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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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9 mai 2021 7 09 /05 /mai /2021 09:14

L’agriculture française est en train d’évoluer face aux questions que posent le dérèglement climatique, l’érosion de la biodiversité et la demande des consommateurs. Peut-être une révolution est-elle en vue ? Encore faut-il que les jeunes qui souhaitent s’installer puissent le faire, compte-tenu des difficultés d’accès au foncier. Le contexte juridique et financier est tel qu’aucun jeune, hors milieu agricole, ne peut s’installer. Les surfaces disponibles vont aux gros exploitants céréaliers qui ont les moyens financiers nécessaires. C’est la raison pour laquelle vient de se mettre en place un collectif de « veille foncière brayonne » (en Normandie) auquel participent des agriculteurs, mais aussi des élus, des citoyens et associations, dans le but de faire remonter et centraliser les informations sur les terres agricoles qui se libèrent.

Le métier d’éleveur est sans doute le plus contraignant en agriculture et le moins rémunérateur, notamment en Pays de Bray. Certains éleveurs, l’âge aidant, décident de s’arrêter : 53 % des agriculteurs brayons ont plus de 50 ans et vont céder leur exploitation dans les 10 ans qui viennent ! Ce devrait être une opportunité pour des jeunes, issus du milieu agricole ou pas, en quête de sens, pour s’installer. Mais c’est là que le bât blesse, du fait des contraintes juridiques et financières qui favorisent le transfert des terres vers les grosses exploitations, céréalières en particulier, souvent déjà pourvues de plusieurs centaines d’hectares. L’impact paysager et environnemental de cette procédure est important dans la mesure où le labourage des prairies (5 % par an en Pays de Bray) pour mise en culture s’accompagne trop souvent de l’arrachage des haies et comblement des mares (90 % ont disparu). Il y a donc un tabou à lever pour aider un primo-accédant à s’installer, y compris sur des petites surfaces, plutôt qu’agrandir encore des exploitations qui flirtent avec le gigantisme. La vocation de cette veille foncière est donc bien de sensibiliser et informer afin de faciliter la transmission des fermes avec un fort souci de préservation des milieux naturels et paysages et de productions de proximité.

Face au dérèglement du climat qui assèche les terres, ou les sature en eau, à l’érosion de la biodiversité qui favorise les parasites des cultures, à la surexploitation qui amoindrit la fertilité des sols ou augmente les ruissellements… il y a urgence à revenir à des concepts qui favorisent les petites exploitations, ou a minima ne les oublie pas, plutôt que favoriser les détenteurs de capitaux, parfois peu scrupuleux. Ce collectif citoyen se donne pour objectifs de connaître les porteurs de projets qui souhaitent s’installer, de repérer les candidats à la transmission ou les offres de location et de mettre en relation les jeunes déjà installés avec ceux qui ont un projet. Cela suppose des formations qui se mettent en place avec réunions ciblées, s’appuyant sur des témoignages et des films. Plus d’informations sur https://terredeliens.org/ et des annonces sur https://www.objectif-terres.org/ et aussi sur « La France agricole »

Nourrir les hommes est une des activités les plus nobles, pourvu que ce soit avec le respect de la nature nourricière et donc en favorisant les exploitations, animatrices de nos villages et qui de plus procurent emplois et produits de qualité .                  

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2 mai 2021 7 02 /05 /mai /2021 07:59

La morale de l’histoire

Au-delà de la pandémie, il est grand temps de bien analyser ses origines et de faire en sorte qu’elle ne se renouvelle pas. Nous avons proposé de nombreuses pistes dans « Les clés de notre avenir » (Persée, 2020.- 100 p. – 10 €. En priorité chez votre libraire ou à défaut : https://www.editions-persee.fr/). Nous renvoyons ci-dessous à certaines de ces clés.

Nous voilà sans doute au dernier signal d’alerte de la biodiversité, conjuguée avec un dérèglement climatique qui s’amplifie, et les crises sanitaires qui en résultent sont là. Il faut traiter les causes plutôt que, comme à l’habitude, les conséquences. Nous n’avons plus le choix.

Notre conception de l’Etat et de l’économie vont devoir évoluer. Devant les dégâts occasionnés, l’Etat est déjà confronté à une demande énorme de biens communs au moment où, endetté comme jamais, il n’a plus de capacité financière. Notre système productif doit être complètement repensé en faisant un tri sévère entre ce qui est essentiel et ce qui l’est moins, entre ce qui relève du service public et ce qui relève des intérêts personnels (Clé 66).

          L’Etat doit améliorer le partage des richesses produites et permettre à chacun de vivre avec décence (Clé 64). Il faut socialiser et politiser la question des besoins, ainsi que les moyens d’y pourvoir pour tous (Clé 57). Par exemple, supprimer les publicités pour sortir des délires de l’hyper-consumérisme (Clé 32), et instituer une société plus égale, plus sobre, ce qui suppose un nouveau modèle économique. Les entreprises aussi doivent être démocratisées. Un service civique (Clé 75) serait indispensable. De même l’éducation (Clés 70 à 74) doit prendre en compte davantage la solidarité, le vivant, en sortant du monde des écrans qui consomme énergie et temps et renferme sur soi.

