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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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4 mars 2008 2 04 /03 /mars /2008 08:17

        Tout le monde en parle, comme d’une évidence, comme si ce principe guidait l’action de chacun. Les conseillers municipaux et généraux qui seront élus dans quelques jours ne se sont d’ailleurs pas privés de le rappeler dans leur campagne électorale. Mais si on demandait à chacun d’exprimer en quelques mots ce que signifie véritablement le développement soutenable, il y aurait quelques bafouillages…
        Il est vrai que si le concept est assez simple, sa mise en œuvre l’est moins. Ceci d’autant plus que chaque acteur de la vie publique, chaque lobbie, chaque militant a sa propre définition, en fonction bien souvent de ce qui l’arrange ou de ce qu’il est certain de pouvoir faire. On se trouve, de ce fait, bien souvent devant une difficulté sémantique et pédagogique. 
        Pour surmonter cette difficulté d’explication, notamment devant un public peu averti, on peut recourir à une sorte de parabole, celle du tabouret.
        Le développement soutenable, c'est comme un tabouret à trois pieds : le premier, c'est l'économie, la richesse matérielle ; le second, c'est le social, l'emploi et les relations entre les gens ; le troisième, c'est l'environnement, la lutte contre les pollutions, la sauvegarde des milieux naturels.
        Si les trois pieds du tabouret sont un peu inégaux, ce n'est pas très grave, on peut quand même s'asseoir assez confortablement. Mais s'il y a un pied, ou deux, qui sont vraiment plus courts, alors là, on risque bien de s'affaler. C'est tout simplement cela le développement soutenable, un équilibre subtile entre l'économie, le social et l'environnement pour que notre société puisse rester stable. On peut même renforcer le tabouret par un barreau intermédiaire que l’on appelle la gouvernance, ou la concertation, ce qui consiste à s'inquiéter de l'avis des gens avant de prendre une décision qui les concerne. Et ainsi le tabouret est encore plus stable.
       Pour mener des actions de développement soutenable, vous devez vous assurer que vous êtes bien assis sur votre tabouret à trois pieds (économie, social et environnement), renforcé par le barreau transversal de la gouvernance. Si votre situation est instable, c’est qu’il y a lieu de modifier le tabouret…

Voir aussi ma chronique « Durable ou soutenable ? » du 26 décembre 2007.

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26 février 2008 2 26 /02 /février /2008 10:06

         Les coraux sont des animaux coloniaux primitifs qui vivent essentiellement dans les mers chaudes et constituent des récifs qui sont les plus anciens et les plus diversifiés des écosystèmes marins. Les coraux vivent en symbiose (association à bénéfices réciproques) avec des algues microscopiques qui leur procurent la nourriture et les couleurs.
        L’augmentation de la température de la mer stresse le corail et le fait expulser son algue associée, il blanchit alors en laissant apparaître son squelette. A terme, le corail meurt. Une augmentation de la température moyenne du globe de 2° entraînerait un blanchiment généralisé et une augmentation de 3°, des mortalités importantes. La Grande Barrière de corail s’étire sur 2 000 km au nord-est de l’Australie, c’est le plus grand récif corallien au monde. En 1998 et 2002, 60 à 95 % des massifs coralliens étaient touchés et 10 % sont morts. En 2005, les Caraïbes ont été également très touchées avec 50 à 90 % de blanchiment où une saison d’ouragans intenses a également contribué à endommager les récifs. Comme l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature l’a montré, les récifs constituent une barrière naturelle protégeant les côtes des cyclones et tsunamis. On estime à 500 millions le nombre de personnes dont la subsistance et l’activité économique dépendent de la bonne santé des récifs coralliens. Selon les scientifiques, la planète aurait déjà perdu environ 30% des ses récifs coralliens.
        La France est très concernée (4ème rang mondial) avec 55 000 km2 de récifs coralliens dans les DOM-TOM (Martinique, Guadeloupe, Mayotte, Réunion, Polynésie). Au réchauffement climatique s’ajoutent d’autres menaces : surpêche, pollutions littorales, travaux côtiers, fréquentation touristique, etc.
       C’est pour mobiliser les consciences que l’année 2008 a été proclamée « Année internationale des récifs coralliens » le 24 janvier dernier à Washington, dans le but que soit intensifiée la lutte contre le réchauffement climatique afin de préserver la diversité des écosystèmes océaniques.
         Le blanchiment, ou la mort, des coraux constitue en effet une alerte par rapport à des dégradations plus généralisées comme la réduction de l’activité planctonique, le recul de nombreuses espèces et la déstabilisation des écosystèmes. Ainsi certains chercheurs prévoient-ils un effondrement de la pêche mondiale vers 2050.

