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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 08:39

C’était au début des années 1990, au CNFPT de Lyon (Centre national de la fonction publique territoriale), j’intervenais dans un stage pour les ingénieurs territoriaux sur la prise en compte de l’environnement par les collectivités. Je me présentais en précisant que je venais de Rouen. Plusieurs personnes me demandèrent où se trouvait Rouen… Quelle stupeur ! Ainsi donc, des ingénieurs lyonnais ignoraient où se trouvait celle qui fut la seconde ville du royaume de France jusqu’au 18ème siècle. Ils savaient vaguement que cette ville se situait vers le nord, mais où ?... Il est vrai que depuis trois siècles, Rouen a perdu de sa renommée pour ne plus figurer que parmi les villes moyennes.

Mais voilà qu’après trois décennies de séminaires, documents d’urbanisme et concertations intercommunales, Laurent Fabius met en place les outils d’un renouveau de la ville (www.la-crea.fr). La CREA (Communauté d’agglomération Rouen, Elbeuf, Austreberthe) est née le 1er janvier 2010 et a élu son président, Laurent Fabius, le 7 janvier. Forte de 71 communes et de près de 500 000 habitants, la CREA devient, par la taille, la première communauté d’agglomération de France (issue de la fusion de deux communautés d’agglomération et de deux communautés de communes).

La CREA aura pour missions principales la gestion de l’eau potable (la régie publique reprenant beaucoup d’importance), la collecte des déchets et les transports collectifs. Elle envisage aussi la réalisation de nouveaux quartiers, la lutte contre les inondations, etc.

Ce sont donc les problématiques environnementales qui vont être au centre des préoccupations de la CREA. Il y a tout lieu de s’en réjouir, mais ne pourrait-on pas aller encore plus loin ? Cette communauté, outre les atouts humains et économiques, va disposer d’atouts géographiques et naturels considérables : son site sur la Seine, ses forêts et une mixité milieu urbain – milieu rural très forte. Au-delà des projets d’éco-quartiers qui fleurissent ici ou là au sein de la CREA, ne pourrait-on pas aller jusqu’à concevoir une éco-ville ? N’y a-t-il pas là matière à redonner à Rouen son lustre d’antan en faisant de cette cité un exemple européen d’innovation environnementale à grande échelle.

Je me souviens aussi que le 31 mai 1990, 206 Rouennais de toutes professions et sensibilités se réunissaient, après 9 mois de travail en ateliers, pour promulguer la « Charte du grand Rouen Eurocité ». Cette charte proposait, entre autres, un projet à structurer : Rouen Eurocité de l’environnement. Nous en avons maintenant les moyens, allons-y !

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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 07:57

         Au cours de l’année 2009, nous avons achevé nos dernières prestations de consultant et opéré la mutation vers une activité d’essayiste.

 

Dernières prestations de consultant environnement :

- Assistance à maîtrise d’ouvrage pour la définition de la stratégie de gestion et de valorisation des matériaux de dragage de la Seine et participation au Comité de suivi environnemental. Port Autonome de Rouen

- Accompagnement de la réflexion sur le SCOT Le Havre Pointe de Caux et Estuaire. Agence d’Urbanisme de la région du Havre

 

Interventions en tant qu’essayiste :

Publications :

-         57 publications : 5 articles et 52 chroniques du blog

-         Signatures en librairie de « Clos-masures et paysage cauchois »

-         Préparation d’un « Guide des parcs et jardins de Normandie »

Conférences :

-         Le développement durable en Pays de Bray. Union des Commerçants et Artisans de Forges-les-Eaux

-         Le développement durable, mythe ou réalité. Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Normandie

Sorties et visites :

-         Lecture de paysage à Saumont-la-Poterie. Association Brayonne Dynamique

-         Visite commentée de l’église abbatiale, patrimoine de Sigy-en-Bray. Comité Départemental du Tourisme

-         Visite d’un la       gunage individuel à Sigy-en-Bray. Ecole primaire de Sigy

Assistance conseil :

-         Participation à l’élaboration du Plan Local d’Urbanisme de Sigy-en-Bray / Saint-Lucien. Conseil municipal

-         Concours à la réflexion sur l’évolution du Museum de Rouen. Département de Seine-Maritime

-         Entretien pour un mémoire sur le paysage du Bray central. Etudiante de l’Ecole d’Architecture de Bordeaux

