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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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24 juin 2008 2 24 /06 /juin /2008 08:25

C’est en 1966 que René Dumont publiait son fameux ouvrage « L’Afrique est mal partie » (http://www.editionsduseuil.fr). Le diagnostic pessimiste de Dumont semble revenu d’actualité avec les récentes émeutes de la faim. Avec près d’un milliard d’habitants sur un continent de 30 millions de km2, l’Afrique offre environ 210 millions d’hectares cultivés, sur des sols souvent fragiles et peu fertiles, et peine à nourrir sa population. Mais elle détient aussi des métaux et du pétrole qui suscitent des convoitises. Le prix Nobel de la paix, attribué en 2004 à Wangari Maathai (originaire du Kenya) symbolise le lien profond qui lie la paix à la gestion durable des ressources.

Certes le colonialisme n’a pas toujours impliqué les meilleurs choix pour l’Afrique, notamment en soutenant des dirigeants, parfois corrompus, ou en encourageant la fuite des élites vers le Nord. Les conséquences de ce gâchis, comme la déforestation, l’assèchement des lacs, l’urbanisation incontrôlée, entraînent aussi la dégradation des terres et la diminution de la biodiversité…

L’Afrique aussi est entrée dans la mondialisation et se laisse courtiser par la Chine, l’Inde, le Brésil ou les Etats-Unis, chacun de ces pays ayant pris conscience de l’énorme potentiel africain. Les Chinois, notamment, sont omniprésents, générant un tremblement de terre géopolitique aux dépens de la France, en particulier. Et au profit de qui ?

Remettre l’agriculture locale au cœur des politiques africaines doit être une priorité, pour déclencher une « révolution verte ». Pour se préserver, l’Afrique doit compter sur son propre potentiel agricole et forestier. C’est une chance historique pour son développement économique, pourvu qu’elle sache gérer ce patrimoine inestimable comme il doit l’être : avec modération et sagesse. L’Afrique centrale constitue le deuxième poumon de la planète, après l’Amazonie, et réunit plus de la moitié des écosystèmes majeurs du continent africain. Les forêts, si elles étaient bien gérées, pourraient contribuer à une certaine prospérité.

Les dirigeants africains, ou certains d’entre eux au moins, ont bien compris la signification profonde de ces bouleversements : « nous faisons partie des nouvelles puissances de la biodiversité » affirme Joseph Endundo, ministre congolais de l’environnement. Le défi à relever est énorme mais doit être enthousiasmant pour une jeunesse africaine qui a une mission planétaire à accomplir : nourrir sa propre population tout en préservant une part essentielle de la biodiversité pour la survie de toute la planète et inventer un système économique qui améliore le niveau de vie des Africains en respectant ce patrimoine fabuleux.

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17 juin 2008 2 17 /06 /juin /2008 07:15

Entre la question du Tibet, le tremblement de terre du Sichuan et bientôt, les Jeux Olympiques, la Chine est décidément en permanence dans l’actualité. La Chine, reconnue comme « l’atelier du monde », n’est plus un pays sous-développé, mais au contraire, elle a atteint le niveau de développement de la France au début des années 1960… et devrait nous avoir rattrapé avant 2030. La Chine est déjà d’ailleurs parfois en avance, là où on ne l’attendait pas forcément, dans le domaine de l’environnement, comme à Shanghaï où les scooters électriques sont légion.
         Certes, la Chine a maintenant dépassé les Etats-Unis en matière d’émission de CO2 en devenant le premier émetteur mondial. Certes les lacs sont asphyxiés par les rejets industriels. Certes la Chine va devoir construire 400 villes d’ici 2030 pour accueillir environ 300 millions de ruraux qui seront ainsi submergés par le smog. On pourrait multiplier les exemples de dégradations de l’environnement et montrer combien les Chinois passent par les mêmes chemins que nous autres Européens, si ce n’est le changement d’échelle.