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19 février 2008 2 19 /02 /février /2008 07:52
          Ce sont deux anecdotes édifiantes.

Dans les années 1980, après beaucoup d’investissement personnel, j’ai réussi à créer l’Observatoire régional de l’environnement en haute-Normandie. Ce fut très laborieux, l’idée de rassembler l’information éparse n’étant pas dans la culture du moment. A force de persuasion, je finis par obtenir des financements croisés de l’Etat, la région Haute-Normandie, le département de Seine-Maritime et la ville de Rouen. Peu après je demandais audience au Président de Région, qui me l’accorda. Il me reçut et me confia que c’était la première fois que quelqu’un venait le voir pour seulement le remercier et ne rien demander d’autre…

Très récemment, une étudiante de master à Lille me téléphone, faisant état du fait qu’elle avait découvert sur internet la mention de quelques articles sur les herbiers que j’avais publiés dans les années 1970. Elle insiste sur le besoin urgent qu’elle a de ces publications pour son stage et le rapport qu’elle doit rendre sous peu. Je ne suis pas disponible immédiatement, mais compte-tenu de son insistance, je fais les recherches nécessaires et lui fais parvenir les articles le jour même. Je suppose que son stage s’est bien terminé et que son rapport a été bien noté. En tous cas, je n’ai eu ni nouvelles, ni simple merci, ni même un accusé de réception…

Cette seconde anecdote n’est pas vraiment… anecdotique. C’est chaque semaine que cela arrive, et pas seulement avec des jeunes gens. La performance des moyens de communication a fini par faire oublier que derrière la machine il y a des individus de bonne volonté, ou bien fermés à toute entraide. On voit bien, à travers ces anecdotes, combien la société numérique modifie nos comportements en renforçant la double tendance de l’urgence et de l’individualisme.

En somme, j’ai besoin de vous, je veux cela tout de suite, gratuitement, et je n’ai de merci à dire à personne. Bienvenue dans le monde de la communication !

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12 février 2008 2 12 /02 /février /2008 08:21

     Depuis l’apparition de l’homme sur terre, ses relations avec la nature ont souvent été conflictuelles. La nature impose ses lois et contraint l’homme à se soumettre ou pour le moins se protéger des intempéries et cataclysmes. En retour, par le développement de ses activités, l’homme a contraint la nature, l’a remodelée, l’a parfois éradiquée. Rares sont les sociétés qui ont su parvenir à un équilibre avec la nature, et ce sont toujours des sociétés peu développées. La progression démographique et le développement technologique nous ont amenés, lentement d’abord puis rapidement au cours du 20ème siècle, là où nous en sommes : la nécessité de choisir entre réduire nos consommations et survivre ou continuer sur notre lancée et … disparaître. Mais la raison n’étant pas la vertu cardinale de l’humanité, pendant que « la maison brûle », le « développement continue » !                                                                                                     

     
     L’émergence de certains pays sur le plan économique contribue à cette dégradation. Mais comment les pays développés, les pays du Nord, pourraient-ils donner des leçons aux pays du Sud ? En vertu de quel principe les pays du Sud ne pourraient-ils pas prétendre à un développement analogue à ceux du Nord ? On ne peut sortir de cette impasse que par la raison au niveau mondial (on peut toujours rêver…) ou par la contrainte.

