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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 08:31

 

L’affaire Dominique Strauss-Kahn a occupé toute la semaine médiatique qui vient de s’écouler. Au-delà du tintamarre retentissant des médias du monde entier, qu’en penser encore ? Ou bien les faits reprochés à DSK sont avérés et il s’agit bien d’une tentative de viol, c’est grave. Ou bien il s’agit d’un complot, la femme de chambre servant « d’appât ». Dans ce cas, d’abord aguicheuse, elle se serait rétractée, piégeant DSK pour l’amener à exprimer ses penchants sexuels. N’est-ce pas alors aussi une tentative de viol ? Ou bien tout est affabulation ?

L’émoi a été considérable et on peut le comprendre, compte-tenu de la chute invraisemblable que cela représente pour un homme au sommet du pouvoir, sombrant instantanément dans des abysses. Certains se sont émus également du peu de considération qui était fait pour la victime. On peut le comprendre également et même peut être l’expliquer : les Français demeurent à la fois monarchistes et révolutionnaires et s’émeuvent plus volontiers du sort des « grands » plutôt que des petits malheurs d’une femme de ménage.

Quand bien même l’hypothèse d’un complot serait-elle un jour validée, il n’en reste pas moins que le comportement de DSK vis-à vis des femmes est pour le moins discuté par de nombreuses personnes. Certaines femmes, qui s’étaient tues jusque là, ont rappelé leurs mésaventures, révélant ainsi un secret de polichinelle. Ce qui signifie que beaucoup de personnes, dans les médias, parmi les politiques, et en particulier au Parti socialiste, savaient, n’ont rien dit et n’ont pas pensé qu’un tel comportement pouvait être incompatible avec une candidature à la présidence de la république. Nous nous apprêtions donc à élire un président « perturbé »… S’il est vrai que les dirigeants d’un pays sont à l’image des peuples, c’est bien sur nous que nous devons nous interroger. Nous les Français, ne serions-nous pas un peu trop phallocrates et misogynes ?

Il ne s’agit pas d’accabler DSK, mais plutôt de s’interroger sur une nouvelle tellement incroyable, pour laquelle les Français préfèrent adopter la thèse du complot, un peu « rassurante » à celle d’un état pathologique. Comme l’a évoqué sur plusieurs médias Serge Hefez, psychanalyste, c’est le spectacle d’une autodestruction qui nous est donné par un homme ambivalent, oscillant entre la construction d’un destin et la jouissance immédiate. Le piège du carré diabolique s’est refermé sur lui : sexe, fric, pouvoir et médias.

Présider un pays est une fonction très difficile, cela requiert des qualités innombrables et un comportement irréprochable. A contrario, cette fonction est certainement incompatible avec certains travers. C’est à nous, électeurs, qu’il revient d’en décider, faute de quoi, nous pourrions bien être nous-mêmes des kamikases…

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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 09:03

 

La directive européenne THMPD (Traditional Herbal Medicinal Products Directive) de 2004 est entrée en application le 30 avril 2011, après une longue période de transition. Etant un peu assoupis après avoir, peut être, abusé de tisanes apaisantes, les défenseurs de la médecine naturelle ont vivement réagi à cette nouvelle par force pétitions et manifestations. Sans doute ceux-ci sont-ils coupables de lenteur dans leur réaction, mais on mesure là, une fois de plus, le manque de transparence et de concertation des décisions européennes.

Le but initial, très louable, était de simplifier l’enregistrement d’une substance à effet thérapeutique en fonction de son usage traditionnel. Le résultat est… une usine à gaz qui se révèle très compliquée et très onéreuse (de l’ordre de 60 000 € par produit). Entre autres, l’enregistrement d’un médicament à base de plantes suppose un usage depuis au moins 30 ans, dont 15 au sein de l’UE. C’est ainsi que bien qu’il existe environ 20 000 plantes médicinales dans le monde, dont 1 500 en France, seulement 149 sont autorisées à ce jour, sur les 600 initialement proposées par la Commission.

Sans entrer dans les détails de la polémique en cours, on peut retenir que, certes ce cadre réglementaire contraignant va créer des difficultés pour se procurer certaines plantes européennes, et plus encore asiatiques, africaines ou américaines, mais va aussi remettre un peu d’ordre par rapports aux abus d’administrations nationales ou aux conflits d’intérêts au sein des agences du médicament, notamment en France.

