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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 08:19

     Il n’y a pas si longtemps que consommer bio s’apparentait à un comportement bobo (bourgeois bohême). Et voilà que là aussi les choses changent : consommer des produits biologiques est désormais très tendance et s’inscrit dans une volonté de consommer des produits sains et de proximité, tout en contribuant au soutien de l’agriculture paysanne.

     Ainsi en Normandie, on compte actuellement 1 250 exploitations bio et au plan national, les conversions à l’agriculture biologique ont été multipliées par trois ces dernières années. L’agriculture industrielle souffre d’un déficit de plus en plus prononcé de notoriété auprès du public, du fait de ses impacts sur l’environnement et de la mainmise du secteur agro-alimentaire sur son développement. C’est ainsi que l’agriculture de proximité suscite un engouement fort, y compris chez les citadins, pour réinventer une relation étroite entre ville et agriculture, pas seulement au plan géographique, mais aussi social en recréant une relation de confiance entre producteur et consommateur.

     Un exemple intéressant, dans la métropole rouennaise, est la reconversion de l’ancien hippodrome des Bruyères en parc urbain au sein duquel va s’implanter une ferme permacole, inspirée de l’écologie naturelle et de la tradition, visant une économie en énergie tout en laissant le plus de place possible à la nature sauvage. C’est la nature qui « fait le boulot » : les déchets des uns profitant aux autres ou la rotation des cultures évite le désherbage ou encore certaines plantes éloignent les nuisibles par leur odeur. Les intrants deviennent alors superflus, de même que le machinisme agricole. Les premiers légumes sont attendus pour 2017 et les produits de la ferme seront commercialisés via une filière courte. Sur les 28 hectares de ce parc urbain, « Le champ libre », 2,5 seront réservés à la ferme permacole qui aura vocation de production et de vitrine pédagogique. La ferme sera accompagnée d’un verger conservatoire avec présence possible de moutons et chevaux.

     Mais il y a encore plus fort puisque le Bhoutan, qui s’est déjà illustré en instaurant le « bonheur national brut » comme indice de développement (au lieu de notre PIB) prévoit de devenir le premier pays 100 % bio ! Certes ce ne sera pas facile pour ce petit pays d’environ 2 millions d’habitants situé en Asie du Sud à l’est de l’Himalaya, mais quel beau défi !

     Bientôt le bio ne sera plus bobo, mais banal !

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22 mars 2016 2 22 /03 /mars /2016 07:31

     Chacun se souvient du sketch de Coluche à propos de la lessive qui lave plus blanc que blanc. La publicité a en effet souvent cet aspect ridicule qui peut faire rire… ou pleurer. Que penser, par exemple, de ces publicités qui rivalisent entre les marques de voitures pour vanter les véhicules suréquipés. Les pauvres publicitaires ne savent pas que le dictionnaire existe, sinon ils auraient lu que « suréquipé » signifie équipé de façon excessive, plus qu’il est nécessaire. Est-ce à dire qu’ils cherchent à nous vendre des voitures avec deux volants ou trois autoradios ou des phares sur le toit pour être repérés par les drones… ou bien que ces gens-là nous prennent pour des débiles ?

     A quoi bon acheter un objet dont nous n’avons pas besoin ? Là encore, c’est à nous de réagir : véhicule suréquipé, non merci. What else ? C’est à l’acheteur que je suis de décider ce dont j’ai besoin et non pas au vendeur qui lui a pour rôle de me proposer ce qui existe et devrait objectiver avantages et inconvénients. Oui je sais, je rêve, mais…

     Qu’il s’agisse des publicités affichées en entrée de ville, distribuées dans les boîtes à lettres ou inondant nos boîtes mail, la perception de la publicité n’est plus ce qu’elle était : on est en train de passer de la résignation au refus. Ce changement d’attitude concerne maintenant le monde numérique et c’est ainsi que l’on estime à 200 millions le nombre d’utilisateurs dans le monde de logiciels de blocage de publicités. La France est d’ailleurs en pointe dans ce secteur avec 27 % d’internautes utilisateurs de ces logiciels bloquant. Aux Etats-Unis se répandent des box disposant d’une fonction d’élimination des publicités en cours de programme télévisé. Il va falloir prendre ses précautions pour aller au petit coin avant son émission favorite !

