Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
  • Contact

Profil

  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

Recherche

Catégories

8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 07:53

 

Après Kyoto (1997), puis Cancun (2010) et tant d’autres conférences, ce sera Durban en décembre (17ème conférence mondiale sur le climat). Voilà donc un siècle et demi !! que l’on tergiverse sans jamais vraiment décider… C’est en effet récemment que les Irlandais nous ont rappelé que l’un des leurs, John Tyndall, physicien et l’un des premiers climatologues, avait publié le 30 septembre 1861 un article s’inquiétant de la variation des taux de vapeur d’eau et de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, susceptibles de produire des effets sur le climat. Au tout début du 20ème siècle, un autre physicien, suédois, Arvid Högbom estime qu’un doublement du CO2 dans l’atmosphère engendrerait une augmentation de la température moyenne de la terre de 5 à 6°… scénario confirmé par le GIEC un siècle plus tard !

En France, après les engagements prévus par la loi Grenelle I du 3 août 2009, un plan 2011-2015 comprenant 230 mesures a été présenté fin juillet 2011. On prévoit en effet des sécheresses de plus en plus intenses et fréquentes qui vont affecter la filière agricole et la ressource en eau. Parmi toutes ces mesures, on note par exemple la mise en place d’une veille santé-climat, le test d’espèces forestières adaptées au changement climatique, la recherche de techniques nouvelles pour les infrastructures routières et ferroviaires afin de mieux résister à des cycles gel-dégel fréquents, etc. Ces efforts sont très louables, pourvu… qu’ils soient concrétisés. Au plan international, en effet, on se hâte lentement… alors que les émissions mondiales de CO2 ont augmenté de près de 5 % en 2010 (Il était prévu qu’elles commencent à baisser en 2015) et que la concentration du CO2 est estimée à 391 ppm (part pour million), soit à 9 ppm du point de non-retour envisagé…

Alors qu’il devient urgent d’admettre la régulation climatique comme priorité mondiale, les négociations sont « au bord du coma » comme l’ont titré plusieurs journaux. Les pays développés, donneurs de leçons, sont rattrapés par les pays émergents dont la Chine, premier pollueur mondial. Pendant ce temps, Mohamed Nasheed, président des Maldives, ce chapelet d’îles de l’océan Indien, ne fait plus de prospective, mais essaie de gérer le présent : 16 îles évacuées, eau douce contaminée par l’eau de mer sur 70 îles, insécurité alimentaire du fait de la disparition des poissons, migrations internes…

Faute de négociations abouties et efficaces, sans doute, allons-nous devoir nous habituer aux désordres climatiques, malgré les avertissements répétés du GIEC. Si tout venait à se dérégler, nous aurions à gérer des migrations importantes et pourrions voir la part la plus sombre de notre nature ressurgir… Mais c’est lorsque tout semble désespéré que survient le sursaut non prévu, le sursaut salvateur.

Partager cet article
Repost0
31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 10:02

        En 2006, le Museum de Rouen prépare sa réouverture au public, après 10 ans de fermeture pour raisons de sécurité. Une nouvelle équipe est recrutée qui, sur demande de la municipalité, met en œuvre le nouveau projet culturel et scientifique. Très vite, naît l’idée de restituer à la Nouvelle-Zélande, qui le réclame depuis de nombreuses années, la tête humaine tatouée et momifiée, dite tête maorie, conservée au musée depuis 1875.

C’était le début d’une aventure laborieuse qui, pendant une décennie, a mobilisé le monde politique pour vaincre les obstacles juridiques à la restitution des restes humains. Depuis les années 1980 en effet, les Maoris réclament la restitution de ces têtes, qui furent prisées par les collectionneurs étrangers dès le XVIIIe siècle, suscitant un important trafic. Après bien des débats, une loi a été votée le 4 mai 2010, déclassant ces restes humains des collections inaliénables des musées, afin de pouvoir les rendre au Musée national Te Papa en Nouvelle-Zélande. La tête de Rouen a été restituée le 9 mai 2011 à la Nouvelle Zélande.

