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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 15:57

 

La croissance va nous sortir de la crise ! Ce dogme n’a pu perdurer que parce qu’il oubliait les lois économiques élémentaires : une planète finie ne peut procurer indéfiniment des ressources pour une population toujours plus nombreuse et consommatrice, quand bien même s’agirait-il de « croissance verte »… Ainsi depuis 50 ans, la sacro-sainte croissance du PIB (Produit Intérieur Brut) s’appuierait sur le progrès technique. Pourtant, on commence à admettre que la technologie n’est pas toujours la solution à nos difficultés (http://www.michel-lerond.com/article-la-technologie-va-tout-resoudre--39938444.html). Sans doute faudrait-il mesurer autre chose que la seule croissance économique et prendre en compte les autres dimensions de notre développement. Le PIB ne doit plus être la boussole de l’économie. Il nous faut maintenant redéfinir le concept de développement et faire les choix politiques qui nous emmèneront vers un futur collectif soutenable. La décroissance généralisée n’est pas plus pertinente. Tout dépend de quoi l’on parle. On peut facilement imaginer que devant la raréfaction des ressources naturelles il y aura des secteurs en croissance et d’autres en décroissance, de façon évolutive.

Après que la France, la Grande-Bretagne et l’Italie se soient engagées dans la recherche d’un nouvel indicateur de mesure de la richesse, l’Allemagne s’y met aussi. La commission réunie à cet effet va réfléchir sur un indicateur global qui prendrait en compte cohésion sociale, préservation des ressources, santé et espérance de vie, entre autres… Mais les plus grandes avancées ne viennent pas obligatoirement d’où on les attend. Ainsi, le Bhoutan, petit royaume bouddhiste situé entre l’Inde et l’Himalaya (environ 800 000 habitants), utilise un nouvel indice de croissance, le BNB (Bonheur National Brut) depuis… 1972 ! Le BNB est basé sur quatre principes : croissance et développement économique, conservation et promotion de la culture, sauvegarde de l’environnement et des ressources et enfin bonne gouvernance. Cela rappelle quelque chose, me semble-t-il… Ce BNB oblige à une vision à long terme et se traduit, par exemple, par l’inscription dans la constitution  que les forêts doivent couvrir 60 % de la surface du pays… pour l’éternité. Rien n’étant parfait, tout cela dissimule un peu d’idéologie nationaliste et d’imprévision (la fonte des glaces de l’Himalaya remet en cause la production d’hydroélectricité largement privilégiée).

L’entreprise, base de notre système économique, devrait changer de nature en s’orientant vers la notion de service et d’épanouissement humain, plutôt que vers le consumérisme. Quel chantier ! mais quelle belle opportunité pour les politiques de reprendre l’initiative sur l’économie-fric qui grignote le monde !

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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 18:11

 

Il est d’usage dans les villages qu’une quête soit faite à l’occasion d’un mariage pour aider financièrement telle ou telle association. Lors de notre mariage, en 1967, mon épouse et moi avions proposé que l’argent de la collecte soit envoyé à l’Unesco pour le comité de lutte contre la faim, ce qui fut fait, même si bien peu de gens connaissaient l’Unesco et encore moins imaginaient que quelque part on puisse mourir de faim…

Dans notre grande naïveté, nous pensions que cette œuvre charitable contribuerait à faire que ce fléau ne soit bientôt plus qu’un lointain souvenir. Plus de 40 ans plus tard, la faim est toujours là et nous avons même dépassé le milliard d’affamés sur la planète en 2009. En 2005, la FAO (Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) estimait le nombre de sous-alimentés à 870 millions. Ils étaient 923 en 2007 et 963 en 2008, alors que « l’Objectif du Millénaire » était de ramener ce nombre à 420 millions en 2015. L’échec est avéré, même si l’année 2010 marque un léger recul à 925 millions, en raison d’une conjoncture favorable. Ce sont l’Asie (578 millions d’affamés) et l’Afrique subsaharienne (239 millions) qui sont les plus touchés. Mais on compte aussi 53 millions de sous-alimentés en Amérique latine, 37 millions en Afrique du Nord et Proche Orient, et 19 millions dans les pays développés (chiffre en augmentation).