     Mais schizophrénie oblige… nous ne voulons plus de publicité, mais ne voulons pas non plus payer des services du net qui sont gratuits, grâce… à la publicité ! Ainsi ce blog qui est gratuit pour les usagers parce que l’hébergeur Over-Blog se paye avec la publicité. Comment sortir de ce dilemme sinon en faisant le tri entre service gratuit et publicité d’une part et service payant sans publicité d’autre part. Eh oui, c’est tout bête, pour profiter d’un produit ou d’un service, il faut payer, et nous l’avions un peu oublié.

     C’est une révolution qui s’annonce dans la mesure où la technologie du numérique permet un internet « propre », plus respectueux des individus et plus transparent sur « qui paye quoi ». Reste à étendre cette nouvelle manière de procéder à l’ensemble du secteur de la publicité, c’est à nous d’en décider. Les bénéfices seront perceptibles sur le plan humain, mais aussi en matière de gaspillage de papier pour les publicités imprimées.

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15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 07:35

     Chacun le sait, la France est restée un pays profondément monarchiste, où les gens ont besoin d’un chef, même si celui-ci est sans cesse contesté… De là dérive une certaine schizophrénie à toujours vouloir une chose et son contraire : l’autorité, mais sans contrainte ! Malgré des évolutions, ces fondements de notre société restent bien présents et se retrouvent naturellement dans le monde du travail : il faut un chef, quelqu’un qui commande, mais dès que quelque chose ne plaît pas, on se rebelle et c’est la manifestation ou la grève.

     Alors quand certaines entreprises osent mettre à bas la hiérarchie, quelle révolution ! Il s’agit alors de considérer les employés comme des adultes responsables et non plus comme de bons petits soldats. Les responsables de l’entreprise laissent alors leurs collaborateurs organiser leur travail à leur convenance en fonction de l’activité, en prenant garde de ne pas mettre en avant de « signes extérieurs de pouvoir ». Certains patrons ont en effet fait le pari de laisser beaucoup d’autonomie à leurs équipes pour libérer leur créativité. Dès lors, plus de parking réservé au patron, plus de bureau directorial, mais une homogénéisation des conditions de travail. Les salariés peuvent fixer leur propre emploi du temps, parfois sans manager, selon la nature du travail à effectuer. S’il le faut un employé leader est désigné par son équipe pour expliquer les tâches, à chacun ensuite d’imaginer la meilleure manière d’y parvenir.

     Cela ne vaut que pour des micro entreprises pensez-vous ? Les biscuiteries Poult de Montauban ont arrêté l’usine pendant 2 jours en 2006 pour que les employés déterminent eux-mêmes l’organisation de leurs plannings et congés, en allégeant fortement la hiérarchie. Et depuis ? La productivité de l’usine a été multipliée par 2 en 2 ans ! La contrepartie de cette liberté se paye par la responsabilité de chacun et un engagement collectif qui définit quelques « règles du jeu » avec des comités d’expertise et un comité de pilotage. De même la fonderie Favi, en Picardie, a été découpée en mini-usines attachée à un client. Le leader de chaque mini-usine a une fonction d’assistance et non d’encadrement. Depuis, les ouvriers adaptent eux-mêmes leurs horaires à la charge de travail, il n’y a plus de pointeuse ni de placards fermés à clé, ni… de syndicats. Enfin, l’entreprise américaine Gore (applications à partir du téflon avec 10 000 employés dans le monde), mise sur le capital humain en laissant les employés s’auto-motiver et s’organiser eux-mêmes. Les sociétés de conseil et d’informatique sont sans doute les plus nombreuses à être libérées.

