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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 12:08

            A défaut de comte de Noël, voici une histoire…vraie.

 

C’était la fin de l’été, un soir de fête de village. Le ciel avait été nuageux avec des averses toute la journée. Les festivités prenaient fin avec un « moules frites » dansant. Les villageois s’étaient rassemblés en nombre et parmi eux s’étaient glissés deux invités particuliers. Elle, Margaret, était en fauteuil roulant, atteinte de sclérose en plaques. Lui, Christophe, était chanteur amateur.

Dès la fin du repas, le DJ lança une danse au rythme soutenu, un paso-doble. Le fauteuil recula, pris la piste et… dansa. Elle riait, il souriait, tous deux avançaient, reculaient, tournaient parmi les autres danseurs, en rythme. Elle était encore plus belle sur la piste. Les autres convives auraient pu applaudir, ils ne le firent pas, par discrétion, comme si la situation était tout à fait ordinaire. Plus tard, il y eut un slow, le fauteuil dansant glissait avec la même douceur qu’une caresse sur la joue d’un enfant.

Ce soir-là, il s’était passé quelque chose : il y avait là des jeunes, des moins jeunes, des encore moins jeunes, des veuves, des veufs, des malades, mais il n’y avait plus que des vivants. C’était le bal des vivants, de ceux qui croquent la vie, de ceux qui croient à la vie jusque la dernière minute. Au milieu de la nuit, le ciel était dégagé et très étoilé. Une étoile brillait davantage que les autres, dans le cœur de chacun : les villageois avaient vaincu leur peur de l’autre, du handicapé, pour gommer les différences et ne retenir que la joie d’être ensemble et partager les mêmes plaisirs.

 

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15 décembre 2008 1 15 /12 /décembre /2008 17:16

Cest dans les années… 1940 qu’a commencé la sensibilisation à la nature. Ainsi, le Museum de Rouen innove en projetant des films scientifiques dès 1945 pour sensibiliser le public à la nature. Dans les années 1970, le même Museum met en place des expositions, causeries, projections, activités d’éveil pour les enfants et un centre de documentation largement ouvert. C’est dans la même décennie que ce sont multipliées, à l’initiative des institutions (museums, parcs naturels régionaux) et des associations, les activités de sensibilisation pour tous publics et surtout les jeunes : conférences, sorties nature, films, émissions radio et télé, publications, stages pour enseignants, etc… Que reste-t-il de ces centaines d’initiatives, à l’échelle d’une région comme la Haute-Normandie, une génération plus tard ? Des avancées certaines dans la sensibilisation du public, mais tellement de lacunes encore dans les comportements individuels et les décisions publiques… Il y a matière à s’interroger sur cette faible « rentabilité » pédagogique et la faible culture naturaliste qui en résulte.

La sensibilisation à la conservation de la nature se heurtait à des conceptions culturelles profondément ancrées de domination de la nature. L’éducation à la protection de l’environnement devait, avec difficulté, faire évoluer radicalement les comportements individuels. Qu’en est-il maintenant avec l’éducation au développement soutenable, qui suppose un changement global de la société et qui nécessite une démarche pédagogique plus complexe et plus transversale.

Sans doute faut-il commencer par le début, l’école. Si les fondamentaux de l’école sont bien lire, écrire et compter, ils doivent aussi intégrer les bases de notre relation biologique à la nature, ceci dès la maternelle et le primaire. Au cours des études secondaires, il convient de donner à l’écologie/environnement/développement soutenable le rang de discipline principale. En supérieur, il faut enseigner les données concrètes relatives au triptyque : bases de l’écologie/comportement individuel/gouvernance collective dans toutes les disciplines. Enfin, en formation professionnelle et continue et pour toutes les formations, il faut enseigner les aspects spécifiques des professions concernées quant à leur impact sur la nature.

Des initiatives nombreuses se poursuivent, tels que les « lycées du développement durable » (voir par exemple : http://lycees.ac-rouen.fr/delamare/developpementdurable/index.html ), et tant d’autres interventions comme celles d’associations (voir par exemple : http://www.cardere.org ) ou les CPN (http://www.fcpn.org ). Devant les périls qui nous menacent, il est grand temps que l’éducation au développement soutenable devienne une priorité nationale.