       Le film La fabuleuse histoire de la tête maorie du Museum de Rouen, écrit et réalisé par Philippe Tourancheau, a été projeté en avant-première le 4 octobre au cinéma Omnia République de Rouen. Il relate toute cette aventure et la replace dans son contexte muséographique et éthique (voir aussi : http://www.dailymotion.com/video/xiqz6t_sebastien-minchin-relate-la-decouverte-de-la-tete-maori-du-musee-de-rouen_creation et http://vimeo.com/22288017 .

        Il faut saluer ici le travail réalisé par Sébastien Minchin, conservateur du Museum de Rouen, qui par sa ténacité a permis un aboutissement heureux de toute cette affaire, en plaçant le Museum de Rouen à l’avant-scène sur une problématique nationale d’actualité.

        C’est ainsi, à la suite de « l’affaire de Rouen », que l’ensemble des têtes maories des collections de France se trouvent déclassées pour pouvoir retourner vers leur terre d'origine. Une vingtaine de têtes maories seront restituées en janvier 2012, à la clôture de l’exposition sur la culture Maorie au Musée du Quai-Branly à Paris. Tous les Maoris de haut rang, guerriers et chefs de tribus, étaient tatoués selon des motifs rappelant leur tribu. En effet, selon leurs traditions, la tête est considérée comme la partie sacrée du corps et le tatouage comme une véritable signature sociale et religieuse. Le peuple Maori avait ainsi coutume de conserver les têtes tatouées des guerriers morts au combat, et de les exposer dans un endroit consacré à leur mémoire, où chacun pouvait les vénérer jusqu’au moment où ils estimaient que l’âme du défunt était partie. Les têtes étaient alors inhumées près du village.

Partager cet article
Repost0
25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 08:08

 

Les « marchés » sont devenus omniprésents dans les médias et les conversations. Mais qui donc se cache derrière ces monstres froids qui en veulent à nos économies et aux états ? A l’origine les marchés de capitaux sont des lieux de rencontre où s’ajustent l’offre et la demande de financement. Les ménages, les banques, les entreprises et les états constituent les acteurs de cette « bourse d’échanges ».

Mais les choses ont dérapé depuis une bonne dizaine d’années, avec l’apparition du shadow banking system, système financier virtuel. L’objet de ce système est d’élaborer des produits financiers très complexes, souvent incompréhensibles et échappant aux contrôles des autorités de régulation. Dès lors on change de registre et entrons au casino ! C’est ainsi que l’on a vu des Jérôme Kerviel faire perdre 5 milliards € à la Société Générale en 2008, et depuis ça continue… Tout se passe comme si les banques avaient créé des monstres qu’elles ne maîtrisent plus. Les amplitudes des marchés deviennent parfois fantasques, sans justification, comme soumises à des accès de folie.

Dans ce système démentiel, les traders peuvent constituer un motif d’inquiétude, mais il y a plus grave encore. En effet les marchés boursiers sont de plus en plus gérés par des robots (un tiers des échanges à Paris et la moitié à Wall Street), des ordinateurs qui réagissent en termes de millisecondes sur toute fluctuation intervenant n’importe où dans le monde, afin de « jouer gagnant ». Ces échanges à haute fréquence sont en pleine expansion et reposent sur des ordinateurs, sans intervention humaine (voir aussi notre chronique du 4 octobre 2011 Ce sera le meilleur des mondes ? http://www.michel-lerond.com/article-ce-sera-le-meilleur-des-mondes-85779199.html). Cette situation laisse imaginer qu’un « krach boursier automatique » soit tout à fait possible… puisque seuls des ordinateurs peuvent rivaliser avec… des ordinateurs. De plus les systèmes de contrôles sont également automatisés. La présence d’un trader dans le dispositif pourrait nous rassurer !