-         Entretien et visite de terrain pour un diagnostic de la biodiversité de la commune de La Poterie-Cap-d’Antifer. Stagiaire de l’Université de Rouen sur la commune

-         Avis sur les paysages brayons pour l’Atlas des paysages de Haute-Normandie. Agence Folléa-Gautier pour le Conseil Régional de Haute-Normandie

-         Contribution à la préparation d’un colloque sur Les femmes et le développement durable. Centre d’information et de documentation sur les femmes et les familles de Haute-Normandie

-         Avis pour la soutenance d’un mémoire sur le développement durable à l’hôpital. Cadre de santé de l’Institut de Formation des Cadres de Santé de la Région Rhône-Alpes – Hospices civils de Lyon

Représentation :

-         Conseil d’administration du Lycée Delamare-Deboutteville de Forges-les-Eaux (Lycée du développement durable et Forum des métiers). Académie de Rouen

-         Conseil de développement du Pays de Bray. SMAD du Pays de Bray

-         Comité d’experts de l’éco-quartier de la Cartonnerie de Pont-Audemer. Mairie

-         Comité économique et social du Parc naturel régional. Parc naturel régional des Boucles de la Seine normande

-         Comité de Pilotage du site Natura 2000 des cuestas du Pays de Bray. Préfecture de Haute-Normandie

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5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 09:32

L’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) vient de publier, début novembre 2009,  une mise à jour de sa Liste rouge d’espèces animales et végétales menacées  (Voir notre chronique « 44 838 espèces ? » du 25 novembre 2008). La Liste rouge de l’UICN s’appuie sur une série de critères précis pour évaluer le risque d’extinction d’espèces si aucune mesure de conservation n’est prise, elle constitue la source d’information mondiale la plus complète sur le sujet (www.iucn.org/redlist).

Cette Liste rouge évalue 47 677 espèces (contre 44 838 en 2008) et considère que 17 291 sont menacées d’extinction (contre 16 928 en 2008). Parmi celles-ci, 21 % des mammifères, 30 % des amphibiens et 12 % des oiseaux sont concernés, parmi les espèces connues à ce jour. Sur les 12 151 plantes évaluées dans la Liste rouge, 8 500 sont menacées d’extinction, parmi lesquelles 114 sont déjà éteintes, au moins à l’état sauvage. 

Le Directeur du Bureau de l’UICN pour la Liste rouge, Craig Hilton-Taylor, affirme que « Ces résultats ne représentent que le sommet de l’iceberg. Nous n’avons évalué pour l’instant que 47 677 espèces, alors qu’il en existe encore des millions qui sont peut-être sérieusement menacées. Cependant, nous savons par expérience que l’action en faveur de la conservation porte ses fruits, aussi il est important de ne pas attendre qu’il soit trop tard et de commencer à préserver nos espèces maintenant ». Le compteur tourne dans le mauvais sens…

Il est confirmé la multiplicité des causes de ces extinctions, parmi lesquelles la destruction des habitats (forêts et massifs coralliens en priorité) demeure essentielle. La surexploitation des ressources (pêche excessive d’abord) et la pollution jouent également un rôle important. On pressent que l’impact des modifications climatiques sera important, mais on n’en mesure encore que les premiers effets. Avec 778 espèces menacées présentes sur son territoire, la France figure parmi les 10 pays les plus concernés, du fait notamment de ses territoires d’outre-mer.

Jane Smart, directrice du Groupe pour la conservation de la biodiversité de l’UICN affirme : « En janvier (2010) commencera l’Année internationale de la biodiversité. Selon les dernières analyses de la Liste rouge de l’UICN, il sera impossible d’enrayer la perte de la biodiversité en 2010, comme le prévoyait notre objectif. Il est temps que les gouvernements commencent sérieusement à oeuvrer à la protection des espèces et que ce sujet brûlant figure parmi leurs priorités l’année prochaine, car le temps presse. » Bonne année 2010.

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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 09:15

         L’actualité bretonne de cet été a porté en grande partie sur la pollution des côtes par les algues vertes. La prolifération de la laitue de mer (Ulva armoricana) serait responsable de la mort d’un cheval et est fortement suspectée d’être à l’origine de problèmes sanitaires qui suscitent des débats animés. La décomposition de ces algues, amassées en grande quantité, dégage de l’hydrogène sulfuré, gaz très malodorant à faible concentration et très toxique à concentration élevée (et là on ne perçoit plus son odeur).

