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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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8 avril 2020 3 08 /04 /avril /2020 16:50

Douzième jour de confinement :

     Notre voisin le plus proche est très sympa. On peut se parler et blaguer un peu, d’un jardin à l’autre. Après deux AVC, il bêche un potager immense pour préparer la belle saison. Quel bêcheur ! Il nous fait croire en l’avenir. C’est heureux car l’isolement commence à peser. Je suis de tempérament plutôt solitaire, mais un solitaire qui n’aime pas être seul… Un peu schizo quoi !

      Cela dit, la situation actuelle nous contraint à une certaine solitude et en même temps nous fait redécouvrir une « nouvelle vie » en confinement. La société de consommation nous a conditionné à « avoir plus », à afficher la meilleure image de soi, à être reconnu pour « ses mérites ». Et voilà que, seul ou à deux, dans notre petit nid douillet, on se retrouve face à soi-même… seulement. Comme s’il n’y avait plus de société. Vivre avec soi, tout simplement. Un apprentissage à refaire alors que ce mode de vie était familier à nos grands ou arrière grands parents, surtout en milieu rural. Réapprendre à s’occuper, utilement si possible, à ne pas trop se poser de questions, à profiter de choses simples, humer, déguster, ressentir. Redécouvrir la vie simple, retrouver sa richesse intérieure, être zen ! De quoi mieux vivre avec soi-même, et pour plus tard souhaitons-le, mieux vivre avec les autres.

     Mais bon c’est bien gentil ces réflexions, à l’abri, le soleil inondant le jardin qui s’épanouit à toute vitesse, comme dans un film accéléré, mais la réalité c’est aussi l’Inde rattrapée par ce Covid 19… Voilà maintenant cette population en confinement ! Cela fait près de 3 milliards de Terriens confinés, un bon tiers de la population mondiale. Du jamais vu, c’est sûr. Et cerise sur le gâteau, Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU vient de me sortir de mes rêveries : l’Humanité entière est menacée par le virus et l’ONU lance un « plan de réponse humanitaire mondial » jusque décembre, les réponses des pays n’étant pas suffisantes. La nouvelle fait froid dans le dos et augmente encore un peu l’anxiété, mais c’est tout de même une bonne nouvelle pour moi qui rêve d’être d’abord un Terrien. Les problèmes planétaires envisagés et réglés à l’échelle planétaire ! Un rêve.

     Mais non, tout n’est pas désespéré : après la crise il y aura le renouveau, si nous le voulons nous-mêmes ! Les innombrables gestes de solidarité, qui nous tirent parfois des larmes, sont une promesse pour l’avenir.

A suivre : Quatorzième jour de confinement

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6 avril 2020 1 06 /04 /avril /2020 09:47

Dixième jour de confinement :

     Les mesures de confinement se durcissent. Tout cela avec quelques imprécisions et contradictions. La France reste la France, on est rassuré ! Les médecins ne sont pas tous d’accord sur les mesures à prendre, la grogne monte ici ou là et on commence à promettre quelques règlements de compte entre ceux qui survivront au virus, un peu plus tard. Mais on assiste aussi à des élans de solidarité. Nous avons fait nos courses pour une semaine, près de chez nous. Au magasin « de proximité » nous avons croisé 3 personnes ! Il y a donc des survivants. Le soleil et le ciel bleu nous font oublier un temps suspendu et nous invitent à tailler la haie. Quel bon défoulement. Le jardin est ce remède miracle qui, en retrouvant la nature, permet d’oublier les drames pour un temps !