 

     Le baril de pétrole a flirté avec les 100 dollars à la fin de 2007. Chacun sait la place prise par le pétrole dans le développement et combien l’augmentation du prix des énergies fossiles va contrarier l’économie mondiale. Voilà la contrainte forte qui va peut être sauver le monde. Si le prix du pétrole augmente rapidement, il va réduire d’autant le développement (avec des inégalités inévitables entre Nord et Sud) et donc atténuer l’effet de serre et ses conséquences.

 

    Si l’humanité toute entière est incapable de raison dans les toutes prochaines années, espérons une augmentation rapide et conséquente du prix du pétrole, appelons à la taxation des produits pétroliers et dans le même temps, changeons nos comportements. Consentants ou contraints… Pour connaître le cours quotidien du pétrole brut, voir le site www.penserpaysage.blogspot.com

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5 février 2008 2 05 /02 /février /2008 09:17

      Au début des années 1990, j’avais été approché par la SNCF pour concevoir une végétalisation des murs de la gare Saint-Lazare à Paris. Le souci principal de l’administration ferroviaire était d’empêcher les tags et graffitis qui recouvraient les murs et coûtaient fort cher à nettoyer. Il n’y eut pas de suite. Depuis, une dizaine d’années a passé, et les tags ont pris une telle ampleur que leur élimination n’est plus envisageable…

      Dans le même temps, les murs végétalisés sont devenus très tendance. Sous l’impulsion du mur végétal réalisé par Patrick Blanc pour le Musée des Arts Premiers du quai Branly, à Paris, cette technique s’affirme en milieu urbain. Sur différents types d’immeubles, les végétaux assurent une continuité biologique dans des milieux, a priori hostiles, et créent un obstacle aux tags. S’il s’agit de végétaux à grand développement, ils offrent aussi l’avantage d’une protection de la façade et d’une isolation thermique et phonique.

 

      Mais on peut aussi avoir recours à une couverture biologique plus modeste en taille, avec des mousses et surtout des lichens. Les lichens, autrefois classés parmi les végétaux, sont maintenant rattachés aux champignons. Ce sont des êtres très particuliers, souvent confondus avec les mousses, qui résultent de l’association (symbiose lichénique) entre un champignon et une algue et/ou une cyanobactérie. Certes, les lichens ont une croissance très lente et ne s’implantent pas facilement. On peut toutefois accélérer un peu le processus par des apports extérieurs et par une adaptation des murs en prévoyant une surface à micro-reliefs et un revêtement adapté. Les parpaings de bêton répondent assez bien à ces exigences !

 

      Outre l’attrait de leur coloration (gris, brun, orange, vert) de type « impressioniste », leur sensibilité à la qualité de l’air (ce sont des bio-indicateurs) fait des lichens un élément à privilégier. Les murs-lichens peuvent constituer un miroir de la ville : la diversité de leur colonisation va témoigner de la qualité de l’environnement et de la reconquête biologique du milieu urbain. Cela demande de la patience, mais les murs-lichens pourraient constituer une exposition permanente et publique de l’état de santé de la ville. On trouvera des informations sur les lichens sur le site de l’Association Française de Lichénologie : http://www2.ac-lille.fr/myconord/afl.htm

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29 janvier 2008 2 29 /01 /janvier /2008 08:23

     Grenellopathie : du français politique rejet de mai 1968 et du grec pathos, maladie. Sorte d’affection chronique dont les causes sont mal connues.

     Grenellomania : suffixe latin mania, folie. Habitude bizarre et ridicule qui provoque l’irritation ou la moquerie.

