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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 12:05

Le G20 s’est réuni ces jours-ci à Pittsburgh, aux Etats-Unis. Le Groupe des 20 est un forum économique créé en 1999. Il rassemble 19 états et l’Union Européenne afin de favoriser la concertation internationale à travers un dialogue élargi aux grands pays émergents. L’histoire de ce groupe remonte à 1975, date de création du G6, élargi en G7 puis en G8 avec les pays les plus puissants du monde sur le plan économique. Enfin, la Chine, l’Inde, etc. rejoignent le groupe pour former le G20. Actuellement, c’est le G8 qui décide de grandes orientations relatives à l’économie mondiale. Les autres pays du G20 ne participent pas encore totalement à cette gouvernance mondiale. C’est déjà une avancée considérable, mais les pays les plus pauvres ne participent pas du tout à ces discussions.

Devant l’ampleur de la crise économique mondiale, le G20 devrait pouvoir fonctionner de façon permanente, avec l’objectif d’associer au plus tôt les petits pays. Cela demande une refonte de l’ONU (Organisation des Nations Unies). On sait qu'il existe environ 200 pays dans le monde, mais on ne peut en préciser le nombre exact, car certains territoires sont considérés comme indépendants par au moins un autre état, mais pas par l'ONU. Le nombre le plus vraisemblable est de 198 états.

Il est devenu indispensable de faire un saut démocratique à l’échelle mondiale afin de réguler, par exemple, les marchés des denrées agricoles pour en faciliter l’accès aux pays les plus pauvres, au moment où l’on vient de dépasser le milliard d’humains sous-alimentés (dont 50 % de petits paysans !). La régulation d’une économie mondialisée passe nécessairement par une gouvernance mondiale, ce qui suppose des discussions à 200 dans le cadre de l’ONU, avec des règles de fonctionnement qui restent largement à inventer. Il faut passer de la « parlotte » aux décisions effectives… pas simple ! Actuellement, au sein du G8, en quelque sorte, on parle de tout, mais on ne décide rien.

Avec la gestion des modifications climatiques, un enjeu essentiel de cette gouvernance mondiale à inventer est de réguler les productions agricoles afin de ne pas spolier les petits producteurs des pays pauvres. Des investisseurs internationaux s’emparent actuellement de terres agricoles, notamment en Afrique, par le biais de transactions à grande échelle sans trop se soucier de répartition entre exportation et consommation locale. La destructuration des agricultures familiales des pays pauvres se fait trop souvent au profit des pays riches dont les besoins en agrocarburants ou produits tropicaux augmentent.

Faut-il s’accomoder d’un milliard d’humains souffrant de la faim ? Il est temps de prendre le risque d’une gouvernance mondiale, ce sera très difficile, mais cela pourra éviter bien des conflits…

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22 septembre 2009 2 22 /09 /septembre /2009 09:49

Les populations d’abeilles sont en déclin partout dans le monde. La situation devient préoccupante dans la mesure où ces insectes pollinisateurs sont indispensables pour la production des fruits. Ainsi fin 2008 aux Etats-Unis, les producteurs de concombres de Caroline du Nord ont du réduire leur production du fait du manque d’abeilles pour assurer la pollinisation. Ce phénomène s’est intensifié et généralisé depuis environ 15 ans. Les chercheurs considèrent que 35 % du tonnage d’aliments végétaux proviennent de cultures dépendant des pollinisateurs, soit de l’ordre de 153 milliards d’euros, ou encore 9,5 % de la valeur de la production mondiale.

Sans que ce soit la cause unique, les pesticides sont régulièrement mis en cause dans la raréfaction des abeilles. En France, entre 1945 et 1985 la consommation de pesticides a doublé tous les 10 ans, pour atteindre près de 80 000 tonnes/an maintenant. On est champion d’Europe ! Plusieurs études récentes ont mis en évidence la présence de pesticides dans de nombreux produits alimentaires.