     Mais c’est quoi donc que ce foutu coronavirus ? Les explications sont vagues et la pédagogie particulièrement déficiente. Alors internet vient à mon secours : un virus est une particule microscopique nécessitant un hôte, souvent une cellule, dont il utilise le métabolisme et les constituants pour se dupliquer. Un pirate en somme ! La nature des virus fait débat quant à savoir si ce sont des êtres vivants… ou pas. En fait ce ne sont pas des vivants. Un mystère donc que ce truc là ! Les coronavirus forment une famille qui peut provoquer des maladies chez l’homme. Le Covid 19 est une souche particulière de virus, pas identifiée jusque maintenant, apparue à Wuhan en Chine, en novembre 2019. Depuis, il a fait le buzz ! De nombreux scientifiques assurent que l’explosion de ce virus résulte de la destruction de la nature, avec la modification profonde des équilibres naturels. Il en fut de même, il y a quelques années, avec le virus Ebola, originaire du centre de l’Afrique. Que nous réserve l’avenir, en particulier avec la fonte du permafrost des régions arctiques dont on dit qu’il pourrait libérer virus et bactéries…

     Tout cela est un peu anxiogène. Mais dans le même temps, on constate un peu partout que les émissions de gaz à effet de serre diminuent, bien plus que ce qui était programmé, les pollutions de l’air sont en baisse et la biodiversité reprend du poil de la bête en de nombreux endroits ! Horreur, ici ou là, il se murmure que l’on aurait repéré un autre virus, le plus redoutable de tous, un méga prédateur cette fois-ci ! Il aurait pour nom Homo sapiens

     La question se pose déjà : après cette crise unique depuis la grippe espagnole de 1918, que sera le « jour d’après » ? La grande récréation des deux siècles de l’Anthropocène serait bien terminée !

A suivre : Douzième jour de confinement

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2 avril 2020 4 02 /04 /avril /2020 09:07

 

Neuvième jour de confinement :

     Je suis donc dans un petit village brayon depuis une semaine, avec ma compagne. Nous sommes venus là pour être les plus isolés, avec le minimum de contacts. Pari réussi, nous n’avons vu personne de la semaine ! Nous sommes bien, avons tout ce qu’il faut pour une semaine, nous pouvons nous aérer dans le petit jardin, mais l’atmosphère est étrange… On ne sort pas et guettons les rares voitures qui passent. Il en est ainsi pour tous les habitants du village. J’ai parfois l’impression d’être dans un zoo, les animaux en cage c’est nous, les visiteurs se sont les oiseaux, moineaux, rouges gorges, mésanges, tourterelles, pies, merles, corneilles et les écureuils, mais qui ne s’intéressent guère à nous. Je me dis qu’être un animal de zoo, ce ne doit pas être drôle tous les jours…

     Face à cette situation, pour beaucoup de dirigeants, mais aussi de simples citoyens, l’urgence est d’épargner des vies, mais aussi de sauver l’économie, en train de s’effondrer tout doucement. Et là, tient donc… les états dérogent aux règles budgétaires, on peut dépenser sans limite pour contrer le ralentissement de l’économie, on ne regarde plus les déficits déjà colossaux… Pourtant certains, plus conscients des réalités que d’autres, réagissent comme ces 45 députés Français qui voulaient amender la loi sur l’état d’urgence sanitaire, en prévoyant de réfléchir à un « Grand plan de transformation de notre société en faveur du climat, de la biodiversité, de la solidarité et de la justice sociale » post-crise. Mais ce texte insupportable a été rejeté sans débat. Pas de temps à perdre ! Certes le Président de la République « tirera les leçons de la crise », mais… pourquoi un débat de plus ? Et encore un rapport ?

     Etrange atmosphère ! Tant que l’on n’est pas concerné personnellement, tout est « normal ». Ici tout va bien à la maison, on peut manger, lire, regarder la télé, profiter de son temps libre, si ce n’est de ne pas sortir… C’est ce que vivent 1,7 milliard de Terriens maintenant ! La mondialisation en direct live ! Consolons-nous, la situation est tout de même cool par rapport à ce que serait un gros accident nucléaire. Soyons cyniques : la Normandie offre de belles opportunités en la matière avec 3 centrales, un centre de traitement des déchets et un EPR en construction… Dans ce cas, on serait confinés, mais ne pourrions plus consommer que des produits irradiés, il n’y aurait sans doute plus d’électricité, donc plus de télé, plus d’internet, un isolement total !... On vit une époque formidable !