Ce phénomène est connu depuis une quarantaine d’années dans plusieurs régions du monde, notamment aux Etats-Unis, en Chine et en Europe du Nord, mais plus spécialement en Bretagne. Comme toujours en environnement, le phénomène ne doit pas être simplifié abusivement puisque cette prolifération résulte de la conjonction d’un faisceau de facteurs relatifs au sol, au climat, à l’hydrodynamique et aux activités humaines. Quoi qu’il en soit, cette prolifération résulte essentiellement d’un apport important de deux nutriments : l’azote est majoritaire, en provenance de l’agriculture, et le phosphore apporté par les rejets urbains d’eaux chargées de détergents.

Il faut rappeler à cet égard que la Bretagne compte sur son sol 3 millions d’humains, mais aussi 3 millions de bovins, 14 millions de cochons et 350 millions de volailles (chiffres du Conseil scientifique de l’environnement de Bretagne). Avec 5 % de la surface agricole utile française (SAU), la Bretagne accueille 30 % des élevages de veaux, 60 % de porcs et 45 % de volailles. Une telle concentration produit une charge en nitrates bien supérieure à ce que la terre et l’eau peuvent supporter.

La résolution du problème est tout aussi complexe que sa genèse. Dans la grande polémique qui s’est installée à la suite des incidents de cet été, au-delà du rappel du principe pollueur-payeur, de la condamnation de l’Etat français pour autorisation abusive de porcheries industrielles, des engagements du Grenelle de l’environnement non appliqués, du non respect par la France des directives européennes ou de… menaces de mort à l’encontre d’écologistes, on voit bien qu’il s’agit d’un problème plus global et plus collectif.

Certes l’agriculture (et non les seuls agriculteurs) a une grande responsabilité dans cette affaire en ne respectant pas toujours les engagements pris en matière d’environnement (on nous parle d’agriculture raisonnée…). Mais l’Etat, plus prompt à plier devant les lobbies qu’à respecter ses propres engagements, les collectivités locales qui n’ont toujours pas pris les mesures nécessaires en matière d’assainissement, les consommateurs qui veulent payer toujours moins chers les produits alimentaires, sont autant d’explications à la lenteur de la résolution de ce problème majeur.

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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 09:21

« Je vous parle d’un temps que les moins de soixante ans ne peuvent pas connaître » dirait la chanson d’Aznavour… C’était avant 13 heures, sur Radio Luxembourg dans les années 1950, le feuilleton « ça va bouillir » était animé par Zappy Max, incarnant un bouillant reporter de l’Eclat, qui au moment fort de l’action, lançait son expression favorite. Que dirait aujourd’hui le fantaisiste à propos des modifications climatiques, alors que l’on commence à découvrir l’ampleur du phénomène :

- Les pluies torrentielles de juillet dans le sud-ouest de la Chine ont affecté presque 7 millions de personnes dont 250 000 ont dû être relogées. Le quart du territoire chinois consiste maintenant en vastes étendues de sable et le désert gagne 2 500 km2 par an.

- En août l’Inde a connu une baisse saisonnière de 30 % des précipitations, entraînant une forte sécheresse. Celle-ci aggrave les difficultés de l’agriculture, renchérit les denrées alimentaires et génère des conflits armés locaux.

- Les inondations de septembre en Turquie ont fait quelques dizaines de victimes et endommagé 4 000 maisons.

- Les fortes pluies sur toute l’Afrique de l’ouest et centrale de juin à septembre ont provoqué d’importants dégâts et atteint 100 000 personnes au Niger. Le lac Tchad était la 4ème réserve d’eau douce d’Afrique et faisait vivre 300 000 personnes avec la pêche, il a perdu 90 % de sa surface en 40 ans.

- Les conditions de sécheresse du sud-est de l’Australie font craindre une baisse de l’ordre de 60 % sur la récolte de blé. La sécheresse actuelle est estimée comme la pire depuis… 1 000 ans, et le premier ministre considère qu’elle donne un aperçu de l’avenir de son pays.

La perturbation du climat est devenue une réalité, responsable de 300 000 morts par an selon le rapport du Forum humanitaire mondial. Certes, les experts ne sont pas tous d’accord et il est sûr que la diversité et la complexité des mécanismes en jeu doit rendre prudent sur toute projection dans l’avenir. Mais il est avéré que les modifications climatiques agissent sur les rendements agricoles et l’accès à l’eau, éléments forts de déstabilisation et de crises humanitaires, d’autant plus que les pays pauvres sont les plus exposés. Bref, il y aura de quoi alimenter les conversations au sommet de Copenhague en décembre pour les négociations sur le climat. Ban Ki-moon, secrétaire général de l’ONU, déclarait à ce propos le 3 septembre : « Nous avons le pied collé sur l’accélérateur et nous fonçons vers l’abîme ». Rassurant, non ?