 

     Les Français, ou du moins leurs dirigeants, aiment bien les « grands débats », même s’il s’agit de rattraper un peu du retard pris depuis des décennies, dans le flou et sans garantie de financement. Ainsi l’année 2007, en France, a connu le Grenelle de l’environnement. Curieuse référence en annonçant « Grenelle », symbole emblématique de mai 68, tout en préconisant la rupture avec les évènements de mai ; et « environnement » alors que l’on veut avancer vers le développement soutenable. Confusion des termes dès l’origine, révélant la confusion des concepts et des esprits. Malgré cela, le Grenelle de l’Environnement marquera cette année par ses ambitions (même si elles sont restées limitées), ses propositions concrètes (même si elles sont revues à la baisse) et l’engagement politique qui le soutient (même s’il comporte une part de démagogie).

 

     Ce Grenelle aura proclamé quelques avancées, certes, mais l’urgence de la situation commande d’aller plus loin et plus vite. On aurait pu prendre qu’une seule mesure, si elle était mise en application immédiatement, c'est la taxe carbone, tant les autres décisions seront pour une large part une déclinaison de cette taxe. Au-delà des propositions faites, le mode de fonctionnement laisse dubitatif sur la réelle dimension démocratique des débats, en omettant largement les professionnels et les élus et en préconisant une stratégie de haut en bas. En fait, on le voit bien avec le début de prise de décision, il y a eu débat surtout entre lobbies industriel, agricole et associatif…

 

     Les « sans mémoire » y ont vu l’an I du développement soutenable, bien que d’autres réflexions de même ampleur ait été initiées depuis 25 ans… que l’on s’est empressé d’oublier. Ainsi les Etats régionaux de l’environnement, tenus en 1982 ont émis 49 propositions en Haute-Normandie dont le développement des énergies renouvelables, ou la création d’un observatoire régional de la biodiversité pour lequel l’étude de faisabilité vient d’être lancée… en 2007.

 

     Souhaitons néanmoins que ce Grennelle soit au final, Grenellissimo, c’est à dire demandant une exécution aussi forte que possible.

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22 janvier 2008 2 22 /01 /janvier /2008 08:51

        Les modifications climatiques et la raréfaction des énergies conventionnelles seront les thèmes majeurs de ce 21ème siècle, changeant radicalement nos modes de vie et nous ramenant, éventuellement, à des préoccupations primaires : se nourrir et se déplacer. Cette évolution exige une nouvelle gouvernance. Au-delà de la méfiance qui perdure entre les citoyens et la classe politique, il convient donc de s’interroger sur le renouvellement de celle-ci, à l’occasion des prochaines consultations municipales et cantonales en France.

Commençons à mettre en place cette nouvelle gouvernance, en passant d’une classe politique installée, confiscatrice du pouvoir, à des élus plus représentatifs, plus près des réalités de la vie quotidienne. Cela signifie que le pouvoir politique doit redevenir une fonction temporaire et non plus une profession permanente. Comment remédier à cela si ce n’est en permettant un partage du pouvoir beaucoup plus large, notamment en direction des jeunes et des femmes. Pour ce faire, un chiffre claque comme un numéro d’urgence pour proposer une solution : le « 11 », un et un, soit un seul mandat à la fois, renouvelable une seule fois. Ce principe simple aurait la vertu de répartir les pouvoirs de décision sur un nombre de personnes beaucoup plus grand, donc de permettre une expression réellement démocratique et du même coup de permettre à de nombreuses personnes d’être confrontées aux réalités du pouvoir, pas toujours commodes, même à l’échelle locale. La mise en œuvre du 11 constituerait une vraie révolution démocratique qui nécessite des innovations, en particulier inventer un temps civique pour que chacun puisse participer à la vie démocratique de la société s’il le souhaite, sans pénalité économique.

Les petites communes rurales pourraient appliquer ce principe avec plus de souplesse dans la mesure où les conseils municipaux ont vocation à devenir des comités de quartier des Communautés de communes. Le seuil pourrait être celui qui sépare une ville d’un village, soit 2 000 habitants.