A suivre : Dixième jour de confinement

 

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30 mars 2020 1 30 /03 /mars /2020 08:56

     En attendant mieux, nous relatons cette aventure folle que nous vivons, avec quelques points de vue personnels :

Huitième jour de confinement :

     Voilà une semaine que nous sommes confinés, depuis le 17 mars 2020. Nous venons de découvrir une expérience unique. La situation présente, tout à fait exceptionnelle, est sérieuse, mais pas si inattendue. Même si des épisodes sanitaires ont pu être encore plus redoutables autrefois, je crains pour ma part, que nous n'en soyons qu'au début de ce genre "d'incident" en relation avec les crises écologiques que nous traversons, tant en relation avec le dérèglement climatique que l'érosion de la biodiversité, avec leurs impacts sanitaires, sociaux et économiques.

     Lorsque j’ai vu à la télé les images de Wuhan en Chine, confinée et donc déserte, j’ai été stupéfait de penser que l’on pouvait arrêter ainsi, d’un coup d’un seul, une ville de 10 millions d’habitants. Ma première pensée a été de me dire que cela était possible en Chine, où les gens, disciplinés face à un régime autoritaire, obéissent au coup de sifflet… mais que c’était tout simplement impensable en France, pays de rouspéteurs contestataires. Et voilà que, quelques jours après, le « général » Macron intervient solennellement à la télé, déclare avec insistance que « nous sommes en guerre » et décrète le confinement des Français. Oh stupeur, il y a bien eu quelques inconscients, quelques rebelles, mais de jour en jour la France s’arrête, magasins et usines fermés, circulation stoppée en ville, tout le monde à la maison ! Depuis, la situation s’aggrave tous les jours et on constate que le confinement est une réalité, que les Français se réfugient chez eux et obéissent !

     Nous voilà en situation assez surréaliste… Un romancier de science-fiction aurait peiné à inventer un tel scénario décrivant un pays de contestataires virant soudainement en régime autoritaire, sous la pression d’évènements majeurs, et tout cela avec un assentiment quasi général de la population. La réalité dépasse la fiction ! Voilà une bonne occasion de se retrouver soi-même, de réfléchir à notre société, notre façon de vivre, nos évolutions à envisager… individuelles et collectives.

     Tout cela est étrange. Mais patientons, on en verra bien le bout. Comme l’a dessiné Philippe Geluck, à propos des réticents au confinement : il vaut mieux être des confinés que des cons finis. Chacun choisira son camp dans cette aventure !

A suivre : Neuvième jour de confinement

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23 mars 2020 1 23 /03 /mars /2020 17:07

     Depuis 2015, les sécheresses répétées ont fragilisé les forêts françaises, occasionnant des dommages. L’accélération du dérèglement climatique pose la question de leur adaptation : pendant l’été 2019, 73 départements étaient en restriction d’eau. La situation de l’Australie, située en grande partie en zone tropicale, n’est pas comparable, mais les incendies de 2019-2020 ont marqué les esprits. Résultant en grande partie des sécheresses, ces incendies ont détruits de l’ordre de 18 millions d’hectares (équivalent à la totalité des forêts françaises), mettant en péril la biodiversité et générant des pollutions importantes de l’air et des eaux superficielles.

     En France, depuis quelques années on a pu constater des mortalités d’arbres sur plusieurs milliers d’hectares, souvent provoquées par des attaques de parasites (insectes et champignons) dont les populations augmentent avec la température. Ces impacts du climat font l’objet de recherches qui visent à accroître la résilience des forêts, sachant que l’adaptation naturelle prend du temps alors que le climat évolue très vite. Les voies de recherche portent sur la sélection d’individus résistants, la génétique ou la plantation au nord de la France d’essences du sud, sachant que tout cela reste incertain en termes de résultats. Le recours à des essences exotiques est aussi envisagé, mais présente le risque d’introduction de parasites qui pourraient être redoutables. Une fois de plus on constate le résultat des pratiques « modernes » qui ont privilégié l’économie plutôt que l’écologie, en multipliant les peuplements forestiers monospécifiques, ce qui en fait a affaibli la résilience des arbres. Il est urgent de revenir à des peuplements mélangés, en prenant en compte aussi la microflore des sols, en somme revenir à des forêts « naturelles ». La nature n’est pas une usine !