          La pandémie Covid-19 a eu aussi pour impact de faire baisser les émissions de GES, mais cela reste insignifiant au regard de la situation globale qui ne cesse de s’aggraver. L’ONU, cinq ans après l’accord de Paris pour le climat, ne cesse d’alerter sur l’insuffisance des mesures prises (Clés 1 à 9). Les années 2015-2020 ont été les plus chaudes jamais enregistrées, avec en parallèle des feux, tempêtes ou sécheresses, alors que les glaces des pôles fondent à un rythme qui s’accélère.

          Les conséquences sont déjà perceptibles en termes de dégâts occasionnés sur les cultures et donc de baisse de rendements, ce qui pourrait générer des pénuries sérieuses, et pas seulement dans les pays en développement. N’oublions pas qu’une ville comme Paris ne dispose que de trois jours de consommation alimentaire, en cas de rupture d’approvisionnement. Les solutions technologiques, sans projet de société nouvelle, sont une impasse. Soyons lucides, c’est bien d’un rationnement dont il s’agit, des énergies fossiles en premier lieu (Clé 10). Toute la difficulté va être de réduire l’empreinte carbone en respectant la justice sociale, alors même que l’Agence internationale de l’énergie s’inquiète de voir repartir les émissions de CO2 bien que la pandémie soit encore loin d’être maîtrisée et voudrait éviter un « avenir apocalyptique ».

Il ne s’agit pas de réformes à faire, mais véritablement d’une révolution. Ce sera difficile, mais combien exaltant ! Cette révolution passera nécessairement par des évolutions profondes de nos systèmes de gouvernance (Clés 83 à 90), plus participatifs.

Et Toi, comment tu vas ? Est-ce que tu es prêt à te remettre en question et à changer tes habitudes ?

 

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25 avril 2021 7 25 /04 /avril /2021 08:19

Le retour aux sources du mal

Il est important de rappeler que cette pandémie est une zoonose, une maladie issue du monde animal, et que nos modes de vie, basés sur une consommation à tout-va, sont la cause première de sa propagation. La déforestation, l’artificialisation des sols, l’extension de l’habitat et des infrastructures  provoquent des interactions de plus en plus fortes entre l’espèce humaine et le monde sauvage. Le dérèglement climatique, basé sur les mêmes causes, amplifie les phénomènes et multiplie les menaces de pandémies. Une maladie infectieuse se transmet souvent d’un animal sauvage à un animal domestique, puis à l’homme. Le développement des élevages industriels constitue un maillon favorable à cette transmission, comme on l’a vu à plusieurs reprises ces dernières années.

Les liens climat-biodiversité-pandémies sont avérés. Les phénomènes climatiques extrêmes se sont multipliés ces dernières années, avec sécheresses et incendies, pluies diluviennes, tempêtes et aussi variations importantes sur des temps courts, comme on vient de le voir avec les gels tardifs de début 2021. Ces phénomènes ont des conséquences en termes de sécurité alimentaire et génèrent des déplacements de populations et des migrations difficiles à gérer, mais aussi de possibles pénuries chez nous. Le dérèglement climatique exerce donc une pression accrue sur la biodiversité et la santé humaine, avec des conditions favorables à la progression de virus comme celui de la dengue, par exemple, dont le moustique porteur prolifère avec le réchauffement de certaines contrées.

Concernant la biodiversité, depuis 1970, plus de 60 % des animaux sauvages ont vu régresser leurs populations et actuellement, on considère qu’un million d’espèces sont menacées d’extinction ! De ce fait, une épidémie peut d’autant plus passer d’animal en animal, puis à l’homme. De plus les prédateurs comme le lynx ou le loup, par exemple, se raréfient alors qu’ils contrôlent les populations de petits rongeurs, porteurs de microbes divers. Les zones tropicales, qui présentent la plus grande vulnérabilité au climat, sont les plus concernées (l’équivalent de la surface des Pays-Bas a été détruit en 2020 !), les espèces tropicales étant peu tolérantes aux variations de températures. Ces effondrements de la biodiversité, déjà en cours pour les forêts tropicales du fait de l’agriculture et des incendies accompagnant les vagues de chaleur, sont plus avancés encore pour les milieux marins, avec notamment le blanchiment des coraux, catastrophique pour la faune marine. Il s’agit là d’une triple crise climatique, biologique et humanitaire.

