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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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2 janvier 2008 3 02 /01 /janvier /2008 11:21

     A 40 km au nord-est de Rouen, nous habitons le village de Sigy-en-Bray, en marge du hameau de Béthencourt. Ce hameau, bien bucolique de nos jours, est porteur d'une histoire qu'onsoupçonne à peine. Le nom de Bettencourt est formé de deux racines : Betho ou Betto, nom d'homme d'originegermanique et cortis ou curtis (court) qui désigne un domaine rural (comme tôt ou hoven pourla ville). Béthencourt a de ce fait la même signification que... Beethoven, si ce n'est que l'unétait de la ville, et l'autre de la campagne.

     On trouve des Béthencourt aux côtés de Guillaume le Conquérant à Hastings en 1056 et unautre aux côtés de Robert II à la 1ère croisade en 1096. On retrouve des Bettencourt en Afrique et dans toute l’Amérique, notamment au Sud (Dont Ingrid Bétancourt, toujours détenue par les Farc en Colombie). Deux Bettencourt devinrent Président de la république au Venezuela et enColombie. Leur nom se trouve parfois transformé en Bitancou ou Bétancourt.
     Mais le représentant le plus célèbre de cette famille, précisément celui qui est concerné par notre village, est Jean IV de Béthencourt, né en 1362 au château de Grainville-la-Teinturière en Pays de Caux où il mourut en 1425 (dates imprécises). Jean de Béthencourt, Normand de haut lignage, seigneur de Grainville-la-Teinturière, chambellan du roi Charles VI, puis conseiller du duc de Touraine et... habitant deSigy, château de Béthencourt, embarqua à Honfleur pour débarquer sur la côte de El Rubicon(Ile de Lanzarote aux Canaries) en 1402 et fut nommé "Roi des Canaries" par Henri III. On est là en présence de la première conquêtecoloniale européenne des temps modernes (Christophe Colomb ne découvrit l'Amérique qu'en 1492).
     Notre hameau constituait jadis un des ensembles seigneuriaux de notre contrée, appartenant àRenault de Béthencourt en 1238, puis plus tard à Jean IV de Béthencourt et ses descendantsqui y résidèrent pour constituer un seul domaine jusqu'au milieu du XIXème siècle.C'esten 1844 que le château fut démoli et  le domaine vendu. Le pigeonnier, seul véritable reste de la construction, porte la date de 1738 au-dessus de la porte.
     Cette famille ne fut-elle pas le signe d’une mondialisation, avant la lettre ? Au-delà deces faits d’histoire, quelle émotion pour les Sigeois d'avoir ainsi « caressé l'histoire », de Jean IV de Béthencourt à Ingrid sa descendante !
     Ces aspects ont été évoqués le 22 décembre sur Europe 1, dans l’émission « Généalogie » de Jean-Louis Beaucarnot et Laurent Cabrol. Pour réécouter l’émission : www.europe1.fr

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26 décembre 2007 3 26 /12 /décembre /2007 09:57

     Face aux interrogations actuelles sur le climat, l’énergie ou la biodiversité, le discours ambiant sur le développement « durable » se voudrait rassurant. Mais au-delà de cette sourde inquiétude qui accompagne les débats sur l’environnement, le télescopage des mots et la cacophonie sémantique, traduisent un grand flou dans la perception des concepts qu’ils véhiculent, et accentue encore l’impression d’angoisse. Les termes écologie, environnement ou développement durable sont sortis des cénacles qui les avaient vus naître pour être banalisés, dédramatisés et du même coup, dénaturés. 
     La dérive sémantique relative au développement « durable » est telle qu’elle confine parfois à l’absurde. Ainsi lorsque l’on parle de croissance « durable », on ne sait plus s’il s’agit de rechercher un équilibre entre économie, social et environnement ou d’une croissance qui dure indéfiniment, ce qui est impossible… Revenons plutôt au terme d’origine, développement « soutenable » (de l’anglais sustainable development) et le vocabulaire sera déjà un peu moins ambigu. 
     Un ouvrage récent tente d’apporter des éclaircissements sur ce sujet, il s’agit de : LE DEVELOPPEMENT SOUTENABLE, Evaluation simplifiée dans un contexte Nord-Sud. 
     Cet ouvrage est destiné à un large public constitué des donneurs d'ordre privés et publics, des bureaux d’études et de consultants, des enseignants et étudiants des pays francophones. Il propose des orientations méthodologiques et définit les outils pour la réalisation d’évaluations en continu de plans, programmes et aménagements des Etats, collectivités ou entreprises, à travers une démarche qui agrège les spécificités des pays du Nord et ceux du Sud.
     Avec le souhait de revenir aux fondamentaux sur le développement soutenable, l’ouvrage traite de l’évolution historique entre développement et environnement, rappelle les concepts de base et expose une méthode d’évaluation simplifiée. 
     Les auteurs en sont Georges LANMAFANKPOTIN (Bénin) de formation en arts, sciences humaines et sociologie et Michel LEROND (France), écologue. 
     Cet ouvrage est publié par les éditions l’Harmattan, avec le concours de l’Organisation Internationale de la Francophonie et de l’Institut de l’Energie et de l’Environnement de la Francophonie, il peut être commandé directement chez votre libraire habituel ou sur le site de l’éditeur : http://editions-harmattan.fr