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6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 08:44

Il y a peu, pour annoncer son exposition de plantes du jardin potager, la Dépêche du Pays de Bray titrait : « Jean-Pierre, cultivateur d’arômes ». Effectivement, Jean-Pierre Valet présentait en septembre, à Forges-les-Eaux (Normandie), une récolte impressionnante de 250 plantes : 18 variétés de thym, 8 de basilic, 90 de tomates, et aussi courges, cardons ou autre sorgho… parmi lesquelles beaucoup de plantes aromatiques.

Ce jardinier amateur du Pays de Bray fait ainsi œuvre de pédagogie auprès d’un large public. Mais son rôle de conservateur d’un patrimoine collectif est peut être plus important encore : il assure, de fait, la gestion d’une réserve génétique. En cultivant toutes ces plantes dans son propre jardin, Jean-Pierre participe à la sauvegarde de la biodiversité, c’est un jardinier du futur.

L’agriculture française est en crise inavouée, mais réelle et profonde. Son productivisme et sa standardisation la rendent de plus en plus préjudiciable à la nature. Du même coup, par effet boomerang, elle se fragilise avec l’appauvrissement et l’érosion des sols, la raréfaction d’animaux prédateurs, la diminution des insectes pollinisateurs, etc.

Les modifications climatiques, encore modestes, peuvent compromettre fortement les rendements de plantes hyper sélectionnées, comme on l’a vu récemment pour le blé en Australie ou les pommes de terre aux Etats-Unis. Si l’on ajoute à cela une marchandisation abusive des semences et variétés, le potentiel de choix de cultures se réduit.

C’est récemment, à cause des « émeutes de la faim », que l’on a re-découvert l’importance stratégique de l’agriculture vivrière. Celle-ci ne sera possible que si l’on dispose d’un potentiel de variétés important afin de pouvoir s’adapter en permanence à des exigences climatiques dures.

Voir aussi nos chroniques « Paysan, un métier du futur ? » du 3 juin 2008 et « Nos enfants nous accuseront ? » du 31 mars 2009.

C’est grâce à des jardiniers comme Jean-Pierre que cela sera possible, au moins à petite échelle, pour des maraîchages locaux par exemple. Ce genre de démarche n’est pas unique, de véritables conservatoires ont été mis en place ces dernières années (www.arehn.asso.fr) , mais cela reste marginal, peu considéré et quasiment pas encouragé par les institutions et les professions agricoles. C’est pourtant la somme de ces initiatives qui sera garante… de notre alimentation du futur, rien que cela.

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22 septembre 2009 2 22 /09 /septembre /2009 09:49

Les populations d’abeilles sont en déclin partout dans le monde. La situation devient préoccupante dans la mesure où ces insectes pollinisateurs sont indispensables pour la production des fruits. Ainsi fin 2008 aux Etats-Unis, les producteurs de concombres de Caroline du Nord ont du réduire leur production du fait du manque d’abeilles pour assurer la pollinisation. Ce phénomène s’est intensifié et généralisé depuis environ 15 ans. Les chercheurs considèrent que 35 % du tonnage d’aliments végétaux proviennent de cultures dépendant des pollinisateurs, soit de l’ordre de 153 milliards d’euros, ou encore 9,5 % de la valeur de la production mondiale.

Sans que ce soit la cause unique, les pesticides sont régulièrement mis en cause dans la raréfaction des abeilles. En France, entre 1945 et 1985 la consommation de pesticides a doublé tous les 10 ans, pour atteindre près de 80 000 tonnes/an maintenant. On est champion d’Europe ! Plusieurs études récentes ont mis en évidence la présence de pesticides dans de nombreux produits alimentaires.