          Cette pandémie de la Covid-19 peut s’installer dans la durée, ou se renouveler, elle doit nous convaincre qu’il faut changer de civilisation. L’onde de choc socio-économique sera durable et cette pandémie est révélatrice des failles de nos modes de production et de consommation. Tout cela étant conjugué et simultané avec des modifications climatiques qui s’amplifient et une érosion de la biodiversité qui atteint une ampleur inattendue. La convergence de ces crises pourrait bien précipiter, par un effet domino, l’effondrement de notre société industrielle. A partir du XIXème siècle et surtout au XXème, s’est développé le credo productiviste et industrialiste. Maintenant, certains scientifiques n’hésitent plus à envisager l’apocalypse d’une société d’abondance, fondée sur une croissance illimitée dans un monde fini…

          Nous basculons vers une autre époque et devons prendre garde à ne pas nous replier sur notre microcosme. Il va falloir concilier une vision universelle et planétaire avec un souci de relocalisation des productions et consommations. Rien n’est simple et tout est complexe. Les choix à faire vont être difficiles, risqués et souvent douloureux. Mais ne pas choisir serait la fin inéluctable de notre civilisation, incapable de gérer ses contradictions.

          Et Toi, comment tu vas ? Est-ce que tu fais des constats de ces changements à ton échelle ?

A suivre : -    La morale de l’histoire

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18 avril 2021 7 18 /04 /avril /2021 09:06

Le ressenti de la pandémie

Voilà plus d’un an que dure cette pandémie et on ne sait quand elle s’achèvera… Qui aurait pu penser qu’un an après, le monde entier serait encore bouleversé par la Covid-19, nos vies étant rythmées par cette crise sanitaire mondiale survenue en un temps très court. Avec la pandémie, nos relations aux autres ont été bouleversées. Nous avons réduit notre cercle et parfois mis en péril notre sociabilité du fait de la raréfaction des possibilités de rencontres et d’échanges. Cela peut aller jusqu’à la rupture des liens avec les amis, les enfants ou petits-enfants… avec des séquelles psychologiques, notamment pour les positifs au Corona.

Dans ce monde où le maître mot est « concurrence », entre individus, entreprises ou Etats, voilà qu’un virus a placé tous les Humains face à un ennemi commun. Dans un monde où la liberté est d’abord la sienne propre, ce virus nous incite à protéger l’autre pour se protéger soi-même. Nous voilà obligés de conjuguer liberté et solidarité. Entretenir le lien social est quasi vital, les humains ne sont pas faits pour vivre seuls.

Cependant le confinement a été aussi l’occasion de redécouvrir la douceur des rues désertes, des promenades, des longues journées sans urgence. En somme quelque chose de très banal et si nouveau. Tout ce contexte provoque une réflexion sur les vraies valeurs, les vrais amis. Les relations, même superficielles, jouent un rôle essentiel dans nos vies avec une diversification de nos réseaux habituels et des retrouvailles avec les voisins. Le confinement a aussi généré plus de solidarités avec un soutien à ceux qui se trouvent en difficulté. La voiture a été parfois un exutoire : on peut partir, en couple ou en famille, sans masques, sans gestes barrières, en prenant son temps. La voiture permet de bouger, d’avancer, parfois trop lorsque la voiture devient un défoulement et que la vitesse est un peu… excessive.

La pandémie nous a contraints à envisager notre fin, nous ramenant à l’essentiel : embrasser ses parents ou enfants, retrouver ses amis, etc. Cette ambiance particulière nous a mis en proximité avec la mort, thème largement occulté par notre société obsédée par la croissance et l’infini. Le « mérite » de cette pandémie est de nous avoir invités à imaginer l’idée d’une fin de notre civilisation, une opportunité pour nous remettre à la bonne place au sein du vivant : nous, une espèce parmi les autres.

Voilà bien la première fois que nous sommes confrontés à un évènement planétaire, aux conséquences immédiates sur nos conditions de vie et de survie, étant informés de ce qui se passe à peu près partout ! Cet évènement nous donne à comprendre que nous sommes tous liés à un destin commun, au-delà des frontières, des cultures, des religions, une formidable occasion de se sentir Humains et Terriens !

Nous pouvons ressentir les mesures prises par les pouvoirs publics comme contraignantes, ou même « dictatoriales » comme n’ont pas hésité à le proclamer certains, notamment sur les réseaux sociaux, où l’on reste le plus souvent à l’abri derrière un pseudo. En effet, ces mesures sont contraignantes si nous avons une conception de la liberté centrée sur nous-mêmes, mais elles sont aussi solidaires si nous avons une conception de la liberté qui intègre les autres. Certains qui fanfaronnent en refusant les mesures prises, ne sont pas des résistants, mais plutôt des irresponsables.

