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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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25 mars 2008 2 25 /03 /mars /2008 09:05

        L’association « Les Chemins de traverse », que j’ai l’honneur de co-présider avec Robert Barbault du Museum national de Paris, propose la  mise en place de la Nef Végétale, associant végétaux et céramique dans un espace patrimonial du Pays de Bray, le château Renaissance de Mesnières.
      La Nef Végétale est une étrange fontaine céramique des plasticiens Jacques et Juliette Damville, qui évoque une sorte de navire, un gros poisson dont on visite les entrailles, une grotte mystérieuse. C’est un abri pour rêver, mais aussi une arche-refuge avec son mât de nidification, son bain d’oiseau et ses flancs tapissés de plantes indigènes. C’est un hymne à la réconciliation des activités humaines avec la nature, un lieu d’émotion.
        La Nef Végétale est une œuvre collective qui associe les travaux de divers ateliers préparatoires à une construction artistique et monumentale. C’est un projet de pays, une œuvre qui s’insère dans l’environnement local en proposant une rencontre onirique entre l’art et la nature.
        Grâce au sol riche en argile de belle qualité du Pays de Bray, les arts du feu ont pris beaucoup d’importance dans le vécu de la population locale. De fait, une importante activité de céramique architecturale et terre cuite se perpétue depuis plusieurs siècles : briqueteries, industries, potiers. Un objectif essentiel de la Nef Végétale est de maîtriser le dialogue entre un patrimoine historique remarquable et une création résolument contemporaine. C’est est une œuvre en symbiose avec le patrimoine brayon, vivante et évolutive où le végétal joue un grand rôle : le revêtement céramique à l’extérieur sera conçu pour recevoir des plantes. Il s’y mêlera des éléments sculptés et émaillés dont les tonalités seront en harmonie avec le cadre. Les circulations d’eau ont également leur importance : le bassin sert de réserve pour l’alimentation des bains d’oiseaux qui à leur tour desservent l’irrigation de certaines zones choisies.
      On trouvera de plus amples renseignements sur le site http://www.penserpaysage.blogspot.com , article du 26 décembre 2007, avec les liens utiles vers http://www.seinemaritime.net/tourisme/Portraits-de-Seinomarins/Ca-commence-ici/Juliette-et-Jacques-Damville, dans la perspective d’une fin de réalisation pendant l’été 2008.

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18 mars 2008 2 18 /03 /mars /2008 09:22

               « Et voilà monsieur, cela fait huit z’euros. Je vous rends douze sur votre billet de vingt z’euros »…  A l’époque des francs, les problèmes de liaison ne se posaient pas, mais avec la voyelle de début du mot euro, si !
        Sans doute, la caractéristique d’une langue vivante est-elle d’évoluer, encore faut-il que cette évolution s’inscrive dans une logique sémantique ou grammaticale. Cette liaison « mal à propos » entre huit, vingt et cent z’euros nous écorche les oreilles chaque jour, traduisant sans doute une forme de dyslexie très répandue. Qu’y faire, sinon revenir à des fondamentaux un peu oubliés en matière d’apprentissage de l’orthographe.
        L’évolution du vocabulaire et de sa prononciation fait sans doute l’objet d’études et d’interprétations sociologiques. Si c’est le cas, il serait intéressant de s’interroger aussi sur les contorsions buccales occasionnées par le mot challenge. Prononcer « cha-lan-je » et non pas « t’cha-laine-n’ge » avec diphtongue appuyée qui voudrait sans doute attester du dynamisme et de la conviction de celui qui s’exprime… Quant au management, il peut tout aussi bien se prononcer « ma-na-ge-ment » plutôt que « mai-nai-j’menne-‘te », on gèrera les choses aussi bien !
       La théâtralisation des mots permet, tout à la fois, d’exposer sa méconnaissance ou d’étaler sa culture. C’est comme cela que l’on voit parfois qui sont les zéros…
        Mais la mise en scène des mots peut aussi nous offrir la douceur d’un poème, le frisson d’un drame ou l’exclamation d’un rire. Des mots au théâtre il n’y a qu’un pas que vous pourrez franchir en allant sur le site très fleuri de François Vicaire : http://theatreennormandie.com

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11 mars 2008 2 11 /03 /mars /2008 07:59

Le rapport Attali a proposé de supprimer les départements. Voilà une idée maintes fois évoquée sans être jamais débattue, depuis environ 25 ans… alors que nous élisons ces jours-ci les conseillers généraux. Pourtant chacun sait que de la commune à l’Europe, en passant par les communautés de communes, syndicats intercommunaux multiples, cantons, départements, régions et Etat, voilà 8 niveaux administratifs français d’une lisibilité qui laissent les étrangers pour le moins… perplexes. On pourrait ajouter encore à cette liste les pays et les parcs naturels régionaux. Le bon sens commande de réduire cette complexité devenue illisible pour le citoyen de base et parfois même… pour les élus des collectivités concernées ! Pour cela ne faudrait-il pas d’abord avoir re-défini les fonctions des multiples collectivités territoriales et leurs relations avec l’Etat.

