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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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9 juillet 2019 2 09 /07 /juillet /2019 08:39

     Les enjeux climatiques sont devenus tels qu’une étude australienne récente prévoit la fin de la civilisation pour 2050, si l’on ne parvient pas à maîtriser le réchauffement de la Terre… Bien sûr il s’agit là du scénario du pire, plutôt apocalyptique et heureusement, pas sûr ! Quoi qu’il en soit, et malgré les éternelles discussions sur la causalité de ces phénomènes, il s’agit bien là d’un aboutissement d’une certaine artificialisation de notre environnement.

     Depuis l’ère de la cueillette, la préhistoire, notre relation avec la nature est devenue de plus en plus antagoniste. L’ère de l'agriculture se caractérise par la transformation des paysages naturels en paysages élaborés, construits. Puis l'ère industrielle est celle de la pollution et de la transformation en profondeur des paysages, du recul de la vie sauvage. Enfin, l'ère de la communication met en évidence les enjeux majeurs que sont les modifications climatiques et l’érosion de la biodiversité. C’est l’anthropocène, une époque géologique au cours de laquelle l’influence de l’Homme sur la planète est devenue prédominante par rapport aux facteurs naturels, avec une artificialisation grandissante de notre environnement, du vivant et de l’Homme lui-même.

     Quand on parle climat, on évoque les émissions trop importantes de gaz à effet de serre et donc d’activités trop peu respectueuses de la vie. Mais qu’en est-il lorsque l’on parle de procréation médicalement assistée, de gestation pour autrui ou de remplacement de travailleurs par des robots ? Certes, dans tous ces cas de figures, il y a quelque chose à y gagner. Que ce soit pour améliorer nos conditions de vie, pour permettre à des personnes stériles ou des homosexuels d’avoir le plaisir d’élever des enfants, ou encore de laisser les tâches les plus pénibles à des machines douées d’intelligence artificielle. Cette artificialisation du vivant est donc bien une liberté, une ouverture des possibles et c’est un progrès, mais… n’est-ce pas aussi une frontière entre les robots et les Hommes ? Poursuivre dans cette voie ne nous amène-t-il pas directement vers une nature « fabriquée » avec des cultures hors sols, des productions alimentaires « recomposées », des utérus artificiels, des clones formatés selon des critères choisis, voire imposés. N’est-on pas aux portes du « Meilleur des mondes » d’Huxley ?

     Si la décennie qui vient sera déterminante pour une maîtrise du dérèglement climatique, elle pourrait bien l’être aussi pour une maîtrise, ou pas, de la robotisation de l’Humanité, sans pour autant redevenir des primitifs. Inventer un nouvel équilibre entre la Nature et l’Homme en maintenant les robots à leur juste place, voilà bien le défi. Et Vous, pour vos enfants et vos petits-enfants ? Vous prenez l’option artificialisation ou l’option naturalité ? Robots ou Humains ? Faites votre choix, dites-le et mettez le pratique.

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2 juillet 2019 2 02 /07 /juillet /2019 08:16

      Les enjeux prioritaires de notre époque sont le climat et la biodiversité, personne ou presque n’en doute. Les solutions proposées, les actions à mener doivent l’être au niveau planétaire, mais aussi national et régional, au plus près des habitants.

      Les parcs naturels régionaux ont été créés par décret du 1er mars 1967 pour animer des « territoires d’expérimentation » puis sont devenus des « laboratoires du développement durable ». Ils ont été pendant un demi-siècle les premiers acteurs face à ces enjeux. L’expérience ayant pleinement réussi, il est grand temps de l’étendre à tout le territoire régional. D’autant plus, qu’entre temps, nombre d’EPCI (Etablissements Publics de Coopération Intercommunale) ont pris le relai avec des initiatives toujours plus nombreuses en matière d’énergie, de transport ou d’aménagement du territoire. Nous avons attiré l’attention sur ce sujet depuis 10 ans sur ce blog, en 2009 ou en 2014. Les PNR ont 4 missions à remplir : aménagement du territoire, développement économique et social, éducation et formation, innovation et expérimentation, et donc rien qui ne soit incompatible avec les EPCI ?...