     Ne pas avoir de supérieur hiérarchique ne signifie pas l’absence de règles, mais le recours à une autre compétence dans l’équipe lorsque cela s’impose, en respectant chacun. Imaginons que notre société prenne modèle sur ces entreprises libérées, quel bonheur !

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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 07:31

     Les médias, les militants et ce blog en particulier nous le rappelle sans cesse : de nombreuses menaces pèsent sur le fonctionnement équilibré de notre planète et donc sur l’Humanité. Qu’il s’agisse des modifications climatiques, du recul de la biodiversité ou de la difficulté de nourrir une population mondiale qui ne cesse de croître, les sujets d’inquiétude ne manquent pas. Fort heureusement, le pire n’est jamais sûr et même si c’est le fait d’une petite minorité agissante, certaines initiatives donnent à penser que l’on peut encore redresser la situation pourvu que ces exemples puissent être testés, mis en pratique et généralisés.

     La « classe » politique est bannie en quasi-totalité par l’opinion publique, disqualifiée pour tenter la Renaissance du monde ; la société-fric est omniprésente et nous suis à la trace jusque dans notre boîte aux lettres, nos mails ou notre téléphone… Le changement ne pourra venir que de nous, citoyens et consommateurs. Un citoyen ou un consommateur seul est impuissant, mais si nous sommes des milliers ou des millions, alors on peut changer la donne ! L’information se diffuse enfin, le ras le bol gagne du terrain et ceux qui pressentent qu’ils doivent d’abord changer eux-mêmes sont de plus en plus nombreux.

     Ainsi dans le domaine de l’agriculture, le grand sujet du moment, même si certaines situations sont à l’évidence désespérées, chacun sent bien le manque de transparence sur les aides publiques, les contradictions entre défense des petits éleveurs et syndicalistes agro-industriels, les mensonges sur la qualité réelle des produits… Et pourtant, certains agriculteurs ont osé la reconversion vers le bio et s’en sortent avec des satisfactions tant personnelles qu’économiques. L’agriculture bio peut nourrir le monde en évitant nombre de problèmes liés aux pesticides, à la gestion des terres agricoles et à la distribution en circuits courts.

     La PAC représente 40 % du budget de l’Europe, dont 80 % vont à l’agriculture productiviste, la plus dommageable à l’environnement et la santé. C’est à nous électeurs de nous prononcer en connaissance de cause et non pas en fonction du baratin racoleur et démagogique des lobbies.

     La consommation des produits bio, c’est d’abord une prise de conscience à la fois écologique et sanitaire. C’est à nous consommateurs d’acheter avec lucidité en ignorant les trémolos des vendeurs qui nous prennent pour des chiens savants.

     Selon l’ONU, 70 % de la nourriture consommée sur la planète provient de petites exploitations. Les grandes exploitations sont de plus en plus tournées vers les productions pour le bétail, les agrocarburants ou les produits industriels. Ne mélangeons pas tout, à nous de choisir !

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1 mars 2016 2 01 /03 /mars /2016 08:10

     Nous n’avons cessé de le répéter, au risque de devenir lassant, de nombreuses préoccupations existent en matière d’environnement, face auxquelles il est urgent de réagir. Il va falloir changer bien des choses, pas dans un siècle, pas dans dix ans, mais maintenant ! Il en est ainsi des modifications climatiques qui confirment d’année en année les prévisions du GIEC, et souvent en les amplifiant. De même pour la biodiversité, malgré les actions entreprises, l’appauvrissement se poursuit. Il y a donc « le feu au lac » !