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9 décembre 2008 2 09 /12 /décembre /2008 14:49

         Après trois décennies d’atermoiements, le débat sur l’énergie est enfin sur la place publique. Le rapport du Club de Rome (1972), le premier choc pétrolier (1973) ou les Etats Régionaux de l’Environnement (1983) n’ont réussi à alarmer qu’une frange de la population. Les envolées récentes du prix du pétrole ont eu beaucoup plus de vertus pédagogiques… Il est frappant de constater que la presse regorge maintenant d’articles sur les énergies « renouvelables » dans lesquels il est parfois difficile de faire la part entre rigueur scientifique, lobbying d’industriels et simple publicité.

Le secteur le plus contesté est sans aucun doute celui des agrocarburants, longtemps défendus par l’ADEME, qui persiste dans ses choix, et qui sont maintenant largement considérés comme concurrents des cultures alimentaires, sans compter leurs impacts forts, notamment sur l’érosion de la biodiversité. Paul Crutzen, prix Nobel de chimie en 1995, se demande même si l’agriculture intensive qui les produit ne serait pas plus émettrice de gaz à effet de serre qu’une énergie fossile en même quantité…

Quant à l’éolien, après un débat sur les prétendues pollutions visuelles, la controverse se fonde maintenant davantage sur le plan économique, notamment depuis qu’un ancien président de la république s’est engagé dans ce combat. Il n’a pas tort d’insister sur le fait qu’il s’agit surtout d’une énergie très subventionnée, ce qui fausse le débat. Mais son alliance dans ce combat avec un ancien patron d’EDF, « père » du programme électro-nucléaire, rend du coup la croisade un peu suspecte. D’ailleurs, l’énergie nucléaire n’est renouvelable que le temps où l’on peut se procurer de l’uranium…

L’énergie solaire semble moins contestée, bien que son coût de production reste très élevé et que les besoins en surfaces de panneaux photovoltaïques soient considérables et posent quelques problèmes d’intégration. Quant à l’hydrogène, cette piste prometteuse demande à surmonter les obstacles liés à la production dans des conditions environnementales et économiques satisfaisantes, ce qui est loin d’être le cas. La géothermie des roches profondes est également une possibilité nouvelle riche d’espoir, mais qui demande à être précisée.

Après avoir tant tardé à réagir, voilà que tout s’envole sous la pression des marchés, dans un désordre auquel il est urgent de remédier. C’est ainsi qu’en 2003 la France s’est lancée dans la production des agrocarburants sous la pression des céréaliers, en dehors de toute évaluation sérieuse. Un gros handicap réside dans la sous-utilisation des outils d’évaluation environnemen-tale, sociale et économique de ces nouvelles énergies. Certes nous devrons nécessairement faire appel au « bouquet énergétique » plutôt qu’à telle ou telle filière spécifiquement. Encore faut-il pouvoir le faire en connaissance de cause.

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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 08:17

         Les lecteurs de ce blog ne connaissent pas toujours son auteur. Pour satisfaire leur curiosité, voici quelques informations :

 

Michel LEROND, professionnel de l’environnement pendant 36 ans, j’ai été consultant indépendant de 1992 à 2008, après avoir dirigé l’Observatoire régional de l’environnement de Haute-Normandie. Ecologue de formation, j’ai assuré des prestations de conseil auprès des collectivités publiques et entreprises, et en particulier dans le domaine de l’évaluation environnementale. Depuis 2008, je suis essayiste consultant.

 

Mon métier : Dans ma pratique professionnelle, j’ai pu contribuer, notamment, à une avancée méthodologique de la biosurveillance de la qualité de l’air (bioindication lichénique), à un meilleur accès à l’information sur l’environnement (observatoire régional de l’environnement de Haute-Normandie), à l’élaboration de l’évaluation environnementale stratégique (guides méthodologiques) et à la vulgarisation scientifique (nombreuses publications).

 

Mon expérience : Secteurs privé (1967-69), public (1970-82), para-public (1983-91) et libéral (1992-2008).