      Au sein des Régions, le territoire est maintenant largement structuré en Communautés de communes afin de donner de la cohérence aux actions liées à l’utilisation de l’espace notamment. Dès lors les Pays et les Parcs naturels régionaux n’ont plus lieu d’être puisque leurs politiques innovantes sont désormais appliquées largement sur le territoire régional, en simplifiant le mille feuilles administratif. Cette question préoccupe plusieurs territoires ruraux français et en particulier le Pays de Bray, en Seine-Maritime, où le sujet fait débat. La démarche de création d’un nouveau PNR (Parc naturel régional) interrégional, entre Dieppe et Beauvais, serait comme je l’ai déjà exprimé, une "fausse bonne idée".

      Certes un PNR constitue un plus, mais qu'apportera-t-il alors qu'il sera géré par les mêmes acteurs que le PETR (Pays) qui mène déjà largement des actions de type « Parc naturel » ? Pourquoi ne pas abandonner le 20ème siècle pour entrer dans le 21ème ? : Les PNR ont été une bonne idée, ils ont rempli leur mission de territoires expérimentaux et leurs acquis doivent maintenant être élargis à l'ensemble du territoire régional. Certes on peut comprendre que les acteurs locaux souhaitent une reconnaissance de la richesse de leur territoire et d'une certaine identité. Mais alors pourquoi ne pas imaginer un label pour les territoires qui souhaitent être reconnus pour leurs actions environnementales effectives. Celles-ci sont le plus souvent déjà obligatoires, que ce soit pour l’urbanisme, l’agriculture, l’assainissement ou le tourisme par exemple. Il ne s’agit donc plus aujourd’hui d’afficher une intention, mais de faire reconnaître que les obligations ont été bien remplies. A quoi bon refaire des études, qui certes sont à actualiser, mais déjà réalisées pour vérifier la faisabilité du projet, avec un coût de 75 000 € début 2008, porté à 157 000 € début 2009 et en promettant aux acteurs locaux, en particulier les agriculteurs, « aucune contrainte supplémentaire avec ce parc »… Quant à assurer que ce parc serait « un vecteur de développement économique »… n’y a-t-il pas confusion sur les objectifs majeurs ?

      Si ce territoire souhaite un "label", une reconnaissance de "PNR", pourquoi pas mais sur un territoire déjà constitué, en fusionnant les communautés de communes existantes, comme il a été proposé depuis longtemps. Du coup le Pays de Bray serait en tête de l'innovation au plan national : les PNR ont eu leur temps, maintenant les territoires se regroupent et sollicitent un label "territoire d’avenir" (un nouveau nom à confirmer). En fait, on ne change quasiment rien, mais on affirme le regroupement des territoires avec des objectifs environnementaux forts et généralisés. La Région Normandie pourrait prendre le relai en encourageant et soutenant les actions de type PNR sur tout le territoire régional en répartissant les agents des PNR sur les EPCI. Toute une région, parc naturel régional ! Ce serait une innovation au plan national remarquée, médiatisée et profitable. Comme on dit, ça aurait de la gueule !

      Cette initiative sera alors à étendre à l’ensemble du territoire national, au moment où le gouvernement prétend s’engager pour une transition énergétique et une gestion efficace de la biodiversité. Il est temps, il est grand temps de passer de la communication à l’action. Vous dites que vous allez le faire ? Alors faites-le ! Ce sera reconnu et vous serez labellisés !

      Je suis bien conscient que mes propos vont heurter certains de mes amis brayons… Mais avec de vrais amis, on doit être franc et honnête, sans faux semblants, en confiant le fond de sa pensée. Bien amicalement !

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19 juin 2019 3 19 /06 /juin /2019 16:51

     Ce jeudi 20 juin sur RCF de Haute-Normandie (Radio chrétiennes de France – Rouen 88,1 FM, Neufchâtel-en-Bray 103 FM) écoutez l’émission « l’invité de la Rédaction ». Pauline Noack me recevra à propos de « Faire passer le message ». en direct à 18h33.

     Des solutions sont proposées pour refaire le monde dans « Faire passer le message », une vision personnelle sur les grandes thématiques de l’environnement. En plein dans l’actualité !

 

Faire passer le message - Persée, Paris, 2018.- 158 p. - 14€20

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3 juin 2019 1 03 /06 /juin /2019 16:44

Pour éviter l’explosion : l’engagement civique de chacun.