Par contre, la mise en application de cette directive aurait pu être l’occasion de repenser la profession d’herboriste. Bien qu’officialisée en 1778, avec la création d’un diplôme, c’est seulement en 1927 qu’a été fondée l'Ecole nationale d'herboristerie à Paris. Le diplôme de cette école a été supprimé le 11 septembre 1941 par la loi du gouvernement de Vichy qui prévoit que la vente des plantes inscrites à la pharmacopée française est réservée aux pharmaciens et aux herboristes diplômés avant cette date, ce qui condamne la profession.

A l’occasion d’une exposition au Museum de Rouen en 1976, nous l’évoquions dans la brochure d’accompagnement : « Enfin, il faut bien évoquer des falsifications qui prouvent s'il en était besoin que la vente de ces produits doit  être rigoureusement contrôlée. C'est l'objet de nombreux laboratoires de recherche et notamment des facultés de pharmacie. La commercialisation de ces produits pose donc des problèmes qui soucient autant les catégories professionnelles concernées que les consommateurs eux-mêmes. » Cela reste d’actualité, il faut un cadre légal à la médecine naturelle et de vrais professionnels pour la mettre en œuvre. Naturel ne signifie pas sans danger.

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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 08:23

 

Chacun sait combien la pédagogie est un art difficile en matière d’environnement. Les choses les plus simples et de bon sens ne sont pas toujours évidentes pour tous. C’est ce qui explique que certains militants écologistes « en rajoutent » au point de devenir parfois un peu fatigants. C’est du moins la thèse de Sergio Emilson qui publiait fin 2010 Comment recycler les oiseaux mazoutés. Et autres bons conseils d’écologie horripilante, aux éditions Poils aux plumes. Sergio Emilson considère que l’écologie (politique) est devenue moralisatrice et culpabilisante et a décidé de réagir en la tournant en dérision pour essayer de la rendre plus humaine. Cet humour ravageur devrait permettre de prendre un peu de recul face à « l’écologiquement correct. »

Dès le début du bouquin, le ton est donné : « N’allez pas plus loin dans ce livre, vous avez déjà profité de l’introduction pour un prix raisonnable, portez-le sans délai au recyclage. »

Un certain cynisme peut faire rire : « Consommez uniquement de la viande provenant d’animaux ayant bénéficié du soutien psychologique d’un zoopsychologue qui leur explique le bien fondé de leur sacrifice. En général, elle est plus tendre. »

Soucieux de la biodiversité en plus : « Le miel, la cire d’abeille, la propolis, la gelée royale, mais vous pouvez pas foutre un peu la paix aux abeilles ? Elles vont finir par bosser pour plus rien du tout ! »

Et aussi le tourisme vert, oui mais vers où ? : « Appliquez la règle des trois P, Partir, Pas cher, Pas loin. Mieux encore, celle des 4 P, complétée par Pas du tout. »

Au fait de la question énergétique : « Le bois est le roi des énergies renouvelables, loin devant toutes les autres. Gardez-vous des mélanges des genres : pourquoi avoir construit votre éolienne en bois ? On se croirait au far-west ! »

Ou encore : « A l’heure où une grande partie de l’humanité ne mange pas à sa faim, consacrer des denrées alimentaires, comme les céréales ou les oléagineux, à la production de biocarburants est une hérésie. Biocarburants et sous-alimentation sont incompatibles. Aussi, avant de prendre le volant, assurez-vous d’avoir le ventre plein. »

Et enfin : « La centrale nucléaire de Sainte-Trouille-Lédoye-Croizet est livrée sans les piles. »

En résumé on en prend tous pour son grade. Sergio Emilson a peut être raison, son pastiche peut nous aider à reprendre nos esprits pour mieux faire passer le message…

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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 08:14

 

Il n’y a pas si longtemps, l’architecte était le plus souvent un homme d’âge mûr, assez sûr de lui et parfois autoritaire. Il concevait un « objet architectural » qui réponde au mieux à la commande, mais à sa manière, selon ses propres vues. Le projet élaboré était présenté au commanditaire comme LA solution, à l’évidence la meilleure. Cette présentation est un peu caricaturale, certes, mais à peine. On en mesure que davantage la révolution qui vient de s’opérer depuis une vingtaine d’années. L’architecte est maintenant un homme ou une femme, jeune au moins dans sa tête, qui conçoit un projet en concertation avec le commanditaire, l’affine et le fait évoluer en fonction de cette concertation.