Contre l’addiction au pouvoir de certains élus et pour reconstruire une nouvelle gouvernance, chacun peut appliquer, ici et maintenant le 11. Les trente et quarante ans sont critiques sur la génération qui les a précédés, et ils n’ont pas tort. Voilà pour eux l’occasion de prendre le pouvoir et d’exercer leurs talents !

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15 janvier 2008 2 15 /01 /janvier /2008 09:27

L’aménagement du territoire a d’abord été cahotique, en ce qui concerne l’estuaire de la Seine, puis plus organisé depuis les années 1990. La Seine a, de longue date, été vécue comme un couloir de vie est-ouest, mais aussi un obstacle aux déplacements nord-sud. Certes la Directive Territoriale d’Aménagement a essayé de rééquilibrer le territoire régional et inter-régional englobant l’estuaire, mais c’est seulement avec le Schéma régional d’aménagement et de développement du territoire que le complexe portuaire Rouen – Le Havre est considéré comme devant irriguer l’ensemble de la région, ce qui implique des choix en matière d’aménagement du territoire.

Les documents d’aménagement les plus récents se sont appuyés sur les enjeux du territoire, notamment en ce qui concerne la biodiversité, les pollutions ou les ressources naturelles, c’est une véritable avancée. Plus récemment encore, une tendance lourde vise à considérer la Seine à la fois comme une entité économique et environnementale.

Sur la base de ces enjeux et de l’évolution des mentalités, l’aménagement du territoire doit se réfléchir en faisant largement appel à la prospective. Dans ce contexte, la biodiversité constituant un enjeu majeur, ne serait-il pas nécessaire d’envisager une évaluation économique des apports de l’environnement naturel au territoire de l’estuaire ? De la même façon, l’agriculture en zones humides doit être reconsidérée dans la perspective d’une agriculture de proximité par rapport aux villes de l’estuaire. A partir de l’hinterland actuel des ports, quelle prospective convient-il de faire sur l’hinterland futur, compte tenu de la raréfaction des énergies fossiles et de la nécessité d’envisager des circuits courts de distribution. Les acteurs locaux vont devoir se réapproprier l’espace estuarien, ce qui invite à repenser les notions de territoires administratifs de façon plus opérationnelle.

C’est une révolution qui est en train de s’opérer : désormais l’aménagement devra se faire simultanément en termes de génie civil et de génie écologique. Dans le cadre du projet d’amélioration des accès maritimes du Port de Rouen, on pourra consulter le site http://www.rouen.port.fr et pour la connaissance de l’écosystème estuarien, le site http://seine-aval.crihan.fr

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8 janvier 2008 2 08 /01 /janvier /2008 08:38

 

Pendant l’année 2007, les Français ont connu les peurs habituelles du chômage ou du terrorisme et des peurs nouvelles liées aux modifications climatiques et à la récession économique, du fait du renchérissement de l’énergie notamment. Ces peurs nouvelles se diffusent dans la société après des décennies de rabâchage pédagogique sur les trois enjeux majeurs de nos sociétés modernes que sont le climat, l’énergie et la biodiversité.

L’année 2007 a été caractérisée par une forte mobilisation citoyenne pour les présidentielles, un large soutien au candidat élu et un intérêt pour une communication nouvelle, qui rompt avec le ton un peu compassé d’hier. Un certain réveil des politiques a permis aussi la grande réflexion du « Grenelle de l’environnement », évènement qui au moins, devrait faire avancer la prise de conscience des enjeux et des urgences et surtout la prise de décision pour agir.