• Création et direction de l’Observatoire Régional de l’Environnement de Haute-Normandie (1983 à 1991), devenu depuis Agence Régionale de l’Environnement.

 

Mes domaines de compétence : Ecologie, environnement, évaluation environne-mentale, développement soutenable.

• Plus de 400 prestations d’études et de conseil, de formation et communication.

 

Ma bibliographie : Recherche et vulgarisation.

• Plus de 500 publications : articles, chroniques, brochures, études et rapports scientifiques ou de vulgarisation.

• Co-auteur de plusieurs ouvrages : “Normandie”, “Rouen”, “Guide des lichens”, “Suivi et évaluation environnementale des CPER”, « Opérations routières, suivi et évaluation environnementale », « L’évaluation environnementale des politiques, plans et programmes », « Le développement soutenable », « Clos-masures et paysage cauchois ».

 

Ma formation initiale : Biologie-écologie

• Doctorat d’Université de sciences naturelles (1981) sur les lichens épiphytes en Normandie orientale.

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24 novembre 2008 1 24 /11 /novembre /2008 16:20

         44 838, c’est le nombre (impressionnant et inquiétant) d’espèces inscrites sur la Liste Rouge de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) dont le congrès mondial s’est déroulé à Barcelone début octobre 2008. Selon l’évaluation la plus complète jamais réalisée (avec l’aide de 1 800 scientifiques de 130 pays), la situation de la biodiversité en devenue très préoccupante : 16 928 espèces sont menacées d'extinction. Au moins 1 141 espèces de mammifères, sur les 5 487 de la planète risquent de disparaître, soit 20 %. Les amphibiens sont également concernés : 1 983 espèces, soit 32 %, sont en danger ou déjà éteintes. 14 % des espèces d'oiseaux sont en voie d'extinction. Toutes les parties du monde sont concernées, y compris l’Europe.

La destruction et la dégradation des habitats touchent 40 % des mammifères, ce qui amplifie encore le phénomène. Mais la situation n’est pas irréversible et malgré tout, les efforts concertés de conservation portent leurs fruits : certaines espèces se rétablissent après des réintroductions ou des mesures draconiennes. Ainsi depuis 30 ans, le programme MAB (Biodiversité, l’homme et la biosphère) orchestré par l’UNESCO permet de nombreuses initiatives comme l’atteste l’exemple français du Parc national des Cévennes. Robert Barbault, directeur du département Ecologie et gestion de la biodiversité au Museum de Paris, assure « qu’il s’agit à la fois de maintenir le patrimoine naturel et le patrimoine culturel » ce qui facilite l’acceptation par les populations locales.

Les bilans de la Liste Rouge de l’UICN sont préparés tous les quatre ans, l’analyse 2008 des espèces menacées est accessible sur www.iucn.org/redlist

Les décisions politiques globales comme les actions concrètes locales sur les sites Natura 2000, par exemple pour la France et l’Europe, sont une manière de garantir l’avenir. Avec le réchauffement climatique, la biodiversité est l'autre grand enjeu environnemental dont l'Humanité est responsable et qu'elle se doit de gérer de manière urgente, ceci d’autant plus que les modifications du climat ont déjà des répercussions sur la biodiversité.

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18 novembre 2008 2 18 /11 /novembre /2008 09:01