     Les menaces sont perceptibles depuis plusieurs décennies et se multiplient à mesure que les températures augmentent. Il y a donc urgence à adapter les pratiques forestières aux modifications du climat. Le gouvernement français envisage, face à cette crise, de réformer l’ONF (Office national des forêts, créé en 1964 à la suite des Eaux et forêts). Sans doute y a t’il des adaptations à apporter à une structure ancienne, mais la privatiser en partie pour permettre une meilleure adaptation à l’économie est-elle une bonne idée ? Il n’est pas sûr, en effet, que les deux siècles de maturation des chênes ou hêtres s’accomode du court terme requis par la « rentabilité financière » dans un contexte de dérèglement climatique et d’érosion de la biodiversité…

     Pourrait-on imaginer de laisser les forêts, au moins en partie, évoluer librement, comme le propose le Conservatoire d'espaces naturels Normandie Ouest qui a lancé un programme régional d'espaces en libre évolution. Cette démarche rejoint celle déjà proposée sur ce blog qui consisterait à revoir le monde à l’envers, une façon de concerner et responsabiliser les citoyens. L’initiative de la Métropole Rouen Normandie est aussi à signaler : les forêts qui constituent 30 % du territoire de la métropole font l’objet d’une concertation citoyenne pour discuter avec la population de la gestion actuelle et future des forêts dans le cadre de l’élaboration de la nouvelle Charte forestière de territoire.

     Rappelons le, nous aurons bientôt des clés pour agir : après « Faire passer le message » voilà la suite pour inviter à l’action avec « Les clés de notre avenir » : un texte synthétique et concret,  afin de convaincre de la nécessité de s’impliquer personnellement, en tant que consommateur, travailleur et citoyen pour ainsi peser sur les décisions politiques relatives, notamment, au dérèglement climatique, à l’érosion de la biodiversité et la gestion des ressources.

     En voici un extrait avec la proposition N° 18 Protéger et restaurer les forêts.

          … La reforestation doit permettre de favoriser la biodiversité et aussi d’absorber le dioxyde de carbone en la conciliant avec une vocation de production…

(Les clés de notre avenir - Persée, 2020.- 100 p.10 €). A paraître courant juin.

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22 mars 2020 7 22 /03 /mars /2020 11:38

 

     Nous voilà en situation assez surréaliste… Un romancier de science-fiction aurait peiné à inventer un tel scénario décrivant un pays de contestataires virant soudainement en régime hyper autoritaire, sous la pression d’évènements majeurs, et tout cela avec un assentiment quasi général de la population. La réalité dépasse la fiction !

Voilà une bonne occasion de se retrouver soi-même, de réfléchir à notre société, notre façon de vivre, nos évolutions à envisager… collectives et individuelles.

     Ce blog n’a pas tout dit, n’a pas tout prévu, il ambitionne seulement de faire réfléchir… depuis 13 ans ! Avec plus de 600 chroniques, brèves, faciles à lire. Un sujet vous taquine ? Allez sur le blog www.michel-lerond.com, colonne de gauche, rubrique « recherche », tapez un mot clé ou une expression brève puis cliquez sur « recherche », ce qui vous donne les liens avec les chroniques qui abordent ce sujet. De quoi s’occuper pendant… environ 3 à 4 mois !

     Vous pouvez aussi vous abonner à mon blog afin de pouvoir disposer d’informations et réflexions, ni dogmatiques, ni simplistes sur les questions environnementales et sociétales. Et en plus, c’est gratuit ! Pour cela, vous allez sur le blog, colonne de gauche, rubrique newsletter. Vous inscrivez votre adresse mail, vous recevez un mail de confirmation et c’est tout. Vous êtes informés par mail de chaque parution.

      Merci de me rejoindre et bonnes lectures.