Il devient impératif, à défaut de supprimer purement et simplement des collectivités, de les regrouper en quatre pôles aux niveaux local, régional, national et européen en appliquant le principe de subsidiarité (allouer la responsabilité publique à la plus petite entité capable de résoudre le problème elle-même). Cette démarche doit aller de pair avec une recherche de couplages institutionnels qui permettent de réduire les financements cumulatifs et de supprimer les structures devenues superflues (d’innombrables syndicats intercommunaux…).

Ainsi, au niveau local, les communes pourraient se cantonner à des actions de proximité pour laisser aux communautés de communes et d’agglomérations les actions nécessitant planification, globalisation et transversalité. Au niveau régional, les départements (devenus trop souvent des « distributeurs automatiques de subventions ») pourraient constituer des territoires d’interventions des Régions, tout comme les Pays. Au niveau national, l’Etat doit être une tête de réseau qui stimule l’initiative et rétablit la confiance, il devrait se recentrer sur les fonctions de réglementation et d’harmonisation et laisser aux Régions (sans doute élargies) ce qui a trait à la gestion et l’aménagement des territoires. Quant à l’Europe, c’est à elle que reviendrait une part importante de réglementation communautaire, la monnaie, la défense, la politique étrangère, si toutefois… les européens veulent encore de l’Europe.

Certes l’Etat français doit peser de son autorité sur une telle réforme qui nécessite à la fois autorité et concertation, un art très difficile ! Mais les collectivités et les élus locaux doivent aussi accepter l’idée d’une remise en question.

 

Voir aussi ma chronique « Ferez-vous le 11 ? » du 22 janvier 2008.

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4 mars 2008 2 04 /03 /mars /2008 08:17

        Tout le monde en parle, comme d’une évidence, comme si ce principe guidait l’action de chacun. Les conseillers municipaux et généraux qui seront élus dans quelques jours ne se sont d’ailleurs pas privés de le rappeler dans leur campagne électorale. Mais si on demandait à chacun d’exprimer en quelques mots ce que signifie véritablement le développement soutenable, il y aurait quelques bafouillages…
        Il est vrai que si le concept est assez simple, sa mise en œuvre l’est moins. Ceci d’autant plus que chaque acteur de la vie publique, chaque lobbie, chaque militant a sa propre définition, en fonction bien souvent de ce qui l’arrange ou de ce qu’il est certain de pouvoir faire. On se trouve, de ce fait, bien souvent devant une difficulté sémantique et pédagogique. 
        Pour surmonter cette difficulté d’explication, notamment devant un public peu averti, on peut recourir à une sorte de parabole, celle du tabouret.
        Le développement soutenable, c'est comme un tabouret à trois pieds : le premier, c'est l'économie, la richesse matérielle ; le second, c'est le social, l'emploi et les relations entre les gens ; le troisième, c'est l'environnement, la lutte contre les pollutions, la sauvegarde des milieux naturels.
        Si les trois pieds du tabouret sont un peu inégaux, ce n'est pas très grave, on peut quand même s'asseoir assez confortablement. Mais s'il y a un pied, ou deux, qui sont vraiment plus courts, alors là, on risque bien de s'affaler. C'est tout simplement cela le développement soutenable, un équilibre subtile entre l'économie, le social et l'environnement pour que notre société puisse rester stable. On peut même renforcer le tabouret par un barreau intermédiaire que l’on appelle la gouvernance, ou la concertation, ce qui consiste à s'inquiéter de l'avis des gens avant de prendre une décision qui les concerne. Et ainsi le tabouret est encore plus stable.
       Pour mener des actions de développement soutenable, vous devez vous assurer que vous êtes bien assis sur votre tabouret à trois pieds (économie, social et environnement), renforcé par le barreau transversal de la gouvernance. Si votre situation est instable, c’est qu’il y a lieu de modifier le tabouret…

Voir aussi ma chronique « Durable ou soutenable ? » du 26 décembre 2007.