Après cet épisode nous aspirons tous à retrouver une « vie normale ». Ce qu’il faut éviter assurément pour que la vie d’après la Covid-19 ne soit pas celle d’avant crise, obsédée de développement, cause principale de la situation que nous vivons. Le confinement ne doit pas être seulement une période contraignante où l’on se plie aux injonctions des gouvernants, mais une période où l’on apprend à vivre autrement, à réinventer notre relation aux autres, à renouveler notre façon de consommer. La pandémie de la Covid-19 est une crise sanitaire, certes, mais surtout une crise de civilisation, résultante de nos erreurs passées. En bref, notre idée du progrès, synonyme de domination de la nature, est à l’origine de cette pandémie. Est-ce qu’un jour, nous allons enfin comprendre que nous vivons dans la nature et que nous ne pouvons pas nous passer d’elle.

Et Toi, comment tu vas ? Comment vis-tu cette période et quels enseignements en tires-tu ?

A suivre : -    Le retour aux sources du mal

  • La morale de l’histoire
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11 avril 2021 7 11 /04 /avril /2021 09:11

La nostalgie des langues régionales n’est pas nouvelle, mais avec la pandémie, une relance se manifeste, avec notamment les « nouveles sirculères déroquatouères »… Plusieurs régions, dont la Normandie, ont trouvé bon de traduire les dérogations de sortie en langue régionale. Comme si ce n’était pas déjà assez compliqué. C’est drôle certes, mais un peu ringard et surtout… très approximatif. Il est vrai que la campagne électorale en cours pour les élections régionales a bien besoin de relancer l’intérêt du public ! Mais de là à prétendre enseigner la « langue normande » à l’école…

Sauvegarder le patrimoine culturel régional, y compris les langues anciennes, est une bonne idée pour les chercheurs ou amoureux des mots, mais est-ce bien raisonnable que de vouloir remettre cette prétendue langue en avant pour l’expression de tous les jours ? On ne peut pas parler de langue régionale à propos du Normand. Déjà, en 1978, dans le livre « Normandie », le Caennais René Lepelley, linguiste français et spécialiste de dialectologie l’affirmait : « Si un certain nombre de ruraux utilisent encore le patois dans les rapports qu’ils entretiennent à l’intérieur de leur petite communauté, il serait faux de penser qu’ils parlent le patois normand. Il n’existe pas en effet un patois normand, mais un grand nombre de parlers locaux qui présentent entre eux de nombreuses ressemblances, mais aussi des divergences sensibles, tant dans la forme et la prononciation des mots que dans le choix du vocabulaire. » (Jean-Robert Ragache, René Lepelley, Jacques Henry, Michel Lerond, Gabriel Désert, Jean-Jacques Bertaux.- Normandie.- Paris, éditions Bonneton, 1978.- 363 p.- Livre réédité en 1986 puis 2001 !)

En somme parler Normand est un bon truc… pour ne pas se comprendre. A moins de rester entre soi dans son petit milieu confiné… à une époque où plus que jamais il faut échanger pour mieux se comprendre !

Pour ma part, moi qui suis un Terrien, je me permets d’insister, en langue terrienne universelle (Proposition N° 93 de « Les clés de notre avenir » - Persée, 2020) : Be cautiously for you and look at the future with eyes well open !

Sans omettre pour autant de conserver ma langue maternelle : Prenez bien soin de vous et regardez l’avenir avec les yeux bien ouverts !

Quant à la « langue normande » : Occup’ tai de tai et pis r’gade ben d’vant tai pou aller pu loin !

Comprenne qui pourra…

 

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4 avril 2021 7 04 /04 /avril /2021 09:04

Dès le début de ce blog nous avons attiré l’attention sur l’importance stratégique de l’agriculture vivrière. Les crises sont là pour nous rappeler qu’il faut assurer l’autosuffisance alimentaire d’un pays, d’une région, d’un territoire, ce qui suppose une réorientation totale de l’agriculture autour des savoirs locaux, notamment dans les pays du Sud. Il est urgent de faire évoluer l’agriculture vers une priorité des politiques publiques afin d’assurer le besoin primaire de nourriture, en soutenant notamment la petite agriculture familiale. C’est en effet la petite exploitation qui nourrit d’abord ses gestionnaires, qui s’adapte le mieux à la demande locale et crée des emplois stables. L’évolution du comportement des consommateurs pour privilégier les produits locaux de saison est très encourageante à cet égard.

L’agriculture a la grandeur de nous procurer la ressource la plus stratégique qui soit, notre alimentation. Le regard de la société sur l’agriculture est en train de changer et de plus en plus d’agriculteurs prennent conscience de la nécessité à la fois économique et écologique de changer de méthode. Les mesures actuelles visent à renforcer les filières courtes et à encourager la contractualisation entre producteurs et industriels. Allons au bout du raisonnement en nationalisant l’agriculture vivrière : l’Etat pourrait assurer le « service public de l’alimentation » en contractualisant (via une agence de l’alimentation) avec les agriculteurs pour définir les productions, leur qualité et leur prix. Quelle agriculture voulons-nous ? Des exploitations concentrées de caractère industriel ou une agriculture de territoire qui garantit la diversité, la qualité et le respect de l’environnement. C’est le consommateur qui reste le principal décideur !