Les gouvernements, les politiques donc, n’en finissent pas de discuter des solutions, d’un G20 à l’autre… sans résultat. Quelle situation rocambolesque où une toute petite caste de crânes d’œuf construit des programmes ultra-secrets (et au reste incompréhensibles par le non initié), qu’elle fait gérer par des ordinateurs très sophistiqués qui communiquent entre eux en déjouant tous les contrôles.

Les politiques sont impuissants face à cette machinerie, complètement dépassés, mais gesticulant avec fébrilité en proférant des menaces martiales et sans lendemain… C’est à pleurer !

Partager cet article
Repost0
18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 09:12

 

Alors que la crise monopolise les débats, gouvernants, parlementaires, candidats aux élections, tous y vont de leur couplet sur les mesures à prendre… ou à ne pas prendre, sachant qu’en fin de parcours, c’est le contribuable qui devra payer. A cette occasion, force est de constater que Michel Rocard, qui fut le metteur en scène de la taxe carbone, n’a pas fait beaucoup d’émules. En effet plus personne n’évoque la taxe carbone, outil pourtant polyvalent permettant à la fois de renflouer les caisses de l’Etat et de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre. Certes il s’agit d’une taxe, donc d’une idée peu populaire, mais pas moins que de sabrer dans les dépenses de santé ou d’éducation…

Ce qui se constate au niveau national vaut aussi pour toute la planète. En effet, si les pays développés ont promis à Copenhague en 2009, puis confirmés à Cancun en 2010, de verser 74 milliards € par an à partir de 2020 afin d’apporter aux pays en développement les moyens de lutter contre les modifications climatiques, on n’en voit guère la concrétisation. La totalité des engagements pris représente un total de 220 milliards € qu’il va falloir trouver chaque année pour réduire les émissions de GES de l’ordre de 10 %.

Ces calculs sont faits par la Banque mondiale sur la base d’un peu moins de 20 € la tonne de carbone émise, prix correspondant aux dommages moyens causés par le climat. Cette taxe carbone, pour être efficace, doit être universelle, permettant d’amortir les effets de la crise et de réduire notoirement les émissions de GES. L’Europe mise sur une autre stratégie qui consiste à attribuer des quotas de GES qui seraient vendus aux enchères aux industriels et autres producteurs. Les revenus du carbone seraient ainsi, paraît-il, plus productifs quant à la réduction des émissions de GES, mais… rapporteraient moins aux états. Le G20 de Cannes devraient apporter des réponses plus concrètes à cette grande question.

On voit bien que l’on n’arrive décidément pas à organiser la société, et donc ses impôts et taxes, en fonction d’une prospective collective, partagée et équitable, il faut toujours en passer par la spéculation… Pourtant, redisons-le, comme dans notre chronique du 8 septembre 2009  Taxer le carbone ? (http://www.michel-lerond.com/article-35814501.html: il faut prévoir au départ que cette taxe soit payée par tous (y compris les entreprises, les collectivités et les transports routiers, aériens et maritimes) et pas seulement par les ménages et qu’une redistribution soit possible en fonction de critères liés aux économies d’énergie.

Partager cet article
Repost0
11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 08:27

 

         Voilà, nous y sommes, à quelques unités près, la Terre compte 7 milliards d’humains. L’INED (Institut national d’études démographiques) a prévu qu’en 2050, la planète pourrait compter entre 9 et 10 milliards d’individus, un humain sur quatre étant africain. Le Nigeria devrait devenir le troisième pays le plus peuplé au monde, avec 433 millions d’habitants, après la Chine (1,3 milliards) et surtout l’Inde (1,7 milliards). Les démographes de l’INED pensent que la planète pourra supporter cet accroissement en termes d’alimentation et font remarquer que la régulation des naissances est un leurre…