     Les décisions prises, lors de la COP21 par exemple, témoignent d’une prise de conscience au niveau mondial, bien que celle-ci reste lente et timorée. Mais au niveau du grand public, le doute reste le plus fort : tout cela paraît bien lointain, incertain ou inéluctable avec un sentiment d’impuissance. Les plus conscients de nos contemporains ne voient pas toujours ce que ces changements pourraient impliquer pour chacun de nous dans notre quotidien et surtout ne voient pas ce qu’ils pourraient faire eux-mêmes. Comme il a été dit depuis des décennies, les solutions passeront nécessairement par davantage de vie collective et de démocratie, à tous les niveaux, du village à la planète, pour synchroniser décisions collectives et petits gestes individuels. Il s’agit bien d’une mutation, non seulement économique et sociale à faire, mais aussi philosophique : comment habiter le monde ensemble de façon durable, ou bien laisser faire et advienne que pourra. Ainsi par exemple, au niveau des régions qui viennent de se mettre en place en France, faudrait-il créer une culture collective qui s’appuie sur un débat informé et transparent pour préparer la population aux impacts de ces modifications profondes de notre monde et accepter les adaptations très contraignantes qui seront nécessaires. Il n’est plus temps de se préoccuper de croissance, de développement, des actionnaires et du marché à terme, mais de l’avenir de l’Humanité. Veut-on un avenir ou on s’en fout ? C’est un choix à faire.

     Le futur, par définition, est toujours imprévisible. L’espèce humaine, comme toutes les espèces, peut aussi mourir, mais on ne sait ni quand, ni comment. Peut-être peut-on éviter seulement que cette disparition soit de notre propre fait, sachant que l’Homme n’a pas l’aptitude à devenir le maître souverain de sa planète. IL faut donc en priorité définir cette philosophie du futur. Pour cela des hommes comme Edgar Morin, un des philosophes français les plus marquants pendant tout un siècle, peuvent nous y aider. Comme il l’a souvent rappelé, « il n’y a pas de solution, mais il y a une voie ». Cette voie, ce peut être la Renaissance. Certes il va falloir changer les politiques incompétents, sortir de la société dominée par l'argent. Mais pour cela il va falloir que nous-mêmes, d’abord, changions. En tant que consommateurs et citoyens, c’est nous qui avons le vrai pouvoir de décision ; ça va être dur…

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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 11:59

     Dans le domaine de l’environnement, les bonnes nouvelles ne sont pas si fréquentes, réjouissons-nous lorsqu’elles arrivent. La Convention internationale sur les zones humides a été adoptée en 1971 à Ramsar en Iran et regroupe 159 pays. Cette Convention concerne les zones humides prises au sens large et constitue un label qui récompense et valorise les actions de gestion durable de ces milieux naturels. A ce jour, la Convention regroupe 1 800 sites dans le monde, dont 44 en France pour une superficie de 3,5 millions d’hectares. Et voilà que la 44ème zone inscrite le 18 décembre 2015 se situe en Normandie : le Marais Vernier et la vallée de la Risle maritime sur 9 500 hectares.

      Le Site est un grand complexe estuarien composé de marais alluvionnaires, vasières, eaux estuariennes, rivières, tourbières ainsi qu’un réseau de fossés et de pièces d’eau qui convergent vers l’étang naturel de la Grand’ Mare, porté par la Communauté de communes de Quillebeuf-sur-Seine et le Parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande. Le Marais Vernier, méandre mort de la Seine, accueille le plus important gisement de tourbe de France. Quant à la Risle maritime, c’est une zone de transition entre eaux salées et douces qui accueille des migrateurs et de nombreuses espèces pour leur reproduction. Le site compte 43 espèces de poissons, dont 32 indigènes, c’est un lieu de reproduction de l’Anguille européenne (espèce en danger), du Brochet et de la Lamproie de Planer. Parmi les oiseaux, on y observe le Pluvier doré et le Vanneau huppé, notamment. En plus de son intérêt écologique, le site offre un aspect socio-culturel associé à un passé de gestion des milieux par des pratiques traditionnelles qui ont permis de maintenir des espaces ouverts avec une mosaïque d’habitats favorable à la biodiversité. Les chaumières présentes sur le site reflètent également l’usage traditionnel des ressources offertes par le marais.