Si l’on positive un peu pour croire à l’avenir, il faut convenir aussi que la Chine emprunte notre itinéraire, en allant plus vite que nous, y compris en termes de remédiation. C’est ainsi qu’est née en Chine une conscience écologique (même si les militants écologistes sont parfois durement réprimés), que des paysans se révoltent contre la pollution, que la population soutient parfois ces militants et que le nombre des ONG (plus ou moins « officielles ») ne cesse d’augmenter.

Sans doute, les discours du président Hu Jintao sur la Chine « future civilisation écologique » sont-ils de circonstance, mais l’Agence chinoise de l’environnement (SEPA) va être érigée en ministère et le Programme national sur les changements climatiques (NDRC) a été présenté comme la « loi fondamentale » guidant la Chine. En matière d’urbanisme, le concept d’écoquartiers est dépassé pour aller vers des « écovilles », comme Dongtan près de Shanghaï, qui devra assurer son autonomie énergétique.

Ne soyons pas dupes, il restera énormément à faire pour lutter contre les pollutions et les atteintes à la biodiversité. Néanmoins l’empire du Milieu semble bien avoir intégré l’importance des questions environnementales et peut-être même se souvient-il qu’un autre empire, l’URSS, s’est effondré il n’y a pas si longtemps pour diverses raisons politiques, dont la rébellion des populations contre les atteintes insupportables à leur milieu de vie.

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10 juin 2008 2 10 /06 /juin /2008 07:41

         Vous roulez sur la route droite et plane, en sifflotant, tout va bien. Soudain, la route devient brillante et la voiture glisse latéralement, vous ne maîtrisez plus la direction, la voiture virevolte comme une danseuse, vous heurtez la glissière de sécurité dans un grand fracas, ou pire vous sombrez dans le fossé. Après un moment, sonné mais vivant, vous constatez la situation : la voiture est cabossée, vous êtes contusionné, vous ne sifflotez plus… Une malencontreuse plaque de gas-oil vous a fait déraper et vous n’avez pas su ni l’anticiper, ni l’éviter.

Qui sait si la société française ne va pas déraper, elle aussi, sur une plaque de gas-oil ? Ces derniers temps, les manifestations se sont multipliées contre le prix des carburants et particulièrement du gas-oil. D’abord les pêcheurs, puis les agriculteurs, chauffeurs de taxis, ambulanciers, camionneurs, etc. bloquent les routes ou les villes, s’en prenant davantage aux innocents plutôt qu’aux responsables…

Le scoop du prix du pétrole date un peu puisque dès le premier choc pétrolier de 1973 (il n’y a que 35 ans !) on savait que le pétrole serait bientôt de plus en plus rare et cher… Mais qu’a donc fait la classe politique, autiste, depuis 35 ans, en allant à contre sens des perspectives, privilégiant toujours plus la route aux dépens du rail et accélérant l’étalement urbain.

Maintenant que nous sommes le dos au mur, il faudrait expliquer, définir vite des orientations nouvelles et convaincre de la nécessité de changer les modalités de nos déplacements. Au lieu de cela, on assiste à une démagogie éhontée du pouvoir qui consiste à faire croire que l’on va prendre des mesures palliatives. Certes, accompagner une profession en mutation profonde est normal, cela s’appelle la solidarité nationale. Mais soutenir les pêcheurs pour prélever des poissons de plus en plus rares avec du pétrole de plus en plus cher, c’est aller à l’encontre du bon sens qui voudrait que l’on accompagne plutôt la reconversion professionnelle des pêcheurs. Les mesures prises ne pourront être qu’anecdotiques, reportant les charges de l’usager sur le contribuable et ainsi mécontentant tout le monde au final, sans rien régler.

Le prix des carburants atteindra prochainement 2, puis 3 € le litre, peut être davantage, que ferons-nous avec la démagogie d’un côté et la « prise d’otages » de l’autre ? Gare à la radicalisation des manifestants, à la violence des gens qui se sentent étranglés, trahis et abandonnés. Gare au dérapage sur une plaque de gas-oil !

