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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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22 février 2020 6 22 /02 /février /2020 09:30

 

     Depuis la création de ce blog, en 2017, je n’ai cessé de répéter qu’il était nécessaire d’avoir un débat national, et si possible européen, à propos de l’évolution de l’agriculture… Le 1er décembre 2009 j’écrivais dans Evaluer l’agriculture ? : Quel est le bilan réel de l’agriculture française ? Quel bilan écologique, quand le recours aux intrans et aux pesticides est très important avec ses conséquences sur l’eau, les sols et la santé ; quand les pratiques intensives conduisent à l’érosion des terres et parfois aux inondations. Quel bilan économique quand la production agricole est rémunérée davantage par le contribuable que par le consommateur ; quand les « dégâts collatéraux » sont pris en charge par la collectivité et non par leurs auteurs. La profession agricole et les chambres d’agriculture sont les mieux placées pour faire preuve de ce courage politique qui consistera à mettre en œuvre une évaluation complète et objective de l’activité agricole. Et encore en avril 2012  avec la chronique Repenser l’agriculture pour le futur, puis en septembre 2014 dans la chronique Pour un débat public sur l’agriculture : Le débat doit porter sur les questions environnementales, économiques, et sociétales. C’est pour envisager collectivement les réponses à ces questions qu’un débat doit s’instaurer au niveau européen, pour préciser ce que nous sommes prêts à accepter, ou pas, en matière de pratiques agricoles, et qui rémunère les agriculteurs, les contribuables (par la politique agricole commune, PAC) ou les consommateurs, au prix réel ? Et enfin, en janvier 2015, L’Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Rouen recevait Xavier Beulin, président de la FNSEA pour une conférence sur le thème Quel avenir pour l’agriculture française ? J’étais chargé de débattre avec lui et je lui proposais alors ce débat public… qu’il jugea inutile.

     Mais nous y voilà : du 23 février au 31 mai 2020, la Commission nationale du débat public (CNDP) lance un grand débat national sur l'agriculture, alors que la France doit publier sa stratégie nationale dans le cadre de la nouvelle PAC. La population va être amenée à donner son avis sur ce sujet complexe et important. La CNDP a été saisie par le ministre de l’agriculture, qui doit envoyer sa stratégie nationale à Bruxelles d’ici fin octobre 2020. Pour la nouvelle PAC 2021-2027, chaque Etat est tenu de respecter 9 priorités, c’est une obligation légale :

  • Favoriser des revenus agricoles viables,
  • Améliorer l’adaptation au marché,
  • Améliorer la position des agriculteurs dans la chaîne de valeur,
  • Contribuer à l’atténuation et à l’adaptation au changement climatique,
  • Favoriser la gestion efficace des ressources naturelles,
  • Contribuer à la protection de la biodiversité,
  • Attirer les jeunes agriculteurs,
  • Favoriser le développement dans les zones rurales,
  • Améliorer la réponse du secteur en matière d’alimentation, de santé et de bien-être animal.

     Les choses bougent ! C’est la première fois qu’un grand débat public est organisé en France sur l’agriculture. Ce débat va devoir s’appuyer sur la réponse à 6 questions, en espérant que l’on passera vite du débat à l’action… :

  • Quels modèles pour l’agriculture française ?
  • Quelle agriculture pour 2021-2027 ?
  • Quelle transition agro-écologique ?
  • Qu’est-ce que je mange ?
  • Comment cohabiter dans les campagnes ?
  • Qui décide de la politique agricole ?

     Le débat se déroulera selon 4 modalités :

  • Sur internet, via un site ouvert jusqu’au 31 mai. Chacun pourra y faire une proposition en ligne, ou simplement donner un avis. Les internautes pourront aussi évaluer les 9 priorités de la nouvelle PAC, de «très prioritaire» à «pas du tout prioritaire».
  • Deuxième pilier du débat : une Assemblée citoyenne sur l’agriculture sera composée de 140 personnes tirées au sort, sur le modèle de la Convention citoyenne pour le climat. Ils travailleront un seul week-end, du 27 au 29 mars, pour émettre des propositions.
  • Troisième pilier : 30 débats publics seront organisés dans toutes les régions de France, outre-mer compris, selon un agenda rendu public le 23 février, lors du lancement officiel du débat national à l’occasion du Salon de l’agriculture.
  • Enfin, des débats maison pourront être organisés dans les familles, établissements scolaires et universitaires, entreprises, communautés, selon des règles définies par la Commission.  