Quel est le bilan réel de l’agriculture française ? Quel bilan écologique et quel bilan économique ? Combien coûte et combien rapporte  l’agriculture à l’environnement et à l’économie ? Pour y voir plus clair et sortir des débats biaisés, il faut mettre en œuvre une évaluation complète et objective de l’activité agricole, en considérant toute la chaîne et pas seulement le maillon qui nous convient. C’est une condition première pour repenser l’agriculture pour le futur.

L’objectif central de l’agriculture est bien maintenant de réinscrire les processus culturaux dans le fonctionnement des écosystèmes, comme cela se pratiquait spontanément autrefois. Le principe est toujours le même : composer avec la nature, plutôt que s’y opposer, même si ce n’est pas toujours simple. Cela suppose également de revoir le relationnel sociologique et économique entre les acteurs des territoires : agriculteurs entre eux, agriculteurs et industriels et aussi agriculteurs et semenciers. A cet égard, l’agro-écologie semble entrer dans les mœurs et est de plus en plus prise en compte par la PAC (Politique agricole commune). La permaculture, bien adaptée au maraîchage sur des petites surfaces, y compris en milieu urbain, peut répondre aux besoins de consommation de proximité.

Pour l’avoir souhaité depuis longtemps, je me suis réjoui du lancement début 2020, par la Commission nationale du débat public (CNDP) d’un grand débat national sur l'agriculture. Hélas, la pandémie est passée par là et le débat n’a eu, semble-t-il, que bien peu d’écho. Mais les choses bougent et c’est la première fois qu’un grand débat public est organisé en France sur l’agriculture.

Dans les années 1950, l’agriculture a connu une révolution technologique qui a rendu les agriculteurs dépendants des banques, industriels et semenciers. Tout cela s’est fait ensuite aux dépens de… 700 000 km de haies, pour rechercher des rendements de plus en plus élevés. Il aura fallu un demi-siècle pour que l’on estime à leur juste valeur les services rendus par les haies et bocages aux agriculteurs. La biodiversité hébergée par les haies compte nombre d’espèces utiles à l’agriculture, régulatrices des ravageurs, et les haies sont aussi un régulateur des vents et des ruissellements des eaux de pluie. Là encore, les choses bougent avec l’appel à projet pour replanter des haies (https://draaf.normandie.agriculture.gouv.fr/Mesure-5-2-appels-a-projet) lancé en début de cette année. L’Etat prévoit d’apporter un soutien à la plantation de 7 000 km de haies en France d’ici 2022, afin de recréer des refuges de biodiversité, stocker l’eau et retenir les sols.

Le bon sens semble de retour avec ces plantations de haies et la reconnaissance de l’agro-écologie. Encore faut-il que les jeunes, non issus du monde agricole, qui souhaitent se reconvertir dans ce type d’activité puissent le faire. En effet, les terres sont de plus en plus accaparées par d’importantes sociétés agricoles qui augmentent encore leurs centaines d’hectares avec les conséquences que l’on sait sur le retournement des prairies, l’arrachage des haies, l’érosion des sols et l’appauvrissement de la biodiversité… Sans parler du bilan carbone de ces exploitations qui recourent à des engins agricoles qui s’apparentent à de véritables monstres… et aussi un peu préjudiciables au réseau routier rural.

Les choses bougent. Une révolution positive est possible. Le voulons-nous vraiment ? L’Europe s’engage de plus en plus vers un soutien des formes d’agriculture respectueuses de l’environnement. La décision finale nous appartient, en tant que consommateurs !

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28 mars 2021 7 28 /03 /mars /2021 09:31

Malgré les nobles intentions, il est avéré que l’enseignement des sciences à l’école a de grandes marges de progrès… Il semble que 20 % seulement des professeurs des écoles traitent le programme scolaire en totalité. Mais pourquoi donc ? Tout simplement parce que les enseignants sont majoritairement des littéraires peu formés aux sciences. Leur formation initiale ne compte que quelques heures de sciences et depuis 2014, l’épreuve de sciences et techniques n’est plus obligatoire au concours de professeur des écoles. Il n’est donc pas surprenant que dans le classement des pays de l’UE, la France soit avant dernière pour le niveau scientifique des élèves. Pourtant, les connaissances scientifiques sous-tendent de nombreuses questions d’avenir de notre société : énergie, environnement, santé. Alors que la crise de la Covid-19 a mis en avant les scientifiques, ceux-ci sont souvent décrédibilisés au regard du public, ce qui atteste d’une crise de la culture scientifique. Faut-il rappeler que la science consiste à analyser des faits pour leur donner une interprétation rationnelle. Enseigner la science, c’est apprendre à raisonner, apprendre la vie.