 

 

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18 décembre 2007 2 18 /12 /décembre /2007 09:34

     Les effets des modifications climatiques ont été perceptibles dès cette année 2007, sur tous les continents, y compris en Europe, notamment en Grande Bretagne ou en Grèce. Curieusement, selon des critères mal définis, les médias se mobilisent ou pas et sensibilisent l’opinion publique, ou pas, pour venir en aide aux sinistrés.

     Dans un cas comme celui-ci la prévention paraît improbable, mais lorsque la catastrophe est là, il est nécessaire de pouvoir disposer d’équipes de secours pour une intervention immédiate. Les spécialistes rappellent sans cesse que tout se joue les premiers jours, si ce n’est les premières heures. Que ferons-nous lors des prochaines catastrophes ? Il est temps de s’y préparer. Il va falloir nous habituer, du fait de la médiatisation des grandes catastrophes planétaires, ou de la répétition des phénomènes climatiques désordonnés, à vivre avec cette menace permanente.

     En France, il y a quelques années, il a été mis fin au service militaire, sans aucune concertation. Il eut fallu, plutôt que de le supprimer, le faire évoluer vers un service civil, plus utile, mieux admis et constituant un ciment national et européen. L’actualité nous amène à reposer cette question : pourquoi pas un service civil pour tous les jeunes européens ?

     Restent à définir la durée et les modalités de ce service, mais on peut imaginer que quelques semaines suffisent pour que ce temps citoyen permette de constituer une force d’intervention disponible lors des catastrophes naturelles (séismes, inondations, tempêtes, incendies de forêts, etc.) en Europe d’abord et sur tout théâtre planétaire où l’urgence le demande. Ce service pour tous les jeunes, garçons et filles, sans aucune dispense, permettrait aussi de retisser des liens dans une société qui perd le sens du collectif. Ce temps citoyen pourrait être utilisé également à compléter la formation de base non apportée par l’Ecole : apprentissage des gestes qui sauvent, de la conduite automobile, etc.

     Ainsi structurée, la solidarité y perdrait en spontanéité et en élan médiatique, mais y gagnerait incontestablement en efficacité. La solidarité pourrait alors s’installer dans une société organisée et majeure où chacun se sent responsable et acteur d’un futur commun, plutôt qu’un ressort qui réagit impulsivement aux coups de sifflets des médias.

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11 décembre 2007 2 11 /12 /décembre /2007 09:10

     La conjonction des modifications climatiques et de la raréfaction des énergies fossiles oblige à s’interroger sur les modes de transports du futur et leurs infrastructures. Pour espérer pouvoir inverser le réchauffement climatique, il faut d’abord agir sur nos comportements individuels en matière de consommation, mais aussi sur les politiques publiques.

     En France, entre 1990 et 2004, les émissions de gaz à effet de serre ont globalement diminué pour les secteurs de l’industrie, de l’agriculture et de l’énergie, mais ont fortement augmenté pour le résidentiel et le tertiaire (+ 22,3 %) et surtout les transports (+ 22 ,7 %).

