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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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11 décembre 2007 2 11 /12 /décembre /2007 09:10

     La conjonction des modifications climatiques et de la raréfaction des énergies fossiles oblige à s’interroger sur les modes de transports du futur et leurs infrastructures. Pour espérer pouvoir inverser le réchauffement climatique, il faut d’abord agir sur nos comportements individuels en matière de consommation, mais aussi sur les politiques publiques.

     En France, entre 1990 et 2004, les émissions de gaz à effet de serre ont globalement diminué pour les secteurs de l’industrie, de l’agriculture et de l’énergie, mais ont fortement augmenté pour le résidentiel et le tertiaire (+ 22,3 %) et surtout les transports (+ 22 ,7 %).

     En 25 ans en France, la longueur des autoroutes a doublé (80 % des transports terrestres de marchandises sont effectués par la route) alors  que  le  réseau ferré exploité a régressé de 10 %, et cela malgré les discours sur la multi-modalité.

     Pour économiser l’énergie, il nous faudra diminuer les distances travail – résidence et privilégier les circuits courts de distribution des marchandises. Un exemple intéressant de solution innovante pour le transport des marchandises est le ferroutage. Ainsi, après la mise en service de six lignes en Europe (Allemagne, Italie, Autriche et Slovénie), la plus importante ligne de ferroutage européenne entre le Luxembourg et Perpignan, sur une longueur de 1 000 km, doit permettre de charger, d’ici 5 ans, 10 % de la circulation actuelle des camions sur cet itinéraire. D’autres lignes sont en projet et c’est heureux. Mais, dans l’enthousiasme de cette nouvelle donne, on s’est peu soucié des infrastructures nouvelles nécessitées par ce mode de transport, elles mêmes préjudiciables à l’environnement.

     A n’en pas douter, on peut aller plus loin dans cette recherche d’économie d’énergie par le ferroutage. Ainsi ne pourrait-on pas reconsidérer le réseau autoroutier, devenu si dense, afin de transformer la troisième voie des autoroutes, quand elle existe, en voie ferrée pour le transport des camions et conteneurs. La géométrie d’une autoroute est très proche de celle d’une voie ferrée et l’imbrication des réseaux faciliterait alors leur interconnexion pour une distribution maximale des villes et des zones d’activités. Certes, cette transformation nécessitera des aménagements, mais moins coûteux que de nouvelles infrastructures.

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4 décembre 2007 2 04 /12 /décembre /2007 10:40

     L’archipel corallien des Tuvalu, au centre de l’Océan Pacifique, compte 11 000 habitants. Ce bout du monde a été très médiatisé du fait de son altitude… à cinq mètres, ce qui rend les îles vulnérables à l’élévation du niveau de la mer, du fait du réchauffement climatique. Ce handicap a déterminé une partie de la population à émigrer vers la Nouvelle-Zélande. Voilà bien une « maquette » de ce qui nous attend à plus grande échelle. 
     Certes, chaque évènement climatique peut trouver un précédent, même lointain. Mais la multiplication de ces évènements semble bien aller dans le sens des prévisions alarmistes du GIEC. Ainsi, après la sécheresse extrême de la fin 2006 en Australie, on a connu en 2007 : 
     -         De mai à juillet, l’Angleterre et le Pays de Galles ont reçu les plus fortes précipitations jamais enregistrées ; au Sud de l’Europe, la canicule a fait les ravages que l’on sait ; une mousson cataclysmique a ravagé le sous-continent indien ; le Soudan a subi des crues et l’Afrique du Sud des chutes de neige record ; les Etats-Unis ont connu à la fois inondations et sécheresse. 
     - En juin, le sultanat d’Oman, en Asie, a connu le premier cyclone de son histoire.
     - En juillet, vague de froid au sud de l’Amérique latine.
     - En août, crues catastrophiques en Corée du Nord
     - En septembre, pluies torrentielles sur la bande sahélienne en Afrique ; cyclone désastreux sur le Bengladesh.
     Si la France a été épargnée, le Sud a néanmoins souffert de précipitations estivales moitié moindre que les moyennes, tandis que le Nord subissait des pluies trois à quatre fois supérieures à ces moyennes…
     Les Français, plus monarchiques que jamais, schizophrènes en diable, attendent des mesures autoritaires, … pourvu qu’elles ne les concernent pas. Pourtant, c’est tout de suite que des mesures s’imposent face à ces risques. Pour contribuer au ralentissement du réchauffement climatique, il faut réduire de façon drastique la consommation de produits pétroliers, en particulier dans les transports, et donc majorer progressivement la TIPP pour contraindre à un changement radical.
     La France a exprimé le souhait d’avancer sur ce terrain difficile, il faut maintenant agir, donner l’exemple plutôt que donner des leçons. La France est un petit pays, mais dont la voix porte parfois au-delà de son véritable poids. Il ne faut pas douter de la force d’entraînement qu’elle peut représenter pour toute l’Europe et pour le reste du monde.

 

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