Les abeilles sont donc victimes, entre autres de cette contamination généralisée de nos biotopes. Et que croyez-vous qu’il arriva ? C’est à la fois dramatique et rassurant… puisque la nature, maltraitée, reprend parfois ses droits. Et c’est ainsi que les abeilles installées dans des ruches urbaines sont devenues plus productives que les abeilles des campagnes ! C’est le cas à Paris, et dans beaucoup d’autres  villes, où les parcs, jardins et espaces verts offrent une grande diversité de fleurs et d’arbres alors que les campagnes se « vident » au profit des grandes cultures ravageuses de biodiversité. Certes les villes sont polluées par la circulation automobile, le chauffage et les industries, mais ces pollutions sur lesquelles de gros efforts ont été faits sont devenues moins redoutables pour les abeilles que les pesticides des campagnes qui entraînent une mortalité de ces insectes butineurs de l’ordre de 30 à 50 %. A Paris, les récoltes de miel atteignent environ 100 kg par an et par ruche contre une dizaine en moyenne seulement à la campagne. Voir aussi notre chronique du 28-04-09 : « Paradoxale la ville ? »

Il existe environ 300 ruches à Paris. Les ruchers les plus connus sont situés au parc Georges Brassens et au Jardin du Luxembourg, mais aussi… sur les toits de l’Opéra Garnier. Le miel de l’Opéra est d’ailleurs vendu dans les boutiques de luxe et est l’un des plus chers du monde.  Faut-il s’en réjouir ou regretter de voir nos campagnes laisser partir des lambeaux entiers de biodiversité…

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15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 08:44

         Vue de l’espace la nuit, la Terre apparaît comme une « constellation » du fait de l’éclairage public, en particulier en Europe. Les réverbères, qui éclairent souvent autant le ciel que le sol, génèrent une pollution lumineuse qui gène les astronomes, mais aussi beaucoup d’animaux : oiseaux, insectes, chauve-souris,… et les hommes qui ont le sommeil perturbé par cette luminosité trop présente. La généralisation de l’éclairage artificiel estompe l’alternance jour-nuit, ce qui explique ces dysfonctionnements biologiques.

Outre ces perturbations, l’éclairage public est aussi le premier poste de consommation électrique des communes françaises. Dès lors faut-il vraiment éclairer un lycée toute la nuit, par crainte des actes de vandalisme, ou une barrière de ferme dans un hameau isolé pour satisfaire aux exigences de modernisme de certains ruraux ?

L’année 2009 a été décrétée « Année mondiale de l’astronomie » par l’ONU pour célébrer les 400 ans de l’utilisation de la lunette astronomique par Galilée. A cette occasion, des astronomes français se sont interrogés sur la nécessité de créer des réserves de ciel étoilé afin de pouvoir continuer leurs observations. Un projet est en cours de réflexion sur le Pic du Midi dans les Pyrénées, s’inspirant du cas du Mont-Mégantic au Québec qui a abouti à un périmètre de protection de 50 km autour d’un observatoire astronomique. La « réserve de ciel » du Pic du Midi pourrait s’inscrire dans le cadre du parc national.

La nuit noire est devenue rare. C’est pourquoi de nombreux partenaires se sont associés pour organiser le 24 octobre 2009, le premier « jour de la nuit », à l’occasion du passage à l’heure d’hiver. Le but de cette « journée » sera de sensibiliser le public à la fois à l’importance de la nuit noire pour les activités biologiques et… astronomiques, mais aussi à la gabegie énergétique que représente l’éclairage public. Voir le site www.jourdelanuit.fr

 

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8 septembre 2009 2 08 /09 /septembre /2009 08:37

Nous y voilà ! Le principe de la taxe carbone a été retenu en France et c’est la cacophonie, les uns se drapant dans de beaux vêtements verts tout neufs, les autres ressortant les vielles recettes démagogiques. Faut-il le redire encore, nous avons changé d’époque. Il s’agit maintenant d’adapter l’économie et la fiscalité à cette nouvelle donne des ressources rares. Il faut aussi, et avec détermination, réduire les émissions de CO2 afin de ralentir le processus de modification climatique. Alors, la taxe carbone, une surprise ?