Les abeilles sont donc victimes, entre autres de cette contamination généralisée de nos biotopes. Et que croyez-vous qu’il arriva ? C’est à la fois dramatique et rassurant… puisque la nature, maltraitée, reprend parfois ses droits. Et c’est ainsi que les abeilles installées dans des ruches urbaines sont devenues plus productives que les abeilles des campagnes ! C’est le cas à Paris, et dans beaucoup d’autres  villes, où les parcs, jardins et espaces verts offrent une grande diversité de fleurs et d’arbres alors que les campagnes se « vident » au profit des grandes cultures ravageuses de biodiversité. Certes les villes sont polluées par la circulation automobile, le chauffage et les industries, mais ces pollutions sur lesquelles de gros efforts ont été faits sont devenues moins redoutables pour les abeilles que les pesticides des campagnes qui entraînent une mortalité de ces insectes butineurs de l’ordre de 30 à 50 %. A Paris, les récoltes de miel atteignent environ 100 kg par an et par ruche contre une dizaine en moyenne seulement à la campagne. Voir aussi notre chronique du 28-04-09 : « Paradoxale la ville ? »

Il existe environ 300 ruches à Paris. Les ruchers les plus connus sont situés au parc Georges Brassens et au Jardin du Luxembourg, mais aussi… sur les toits de l’Opéra Garnier. Le miel de l’Opéra est d’ailleurs vendu dans les boutiques de luxe et est l’un des plus chers du monde.  Faut-il s’en réjouir ou regretter de voir nos campagnes laisser partir des lambeaux entiers de biodiversité…

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15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 08:44

         Vue de l’espace la nuit, la Terre apparaît comme une « constellation » du fait de l’éclairage public, en particulier en Europe. Les réverbères, qui éclairent souvent autant le ciel que le sol, génèrent une pollution lumineuse qui gène les astronomes, mais aussi beaucoup d’animaux : oiseaux, insectes, chauve-souris,… et les hommes qui ont le sommeil perturbé par cette luminosité trop présente. La généralisation de l’éclairage artificiel estompe l’alternance jour-nuit, ce qui explique ces dysfonctionnements biologiques.

Outre ces perturbations, l’éclairage public est aussi le premier poste de consommation électrique des communes françaises. Dès lors faut-il vraiment éclairer un lycée toute la nuit, par crainte des actes de vandalisme, ou une barrière de ferme dans un hameau isolé pour satisfaire aux exigences de modernisme de certains ruraux ?

L’année 2009 a été décrétée « Année mondiale de l’astronomie » par l’ONU pour célébrer les 400 ans de l’utilisation de la lunette astronomique par Galilée. A cette occasion, des astronomes français se sont interrogés sur la nécessité de créer des réserves de ciel étoilé afin de pouvoir continuer leurs observations. Un projet est en cours de réflexion sur le Pic du Midi dans les Pyrénées, s’inspirant du cas du Mont-Mégantic au Québec qui a abouti à un périmètre de protection de 50 km autour d’un observatoire astronomique. La « réserve de ciel » du Pic du Midi pourrait s’inscrire dans le cadre du parc national.

La nuit noire est devenue rare. C’est pourquoi de nombreux partenaires se sont associés pour organiser le 24 octobre 2009, le premier « jour de la nuit », à l’occasion du passage à l’heure d’hiver. Le but de cette « journée » sera de sensibiliser le public à la fois à l’importance de la nuit noire pour les activités biologiques et… astronomiques, mais aussi à la gabegie énergétique que représente l’éclairage public. Voir le site www.jourdelanuit.fr

 

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1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 09:29

       Bundanoon est une petite ville australienne de 2 000 habitants, située à 120 km au sud de Sydney. Cet été, cette ville a acquis une notoriété considérable lorsque ses représentants ont décidé de bannir les bouteilles d’eau en plastique. D’ici la fin de cette année, les magasins devront proscrire la vente de bouteilles d’eau, aussi bien dans les distributeurs automatiques que dans les boutiques. Ceci au prétexte que « cette petite communauté veut un développement durable ».

         Si l’on considère l’énergie utilisée pour la mise en bouteille et l’emballage, les livraisons, le recyclage des bouteilles, la publicité, le coût total d’un litre d’eau est d’environ 2 €, soit plus cher que l’essence ! Sans aller jusque là, l’eau en bouteille est vendue en moyenne 0,40 € le litre dans la grande distribution, tandis qu’elle ne coûte que de 0,002 € au robinet, environ 200 fois plus cher !

         Selon des études américaines, la consommation d’eau en bouteille a augmenté de 57 % entre 1999 et 2004. Les pays développés sont bien sûr, en tête de cette consommation, mais les pays émergents comme la Chine, l’Inde ou le Brésil ne sont pas en reste. Les Français consomment 145 litres d’eau en bouteille par personne et par an.