     En 25 ans en France, la longueur des autoroutes a doublé (80 % des transports terrestres de marchandises sont effectués par la route) alors  que  le  réseau ferré exploité a régressé de 10 %, et cela malgré les discours sur la multi-modalité.

     Pour économiser l’énergie, il nous faudra diminuer les distances travail – résidence et privilégier les circuits courts de distribution des marchandises. Un exemple intéressant de solution innovante pour le transport des marchandises est le ferroutage. Ainsi, après la mise en service de six lignes en Europe (Allemagne, Italie, Autriche et Slovénie), la plus importante ligne de ferroutage européenne entre le Luxembourg et Perpignan, sur une longueur de 1 000 km, doit permettre de charger, d’ici 5 ans, 10 % de la circulation actuelle des camions sur cet itinéraire. D’autres lignes sont en projet et c’est heureux. Mais, dans l’enthousiasme de cette nouvelle donne, on s’est peu soucié des infrastructures nouvelles nécessitées par ce mode de transport, elles mêmes préjudiciables à l’environnement.

     A n’en pas douter, on peut aller plus loin dans cette recherche d’économie d’énergie par le ferroutage. Ainsi ne pourrait-on pas reconsidérer le réseau autoroutier, devenu si dense, afin de transformer la troisième voie des autoroutes, quand elle existe, en voie ferrée pour le transport des camions et conteneurs. La géométrie d’une autoroute est très proche de celle d’une voie ferrée et l’imbrication des réseaux faciliterait alors leur interconnexion pour une distribution maximale des villes et des zones d’activités. Certes, cette transformation nécessitera des aménagements, mais moins coûteux que de nouvelles infrastructures.

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4 décembre 2007 2 04 /12 /décembre /2007 10:40

     L’archipel corallien des Tuvalu, au centre de l’Océan Pacifique, compte 11 000 habitants. Ce bout du monde a été très médiatisé du fait de son altitude… à cinq mètres, ce qui rend les îles vulnérables à l’élévation du niveau de la mer, du fait du réchauffement climatique. Ce handicap a déterminé une partie de la population à émigrer vers la Nouvelle-Zélande. Voilà bien une « maquette » de ce qui nous attend à plus grande échelle. 
     Certes, chaque évènement climatique peut trouver un précédent, même lointain. Mais la multiplication de ces évènements semble bien aller dans le sens des prévisions alarmistes du GIEC. Ainsi, après la sécheresse extrême de la fin 2006 en Australie, on a connu en 2007 : 
     -         De mai à juillet, l’Angleterre et le Pays de Galles ont reçu les plus fortes précipitations jamais enregistrées ; au Sud de l’Europe, la canicule a fait les ravages que l’on sait ; une mousson cataclysmique a ravagé le sous-continent indien ; le Soudan a subi des crues et l’Afrique du Sud des chutes de neige record ; les Etats-Unis ont connu à la fois inondations et sécheresse. 
     - En juin, le sultanat d’Oman, en Asie, a connu le premier cyclone de son histoire.
     - En juillet, vague de froid au sud de l’Amérique latine.
     - En août, crues catastrophiques en Corée du Nord
     - En septembre, pluies torrentielles sur la bande sahélienne en Afrique ; cyclone désastreux sur le Bengladesh.
     Si la France a été épargnée, le Sud a néanmoins souffert de précipitations estivales moitié moindre que les moyennes, tandis que le Nord subissait des pluies trois à quatre fois supérieures à ces moyennes…
     Les Français, plus monarchiques que jamais, schizophrènes en diable, attendent des mesures autoritaires, … pourvu qu’elles ne les concernent pas. Pourtant, c’est tout de suite que des mesures s’imposent face à ces risques. Pour contribuer au ralentissement du réchauffement climatique, il faut réduire de façon drastique la consommation de produits pétroliers, en particulier dans les transports, et donc majorer progressivement la TIPP pour contraindre à un changement radical.
     La France a exprimé le souhait d’avancer sur ce terrain difficile, il faut maintenant agir, donner l’exemple plutôt que donner des leçons. La France est un petit pays, mais dont la voix porte parfois au-delà de son véritable poids. Il ne faut pas douter de la force d’entraînement qu’elle peut représenter pour toute l’Europe et pour le reste du monde.

 

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