La FAO n’a cessé de préconiser l’investissement dans l’agriculture et un soutien aux petits producteurs, pour assurer la consommation locale plutôt que développer les exportations vers les pays développés. Ces préconisations sont suivies, en partie, par exemple pour promouvoir en Afrique l’agroécologie, une agronomie qui s’appuie sur des bases écologiques et vise en priorité les cultures vivrières. Il faudrait aussi pouvoir recréer des marchés régionaux, pour ne pas tout sacrifier à la mondialisation voulue par l’Organisation mondiale du commerce et limiter les rachats de terres par des opérateurs étrangers pour produire des agrocarburants destinés aux pays européens… Sans doute faudrait-il également éradiquer la corruption qui sévit, ici ou là. Ainsi, l’Inde croule sous les réserves de riz et de blé, mais la distribution est minée par la corruption au point de laisser périr 11 millions de tonnes de céréales ! Alors que le pays s’enrichit, la moitié des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition.

Outre les aspects organisationnels et le retour à l’agriculture vivrière, il faudra aussi s’interroger sur la nature des produits alimentaires. Ainsi, la substitution de larve d’insectes à la viande et au poisson est une piste envisagée par la FAO pour espérer nourrir 9 milliards de Terriens en 2050. Les insectes présentent un meilleur rendement et demandent moins d’eau. Un congrès international d’ « entomophagie » est même prévu pour 2012.

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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 09:22

Vous y voilà enfin : à la fin de cette année vous aurez terminé le remboursement de l’achat de votre maison, des travaux d’isolation effectués il y a 10 ans et du changement de voiture d’il y a 2 ans. Ouf, quel soulagement ! Tous comptes faits, il ne vous reste plus maintenant que 43 000 € de dettes que vous rembourserez, un jour… peut être. L’Etat français est déficitaire depuis 35 ans et la dette atteint maintenant 1 500 milliards €. On prévoit pour 2012 une dette s’élevant à 90 % du PIB, soit 23 500 € par Français, ou encore près de 43 000 € par contribuable puisque la France compte seulement 35 millions de contribuables pour 64 millions d’habitants.

Cette année, les recettes de l’Etat se sont effondrées du fait de la crise et les dépenses ont explosé du fait de la relance. Mais plusieurs pays de l’Union Européenne sont prêts à faire encore pire ! D’ailleurs, consolons-nous, la dette publique mondiale atteint, elle… 35 100 milliards de dollars.

Le déficit budgétaire de la France est de 141 milliards € en 2009 (au lieu des 67 prévus par la Loi de finances initiale). Chaque corporation demande des aides de l’Etat, les industriels de l’automobile, les agriculteurs, les restaurateurs… et aussi une baisse des impôts. La France doit donc emprunter pour payer les intérêts annuels de sa dette, soit environ 60 milliards € pour 2009… On a le vertige ! Après 2012 (élection présidentielle) il faudra bien assainir les comptes publics dans un contexte sans doute très difficile. Attention, impôts en forte hausse en vue. C’est d’ailleurs ce que vient d’annoncer l’Espagne ; quant à la Grande Bretagne, elle taille à la hache dans les dépenses publiques. Il n’y a guère que les Suédois pour tirer une certaine fierté à payer des impôts élevés parce que c’est « un acte de civisme ».

Bon Noël quand même. Ah au fait, si vous souhaitez faire quelques achats exceptionnels pour cette période, n’hésitez pas. Les voyages sont soldés, les piscines sont à prix cassés et les quads sont très tendance pour la nouvelle année. Vous participez ainsi à la relance et si vous éprouvez des difficultés, des tas d’organismes vous proposent des crédits… vraiment concurrentiels. Au cas où vous seriez en surendettement, laissez passer, ça va finir par s’arranger, comme pour les banques ! Les particuliers comme l’Etat peuvent emprunter pour payer leurs dettes et les pays peuvent se racheter leurs dettes entre eux. Nous vivons vraiment une époque formidable, c’est Carnaval à Noël !

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1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 08:42

          C’était en soirée, il y a une dizaine d’années, un rendez-vous professionnel à propos des ruissellements sur les terres agricoles. Avec le directeur départemental de l’agriculture de ce département, nous évoquions les conséquences sur l’environnement de l’agriculture intensive. Il me précisait que si l’on faisait le bilan environnemental des pratiques agricoles, il serait mauvais, et il ajouta : « quant au bilan économique de l’agriculture française, espérons que personne ne s’y lancera, ce serait catastrophique. » Pourtant, voilà bien le point focal des débats récurrents sur l’agriculture. C’était encore le cas, il y a peu de temps à Neufchâtel-en-Bray (Normandie) où le film « Bocage du Boischaut » de Philippe Henry étayait le débat sur la sauvegarde du bocage brayon (http://sites.google.com/site/arbrepaysdebray). Bien que le débat s’orienta vite sur des aspects concrets, ce qui est réconfortant pour l’avenir, deux aspects étaient frappants : d’abord il se redisait ce qui a été rabâché depuis 30 ans sur les intérêts multiples du bocage, ensuite on mettait en avant une opposition entre économie et écologie. Comment comprendre que depuis plusieurs décennies, avec des arguments fondés, scientifiques, nous ne soyons parvenus qu’à de biens piètres résultats ? Comment est-il possible que les acteurs locaux continuent à se réfugier chacun dans son domaine propre sans parvenir à une synergie constructive entre écologie et économie ?