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26 février 2008 2 26 /02 /février /2008 10:06

         Les coraux sont des animaux coloniaux primitifs qui vivent essentiellement dans les mers chaudes et constituent des récifs qui sont les plus anciens et les plus diversifiés des écosystèmes marins. Les coraux vivent en symbiose (association à bénéfices réciproques) avec des algues microscopiques qui leur procurent la nourriture et les couleurs.
        L’augmentation de la température de la mer stresse le corail et le fait expulser son algue associée, il blanchit alors en laissant apparaître son squelette. A terme, le corail meurt. Une augmentation de la température moyenne du globe de 2° entraînerait un blanchiment généralisé et une augmentation de 3°, des mortalités importantes. La Grande Barrière de corail s’étire sur 2 000 km au nord-est de l’Australie, c’est le plus grand récif corallien au monde. En 1998 et 2002, 60 à 95 % des massifs coralliens étaient touchés et 10 % sont morts. En 2005, les Caraïbes ont été également très touchées avec 50 à 90 % de blanchiment où une saison d’ouragans intenses a également contribué à endommager les récifs. Comme l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature l’a montré, les récifs constituent une barrière naturelle protégeant les côtes des cyclones et tsunamis. On estime à 500 millions le nombre de personnes dont la subsistance et l’activité économique dépendent de la bonne santé des récifs coralliens. Selon les scientifiques, la planète aurait déjà perdu environ 30% des ses récifs coralliens.
        La France est très concernée (4ème rang mondial) avec 55 000 km2 de récifs coralliens dans les DOM-TOM (Martinique, Guadeloupe, Mayotte, Réunion, Polynésie). Au réchauffement climatique s’ajoutent d’autres menaces : surpêche, pollutions littorales, travaux côtiers, fréquentation touristique, etc.
       C’est pour mobiliser les consciences que l’année 2008 a été proclamée « Année internationale des récifs coralliens » le 24 janvier dernier à Washington, dans le but que soit intensifiée la lutte contre le réchauffement climatique afin de préserver la diversité des écosystèmes océaniques.
         Le blanchiment, ou la mort, des coraux constitue en effet une alerte par rapport à des dégradations plus généralisées comme la réduction de l’activité planctonique, le recul de nombreuses espèces et la déstabilisation des écosystèmes. Ainsi certains chercheurs prévoient-ils un effondrement de la pêche mondiale vers 2050.

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19 février 2008 2 19 /02 /février /2008 07:52
          Ce sont deux anecdotes édifiantes.

Dans les années 1980, après beaucoup d’investissement personnel, j’ai réussi à créer l’Observatoire régional de l’environnement en haute-Normandie. Ce fut très laborieux, l’idée de rassembler l’information éparse n’étant pas dans la culture du moment. A force de persuasion, je finis par obtenir des financements croisés de l’Etat, la région Haute-Normandie, le département de Seine-Maritime et la ville de Rouen. Peu après je demandais audience au Président de Région, qui me l’accorda. Il me reçut et me confia que c’était la première fois que quelqu’un venait le voir pour seulement le remercier et ne rien demander d’autre…

Très récemment, une étudiante de master à Lille me téléphone, faisant état du fait qu’elle avait découvert sur internet la mention de quelques articles sur les herbiers que j’avais publiés dans les années 1970. Elle insiste sur le besoin urgent qu’elle a de ces publications pour son stage et le rapport qu’elle doit rendre sous peu. Je ne suis pas disponible immédiatement, mais compte-tenu de son insistance, je fais les recherches nécessaires et lui fais parvenir les articles le jour même. Je suppose que son stage s’est bien terminé et que son rapport a été bien noté. En tous cas, je n’ai eu ni nouvelles, ni simple merci, ni même un accusé de réception…

Cette seconde anecdote n’est pas vraiment… anecdotique. C’est chaque semaine que cela arrive, et pas seulement avec des jeunes gens. La performance des moyens de communication a fini par faire oublier que derrière la machine il y a des individus de bonne volonté, ou bien fermés à toute entraide. On voit bien, à travers ces anecdotes, combien la société numérique modifie nos comportements en renforçant la double tendance de l’urgence et de l’individualisme.

En somme, j’ai besoin de vous, je veux cela tout de suite, gratuitement, et je n’ai de merci à dire à personne. Bienvenue dans le monde de la communication !