 

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3 juin 2008 2 03 /06 /juin /2008 08:15

        La planète pourra-t-elle nourrir 9 milliards d’habitants d’ici 2050 ? La question est d’autant plus pertinente qu’aujourd’hui, sur les 6,5 milliards de Terriens, 2 sont mal nourris (dont 80 % habitent les zones rurales) et 850 000 souffrent de la faim. Au-delà des explications conjoncturelles (modifications climatiques, agrocarburants, progression de la demande et spéculation), il faut prendre en compte aussi le manque de considération pour l’agriculture. Ainsi la planète semble redécouvrir brutalement l’importance stratégique de l’agriculture vivrière. Il faut maintenant assurer l’autosuffisance alimentaire d’un pays, d’une région, d’un territoire, ce qui suppose une réorientation totale de l’agriculture autour des savoirs locaux, notamment dans les pays du Sud.

Il est urgent de redécouvrir « l’agro-écologie », afin de prend en compte les processus écologiques dans le système agricole, comme le faisaient les paysans d’autrefois. C’est du coup redonner de l’importance aux « petits paysans » que les grandes exploitations et un système productif destructeur ont littéralement laminés. Les femmes ont un rôle à jouer dans ce secteur qui se féminise, comme beaucoup d’autres, plus sensibles qu’elles sont à la diversification et la protection de l’environnement.

C’est, simultanément, d’une double révolution dont l’agriculture a besoin, à la fois écologique et technologique. Pour nourrir la population mondiale à venir, il faudrait… doubler la production, ce qui sera difficile sans une meilleure maîtrise de la natalité. Le paysan, devenu exploitant agricole puis chef d’entreprise industrielle va devoir se transformer en ingénieur biologiste, afin de savoir accélérer les processus biologiques tout en respectant les ressources.

Cette révolution paysanne nécessite un fort développement de la recherche appliquée pour améliorer la production, tant sur le plan qualitatif que quantitatif, tout en sauvegardant l’eau, les sols et la biodiversité. Les « culs-terreux » savent cela intimement, mais perçus comme plaintifs et conservateurs, ils doivent inverser leur image pour s’affirmer comme nourrisseurs de la population et sauveurs de la planète.

Il est urgent de faire évoluer l’agriculture vers une priorité des politiques publiques afin d’assurer le besoin primaire de nourriture, en soutenant notamment la petite agriculture familiale. C’est en effet la petite exploitation qui nourrit d’abord ses gestionnaires, qui s’adapte le mieux à la demande locale et crée des emplois stables. Il faut aussi que les consommateurs fassent leur propre révolution en privilégiant les produits locaux de saison et en ne faisant plus de l’expression « paysan » une injure, mais un compliment.

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26 mai 2008 1 26 /05 /mai /2008 16:54

       Dans le cadre de l’Association des Directeurs des Services Techniques Départementaux (ADSTD) et des COTITA (Conférences Techniques Interdépartementales des Transports et de l’Aménagement) il m’était demandé de prononcer une conférence sur le thème de « l’étalement urbain et les perspectives d’évaluation des routes du futur » le 15 mai à Alençon (Orne). En voici un condensé :

Les études d’impact relatives aux infrastructures routières ont beaucoup évolué et la mise en œuvre de suivis a été efficace quand à la définition des tracés et leur intégration la moins dommageable dans l’environnement. Il apparaît nécessaire maintenant d’intervenir plus en amont de cette évaluation avec une démarche prospective.

L’étalement urbain, entre autre, est une préoccupation montante, tant en termes de consommation d’espace que d’énergie ou de foncier. Ses impacts supposent de repenser les transports et la route en particulier. La conjonction des modifications climatiques et de la raréfaction des énergies fossiles est aussi un facteur d’interrogation sur les modes de transports du futur et leurs infrastructures, en particulier dans les contextes urbains et péri-urbains.