            Le 4 novembre 2008, Barack Obama, métis dont l’histoire personnelle s’appuie sur trois continents, a été élu président des USA. C’est un fait historique souligné par tous les médias du monde. Obama, premier président de couleur aux Etats-Unis marque un tournant décisif dans l’histoire de ce pays. Bien que ce mouvement de fond ait déjà été lancé depuis quelques années, avec par exemple, la nomination de Condoleezza Rice, femme et de couleur, à la tête de la diplomatie américaine, cette fois-ci il s’agit d’une élection et donc d’un symbole plus fort encore.
        L’arrivée d’Obama coïncide avec la crise financière et économique, elle est le symbole, tout à la fois, d’une société apaisée et d’une société en déclin. L’élection d’Obama a valeur de revanche sur l’esclavagisme et la ségrégation ; c’est une revanche des opprimés sur l’histoire et aussi une revanche de l’Afrique où beaucoup considèrent Obama comme un « parent ». Mais que va peser demain la « petite nation américaine » de 300 millions d’habitants face à la Chine et l’Inde et leur 2,4 milliards d’habitants, soit 8 fois plus, le tiers de la population mondiale… Certes la démographie ne suffit pas à faire la puissance d’un pays, mais le nouveau monde multipolaire ne laissera sans doute plus les USA jouer le rôle de « maître du monde ».
         Le 20ème siècle fut celui des génocides, des guerres mondiales et du massacre de la planète. L’histoire dira si le 21ème siècle a commencé le 11 septembre 2001 ou le 4 novembre 2008. Souvenons-nous que les plus grands espoirs peuvent aussi faire naître les plus grandes désillusions, alors oui, you have a dream, faisons confiance à Obama, à l’Amérique, à l’Homme pour que le 21ème siècle commence enfin avec une société américaine qui occupe sa place, mais rien que sa place, qui ouvre la voie à une société multiraciale et un monde multipolaire, qui fasse de la lutte contre le réchauffement climatique un objectif mondial prioritaire comme Obama l’a annoncé lors de sa campagne. Quant à l’Europe, forte de près de 500 millions d’habitants, faudrait-il qu’elle existe vraiment lorsque nos responsables politiques auront compris les vrais enjeux…
        Le nouveau siècle sera ce que nous en ferons, un « temps des Lumières » qui répare la planète et sauve l’humanité ou un déclin irrémédiable qui pourrait mener à l’extinction de l’espèce humaine. Les USA ont beaucoup à dire et à faire à ce sujet. Comme Martin Luther King, I have a dream

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11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 12:47

         Dans le cadre du cycle de conférences 2008 « Relever le défi de la biodiversité », organisé par l’IFORE (Institut de Formation de l’Environnement) il m’était demandé de prononcer une conférence sur le thème « le profil environnemental : un diagnostic adapté à l’urbanisme » le 7 novembre au Museum de Paris. En voici un condensé :

Le profil environnemental d’un territoire est un outil de diagnostic apparu dans les années 1990 en France. Au fil des évolutions, les problématiques environnementales ont glissé vers la notion de durabilité, notamment en matière d’urbanisme. Des réflexions restent nécessaires sur la façon d’apprécier l’équilibre entre les trois pôles du développement durable : de façon simple, le profil environnemental peut constituer l’outil central en y intégrant l’équité sociale, l’économie et la gouvernance.

Le profil de « développement durable » constitue alors un outil de diagnostic bien adapté aux documents d’urbanisme (notamment PLU, plan local d’urbanisme et SCoT, schéma de cohérence territoriale), en parallèle au PADD (plan d’aménagement et de développement durable) et en vue d’établir le zonage et de déterminer les trames vertes. Il constitue le fondement d’une démarche complète qui va de l’état des lieux à l’évaluation. Cette démarche pragmatique comporte alors trois étapes : l’établissement du profil de développement durable qui identifie les enjeux sur la base des grandes composantes ; le tableau de bord qui permet de suivre les impacts de l’opération, et donc de proposer des choix et des mesures réductrices ou d’accompagnement ; le suivi-bilan avec des phases qui correspondent à l’avancement, puis à la mise en œuvre totale.

         La typologie du profil permet une transversalité maximale en considérant les dimensions : biodiversité, pollution, ressources naturelles et économiques, risques et santé, cadre de vie, patrimoine, usages du territoire et données sociales, gouvernance. Cette démarche peut s’appliquer sans difficulté aux opérations d’urbanisme en s’adaptant à différentes échelles de territoire. La méthode reste perfectible : elle n’a pas de caractère réglementaire et elle relève de l’initiative du maître d’ouvrage qui a toute latitude pour l’adapter à sa situation spécifique.

          Un ouvrage récent présente cette démarche : LE DEVELOPPEMENT SOUTENABLE, Evaluation simplifiée dans un contexte Nord-Sud, il peut être commandé directement chez votre libraire habituel ou sur le site de l’éditeur : http://editions-harmattan.fr Des informations complémentaires, à propos de cette conférence, sont disponibles sur le site : www.ifore.developpement-durable.gouv.fr rubrique Actualités.