     Ces discussions devraient faire émerger les priorités des Français pour l’avenir de l’agriculture et de l’alimentation. Le compte-rendu définitif du débat sera rendu public le 31 juillet et transmis à l’exécutif. Le gouvernement aura ensuite 3 mois pour publier officiellement sa réponse. Je ne suis pour rien dans cette initiative, mais permettez-moi d’exprimer deux satisfactions : de voir émerger enfin une idée simple, qui aura pris (comme très souvent) seulement 20 ans…, et de constater, une fois de plus, combien l’Europe est prédominante en matière de politique environnementale, quoi qu’on en dise. On attend la suite !

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10 février 2020 1 10 /02 /février /2020 12:08

     Nous voilà à la veille d’une série d’élections : municipales et sénatoriales en 2020, départementales et régionales en 2021, législatives et présidentielles en 2022, européennes en 2024.

 

     Bien sûr, en bon citoyen(ne) vous allez voter. Conscient(e) de l’importance des questions environnementales qui sont désormais en tête des préoccupations de la plupart des Français, vous allez déterminer votre vote en fonction de ce critère essentiel. Si vous êtes candidat(e) à l’une de ces élections, vous allez  hiérarchiser vos propositions en plaçant en tête celles qui déterminent notre avenir.

     Electeurs(trices) et candidats(es) vous pourrez être aidés dans votre réflexion par un livre qui évoque des pistes collectives qui doivent être étudiées. Pour revenir aux réalités du moment, lisez donc mon livre « Faire passer le message », une vision personnelle sur les grandes thématiques de l’environnement, qui propose des orientations pour le climat, la biodiversité, les ressources, l’économie et la gouvernance.

Il se pourrait que ce livre fasse l’objet d’une suite prochaine en proposant un texte synthétique et concret, afin de convaincre de la nécessité de s’impliquer personnellement, en tant que consommateur, travailleur et citoyen pour ainsi peser sur les décisions politiques.

Dès maintenant, plus que jamais dans l’actualité, offrez, offrez vous Faire passer le message - Persée, Paris, 2018.- 158 p. - 14€20

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3 février 2020 1 03 /02 /février /2020 11:37

     C’est dès le début du XIXème siècle que l’on a pris conscience des menaces qui pèsent sur la nature, et surtout de la nécessité de la « protéger ». C’était le tout début d’un courant de pensée en faveur de la « protection de la nature » qui prendra tout son essor un siècle plus tard, pour aboutir à la création du ministère de la Protection de la nature et de l’Environnement en 1971. La transposition juridique de ces préoccupations a d’abord concerné des espèces animales et des sites considérés comme des « monuments naturels ». Certains ont parlé alors, avec un ton de reproche, de « mise sous cloche » de la nature.

     Au fil du temps, ces conceptions ont largement évolué en fonction de l’évolution des idées et de notre perception de la relation homme-nature. C’est ainsi que progressivement on est passé de la notion de protection à celle de gestion ; et de la notion de milieux sauvages à tous les milieux, y compris ceux qui sont artificialisés. Cette évolution est consacrée dès 1979, avec le lancement d’un programme de recherche du ministère de l’environnement intitulé « connaître pour mieux gérer ». Tout est dit ! C’est ainsi que l’on va appréhender la sauvegarde  de la nature par un concept beaucoup plus large de gestion globale des espaces en prenant en compte l’homme (qui n’est pas toujours un « protecteur » loin s’en faut) avec ses pratiques sociales et technologiques. Cet élargissement de la protection des espaces naturels remarquables aux milieux transformés par l’homme a fait émerger le souci de la « nature ordinaire », ouverture vers une conciliation des objectifs écologiques et de développement des activités humaines. Il n’y a plus, de la sorte, des humains qui abiment la nature et des lambeaux de cette nature protégée sous cloche, mais il y a l’Homme dans la Nature, avec une recherche permanente de conciliation. Dès la fin du 20ème siècle on est passé de la notion de nature à celle de biodiversité et de la notion de protection à celle de conservation de la nature. On en est donc maintenant au concept de « conservation de la biodiversité », un aboutissement. Il ne nous reste plus qu’à le mettre en pratique, chaque jour et partout !