Si Michel Rocard a rendu son rapport sur un projet de Contribution Climat Energie (CCE) en juillet 2009, cette mesure avait été retenue dans le Grenelle de l’environnement, à la suite des propositions du pacte écologique de Nicolas Hulot de 2006, accepté par tous les candidats à l’élection présidentielle. Auparavant, en 1991, la Suède avait institué une taxe carbone, de 27 € la tonne, aujourd’hui à 108 € la tonne. Et encore avant, qui se souvient des discours enflammés après le choc pétrolier de 1973 pour faire évoluer l’économie.

Qu’ont fait depuis ces trois décennies les constructeurs automobiles pour produire de nouvelles motorisations, frugales en énergie fossile ? Qu’ont fait les politiques pour modifier l’aménagement du territoire afin de parvenir à une répartition spatiale équilibrée de l’habitat, des services et des emplois, même en milieu rural ? Qu’avons-nous fait, chacun de nous, pour réduire nos déplacements et modifier nos comportements ? Certes, ces dernières années on a vu des débuts de réponse à toutes ces questions, mais bien timorées encore. Malgré des années de pédagogie, d’information, de médiatisation, on voit bien que le seul argument qui pèse (à l’exemple du bonus-malus sur les voitures) c’est le FRIC. Nous n’avons pas voulu regarder collectivement la réalité, il faudra bien payer la note… Voir notre chronique du 26-05-09 : « Vers une dictature écologiste ? »

Il est vrai que ce sont les gens les plus fragiles qui risquent de subir cette taxe le plus douloureusement. Mais la fiscalité est un art si subtil que l’on peut imaginer aisément des compensations adaptées. Quoi qu’il en soit, il paraît indispensable que tout le monde y participe, même modestement, afin que cette taxe soit dissuasive. En évitant de construire une usine à gaz, il faut que cette taxe soit juste, simple et transparente. Il faut aller progressivement vers une fiscalité qui protège l’environnement, en annonçant dès le départ que cette taxe commence à un taux modeste (par exemple autour de 25 €) et augmentera de 5 à 10 % par an, à définir. Il faut également prévoir au départ que cette taxe soit payée par tous (y compris les entreprises, les collectivités et les transports routiers et aériens) et pas seulement par les ménages et qu’une redistribution soit possible en fonction de critères liés aux économies d’énergie. Oui, il faut rapidement une taxe carbone applicable à tous, progressive et juste.

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1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 09:29

       Bundanoon est une petite ville australienne de 2 000 habitants, située à 120 km au sud de Sydney. Cet été, cette ville a acquis une notoriété considérable lorsque ses représentants ont décidé de bannir les bouteilles d’eau en plastique. D’ici la fin de cette année, les magasins devront proscrire la vente de bouteilles d’eau, aussi bien dans les distributeurs automatiques que dans les boutiques. Ceci au prétexte que « cette petite communauté veut un développement durable ».

         Si l’on considère l’énergie utilisée pour la mise en bouteille et l’emballage, les livraisons, le recyclage des bouteilles, la publicité, le coût total d’un litre d’eau est d’environ 2 €, soit plus cher que l’essence ! Sans aller jusque là, l’eau en bouteille est vendue en moyenne 0,40 € le litre dans la grande distribution, tandis qu’elle ne coûte que de 0,002 € au robinet, environ 200 fois plus cher !

         Selon des études américaines, la consommation d’eau en bouteille a augmenté de 57 % entre 1999 et 2004. Les pays développés sont bien sûr, en tête de cette consommation, mais les pays émergents comme la Chine, l’Inde ou le Brésil ne sont pas en reste. Les Français consomment 145 litres d’eau en bouteille par personne et par an.

        On pourrait ajouter à ces considérations financières que les bouteilles sont fabriquées avec un dérivé du pétrole, qui va devenir rare, que le recyclage n’est que partiel (environ 50 %) et l’incinération polluante. Cela fait beaucoup de handicaps environnementaux.