Ces questions fondamentales amènent à repenser l’aménagement du territoire avec le souci de réduire les distances travail – résidence ou encore privilégier les circuits courts de distribution des marchandises. Se pose naturellement le problème de la localisation des emplois et des services, dans le contexte de l’étalement urbain, en péri-urbain mais aussi en milieu rural. Cette transformation suppose de densifier les centres urbains, assurer la mixité des fonctions des villes, développer des sources d’emploi local en milieu rural et développer les transports collectifs des personnes.

Une méthode souple d’évaluation permet de prendre en compte ces questions dans un esprit de transparence et de concertation. Des cas concrets ont déjà été mis en œuvre en France, en Basse et Haute-Normandie, Centre, Pays de Loire et Réunion. La méthode n’a pas de caractère réglementaire et elle relève de l’initiative du maître d’ouvrage qui a toute latitude pour l’adapter à sa situation spécifique. Un ouvrage récent présente cette démarche : LE DEVELOPPEMENT SOUTENABLE, Evaluation simplifiée dans un contexte Nord-Sud, il peut être commandé directement chez votre libraire habituel ou sur le site de l’éditeur : http://editions-harmattan.fr

Des informations complémentaires, à propos de cette conférence, sont disponibles sur le site : http://www.cete-normandie-centre.equipement.gouv.fr rubrique COTITA.


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20 mai 2008 2 20 /05 /mai /2008 09:15

          Le 8 mai, comme chaque année, et jusque dans le plus petit village, la France a commémoré la fin de la seconde guerre mondiale, terminée officiellement le 8 mai 1945 au lendemain de la capitulation sans condition de l’Allemagne nazie.

Le 10 mai, à l’initiative de Jacques Chirac reprise par Nicolas Sarkozy, a été commémoré l’abolition de l’esclavage en France.

Certes, il faut se souvenir des guerres, génocides et autres crimes qui ont entaché le 20ème siècle. Il est indispensable de conserver la mémoire de ces faits, même s’il eut été sans doute plus judicieux, comme l’avait proposé Valéry Giscard d’Estaing, de rassembler toutes ces commémorations en un seul jour, un « Memorial day » à l’américaine, plutôt que de multiplier les dates anniversaires qui ne manquent pas de susciter maintes polémiques de caractère historique.

Mais entre le 8 et le 10 mai, vous avez entendu ce silence assourdissant… Pourtant le 9 mai, c’est la Fête de l’Europe. C’est en effet le 9 mai 1950, qu’à l’initiative de Jean Monnet, « père de l’Europe » et de Robert Schuman, ministre français des Affaires Etrangères, est née la CECA (Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier), ancêtre de l’Union Européenne. En 1985, les Etats membres ont décidé de fêter la Journée de l’Europe chaque année, dans tous les pays européens, pour rendre hommage à ce moment fondateur que fut le 9 mai 1950.

Ainsi, en France, on commémore à tout va des faits historiques, alors que l’on passe sous silence la création de l’Europe, fait majeur et pacifique du milieu du siècle dernier. Pourtant, l’Europe est une magnifique opportunité pour affronter les grands défis du 21ème siècle naissant, que ce soit en termes d’énergie (comme à l’origine de l’Europe !), de prévention des risques climatiques, de préservation de la biodiversité ou de l’eau.

Ce silence signifie-t-il que nous préférons nous réfugier dans un passé, parfois calamiteux, plutôt que nous projeter dans un futur qu’il faut reconstruire ensemble ?

Mais au fait, qui donc déclarait à Dakar le 26 juillet 2007, à propos des Africains : « Jamais l'homme ne s'élance vers l'avenir. Jamais il ne lui vient à l'idée de sortir de la répétition pour s'inventer un destin ». Puissions-nous, nous autres Européens nous inventer un destin et nous élancer vers l’avenir…

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13 mai 2008 2 13 /05 /mai /2008 09:21

         Dans mon village de Normandie, il y a le « Grand Mont », témoin de l’effondrement du bombement calcaire initial de l’ère tertiaire. L’érosion a entamé le substrat en laissant des buttes témoins, plus dures. Cette forme élevée, arrondie et douce, avec son flanc creusé du « Fer à Cheval », ne manque pas de susciter la curiosité du fait de sa grande originalité parmi nos paysages.