Il est vrai que le Nigeria est un pays riche puisque c’est le premier producteur de pétrole d’Afrique, avec 115 millions de tonnes en 2010. Mais cette richesse comporte son revers qui est la corruption, empêchant la population de profiter de cette manne. De plus le pays Ogoni dans le delta du Niger est souillé par les carences de l’exploitation pétrolière, au point que les Nations Unies considèrent ce sinistre comme l’un des plus grands désastres écologiques planétaires. Depuis le début de l’exploitation en 1956 les fuites d’hydrocarbures et les brûlages des gaz de pétrole se sont multipliés. Dans de nombreux secteurs l’eau potable est très contaminée, et la pollution de l’air généralisée. C’est de l’ordre d’un million de personnes qui sont ainsi affectées. Aux lacunes des sociétés pétrolières s’ajoutent les pillages et raffinages illégaux, ce qui ne simplifie pas la situation (voir aussi  http://www.michel-lerond.com/article-bp-bonne-promenade-57026260.html).

Selon les Nations Unies, la restauration des mangroves et des marécages est indispensable, ce qui devrait prendre… une trentaine d’années. Une meilleure qualité des écosystèmes est en effet indispensable pour redonner au pays un certain équilibre écologique, afin notamment de relancer l’agriculture, passée au second plan derrière l’exploitation du pétrole, et rendre à terme le Nigeria autosuffisant (voir aussi http://www.michel-lerond.com/article-re-partie-l-afrique-64252390.html). Devant l’essor démographique, il est absolument nécessaire que l’agriculture vivrière redevienne le pilier de l’économie nigérianne.

Partager cet article
Repost0
4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 08:16

 

Plus jeune, j’ai été fasciné, et effrayé, par Le Meilleur des mondes, le roman d’Aldous Huxley, publié en 1932. Dans cette société de science fiction, à bien des égards reflet de notre actualité, les humains sont tous créés en laboratoire et conditionnés pendant leur enfance afin d’occuper avec satisfaction leur position dans la hiérarchie sociale. Cinq castes sont bien séparées, allant des Alphas les dirigeants, aux Epsilons, conçus pour occuper les fonctions les plus simples. La reproduction est donc artificielle et la sexualité uniquement ludique.

Elle vient d’avoir 33 ans, et bien malgré elle, Louise Brown a peut être ouvert cette ère nouvelle qui s’apparente (jusqu’où ?) au Meilleur des mondes. Louise Brown fut, en effet, le premier « bébé éprouvette » en 1978 ; on dit maintenant une FIV (Fécondation in-vitro). Les choses ont bien évolué depuis : ainsi en 2009 aux Etats-Unis, 87 % des femmes ayant subi une FIV auraient pu avoir un enfant naturellement, mais ont opté pour cette méthode afin… de choisir le sexe du bébé, ce qui est légal aux USA. Dans ce cas seuls les embryons du sexe désiré sont implantés après avoir éliminé ceux qui sont porteurs d’une maladie génétique, tout cela pour un coût total de l’ordre de 25 000 $. Pour que cette pratique ne soit pas accessible seulement aux riches, un projet a été imaginé pour produire une émission de télé-réalité dont les participants sont des familles modestes voulant choisir le sexe de leur enfant. Selon le vote des téléspectateurs, la famille sélectionnée gagne une FIV gratuite ! On pense pouvoir bientôt choisir la couleur des yeux, ou autre. Il existe même des partisans d’un utérus artificiel qui pourrait libérer les femmes des contraintes de la grossesse. Le Meilleur des mondes, on vous dit !

