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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 12:47

         Dans le cadre du cycle de conférences 2008 « Relever le défi de la biodiversité », organisé par l’IFORE (Institut de Formation de l’Environnement) il m’était demandé de prononcer une conférence sur le thème « le profil environnemental : un diagnostic adapté à l’urbanisme » le 7 novembre au Museum de Paris. En voici un condensé :

Le profil environnemental d’un territoire est un outil de diagnostic apparu dans les années 1990 en France. Au fil des évolutions, les problématiques environnementales ont glissé vers la notion de durabilité, notamment en matière d’urbanisme. Des réflexions restent nécessaires sur la façon d’apprécier l’équilibre entre les trois pôles du développement durable : de façon simple, le profil environnemental peut constituer l’outil central en y intégrant l’équité sociale, l’économie et la gouvernance.

Le profil de « développement durable » constitue alors un outil de diagnostic bien adapté aux documents d’urbanisme (notamment PLU, plan local d’urbanisme et SCoT, schéma de cohérence territoriale), en parallèle au PADD (plan d’aménagement et de développement durable) et en vue d’établir le zonage et de déterminer les trames vertes. Il constitue le fondement d’une démarche complète qui va de l’état des lieux à l’évaluation. Cette démarche pragmatique comporte alors trois étapes : l’établissement du profil de développement durable qui identifie les enjeux sur la base des grandes composantes ; le tableau de bord qui permet de suivre les impacts de l’opération, et donc de proposer des choix et des mesures réductrices ou d’accompagnement ; le suivi-bilan avec des phases qui correspondent à l’avancement, puis à la mise en œuvre totale.

         La typologie du profil permet une transversalité maximale en considérant les dimensions : biodiversité, pollution, ressources naturelles et économiques, risques et santé, cadre de vie, patrimoine, usages du territoire et données sociales, gouvernance. Cette démarche peut s’appliquer sans difficulté aux opérations d’urbanisme en s’adaptant à différentes échelles de territoire. La méthode reste perfectible : elle n’a pas de caractère réglementaire et elle relève de l’initiative du maître d’ouvrage qui a toute latitude pour l’adapter à sa situation spécifique.

          Un ouvrage récent présente cette démarche : LE DEVELOPPEMENT SOUTENABLE, Evaluation simplifiée dans un contexte Nord-Sud, il peut être commandé directement chez votre libraire habituel ou sur le site de l’éditeur : http://editions-harmattan.fr Des informations complémentaires, à propos de cette conférence, sont disponibles sur le site : www.ifore.developpement-durable.gouv.fr rubrique Actualités.

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3 novembre 2008 1 03 /11 /novembre /2008 18:43

       Après la réforme de l’Etat, arrive celle des collectivités locales françaises. C’est une très bonne nouvelle tant la superposition des niveaux administratifs s’est accentuée depuis 20 ans, au point de devenir totalement illisible par le citoyen de base quand ce n’est pas par les élus eux-mêmes. (Voir aussi nos chroniques « Ferez-vous le 11 ? » du 22-01-08, « Faut-il supprimer les départements ? » du 11-03-08 et « DREALement vôtre ? » du 02-09-08). Un rapport parlementaire d’octobre 2008 préconise de « supprimer progressivement les pays, en prévoyant un transfert de leurs activités aux intercommunalités. »
     Les pays ont été créés afin d’inscrire l’action publique dans une cohérence territoriale qui faisait défaut, jusque là, aux structures existantes. Créés par la loi de 1995 pour l’aménagement et le développement du territoire (LOADT) et réformés par la loi de 1999 relative à l’aménagement et au développement durable du territoire (LOADDT), les pays sont définis comme des regroupements de communes liés par une communauté d’intérêts en raison de leur appartenance à un territoire caractérisé par une cohésion géographique, culturelle, économique ou sociale. En 2008, Le territoire français compte 371 pays, concernant 47 % des Français et 81 % de la superficie métropolitaine (voir le site www.paysdebray.org ). Les pays sont des territoires de projet qui épousent bien les bassins de vie, ils impulsent une réflexion coordonnée des acteurs locaux sans être porteurs de compétences spécifiques. C’est bien toute l’ambiguïté des pays que d’impulser sans gérer…
       Les pays sont dotés d’une charte qui exprime le projet de développement durable du territoire et vise à renforcer les solidarités réciproques entre la ville et l'espace rural. Le pays se rapproche d’un réel niveau d’administration en étant doté d'un conseil de développement, composé de représentants de la société civile, qui peut être consulté sur toute question relative à l'aménagement et au développement du pays. Les pays ont ainsi évolué vers la création, de fait, d’un nouvel échelon administratif (un pays peut être le support d’un SCoT : Schéma de cohérence territoriale). Certains parlementaires estiment, maintenant que la couverture intercommunale du territoire français est très avancée, que les pays ont rempli leur rôle et donc perdu leur justification. C’est aller un peu vite en besogne par rapport à des structures innovantes et aptes à la prospective.
       Pour évoluer, il y a trois pistes possibles : 1 - la pire, ne rien changer, une dérive trop fréquente des réformes à la française ; 2 - supprimer les pays en regroupant des intercommunalités existantes pour « coller » à des bassins de vie réels ; 3 - faire évoluer les pays vers des subdivisions administratives de proximité des Régions, en supprimant les départements et les cantons, devenus obsolètes.