La profession d’architecte n’est sans doute pas la seule à avoir évolué de la sorte, sous la poussée d’une certaine démocratisation du processus décisionnel et des procédures obligatoires de concertation. Mais dans ce cas, l’évolution est d’autant plus spectaculaire que le résultat se voit. 

Certes, on construit encore trop de pavillons standard, mais le souci des économies d’énergie est maintenant omniprésent. Les constructions bioclimatiques sont devenues monnaie courante et la forme des bâtiments a évolué, laissant plus de place à l’imagination, tout en respectant un minimum de caractéristiques régionales (http://www.michel-lerond.com/article-28850309.html). Sans doute, la réglementation plus exigeante joue-t-elle en faveur de cette évolution, mais ce progrès ne serait pas possible sans l’adhésion des professionnels. Pour aller plus loin, il devient indispensable de mettre en place des dispositifs de suivi et de contrôle des mesures environnementales afin de s’assurer de la concrétisation effective lors de la maîtrise d’œuvre et de leur efficacité réelle.

De l’architecte à l’urbaniste, il n’y a qu’un pas qui témoigne aussi d’une évolution positive. Le coup de frein à l’étalement urbain entre dans les mœurs, la densification se fait en harmonie avec une intégration aux projets de coulées vertes, de noues pour la gestion des eaux pluviales, en privilégiant les circulations douces et piétonnes, etc. Tout cela amène à une conception nouvelle de la ville et donc du « vivre ensemble » (http://global.arte.tv/fr/tag/michel-lerond/).

Certes, il reste beaucoup à faire, mais la profession d’architecte est sans doute une des rares, au-delà des aspects de communication ou marketing des promoteurs, à s’être véritablement investie dans le problématique environnementale et en concrétisant son évolution.

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 08:00

 

Voilà des décennies que l’on parle des effets dommageables des pesticides pour l’environnement et la santé. Après presque un demi siècle d’usage, les pathologies apparaissent et les premières victimes en sont les agriculteurs eux-mêmes. Les plus concernés ont entre 40 et 50 ans et sont atteints de cancers du sang, de la prostate ou de la vessie, de la maladie de Parkinson ou d’un lymphome.

Pendant longtemps, les agriculteurs malades des pesticides, par dignité ou résignation, ont préféré se taire. Mais voilà que certains ont décidé de rompre ce silence et ont créé l’association Phyto Victimes le 19 mars 2011 en Charente pour susciter une prise de conscience, aider les malades qui n’osent pas parler, et notamment obtenir la reconnaissance de la maladie professionnelle. Pour le seul département de la Charente, il y aurait environ 30 agriculteurs concernés…

Ainsi la jubilation d’avoir éradiqué tous les parasites, obtenu de belles cultures et de bons rendements sombre dans un désarroi sans nom quand c’est le chef d’exploitation qui est atteint, ou le fils de la famille, voire les jeunes enfants…

La profession agricole est en alerte sur cette question depuis déjà une vingtaine d’années, lorsque la Mutualité Sociale Agricole a mis en place un programme de surveillance des intoxications : « Phyt’attitude ». Ce dispositif est composé de médecins du travail, de conseillers en prévention et d’experts toxicologues. Il recense, analyse et valide les informations sur les accidents ou incidents survenus lors de l'utilisation de produits phytosanitaires. Il ne s’agit pas d’un service d’urgence mais d’une assistance pour assurer des conditions de travail plus sûres et des moyens de prévention efficaces. Tous les symptômes peuvent être signalés à la MSA. C’est ainsi que 150 signalements d’intoxications aiguës sont faits par an, ce nombre allant croissant.

La bombe à retardement des pesticides est en train d’exploser. C’est une remise en cause douloureuse pour les agriculteurs qui ont cru en leur métier et au bien fondé des nouvelles pratiques agricoles. Sans doute faut-il revoir les principes d’homologation des produits, les rendre plus sûrs et au-delà, revoir les finalités de l’agriculture et ses pratiques (http://global.arte.tv/fr/2011/02/08/pour-un-debat-public-sur-l%e2%80%99agriculture/).

