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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 08:50

La tempête de ces derniers jours qui a sévi dans le sud-ouest de la France a été fortement médiatisée, et c’est bien normal. Cela n’est pas toujours le cas pourtant, selon le lieu où se produisent les catastrophes naturelles. Chacun l’a remarqué, les médias ont vite fait de s’enflammer sur des faits d’actualité qui peuvent apparaître parfois secondaires. C’est ainsi que telle « petite phrase » d’un politique ou tel fait divers, vite érigé en « phénomène de société » peuvent occuper l’essentiel des bulletins d’information pendant une semaine.

Ce qui est surprenant, c’est que pendant que les médias occidentaux tournent en boucle, des faits de dimension continentale, ailleurs qu’en France, peuvent survenir sans que l’on en parle.

La sécheresse extrême de la fin 2006 en Australie n’a été relatée et commentée que lorsque les conséquences sur le prix du blé ont été sensibles, plusieurs mois après.

En 2007, pendant que les médias français commentaient, avec le plus grand sérieux, les conséquences des morsures de chien sur les enfants, ce qui est un problème réel certes, une mousson cataclysmique ravageait le sous-continent indien et le Soudan subissait des crues très importantes, faisant dans chaque cas des milliers de morts et de sinistrés. Il semble bien que les médias éprouvent beaucoup de difficultés à hiérarchiser l’information.

En 2008, on a estimé les conséquences des catastrophes naturelles, sur toute la planète, à 220 000 morts et 140 milliards € de dégâts. Or ces catastrophes « naturelles » sont de plus en plus mises en relation avec les modifications climatiques et présentent des pertes de plus en plus lourdes dans la mesure où les sinistres se concentrent dans les zones les plus vulnérables des pays en développement.

Mais alors pourquoi donc les médias occidentaux, et notamment français, ne relatent-ils pas ces faits, ou si peu ? Cela signifierait-il que ces milliers, voire ces millions, de sinistrés de pays lointains, populeux, en développement… ne sont finalement que des cloportes (petit crustacé qui vit dans les lieux sombres et humides) indignes de notre intérêt ? Il est vrai que la France est un grand pays, puisqu’elle abrite 0,85 % de la population mondiale…

 

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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 08:46

Depuis trois ou quatre décennies, dans les pays développés, et en France en particulier, tout a été fait pour favoriser la voiture au détriment des autres modes de déplacement. L’étalement urbain notamment (en 40 ans la distance domicile-travail en France est passée de 4 à 40 km) a rendu la voiture indispensable. L’industrie automobile est ainsi devenue un des piliers de l’économie, directement et par ses effets induits : fabrication et entretien des véhicules, infrastructures, carburants, etc. Les mythes de la croissance et de la consommation à tout va, ont eu raison… de la raison : l’industrie automobile n’a cessé de croître, sans se soucier de la saturation du parc (en France 82 % des ménages possèdent une voiture, 36 % deux et plus, 6 % trois et plus), de la diminution de la ressource en carburant (le peak oil est certainement atteint) et des conséquences sur l’environnement (en particulier sur l’effet de serre).

Les constructeurs ont foncé, sans se soucier de ces défis, si ce n’est en termes de communication commerciale. Mais la crise est là et le prix des carburants, provisoirement à la baisse, ne trompe personne ; chacun sait maintenant que la ressource est limitée. Faute d’anticipation de l’obstacle, les constructeurs automobiles sont… devant le mur. Ainsi aux Etats-Unis, les grandes gloires de « la bagnole » sont tout simplement menacées de disparition. Les constructeurs français envisagent un véhicule électrique pour dans… quelques années. Les constructeurs européens n’ont pas vraiment pris la mesure des enjeux, à la différence de leurs concurrents chinois et indiens.

Bien sûr que nous aurons encore besoin d’auto – mobiles pour nous déplacer, mais le système est à bout de course et il faut tout réinventer pour répondre aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux, en somme au défi de la mobilité soutenable. Cela signifie, si l’on veut corriger les causes de cette crise, qu’il faut revoir totalement l’aménagement du territoire, inventer d’autres modes de propulsion (tout ne sera pas simple si l’on songe que le lithium nécessaire aux batteries des véhicules électriques est concentré dans les Andes et au Tibet et que son prix a été multiplié par 10 en 5 ans !), développer les transports collectifs et favoriser les circuits courts de distribution des marchandises.