 

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18 mars 2020 3 18 /03 /mars /2020 10:14

Tirer les leçons pour préparer l’avenir :

     La résolution du problème n’est pas aisée, ni pour les décideurs, ni pour la population. Elle demande des mesures partagées entre Etats, donc des décisions internationales parfois contraignantes devant lesquelles rechignent nombre de personnes qui y voient là des limitations de leurs libertés plutôt que le partage de responsabilités. Il existe des mesures pour limiter la propagation des épidémies, mais il faut aussi remédier aux causes des problèmes, notamment avec un essor de la recherche médicale. Comme d’habitude, il faut d’abord identifier les causes de ces épidémies et y remédier en amont, en intervenant sur les facteurs les favorisant. Mais là se pose une autre question pour relativiser les impacts, lorsqu’une épidémie tue quelques milliers de personnes alors que le paludisme en tue 1 million dans l’indifférence générale… ou que le diabète, lié à nos modes de vie, en tue 4 millions par an. Selon les pathologies ou les populations concernées, la médiatisation peut être très variable.

     Il est toutefois grand temps de s’interroger sur l’accélération des pandémies. N’y a-t-il pas un rapport avec la destruction des écosystèmes ? Parmi ces facteurs, il faut s’interroger, entre autres, sur les élevages industriels, comme ce fut le cas à propos lors des grippes aviaires ou porcines, dont on a peu parlé du bilan désastreux en matière de décès. Interrogeons-nous aussi sur l’impact des pollutions de toutes sortes et des déséquilibres naturels consécutifs à l’érosion de la biodiversité. Depuis le milieu du 20ème siècle, des centaines de microbes pathogènes se sont multipliés dans certaines régions en relation avec la déforestation, l’urbanisation ou l’industrialisation suite à la rupture d’équilibres naturels. Faire face à ces évolutions suppose que l’on dépasse la vision trop fréquente du court terme lié au fonctionnement économique de nos sociétés pour considérer le long terme lié à l’évolution de la biodiversité et du climat. Les crises écologiques doivent être prises en compte en priorité et les recherches nécessaires sur leurs conséquences menées avec des moyens appropriés. C’est pourquoi un directeur de recherche du CNRS a poussé un cri de colère devant les ravages du Coronavirus, alors que son équipe travaille depuis 10 ans sur cette catégorie de virus, sans véritable soutien financier pour la recherche fondamentale… La France, comme l’Europe, s’est désengagée de ces programmes de recherche pour satisfaire des besoins de court terme.

     Mais tout n’est pas perdu, et comme évoqué dans « Faire passer le message », c’est souvent devant le drame que réagissent enfin les peuples et les décideurs. Dès 2009, Jacques Attali prédisait qu’une pandémie pourrait pousser nos dirigeants à réagir et accepter, pourquoi pas, un gouvernement mondial. Il ne faudra donc pas oublier de tirer les leçons de cette crise pour faire face… à la prochaine, inévitable compte-tenu des désordres écologiques qui ne font que s’amplifier. Il nous faudra, très vite, aller vers plus d’Europe et plus de mondialisation pour être en mesure de faire face à des défis planétaires.

     On ne va pas se réjouir de cette crise du coronavirus, mais il est possible que cette « répétition générale » nous ramène à plus de raison, nous invite à plus de prospective et à mettre en place une gouvernance mondiale qui réinvente l’économie pour des fins humanitaires plutôt que cupides, avec une répartition géographique plus raisonnée et des élans de solidarité.

    Bientôt, nous aurons des clés pour agir : après « Faire passer le message » il fallait une suite pour inviter à l’action. La voici sous peu avec « Les clés de notre avenir ». Avec cet opuscule, mon but est de proposer un texte synthétique et concret,  afin de convaincre de la nécessité de s’impliquer personnellement, en tant que consommateur, travailleur et citoyen pour ainsi peser sur les décisions politiques relatives, notamment, au dérèglement climatique, à l’érosion de la biodiversité et la gestion des ressources. Mes 93 propositions pour surmonter les périls environnementaux n’auront de sens que si elles s’accompagnent d’évolutions profondes de notre système économique. Cette véritable révolution va demander beaucoup d’efforts, et comporter des restrictions. C’est pourquoi des évolutions de nos modes de gouvernance sont indispensables.

     En voici un extrait avec la proposition N° 68  Mieux contrôler limpact de lenvironnement sur la santé.