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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 08:37

 

La révolution numérique est en marche, et alors que l’on ne cesse de regretter l’individualisme galopant, les réseaux sociaux explosent, recréant une communication, virtuelle certes, mais réelle. Ainsi le moteur de recherche Google a été créé en 1998 par deux étudiants en informatique de Californie, Larry Page et Sergey Brin. Aujourd’hui Google emploie 20 000 salariés dans le monde et est consulté par 146 millions d’utilisateurs par mois… Google s’est donné pour mission « d’organiser toutes les informations à l’échelle mondiale dans le but de les rendre utiles et accessibles à tous », 97 % des recettes étant apportées par la publicité. Quelle belle gueule, au moins en apparence. Facebook vise lui, juste le monopole de la gestion de nos identités sur la toile… Créé en 2004 par Mark Zuckerberg, étudiant à Harvard, ce réseau social compte 500 millions de membres et permet aux internautes de se construire des profils et de communiquer avec ceux des autres. Mais cette mine de données personnelles, qui peuvent être monnayées à des annonceurs en quête de publicités ciblées, pose quelques problèmes quant au respect de la vie privée. Quelle face de bouc !

Cette révolution n’a qu’une dizaine d’années et déjà Google va plus loin en proposant de devenir « le troisième hémisphère de notre cerveau ». Google conserve la trace de toutes les navigations, ce qui peut permettre de mieux cerner le profil d’un internaute. Facebook est une source d’étonnement devant le récit détaillé d’une mauvaise nuit ou d’un talon cassé avec commentaires... Insidieusement, le système amène à donner de plus en plus d’informations sur soi-même et construit ainsi un dispositif d’hypersurveillance très efficace.

D’autres réseaux, comme Yahoo, Twitter, YouTube, ou autres Microsoft, permettent de rétablir un peu d’équilibre par leur concurrence entre eux. C’est ainsi que Wikipédia, créé par Jimmy Wales et Larry Sanger en 2001 a pour projet fou de concevoir une encyclopédie en ligne, gratuite et rédigée par les internautes eux-mêmes. C’est aujourd’hui le 5ème site le plus visité du web, avec 17 millions d’articles en 270 langues et sans but lucratif.

Cette nouvelle société du numérique est soutenue par la déferlante des tablettes qui rendent accessible internet n’importe où et n’importe quand. Plus de 23 millions de Français sont équipés d’un téléphone mobile avec accès internet. Drôle de communication où chacun est dans sa bulle, seul mais ensemble. Communication restrictive sans doute, mais aussi très ouverte, dépassant les frontières, les cultures, les couleurs de peau, en somme une collectivisation de la pensée qui contredit l’individualisme. La société numérique bouleverse notre rapport à la réalité et invente une nouvelle communication. Elle aura une belle gueule ou une face de bouc ?

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 07:40

Certaines anecdotes ne prennent tout leur sens qu’après coup. C’était le 29 janvier 1988, je rencontrais Jean Lecanuet en tête à tête à son bureau de la mairie de Rouen. Il était maire de la ville et président du conseil général de la Seine-Maritime. Je lui présentais les réalisations de l’Observatoire régional de l’environnement et insistais sur l’importance d’informer le public sur les questions environnementales. Il acquiesca, et soudain très pensif déclara : j’espère qu’il ne se passera jamais rien de grave à Paluel… La centrale nucléaire de Paluel était en chantier depuis 1977 et l’accident de Three Miles Island avait eu lieu en 1979. Le drame de Tchernobyl suivit en 1986. L’accident de Fukushima (sans oublier que le nouveau séisme du 7 avril a touché 2 autres centrales  et un centre de retraitement) ne réconforterait sans doute pas l’ancien maire de Rouen…

La preuve vient d’être apportée, s’il en était besoin, que la technologie nucléaire n’est pas sûre. De plus, les choix initiaux, dans à peu près tous les pays, relèvent davantage de la connivence entre politiques et industriels que du débat démocratique. Tout cela fait froid dans le dos, mais pose aussi la question que personne n’aborde vraiment : comment se passer du nucléaire ? La fin du pétrole est inéluctable, la fin du nucléaire aussi. L’épuisement des stocks d’uranium étant envisagé pour la fin du siècle. Chacun sait que les énergies renouvelables constituent évidemment une solution par leur diversité, mais ne sauraient, avant longtemps, répondre à la consommation d’énergie actuelle et surtout à venir. Bien sûr, la technologie va progresser et apportera d’autres solutions pour la production d’énergie, mais cela demandera beaucoup de temps. Que peut-on faire dans l’attente, si ce n’est réduire nos consommations (http://www.michel-lerond.com/article-29123911.html).