Par ailleurs on nous affirme que les neurosciences vont permettre d’améliorer l’efficacité des messages de santé publique… pour la bonne cause. Dans le même ordre d’idée, le pistage de plus en plus fin des internautes permet déjà d’ajuster les messages publicitaires au profil des destinataires. Plus fort encore, des chercheurs prestigieux de Californie sont convaincus que d’ici 30 ans, les ordinateurs pourvus d’intelligence artificielle seront plus intelligents que leurs créateurs humains et pourront ainsi avoir des sentiments et de l’imagination. Du coup on pourra injecter des ordinateurs microscopiques dans nos veines et régénérer notre cerveau en permanence afin de nous rendre immortels, ou presque. Certains intellectuels américains pensent même que ces humains « augmentés » vont garantir à l’humanité une évolution vers un stade supérieur…

Cette « nature artificielle » pourrait bien compliquer un peu nos relations avec la vraie nature… Ce sera fascinant ou terrifiant Le Meilleur des mondes ?

Partager cet article
Repost0
27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 08:47

 

Chacun se souvient de cette expression de gamin jouant dans la cour de récréation. A entendre les commentaires récurrents sur la crise, les « inquiétudes des marchés » ou la chute des bourses… on se demande parfois si l’on n’est pas revenu dans la cour de récréation, avec des conséquences plus redoutables toutefois. Depuis des décennies on nous dit qu’une économie moderne s’appuie sur les marchés et qu’elle comporte des risques mesurés. Pourtant la plus grande partie des petites entreprises, et les emplois qui vont avec, se passent bien de la Bourse. Par contre, ce qui enrichit les grandes entreprises n’est pas seulement la rémunération du travail, mais aussi la timbale boursière, sorte de Loto géant ou de grand casino pour personnes fortunées.

En résumé, les riches jouent à la Bourse pour faire de l’argent, ceux qui voudraient le devenir jouent au Loto, les autres travaillent… ou font la manche. Mais les banques, qui jouent elles aussi au grand casino, ne le font-elles pas avec notre argent ? Avec notre accord ou pas ? Force est de constater que face à l’avidité de certains, il y a eu un peu trop de désinvolture de notre part pour laisser faire cela, qui n’est ni juste, ni moral, mais… légal. Les banques françaises sont le plus souvent, à la fois, banques de dépôts et de marchés. Aux Etats-Unis, après la crise de 1929, les deux types de banques avaient été séparés afin de lever toute ambiguïté entre les dépôts des particuliers et les activités spéculatives. Ne faut-il pas à nouveau opérer cette clarification ?

Il s’agit bien là d’une interrogation sur le système économique que nous souhaitons, très libéral ou encadré. La situation actuelle consiste bien souvent à libérer ce qui touche aux marchés et aux profits et à socialiser ce qui concerne les pertes ou les risques, en les faisant assumer par les contribuables ou les générations futures.

Tout cela présuppose une autre conception du vivre ensemble et de la notion de partage. C’est ainsi que l’on voit les marchés orienter l’économie qui elle-même se régule avec des licenciements si besoin. On pourrait rêver d’un monde où l’économie s’appuierait d’abord sur les besoins et répartirait l’emploi en le partageant. Pour le moment, c’est l’exclusion qui prévaut : ceux qui ont un emploi le gardent et ceux qui n’en ont pas ont de plus en plus de difficultés à en trouver, les plus jeunes notamment.  Comment en sortir, si ce n’est par une économie non marchande, à laquelle le courant écologiste peut contribuer, en privilégiant l’être plutôt que l’avoir. Selon l’Urssaf, le secteur associatif occupe aujourd’hui en France 12,5 % de l’emploi privé, soit 2 350 000 salariés. Voilà un beau sujet de méditation à propos d’une économie qui recherche la satisfaction de besoins plutôt que le profit, des entrepreneurs ou des actionnaires.

Partager cet article
Repost0
20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 08:17

 

Les expressions les plus courantes ne sont pas obligatoirement les plus claires et les mieux comprises. Il en est ainsi de toute la problématique de la protection de la nature. Bien sûr tout le monde est d’accord pour protéger la nature. Mais ne faut-il pas aussi se protéger de la nature ? Et ne pourrait-on pas se protéger par la nature ?