     Cette reconnaissance a été rendue possible grâce à l’action coordonnée des acteurs locaux : élus, agriculteurs, chasseurs, naturalistes, services de l’Etat, PNR et associations. Bien sûr une action de cette ampleur ne va pas à terme sans l’implication forte d’un acteur particulier, ce qui fut le cas avec l’association Courtils de Bouquelon et son instigateur Thierry Lecomte. C’est un aspect d’autant plus important à souligner qu’il n’a pas pu en être de même juste à côté, sur l’estuaire de la Seine en raison des conflits répétés.

 

A noter : Manifestation régionale au Marais Vernier le 26 avril 2016 ; Journées nationales Ramsar à Pont-Audemer (27) du 19 au 21 octobre 2016 ; et dès maintenant le jus de pomme Courtils de Bouquelon est le premier produit labellisé Ramsar pour valoriser les producteurs locaux.

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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 07:28
  • La nature de l’Homme

     Il n’est pas certain que l’Homme n’ait jamais vécu en pleine harmonie avec la nature, mais il est clair qu’au stade d’évolution où nous sommes, l’Homme est en train de scier la branche sur laquelle il est assis… L’être humain est un animal, certes, mais pas tout à fait comme les autres, au moins par son refus de considérer les faits biologiques à leur juste niveau, ayant la certitude d’être doué d’une intelligence qui le place au-dessus de ces basses considérations.

     Outre se massacrer en quasi permanence entre eux, les humains ne seraient-ils pas suicidaires, prenant le risque d’une disparition collective par destruction systématique de leur milieu de vie. Les exemples historiques ne manquent pas de civilisation disparue après le massacre de l’environnement. Ce n’est pas faire du catastrophisme que d’envisager que l’Homme puisse épuiser les ressources indispensables à sa survie (c’est déjà bien avancé), que les modifications climatiques amplifient cet état de fait (nous y sommes), que les rivalités entre « survivants » génèrent des guerres sans merci (les « migrants » actuels nous donnent un petit aperçu), que les dirigeants politiques soient complètement dépassés et impuissants, laissant la place aux extrémistes en tous genres et aux communautaristes (regardez la France de 2015…) ; ce n’est que réalisme. Le pire n’est jamais sûr, heureusement, mais il est possible. Ce qui est nouveau par rapport à des époques anciennes, c’est la dimension globale du problème, concernant toute la planète et non plus seulement telle ou telle contrée. Bien sûr ces sujets sont très anxiogènes et ne sont pas développés comme il conviendrait en termes d’information. Mieux vaut continuer à répéter des concepts aussi stupides que celui de la croissance éternelle dans un monde fini, ce qui est tout simplement impossible ! Décidément, si l’Homme est de nature animale, il peut être aussi de nature stupide.

      Mais le propre du génie humain, c’est aussi de réagir, même in extremis, aux dangers et de prendre dans l’urgence les mesures qui s’imposent. La nature peut devenir un sujet éthique, tout simplement parce qu’il y va de notre survie. Une nouvelle morale est donc à inventer à cet égard. Prenons garde toutefois à ne pas chercher à échapper à ce destin funeste en « améliorant » la nature humaine par des voies scientifiques douteuses qui viseraient à modifier le génome humain, au stade de l’embryon par exemple. Nous irions là directement vers une robotisation de l’Homme, confondant éventuellement drone-robot et humains comme semble l’annoncer le robot militaire habilité à tuer de façon autonome… Décidément, quelle drôle de nature que celle de l’Homme !

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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 07:09

 