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12 février 2008 2 12 /02 /février /2008 08:21

     Depuis l’apparition de l’homme sur terre, ses relations avec la nature ont souvent été conflictuelles. La nature impose ses lois et contraint l’homme à se soumettre ou pour le moins se protéger des intempéries et cataclysmes. En retour, par le développement de ses activités, l’homme a contraint la nature, l’a remodelée, l’a parfois éradiquée. Rares sont les sociétés qui ont su parvenir à un équilibre avec la nature, et ce sont toujours des sociétés peu développées. La progression démographique et le développement technologique nous ont amenés, lentement d’abord puis rapidement au cours du 20ème siècle, là où nous en sommes : la nécessité de choisir entre réduire nos consommations et survivre ou continuer sur notre lancée et … disparaître. Mais la raison n’étant pas la vertu cardinale de l’humanité, pendant que « la maison brûle », le « développement continue » !                                                                                                     

     
     L’émergence de certains pays sur le plan économique contribue à cette dégradation. Mais comment les pays développés, les pays du Nord, pourraient-ils donner des leçons aux pays du Sud ? En vertu de quel principe les pays du Sud ne pourraient-ils pas prétendre à un développement analogue à ceux du Nord ? On ne peut sortir de cette impasse que par la raison au niveau mondial (on peut toujours rêver…) ou par la contrainte.

 

     Le baril de pétrole a flirté avec les 100 dollars à la fin de 2007. Chacun sait la place prise par le pétrole dans le développement et combien l’augmentation du prix des énergies fossiles va contrarier l’économie mondiale. Voilà la contrainte forte qui va peut être sauver le monde. Si le prix du pétrole augmente rapidement, il va réduire d’autant le développement (avec des inégalités inévitables entre Nord et Sud) et donc atténuer l’effet de serre et ses conséquences.

 

    Si l’humanité toute entière est incapable de raison dans les toutes prochaines années, espérons une augmentation rapide et conséquente du prix du pétrole, appelons à la taxation des produits pétroliers et dans le même temps, changeons nos comportements. Consentants ou contraints… Pour connaître le cours quotidien du pétrole brut, voir le site www.penserpaysage.blogspot.com

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5 février 2008 2 05 /02 /février /2008 09:17

      Au début des années 1990, j’avais été approché par la SNCF pour concevoir une végétalisation des murs de la gare Saint-Lazare à Paris. Le souci principal de l’administration ferroviaire était d’empêcher les tags et graffitis qui recouvraient les murs et coûtaient fort cher à nettoyer. Il n’y eut pas de suite. Depuis, une dizaine d’années a passé, et les tags ont pris une telle ampleur que leur élimination n’est plus envisageable…

      Dans le même temps, les murs végétalisés sont devenus très tendance. Sous l’impulsion du mur végétal réalisé par Patrick Blanc pour le Musée des Arts Premiers du quai Branly, à Paris, cette technique s’affirme en milieu urbain. Sur différents types d’immeubles, les végétaux assurent une continuité biologique dans des milieux, a priori hostiles, et créent un obstacle aux tags. S’il s’agit de végétaux à grand développement, ils offrent aussi l’avantage d’une protection de la façade et d’une isolation thermique et phonique.

 

      Mais on peut aussi avoir recours à une couverture biologique plus modeste en taille, avec des mousses et surtout des lichens. Les lichens, autrefois classés parmi les végétaux, sont maintenant rattachés aux champignons. Ce sont des êtres très particuliers, souvent confondus avec les mousses, qui résultent de l’association (symbiose lichénique) entre un champignon et une algue et/ou une cyanobactérie. Certes, les lichens ont une croissance très lente et ne s’implantent pas facilement. On peut toutefois accélérer un peu le processus par des apports extérieurs et par une adaptation des murs en prévoyant une surface à micro-reliefs et un revêtement adapté. Les parpaings de bêton répondent assez bien à ces exigences !

 

      Outre l’attrait de leur coloration (gris, brun, orange, vert) de type « impressioniste », leur sensibilité à la qualité de l’air (ce sont des bio-indicateurs) fait des lichens un élément à privilégier. Les murs-lichens peuvent constituer un miroir de la ville : la diversité de leur colonisation va témoigner de la qualité de l’environnement et de la reconquête biologique du milieu urbain. Cela demande de la patience, mais les murs-lichens pourraient constituer une exposition permanente et publique de l’état de santé de la ville. On trouvera des informations sur les lichens sur le site de l’Association Française de Lichénologie : http://www2.ac-lille.fr/myconord/afl.htm

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29 janvier 2008 2 29 /01 /janvier /2008 08:23

     Grenellopathie : du français politique rejet de mai 1968 et du grec pathos, maladie. Sorte d’affection chronique dont les causes sont mal connues.