Parmi les questions scientifiques à enseigner, la priorité devrait revenir au développement soutenable et ses composantes. Comme nous l’avons souvent rappelé, si les fondamentaux de l’école sont bien lire, écrire et compter, ils doivent aussi intégrer les bases de notre relation biologique à la nature, ceci dès la maternelle et le primaire. Au cours des études secondaires, il convient de donner à l’écologie/environnement/développement soutenable le rang de discipline principale. En supérieur, il faut enseigner les données concrètes relatives au triptyque : bases de l’écologie/comportement individuel/gouvernance collective dans toutes les disciplines. Enfin, en formation professionnelle et continue et pour toutes les formations, il faut enseigner les aspects spécifiques des professions concernées quant à leur impact sur la nature.

Cela signifie que plutôt que d’accumuler les savoirs, il convient d’apprendre la curiosité, la rigueur et l’esprit critique. C’est dans cet esprit qu’à la rentrée prochaine, près de Fécamp, va ouvrir l’école maternelle de la forêt, inspirée des Forest School des pays nordiques. L'association MAVD (Mouvement actif pour une vie durable) intervient dans les écoles pour expliquer l'environnement et le développement soutenable à travers des ateliers qui ont accueillis 2 000 élèves en 2019. En guise de classe, des yourtes  vont accueillir dix enfants de 3 à 6 ans, entourés d'un enseignant et d’une animatrice pour viser à plus d’épanouissement et de confiance en soi. Par ailleurs, après avoir abondamment bétonné et asphalté les cours d’école, un mouvement prend de l’ampleur en France, pour revégétaliser les cours de récréation. C’est un bon signe pour remettre un peu de nature, science et poésie, dans la vie des enfants.

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20 mars 2021 6 20 /03 /mars /2021 09:10

Pandémie, couvre-feu, confinement… Le printemps doit nous aider à surmonter cette situation anxiogène. Au-delà de la pandémie, il est grand temps de bien analyser ses origines et de faire en sorte qu’elle ne se renouvelle pas. Pour cela, il faut Faire passer le message et se donner les Clés de notre avenir : un duo de petits livres « grand public » pour analyser la situation et « refaire le monde » !

Faire passer le message - Persée, Paris, 2018.- 158 p.14€20

Les clés de notre avenir - Persée, 2020.- 100 p. – 10 €.

En priorité chez votre libraire : https://lalibrairieautresrivages.com/

Ou https://www.facebook.com/papier.et.plumes/

Ou https://www.facebook.com/dominique.godefroy.92  

Ou https://www.armitiere.com/

Ou à défaut : https://www.editions-persee.fr/ 

 

Quelques avis de lecteurs sur « Faire passer le message » :

- Robert Meyer, professeur émérite : "La deuxième partie est une bonne vision synthétique de ce qu’il faudrait faire … ça devrait faire partie du programme des lycées … En tout cas ça ne peut qu’aider les gens qui se posent des questions."

- Jean-Paul Léger, retraité de la Défense : « Ton approche scientifique et pragmatique de l'écologie, à mille lieues de ces positions trop souvent sectaires qui la déconsidèrent dans bien des esprits, est à mon avis la seule véritablement sérieuse et digne de considération. »

- Jean-Paul Thorez, ancien directeur de l’AREN : « Un grand professionnel normand nous raconte son parcours… Le livre fourmille d’anecdotes qui intéresseront, voire amuseront, les lecteurs connaisseurs de la vie régionale… (Le message est) le bilan d’une riche carrière d’environnementaliste, doublé d’une réflexion développée au cours d’une intense activité de blogueur ».

- François-Xavier Lauch, Chef de Cabinet du Président de la République : « Le Président m'a confié le soin de vous remercier pour cette contribution et pour les propositions qu'elle comporte dont il a été pris connaissance avec le meilleur intérêt ».

- Christine Dhenain, correspondante de presse : « Des propositions concrètes laissant présager l’espoir d’une nouvelle ère entre l’homme et son environnement, ou l’ère d’une civilisation toute entière qui doit se renouveler à échelle planétaire ».

- Nicolas Gaillard, journaliste Le Bulletin : « Dans ce livre, Michel Lerond souhaite ouvrir des pistes pour porter un message d’espoir, auprès du grand public et notamment des jeunes ».

- Agnès Poli, avocate : « (Ce livre) se déguste comme un bonbon, à toute vitesse et succulent ».

- Marie-France Ramelet, ancienne restauratrice : « Plus on avance dans la lecture et plus on se dit que Michel avait tout compris et étudié avant tout le monde. On peut dire que "Faire passer le message "est d'une actualité brûlante ».

- Joce Hue, journaliste Paris-Normandie-Dimanche : https://www.paris-normandie.fr/accueil/figures-de-style--michel-lerond-la-science-de-l-urgence-ecologique-CJ13920772

- Jacques Calu, médecin ORL retraité : « Grâce à ton livre je cerne mieux aujourd'hui cette nébuleuse qu'était pour moi le mot écologie ».