     Après un temps supposé de l’exclusion des hommes des espaces naturels, voici venu celui de la réconciliation. C’est le monde à l'envers qui nous paraît bien prometteur, pourvu que l’on prenne les mesures nécessaires à cela en matière d’aménagement du territoire et d’évolution économique.

     Ce thème sera l’objet d’un prochain colloque qui se tiendra au ministère de l’Ecologie à Paris les 24 et 25 mars 2020, sous le titre « De la réserve intégrale à la nature ordinaire ». Pour plus d’information : http://enqueteur.cgedd.developpement-durable.gouv.fr/index.php/665994?lang=fr.

 

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6 janvier 2020 1 06 /01 /janvier /2020 15:45

     A l’image du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), plusieurs collectivités ont déjà pris l’initiative de réunir des groupes d’experts pour mener une réflexion globale sur le climat et envisager des mesures pour y faire face. Ce fut ainsi le cas de New York il y a dix ans, rejoint partout dans le monde par des initiatives similaires, telles les régions Nouvelle Aquitaine et Normandie en France. Ces GIEC locaux ont pour objet de  synthétiser la connaissance et surtout de préconiser des mesures d’adaptation aux évolutions du climat et d’atténuation des effets attendus. Ils doivent permettre d’ajuster la gouvernance aux spécificités territoriales. C’est encourageant, mais il faut aussi remédier aux causes et donc proposer des politiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre et que ces préconisations soient appliquées par les politiques. Certaines métropoles sont dans le même état d’esprit et mettent en place les structures adéquates, comme la métropole Rouen Normandie.

     Afin de mobiliser au mieux les acteurs locaux, le GIEC peut être accompagné d’une COP21,  déclinaison de la COP21 de l’ONU tenue en 2015. En la matière, l’Accord de Rouen semble être un cas unique en France, signé fin 2018 entre la métropole et ses communes, une centaine d’entreprises et les associations locales, avec création d’un conseil d’évaluation. L’objectif visé est un territoire 100 % énergies renouvelables et la rénovation de l’ensemble du parc immobilier d’ici 2050. Les experts constatent déjà des périodes de canicule plus fréquentes et craignent des risques sanitaires, ce qui démontre bien la nécessité d’associer les citoyens à la démarche. Ces instances nouvelles, GIEC et COP, ne seront efficaces que si elles se libèrent de toutes les pressions diverses possibles. Pour cela un conseil d’évaluation doit être mis en place pour mesurer les effets quantitatifs et qualitatifs des actions effectivement réalisées.

     J’ai proposé à plusieurs reprises, depuis 2017, la proclamation d’un état d’urgence climatique en France, puis en Europe étendu ensuite à l’échelle planétaire ! Ce sera difficile, contraignant, coûteux et privatif de libertés… Cependant des signes de mobilisation et d’engagement sont réconfortants avec la société civile qui s’engage le plus, entreprises, multinationales, villes, territoires. La société civile, donc chacun de nous, doit faire pression sur les états pour passer des effets d’annonce aux décisions effectives. A l’occasion de la COP 25, tenue à Madrid fin 2019, 631 investisseurs mondiaux ont interpellé les États sur leurs engagements climatiques pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris. Il s’agit de l’une des plus grandes alliances d’acteurs financiers recensée à ce jour pour sensibiliser au réchauffement climatique. Il y a de l’espoir !