  • L’Homme dans la nature

     Ne l’a-t-on assez répété, la nature s’appauvrit et le phénomène s’amplifie. Ainsi, on sait maintenant que les populations mondiales d’animaux marins, toutes familles confondues, ont chuté de moitié depuis les années 1970, sous la pression des pollutions, des modifications climatiques et de la surpêche. Dans le même temps, la consommation de poisson est passée de 10 à 20kg par habitant et par an. Comme si cela ne suffisait pas, certains experts craignent la disparition des récifs coralliens d’ici 2050, alors qu’ils abritent le quart de toutes les espèces marines… La surexploitation (il faut bien nourrir les populations) conduit à ce qu’en Méditerranée 90 % des stocks sont épuisés… Durant ces 40 dernières années, les espèces terrestres mondiales ont également décliné d’environ 40 %. Quant aux espèces d’eau douce, leur déclin est estimé à 80 % ! La pression de l’Humanité sur la biodiversité va croissante, du fait de l’augmentation de la population, et nécessiterait dès maintenant une Terre et demi pour satisfaire les besoins humains en ressources naturelles. Souvenons-nous que la population mondiale a quasiment triplé depuis 1950 et que l’on prévoit de passer des 7 milliards actuels à 9 en 2050, soit 3,6 fois plus en un siècle.

     Certes des mesures sont prises pour enrayer ces phénomènes, mais trop timides et trop lentes, elles ne parviennent pas à inverser le phénomène. Bien que les écologues aient commencé à tirer la sonnette d’alarme dès les années 1970, la biodiversité reste mal connue et mal comprise compte-tenu de sa complexité. Ceci alors même que les hommes dépendent beaucoup plus qu’ils l’imaginent des écosystèmes, ce qui pose la question du devenir, non seulement de la nature, mais de l’Humanité. Comme l’a souvent répété Robert Barbault, l’homme est dans la nature, c’est plus que jamais indispensable de s’en souvenir. Toutes les tentatives de protection et de restauration des espèces et des écosystèmes doivent être encouragées. Les trames vertes et bleues mises en place en France depuis quelques années ont un intérêt primordial pour relier les îlots de nature avec des corridors écologiques. Bien sûr pour parvenir à des résultats concrets, il faut sensibiliser les populations afin de faire comprendre, accepter et réaliser toutes ces actions de sauvegarde… de notre espèce, nous les Humains. Il va nous falloir aussi très vite économiser l’espace en évitant une artificialisation trop poussée des milieux naturels. Et puis surtout, il va falloir produire autrement, notamment dans les domaines agricole et énergétique.

     Gageons que l’espèce humaine saura réagir tant qu’il en est encore temps, elle qui a encore beaucoup à apprendre sur la nature puisque son tube digestif abrite environ un millier d’espèces de bactéries dont on en connaît que 480…

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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 17:49

     Faudra-t-il bientôt renommer le Mont Blanc Mont Vert ? En effet, les glaciers régressent et la célèbre Mer de glace du Mont Blanc a perdu 3,5 m d’épaisseur et a reculé de 2,3 km en un peu plus d’un siècle. Au cours de la dernière décennie, les glaciers alpins ont fondu quatre fois plus vite, devenant ainsi des témoins « privilégiés » de l’évolution du climat. Cette nouvelle donne va modifier certaines activités liées à l’exploitation touristique et sportive de la montagne et aussi la répartition de la biodiversité. Au-delà de ces considérations « locales » est-il utile de rappeler que la fonte de glace du Groenland est en cours. Si d’aventure, cette calotte venait à disparaître entièrement, le niveau des océans s’élèverait de l’ordre de 7 mètres, de quoi modifier quelque peu la répartition de la population sur le globe… Encore une fois, tout cela n’annonce pas la fin du monde, mais à l’évidence des changements importants auxquels il faudra bien s’adapter. C’est bien la question centrale, comment s’adapter ? Depuis la COP21, il semble admis qu’il n’est plus temps de tergiverser sur la réalité des évolutions climatiques ou sur la part des activités humaines dans cette évolution, les faits sont là, il faut bien les gérer.