        On pourrait ajouter à ces considérations financières que les bouteilles sont fabriquées avec un dérivé du pétrole, qui va devenir rare, que le recyclage n’est que partiel (environ 50 %) et l’incinération polluante. Cela fait beaucoup de handicaps environnementaux.

         Pour compléter le tableau faut-il rappeler que nos grands-mères ont connu, après la seconde guerre mondiale, la « révolution de l’eau sur l’évier ». L’aménagement des réseaux de distribution permettait d’avoir l’eau courante à la maison et dispensait de transporter l’eau depuis une fontaine ou un puits. Maintenant, nous trouvons « amusant » ( ?) d’attraper des packs d’eau sur les rayons de super marché, de les placer dans un chariot, de les présenter à la caisse, de les transvaser dans le coffre de la voiture, de les décharger pour les ranger à la cave, puis les remonter pour la consommation… Un véritable « syndrome de l’eau lourde » ! Alors qu’il suffit de tourner le robinet…

        Certes, il arrive ici ou là que l’eau du robinet ait mauvais goût, ou qu’elle sente le chlore. Mais alors ne faudrait-il pas être plus exigeant vis-à-vis des responsables des réseaux de distribution pour avoir une eau de qualité, plutôt qu’accepter de payer un produit de première consommation 200 fois son prix. Là encore, la Crise peut faire œuvre de pédagogie. C’est ainsi que l’on a vu, en France, la consommation d’eau en bouteille baisser de 6 % en un an. Et puis, souvenons-nous que dans le monde, plus d’un milliard de personnes souffrent d’un déficit en eau potable… Alors, c’est décidé, nous aussi nous allons faire pschitt avec l’eau en bouteille.

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24 août 2009 1 24 /08 /août /2009 17:32

        En 20 ans, « la France a perdu 10 % de ses oiseaux nicheurs », tel est le bilan que vient de publier le Museum national de Paris à la veille de l’été. Le programme Vigie-Nature du Museum fédère les réseaux d’observateurs volontaires de l’évolution de la biodiversité. Le plus ancien de ces réseaux (9 000 points d’écoute dans 90 départements en 2008) suit les oiseaux communs. Le verdict est sans appel : 10 % des oiseaux communs nicheurs ont disparu depuis 20 ans, d’abord les espèces urbaines et agricoles, puis les espèces forestières. Les raisons du déclin tiennent essentiellement à la dégradation des habitats et au réchauffement climatique. L’annonce récente faite par la France de stopper la disparition des espèces d’ici à… 2010 laisse un peu dubitatif.

        Ce constat fait en France vaut aussi pour l’Europe (21 pays recensent les oiseaux nicheurs) et a fortiori pour l’ensemble de la planète (Voir notre chronique « 44 838 espèces ? » du 25-11-08). Ainsi, début juillet, l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) publiait son rapport qui confirme l’effondrement du nombre des espèces à un rythme qui serait beaucoup plus rapide que par le passé, y compris pendant les grands épisodes d’extinction connus à l’échelle géologique.

        Bien sûr, pour bien gérer ce fabuleux patrimoine qu’est la biodiversité, il faut d’abord bien le connaître, ce qui est loin d’être évident. Certains organismes s’y emploient, comme le Museum de Paris qui vient de lancer, dans un autre domaine de la biodiversité, un reclassement complet de son herbier, soit 11 millions d’échantillons de plantes récoltées dans le monde entier depuis près de quatre siècles. C’est l’herbier le plus important au monde.

         En région aussi, les travaux avancent. Ainsi la Région de Haute-Normandie vient de créer l’Observatoire permanent de la biodiversité, des habitats et des paysages, en partenariat avec l’Etat et les Départements. Il était grand temps, si l’on se souvient que dans cette région 95 % des espèces d’invertébrés sont considérées comme menacées ou éteintes… De même, sur les 2 000 espèces de plantes sauvages inventoriées, 193 sont considérées comme disparues et 551 très vulnérables.

      La nature, ce n’est pas seulement « les petites fleurs et les petites bêtes » mais aussi… notre nourriture et notre milieu de vie. Le rapport de l’UICN souligne que 36 % des mammifères consommés par l’homme dans le monde sont en danger. Ceci nous renvoie aux menaces, rappelées ces dernières années, pour la sécurité alimentaire, en particulier dans les pays du Sud.

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