Ce souffle nouveau ne peut vivre qu’avec une nouvelle gouvernance qui, elle-même s’inscrit dans une rénovation politique nécessaire. Qu’en sera-t-il en 2008 ? Si les Français sont parfois « moutonniers », ils savent aussi retrouver leur discernement et juger sur les résultats. La nouvelle gouvernance qu’exige le développement soutenable, sans doute difficile à accepter par tous les citoyens, doit s’inscrire dans une conception politique renouvelée, certes, mais audible, pédagogique et concertée, ce qui n’exclut pas la fermeté quand elle est nécessaire. Cela suppose confiance et respectabilité des citoyens pour leurs dirigeants politiques. Quand la « bonne parole » vient d’en haut, que l’Etat se désengage sans redéfinir les rôles des différents niveaux d’administration territoriale et que la communication dérive vers l’exhibitionnisme médiatique, est-on encore dans le registre attendu ?
      Les Français conservent un fond monarchiste, mais ils savent aussi brûler leurs idoles. Qu’on y prenne garde, après avoir réconcilié un temps le peuple et la politique, la rupture pourrait être prolongée, et le développement soutenable pourrait attendre encore un peu. Bonne année 2008 tout de même.

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2 janvier 2008 3 02 /01 /janvier /2008 11:21

     A 40 km au nord-est de Rouen, nous habitons le village de Sigy-en-Bray, en marge du hameau de Béthencourt. Ce hameau, bien bucolique de nos jours, est porteur d'une histoire qu'onsoupçonne à peine. Le nom de Bettencourt est formé de deux racines : Betho ou Betto, nom d'homme d'originegermanique et cortis ou curtis (court) qui désigne un domaine rural (comme tôt ou hoven pourla ville). Béthencourt a de ce fait la même signification que... Beethoven, si ce n'est que l'unétait de la ville, et l'autre de la campagne.

     On trouve des Béthencourt aux côtés de Guillaume le Conquérant à Hastings en 1056 et unautre aux côtés de Robert II à la 1ère croisade en 1096. On retrouve des Bettencourt en Afrique et dans toute l’Amérique, notamment au Sud (Dont Ingrid Bétancourt, toujours détenue par les Farc en Colombie). Deux Bettencourt devinrent Président de la république au Venezuela et enColombie. Leur nom se trouve parfois transformé en Bitancou ou Bétancourt.
     Mais le représentant le plus célèbre de cette famille, précisément celui qui est concerné par notre village, est Jean IV de Béthencourt, né en 1362 au château de Grainville-la-Teinturière en Pays de Caux où il mourut en 1425 (dates imprécises). Jean de Béthencourt, Normand de haut lignage, seigneur de Grainville-la-Teinturière, chambellan du roi Charles VI, puis conseiller du duc de Touraine et... habitant deSigy, château de Béthencourt, embarqua à Honfleur pour débarquer sur la côte de El Rubicon(Ile de Lanzarote aux Canaries) en 1402 et fut nommé "Roi des Canaries" par Henri III. On est là en présence de la première conquêtecoloniale européenne des temps modernes (Christophe Colomb ne découvrit l'Amérique qu'en 1492).
     Notre hameau constituait jadis un des ensembles seigneuriaux de notre contrée, appartenant àRenault de Béthencourt en 1238, puis plus tard à Jean IV de Béthencourt et ses descendantsqui y résidèrent pour constituer un seul domaine jusqu'au milieu du XIXème siècle.C'esten 1844 que le château fut démoli et  le domaine vendu. Le pigeonnier, seul véritable reste de la construction, porte la date de 1738 au-dessus de la porte.
     Cette famille ne fut-elle pas le signe d’une mondialisation, avant la lettre ? Au-delà deces faits d’histoire, quelle émotion pour les Sigeois d'avoir ainsi « caressé l'histoire », de Jean IV de Béthencourt à Ingrid sa descendante !
     Ces aspects ont été évoqués le 22 décembre sur Europe 1, dans l’émission « Généalogie » de Jean-Louis Beaucarnot et Laurent Cabrol. Pour réécouter l’émission : www.europe1.fr

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