     Au-delà de l’engagement des politiques, la transformation de notre civilisation doit s’appuyer également sur l’ensemble de la société civile : collectivités locales, entreprises, ONG, sans omettre les citoyens eux-mêmes et les jeunes en particulier. Il reste en effet beaucoup à faire pour une transition écologique, sur les voitures des particuliers, mais aussi et surtout sur les camions, les avions et les bateaux porte-containers. Ceci sans omettre de s’interroger sur les origines de l’électricité, d’origine nucléaire peu maîtrisée, ou ayant recours à des batteries qu’il faut fabriquer avec des métaux rares et recycler correctement, ce que l’on sait à peine faire. Il y a beaucoup à débattre. Mais l’espoir est là avec ces jeunes, des centaines de milliers dans le monde entier, qui ont manifesté contre le dérèglement climatique début 2019 : 2 000 manifestations dans 123 pays ! Tout cela avec détermination et allégresse, de quoi reprendre confiance en l’avenir.

     Prenons garde toutefois à, ce que l’émotion ne l’emporte sur la raison ! Ainsi après l’incendie de Notre Dame de Paris, un moment de très forte émotion, de solidarité nationale, mais aussi de perte de raison… Des donations atteignant le milliard d’euros, un conseil des ministres intégralement consacré à ce drame, reléguant toutes les autres questions au second plan, une intervention du président promettant une reconstruction en cinq ans, au-delà du raisonnable quand les experts prévoient 10 à 20 ans, tout cela dans une belle confusion entre laïcité et spiritualité, entre patrimoine et business en lien avec les JO de 2024… Que fera-t-on de comparable pour le climat ?

     Dépassons ces « incidents de parcours » pour retenir l’essentiel, comme les contributions des syndicats et des entreprises, ou des collectivités locales et des ONG à l’invention d’une social-économie pour revenir au bon sens avec relocalisation de l’économie et des productions de proximité. Il faut d’abord remettre un peu d’ordre et de transparence dans la « vérité des prix » afin de rendre la vie économique plus claire, avec des prix qui prennent en compte les coûts environnementaux. Un mouvement naissant semble s’amplifier en conduisant certains investisseurs à exiger des entreprises plus d’ambition sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, par exemple. A défaut d’acheter plus, on peut sans doute acheter mieux. Une nouvelle communication sur les achats suppose des données plus lisibles, plus simples et plus indépendantes.

     Le modèle linéaire actuel produire-consommer-jeter a atteint ses limites et pose vraiment la question de comment réduire la consommation et comment redéfinir les objectifs de l’économie. L’économie circulaire consiste à inverser le raisonnement actuel en passant d’une logique de gestion des déchets à une logique de gestion des ressources. Cela suppose une évolution de nos modes de production, de distribution et de consommation vers une économie différente.

     Il est grand temps aussi de s’interroger sur l’organisation du travail, sur le sens, l’utilité et le partage du travail. Bien sûr, l’élaboration de produits ou services génère de l’emploi. Mais à quoi bon travailler pour fabriquer des produits inutiles, voire nuisibles, pour le simple fait qu’ils génèrent de l’emploi ?

     Tout cela va demander beaucoup d’efforts, de civisme, de solidarité et d’intelligence. C’est à ce prix que nous pourrons passer d’une civilisation ravageuse de notre milieu de vie à une civilisation en osmose avec la nature, notre matrice. Hors de cela, point de salut ! Mais avec cela quel défi, quelle Humanité !

 

     Face à tous ces sujets, des solutions sont proposées dans mon livre « Faire passer le message », une vision personnelle sur les grandes thématiques de l’environnement. En plein dans l’actualité !

Faire passer le message – Editions Persée

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27 mai 2019 1 27 /05 /mai /2019 17:07

Pour une transition politique, et pas seulement écologique :

     L’alarme est déjà ancienne, puisqu’en 1972 se tenait à Stockholm le premier sommet mondial de la Terre, puis était publié le rapport sur « Les limites de la croissance » par le Club de Rome, suivi… par le premier choc pétrolier ! 50 ans, un demi-siècle pendant lequel, certes beaucoup d’initiatives ont été prises, mais sans jamais tenter un autre modèle de développement. Depuis le sommet de la Terre à Rio en 1992, les discours se sont multipliés mais la véritable transition énergétique se fait attendre. Il n’y aura pas de véritable transition sans répartition des efforts et plus de justice sociale. C’est donc bien d’une transition politique dont nous avons besoin. S’il faut se battre aujourd’hui, ce n’est pas uniquement pour les générations futures ou pour les pays les plus menacés, c’est aussi pour nous-mêmes, ici et maintenant, tant il y a urgence ! Cette transition ira sans doute jusqu’à une forme de rationnement, ce qui sera difficile à faire accepter, tant elle évoque l’économie de guerre et la pénurie, alors que nos sociétés restent dans l’illusion de l’abondance. Il nous faut maintenant penser sobriété et se préparer à des mutations de nombreux emplois. Nous n’avons plus le choix, nous avons trop attendu et il ne nous reste plus que quelques années pour espérer inverser la tendance. La situation est très claire, il s’agit d’un choix binaire, comme le disent certains penseurs, de façon directe : « la coopération planétaire ou les fosses communes ». Mais n’est-ce pas ce qu’écrivait déjà Paul Valéry : « Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles »…