         Pour compléter le tableau faut-il rappeler que nos grands-mères ont connu, après la seconde guerre mondiale, la « révolution de l’eau sur l’évier ». L’aménagement des réseaux de distribution permettait d’avoir l’eau courante à la maison et dispensait de transporter l’eau depuis une fontaine ou un puits. Maintenant, nous trouvons « amusant » ( ?) d’attraper des packs d’eau sur les rayons de super marché, de les placer dans un chariot, de les présenter à la caisse, de les transvaser dans le coffre de la voiture, de les décharger pour les ranger à la cave, puis les remonter pour la consommation… Un véritable « syndrome de l’eau lourde » ! Alors qu’il suffit de tourner le robinet…

        Certes, il arrive ici ou là que l’eau du robinet ait mauvais goût, ou qu’elle sente le chlore. Mais alors ne faudrait-il pas être plus exigeant vis-à-vis des responsables des réseaux de distribution pour avoir une eau de qualité, plutôt qu’accepter de payer un produit de première consommation 200 fois son prix. Là encore, la Crise peut faire œuvre de pédagogie. C’est ainsi que l’on a vu, en France, la consommation d’eau en bouteille baisser de 6 % en un an. Et puis, souvenons-nous que dans le monde, plus d’un milliard de personnes souffrent d’un déficit en eau potable… Alors, c’est décidé, nous aussi nous allons faire pschitt avec l’eau en bouteille.

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24 août 2009 1 24 /08 /août /2009 17:32

        En 20 ans, « la France a perdu 10 % de ses oiseaux nicheurs », tel est le bilan que vient de publier le Museum national de Paris à la veille de l’été. Le programme Vigie-Nature du Museum fédère les réseaux d’observateurs volontaires de l’évolution de la biodiversité. Le plus ancien de ces réseaux (9 000 points d’écoute dans 90 départements en 2008) suit les oiseaux communs. Le verdict est sans appel : 10 % des oiseaux communs nicheurs ont disparu depuis 20 ans, d’abord les espèces urbaines et agricoles, puis les espèces forestières. Les raisons du déclin tiennent essentiellement à la dégradation des habitats et au réchauffement climatique. L’annonce récente faite par la France de stopper la disparition des espèces d’ici à… 2010 laisse un peu dubitatif.

        Ce constat fait en France vaut aussi pour l’Europe (21 pays recensent les oiseaux nicheurs) et a fortiori pour l’ensemble de la planète (Voir notre chronique « 44 838 espèces ? » du 25-11-08). Ainsi, début juillet, l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) publiait son rapport qui confirme l’effondrement du nombre des espèces à un rythme qui serait beaucoup plus rapide que par le passé, y compris pendant les grands épisodes d’extinction connus à l’échelle géologique.

        Bien sûr, pour bien gérer ce fabuleux patrimoine qu’est la biodiversité, il faut d’abord bien le connaître, ce qui est loin d’être évident. Certains organismes s’y emploient, comme le Museum de Paris qui vient de lancer, dans un autre domaine de la biodiversité, un reclassement complet de son herbier, soit 11 millions d’échantillons de plantes récoltées dans le monde entier depuis près de quatre siècles. C’est l’herbier le plus important au monde.

         En région aussi, les travaux avancent. Ainsi la Région de Haute-Normandie vient de créer l’Observatoire permanent de la biodiversité, des habitats et des paysages, en partenariat avec l’Etat et les Départements. Il était grand temps, si l’on se souvient que dans cette région 95 % des espèces d’invertébrés sont considérées comme menacées ou éteintes… De même, sur les 2 000 espèces de plantes sauvages inventoriées, 193 sont considérées comme disparues et 551 très vulnérables.

      La nature, ce n’est pas seulement « les petites fleurs et les petites bêtes » mais aussi… notre nourriture et notre milieu de vie. Le rapport de l’UICN souligne que 36 % des mammifères consommés par l’homme dans le monde sont en danger. Ceci nous renvoie aux menaces, rappelées ces dernières années, pour la sécurité alimentaire, en particulier dans les pays du Sud.