La prise de conscience des aménageurs et des élus est réelle et les exemples de densification des villes avec des transports en commun performants sont légion (Carrefour a ainsi inventé les hypermarchés sans voiture en affrétant des bus pour le transport des consommateurs, mais cela se passe… en Chine). Reste à poursuivre dans cette voie, en accélérant le mouvement. Quant aux constructeurs automobiles, il n’est plus temps de les convaincre, il faut les contraindre d’autant plus si c’est l’Etat qui les renfloue…

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12 janvier 2009 1 12 /01 /janvier /2009 13:43

          Au cours de l’année 2008 s’est opérée la mutation annoncée entre notre vie professionnelle bien cadrée à une vie personnelle plus ouverte. Voir nos chroniques « Faire passer le message » du 22-04-08 et « C’est la retraite ? » du 16-09-08.

Prestations de consultant environnement :

- Assistance à maîtrise d’ouvrage pour la définition de la stratégie de gestion et de valorisation des matériaux de dragage de la Seine et participation au Comité de suivi environnemental. Port Autonome de Rouen

- Montage et animation d’un stage sur la prise en compte de la biodiversité dans les documents d’urbanisme. CNFPT de Haute-Normandie

- Conférence « le profil environnemental : un diagnostic adapté à l’urbanisme ». Institut de Formation de l’Environnement (MEEDDAT)

- Accompagnement de la réflexion sur le SCOT Le Havre Pointe de Caux et Estuaire. Agence d’Urbanisme de la région du Havre

Participations en tant qu’essayiste consultant :

-   58 publications : 1 ouvrage, 1 rapport, 4 articles et 52 chroniques du blog

-   Elaboration du Plan Local d’Urbanisme de Sigy-en-Bray / Saint-Lucien. Conseil municipal

- Animation d’un débat sur le bocage brayon.   Associations locales : ARBRE, ABD, PFB

-   Lecture de paysage à Mauquenchy. Association Brayonne Dynamique

- Conseil d’administration du Lycée Delamare Deboutteville de Forges-les-Eaux. Académie de Rouen

-   Comité d’experts de l’éco-quartier de la Cartonnerie de Pont-Audemer. Mairie

-   Tournage d’une séquence de film sur le Grand Mont de Sigy. Conseil Général de Seine Maritime

- Comité de Pilotage du site Natura 2000 des cuestas du Pays de Bray. Préfecture de Haute-Normandie

- Conseil de développement du Pays de Bray. SMAD du Pays de Bray

- Vernissage de l’exposition de photos pour la sortie de l’ouvrage « Clos-masures et paysage cauchois » et signatures en librairies. CAUE de Seine-Maritime

-   Comité économique et social du Parc naturel régional. Parc naturel régional des Boucles de la Seine normande

- Comité de pilotage de l’Agence Régionale de l’Environnement en Haute Normandie. AREHN

- Co-présidence de l’association Les Chemins de traverse pour la réalisation de la Nef Végétale. Les Chemins de traverse

- Conférence sur l’étalement urbain et perspectives d’évaluation des routes du futur.  CNFPT de Haute-Normandie et COTITA (Conférences techniques interdépartementales des transports et de l’aménagement)

- Concours à la réflexion sur l’évaluation environnementale des documents d’urbanisme.  MEEDDAT

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6 janvier 2009 2 06 /01 /janvier /2009 09:13

La crise économique actuelle ne doit pas faire oublier les autres, que sont les crises climatiques, de la biodiversité et des énergies fossiles.

Pour ce qui est du climat, nous ne sommes plus dans les hypothèses ou simulations, mais dans l’observation de phénomènes réels : les niveaux d’émission de gaz à effet de serre se situent au-dessus des scénarios les plus pessimistes du GIEC. Sur la lancée actuelle, le bond climatique de la fin de ce siècle pourrait être équivalent à ce que notre planète a franchi entre l’âge glaciaire et l’Holocène, soit 10 000 ans !