     Les modifications climatiques auront un impact sanitaire du fait de l’accroissement de l’incidence des maladies sous l’effet des vagues de chaleur et inondations. Ces évolutions peuvent allonger la période de transmission des maladies, notamment celles propagées par les moustiques ou les virus… Etc.

(Les clés de notre avenir - Persée, 2020.- 100 p.10 €). A paraître courant juin.

     Restons donc chez nous. Profitons-en pour lire, nous remettre en question, imaginer des lendemains plus sereins. Après cet entraînement nous aurons tout pour « refaire le monde » ! Dès la guerre gagnée sur le coronavirus, on s’y met ! Promis ?

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16 mars 2020 1 16 /03 /mars /2020 13:56

D’abord gérer la crise :

     Une grande peur s’est emparée de la planète confrontée au coronavirus, le Covid-19. La propagation du virus est jugée très préoccupante par l’OMS (Organisation mondiale de la santé). Mi-mars 2020, près de 140 pays sont touchés. Après le confinement spectaculaire de 56 millions de Chinois, l’Italie, pays le plus touché en Europe (épicentre de l’épidémie) met en quarantaine toute sa population, mesure sans précédent. Les chiffres augmentent chaque jour et le monde compte maintenant de l’ordre de 150 000 cas et environ 6 000 décès. Les frontières se ferment les unes après les autres. La France, avec plus de 5 500 cas et environ 130 décès, en est arrivée aux mesures drastiques annoncées par le Président de la République le 12 mars et renforcées le 14 mars puis le 16. Il est redouté que la pandémie puisse toucher plus de la moitié de la population française.

     Devant une telle situation, inattendue et angoissante, s’agit-il d’un emballement médiatico-politique ou « simplement » l’annonce de menaces qui vont s’amplifier avec le dérèglement climatique et l’érosion de la biodiversité ? La pandémie reste cependant limitée, pour le moment, si l’on se rappelle que les grandes pestes du Moyen Age ont pu faire de l’ordre de 50 millions de morts, la grippe espagnole de 1918 de l’ordre de 45 millions de morts, le Sida 25 millions depuis 1983 (dont les 2/3 en Afrique subsaharienne) ou encore une grippe saisonnière qui fait environ 300 000 morts chaque année dans le monde !

     La difficulté est de gérer le risque comme une réalité objective, ce qu’il n’est pas. Les grandes peurs accompagnent l’histoire de l’Humanité, que ce soit face à des animaux maléfiques, le terrorisme, les migrants, la maladie ou la crise écologique. Certains esprits avisés exploitent ces peurs pour étayer des croyances, restreindre les libertés individuelles ou faire du business. La peur est un marché inépuisable ! Voilà bien le miroir de notre société où se reflètent à la fois les fantasmes, les intérêts mais aussi la prudence. Chacun peut alors sombrer dans la psychose ou rejeter en bloc ces affirmations, reprochant aux autorités d’en faire trop ou pas assez… selon que l’on est directement concerné ou pas. Il en est de même pour les risques liés à la crise écologique que nous traversons, avec les impacts sociaux, économiques et sanitaires auxquels il faut s’attendre et se préparer.

     Avec la découverte de 39 agents pathogènes depuis 1967, force est de s’interroger sur l’amplification des risques d’épidémies, comme l’affirme l’OMS. Ceci d’autant plus que la population mondiale croît et se concentre dans des villes (4 milliards de citadins), avec un niveau de pauvreté parfois alarmant (1 milliard de citadins vivent dans des taudis). Ajoutons encore que les communications se sont amplifiées de façon considérable sur toute la planète (on compte en permanence 5 000 avions dans le ciel !), accompagnées de moustiques, virus ou espèces devenant invasives et colportant parfois des agents pathogènes capables de contourner les antibiotiques ou autres remèdes.

     En de telles circonstances, ne faut-il pas essayer de faire la part entre l’angoisse aveuglante et l’estimation des enjeux véritables, et objectiver la part de fantasme et de péril véritable ? Les mesures annoncées le 12 mars concernant la France, bien qu’incomplètement suivies, ont été globalement bien accueillies, tant par les politiques que la population, malgré leur caractère autoritaire et très contraignant. C’est une bonne surprise au « pays des rouspéteurs » ! Mais aussi un espoir, parce que face à un grand péril, la majorité des Français ont su réagir avec solidarité, générosité et intelligence. C’est de bon augure pour préparer les lendemains qui nous attendent...