Il m’a semblé que la clé de cette énigme réside précisément dans un manque d’évaluation. En effet, quel est le bilan réel de l’agriculture française ? Quel bilan écologique, quand le recours aux intrans et aux pesticides est très important avec ses conséquences sur la qualité de l’eau, des sols et la santé ; quand les pratiques intensives conduisent à l’érosion des terres et parfois aux inondations. Quel bilan économique quand la production agricole est rémunérée davantage par le contribuable que par le consommateur ; quand les « dégâts collatéraux » sont pris en charge par la collectivité et non par leurs auteurs. Combien coûte et combien rapporte  l’agriculture à l’environnement et à l’économie (parce qu’il y a bien sûr aussi des apports positifs) ? La question est simple, la réponse beaucoup moins. C’est toujours la même difficulté lorsqu’il s’agit de faire évaluer, par un observateur indépendant, avec la participation des citoyens, une activité aux facettes aussi diversifiées, en considérant toute la chaîne et pas seulement le maillon qui nous convient.

La profession agricole et les chambres d’agriculture sont souvent imaginatives pour défendre leur activité, ce qui est bien naturel. Elles sont donc les mieux placées pour faire preuve de ce courage politique qui consistera à mettre en œuvre une évaluation complète et objective de l’activité agricole. Chiche ! Voir aussi notre chronique « Nationaliser l’agriculture vivrière ? » du 17-11-09.

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17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 09:20

Aujourd’hui, l’agriculture européenne traverse des difficultés, au moment où un milliard de terriens souffrent de la faim. La récente crise du lait a révélé un raccourci caricatural de la situation : le lait européen, produit à partir de vaches nourries au soja brésilien, crée des carences alimentaires pour les Brésiliens, détruit la forêt, sans permettre aux agriculteurs européens de vivre de leur activité !

La répartition des aides publiques est très disparate selon les spécialisations des exploitations et variable selon les années. Mais les aides représentent entre 77 % et 93 % du revenu net de la « ferme France », ces dernières années. C’est dire que la production agricole est largement financée par le contribuable, très peu par le consommateur, qu’elle est donc une production publique, de fait. Un débat franco-français récurrent porte sur ce qui doit être nationalisé ou pas. Que faut-il nationaliser si ce n’est d’abord ce qui correspond aux besoins primaires de la population, à savoir l’eau et l’alimentation en premier lieu. Alors pourquoi ne pas nationaliser l’agriculture vivrière ? Il ne s’agit pas, bien sûr, de recréer des kolkhoz d’un autre âge ou des kibboutz, ou de transformer les agriculteurs en fonctionnaires. Mais le regard de la société sur l’agriculture est en train de changer et de plus en plus d’agriculteurs français prennent conscience de la nécessité à la fois économique et écologique de changer de méthode. La baisse du revenu agricole n’explique qu’en partie les récentes manifestations, le manque de perspective claire crée une incertitude qui vire à l’angoisse. Les agriculteurs se revendiquent souvent comme « libéraux », mais c’est la libéralisation des marchés qui les tue.

L’agriculture a la grandeur de nous procurer la ressource la plus stratégique qui soit : notre alimentation. Les mesures récentes du gouvernement français visent à renforcer des filières plus courtes et à encourager la contractualisation entre producteurs et industriels. Pourquoi ne pas aller au bout du raisonnement : l’Etat assure le « service public de l’alimentation » en contractualisant (via une agence de l’alimentation) avec les agriculteurs pour définir les productions, leur qualité et leur prix. Quelle agriculture voulons-nous ? Des exploitations concentrées de caractère industriel ou une agriculture de territoire qui garantit la diversité, la qualité et le respect de l’environnement. Il est temps de choisir, faute de quoi certains groupes financiers de la grande distribution, déjà aux abois, sont prêts à investir dans des milliers d’hectares pour produire eux-mêmes les denrées alimentaires.