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17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 11:01

        Le 29 avril 2009, le président de la république française présentait les travaux des dix équipes qui ont participé à la consultation internationale sur le devenir du Grand Paris. Le 16 juillet, Nicolas Sarkozy venait au Havre confirmer son intention de faire de ce port celui du Grand Paris. Au-delà des effets d’annonce d’un moment, il est toujours instructif de replacer les discours dans un contexte historique plus large.

       On pourrait rappeler que l’axe séquanien a été reconnu dès le 9ème siècle en constituant une voie de pénétration aux invasions qui ont débouché sur la création du duché de Normandie en 911. Mais cela est un peu lointain… Ou que Napoléon disait volontiers « Paris, Rouen, Le Havre, une seule ville dont la Seine est la grande rue », mais c’est un peu bonapartiste…

        Plus près de nous, c’est en 1965 que le Schéma Directeur de l’Ile-de-France, piloté par Paul Delouvrier, lie le développement de la région francilienne à sa porte maritime s’ouvrant sur toute la baie de Seine, incluant Caen et la Basse-Normandie. Et c’est en 1971 qu’est publié le Schéma d’aménagement de la Basse-Seine, suivant la tendance du moment de créer des « villes nouvelles ». Ce schéma prévoit alors une urbanisation importante de la vallée de la Seine, avec une coupure verte, le parc naturel régional, entre les installations portuaires. Enfin, en 2006, l’Etat approuve la DTA (Directive territoriale d’aménagement) de l’estuaire de la Seine. Celle-ci a pour ambition de projeter l’aménagement à l’horizon 2025 avec notamment la création d’une « métropole régionale » Caen-Le Havre-Rouen pour assurer un débouché maritime à la région francilienne.

        Alors Le Havre, port de Paris avec un développement portuaire encore plus important ? Oui, il y a une logique d’aménagement, mais en prenant garde de rester dans une démarche de développement soutenable avec des ambitions énergétiques et en permettant au Port de Rouen de faire pénétrer les cargos à l’intérieur des terres, plus près des lieux de consommation. Un TGV Paris-Le Havre à l’horizon 2020 ? Pourquoi pas, d’autant plus que les acteurs régionaux le réclament depuis une vingtaine d’années, sous réserve qu’il desserve les villes et non pas les champs de maïs… Une métropole régionale normande ? Oui, en prévoyant une liaison ferroviaire entre Caen et Le havre, « oubliée » dans la DTA, malgré le rappel de l’évaluation.

        Mais alors où est la nouveauté si ce n’est que l’on pourrait mettre en œuvre des projets déjà réfléchis depuis… 38 ans et actés depuis 3 ans. Passons donc aux actes, avec de grâce, une consultation préalable des institutions représentatives des territoires concernés, une réunification de toute la Normandie et une évaluation des projets en matière de développement soutenable, avant réalisation.

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11 août 2009 2 11 /08 /août /2009 07:42

        Ils étaient tous là, nombreux et répartis en petits groupes, en pleine rue. Je les observais depuis la fenêtre de ma chambre d’hôtel. Ils étaient tous actifs, mais avec un certain flegme, se déplaçant à peine pour laisser place aux quelques voitures et aux nombreux vélos et mobylettes qui empruntaient l’avenue à cette heure matinale, avant la grande chaleur. Tête chauve et cou dénudé avec une collerette blanche à la base, ils étaient d’une rare élégance. Lorsque certains prenaient leur envol, alors c’était un vrai régal que de voir de tels animaux sauvages pénétrer la ville en toute tranquillité, parmi nous : deux mètres d’envergure, quelle merveille !

        Ainsi, en plein centre de Ouagadougou, les vautours prenaient leurs aises matinales, essayant de grappiller ici ou là une charogne. Les éboueurs commencent tôt à Ouaga et ils sont d’une efficacité redoutable !

        Le vautour à dos blanc demeure commun dans toute l’Afrique subsaharienne, bien que l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) l’ait récemment inscrit en liste rouge « quasi menacé ». C’est surtout la disparition de ses habitats arborés qui est en cause dans la réduction des effectifs, mais aussi la diminution de mammifères sauvages qui constituent ses proies.

        Ainsi les vautours charognards jouent un rôle important en Afrique, y compris en milieu urbain, en limitant les risques de prolifération d’épidémies animales ou humaines liées aux charognes.