     Malgré tous les beaux discours, en fait personne n’est vraiment prêt à l’énorme redistribution des richesses que va impliquer la justice climatique. Pour nous Français, l’Europe est une magnifique opportunité pour affronter les grands défis du 21ème siècle, que ce soit en termes d’énergie (comme à l’origine de l’Europe !), de prévention des risques climatiques, de préservation de la biodiversité ou de l’eau, c’est LE projet que nous devons construire ensemble. Par ses innovations, l’Europe peut devenir un objectif pour les jeunes et un phare pour le monde. Pour faire évoluer le fonctionnement de l’Europe, il faut surtout que les politiques soient réajustées et les lobbies « recadrés », mais aussi que les citoyens soient pleinement responsables en plaçant le sens du collectif au-dessus des intérêts individuels. C’est à l’Europe que doit revenir une part importante de la réglementation communautaire : la monnaie, la défense, la politique étrangère. L’Europe doit assurer une meilleure formation civique aux jeunes et une intégration plus forte des problématiques environnementales dans les cursus de formation. L’Europe devra faire cette révolution : s’occuper de la biodiversité, du climat, de l’énergie, de l’économie en gardant l’Humain comme priorité absolue.

     A l’heure de la mondialisation, les différences d’échelle des problématiques environnementales peuvent être préoccupantes d’un continent à l’autre. Il est devenu indispensable de faire un saut démocratique à l’échelle mondiale afin de réguler, par exemple, les marchés des denrées agricoles pour en faciliter l’accès aux pays les plus pauvres. La régulation d’une économie mondialisée suppose des discussions avec tous les états dans le cadre de l’ONU, avec des règles de fonctionnement qui restent largement à inventer.

     Tout est encore possible quand on voit se structurer une mobilisation du Parlement français, avec un collectif sénatorial « urgence climatique » qui présente une série de neuf priorités de politiques publiques pour répondre au défi climatique ou une centaine de députés de tous bords réclamer au Premier ministre plus d’ambition pour les énergies renouvelables.

      Plus encore ! Lorsque le Parlement britannique est le premier au monde à décréter « l’urgence écologique et climatique », comme nous le proposions nous-mêmes sur ce blog en 2017 pour la France. Alors qu’en sera-t-il de la « nouvelle Europe » avec le renouvellement du Parlement du 26 mai ?

A suivre : 3/ Pour éviter l’explosion : l’engagement civique de chacun.

 

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20 mai 2019 1 20 /05 /mai /2019 17:29

La cocotte bout pour de bon :

     La cocotte-minute est en train de bouillir (les peurs se généralisent), elle vient d’émettre un son strident pour signaler qu’elle est bien chaude (les Gilets jaunes qui veulent être respectés, mais sans ligne directrice) et indique ainsi qu’il est temps de laisser échapper la vapeur pour calmer le jeu, faute de quoi, elle pourrait bien exploser (la violence est déjà là) !

     Nous sommes bien face à un grand malaise pour lequel il eut fallu répondre à l’urgence sans tarder. Ceci n’a été fait que très partiellement par un « grand débat » qui ne répond pas vraiment aux peurs du moment, pour sortir du « vieux monde » et revenir à l’essentiel. On aurait pu éviter la crise actuelle si les politiques avaient montré davantage de pédagogie afin de hiérarchiser les problèmes, ce dont ils semblent bien incapables. Les peurs s’accumulent, telles que le maintien ou pas du sacro-saint pouvoir d’achat bien sûr, lié aux inégalités parfois criantes et réelles, mais aussi au bouleversement du monde qui s’appuie de plus en plus sur un axe oriental et non plus occidental, à la montée des risques climatiques que l’on perçoit mieux, aux migrations que l’on ne sait pas gérer alors que l’on sait qu’elles vont s’amplifier.

