de modification du climat. Mais le défi est devant nous : c’est dans la décennie qui vient que tout se joue !

L’OCDE définit quatre domaines pour lesquels il y a urgence : le changement climatique, la diminution de la biodiversité, la rareté de l’eau et l’impact des pollutions et toxiques sur la santé humaine. Il est clairement annoncé que les pays doivent modifier la structure de leur économie, appliquer des normes et réglementations plus strictes et travailler en commun à la réduction de l’effet de serre, notamment par l’introduction d’une taxe carbone.

Alors qu’il faut réduire dès maintenant les rejets de gaz carbonique, d’ici à 2010, la Chine en émettra 2 à 4 fois plus que prévu !

D’après certains experts, le pétrole sera à 200 dollars à la fin de cette année et le scénario à 380 dollars imaginé pour 2015 n’apparaît plus fantaisiste.

Nous devons changer nos comportements, chacun de nous comme les gouvernants, collectivement à l’échelle mondiale. Vaste programme !

Des informations complémentaires sur le rapport de l’OCDE sont disponibles sur le site : www.oecd.org/environnement/perspectives2030

Voir aussi mes chroniques « As-tu vu Tuvalu ? » du 4 décembre 2007, « Durable ou soutenable ? » du 26 décembre 2007 et « A quand les 200 dollars ? » du 12 février 2008.

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25 mars 2008 2 25 /03 /mars /2008 09:05

        L’association « Les Chemins de traverse », que j’ai l’honneur de co-présider avec Robert Barbault du Museum national de Paris, propose la  mise en place de la Nef Végétale, associant végétaux et céramique dans un espace patrimonial du Pays de Bray, le château Renaissance de Mesnières.
      La Nef Végétale est une étrange fontaine céramique des plasticiens Jacques et Juliette Damville, qui évoque une sorte de navire, un gros poisson dont on visite les entrailles, une grotte mystérieuse. C’est un abri pour rêver, mais aussi une arche-refuge avec son mât de nidification, son bain d’oiseau et ses flancs tapissés de plantes indigènes. C’est un hymne à la réconciliation des activités humaines avec la nature, un lieu d’émotion.
        La Nef Végétale est une œuvre collective qui associe les travaux de divers ateliers préparatoires à une construction artistique et monumentale. C’est un projet de pays, une œuvre qui s’insère dans l’environnement local en proposant une rencontre onirique entre l’art et la nature.
        Grâce au sol riche en argile de belle qualité du Pays de Bray, les arts du feu ont pris beaucoup d’importance dans le vécu de la population locale. De fait, une importante activité de céramique architecturale et terre cuite se perpétue depuis plusieurs siècles : briqueteries, industries, potiers. Un objectif essentiel de la Nef Végétale est de maîtriser le dialogue entre un patrimoine historique remarquable et une création résolument contemporaine. C’est est une œuvre en symbiose avec le patrimoine brayon, vivante et évolutive où le végétal joue un grand rôle : le revêtement céramique à l’extérieur sera conçu pour recevoir des plantes. Il s’y mêlera des éléments sculptés et émaillés dont les tonalités seront en harmonie avec le cadre. Les circulations d’eau ont également leur importance : le bassin sert de réserve pour l’alimentation des bains d’oiseaux qui à leur tour desservent l’irrigation de certaines zones choisies.
      On trouvera de plus amples renseignements sur le site http://www.penserpaysage.blogspot.com , article du 26 décembre 2007, avec les liens utiles vers http://www.seinemaritime.net/tourisme/Portraits-de-Seinomarins/Ca-commence-ici/Juliette-et-Jacques-Damville, dans la perspective d’une fin de réalisation pendant l’été 2008.