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28 octobre 2008 2 28 /10 /octobre /2008 08:01

         Les clos-masures sont emblématiques du pays de Caux (le triangle Rouen, Le Havre, Dieppe) et à ce titre suscitent un intérêt important, alors même qu’ils sont menacés. Dans ces clos, l’habitation et les dépendances agricoles sont dispersées au sein d’une cour plantée de pommiers, fermée par un talus planté d'arbres, auquel s'oppose l'étendue des plaines agricoles, très ouvertes. Cette organisation du territoire rural et les formes paysagères et bâties associées ne se rencontrent nulle part ailleurs et l'origine en semble bien mystérieuse.

Ceci explique le souhait du Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et d’Environnement de la Seine-Maritime de rassembler dans un ouvrage les connaissances sur les clos-masures afin de sensibiliser aux menaces et aux scénarios d’évolution. Cet ouvrage est sans doute le plus complet et le plus transversal écrit à ce jour sur le sujet, car il aborde le clos-masure tant du point de vue historique que paysager, écologique que fonctionnel. L'évolution lente du paysage cauchois ne doit pas faire croire que désormais tout doit se stabiliser. Différentes évolutions sont en effet envisageables, mais toutes doivent prendre en compte les dynamiques actuelles ou futures.

Le premier scénario envisagé prolonge la logique actuelle. On peut craindre que l’issue soit la disparition des clos-masures à une échéance d’environ 20 ans. Dans cette logique, le développement rural se fait au détriment de l’espace agricole. La forte pression foncière qui tend vers un développement de l’habitat dans les communes rurales et la volonté d’implanter des zones d’activités sur tout le territoire engendrent une réduction des terres agricoles. Les formes d’urbanisation sont mal maîtrisées ou inadaptées.

Le second scénario invite à une mutation fonctionnelle. En fonction des évolutions prévisibles, il convient d’imaginer une nouvelle organisation de l’espace et définir des stratégies avec un fort souci d’adaptation aux modifications climatiques. Dans ce contexte, la forme paysagère du clos-masure peut être maintenue et développée. On constate une chute des productions de l’agriculture mono-spécifique et une réduction de la place de l’automobile. Les énergies alternatives se développent et la concentration de l’habitat s’impose en centres urbains et à proximité des zones d’activités.

Clos-masures et paysage cauchois – Editions Point de vues, pour le CAUE, 256 pages : cet ouvrage, à paraître le 7 novembre 2008 (en librairie fin novembre, 29 €), est le résultat d'un travail collectif. Sa rédaction a été assurée par Virginie MAURY-DELEU paysagiste, Blandine HARDEL géographe, Olivier GOSSELIN architecte, Gilles PESQUET graphiste, Philippe FAJON archéologue et Michel LEROND écologue. Voir le site : http://www.caue76.org Souhaitons que cet ouvrage puisse contribuer à ce que l’histoire du Caux… ne soit pas close.

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21 octobre 2008 2 21 /10 /octobre /2008 10:20

       C’est la crise : financière, puis inévitablement économique, ensuite sans doute sociale et enfin peut être politique. On peut s’inquiéter ou éviter de se faire peur, selon son tempérament, ce qui est sûr c’est l’impuissance face à la crise, pour en expliquer tant les causes réelles que les conséquences et sa durée.