Le retentissement de l’accident de Fukushima est planétaire et traduit une double inquiétude, celle du risque nucléaire et celle de la pénurie d’énergie. On peut penser que le retour d’expérience sera positif, mais les choix seront difficiles. Combien de contestations, de manifestations, de revendications allons-nous voir bientôt avec le renchérissement de l’énergie ?

C’est le moment que Louise a choisi pour naître dans ce monde en fusion. Si nous sommes tous des Japonais, alors Louise est une petite geisha qui va devoir accomplir une tâche immense, contribuer à réconcilier l’homme avec une nature parfois hostile, mais dont il ne peut se passer. Il est facile, en matière nucléaire, d’imaginer des scénarios de l’horrible. Sans aller jusque là, imaginons seulement que trois accidents de type Three Miles Island, Tchernobyl et Fukushima se produisent simultanément en trois endroits de la planète… Ce jour-là, peut être, Louise me regardera dans les yeux pour me dire : Et toi Papy, qu’est-ce que tu as fait pour éviter cela ? Je cherche ma réponse…

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 08:43

 

Il se trouve que c’est en 1961 que je créais un club de naturalistes dont la vocation était « l’étude et la protection de la nature ». Voilà donc 50 ans ! Depuis, les mesures en faveur de notre environnement ont progressé de façon colossale, même si ce fut souvent avec un temps de retard par rapport aux atteintes. Malgré cela de nombreux sujets d’étonnement demeurent…

Malgré tous les inventaires, mesures de protection réglementaires, réserves, parcs, etc. la biodiversité continue de s’appauvrir. Très tôt les forêts équatoriales et tropicales ont été considérées comme un réservoir planétaire de biodiversité. Depuis, en silence, une grande partie de la forêt africaine a été transformée en champs d’ananas ou en oliveraies. Quant à la forêt amazonienne, elle est devenue en grande partie des champs de maïs et soja.

Dès les années 1970, brochures, séminaires, colloques innombrables attiraient l’attention sur l’importance du bocage pour le paysage, la biodiversité, les circulations hydrauliques. Force est de constater que dans certaines régions, comme la Bretagne, le bocage est largement un souvenir… Les labours ont grignoté les prairies permanentes, éradiqué les haies et « désertifié » des régions entières comme une grande partie de la Haute-Normandie.

Bien que l’on ait réduit le  nombre de points noirs en matière de pollution de l’eau, la situation reste préoccupante. Pour simplifier, on pourrait dire que de noire et blanche, la situation est devenue grise partout. De plus l’accès à l’eau potable, qui était jusque là une question mineure, est devenu un vrai souci, y compris en zones tempérées. Certaines pollutions de l’air ont été sensiblement réduites, comme les pollutions industrielles. Mais d’autres demeurent, comme les microparticules liées à l’automobile. Certaines restent peu étudiées, comme les pesticides. La montée en puissance des pays émergents remet au premier plan ces préoccupations.

Alors que le premier choc pétrolier des années 1970 avait suscité de nombreuses réactions, les vraies mesures utiles n’ont pas été prises. L’augmentation actuelle du prix des carburants génère de nombreuses contestations, comme si l’on découvrait le problème… Qu’a-t-on fait pour rapprocher domicile et travail et réduire l’usage de la voiture ? Le passage progressif à une société sans pétrole aurait du être commencé depuis 40 ans. Et pourtant, on continue à privilégier la route par rapport au rail, jusqu’au point d’envisager la fermeture de la gare de triage de Sotteville-les-Rouen !

Ces quelques exemples, parmi beaucoup d’autres sont pour le moins irritants. A force de reculer les décisions, il faudra bien un jour intervenir dans l’urgence, avec beaucoup plus de dégâts « collatéraux »… (http://www.michel-lerond.com/article-31873331.html).

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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 08:24

 

De plus en plus souvent, lorsque l’on reçoit un courrier, ou un courriel, on peut se demander si les règles orthographiques n’auraient pas été abolies. De même, le style et la syntaxe de certains écrits laissent parfois perplexes. Si la dyslexie est bien une difficulté à identifier les lettres et les mots, les comprendre et les reproduire, on peut constater qu’il existe aussi une dyslexie culturelle qui consiste en la difficulté à identifier, comprendre et reproduire des faits simples dans une situation plus complexe. Ainsi, par exemple :

- Deux hommes, tronçonneuse au poing, frappent à la porte : Bonjour monsieur, nous sommes envoyés par EDF pour élaguer vos arbres qui gênent la ligne électrique. On pourrait penser aussi que ce sont mes arbres, qui étaient là bien avant la ligne électrique, qui sont gênés par celle-ci dans leur croissance.