En matière d’énergie, nous sommes trop largement « pétro-dépendants » et continuons, quelque soient les conséquences écologiques. Et les banques  financent toujours de façon très majoritaire les énergies fossiles plutôt que les énergies renouvelables…

Concernant la biodiversité, nous assistons vraisemblablement à la sixième grande extinction d’espèces vivantes, sans que cela n’émeuve vraiment les foules. La nature entière, les abeilles ou les plantes alimentaires en particulier, regorge de pesticides, jusqu’à vingt substances actives par repas que nous consommons !

Les mesures prises depuis quelque temps restent très insuffisantes, et ce qui frappe, c’est l’invraisemblable déficit d’évaluation des décisions prises qui ne visent que le bénéfice immédiat. C’est ainsi que l’Europe, en décembre 2008, s’est rangée derrière les égoïsmes nationaux et les pressions économiques pour adopter des ambitions énergétiques au rabais, sans aucune étude d’impact. De la même façon en France, le Grenelle de l’environnement n’a cessé de baisser les ambitions relatives à la réduction des pesticides en agriculture.

La résolution de la crise économique présente pourtant des opportunités pour avancer dans le bon sens, par exemple en orientant l’industrie automobile vers des technologies concourant à lutter contre l’effet de serre ou en décidant des investissements vers des technologies propres à énergie renouvelable.

Allons-nous continuer, comme les passagers du Titanic, à attendre le choc pour être convaincus qu’il y avait bien un iceberg devant nous ? Il nous appartient de choisir entre le monde en crise actuel et un nouveau projet de société. Pour cela faut-il que des hommes politiques clairvoyants montrent la voie et que nous choisissions ceux-là plutôt que les pantins bonimenteurs qui ne font que reproduire sans cesse les mêmes schémas. C’est un choix politique majeur, une métamorphose qu’il faut faire ; c’est un choix qui nous appartient.

Le nouvel an est une période propice aux bonnes résolutions, profitons-en pour commencer à réduire progressivement nos consommations et faire des choix collectifs qui épargnent nos enfants et petits enfants plutôt que les contraindre à des lendemains peu souriants. Bonne année !

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30 décembre 2008 2 30 /12 /décembre /2008 09:24

Depuis un peu plus d’an que ce blog existe, 57 chroniques ont été publiées, en voici le rappel des titres :

 