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30 décembre 2019 1 30 /12 /décembre /2019 16:54

 

     En douze ans, 618 chroniques et micro nouvelles ont été publiées sur ce blog, avec 1 304 commentaires. La fréquentation totale a été de 53 258 visiteurs pour 90 698 pages vues, avec 179 abonnés. Voici le rappel des titres pour 2019 :

  • « Demain l’abeille. La dette humaine » - 8 janvier
  • Le grand débat national, foutaise ou remue-méninges ? 1/4. - 14 janvier
  • Le grand débat national, foutaise ou remue-méninges ? 2/4. - 15 janvier
  • Le grand débat national, foutaise ou remue-méninges ? 3/4. - 16 janvier
  • Le grand débat national, foutaise ou remue-méninges ? 4/4. - 17 janvier
  • Débattre pour ouvrir la voie et non pas gémir ! - 29 janvier
  • Nous l’aurons bien cherché ! - 10 février
  • Résoudre la crise par l’école ! 1/3.- 12 février
  • Résoudre la crise par l’école ! 2/3.- 19 février
  • Résoudre la crise par l’école ! 3/3.- 26 février
  • Voilà les jeunes, enfin ! - 5 mars
  • Il y a dix ans… - 12 mars
  • Jean Delacour, précurseur de l’écologie ! - 19 mars
  • Migrations en devenir ! - 26 mars
  • Merval, conservatoire génétique de la pomme ! - 9 avril
  • Le fiasco du toujours plus grand ! - 16 avril
  • C’est bon pour la santé ! - 23 avril
  • La cocotte bout ! A quand l’explosion ? 1/3. La cocotte bout pour de bon.- 21 mai
  • La cocotte bout ! A quand l’explosion ? 2/3. Pour une transition politique, et pas seulement écologique.- 28 mai
  • La cocotte bout ! A quand l’explosion ? 3/3. Pour éviter l’explosion : l’engagement civique de chacun.- 4 juin
  • Des PNR au label « territoire d’avenir » ! - 2 juillet
  • Nous voulons un monde de robots ou d’Humains ? - 9 juillet
  • Mais pourquoi donc un tel déni ? 1/2.- 23 juillet
  • Mais pourquoi donc un tel déni ? 2/2.- 30 juillet
  •  « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ».- 6 août
  • Halte aux feux ! - 10 septembre
  • Petite fessée ou grand coup de pied au cul ? - 16 septembre
  •  « Tant qu’il y aura des pommes ».- 24 septembre
  • Le nuage Lubrizol, révélateur de notre société.- 2 octobre
  • Collapsologie ou résilience ? 1/2.- 9 octobre
  • Collapsologie ou résilience ? 2/2.- 15 octobre
  • A Buchy, un tsunami plastique ! - 29 octobre
  • Lubrizol, et après ? 1/3.- 5 novembre
  • Lubrizol, et après ? 2/3.- 12 novembre
  • Lubrizol, et après ? 3/3.- 19 novembre
  • Le monde à l’envers, une solution pour l’avenir ? - 26 novembre
  • Quand l’histoire sert à anticiper l’avenir… - 3 décembre
  • Douzième année et ça continue ! – 31 décembre

     Merci encore pour vos commentaires toujours nombreux, notamment sur les réseaux sociaux.

 

     Par ailleurs, au cours de l’année 2019, nous avons participé à un certain nombre d’activités :

▪ Publications :

  • 40 publications : 3 articles et 37 chroniques du blog
  • Séances de dédicace de Faire passer le message au Lycée agricole de Brémontier-Merval pour l’Association Brayonne Dynamique,  à la Houssaye-Béranger pour la Bibliothèque, à Beaubec-la-Rosière pour l’association Plantes et Fruits Brayons, à Argueil pour l’Association pour la culture et le patrimoine de Saint-Lucien, au Lycée horticole de Mesnières-en-Bray, au Lycée agricole de Brémontier-Merval pour la Fête de la Pomme.
  • Conférence « Faire passer le message » et dédicace pour le Rotary club de Rouen-Rouvray, à La Poterie-Cap-D’Antifer pour la municipalité.
  • 1 analyse bibliographique pour la revue Etudes normandes

▪ Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Rouen : membre titulaire

  • Communication au colloque « Centenaire du Parc zoologique de Clères fondé par Jean Delacour » sur le thème Jean Delacour, précurseur de l'écologie
  • Rapport pour l’attribution d’un prix littéraire à Jérôme Chaïb pour son livre : La Seine, vie et patrimoine.