- Nous avons assaini le marigot putride pour notre plus grand bien. Bon exemple de lecture inversée, alors qu’il faudrait dire que la sauvegarde des zones humides est indispensable à la biodiversité et à la régulation hydraulique, c’est à dire pour nos besoins primaires et notre bien être.

- Il faut assurer à nos entreprises un développement durable. Cette foutue traduction erronée de sustainable development n’a pas fini de porter préjudice au développement soutenable. Il ne s’agit pas que le mode de développement actuel dure ; au contraire, il faut changer ce mode de développement…

- Il faut modifier nos comportements pour sauver la planète. Il s’agirait plutôt de nous sauver nous-mêmes, Homo sapiens éventuellement menacés, la planète n’ayant besoin de personne pour survivre.

- Le réseau routier n’est pas adapté aux camions qui circulent maintenant. Mais ne serait-ce pas là encore une lecture inversée de la réalité ? Les camions sont devenus d’un tel format que la voirie rurale ne leur permet même plus de se croiser…

- Le prix des carburants est beaucoup trop élevé, il porte préjudice aux entreprises de transports. Pourtant c’est bien de l’inverse dont il s’agit, il faut augmenter le prix des carburants pour recourir davantage au rail et ainsi réduire la part des transports routiers très producteurs de gaz à effet de serre.

Voilà quelques exemples qui montrent tout l’effort de pédagogie qui reste à faire pour que l’on puisse apprendre à poser un diagnostic et élaborer un raisonnement qui mette les choses dans le bon ordre… En particulier, notre relation à la nature demeure largement entachée d’un sentiment de domination sur celle-ci, qui nous égare par rapport à la réalité des choses.

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 16:37

         Il est arrivé à plusieurs reprises, par le passé, que la France soit un pays démocratique. Cela semble un peu dépassé maintenant. Dans une véritable démocratie, une confusion des genres telle qu’on la connaît actuellement amènerait les dirigeants politiques à présenter leur démission sans délai (http://www.michel-lerond.com/article-entendez-vous-dans-les-campagnes-56211750.html). Si notre société conserve les apparences de la démocratie (gouvernement où le peuple exerce la souveraineté), en réalité nous vivons en oligarchie (gouvernement exercé par une classe restreinte) de façon avérée depuis plusieurs décennies.

C’est vrai que la concertation et le débat public sont de plus en plus présents dans de nombreux processus décisionnels, en particulier dans les domaines de l’urbanisme, aménagement du territoire et plus largement environnement, où la procédure d’enquête publique est réglementaire. Mais la décision se prend après, parfois « en oubliant » les termes de la concertation. Le Grenelle de l’environnement en est un bon exemple (http://www.michel-lerond.com/article-19328563.html). La classe politique semble bien avoir pour objectif principal de garder la « mainmise sur les affaires » et de s’inscrire dans une perspective de carrière.

Si les peuples ont les dirigeants qu’ils méritent, alors c’est sur nous-mêmes qu’il faut nous interroger. Au-delà de la méfiance qui perdure entre les citoyens et la classe politique, il faut poser la question du renouvellement de celle-ci, afin que le pouvoir politique redevienne une fonction temporaire et non plus une profession permanente. Il est urgent de déprofessionnaliser la politique, la société civile ayant aussi son pouvoir d’imagination et d’innovation. Comment remédier à cela si ce n’est en permettant un partage du pouvoir beaucoup plus large, notamment en direction des jeunes et des femmes (http://www.michel-lerond.com/article-15883948.html).

La formation citoyenne est largement à revoir pour retrouver une vraie démocratie. Comment expliquer en effet les lacunes dans « l’instruction civique » des Français, souvent complètement dépassés dans l’approche des organismes publics, y compris les élus locaux eux-mêmes… Comment comprendre que des étudiants de master, bien que majeurs et électeurs,  ne sachent pas faire la différence entre un conseil général et un conseil régional…

Retrouver la démocratie ou s’enfermer dans l’oligarchie qui favorise la montée des extrêmes, c’est à nous de choisir… et d’agir. On pourrait commencer par aller voter, même aux élections cantonales, plutôt que de s’abstenir à près de 56 % !

 

 

 

 

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