A suivre : Tirer les leçons pour préparer l’avenir

Et bientôt, des clés pour agir :    

Après « Faire passer le message » (https://www.editions-persee.fr/catalogue/recits/faire-passer-le-message/#.W1hl6sIyWpo) il fallait une suite pour inviter à l’action. La voici sous peu avec « Les clés de notre avenir » à paraître courant juin.

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9 mars 2020 1 09 /03 /mars /2020 18:29

     Voilà des décennies que l’on ressasse les mêmes thèmes relatifs à l’environnement, que ce soit en matière de ressources, de biodiversité ou de climat. Les médias, jusque-là si timides sur ces sujets, en font maintenant la une de l’actualité à propos d’élections multiples qui viennent de 2020 à 2022. De partout fusent de nombreuses propositions, trop souvent entachées de green washing. Qu’en sera-t-il après les élections ? Pourquoi donc tant de lenteur, d’inertie et de simples mesurettes quand s’imposent des mesures fortes ?

 

     Ainsi en matière de climat, le sujet phare en ce moment, chacun y  va de ses arguments en faveur de la transition écologique… Mais en France, les émissions de gaz à effet de serre diminuent presque deux fois moins vite que ce qui était anticipé ! Et cela malgré une multiplication des textes sur les mobilités, l’énergie ou les gaspillages. Pour s’en sortir, les plafonds sont revus à la hausse… Il n’y a plus de dépassements… On est dans les clous !

     En matière de biodiversité, la Convention sur la biodiversité biologique, réunie en février 2020 l’assure : 75 % des terres et 66 % des mers ont été modifiées par les activités humaines et un million d’espèces animales et végétales sont menacées de disparition. C’est grave pour le genre humain qui dépend de la biodiversité pour l’air, l’eau et la nourriture… Pour le moment on préconise des mesures simples, mais sans renoncer aux causes réelles telles que nos modes de consommation. Mais pourquoi donc ?

     Il semble bien qu’il y ait une certaine incompatibilité entre l’écologie et le libéralisme économique, ce qui va de pair avec l’aveuglement des élites politiques et économiques en matière d’environnement. Il faut dire que notre culture, surtout occidentale, considère depuis toujours que la nature est inépuisable et à notre service, mythe transcendé par les religions. Les grands décisionnaires restent donc dans le court-terme, seul pris en compte pour les élections ou les finances. Les lobbies poussent le système à son maximum pour en profiter encore. Mais les élites, formatées au progrès technologique et économique, ne voient qu’un aspect de la réalité.

     Certes nous sommes peu enclins à changer nos habitudes et la vision à court terme est plus rassurante qu’une vision à long terme, éventuellement porteuse d’angoisse. Profitons des avantages immédiats, sans se soucier de ce qu’il en sera dans quelques années ! De plus des phénomènes comme le dérèglement climatique ou l’érosion de la biodiversité comportent des incertitudes, des approximations et se prêtent peu à l’organisation de notre vie immédiate. Nous ne ressentons pas ces choses comme une menace imminente et nous concernant à l’échelle individuelle. Bref cela paraît, à la plupart d’entre nous, incertain et lointain. Donc continuons comme avant ! En résumé, difficulté à se représenter l’avenir, déni et réticence au changement.

     Tout change lorsque l’individu est pleinement informé et intégré dans une collectivité, famille, travail, association ou autre. Mais là il prend vite conscience que les éco-gestes, c’est bien mais très insuffisant s’ils ne sont pas relayés et amplifiés par des décisions politiques. Et là, à nouveau, sentiment d’impuissance, déni et inaction… Et chacun d’attendre que l’Etat bouge !

     Pour conclure, soyons cyniques : les phénomènes s’amplifient et s’accélèrent. On entre dans le concret : les tempêtes se multiplient, les inondations sont récurrentes, des maisons tombent à la mer, les espèces invasives causent quelques dommages, les rendements des cultures baissent…

     Mais nous autres Français, on ne se laissera pas faire et s’il le faut on brûlera des tas de pneus pour contester la pollution !!