▪ Assistance conseil et représentation :

  • Comités de Pilotage des sites Natura 2000 des cuestas du Pays de Bray et du Bray humide. Préfecture de Haute-Normandie et PETR du Pays de Bray
  • Participation à trois tables rondes environnement avec le président de Région Normandie. Région de Normandie
  • Participation à la réflexion sur le Pôle muséal Beauvoisine : Museum et Musée des Antiquités. Métropole Rouen

     Permettez-moi, chers lectrices et lecteurs, de vous rappeler que désormais, ce blog est un épisodicomadaire ! Bonne année 2020 à toutes et tous.

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9 décembre 2019 1 09 /12 /décembre /2019 08:53

     Les questions environnementales sont désormais en tête des préoccupations des Français. De partout fusent livres, reportages ou commentaires sur les réseaux sociaux. Tout cela, hélas, parfois entaché d’approximations ou de dogmatisme. Pour revenir aux réalités du moment, lisez donc mon livre « Faire passer le message », une vision personnelle sur les grandes thématiques de l’environnement. Plus que jamais dans l’actualité ! Ne le ratez pas.

Offrez, offrez vous, Faire passer le message - Persée, Paris, 2018.- 158 p. - 14€20

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- Ou à défaut, commander sur internet : https://www.editions-persee.fr/catalogue/recits/faire-passer-le-message/#.W1hl6sIyWpo

 

Et un autre cadeau gratuit pour Noël !    

     Vous êtes à la recherche d’un cadeau pour Noël et vous vous intéressez à l’environnement. Très simple, vous vous abonnez à mon blog afin de pouvoir disposer d’informations et réflexions, ni dogmatiques, ni simplistes sur les questions environnementales et sociétales. Et en plus, c’est gratuit !

     Pour cela, vous allez sur www.michel-lerond.com colonne de gauche - rubrique newsletter - vous inscrivez votre adresse mail - vous recevez un mail de confirmation et c’est tout. Vous êtes informés par mail de chaque parution.

     Merci de me rejoindre et bonnes lectures.

 

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2 décembre 2019 1 02 /12 /décembre /2019 16:45

     L’histoire s’intéresse le plus souvent aux états ou aux civilisations. Elle peut aussi s’intéresser à des thèmes, comme le fait l’association pour l’Histoire de la Protection de la Nature et de l’Environnement depuis 2009. Revoir l’évolution de la prise en compte de l’environnement peut être très éclairant sur les préoccupations actuelles et la nécessité d’avancer… enfin pour de bon !

     Juste pour se mettre en mouvement, rappelons quelques dates clés :

 

■ 1861 : John Tyndall, physicien Irlandais, publie un article s’inquiétant de la variation des taux de vapeur d’eau et de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, susceptibles de produire des effets sur le climat.

■ Début du 20ème siècle : Arvid Högbom, physicien suédois, estime qu’un doublement du CO2 dans l’atmosphère engendrerait une augmentation de la température moyenne de la terre de 5 à 6°.

■ 19­62 : Rachel Carson, biologiste américaine, publie son livre Le Printemps silencieux, dénonçant les ravages des pesticides et mettant en garde contre la disparition des oiseaux des campagnes.

■ 1972 : A Stockholm se réunit la première Conférence des Nations Unies sur l’environnement. C’est le premier Sommet de la Terre.

■ 1988 : Création du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) pour évaluer les informations du monde entier sur le climat.