     Face à ces craintes pour l’avenir, la société française se fracture entre manifestants et policiers, on le voit tous les samedis ! Mais aussi entre travailleurs publics et privés, avec des préjugés qui perdurent à propos des fonctionnaires, fainéants et pourvus d’avantages. Dans le même temps une demande forte s’exprime pour plus de services publics de proximité. Equation difficile ! La société se délite, le sentiment de frustration augmente et le malaise ne cesse de grandir. Les Français sont à cran, avec des arrêts de travail qui se multiplient, des actes de violences inimaginables, conjugales ou parentales, un irrespect croissant de la vie collective, comme en témoigne les innombrables déchets qui « décorent » le bord des routes, les dégradations en tous genres des équipements publics ou les infractions répétées au code de la route… Les livres les plus vendus sont des polars et la violence se banalise, avec une contribution « pédagogique » forte des chaînes de télévision qui n’offrent plus guère que crimes, assassinats et meurtres, en livrant le mode d’emploi !

     Ce qui est vrai au niveau français l’est aussi au niveau européen. Alors que l’Europe peut être une chance unique de progresser, les nationalismes se multiplient, générant des oppositions latentes entre peuples. Quant au niveau mondial… voyons ce qui se passe aux USA, en Amérique latine ou en Afrique. De quoi frémir ! Si l’on ajoute qu’en 2019 les 26 milliardaires les plus riches de la planète possèdent autant de richesses que la moitié de l’humanité (3,8 milliards de Terriens), on ne frémit plus, on enrage !

     A tout cela faut-il ajouter la prise de conscience réelle des risques climatiques et liés à l’érosion de la biodiversité. Cela s’entend maintenant tous les jours dans les conversations ordinaires. Chacun prend conscience que ces préoccupations dépassent toutes les autres, alors que les politiques ne réagissent que modérément, si ce n’est dans les discours… Comme l’écrivait Flaubert : « Nos gouvernants sont des dindons qui passent pour des aigles et font la roue comme des paons ». Les temps ont-ils vraiment changé ? Face à ce défi colossal, une petite minorité pense que « c’est foutu » et donc « profitons-en le plus possible » en se permettant n’importe quoi. Une autre petite minorité pense qu’il est encore temps, qu’il faut réagir fortement, et d’abord en refusant de faire des enfants parce que le vrai problème est la population mondiale excessive. Et la plus grande partie de la population, sûre que l’effondrement de notre civilisation est inéluctable, a peur et s’angoisse à penser l’avenir que nous allons livrer à nos enfants et nos petits-enfants.

     La peur est là, mauvaise conseillère et porteuse de violences. On est prêt de l’explosion et il est urgent de réagir, individuellement et collectivement, pour éviter le drame.

A suivre : 2/Pour une transition politique, et pas seulement écologique.

          3/ Pour éviter l’explosion : l’engagement civique de chacun.

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5 mai 2019 7 05 /05 /mai /2019 10:23

- Fête de la nature, Mesnières-en-Bray (76) : dédicace le 12 mai 2019 au château (Collège, Lycée et Institut supérieur en horticulture, forêt et hôtellerie) de 11 à 18 heures.

     Des solutions sont proposées pour refaire le monde dans « Faire passer le message », une vision personnelle sur les grandes thématiques de l’environnement. En plein dans l’actualité !

 

Faire passer le message - Persée, Paris, 2018.- 158 p. - 14€20

- Acheter dès maintenant dans toutes les bonnes librairies.

- Ou à défaut, commander sur internet : https://www.editions-persee.fr/catalogue/recits/faire-passer-le-message/#.W1hl6sIyWpo

 

Promotion du livre :

A venir :

- La Poterie-Cap-d'Antifer (76) : conférence et dédicace le 28 septembre 2019.

- Société des Amis des Sciences Naturelles et du Museum de Rouen : conférence et dédicace début 2020.


Effectuée :

- Plantes et Fruits Brayons, Beaubec-la-Rosière (76) : dédicace le 14 avril 2019.

- Bibliothèque de La Houssaye-Béranger (76) : dédicace le 30 mars 2019.

- Etudes Normandes : analyse bibliographique, N° 9 mars 2019.

- Association Brayonne Dynamique, Brémontier-Merval (76) : dédicace le 23 mars 2019.