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3 novembre 2008 1 03 /11 /novembre /2008 18:43

       Après la réforme de l’Etat, arrive celle des collectivités locales françaises. C’est une très bonne nouvelle tant la superposition des niveaux administratifs s’est accentuée depuis 20 ans, au point de devenir totalement illisible par le citoyen de base quand ce n’est pas par les élus eux-mêmes. (Voir aussi nos chroniques « Ferez-vous le 11 ? » du 22-01-08, « Faut-il supprimer les départements ? » du 11-03-08 et « DREALement vôtre ? » du 02-09-08). Un rapport parlementaire d’octobre 2008 préconise de « supprimer progressivement les pays, en prévoyant un transfert de leurs activités aux intercommunalités. »
     Les pays ont été créés afin d’inscrire l’action publique dans une cohérence territoriale qui faisait défaut, jusque là, aux structures existantes. Créés par la loi de 1995 pour l’aménagement et le développement du territoire (LOADT) et réformés par la loi de 1999 relative à l’aménagement et au développement durable du territoire (LOADDT), les pays sont définis comme des regroupements de communes liés par une communauté d’intérêts en raison de leur appartenance à un territoire caractérisé par une cohésion géographique, culturelle, économique ou sociale. En 2008, Le territoire français compte 371 pays, concernant 47 % des Français et 81 % de la superficie métropolitaine (voir le site www.paysdebray.org ). Les pays sont des territoires de projet qui épousent bien les bassins de vie, ils impulsent une réflexion coordonnée des acteurs locaux sans être porteurs de compétences spécifiques. C’est bien toute l’ambiguïté des pays que d’impulser sans gérer…
       Les pays sont dotés d’une charte qui exprime le projet de développement durable du territoire et vise à renforcer les solidarités réciproques entre la ville et l'espace rural. Le pays se rapproche d’un réel niveau d’administration en étant doté d'un conseil de développement, composé de représentants de la société civile, qui peut être consulté sur toute question relative à l'aménagement et au développement du pays. Les pays ont ainsi évolué vers la création, de fait, d’un nouvel échelon administratif (un pays peut être le support d’un SCoT : Schéma de cohérence territoriale). Certains parlementaires estiment, maintenant que la couverture intercommunale du territoire français est très avancée, que les pays ont rempli leur rôle et donc perdu leur justification. C’est aller un peu vite en besogne par rapport à des structures innovantes et aptes à la prospective.
       Pour évoluer, il y a trois pistes possibles : 1 - la pire, ne rien changer, une dérive trop fréquente des réformes à la française ; 2 - supprimer les pays en regroupant des intercommunalités existantes pour « coller » à des bassins de vie réels ; 3 - faire évoluer les pays vers des subdivisions administratives de proximité des Régions, en supprimant les départements et les cantons, devenus obsolètes.

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28 octobre 2008 2 28 /10 /octobre /2008 08:01

         Les clos-masures sont emblématiques du pays de Caux (le triangle Rouen, Le Havre, Dieppe) et à ce titre suscitent un intérêt important, alors même qu’ils sont menacés. Dans ces clos, l’habitation et les dépendances agricoles sont dispersées au sein d’une cour plantée de pommiers, fermée par un talus planté d'arbres, auquel s'oppose l'étendue des plaines agricoles, très ouvertes. Cette organisation du territoire rural et les formes paysagères et bâties associées ne se rencontrent nulle part ailleurs et l'origine en semble bien mystérieuse.

Ceci explique le souhait du Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et d’Environnement de la Seine-Maritime de rassembler dans un ouvrage les connaissances sur les clos-masures afin de sensibiliser aux menaces et aux scénarios d’évolution. Cet ouvrage est sans doute le plus complet et le plus transversal écrit à ce jour sur le sujet, car il aborde le clos-masure tant du point de vue historique que paysager, écologique que fonctionnel. L'évolution lente du paysage cauchois ne doit pas faire croire que désormais tout doit se stabiliser. Différentes évolutions sont en effet envisageables, mais toutes doivent prendre en compte les dynamiques actuelles ou futures.