■ 1992 : A Rio se tient le troisième Sommet de la Terre pour lancer la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et la biodiversité, et adopter le programme Action 21 qui comprend environ 2 500 recommandations, la plupart jamais mises en œuvre…

■ 2001 : Le GIEC apporte la preuve que le réchauffement observé depuis 50 ans est imputable à l’activité humaine.

■ 2006 : Al Gore, ancien vice-président des Etats-Unis, fait le tour du monde avec son film « Une vérité qui dérange », traitant du changement climatique.

■ 2018 : L’Organisation météorologique mondiale (OMM) s’inquiète : « Il n’y a aucun signe de ralentissement, et encore moins de diminution, de la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère malgré tous les engagements pris au titre de l’Accord de Paris sur le climat ».

     On réfléchit longtemps, et c’est bien. Mais il va falloir se décider à agir maintenant, sinon…

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25 novembre 2019 1 25 /11 /novembre /2019 14:06

     On le sait maintenant, nous sommes en urgence écologique. Même si tout le monde n’adhère pas encore à cette idée, force est de constater que les preuves s’accumulent tant en ce qui concerne le climat que la biodiversité. Il est sûr que des efforts importants seront nécessaires pour sauver l’Humanité.

     Concernant la biodiversité, le nombre d’espèces en péril ne cesse d’augmenter malgré tous les efforts de protection déjà consentis. Hier, on constatait les dégradations et, en réaction, on a pris des mesures pour protéger certains espaces riches en biodiversité ou fragiles. C’est une des vocations des parcs naturels régionaux et nationaux, des réserves naturelles et autres mesures de protection des milieux. Aujourd’hui, à peu de choses près, c’est l’ensemble des milieux naturels qui sont dégradés, à des niveaux différents, et il est donc temps de s’interroger sur la fiabilité des mesures prises. Ne serait-il pas temps d’inverser le raisonnement et considérer, devant l’urgence de la situation, que l’ensemble du territoire doit bénéficier de mesures de protection fortes. Dès lors tout le territoire est protégé et on définit des espaces qui peuvent être aménagés. Ainsi on change complètement la donne en mettant la priorité sur ce qui préserve l’avenir de l’Humanité, plutôt que sur ce qui la détruit. Cette conversion, graduelle, devrait être mûrement réfléchie pour refonder notre conception de l’usage des espaces naturels et repenser totalement l’aménagement.

     La logique voudrait que l’on commence ce renversement par les parcs naturels régionaux. Ceux-ci ont fait leurs preuves et il est grand temps que leurs acquis puissent être transposés à l’échelle de toute une région. Ainsi pour la Normandie, c’est toute la région qui mettrait en application les vocations des PNR, bien sûr coordonnées avec les Départements et Communautés de communes. Cette démarche régionale aurait vocation à être étendue à terme à toute l’Europe, puis la planète, rêvons un peu ! Dans un premier temps, les territoires régionaux bénéficieraient de mesures fortes de protection des espèces et espaces en totalité. Ces mesures drastiques, parce qu’il y a urgence vitale, seraient complétées et atténuées par la définition de zones affectées aux activités humaines : habitat, communications, entreprises, etc. en économisant l’espace. Ce renversement prendrait inévitablement beaucoup de temps, c’est pourquoi il faut anticiper dès maintenant.

     Utopie ? Oui, bien sûr, dans le contexte actuel, c’est totale utopie… Mais souvenez-vous de René Dumont qui, agronome convaincu par l’agriculture intensive, a pris conscience de son erreur et fait sa propre conversion en préconisant des orientations devenues aujourd’hui assez évidentes (L’utopie ou la mort, 1973). Alors, on refait tout à l’envers ? Chiche !

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18 novembre 2019 1 18 /11 /novembre /2019 17:21

Les suites à donner :

     L’accident Lubrizol du 26 septembre 2019 a marqué la population par son immense nuage inquiétant. Au-delà de la communication défaillante et de la faible culture du risque, cet accident a été un véritable révélateur de notre société qui pose de nombreuses questions sur nos modes de production et de consommation, et donc à nous-mêmes.