Voir aussi nos chroniques « Paysan, un métier du futur ? » du 03-06-08 et « Nationaliser l’eau ? » du 03-02-09.

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19 mai 2009 2 19 /05 /mai /2009 10:04

Selon une étude internationale toute récente de la Sofres, 92 % des Français sont inquiets de l’état de la planète. Plus largement, dans les pays développés, un lien est établi entre la crise économique et la crise écologique du fait de l’hyperconsommation. Ainsi la Crise a encore accentué le clivage entre les gouvernements et les opinions publiques et progressivement apparaît le sentiment que cette crise globale pourrait être salutaire pourvu qu’elle serve à préparer un autre avenir.

Plutôt que distribuer des milliards pour les banquiers, l’automobile ou des grands travaux, un fort courant d’opinion se dessine en faveur d’un véritable « New Deal vert » qui mobilise l’économie mondiale pour la lutte contre les pollutions, l’insécurité énergétique et climatique, la pénurie d’eau potable ou l’érosion de la biodiversité.

Comme le dit l’économiste Michèle Debonneuil, nous devons passer de l’économie de « l’avoir plus » à celle de « l’être mieux », l’économie du quaternaire (nouvelles technologies et développement des services). C’est là que l’on attend les politiques pour tracer la route. Les projets doivent, en effet, être pilotés par le secteur public, Etat et Collectivités territoriales avec une réelle volonté politique.

Plus largement, ce changement de paradigme doit s’opérer dans le cadre d’une gouvernance planétaire afin de mettre fin au « surendettement écologique » d’une société qui consomme à tout va les richesses naturelles.

Le consommateur, pas toujours aussi schizophrène que l’on voudrait nous le faire croire, commence à se poser de vraies questions, tant sur la qualité des produits que de leur provenance, leurs modes de fabrication ou de distribution, leur véritable nécessité. C’est ainsi que l’on assiste à une diminution importante de la vente d’eau en bouteille (-7,5 % en 2008), symbole de la consommation non réfléchie…

Le développement des emplois de service, le retour au commerce de proximité, une activité industrielle décarbonée, une agriculture à haute performance environnementale, un contrôle plus strict des activités financières, sont autant d’exemples d’orientations qui peuvent permettre de construire cette révolution verte qu’appelle de ses vœux une part de l’opinion publique qui va plus vite que les entreprises et que les politiques.

La Crise. Et après ? Et si les consommateurs, les citoyens, plus avisés qu’on ne le dit, avaient déjà flairés les bonnes pistes à suivre. Rêvons, rêvons que cette Crise soit salutaire à la planète et donc à nous-mêmes !

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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 08:25

Le commissaire européen à l’environnement, Stavros Dimas, vient de l’annoncer à Athènes fin avril : l’Union Européenne n’atteindra pas l’objectif qu’elle s’était fixé de stopper l’érosion de la biodiversité en 2010. Pire encore, entre 40 et 70 % des espèces d’oiseaux et entre 50 et 85 % des habitats de faune et de flore sont dans « une situation de conservation critique » selon l’Agence européenne de l’environnement. Grâce au réseau Natura 2000, on a tout de même réussi à ralentir le rythme de destruction de la nature, dûe surtout à l’urbanisation, l’agriculture intensive et les infrastructures routières.

Même si les modifications climatiques ont été beaucoup plus médiatisées que l’érosion de la biodiversité, l’opinion publique commence à s’émouvoir devant l’effondrement de la pêche en mer ou la forte mortalité des abeilles. Dans notre société-fric, ce qui n’est pas monétarisé a peu de valeur, c’est bien le problème de la nature qui satisfait à nos besoins primaires de façon quasi gratuite, si bien que sa destruction n’a pas d’incidence immédiatement perceptible.

Il convient donc de donner un prix aux services rendus par la nature, comme le préconise l’Union Européenne en confiant à l’économiste Pavan Sukhdev la direction d’une étude sur « l’économie des écosystèmes et de la biodiversité » de façon à apporter aux décideurs, en 2010, des outils pour assurer la transition vers un système économique plus respectueux de la nature. De même, en France, Bernard Chevassus-au-Louis vient de rendre le rapport du groupe de travail qu’il a présidé « Approche économique de la biodiversité et des services liés aux écosystèmes » (http://www.strategie.gouv.fr/article.php3?id_article=980). Celui-ci vise à présenter les méthodes de quantification de la valeur financière de la biodiversité et à définir des « valeurs de références » utiles pour l’évaluation socio-économique des investissements publics. A titre d’exemples la valeur d’une forêt française est estimée à 970 €/ha/an et un récif corallien entre 5 000 et 10 000 €/ha/an. On voit bien là les limites de la démarche et ses dérives potentielles. Certes, on mesure l’intérêt de pouvoir intégrer dans le prix des produits de consommation le coût des impacts sur la biodiversité, mais il faut prendre garde à ne pas créer un marché de la biodiversité comme on le fait déjà pour les « droits à polluer » par exemple.