Le concept de protection de la nature a sans doute émergé à la fin du 19ème siècle au moment où les pollutions industrielles préoccupaient déjà les hygiénistes, mais il a pris toute son ampleur dans les années 1960, avant que l’on ne parle d’écologie et d’environnement. Il s’agissait de protéger les espèces végétales et animales des atteintes portées par les activités humaines. Certains s’en sont offusqués en prétendant qu’il fallait d’abord protéger l’homme et que la nature était à son service…

Par ailleurs, les catastrophes naturelles nous rappellent que la nature peut aussi être très meurtrière. Accélération des phénomènes ou performance des médias, on ne sait pas mais le fait est que ces dernières années, au niveau mondial, entre ouragans, tornades, tremblements de terre, sécheresses ou inondations, il n’y a eu que l’embarras du choix. Mais ces catastrophes naturelles résultent aussi parfois de leur conjugaison avec des facteurs humains. Il en est ainsi des conséquences des inondations (des glissements de terrain par exemple) qui sont amplifiées par les erreurs humaines.

D’où la nécessité de protéger la nature, et de s’en protéger en l’utilisant le plus subtilement possible. En effet, on pourrait aussi faire confiance à la nature, en protégeant les écosystèmes et les sols plutôt que de construire des barrages ou des digues qui finissent par lâcher. C’est tout un changement de culture qui doit s’opérer pour prendre en compte les risques dans l’aménagement, ce qui ne coûte pas obligatoirement plus cher, bien au contraire. Encore faudrait-il que des évaluations économiques des services rendus par les écosystèmes soient faites pour décider en toute connaissance de cause. Mais les choses évoluent, ainsi la ville de New York a investi 5,3 milliards $ en 2010 pour créer des espaces verts sur les toits et les rues pour absorber davantage d’eaux pluviales. A l’inverse il aurait fallu investir 6,8 milliards $ pour construire des canalisations et des réservoirs… De plus en plus en France, il devient prioritaire de restaurer les bassins versants écologiquement afin de prévenir des inondations, ce qui accessoirement évite d’avoir à faire payer les dégâts… par le contribuable.

Il faut s’en convaincre, nous faisons partie de la nature et ne pouvons pas vivre sans elle. Elle nous nourrit, nous habille, nous loge, etc. Il faut donc bien, par lucidité, « faire avec » et la ménager dans notre propre intérêt.

Partager cet article
Repost0
13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 08:15

 

 

 

 

La forêt est le poumon de la Terre, c’est bien connu. Le rôle de la forêt est primordial pour l’équilibre des écosystèmes en général et donc notre milieu de vie. Face aux modifications climatiques, les forêts, en particulier en zones tropicales et équatoriales, constituent un régulateur de premier ordre en absorbant une grande quantité de gaz carbonique, un des principaux responsables de l’effet de serre (ce sont des « puits de carbone »).

Environ 30 % des terres de la planète sont couvertes de forêts, mais cette surface diminue, au niveau mondial, de 0,3 % par an soit 7,3 millions d’hectares ou encore l’équivalent de… 15 départements français ! Parmi elles, un bon tiers est constitué de forêts « primaires », surtout en zones tropicales. Ce sont les plus riches en termes de biodiversité, mais aussi les plus menacées par la déforestation.

Des situations extrêmes se constatent, par exemple en Ethiopie où le couvert forestier est passé de 40 à 3 % en 50 ans ! Au Brésil, le gouvernement est écartelé entre le souci de préserver la forêt amazonienne et la volonté de favoriser la croissance économique, si bien que la forêt tropicale a régressé de 17 % en 30 ans. Ajoutons à cela que la déforestation est liée aux cours mondiaux du soja, de la viande bovine et de la canne à sucre et qu’on estime qu’elle est illégale à hauteur de 80 %, malgré les plans gouvernementaux de lutte contre la déforestation.