Certes les dirigeants du monde se mobilisent pour éteindre l’incendie, faute de l’avoir empêché. Sans doute cette crise résulte-t-elle d’une dérive des procédures financières, mais n’est-elle pas aussi l’aboutissement logique d’une société-fric à laquelle nombre d’entre nous collaborent. On peut s’interroger sur les fondements éthiques du boursicotage, mais aussi sur les fondements éthiques des jeux d’argent, lotos, casinos et autres hippodromes auxquels la publicité nous invite en permanence… Il y a là comme une subordination du réel au virtuel. La confusion devient surréaliste quand la banque portugaise Best lance un nouveau placement jumelé avec un pari sur l’élection américaine : le bon pronostic rapportera 8 % au placement, contre seulement 2 % pour le mauvais !

On peut se demander aussi comment se fait-il que des dirigeants qui promettent depuis des années, voire des décennies, de « moraliser le capitalisme », supprimer les parachutes dorés ou revaloriser le travail, soient toujours en place. Comment se fait-il puisque c’est nous qui les élisons… Ainsi nous avons accepté, de fait, de débloquer 1 300 milliards € pour sauver les banques en Europe, soit 40 fois la somme nécessaire à nourrir pendant un an 1 milliard d’affamés des pays pauvres…

Au-delà des crises financière et économique, il s’agit d’une crise globale, culturelle, une crise de sens. Les conséquences de cette crise financière risquent d’être amplifiées par la crise de l’énergie (le prix du pétrole baisse artificiellement et pour une courte durée) et celle du climat (pendant la crise, le réchauffement continue). L’objectif politique actuel est de relancer la machine économique, alors même que cette crise financière aurait pu être l’occasion d’une pause puis d’une inflexion de la sacro-sainte croissance… Les experts du climat et de l’énergie ne cessent pourtant de rappeler que la recherche illimitée de croissance économique est incompatible avec la pérennité de notre environnement.

Il nous faut quitter la société-fric pour aller vers un éco-humanisme.  L’impuissance politique actuelle est celle des dirigeants, mais elle est aussi la nôtre, à nous d’en tirer la leçon.

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14 octobre 2008 2 14 /10 /octobre /2008 09:03

       La moitié de la population mondiale est maintenant urbaine, soit 3,3 milliards de citadins, quatre fois plus qu’en 1950, inversant pour la première fois de l’histoire, le rapport entre urbains et ruraux. Pour 2030, on prévoit 5 milliards de citadins, avec une évolution forte dans les pays en développement de l’Asie et de l’Afrique, parfois en conditions précaires. Aujourd’hui 1 milliard d’humains vivent dans des bidonvilles, qu’en sera-t-il demain ?

Dans les pays développés, la croissance des villes fait l’objet d’un renouveau, conceptuel au moins. Ainsi fleurissent les projets d’éco-quartiers et les gratte-ciel, un temps prohibés, sont à nouveau en vogue. On a parfois  l’impression que les décisions se prennent de façon empirique, émotive, sans véritable réflexion sur un projet. Avant de décider de telle ou telle forme de construction, ne faudrait-il pas avoir une réflexion de fond sur la ville et la façon de l’habiter, sa relation avec le monde rural.

En Europe, poussées par une organisation politique plus communautaire, les villes sont devenues des foyers importants d’innovation sociale, culturelle et environnementale. La plupart des villes oeuvrent ainsi pour enrayer le phénomène d’étalement urbain, sans pour autant s’intéresser vraiment à la périphérie rurale.

A longueur d’articles, on nous démontre tout l’intérêt des tours de grande hauteur. Sans doute les gratte-ciel présentent-ils des avantages, y compris environnementaux, mais à quoi bon construire des tours efficientes sur le plan énergétique si leurs habitants vont travailler en voiture à de longues distances ? Le but de l’architecture n’est peut être pas seulement de produire des objets extraordinaires mais de créer du lien entre les constructions et les gens qui y vivent et travaillent…

Partout fleurissent les projets d’éco-quartiers qui vont « carburer aux énergies renouvelables », « redonner sa place au logement », « faire disparaître la voiture du paysage »… Soit, mais la « ville durable » doit surtout permettre la cohabitation des habitants et des fonctions urbaines. Attention à ne pas privilégier la communication sur l’urbanisme et faire des « ghettos à bobos »…

Depuis une décennie, les urbanistes ont métamorphosé les centres villes, les rendant aux piétons et aux transports collectifs, ils ont densifié l’espace urbain et créé des mobilités nouvelles. La ville se réinvente grâce à cette révolution urbanistique, c’est une très bonne nouvelle. Il faut aller plus loin encore en raisonnant la ville dans son contexte rural et agricole : la ville doit intégrer l’agriculture afin de favoriser les circuits courts, prévoir en amont des espaces verts dignes de ce nom, promenades, coulées vertes, plans d’eau…

 En somme il faut concevoir un projet de civilisation pour la ville du 21ème siècle : une communauté urbaine dans un pays.