- Site Esperanza21, association d'enseignants retraités : annonce et extraits publiés en février 2019 - www.esperanza21.org - accueil -> Bibliographies et sites -> les vôtres, les nôtres -> 2/2 Biodiversité, santé, climat , vers le bas : “ Faites passer le message”

- Paris-Normandie Dieppe : article publié le 20 février 2019.

- France Bleu Normandie : invité de France Bleu et Vous, diffusé le 6 février 2019.

- Le Blainvillais, journal local de Blainville-Crevon (76) : article publié en décembre 2018.

- Rotary Club Rouen-Rouvray : conférence et dédicace le 18 décembre 2018.

- Beaubec Productions, cinéma Omnia de Rouen : dédicace en ouverture de la projection de film "Demain l'Abeille, le dette humaine" le 7 décembre 2018.

- Librairie Autres Rivages de Buchy : dédicace le 27 octobre 2018.

- Paris-Normandie Rouen : article publié le 26 octobre 2018.

- La Dépêche du Pays de Bray : article publié le 25 octobre 2018.

- Le Bulletin de l'Arrondissement de Rouen : article publié le 23 octobre 2018.

- Paris-Normandie Dimanche : portrait publié à la rubrique “Figures de style” le 7 octobre 2018.

- France Bleu Normandie : interview diffusée le 17 septembre 2018.
 

Quelques avis de lecteurs :

- Jean-Paul Thorez, ancien directeur de l’AREN : « Un grand professionnel normand nous raconte son parcours… Le livre fourmille d’anecdotes qui intéresseront, voire amuseront, les lecteurs connaisseurs de la vie régionale… (Le message est) le bilan d’une riche carrière d’environnementaliste, doublé d’une réflexion développée au cours d’une intense activité de blogueur ».

- François-Xavier Lauch, Chef de Cabinet du Président de la République : « Le Président m'a confié le soin de vous remercier pour cette contribution et pour les propositions qu'elle comporte dont il a été pris connaissance avec le meilleur intérêt ».

- Christine Dhenain, correspondante de presse : « Des propositions concrètes laissant présager l’espoir d’une nouvelle ère entre l’homme et son environnement, ou l’ère d’une civilisation toute entière qui doit se renouveler à échelle planétaire ».

- Nicolas Gaillard, journaliste Le Bulletin : « Dans ce livre, Michel Lerond souhaite ouvrir des pistes pour porter un message d’espoir, auprès du grand public et notamment des jeunes ».

- Agnès Poli, avocate : « (Ce livre) se déguste comme un bonbon, à toute vitesse et succulent ».

- Marie-France Ramelet, ancienne restauratrice : « Plus on avance dans la lecture et plus on se dit que Michel avait tout compris et étudié avant tout le monde. On peut dire que "Faire passer le message "est d'une actualité brûlante ».

- Joce Hue, journaliste Paris-Normandie-Dimanche : https://www.paris-normandie.fr/accueil/figures-de-style--michel-lerond-la-science-de-l-urgence-ecologique-CJ13920772

- Jacques Calu, médecin ORL retraité : « Grâce à ton livre je cerne mieux aujourd'hui cette nébuleuse qu'était pour moi le mot écologie ».

- Richard Gauthier, France Bleu : https://www.francebleu.fr/emissions/france-bleu-et-vous-l-invite/normandie-rouen/michel-lerond-faire-passer-le-message

- Anne Rubinstein, cheffe de cabinet de Nicolas Hulot : « Le ministre a pris connaissance de ce livre avec intérêt… Il vous félicite pour votre engagement et pour votre contribution ».

- Yvon Robert, maire de Rouen : « Vous avez eu la gentillesse de m’offrir votre livre intitulé « Faire passer le message ». C’est avec beaucoup de plaisir que je vous adresse mes remerciements pour cette délicate attention ».

- Bernard Boullard, professeur émérite : « (votre livre) transpire de sincérité, de sensibilité. Il est riche de mille facettes qui situent excellemment l’homme et son œuvre. Il clame votre attachement à la nature. Il hurle (et le mot est de circonstance) votre inquiétude devant le comportement de l’Homme face à la nature. Il regorge de judicieuses suggestions ».