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18 mars 2008 2 18 /03 /mars /2008 09:22

               « Et voilà monsieur, cela fait huit z’euros. Je vous rends douze sur votre billet de vingt z’euros »…  A l’époque des francs, les problèmes de liaison ne se posaient pas, mais avec la voyelle de début du mot euro, si !
        Sans doute, la caractéristique d’une langue vivante est-elle d’évoluer, encore faut-il que cette évolution s’inscrive dans une logique sémantique ou grammaticale. Cette liaison « mal à propos » entre huit, vingt et cent z’euros nous écorche les oreilles chaque jour, traduisant sans doute une forme de dyslexie très répandue. Qu’y faire, sinon revenir à des fondamentaux un peu oubliés en matière d’apprentissage de l’orthographe.
        L’évolution du vocabulaire et de sa prononciation fait sans doute l’objet d’études et d’interprétations sociologiques. Si c’est le cas, il serait intéressant de s’interroger aussi sur les contorsions buccales occasionnées par le mot challenge. Prononcer « cha-lan-je » et non pas « t’cha-laine-n’ge » avec diphtongue appuyée qui voudrait sans doute attester du dynamisme et de la conviction de celui qui s’exprime… Quant au management, il peut tout aussi bien se prononcer « ma-na-ge-ment » plutôt que « mai-nai-j’menne-‘te », on gèrera les choses aussi bien !
       La théâtralisation des mots permet, tout à la fois, d’exposer sa méconnaissance ou d’étaler sa culture. C’est comme cela que l’on voit parfois qui sont les zéros…
        Mais la mise en scène des mots peut aussi nous offrir la douceur d’un poème, le frisson d’un drame ou l’exclamation d’un rire. Des mots au théâtre il n’y a qu’un pas que vous pourrez franchir en allant sur le site très fleuri de François Vicaire : http://theatreennormandie.com

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11 mars 2008 2 11 /03 /mars /2008 07:59

Le rapport Attali a proposé de supprimer les départements. Voilà une idée maintes fois évoquée sans être jamais débattue, depuis environ 25 ans… alors que nous élisons ces jours-ci les conseillers généraux. Pourtant chacun sait que de la commune à l’Europe, en passant par les communautés de communes, syndicats intercommunaux multiples, cantons, départements, régions et Etat, voilà 8 niveaux administratifs français d’une lisibilité qui laissent les étrangers pour le moins… perplexes. On pourrait ajouter encore à cette liste les pays et les parcs naturels régionaux. Le bon sens commande de réduire cette complexité devenue illisible pour le citoyen de base et parfois même… pour les élus des collectivités concernées ! Pour cela ne faudrait-il pas d’abord avoir re-défini les fonctions des multiples collectivités territoriales et leurs relations avec l’Etat.

Il devient impératif, à défaut de supprimer purement et simplement des collectivités, de les regrouper en quatre pôles aux niveaux local, régional, national et européen en appliquant le principe de subsidiarité (allouer la responsabilité publique à la plus petite entité capable de résoudre le problème elle-même). Cette démarche doit aller de pair avec une recherche de couplages institutionnels qui permettent de réduire les financements cumulatifs et de supprimer les structures devenues superflues (d’innombrables syndicats intercommunaux…).

Ainsi, au niveau local, les communes pourraient se cantonner à des actions de proximité pour laisser aux communautés de communes et d’agglomérations les actions nécessitant planification, globalisation et transversalité. Au niveau régional, les départements (devenus trop souvent des « distributeurs automatiques de subventions ») pourraient constituer des territoires d’interventions des Régions, tout comme les Pays. Au niveau national, l’Etat doit être une tête de réseau qui stimule l’initiative et rétablit la confiance, il devrait se recentrer sur les fonctions de réglementation et d’harmonisation et laisser aux Régions (sans doute élargies) ce qui a trait à la gestion et l’aménagement des territoires. Quant à l’Europe, c’est à elle que reviendrait une part importante de réglementation communautaire, la monnaie, la défense, la politique étrangère, si toutefois… les européens veulent encore de l’Europe.

Certes l’Etat français doit peser de son autorité sur une telle réforme qui nécessite à la fois autorité et concertation, un art très difficile ! Mais les collectivités et les élus locaux doivent aussi accepter l’idée d’une remise en question.

 

Voir aussi ma chronique « Ferez-vous le 11 ? » du 22 janvier 2008.

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