     Il convient d’abord de s’interroger sur la nécessité, ou pas, des industries polluantes et dangereuses. Si elles existent, c’est parce qu’elles produisent des choses que nous consommons. Avons-nous vraiment besoin de ces produits, en abusons-nous ? La question paraît toujours saugrenue, et pourtant c’est bien le consommateur le décideur. Dans le cas présent, l’usine Lubrizol fabrique des additifs pour les huiles moteurs qui améliorent les performances, en faisant une vidange de sa voiture seulement tous les 25 000 km. C’est utile, sur les plans économique et environnemental et cette usine a donc toute sa justification. Mais cette activité est dangereuse et demande de grandes précautions. Dès lors se posent les questions de l’emploi, de l’implantation des usines et de leur proximité avec l’urbanisation.
     Concernant l’emploi, question que l’on ne peut pas éluder, l’activité pétrochimique de l’agglomération de Rouen emploie encore 30 000 personnes, bien qu’ayant perdu 20 000 emplois en 30 ans. Lorsqu’il s’est agi de fermer la raffinerie Pétroplus (anciennement Shell) devenue hyper polluante, on a bien vu combien la population elle-même hésitait entre risque technologique et protection de l’emploi. Pas si simple !...
     Mais où donc implanter les usines polluantes ou dangereuses, l’urbanisation n’ayant cessé de rejoindre les usines, sachant que le risque zéro n’existe pas... Les éloigner des villes, en augmentant les déplacements et les pollutions qui vont avec les transports ? Les conserver en périphérie urbaine, avec des mesures de sécurité drastiques ? Un exemple récent vient nourrir la réflexion très à propos : la coopérative agricole Cap Seine a obtenu l’accord du Préfet, par arrêté du 21 juin 2017, pour implanter à Vieux-Manoir (près de Buchy, à 25 km au nord de Rouen) un stockage de 4 150 tonnes de produits phytosanitaires (521 pesticides différents) classé site Seveso seuil haut. Mais suite à une levée de boucliers locale, compte-tenu du danger majeur, le Tribunal administratif de Rouen a annulé l’arrêté préfectoral le 30 octobre 2019. Pas si simple !...
     Bien sûr, on peut critiquer à tout va, on peut être déçu par certains élus, mais en se souvenant que c’est nous qui les avons élus et avons donc mal choisi… S’ils sont « tous mauvais » on peut aussi se présenter à une élection, il y aura bientôt plusieurs opportunités…

     Alors maintenant, place à la résilience. Restons calmes ! Il y a nécessité de replacer l’accident Lubrizol dans le contexte de notre société en mutation et sans doute de repenser l’économie. Rien que ça, mais l’opportunité est là.

     Soyons réalistes, on ne pourra pas déplacer toutes les usines (pour les mettre où ?) et on ne pourra pas échapper à tout risque industriel. Il faut donc, en premier lieu, revoir la culture du risque, l’enseigner, la faire partager par la population sur un vaste territoire. Ce n’est qu’ainsi que la communication, en cas de crise, pourra être efficace. A titre de prévention, il faudra sans doute encore renforcer les règles de sécurité et faire assurer les contrôles de façon plus indépendante, en y associant des représentants de la société civile. Dans tout ce processus, il ne faut surtout pas omettre la prise en compte des synergies possibles, et probables, entre risques industriels et risques climatiques : qu’en sera-t-il d’un accident comme Lubrizol, en cas de pluies diluviennes et inondations ou en cas de tempêtes violentes ?

     Plus en profondeur, il va falloir s’interroger sur la raison d’être des entreprises, sur l’avenir de l’économie, donc sur notre consommation. De plus en plus il va falloir envisager des entreprises à mission dont la raison d’être est la contribution aux besoins réels de la population et non le profit. Dès maintenant, et ce processus est en route, les collectivités doivent financer les projets à impacts positifs et… oublier les autres. Ne nous y trompons pas, cette révolution va entraîner une baisse de consommation, avec des conséquences à anticiper. Nous avons pris l’habitude de vivre, souvent pour les besoins du marché et sans nécessité réelle, dans une société hyper technologique avec des processus mal maîtrisés par les utilisateurs, et souvent même par les professionnels eux-mêmes, ce qui nous complique la vie. Le but, ce n’est pas le fric, mais notre bien être !