        Dans l’imaginaire occidental, par contre, le vautour a mauvaise réputation. Il est associé à l’attente morbide d’une proie et à la mort. Le terme vautour désigne quelqu’un qui attend que sa victime soit affaiblie pour mieux la voler, mais là il ne s’agit plus de l’oiseau !

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 14:26

          C’était en mai. Ils étaient devant la maison, sur l’herbe fraîchement tondue, au soleil. Elle ondulait de tout son corps, lascive. Lui se dressait puis sautillait. Enfin arriva de derrière un buisson, le plus jeune, un petit de l’année.

          Quelle merveille que ce couple d’écureuils et leur petit, familiers au point de venir jusque devant la maison.

          L’écureuil est sans doute le rongeur le plus connu et le plus apprécié de nos contrées du fait de sa grâce. C’est à ce titre qu’il est devenu personnage de nombreux albums pour enfants, en étant toujours « le gentil ».

         Il a besoin d’arbres pour se nourrir et nicher, ce qui le rend présent en zone boisée ou bocagère, y compris dans les parcs urbains. Par contre il est absent des grandes plaines de culture dénudées. Il se nourrit essentiellement de végétaux : glands, faînes, châtaignes, noix, noisettes, graines diverses, mais aussi de quelques insectes ou œufs.

         Il est d’une agilité incroyable et son observation demande beaucoup de concentration pour le suivre d’arbre en arbre. Il peut être familier et n’hésite pas à s’établir près des habitations.

         L’écureuil peut être observé toute l’année avec des populations toutefois fluctuantes. Il est protégé par la loi française du fait de sa régression sensible et figure dans le « Livre rouge des espèces menacées ». Par contre, son avenir n’inspire pas d’inquiétude en Normandie.

         Enfin l’écureuil est le symbole de l’épargne et des économies, un animal bien sympathique par les temps qui courent…

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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 13:58

Son corps frêle était appuyé contre un tronc d’arbre. Sa face offrait peu de relief, mais était illuminée, à la manière d’un soleil pourvu de gros rayons, à moins que ce ne soit en simulant une fleur aux pétales effilés. Tout son être embaumait le sous-bois, sa peau était lisse et claire, une vraie beauté !

Quel souvenir, en effet, que cette Usnée fleurie rencontrée en Haute-Corrèze, où elle se développe un peu partout. Ce lichen fruticuleux (en forme d’arbuste) prolifère dans cette zone boisée et humide.

C’est bien improprement que l’on qualifie cette usnée de fleurie. Les lichens sont des plantes proches des champignons et n’ont donc pas de fleurs. Cet organe qui simule une fleur est en fait une apothécie, l’organe de reproduction en forme de coupe ou de disque, et dans le cas présent, de grande dimension relativement au lichen soit environ 1 cm de diamètre.

On confond souvent les lichens avec les mousses parce qu'ils présentent une morphologie comparable et qu'ils occupent à peu près les mêmes milieux. Les lichens "vivent d'amour" parce qu'en fait ce ne sont pas tout à fait des végétaux comme les autres, mais une association de deux plantes : une algue présente sous forme de cellules isolées et un champignon qui l'héberge dans son thalle. C'est une association à bénéfice réciproque où chacun apporte ce qui est nécessaire à la vie de l'autre : c'est une symbiose. Les lichens "vivent aussi d'eau fraîche" parce que l'eau est un élément tout à fait déterminant pour eux.

Enfin les lichens ont besoin d'un air de bonne qualité parce qu'ils sont très dépendants de leur environnement. En effet ils ne disposent pas de protection comme les végétaux supérieurs (La cuticule) ou même comme les humains (La peau). Les lichens conservent leur métabolisme (Respiration et photosynthèse) tout au long de l'année sans répit en hiver, comme les arbres par exemple. Ils vivent longtemps, régulièrement plusieurs dizaines d'années.

Tous ces facteurs expliquent que les lichens soient très réceptifs aux modifications de leur environnement immédiat et en particulier très sensibles à la qualité de l'air.

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