Les sécheresses répétées du nord-est de la Chine, du pourtour méditerranéen, de la Russie, ou encore sur la moitié de la forêt amazonienne, et les incendies qui en découlent, constituent une menace sévère pour le devenir des forêts quant à leur rôle de « poumon vert ».

Sans faire dans le catastrophisme, il faut bien dire que nous entrons dans un cycle infernal à propos de notre cher poumon forestier. Les sécheresses, les incendies, la déforestation volontaire sont autant de facteurs qui réduisent la captation du gaz carbonique. Avec le réchauffement planétaire, la forêt pourrait dysfonctionner et émettre davantage de carbone qu’elle n’en capte, devenant une source de carbone plutôt qu’un puits de carbone… Tout faux !

En France, les effets seront moindre sans doute, mais assez préoccupants pour que le gouvernement se soucie  de « préparer les forêts françaises au changement climatique », notamment en matière de biodiversité (compléter le réseau de réserves biologiques), de risques (prévention des incendies, restauration des terrains en montagne) et de production sylvicole (peuplements mélangés). Encore faudrait-il que l’ONF (Office national des forêts) en ait les moyens…

 

Notre chronique du 29 août Les profs, des héros ? (http://www.michel-lerond.com/article-les-profs-des-heros-82835615.html) a suscité de nombreux commentaires. En complément, on peut lire aussi sur le blog de Global Mag : http://global.arte.tv/fr/2011/09/09/cest-la-rentree/

Partager cet article
Repost0
5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 18:20

 

Jacques Brel aurait pu chanter cela, en inversant le sens de sa chanson Le Moribond de 1961 (Adieu l’Emile je t’aimais bien…).

Selon le WWF, on comptait 100 000 tigres au début du XXème siècle, seulement 20 000 dans les années 1980 et… 3 200 en 2009. Bien que le tigre ait « bénéficié » d’un apport de financements importants, avec l’éléphant, sa disparition semble quasi inéluctable. Ce félin, qui ne vit qu’en Asie, est une espèce emblématique au niveau planétaire. La baisse de ses effectifs est due surtout à la destruction des milieux dans lesquels il vit (déforestation, morcellement, urbanisme) et à la chasse très lucrative (revente de toutes les parties de son corps pour des raisons thérapeutiques ou vertus aphrodisiaques supposées…).

Sur les 9 sous-espèces existant à l’origine, 4 sont déjà disparues. Selon le scénario le plus pessimiste, le tigre pourrait avoir totalement disparu d’ici une dizaine d’années. Mais les mesures prises peuvent être porteuses d’espoir : dans les années 1950, il ne restait que 40 tigres de Sibérie, on en compte aujourd’hui 500. 

Les gouvernements des 13 pays qui abritent cette espèce se sont réunis, lors du « Sommet du Tigre » fin novembre 2010 à Saint-Pétersbourg (Russie) afin de prendre des engagements politiques et financiers concrets. Cette réunion sans précédent, a défini l’objectif : doubler le nombre de tigres vivant à l’état sauvage d’ici 2022. La banque mondiale va participer à ce programme international. Voilà une bonne raison d’espérer encore, malgré tout. En fait, ce sont surtout l’Inde et la Chine qui sont concernées. Ainsi, l’Inde abrite la moitié de la population mondiale du félin, mais le programme initié par Indira Gandhi en 1972 n’a pas permis d’enrayer le déclin : 40 000 individus en 1 947, 3 700 en 2002 et… 1 411 aujourd’hui.

Sans doute pourrait-on faire la même analyse à propos du rhinocéros, du léopard ou de l’orang-outan de Bornéo dont l’extinction prochaine est annoncée.

Si le tigre venait à disparaître totalement, c’est peut être un peu l’Homme qui serait condamné aussi. Dans ce cas, le tigre pourrait chanter : Adieu l’Homme je t’aimais bien tu sais…

Partager cet article
Repost0