Le Grand Mont constitue un patrimoine important, tant pour sa valeur paysagère (une des plus importantes buttes témoins du Pays de Bray, même si l’altitude n’est que de 186 mètres) que pour l’intérêt de sa végétation (présence d’orchidées sauvages, de gentianes d’Allemagne et autres plantes caractéristiques des coteaux calcaires). Une centaine d’espèces de plantes, dont une dizaine d’espèces d’orchidées (2 à 4 000 individus selon les saisons), font de ce site un des plus riches de toute la Haute-Normandie.

Ce sont ces arguments qui ont justifié que le Grand Mont soit inscrit, depuis une vingtaine d’années, à l’inventaire ZNIEFF, établi par le ministère en charge de l’environnement. Depuis un an, le Grand Mont est également inscrit à l’inventaire Natura 2000, recensement européen des sites naturels importants.

Tout cela est connu : un dossier de protection-gestion a été monté depuis quatre ans avec un rapport documenté (sans succès pour le moment), deux articles ont été publiés dans le bulletin municipal, plusieurs visites ont été faites sur place pour des groupes, des élus locaux ou des responsables des services concernés et l’agriculteur exploitant (un homme charmant et à l’esprit ouvert) a été informé.

Après avoir été longtemps pâturée par des moutons, une partie du site a été mise en jachère agricole, seulement entretenue de façon douce à l’automne, dans le contexte de la PAC qui visait à réduire la surproduction. Mais voilà que les temps changent : la PAC s’inverse pour inciter à produire davantage, et donc remettre en culture les jachères, avec obligation administrative.

Ces derniers jours, le coteau ouest en jachère, a été traité au désherbant, puis le terrain a été fumé pour être mis en culture. La station est détruite pour des années, ou des décennies…

Tout cela en « direct-live », sous nos yeux incrédules, impuissants que nous sommes… Au vu de ce spectacle, j’ai ressenti comme une convulsion, une montée de larmes qui ne s’épanouit pas… Est-il venu le temps de désespérer définitivement ? Faut-il croire encore en la raison des hommes ?

Sans doute la station renaîtra-t-elle un jour. A partir du Fer à Cheval, on peut imaginer une nouvelle expansion de la végétation sauvage. Gilbert Bécaud chantait « Quand il est mort, le poète. Le monde entier pleurait ». Le Grand Mont, patrimoine de mon village… planétaire : la Terre survivra sans doute, quant aux hommes ?...

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6 mai 2008 2 06 /05 /mai /2008 09:40

        Il a été beaucoup question de démocratie participative ces derniers temps et l’expression est devenue très tendance. L’affirmation que le fossé se creuse entre la « classe politique » et la population est étayée par de nombreux constats. Tout se passe comme si les décisions des élus étaient perçues comme de plus en plus déconnectées des réalités (Voir notre chronique « Vive 2008 ? » du 8-01-08). Pourtant, la concertation, la participation du public, le débat public sont de plus en plus présents dans de nombreux processus décisionnels. Ceci est particulièrement vrai dans le domaine de l’urbanisme, de l’aménagement du territoire et plus largement de l’environnement où la procédure d’enquête publique est réglementaire. Dans ce contexte où il est question de façon récurrente de démocratie participative, il y a lieu de s’interroger sur l’efficacité réelle des procédures en cours. D’abord, nombreux sont ceux qui revendiquent la démocratie participative sans l’avoir vraiment définie et sans en avoir précisé les règles.