     On peut, comme souvent, spéculer sur des progrès technologiques qui permettront de juguler le phénomène : par exemple extraire le CO2 de l’atmosphère et le stocker, injecter du soufre dans la haute atmosphère pour stabiliser la température, ou encore réduire l’ensoleillement de la surface terrestre. L’avenir dira si ces idées sont réalistes ou des fantasmes stupides, sachant qu’au-delà de la prouesse technologique éventuelle, se posera la question du coût économique de ces processus, de leurs dérives éventuelles et des conséquences en cas de ratés… Tout cela à un moment où la population terrestre ne cesse de croître, avec une partie qui s’appauvrit, un système économique mondial à bout de souffle et au bord du délire…

     Comme l’a déclaré le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, en clôture de la COP21 La catastrophe climatique nous guette. Le Forum économique mondial  en « remet une couche » en annonçant juste avant son sommet annuel de Davos que Le réchauffement climatique pourrait être la plus grande menace pour l’humanité en 2016 ! La catastrophe est évitable, soyons-en sûrs, si toutefois l’Homme devient un peu plus raisonnable, s’il sait faire preuve d’un peu plus d’Humanité. En clair, cela veut dire des renoncements, des changements drastiques, en mettant fin à toutes sortes de gaspillages, en choisissant d’être mieux plutôt qu’avoir plus, en pratiquant une solidarité mondiale au-delà des divisions communautaristes sous l’égide d’une gouvernance mondiale… Bon courage la génération Z !

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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 06:24

     Elle se lève tôt pour partir au travail chaque matin. Aujourd’hui, elle commence chez madame Langlois à 7h30, il s’agit de l’aider à se lever, se laver et préparer son petit déjeuner : mission de 30 minutes. Puis elle va à 7 km aider monsieur Boniface à prendre sa douche et faire un peu de ménage dans la maison. Il est 9h15, elle se rend au domicile de madame Hervé à 13 km pour faire le repassage et préparer le déjeuner. A 11h, c’est au tour de monsieur et madame Douchet, situés à 9km, d’accueillir l’auxiliaire qui va nettoyer les vitres et préparer un dessert pour le repas de midi. Puis à 12h, elle retourne chez madame Langlois pour l’aider à prendre son déjeuner. Elle a enfin une pause de 12h45 à 14h, pour retourner chez elle prendre son propre déjeuner, à 17 km de sa dernière prestation, autant dire que le repas est avalé. Elle repart pour un après-midi aussi varié, avec une pause de 16h30 à 18h et continue ainsi de maison en maison jusque 20h30. Ouf, c’est fini pour aujourd’hui pour l’auxiliaire de vie, mais demain elle recommence avec, pour partie les mêmes personnes et pour partie des nouvelles. Le rythme sera aussi soutenu mais selon une chronologie différente. De même, la semaine prochaine ressemblera à celle-ci mais avec bien des différences. En effet, madame Langlois a dû être hospitalisée, par contre le retour à la maison de monsieur Etienne, non prévu, a nécessité une intervention urgente pour l’aider à redécouvrir son appartement en fauteuil roulant. Et ainsi de suite, sachant qu’un week-end par mois, c’est chaud puisqu’il faut remplacer les autres auxiliaires en repos.

     L’auxiliaire de vie accompagne les personnes dépendantes, fragilisées ou handicapées pour les aider à rester à leur domicile. Elle (rarement il) les aide dans les actes de leur vie quotidienne : repas, toilette, ménage, démarches administratives, courses, etc. L’auxiliaire de vie doit savoir aussi réconforter, distraire, ce qui suppose, au-delà de cette multi-compétence, une bonne condition physique (il faut parfois soulever des personnes invalides), ne pas être rebuté par des tâches ménagères et des toilettes intimes, et tout cela avec tact, respect et discrétion. C’est un métier difficile, particulièrement en milieu rural.

     Autant dire que l’auxiliaire de vie fait preuve de qualités humaines rares pour être au service des personnes en difficulté, avec une empathie remarquable. C’est pourquoi lorsque l’auxiliaire arrive à la maison, malgré les difficultés pour la personne assistée ou son conjoint, c’est comme un cadeau de Noël tombé du ciel.

     Les auxiliaires de vie sont de l’ordre de 180 000 en France, il en manque quasiment 10 000. Alors oui, vraiment, cette profession est peu connue et peu reconnue. Pourtant l’auxiliaire, c’est vraiment essentiel !

 

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Published by Michel Lerond - dans Nouvelles
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