Le premier scénario envisagé prolonge la logique actuelle. On peut craindre que l’issue soit la disparition des clos-masures à une échéance d’environ 20 ans. Dans cette logique, le développement rural se fait au détriment de l’espace agricole. La forte pression foncière qui tend vers un développement de l’habitat dans les communes rurales et la volonté d’implanter des zones d’activités sur tout le territoire engendrent une réduction des terres agricoles. Les formes d’urbanisation sont mal maîtrisées ou inadaptées.

Le second scénario invite à une mutation fonctionnelle. En fonction des évolutions prévisibles, il convient d’imaginer une nouvelle organisation de l’espace et définir des stratégies avec un fort souci d’adaptation aux modifications climatiques. Dans ce contexte, la forme paysagère du clos-masure peut être maintenue et développée. On constate une chute des productions de l’agriculture mono-spécifique et une réduction de la place de l’automobile. Les énergies alternatives se développent et la concentration de l’habitat s’impose en centres urbains et à proximité des zones d’activités.

Clos-masures et paysage cauchois – Editions Point de vues, pour le CAUE, 256 pages : cet ouvrage, à paraître le 7 novembre 2008 (en librairie fin novembre, 29 €), est le résultat d'un travail collectif. Sa rédaction a été assurée par Virginie MAURY-DELEU paysagiste, Blandine HARDEL géographe, Olivier GOSSELIN architecte, Gilles PESQUET graphiste, Philippe FAJON archéologue et Michel LEROND écologue. Voir le site : http://www.caue76.org Souhaitons que cet ouvrage puisse contribuer à ce que l’histoire du Caux… ne soit pas close.

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21 octobre 2008 2 21 /10 /octobre /2008 10:20

       C’est la crise : financière, puis inévitablement économique, ensuite sans doute sociale et enfin peut être politique. On peut s’inquiéter ou éviter de se faire peur, selon son tempérament, ce qui est sûr c’est l’impuissance face à la crise, pour en expliquer tant les causes réelles que les conséquences et sa durée.

Certes les dirigeants du monde se mobilisent pour éteindre l’incendie, faute de l’avoir empêché. Sans doute cette crise résulte-t-elle d’une dérive des procédures financières, mais n’est-elle pas aussi l’aboutissement logique d’une société-fric à laquelle nombre d’entre nous collaborent. On peut s’interroger sur les fondements éthiques du boursicotage, mais aussi sur les fondements éthiques des jeux d’argent, lotos, casinos et autres hippodromes auxquels la publicité nous invite en permanence… Il y a là comme une subordination du réel au virtuel. La confusion devient surréaliste quand la banque portugaise Best lance un nouveau placement jumelé avec un pari sur l’élection américaine : le bon pronostic rapportera 8 % au placement, contre seulement 2 % pour le mauvais !

On peut se demander aussi comment se fait-il que des dirigeants qui promettent depuis des années, voire des décennies, de « moraliser le capitalisme », supprimer les parachutes dorés ou revaloriser le travail, soient toujours en place. Comment se fait-il puisque c’est nous qui les élisons… Ainsi nous avons accepté, de fait, de débloquer 1 300 milliards € pour sauver les banques en Europe, soit 40 fois la somme nécessaire à nourrir pendant un an 1 milliard d’affamés des pays pauvres…

Au-delà des crises financière et économique, il s’agit d’une crise globale, culturelle, une crise de sens. Les conséquences de cette crise financière risquent d’être amplifiées par la crise de l’énergie (le prix du pétrole baisse artificiellement et pour une courte durée) et celle du climat (pendant la crise, le réchauffement continue). L’objectif politique actuel est de relancer la machine économique, alors même que cette crise financière aurait pu être l’occasion d’une pause puis d’une inflexion de la sacro-sainte croissance… Les experts du climat et de l’énergie ne cessent pourtant de rappeler que la recherche illimitée de croissance économique est incompatible avec la pérennité de notre environnement.

Il nous faut quitter la société-fric pour aller vers un éco-humanisme.  L’impuissance politique actuelle est celle des dirigeants, mais elle est aussi la nôtre, à nous d’en tirer la leçon.

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