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7 octobre 2008 2 07 /10 /octobre /2008 08:57

         Dans la nuit du 4 au 5 octobre 2008, le Grand Mont de Sigy a eu un frémissement. Non pas que la « Petite Auvergne » se soit réveillée, mais il était encore tout émoustillé des caresses d’une multitude de pieds sur ses flancs. C’est qu’il n’avait jamais vu autant de monde à la fois. Avant de s’assoupir à nouveau, il nous a assuré que si vos pas vous conduisent encore vers lui, un prochain mois de mai, il vous offrira ses plus belles orchidées sauvages. Le lendemain, 5 octobre, à nouveau une centaine de randonneurs partaient de l’église, en sens inverse, pour gagner la cuesta nord. Le village… planétaire, c’était donc vrai !

C’est que le 4 octobre, pour fêter ma retraite professionnelle, la jubilacion, vous êtes venus nombreux (une centaine de personnes de tous horizons, sans compter les excusés pour cause d’engagements préalables ou d’éloignement géographique et pour lesquels nous avons eu une pensée). Votre seule présence était pour moi un cadeau inestimable. Mais beaucoup d’entre vous ont souhaité ajouter des macarons, noix, potiron, livres, bouteilles, fleurs, arbustes, chèques, disques, objets d’art… et aussi messages téléphonés ou courriels. Vous avez été formidables !

Nicole a rappelé les débuts d’un parcours d’un demi siècle. Thierry a complété la biographie et insisté sur mon « caractère vrai ». Serge a laissé croire que j’allais sauver la planète… Les comédiens ont agrémenté le repas (http://theatreennormandie.com/aumoulindesigy.aspx). Les discussions sont allées bon train et les connaissances nouvelles ont complété les retrouvailles d’amis anciens. Vous avez été formidables !

Après un vendredi de pluie incessante et un dimanche de pluie… incessante, le samedi fut radieux et se termina dans notre jardin au soleil couchant, parmi arbres et arbustes, fleurs et pommes. Vous avez été formidables !

Quelle douceur d’être un jubilado  parmi ses amis. Merci à tous et à bientôt.

 

Voir aussi nos chroniques « Faire passer le message » du 22-04-08 ; « Il est mort le Grand Mont ? » du 13-05-08 ; « Quel cinéma ! » du 15-07-08 et « C’est la retraite ? » du 16-09-08.

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30 septembre 2008 2 30 /09 /septembre /2008 08:52

L’hiver dernier, en Normandie, mais sans doute aussi ailleurs, il a été abattu beaucoup d’arbres, notamment dans les haies. La raison en est simple : avec le renchérissement des énergies fossiles, le bois est redevenu un combustible intéressant pour le chauffage des habitations. C’est une très bonne nouvelle, d’autant plus que nombre de collectivités, en plus des particuliers, envisagent l’installation de chaudière au bois. Le bois-énergie présente en effet de nombreux avantages par son caractère renouvelable et largement disponible : il est neutre par rapport à l’effet de serre et son utilisation contribue à une gestion profitable aux paysages et à la biodiversité. Différentes formes d’utilisation de ce combustible sont possibles selon les provenances : bûches (bois brut), granulés (sous-produits des scieries et menuiseries) ou plaquettes (bois déchiqueté).

Mais si l’on a vu beaucoup d’arbres abattus, on en a vu peu de plantés et les haies gérées en vue de la production de bois restent très limitées en linéaire. Il faut en effet prendre garde à assurer l’approvisionnement sur le long terme, pour ne pas prendre le risque de devoir importer du bois de contrées lointaines, comme l’Europe centrale. Le développement du chauffage au bois doit être mené en parallèle avec la mise en place d’une filière de production organisée de façon pérenne et respectueuse de l’environnement.

A la suite du Grenelle de l’Environnement, le gouvernement français a souhaité mobiliser 12 millions de mètres cubes supplémentaires de bois d’ici à 2012 (construction et énergie). Un gisement important semble constitué par les boisements privés, souvent de petites surfaces et peu ou mal gérés. Ce serait une bonne façon de valoriser ce patrimoine, à condition toutefois de le gérer sur le long terme et avec une approche transversale qui ne vise pas seulement la rentabilité à court terme, mais la garantie d’une production pérenne alliée à la préservation de la biodiversité. Par le passé, on a détruit nombre de zones humides en les transformant en populicultures, ne refaisons pas la même erreur en plantant systématiquement, par exemple, des pelouses calcicoles. La biodiversité y perdrait au profit de l’énergie…

On peut consulter avec profit les publications de l’AREHN, dont « Chaudières et poêles à bois » dans la collection Connaître pour agir : http://www.arehn.asso.fr et le site du Pays de Bray http://www.paysdebray.org qui met en place actuellement une filière bois-énergie.