De fait, on constate que la concertation est souvent « phagocytée » par des groupes de pression. Tantôt comités de défense qui confondent parfois préoccupations personnelles, certes légitimes, avec intérêt général. Tantôt lobbies, dont le lobby associatif dit de « défense de l’environnement », qui s’appuie trop volontiers sur des positions a priori plutôt que sur une analyse globale de la situation soumise à concertation. Dans le cas des enquêtes publiques, et plus encore dans les commissions « officielles », la société civile est, de fait, représentée par des associations… pas toujours représentatives. Les professionnels ne sont quasiment pas sollicités, et les élus locaux bien peu. Il faut donc améliorer ce système pour associer davantage les professionnels et la population. On pourrait faire le parallèle avec l’entreprise où les négociations se font avec des syndicats archi minoritaires.

La prétendue « démocratie participative » ne devient-elle pas dans ce cas une dérive de la simple démocratie en accordant une audience aux groupes de pression bien au-delà de ce qu’ils représentent réellement. Le Grenelle de l’environnement en est un des exemples les plus criants ! Si l’on s’interroge sur les principes démocratiques fondamentaux, la démocratie dite « participative » ne serait-elle pas tout simplement la démocratie représentative que nous pratiquons habituellement pour les élections « politiques ». Si le public ne s’y retrouve pas, c’est que cette démocratie-là fonctionne mal, en n’étant pas suffisamment partagée au-delà d’une « classe politique » restreinte.

Comment remédier à cela si ce n’est en permettant un partage du pouvoir beaucoup plus grand (Voir notre chronique « Ferez-vous le 11 ? » du 22-01-08).

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29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 09:30

A propos d’habitat aussi, on ne parle plus que développement soutenable. Réjouissons-nous que l’architecture, enfin, fasse grand cas de l’environnement. Ici ou là en France, les expériences et projets pilotes se multiplient.

Ainsi, l’architecture bioclimatique est devenue très tendance, même si sous ce vocable « nouveau » se cache bien souvent un retour au simple bon sens. Quoi qu’il en soit, l’architecture bioclimatique essaie de tirer profit des conditions naturelles en veillant à l’exposition du bâtiment, à exploiter des énergies renouvelables et utiliser des matériaux respectueux de l’environnement.

Partout, les réalisations se multiplient, en privilégiant surtout les innovations énergétiques, de la maison individuelle jusqu’aux éco-quartiers, en passant par toute sorte d’équipements collectifs. Un cas particulièrement intéressant est celui du Logis d’Osmoy, réalisé par le Collectif Poitevin pour le Logement et Sipea Habitat à Poitiers. Cette résidence a été lauréate du prix Confort de vie 2007 qui récompense les réalisations répondant aux critères d’accessibilité pour tous, de respect des exigences de développement soutenable et de basse consommation d’énergie. Cette maison relais offre une alternative de 14 logements pour des personnes en situation d’isolement ou de désocialisation. Des informations complémentaires sont disponibles sur les sites : www.asso.agglo-poitiers.fr/fiche.php?fiche_id=438&offset=238&ID_ville=8 et www.sipea-poitiers.fr

Sans doute peut-on aller plus loin encore, comme l’envisage le conseil régional de Haute-Normandie, en conditionnant les aides à la construction par le recours obligatoire à la HQE (Haute Qualité Environnementale).

Pourtant une préoccupation majeure de la fin du 20ème siècle, à savoir respecter les grandes caractéristiques régionales des constructions, semble assez oubliée dans cette nouvelle donne de la construction. Sous prétexte de maison « en bois » ou « bioclimatique », il semble que l’on excuse tout le reste. On pourrait pousser un peu plus loin la démarche et, à cette occasion, réinventer un habitat régionalisé, ceci particulièrement en milieu rural.

Comme toujours les bonnes idées ont aussi leur revers. Des constructeurs européens de maisons individuelles vont bientôt commercialiser des maisons préfabriquées, économiques et… écologiques. Veillons à ne pas tomber dans les écueils de la standardisation monotone de nos campagnes au prétexte… d’écologie.