 

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22 avril 2019 1 22 /04 /avril /2019 10:21

     Bio, AOP, AOC, AB, STG, IGP, Label rouge… sans oublier les Produits certifiés, le Label international Max Havelaar, les labels Bleu-Blanc-Cœur, Viande de France, Elu produit de l’année, Atout certifié qualité, Critère qualité certifié, Indication géographique protégée, Reconnu saveur de l’année… Autant de labels de qualité, de provenance ou d’équitabilité auxquels il est difficile d’y comprendre quelque chose ! Ne serait-il pas temps d’arrêter ce délire ?

 

     Et pour en remettre une couche… voilà qu’un nouveau label bio vient d’apparaître pour indiquer que les cultures sont "en conversion" pour inciter les agriculteurs comme les consommateurs à passer au bio. Certains produits sont donc vendus comme étant "en conversion vers l'agriculture biologique", le vrai label bio étant obtenu après trois ans d'ajustement. Pourquoi pas, mais voilà encore une strate de plus dans ce labyrinthe totalement incompréhensible… Il n’y a pas de raison de douter de la sincérité et de l’honnêteté des agriculteurs bio, ni de l’intérêt de ces démarches pour informer les consommateurs, mais avouez que ces gesticulations ont de quoi nous faire perdre tout sens pratique.

     Un label officiel pour l’alimentation est reconnu par les pouvoirs publics et contrôlés par des organismes indépendants. La loi française exige que le label comporte un cahier des charges, un organisme certificateur accrédité, un certificat de conformité et une homologation. Donc tout va bien ! Mais comment le consommateur peut-il s’y retrouver dans cette jungle ? Bien entendu, tous les labels ne se valent pas selon qu’ils sont attribués par tel ou tel organisme de certification, à caractère officiel, indépendant, associatif, ou… émanant de la grande distribution ou d’industriels de l’agro-alimentaire. C’est la France ! Tout en simplicité ! La preuve, il existe un guide (plusieurs ?) interactif qui permet de décrypter les principaux logos visibles sur les produits des magasins. Chacun l’aura compris, il s’agit soit d’informer sur la vraie qualité d’un produit, soit de faire du marketing. Info ou intox ? L’objectif, pour les grands groupes au moins, n’est pas tant la santé du consommateur que le fric que l’opération peut rapporter. Bouffe puisqu’on te dit que c’est bon !

     Au stade où nous en sommes, on peut se demander s’il ne faudrait pas, dans l’intérêt du consommateur, supprimer tous les labels. Les produits que l’on peut trouver sur le marché sont consommables ou pas. Si oui tout va très bien. Si non ils doivent être retirés du marché et les producteurs pénalisés. Oui je sais, facile à dire, mais… les normes, les contrôles, les lobbies, les sanctions, etc. A nous de savoir quel type de société on désire, de menteurs un peu escrocs ou de gens soucieux du bien-être de chacun et honnêtes ?

     C’est vrai que je suis un grand naïf…

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15 avril 2019 1 15 /04 /avril /2019 17:55

     Toujours plus grand, toujours plus vite. C’est bien pour cela que nous sommes les meilleurs. Sauf lorsque… oups ! Le toujours plus grand devient un fiasco…

     L’annonce en février 2019 de l’arrêt de l’Airbus A380 est une illustration de ce concept récurent. L’engorgement du ciel fait que l’on a tenté de construire des avions de plus en plus grands, comme l’A380 qui offre 516 places. Cette fierté a vu ses heures de gloire entre 2011 et 2016 avec 25 à 30 avions construits chaque année, puis son déclin et… les 2 derniers en 2021. Le rêve aura duré 12 ans et aura coûté 20 milliards d’euros, un désastre économique sans précédent... Après le Concorde, l’A380 ira ainsi rejoindre le « cimetière des éléphants blancs » en ayant jamais rapporté d’argent à Airbus. La reconversion des commandes sur des avions plus petits va mettre fin à des pertes récurrentes et améliorer la rentabilité d’Airbus. C’est l’annulation de la commande de 39 appareils par Emirates, la compagnie de Dubaï qui a déclenché la crise. A cela se sont ajoutés les concurrences, les attentats et aussi des pannes à répétition… L’avion qui devait révolutionner le marché du transport aérien mondial fut un échec. A cela il faut ajouter une prise de conscience du dérèglement climatique. Alors même que les dirigeants de l’industrie aérienne affirment faire des efforts considérables pour respecter leurs obligations environnementales, il faudra bien taxer le kérosène pour que cette affirmation soit crédible. De plus en plus, les citoyens mettent en accord idées et actes, comme en Suède où la honte de prendre l’avion en raison de son impact sur le climat est devenue une tendance réelle qui consiste à privilégier le train pour leurs déplacements. Ce mouvement s’annonce aussi en France.