     Cette nouvelle manière de penser l’économie va placer les préoccupations environnementales, sociales et de solidarité au premier plan. Déjà les Français ont compris qu’ils étaient directement concernés, notamment par les risques industriels, mais aussi climatiques, avec les variations brutales que cela présente. La question est aussi de savoir si cette nouvelle préoccupation va se concrétiser dans l’harmonie ou créer de nouvelles fractures de notre société.
     La mobilisation des jeunes pour le climat est annonciatrice. En 1968, l’aspiration était la liberté, aujourd’hui elle est la sobriété. Il ne s’agit pas d’opposer ceux qui s’inquiètent de la fin du mois à ceux qui ont peur de la fin du monde, mais l’exaspération est là.
     Mesdames et messieurs les politiques, attention à Vous, avis de tempête en vue. Il se pourrait que ça souffle fort !
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11 novembre 2019 1 11 /11 /novembre /2019 16:48

La culture du risque :

     Il faut rappeler qu’en 2019, en France, on dénombre 705 sites Seveso classés seuil haut et 607 sites Seveso classés seuil bas. La répartition de ces sites sur le territoire est assez disparate, avec des concentrations, souvent liées à l’histoire industrielle des régions. Avez 58 sites Seveso seuil haut, la Normandie est cinquième, avec une forte disparité, la Seine-Maritime en comptant 11 à elle seule. Ce qui frappe, c’est la concentration, de Rouen au Havre en trois points : Rouen, Lillebonne-Notre-Dame-de-Gravenchon et Le Havre.

     Ainsi pour la zone industrielle de Rouen, l'usine de fabrication d'engrais azotés GPN, filiale de Total, qui stocke 20 000 tonnes d'ammoniac et 10 000 tonnes d'ammonitrates, côtoie le centre de stockage Rubis Terminal (650 000 m3 de produits pétroliers, chimiques et d'engrais) et le fournisseur de gaz Butagaz (800 m3 de propane et 1 600 m3 de butane). Quand l'entreprise GPN est créée en 1912, elle connaît son heure de gloire, à l'instar des autres usines d'une région qui se transforme en l'un des plus importants complexes pétrochimiques de France, employant alors 1 000 salariés. Les ateliers tournent à plein régime pour produire des engrais, mais aussi des lessives ou de l'acide phosphorique. Le groupe construit même des logements pour ses salariés qui résident ainsi à côté de l’usine. Cette proximité avec la ville interroge sur l'équilibre entre enjeux économiques et impératifs de sûreté publique.

     Longtemps, les industriels ont vécu en vase clos avec chacun sa propre stratégie de maîtrise des risques. Mais l’électrochoc AZF, en 2001 à Toulouse, a obligé le monde industriel à réfléchir en commun, avec l’objectif partagé d’analyser les sources de risques, de les éviter et de développer en interne une plus grande culture du risque. C’est à la suite de cet accident que sont nés les PPRT (Plans particuliers des risques technologiques). Le risque zéro n’existe pas, mais il ne faut pas pour autant banaliser le risque, c’est pourquoi les industriels Seveso sont soumis à des règles drastiques en constante évolution. Les dispositifs PPRT obligent à l’identification des sources de risques et à une gestion collective des sites, en associant les Comités hygiène, sécurité et environnement, le tout contrôlé par la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) et l’Inspection du travail.

     La solidarité entre industriels est souvent plus forte qu’on l’imagine. Ainsi dès l’alerte Lubrizol, d’autres industriels se sont mobilisés pour venir en aide à l’un des leurs, chacun étant conscient que la tragédie est toujours possible. En 2018, la DREAL a recensé une soixantaine d’incidents ou accidents dans les sites Seveso de Normandie.

     A suivre : Les suites à donner.

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