Il s’agit bien de dépasser le stade de l’affectif pour objectiver le coût des atteintes à la nature, en prenant bien garde toutefois de ne pas marchandiser la biodiversité. A ce stade, il serait opportun de tirer les leçons de la crise économique pour aller plus loin, à savoir repenser les fondamentaux économiques en inversant le rapport entre environnement et économie qui nous a conduit dans le mur : c’est l’économie qui doit être une déclinaison de l’environnement (nos besoins vitaux) et non l’inverse.

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3 mars 2009 2 03 /03 /mars /2009 08:26

 

La crise économique et sociale touche beaucoup de pays qui ont réagi en mettant en place des plans de sauvegarde dont les véritables impacts à terme sont mal connus. Quelles seront en effet les répercussions, plus ou moins lointaines, de ces plans qui vont amplifier la dette nationale ? Les Etats vivent ainsi à crédit, en espérant pouvoir résorber la dette un jour…

Cela n’a pas empêché, dans les pays développés les citoyens de continuer à consommer, en achetant… à crédit. La baisse du pouvoir d’achat n’entame que partiellement le moral des consommateurs qui sont encouragés, par des publicités, à regrouper leurs crédits pour pouvoir aller de l’avant !

A cette occasion ne faudrait-il pas remettre un peu d’ordre et de transparence dans la « vérité des prix » ? Dans la fringale d’achat, personne ne sait plus ce que coûte réellement les choses. Ainsi qui sait que le repas de cantine à l’école, toujours trop cher bien sûr, est payé par les parents pour environ la moitié du prix ; que le ticket de transport collectif, toujours trop cher, est payé pour environ 30 % par le voyageur ; que les frais médicaux, toujours trop chers aussi, sont payés environ à hauteur de 10 % par le patient, quand ils ne sont pas gratuits. Le reste est alors payé par le contribuable.

Dans un secteur important comme l’agriculture, les subventions de la PAC représentaient en 2003 environ 90 % du revenu moyen des exploitations, payées par les contribuables européens, notamment les Allemands. Une étude britannique très détaillée montrait que l’agriculture, en 1996, coûtait chaque année à la Grande Bretagne environ 3,5 milliards € en dépollution, restauration des habitats, traitement des maladies causées par l’agriculture, soit l’équivalent des revenus du secteur…

Curieuse façon que de toujours reporter sur « quelqu’un d’autre » le coût de ce que l’on achète : soit le contribuable paie pour le consommateur, soit les générations futures paieront pour les présentes. Certes la solidarité est indispensable pour rétablir des équilibres difficilement tenables, comme dans le cas de la santé, mais celle-ci a aussi ses limites quand on frise une telle indécence. La dette publique d’aujourd’hui est préjudiciable à l’avenir des générations futures, de même que la surexploitation des matières premières, ce qui peut générer des conflits intergénérationnels que l’on pressent déjà.

La dette de la France, qui était de  1 200 milliards € en 2007, devrait passer à 1 400 milliards € en 2010. Il va donc falloir résoudre cette équation difficile : comment résorber la dette en l’augmentant chaque année ?? Il y aurait de quoi rire si ce n’était pas si grave. Pour en sortir, il faudra bien se résoudre à consommer moins dans les pays développés.

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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 08:46

Depuis trois ou quatre décennies, dans les pays développés, et en France en particulier, tout a été fait pour favoriser la voiture au détriment des autres modes de déplacement. L’étalement urbain notamment (en 40 ans la distance domicile-travail en France est passée de 4 à 40 km) a rendu la voiture indispensable. L’industrie automobile est ainsi devenue un des piliers de l’économie, directement et par ses effets induits : fabrication et entretien des véhicules, infrastructures, carburants, etc. Les mythes de la croissance et de la consommation à tout va, ont eu raison… de la raison : l’industrie automobile n’a cessé de croître, sans se soucier de la saturation du parc (en France 82 % des ménages possèdent une voiture, 36 % deux et plus, 6 % trois et plus), de la diminution de la ressource en carburant (le peak oil est certainement atteint) et des conséquences sur l’environnement (en particulier sur l’effet de serre).