               

 

Pour réfléchir ensemble à l’environnement :    

      Vous vous intéressez à l’environnement : très simple, vous vous abonnez à mon blog afin de pouvoir disposer d’informations et réflexions, ni dogmatiques, ni simplistes sur les questions environnementales et sociétales. Et en plus, c’est gratuit !

Pour cela, vous allez sur www.michel-lerond.com colonne de gauche - rubrique newsletter - vous inscrivez votre adresse mail - vous recevez un mail de confirmation et c’est tout. Vous êtes informés par mail de chaque parution.

     Merci de me rejoindre et bonnes lectures.

 

Et bientôt, des clés pour agir :    

     Face à l’actualité brûlante concernant l’environnement, des solutions sont proposées pour refaire le monde dans « Faire passer le message », une vision personnelle sur les grandes thématiques de l’environnement.

Faire passer le message - Persée, Paris, 2018.- 158 p. - 14€20

- Dans toutes les bonnes librairies.

- Ou à défaut, commander sur internet : https://www.editions-persee.fr/catalogue/recits/faire-passer-le-message/#.W1hl6sIyWpo

 

     Après « Faire passer le message » il fallait une suite pour inviter à l’action. La voici sous peu avec « Les clés de notre avenir » à paraître courant juin.

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2 mars 2020 1 02 /03 /mars /2020 17:47

     Une nouvelle du 31 janvier a été bien peu médiatisée (ou pas du tout…), et pourtant ! En effet, ce jour-là, les Sages, membres du Conseil constitutionnel ont pris une décision, très novatrice, en affirmant que la protection de l’environnement peut surpasser la liberté d’entreprendre, à propos de l’exportation à l’étranger de pesticides produits en France. Ce fut une première, lourde de sens, en interdisant l’exportation de ces pesticides. Dans sa décision, le Conseil constitutionnel précise que "la protection de l’environnement, patrimoine commun des êtres humains, constitue un objectif de valeur constitutionnelle".

     Les Sages ont ainsi fait primer l’intérêt général sur les intérêts d’entreprises qui exposent des populations et écosystèmes à des produits néfastes. C’est un signe important d’une évolution qui redonne espoir en l’avenir.

     Jusque-là, des herbicides considérés dangereux pouvaient être interdits d’usage en France, mais envoyés à l’étranger… C’est ainsi que l’atrazine, herbicide interdit depuis 2001 en France et depuis 2004 en Europe, classé par l’Agence européenne des produits chimiques comme "très toxique pour la vie aquatique avec des effets à long terme" était autorisé à l’exportation vers plusieurs pays, dont la Chine, le Pakistan et le Soudan.

     C’est un tournant décisif dans la hiérarchisation des droits. L’UIPP (Union des industries de la protection des plantes) regrette cette décision qui présente un risque de délocalisation de cette production vers d’autres pays, ce qui menacerait 2 700 emplois en France. Inversement, les associations de défense de l’environnement se réjouissent de cette décision, de même Élisabeth Borne, ministre de la transition écologique, qui parle d'une "très bonne nouvelle, qui donne une force juridique inédite à l’objectif de protection de l’environnement et nous permet d’agir pour l’écologie à l’échelle de la planète". Voilà bien un signe fort de l’évolution de notre société, plus attentive à la préservation des bonnes conditions de vie de l’ensemble de l’Humanité. A cette occasion, faut-il rappeler que le Conseil constitutionnel est une institution française créée en 1958 dont le rôle est de se prononcer sur la conformité à la Constitution des lois et de certains règlements dont il est saisi, entre autres.

     Dès sa création, le Conseil constitutionnel a été surnommé « Conseil des Sages », en raison de sa prééminence au sommet de la hiérarchie. Ce Conseil est constitué de neuf membres nommés par le président de la République et les présidents des chambres parlementaires. Les anciens présidents de la République sont également membres de droit du Conseil constitutionnel, mais certains ont choisi de ne pas siéger. Le président actuel en est Laurent Fabius depuis 2016.

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