- Richard Gauthier, France Bleu : https://www.francebleu.fr/emissions/france-bleu-et-vous-l-invite/normandie-rouen/michel-lerond-faire-passer-le-message

- Anne Rubinstein, cheffe de cabinet de Nicolas Hulot : « Le ministre a pris connaissance de ce livre avec intérêt… Il vous félicite pour votre engagement et pour votre contribution ».

- Yvon Robert, maire de Rouen : « Vous avez eu la gentillesse de m’offrir votre livre intitulé « Faire passer le message ». C’est avec beaucoup de plaisir que je vous adresse mes remerciements pour cette délicate attention ».

- Bernard Boullard, professeur émérite : « (votre livre) transpire de sincérité, de sensibilité. Il est riche de mille facettes qui situent excellemment l’homme et son œuvre. Il clame votre attachement à la nature. Il hurle (et le mot est de circonstance) votre inquiétude devant le comportement de l’Homme face à la nature. Il regorge de judicieuses suggestions ».

 

Quelques avis de lecteurs sur « Les clés de notre avenir » :

- Brice Blondel, Chef de Cabinet du Président de la République : « Vous pouvez être sûr du plein engagement du Chef de l’Etat et du Gouvernement sur ce sujet (du dérèglement climatique), comme sur celui de la préservation de la biodiversité. »

- Danielle Biron, professeur en retraite, présidente d’Evreux Nature Environnement : « Je vous souhaite une bonne continuation dans votre "croisade" espérant que vous serez entendu et suivi par le plus grand nombre. »

- Jacqueline Fihey, professeur en retraite, engagée pour la protection de l’environnement et les droits de l’homme : « Votre ouvrage est incontestablement d'une actualité brûlante… Vos livres successifs plaident dans le même sens, c'est pourquoi nous tenons à les faire connaître. »

- Philippe Fajon, archéologue du paysage à la DRAC - Normandie : « Mon ami Michel Lerond possède une longue expérience d'observateur. Il poursuit son travail de publication de ses réflexions, très personnelles mais toujours plein de bon sens. Son dernier ouvrage est paru : juste 10 euros pour enrichir votre réflexion ... prendre des décisions ... constater que vous n'êtes pas seul ... devenir acteur de votre avenir ! »

- Jacques Calu, médecin ORL retraité : « Je suis ravi de tout ce que j'ai trouvé (dans ce livre) et que je vais relire. Bien des réflexions sont prémonitoires de ce que nous vivons avec la Covid 19. »

- Robert Meyer, professeur émérite à l’Université de Rouen : « Je te félicite d’abord pour avoir osé aborder le problème de la transition environnementale « dans son ensemble ». La tâche est énorme, et il faut oser … J’ai lu tes 93 propositions, aucune ne m’a parue farfelue ou inutile ; rien n’est à côté de la plaque. Tu n’as pas éludé certains problèmes que beaucoup de militants environnementaux qui écrivent sur le sujet laissent pudiquement de côté »

- Yvon Gervaise, ingénieur chimiste : « Ce Nouvel ouvrage, agréable à lire, très enrichissant, comporte un éclairage très pertinent sur la question actuelle du rapport entre écologie et économie. Bravo Michel, je conseille à tous mes amis la lecture de tes 93 propositions. »

- Bertrand Bellanger, Président du Département de Seine-Maritime : « Le Département, en tant que collectivité de proximité, est particulièrement attentif aux contributions que peuvent apporter les habitants de Seine-Maritime, notamment sur le sujet de l’environnement. Ainsi, votre ouvrage permet de poursuivre la réflexion. »

- Georges Lanmafankpotin, professeur associé écoconseil à l’Université du Québec à Montréal : « Merci de tenir le cap ! Et, merci de mettre à notre disposition ces 93 clés pour décoder les enjeux actuels et ouvrir les portes de l'avenir ! »

- Bernard Boullard, professeur émérite à l’Université de Rouen : « Vous vivez votre livre, vous vous exprimez en souffrant devant la situation actuelle et en vous demandant si les « décideurs » auront l’énergie requise pour stopper (??) ou au moins freiner (!!) la dérive. »

 

 

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14 mars 2021 7 14 /03 /mars /2021 09:00

Le taux de recyclage des déchets papier, en France, est de l’ordre de 57 % et en progrès grâce à la mobilisation des citoyens et l’amélioration des dispositifs de collecte. La quasi-totalité des papiers sont recyclables et peuvent l’être de 3 à 7 fois pour fournir de nouvelles feuilles, du papier hygiénique ou des matériaux d’isolation. Pourtant, la filière française de recyclage des déchets-papier est peut-être en péril… Un de ses acteurs principaux est l’entreprise Chapelle-Darblay, située dans la métropole Rouen-Normandie. Le finlandais UPM, propriétaire du site, fabrique du papier journal à partir de recyclé selon un procédé qu’il a inventé en 1985. Ces dernières années, 480 000 tonnes de déchets-papier par an ont été recyclées pour produire 250 000 tonnes de papier journal. En juillet 2020, UPM a annoncé la fermeture du site et la suppression de 228 postes, sans trouver de repreneur, ceci afin de mettre fin aux profits d’exploitation trop faibles de la filière.