- 57 chroniques, déjà.30-12-08

- Le fauteuil dansant… 23-12-08

- Comment éduquer au développement soutenable ? 16-12-08

- Renouvelables, vraiment ? 09-12-08

- Essayiste consultant ? 02-12-08

- 44 838 espèces ? 25-11-08

- Have you a dream ? 18-11-08

- La biodiversité, un défi pour l’urbanisme ? 11-11-08

- Adieu mon pays ? 03-11-08

- Clos-masures, ou Caux c’est clos ? 28-10-08

- L’impuissance politique ? 21-10-08

- La ville, projet de civilisation ? 14-10-08

- La jubilacion 07-10-08

- La chaudière ou la filière ? 30-09-08

- Protéger les sols ? 23-09-08

- C’est la retraite ? 16-09-08

- Pêche durable ? 09-09-08

- DREALement vôtre ? 02-09-08

- La Réunion, l’île intense ? 26-08-08

- Pouvoir d’achat ou pouvoir d’acheter ? 19-08-08

- Au sommet… 12-08-08

- La sourilleuse… 05-08-08

- Retour de Lunamars… 29-07-08

- Belle et nue… 22-07-08

- Quel cinéma ! 15-07-08

- Si t’as été à Calcutta, t’as pas pu y aller avec ta Tata ? 08-07-08

- Que faire quand la mer monte ? 01-07-08

- Mal partie l’Afrique ? 24-06-08

- Une Chine écolo ? 17-06-08

- Ça va déraper sur le gas-oil ? 10-06-08

- Paysan, un métier du futur ? 03-06-08

- Quelles routes pour le futur ? 26-05-08

- Et entre le 8 et le 10 ? 20-05-08

- Il est mort, le Grand Mont ? 13-05-08

- Démocratie participative ? 06-05-08

- Habitat bioclimatique ou habitat régional ? 29-04-08

- Faire passer le message 22-04-08

- Vous cherchez un premier emploi ? 15-04-08

- Rouen-sur-Seine ? 08-04-08

- Alerte rouge ? 01-04-08

- La Nef Végétale, art ou nature ? 25-03-08

- Combien de z’euros ? 18-03-08

- Faut-il supprimer les départements ? 11-03-08

- Etes-vous bien assis sur votre tabouret ? 04-03-08

- Pourquoi une année corail ? 26-02-08

- Merci qui ? 19-02-08

- A quand les 200 dollars ? 12-02-08

- Des murs-lichens ? 05-02-08

- Grenellopathie ou Grenellomania ? 29-01-08

- Ferez-vous le 11 ? 22-01-08

- L’estuaire de la Seine, génie civil ou génie écologique ? 15-01-08

- Vive 2008 ? 08-01-08

- Béthencourt, la mondialisation ? 02-01-08

- Durable ou soutenable ? 26-12-07

- Utile le service civil ? 18-12-07

- Les camions sur le train, ou le train sur la route ? 11-12-07

- As-tu vu Tuvalu ? 04-12-07

    

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22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 12:08

            A défaut de comte de Noël, voici une histoire…vraie.

 

C’était la fin de l’été, un soir de fête de village. Le ciel avait été nuageux avec des averses toute la journée. Les festivités prenaient fin avec un « moules frites » dansant. Les villageois s’étaient rassemblés en nombre et parmi eux s’étaient glissés deux invités particuliers. Elle, Margaret, était en fauteuil roulant, atteinte de sclérose en plaques. Lui, Christophe, était chanteur amateur.

Dès la fin du repas, le DJ lança une danse au rythme soutenu, un paso-doble. Le fauteuil recula, pris la piste et… dansa. Elle riait, il souriait, tous deux avançaient, reculaient, tournaient parmi les autres danseurs, en rythme. Elle était encore plus belle sur la piste. Les autres convives auraient pu applaudir, ils ne le firent pas, par discrétion, comme si la situation était tout à fait ordinaire. Plus tard, il y eut un slow, le fauteuil dansant glissait avec la même douceur qu’une caresse sur la joue d’un enfant.

Ce soir-là, il s’était passé quelque chose : il y avait là des jeunes, des moins jeunes, des encore moins jeunes, des veuves, des veufs, des malades, mais il n’y avait plus que des vivants. C’était le bal des vivants, de ceux qui croquent la vie, de ceux qui croient à la vie jusque la dernière minute. Au milieu de la nuit, le ciel était dégagé et très étoilé. Une étoile brillait davantage que les autres, dans le cœur de chacun : les villageois avaient vaincu leur peur de l’autre, du handicapé, pour gommer les différences et ne retenir que la joie d’être ensemble et partager les mêmes plaisirs.

 

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15 décembre 2008 1 15 /12 /décembre /2008 17:16

Cest dans les années… 1940 qu’a commencé la sensibilisation à la nature. Ainsi, le Museum de Rouen innove en projetant des films scientifiques dès 1945 pour sensibiliser le public à la nature. Dans les années 1970, le même Museum met en place des expositions, causeries, projections, activités d’éveil pour les enfants et un centre de documentation largement ouvert. C’est dans la même décennie que ce sont multipliées, à l’initiative des institutions (museums, parcs naturels régionaux) et des associations, les activités de sensibilisation pour tous publics et surtout les jeunes : conférences, sorties nature, films, émissions radio et télé, publications, stages pour enseignants, etc… Que reste-t-il de ces centaines d’initiatives, à l’échelle d’une région comme la Haute-Normandie, une génération plus tard ? Des avancées certaines dans la sensibilisation du public, mais tellement de lacunes encore dans les comportements individuels et les décisions publiques… Il y a matière à s’interroger sur cette faible « rentabilité » pédagogique et la faible culture naturaliste qui en résulte.

La sensibilisation à la conservation de la nature se heurtait à des conceptions culturelles profondément ancrées de domination de la nature. L’éducation à la protection de l’environnement devait, avec difficulté, faire évoluer radicalement les comportements individuels. Qu’en est-il maintenant avec l’éducation au développement soutenable, qui suppose un changement global de la société et qui nécessite une démarche pédagogique plus complexe et plus transversale.