Les constructeurs ont foncé, sans se soucier de ces défis, si ce n’est en termes de communication commerciale. Mais la crise est là et le prix des carburants, provisoirement à la baisse, ne trompe personne ; chacun sait maintenant que la ressource est limitée. Faute d’anticipation de l’obstacle, les constructeurs automobiles sont… devant le mur. Ainsi aux Etats-Unis, les grandes gloires de « la bagnole » sont tout simplement menacées de disparition. Les constructeurs français envisagent un véhicule électrique pour dans… quelques années. Les constructeurs européens n’ont pas vraiment pris la mesure des enjeux, à la différence de leurs concurrents chinois et indiens.

Bien sûr que nous aurons encore besoin d’auto – mobiles pour nous déplacer, mais le système est à bout de course et il faut tout réinventer pour répondre aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux, en somme au défi de la mobilité soutenable. Cela signifie, si l’on veut corriger les causes de cette crise, qu’il faut revoir totalement l’aménagement du territoire, inventer d’autres modes de propulsion (tout ne sera pas simple si l’on songe que le lithium nécessaire aux batteries des véhicules électriques est concentré dans les Andes et au Tibet et que son prix a été multiplié par 10 en 5 ans !), développer les transports collectifs et favoriser les circuits courts de distribution des marchandises.

La prise de conscience des aménageurs et des élus est réelle et les exemples de densification des villes avec des transports en commun performants sont légion (Carrefour a ainsi inventé les hypermarchés sans voiture en affrétant des bus pour le transport des consommateurs, mais cela se passe… en Chine). Reste à poursuivre dans cette voie, en accélérant le mouvement. Quant aux constructeurs automobiles, il n’est plus temps de les convaincre, il faut les contraindre d’autant plus si c’est l’Etat qui les renfloue…

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19 août 2008 2 19 /08 /août /2008 09:30

Après quatre mini-nouvelles d’été, nous reprenons nos chroniques « sérieuses ».

 

Depuis quelque temps, en France, le pouvoir d’achat est au centre des préoccupations des habitants, des politiciens et des médias. Ceci s’explique d’abord par le renchérissement des produits agricoles et des matières premières, notamment du pétrole. L’explosion des prix des denrées alimentaires est due à la demande accrue des pays émergents, à la réduction des surfaces cultivées (urbanisation, érosion, agro-carburants) et aux modifications climatiques (sécheresses, inondations, tempêtes).

Chacun voudrait pouvoir acheter toujours plus. En réalité, et malgré les idées reçues, le pouvoir d’achat a beaucoup progressé depuis quelques décennies : ainsi en 20 ans en Ile-de-France, le nombre de ménages possédant plusieurs voitures a doublé. De plus, les consommateurs ont accédé à de nouveaux services dont il ne peuvent plus se passer (téléphone mobile, internet) réduisant du même coup les disponibilités pour les dépenses de base. Dans les pays occidentaux, la part de l’alimentation dans le budget des familles n’est plus que de 10 à 20 %, alors qu’elle est encore de 60 à 90 % pour les pays pauvres, les plus contraints. N’oublions pas que le « milliard d’en bas » des plus pauvres de la planète vit avec moins d’un dollar par personne et par jour ! Un peu de pudeur ne nuirait pas aux gens des pays développés…

A défaut d’acheter plus, on peut sans doute acheter mieux. De  plus en plus, les Français font du respect de l’environnement un critère de choix très important pour leurs achats. Le « GPS de la consommation » que constitue la publicité a peut-être du souci à se faire. Plutôt que « chiens savants » de la consommation, les Français deviennent des « éco-consommateurs » responsables. Une nouvelle communication sur les achats suppose des données plus lisibles, plus transparentes et plus indépendantes. Il reste beaucoup de travail à faire à cet égard, ce qui suppose une fois de plus, que le politique anticipe les besoins, encadre les entreprises, plutôt que d’être à la remorque des lobbies… Il faut aussi que les consommateurs acquièrent une meilleure connaissance des coûts réels. Ainsi le prix payé par les familles pour les cantines scolaires représente environ la moitié du coût réel, et celui des transports publics, de l’ordre de 30 %, le contribuable payant le reste.

         Si le pouvoir d’achat, c’est la valeur équivalente d’un salaire en marchandises et services, le pouvoir d’acheter c’est la possibilité d’agir librement sur ses acquisitions. A chacun d’en décider.

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