Alors que la France croule sous 1,6 million de tonnes/an de déchets-papier, ce manque de recyclage contraint certaines collectivités à incinérer des stocks de papier. Certes le numérique fait baisser la consommation de papier de 10 % par an, mais… la distribution d’imprimés publicitaires est repartie de plus belle : 40 kg par foyer et par an ! La fermeture de la Chapelle-Darblay pose la question du devenir du papier trié par 24 millions de citoyens, ce qui s’avère impossible avec les seules papeteries française restantes. Il faudrait donc exporter le papier à recycler, et une fois de plus sans doute très loin par cargos, ou dans les pays voisins par camions, ce qui a un fort coût environnemental et social. Comme toujours, cette problématique n’est pas simple et demande à être appréhendée dans sa globalité, alors que la dimension économique l’emporte largement sur les préoccupations environnementales. Il paraît inimaginable que la collecte des papiers s’arrête faute de recyclage possible. La filière qui était en place présentait les performances requises pour « refaire » du papier journal, mais aussi envisager d’autres productions. Cette filière est aussi créatrice d’emplois, sans doute plus utiles que les prétendus milliers d’emplois affectés à la distribution de publicités dans les boîtes aux lettres… Il est temps aussi de faire des choix en matière d’emploi !

La fermeture de la Chapelle-Darblay pose la question du devenir des déchets-papier. Dans le cadre d’une approche globale, il convient d’harmoniser prévention et recyclage : la loi climat en préparation prévoit d’inverser la demande des citoyens en affichant : « oui à la pub » plutôt que « stop pub ». Il ne reste plus qu’à pérenniser la filière de recyclage et encore l’améliorer. C’est un enjeu de société et l’opportunité de montrer que l’économie circulaire n’est pas que des discours, mais une réalité !

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7 mars 2021 7 07 /03 /mars /2021 08:53

Et maintenant, debout les jeunes ! :

Il est sûr que l’année 2020 apparaîtra comme une année charnière dans l’histoire de notre civilisation, celle qui a mis fin à deux siècles d’accélérations économique et démographique au-delà du raisonnable. Ce coup de massue de la Covid-19 nous a fait prendre conscience de la fragilité des humains et des civilisations. Notre monde hyper technologique s’est trouvé démuni face à un « simple » virus. Nos systèmes administratifs, financiers, sanitaires se sont révélés assez défaillants. Désormais la croissance obsessionnelle et la consommation à tout-va, c’était hier.

C’est la jeunesse qui va devoir changer de paradigme pour un retour à la prise en compte de la nature dans la vie quotidienne, pour une construction sociale plus solidaire et un souci prioritaire de qualité de vie avec une hybridation culturelle. Les jeunes vont avoir à redéfinir les systèmes de production et de consommation, en fait inventer une nouvelle économie. Pour cela l’enseignement va devoir faire sa révolution et là encore il y a des raisons d’être optimistes lorsque l’on constate qu’une grande majorité d’étudiants souhaitent un premier emploi dans une entreprise respectueuse de l’environnement et au contraire refusent de travailler dans une entreprise polluante ou fortement émettrice de GES. Le changement n’est plus seulement à inventer, il est déjà en cours.

Face au dérèglement climatique, les jeunes doivent remettre en cause les dogmes économiques, les bases d’hier étant devenues une croyance qui s’est avérée dangereuse pour l’Homme. L’économie d’hier a privilégié le profit plutôt que la personne, c’est une forme d’intégrisme qui s’est révélée mortifère. La géopolitique en est aussi toute bouleversée. L’Occident a perdu la main avec une Amérique attaquée de toutes parts et une Europe hors-jeu. Pourtant l’Europe a une grande responsabilité dans la défense de la démocratie. Il serait temps de s’intéresser plus à l’avenir et moins au passé. Que l’Europe se réveille !

La population de la Chine d’aujourd’hui est égale à la population terrestre de 1900 et la durée de vie s’est allongée de 20 à 30 ans selon les pays, ce qui explique qu’actuellement 3 ou 4 générations cohabitent. Avec la fulgurance des progrès techniques, ce sont donc les jeunes qui forment les plus anciens à l’utilisation des nouveaux outils numériques. Le monde s’est inversé et les jeunes sont donc bien les maîtres du monde. Même si l’époque est plutôt morose, avec des relents de « fin du monde » parfois, il faut croire que notre civilisation a encore de l’avenir pourvu qu’on s’attelle à le reconstruire.

Les jeunes vont refaire le monde, nous y croyons ! Ils en ont la volonté et la compétence.

 

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