Sans doute faut-il commencer par le début, l’école. Si les fondamentaux de l’école sont bien lire, écrire et compter, ils doivent aussi intégrer les bases de notre relation biologique à la nature, ceci dès la maternelle et le primaire. Au cours des études secondaires, il convient de donner à l’écologie/environnement/développement soutenable le rang de discipline principale. En supérieur, il faut enseigner les données concrètes relatives au triptyque : bases de l’écologie/comportement individuel/gouvernance collective dans toutes les disciplines. Enfin, en formation professionnelle et continue et pour toutes les formations, il faut enseigner les aspects spécifiques des professions concernées quant à leur impact sur la nature.

Des initiatives nombreuses se poursuivent, tels que les « lycées du développement durable » (voir par exemple : http://lycees.ac-rouen.fr/delamare/developpementdurable/index.html ), et tant d’autres interventions comme celles d’associations (voir par exemple : http://www.cardere.org ) ou les CPN (http://www.fcpn.org ). Devant les périls qui nous menacent, il est grand temps que l’éducation au développement soutenable devienne une priorité nationale.

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9 décembre 2008 2 09 /12 /décembre /2008 14:49

         Après trois décennies d’atermoiements, le débat sur l’énergie est enfin sur la place publique. Le rapport du Club de Rome (1972), le premier choc pétrolier (1973) ou les Etats Régionaux de l’Environnement (1983) n’ont réussi à alarmer qu’une frange de la population. Les envolées récentes du prix du pétrole ont eu beaucoup plus de vertus pédagogiques… Il est frappant de constater que la presse regorge maintenant d’articles sur les énergies « renouvelables » dans lesquels il est parfois difficile de faire la part entre rigueur scientifique, lobbying d’industriels et simple publicité.

Le secteur le plus contesté est sans aucun doute celui des agrocarburants, longtemps défendus par l’ADEME, qui persiste dans ses choix, et qui sont maintenant largement considérés comme concurrents des cultures alimentaires, sans compter leurs impacts forts, notamment sur l’érosion de la biodiversité. Paul Crutzen, prix Nobel de chimie en 1995, se demande même si l’agriculture intensive qui les produit ne serait pas plus émettrice de gaz à effet de serre qu’une énergie fossile en même quantité…

Quant à l’éolien, après un débat sur les prétendues pollutions visuelles, la controverse se fonde maintenant davantage sur le plan économique, notamment depuis qu’un ancien président de la république s’est engagé dans ce combat. Il n’a pas tort d’insister sur le fait qu’il s’agit surtout d’une énergie très subventionnée, ce qui fausse le débat. Mais son alliance dans ce combat avec un ancien patron d’EDF, « père » du programme électro-nucléaire, rend du coup la croisade un peu suspecte. D’ailleurs, l’énergie nucléaire n’est renouvelable que le temps où l’on peut se procurer de l’uranium…

L’énergie solaire semble moins contestée, bien que son coût de production reste très élevé et que les besoins en surfaces de panneaux photovoltaïques soient considérables et posent quelques problèmes d’intégration. Quant à l’hydrogène, cette piste prometteuse demande à surmonter les obstacles liés à la production dans des conditions environnementales et économiques satisfaisantes, ce qui est loin d’être le cas. La géothermie des roches profondes est également une possibilité nouvelle riche d’espoir, mais qui demande à être précisée.

Après avoir tant tardé à réagir, voilà que tout s’envole sous la pression des marchés, dans un désordre auquel il est urgent de remédier. C’est ainsi qu’en 2003 la France s’est lancée dans la production des agrocarburants sous la pression des céréaliers, en dehors de toute évaluation sérieuse. Un gros handicap réside dans la sous-utilisation des outils d’évaluation environnemen-tale, sociale et économique de ces nouvelles énergies. Certes nous devrons nécessairement faire appel au « bouquet énergétique » plutôt qu’à telle ou telle filière spécifiquement. Encore faut-il pouvoir le faire en connaissance de cause.