     Pour consommer beaucoup d’énergie, il faut en produire… beaucoup. Même s’il s’agit d’un autre registre l’exemple de l’EPR de Flamanville ne manque pas de piquant non plus ! Le réacteur 3 de flamanville (Manche) est un réacteur pressurisé européen (EPR) qui devait entrer en service en 2012. On allait voir ce qu’on allait voir avec ce super-réacteur de 1 650 MW ! Mais voilà que des soudures jugées non conformes rendent la sécurité du dispositif un peu aléatoire et qu’après bien des vicissitudes, on en est à 7 ans de retard et que le coût prévu de 3,5 milliards d’euros a déjà atteint les 11 milliards… Il faut prévoir encore environ 2 ans de retard et donc quelques surcoûts, à moins que le projet soit abandonné, faute de parvenir à l’achever dans de bonnes conditions de sécurité ! A cela faut-il rappeler que l’on ne sait pas vraiment comment ces centrales seront, un jour, démantelées et à quel prix. Voilà bien de l’embarras à propos de la transition énergétique ! A moins que comme les Suisses qui l’ont décidé par référendum, la France renonce au nucléaire, de façon échelonnée, d’ici 2050.

     La loi PACTE (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) qui vient d’être votée devrait apporter des réponses à ce genre de dilemne. Ces nouvelles dispositions prévoient de renforcer la responsabilité sociétale des entreprises, de permettre de mieux financer la transition écologique, de développer l’économie sociale et solidaire et d’accroître la participation des salariés aux décisions stratégiques. A n’en pas douter, les dirigeants d’Airbus et de EDF nucléaire vont en déduire de nouvelles orientations !... Quant aux politiques, sûr qu’ils vont s’appliquer à eux-mêmes le loi PACTE !

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8 avril 2019 1 08 /04 /avril /2019 16:27

          Situé en plein Pays de Bray, le Verger Conservatoire du Lycée Professionnel Agricole du Pays de Bray a pour objectif la sauvegarde et la valorisation de pommiers originaires ou représentatifs de ce territoire.

          C’est en 1987 que Fernand Bazerque découvre les vestiges d’une collection de pommes et poires dans l’ancien potager du château de Merval (76) près de Gournay-en-Bray. Dès lors il collecte toutes les variétés ayant été cultivées dans la région et, en 1990, implante cette collection de 350 variétés dans la perspective du château. La collecte et la plantation se poursuivent pour accumuler maintenant 6 000 pommiers de 420 variétés ! A ce jour, les arbres sont bien étiquetés et référencés, dont une moitié en pommes à cidre et une moitié en pommes à couteaux.

        Un verger conservatoire, au-delà de la simple collection, vérifie l’origine des variétés et compare les périodes de floraison, de fructification, la sensibilité aux maladies et assure la diffusion de greffons. Ainsi sont sauvegardées des pommes comme l’Amère de Bray, la Croix de Bouelles, la Roquet de Brémontier, et bien d’autres. C’est un patrimoine régional important.

        Fernand Bazerque s’est investi pendant des années bénévolement pour ce véritable bijou de biodiversité. Après sa disparition, Hélène Jouve, ingénieure horticole du lycée, a pris le relai, en plus d’autres fonctions. Mais… voilà que des problèmes de financements mettent en péril ce verger conservatoire… et menacent sa survie.

          Implanté il y a 30 ans, le verger conservatoire de Merval est de la plus haute importance avec ses variétés anciennes et uniques. Il y a 10 ans, des fonds européens ont permis de régénérer le verger avec des sujets jeunes. Maintenant se pose la question du relai de financement auprès des collectivités territoriales. Plusieurs axes de recherches sont envisagés, comme réimplanter des variétés typiques du pays de Bray sur les communes, ou chez des particuliers, en réintroduisant l’arbre dans des parcelles de culture. Malgré cela, l’avenir du verger conservatoire reste incertain, faute de pouvoir l’entretenir, ce qui nécessite beaucoup d’heures de labeur.

       Ah les discours politiques sur le développement durable, la biodiversité… Bravo, mais maintenant, il faut passer aux actes ! Il se pourrait qu’en dernier recours, les associations locales puissent être les sauveurs de ce chef d’œuvre, en attendant mieux !

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