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22 avril 2008 2 22 /04 /avril /2008 09:19

           Extrait de « Lettre de mon village… planétaire » (ma lettre professionnelle) N° 10, mai 2008, en avant-première pour les lecteurs de ce blog. Les personnes intéressées peuvent demander cette lettre (numérique ou papier) à michel.lerond@wanadoo.fr

Cette lettre professionnelle N° 10 sera la dernière. C’est en 1992 qu’a été publiée la première, afin de maintenir un contact avec mes amis et relations professionnelles. Voilà donc plus de 16 ans que j’exerce la profession de consultant en environnement. Sans que cela puisse être démontré, je fus l’un des tous premiers à exercer ce nouveau métier. J’en ai retiré beaucoup de satisfactions, en intervenant sur tout le territoire national et en participant à la belle aventure de l’avènement de l’évaluation environnementale. J’ai appris énormément dans cette fonction, notamment combien notre planète, notre pays, notre région, sont endommagés sur le plan environnemental, malgré les progrès considérables qui ont été accomplis depuis une vingtaine d’années. Mais j’ai eu le plaisir aussi de constater combien progresse la prise de conscience de la nécessité d’agir sans plus attendre.

Auparavant, j’avais créé et dirigé pendant une décennie l’Observatoire Régional de l’Environnement de Haute-Normandie, structure qui a évolué vers une agence régionale en 1996 ; j’en suis fier. Là, j’avais appris la patience pour voir l’aboutissement d’une idée simple : rassembler l’information sur l’environnement régional pour la rendre plus accessible. Mais j’ai aussi pu expérimenter le fait que la détermination d’une petite équipe peut vaincre bien des obstacles pour faire avancer des idées qui n’étaient pas encore largement partagées à l’époque.

Avant encore, une décennie passée au Museum de Rouen m’avait procuré les joies de la vulgarisation scientifique, et appris que l’on a toujours tort d’avoir raison trop tôt. La pédagogie de la nature était un concept élitiste dans les années 1970 et vouloir faire du Museum, ce concept du 19ème siècle, un lieu de culture et un outil pour l’avenir relevait  quasiment  de  la  provocation.  Des  divers projets de rénovation, aucun ne vit le jour et l’établissement fut même fermé pendant dix ans, pour « raisons de sécurité ». Quelle joie de le voir réouvert maintenant, avec des perspectives d’évolution.

Plus tôt encore, c’était en 1961, autant dire la Préhistoire, j’avais créé le Club International des Naturalistes Bucheois. Le « Village planétaire » déjà, soit un réseau de correspondants naturalistes (par courrier postal bien entendu) entre une soixantaine de jeunes d’une dizaine de pays et les quelques naturalistes amateurs de Buchy (mon village natal en Normandie), sous le patronage d’Ernest Noury, éminent cécidologiste et figure locale. Quelle aventure pour les jeunes que nous étions à l’époque où les médias parlaient essentiellement des « Blousons noirs »…

Tout au long de ces années, j’aurai été animé essentiellement par la volonté de « faire passer le message ». Rien n’est gagné et il faut encore convaincre bien des acteurs économiques, des élus et une partie du grand public.

Maintenant que le terme de ma « carrière » se profile à l’horizon, j’achève les prestations en cours et souhaite poursuivre cette démarche, initiée il y a près de cinquante ans en vous donnant rendez-vous sur mon blog (www.michel-lerond.com). Là nous pourrons échanger encore sur les constats, les avancées en matière d’environnement et de développement soutenable, et aussi de tout ce qu’il reste à faire.

Emma, Victor, Lucien et leurs copains sont nés avec le siècle ; eux n’auront pas à tergiverser avec les questions qui nous animent depuis si longtemps, ils devront agir vite et avec une grande efficacité. Puissions-nous leur ouvrir quelques voies, leur donner quelques clés pour que tout cela n’ait pas été inutile.

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