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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 08:17

         Les lecteurs de ce blog ne connaissent pas toujours son auteur. Pour satisfaire leur curiosité, voici quelques informations :

 

Michel LEROND, professionnel de l’environnement pendant 36 ans, j’ai été consultant indépendant de 1992 à 2008, après avoir dirigé l’Observatoire régional de l’environnement de Haute-Normandie. Ecologue de formation, j’ai assuré des prestations de conseil auprès des collectivités publiques et entreprises, et en particulier dans le domaine de l’évaluation environnementale. Depuis 2008, je suis essayiste consultant.

 

Mon métier : Dans ma pratique professionnelle, j’ai pu contribuer, notamment, à une avancée méthodologique de la biosurveillance de la qualité de l’air (bioindication lichénique), à un meilleur accès à l’information sur l’environnement (observatoire régional de l’environnement de Haute-Normandie), à l’élaboration de l’évaluation environnementale stratégique (guides méthodologiques) et à la vulgarisation scientifique (nombreuses publications).

 

Mon expérience : Secteurs privé (1967-69), public (1970-82), para-public (1983-91) et libéral (1992-2008).

• Création et direction de l’Observatoire Régional de l’Environnement de Haute-Normandie (1983 à 1991), devenu depuis Agence Régionale de l’Environnement.

 

Mes domaines de compétence : Ecologie, environnement, évaluation environne-mentale, développement soutenable.

• Plus de 400 prestations d’études et de conseil, de formation et communication.

 

Ma bibliographie : Recherche et vulgarisation.

• Plus de 500 publications : articles, chroniques, brochures, études et rapports scientifiques ou de vulgarisation.

• Co-auteur de plusieurs ouvrages : “Normandie”, “Rouen”, “Guide des lichens”, “Suivi et évaluation environnementale des CPER”, « Opérations routières, suivi et évaluation environnementale », « L’évaluation environnementale des politiques, plans et programmes », « Le développement soutenable », « Clos-masures et paysage cauchois ».

 

Ma formation initiale : Biologie-écologie

• Doctorat d’Université de sciences naturelles (1981) sur les lichens épiphytes en Normandie orientale.

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24 novembre 2008 1 24 /11 /novembre /2008 16:20

         44 838, c’est le nombre (impressionnant et inquiétant) d’espèces inscrites sur la Liste Rouge de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) dont le congrès mondial s’est déroulé à Barcelone début octobre 2008. Selon l’évaluation la plus complète jamais réalisée (avec l’aide de 1 800 scientifiques de 130 pays), la situation de la biodiversité en devenue très préoccupante : 16 928 espèces sont menacées d'extinction. Au moins 1 141 espèces de mammifères, sur les 5 487 de la planète risquent de disparaître, soit 20 %. Les amphibiens sont également concernés : 1 983 espèces, soit 32 %, sont en danger ou déjà éteintes. 14 % des espèces d'oiseaux sont en voie d'extinction. Toutes les parties du monde sont concernées, y compris l’Europe.

La destruction et la dégradation des habitats touchent 40 % des mammifères, ce qui amplifie encore le phénomène. Mais la situation n’est pas irréversible et malgré tout, les efforts concertés de conservation portent leurs fruits : certaines espèces se rétablissent après des réintroductions ou des mesures draconiennes. Ainsi depuis 30 ans, le programme MAB (Biodiversité, l’homme et la biosphère) orchestré par l’UNESCO permet de nombreuses initiatives comme l’atteste l’exemple français du Parc national des Cévennes. Robert Barbault, directeur du département Ecologie et gestion de la biodiversité au Museum de Paris, assure « qu’il s’agit à la fois de maintenir le patrimoine naturel et le patrimoine culturel » ce qui facilite l’acceptation par les populations locales.

Les bilans de la Liste Rouge de l’UICN sont préparés tous les quatre ans, l’analyse 2008 des espèces menacées est accessible sur www.iucn.org/redlist

Les décisions politiques globales comme les actions concrètes locales sur les sites Natura 2000, par exemple pour la France et l’Europe, sont une manière de garantir l’avenir. Avec le réchauffement climatique, la biodiversité est l'autre grand enjeu environnemental dont l'Humanité est responsable et qu'elle se doit de gérer de manière urgente, ceci d’autant plus que les modifications du climat ont déjà des répercussions sur la biodiversité.

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