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23 septembre 2008 2 23 /09 /septembre /2008 08:20

Il est frappant de constater combien il est rare de voir mentionner dans les catalogues des pépiniéristes les qualités requises du sol pour planter des végétaux. Pourtant les plantes ont des exigences, des préférences ou des refus par rapport à la qualité du sol, selon qu’il est calcaire ou acide, filtrant ou pas, pollué ou pas, etc. Cette lacune est révélatrice d’un manque de culture (sans mauvais jeu de mots) sur les sols, ou pour le moins d’une indifférence à leur structure et leur fonctionnement.

Ce qui vaut pour l’horticulture vaut encore davantage pour les cultures vivrières. Si la Terre doit porter bientôt, comme le prévoient les démographes, 9 milliards d’habitants, la qualité des sols et leur aptitude à l’agriculture pourrait bien devenir une préoccupation majeure. Certains pédologues (spécialistes des sols) s’inquiètent des atteintes répétées sur les sols depuis quelques décennies : pollutions diverses dont les pesticides à hautes doses, déforestation, érosion, urbanisation, irrigation ou drainage mal contrôlés, etc. C’est ainsi près d’un quart des terres utilisables sur la planète qui sont dégradées, sur tous les continents. On compte sur la planète 13,5 milliards ha de terres émergées, dont 22 % peuvent être cultivées, la moitié de celles-ci (3 milliards ha) étant effectivement exploitées.

Alors qu’il va falloir augmenter fortement la production agricole si l’on veut nourrir la plus grande part de l’humanité (nourrir 9 milliards d’hommes relève aujourd’hui du défi quasi insurmontable), la proportion de sol par habitant ne cesse de se réduire. Non renouvelable, ou à une échelle de temps très longue, les sols devraient être considérés comme un patrimoine mondial à protéger.

En France même, chaque année, ce sont 60 000 ha de terres arables qui disparaissent du fait de l’étalement urbain, soit l’équivalent d’un département en 10 ans. Du fait des modifications climatiques, les sols vont être rendus plus fragiles encore : alternance de sécheresses et périodes très pluvieuses qui vont amplifier l’érosion.

Des solutions, au moins partielles, existent et sont déjà mises en œuvre : diminution des intrants et des pesticides, recyclage des débris végétaux, gestion du paysage en hydraulique douce, etc. Mais, comme souvent en matière d’environnement, il faudrait faire davantage et plus vite. Ainsi, résultat global sans doute de cette dégradation, les rendements des cultures plafonnent en Europe, ce qui pourrait s’expliquer par l’appauvrissement en matière organique des sols, constaté sur 45 % des surfaces. Pour nourrir toute l’humanité en 2050, si toutefois cela est possible, il y a urgence à protéger les sols.

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16 septembre 2008 2 16 /09 /septembre /2008 07:53

         Quel vilain mot français que la retraite : « action de se retirer du monde, de la vie professionnelle »… (Dictionnaire Quillet). En fait, mieux vaut le dire en espagnol, la jubilacion. C’est quand même plus confortable d’être un jubilado !

Dans ma chronique du 22-04-08, « Faire passer le message », j’évoquais ce passage d’une vie professionnelle bien cadrée à une vie personnelle plus ouverte. Nous y voilà, après une décennie passée au Museum de Rouen, une autre à diriger l’Observatoire Régional de l’Environnement de Haute-Normandie, puis deux à exercer la profession de consultant en environnement. Une page est tournée, tout en continuant de façon limitée mon activité de consultant :

-         Port Autonome de Rouen

-         Institut de Formation de l’Environnement (MEEDDAT)

Par ailleurs, j’interviens à titre bénévole dans certaines instances, avec la même volonté de « faire passer le message » :

-         Commissions municipales (Urbanisme, environnement) – Décision du Conseil municipal de Sigy-en-Bray / Saint-Lucien d’avril 2008 – Membre non élu.