     Grenellomania : suffixe latin mania, folie. Habitude bizarre et ridicule qui provoque l’irritation ou la moquerie.

 

     Les Français, ou du moins leurs dirigeants, aiment bien les « grands débats », même s’il s’agit de rattraper un peu du retard pris depuis des décennies, dans le flou et sans garantie de financement. Ainsi l’année 2007, en France, a connu le Grenelle de l’environnement. Curieuse référence en annonçant « Grenelle », symbole emblématique de mai 68, tout en préconisant la rupture avec les évènements de mai ; et « environnement » alors que l’on veut avancer vers le développement soutenable. Confusion des termes dès l’origine, révélant la confusion des concepts et des esprits. Malgré cela, le Grenelle de l’Environnement marquera cette année par ses ambitions (même si elles sont restées limitées), ses propositions concrètes (même si elles sont revues à la baisse) et l’engagement politique qui le soutient (même s’il comporte une part de démagogie).

 

     Ce Grenelle aura proclamé quelques avancées, certes, mais l’urgence de la situation commande d’aller plus loin et plus vite. On aurait pu prendre qu’une seule mesure, si elle était mise en application immédiatement, c'est la taxe carbone, tant les autres décisions seront pour une large part une déclinaison de cette taxe. Au-delà des propositions faites, le mode de fonctionnement laisse dubitatif sur la réelle dimension démocratique des débats, en omettant largement les professionnels et les élus et en préconisant une stratégie de haut en bas. En fait, on le voit bien avec le début de prise de décision, il y a eu débat surtout entre lobbies industriel, agricole et associatif…

 

     Les « sans mémoire » y ont vu l’an I du développement soutenable, bien que d’autres réflexions de même ampleur ait été initiées depuis 25 ans… que l’on s’est empressé d’oublier. Ainsi les Etats régionaux de l’environnement, tenus en 1982 ont émis 49 propositions en Haute-Normandie dont le développement des énergies renouvelables, ou la création d’un observatoire régional de la biodiversité pour lequel l’étude de faisabilité vient d’être lancée… en 2007.

 

     Souhaitons néanmoins que ce Grennelle soit au final, Grenellissimo, c’est à dire demandant une exécution aussi forte que possible.

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22 janvier 2008 2 22 /01 /janvier /2008 08:51

        Les modifications climatiques et la raréfaction des énergies conventionnelles seront les thèmes majeurs de ce 21ème siècle, changeant radicalement nos modes de vie et nous ramenant, éventuellement, à des préoccupations primaires : se nourrir et se déplacer. Cette évolution exige une nouvelle gouvernance. Au-delà de la méfiance qui perdure entre les citoyens et la classe politique, il convient donc de s’interroger sur le renouvellement de celle-ci, à l’occasion des prochaines consultations municipales et cantonales en France.

Commençons à mettre en place cette nouvelle gouvernance, en passant d’une classe politique installée, confiscatrice du pouvoir, à des élus plus représentatifs, plus près des réalités de la vie quotidienne. Cela signifie que le pouvoir politique doit redevenir une fonction temporaire et non plus une profession permanente. Comment remédier à cela si ce n’est en permettant un partage du pouvoir beaucoup plus large, notamment en direction des jeunes et des femmes. Pour ce faire, un chiffre claque comme un numéro d’urgence pour proposer une solution : le « 11 », un et un, soit un seul mandat à la fois, renouvelable une seule fois. Ce principe simple aurait la vertu de répartir les pouvoirs de décision sur un nombre de personnes beaucoup plus grand, donc de permettre une expression réellement démocratique et du même coup de permettre à de nombreuses personnes d’être confrontées aux réalités du pouvoir, pas toujours commodes, même à l’échelle locale. La mise en œuvre du 11 constituerait une vraie révolution démocratique qui nécessite des innovations, en particulier inventer un temps civique pour que chacun puisse participer à la vie démocratique de la société s’il le souhaite, sans pénalité économique.

Les petites communes rurales pourraient appliquer ce principe avec plus de souplesse dans la mesure où les conseils municipaux ont vocation à devenir des comités de quartier des Communautés de communes. Le seuil pourrait être celui qui sépare une ville d’un village, soit 2 000 habitants.

Contre l’addiction au pouvoir de certains élus et pour reconstruire une nouvelle gouvernance, chacun peut appliquer, ici et maintenant le 11. Les trente et quarante ans sont critiques sur la génération qui les a précédés, et ils n’ont pas tort. Voilà pour eux l’occasion de prendre le pouvoir et d’exercer leurs talents !

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