-         Conseil d’administration du Lycée Delamare Deboutteville de Forges-les-Eaux - Nomination par le Conseil Régional de Haute-Normandie du 20 novembre 2006 – Personnalité qualifiée.

-         Comité d’experts de l’éco-quartier de la Cartonnerie de Pont-Audemer – Nomination par le Maire de Pont-Audemer du 20 juin 2008 – Expert environnemental.

-         Comité de Pilotage du site Natura 2000 des cuestas du Pays de Bray – Arrêté préfectoral du 11 juillet 2006 – Usager du site.

-         Conseil de développement du Pays de Bray – Nomination par le syndicat mixte du 18 mars 2008 – Personne ressource et membre du bureau.

-         Comité économique et social du Parc naturel régional des Boucles de la Seine normande – Nomination par le Syndicat mixte du 3 juillet 2008 – Collège environnement.

-         Comité de pilotage de l’Agence Régionale de l’Environnement en Haute Normandie – Nomination par le Conseil d’administration en avril 2008 -  Membre.

-         Comité Régional de l’Evaluation de Haute-Normandie – Arrêté du Préfet et du Président de Région du 13 février 2001 – Expert.

-         Association Les Chemins de Traverse – Election par le Conseil d’administration du 14 mai 2005 – Vice-président.

-         Groupe d’Etude de l’Histoire de la Protection de la Nature et de l’Environnement en France – Membre en 2008.

-         Groupe de travail Nord-Sud sur l’évaluation environnementale des petits projets – Nomination par le Secrétariat International Francophone pour l’Evaluation Environnementale en 2005 - Co-animation avec Georges Lanmafankpotin du Bénin.

N’y a-t-il pas là de quoi… jubiler : «  éprouver une joie vive et expansive » (Dictionnaire Quillet)

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9 septembre 2008 2 09 /09 /septembre /2008 09:07

         Il a été beaucoup question de la pêche ces derniers temps. La pêche est restée, en effet, une activité de cueillette qui exploite pleinement une bonne moitié des stocks de poissons et en surexploite un quart. On estime que seulement 1 % du stock est en voie de reconstitution. C’est dire que la faune marine est en forte régression. L’aquaculture supplée, en partie, ces diminutions de stocks sauvages, en fournissant aujourd’hui 43 % de la consommation contre 9 % en 1980. Malgré cela, la consommation de poisson tend à diminuer en France, du fait des prix jugés trop élevés.

L’exemple du thon rouge est très significatif. Menacé par la surpêche, il risque de disparaître de l’Atlantique et de la Méditerranée si les prises ne sont pas limitées de façon drastique. Mais la préservation d’une espèce menacée ne va pas de soi et les mesures prises par la Commission Européenne créent la polémique… Une affaire bien compliquée, d’autant plus que le premier consommateur de thon au monde est le Japon (un quart de la consommation mondiale dont 70 % des thons pêchés en Méditerranée). Ceci expliquant cela, le prix du thon rouge a augmenté de 40 % depuis le début 2008, ce qui en fait un enjeu économique très important.

Cet exemple est révélateur de la difficulté que présente la préservation de la biodiversité sur le long terme face à des intérêts économiques de courts termes concernant une petite population. Là où les politiques peinent à expliquer clairement les enjeux et prendre les décisions qui s’imposent, comme pour beaucoup d’autres problématiques, les consommateurs peuvent aussi faire valoir leur point de vue. Ainsi en Suède, la journaliste Isabella Lövin a publié il y a un an l’ouvrage « Mer silencieuse » pour alerter l’opinion publique. Depuis, certains restaurants suédois, des maisons de retraite et même des centrales de grande distribution boycottent les poissons menacés. Ce boycott pourrait s’étendre à toute l’Europe. En France, Auchan a cessé de vendre du thon rouge.

Mais la première espèce à disparaître sera sans doute celle de pêcheur. Bien sûr qu’il faut prendre des mesures de solidarité vis-à-vis de cette profession, mais faire croire que l’on va aider les pêcheurs en injectant de l’argent dans le circuit de production est pure démagogie. Quand les stocks sont bas, ou bien on réduit la consommation, ou bien on épuise les stocks, considérant qu’il n’y a pas de lendemain…

En premier lieu, la profession de la pêche doit se remettre en cause, modifier sa façon de travailler, gérer les stocks sur le long terme et aller vers une pêche durable, comme il existe par ailleurs une agriculture durable. Ainsi on pourra associer la pêche à une économie littorale de qualité plutôt que rechercher des marchés mondiaux trop peu scrupuleux.

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