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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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3 juin 2008 2 03 /06 /juin /2008 08:15

        La planète pourra-t-elle nourrir 9 milliards d’habitants d’ici 2050 ? La question est d’autant plus pertinente qu’aujourd’hui, sur les 6,5 milliards de Terriens, 2 sont mal nourris (dont 80 % habitent les zones rurales) et 850 000 souffrent de la faim. Au-delà des explications conjoncturelles (modifications climatiques, agrocarburants, progression de la demande et spéculation), il faut prendre en compte aussi le manque de considération pour l’agriculture. Ainsi la planète semble redécouvrir brutalement l’importance stratégique de l’agriculture vivrière. Il faut maintenant assurer l’autosuffisance alimentaire d’un pays, d’une région, d’un territoire, ce qui suppose une réorientation totale de l’agriculture autour des savoirs locaux, notamment dans les pays du Sud.

Il est urgent de redécouvrir « l’agro-écologie », afin de prend en compte les processus écologiques dans le système agricole, comme le faisaient les paysans d’autrefois. C’est du coup redonner de l’importance aux « petits paysans » que les grandes exploitations et un système productif destructeur ont littéralement laminés. Les femmes ont un rôle à jouer dans ce secteur qui se féminise, comme beaucoup d’autres, plus sensibles qu’elles sont à la diversification et la protection de l’environnement.

C’est, simultanément, d’une double révolution dont l’agriculture a besoin, à la fois écologique et technologique. Pour nourrir la population mondiale à venir, il faudrait… doubler la production, ce qui sera difficile sans une meilleure maîtrise de la natalité. Le paysan, devenu exploitant agricole puis chef d’entreprise industrielle va devoir se transformer en ingénieur biologiste, afin de savoir accélérer les processus biologiques tout en respectant les ressources.

Cette révolution paysanne nécessite un fort développement de la recherche appliquée pour améliorer la production, tant sur le plan qualitatif que quantitatif, tout en sauvegardant l’eau, les sols et la biodiversité. Les « culs-terreux » savent cela intimement, mais perçus comme plaintifs et conservateurs, ils doivent inverser leur image pour s’affirmer comme nourrisseurs de la population et sauveurs de la planète.

Il est urgent de faire évoluer l’agriculture vers une priorité des politiques publiques afin d’assurer le besoin primaire de nourriture, en soutenant notamment la petite agriculture familiale. C’est en effet la petite exploitation qui nourrit d’abord ses gestionnaires, qui s’adapte le mieux à la demande locale et crée des emplois stables. Il faut aussi que les consommateurs fassent leur propre révolution en privilégiant les produits locaux de saison et en ne faisant plus de l’expression « paysan » une injure, mais un compliment.

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26 mai 2008 1 26 /05 /mai /2008 16:54

       Dans le cadre de l’Association des Directeurs des Services Techniques Départementaux (ADSTD) et des COTITA (Conférences Techniques Interdépartementales des Transports et de l’Aménagement) il m’était demandé de prononcer une conférence sur le thème de « l’étalement urbain et les perspectives d’évaluation des routes du futur » le 15 mai à Alençon (Orne). En voici un condensé :

Les études d’impact relatives aux infrastructures routières ont beaucoup évolué et la mise en œuvre de suivis a été efficace quand à la définition des tracés et leur intégration la moins dommageable dans l’environnement. Il apparaît nécessaire maintenant d’intervenir plus en amont de cette évaluation avec une démarche prospective.

L’étalement urbain, entre autre, est une préoccupation montante, tant en termes de consommation d’espace que d’énergie ou de foncier. Ses impacts supposent de repenser les transports et la route en particulier. La conjonction des modifications climatiques et de la raréfaction des énergies fossiles est aussi un facteur d’interrogation sur les modes de transports du futur et leurs infrastructures, en particulier dans les contextes urbains et péri-urbains.

Ces questions fondamentales amènent à repenser l’aménagement du territoire avec le souci de réduire les distances travail – résidence ou encore privilégier les circuits courts de distribution des marchandises. Se pose naturellement le problème de la localisation des emplois et des services, dans le contexte de l’étalement urbain, en péri-urbain mais aussi en milieu rural. Cette transformation suppose de densifier les centres urbains, assurer la mixité des fonctions des villes, développer des sources d’emploi local en milieu rural et développer les transports collectifs des personnes.

Une méthode souple d’évaluation permet de prendre en compte ces questions dans un esprit de transparence et de concertation. Des cas concrets ont déjà été mis en œuvre en France, en Basse et Haute-Normandie, Centre, Pays de Loire et Réunion. La méthode n’a pas de caractère réglementaire et elle relève de l’initiative du maître d’ouvrage qui a toute latitude pour l’adapter à sa situation spécifique. Un ouvrage récent présente cette démarche : LE DEVELOPPEMENT SOUTENABLE, Evaluation simplifiée dans un contexte Nord-Sud, il peut être commandé directement chez votre libraire habituel ou sur le site de l’éditeur : http://editions-harmattan.fr

Des informations complémentaires, à propos de cette conférence, sont disponibles sur le site : http://www.cete-normandie-centre.equipement.gouv.fr rubrique COTITA.


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13 mai 2008 2 13 /05 /mai /2008 09:21

         Dans mon village de Normandie, il y a le « Grand Mont », témoin de l’effondrement du bombement calcaire initial de l’ère tertiaire. L’érosion a entamé le substrat en laissant des buttes témoins, plus dures. Cette forme élevée, arrondie et douce, avec son flanc creusé du « Fer à Cheval », ne manque pas de susciter la curiosité du fait de sa grande originalité parmi nos paysages.

Le Grand Mont constitue un patrimoine important, tant pour sa valeur paysagère (une des plus importantes buttes témoins du Pays de Bray, même si l’altitude n’est que de 186 mètres) que pour l’intérêt de sa végétation (présence d’orchidées sauvages, de gentianes d’Allemagne et autres plantes caractéristiques des coteaux calcaires). Une centaine d’espèces de plantes, dont une dizaine d’espèces d’orchidées (2 à 4 000 individus selon les saisons), font de ce site un des plus riches de toute la Haute-Normandie.

Ce sont ces arguments qui ont justifié que le Grand Mont soit inscrit, depuis une vingtaine d’années, à l’inventaire ZNIEFF, établi par le ministère en charge de l’environnement. Depuis un an, le Grand Mont est également inscrit à l’inventaire Natura 2000, recensement européen des sites naturels importants.

Tout cela est connu : un dossier de protection-gestion a été monté depuis quatre ans avec un rapport documenté (sans succès pour le moment), deux articles ont été publiés dans le bulletin municipal, plusieurs visites ont été faites sur place pour des groupes, des élus locaux ou des responsables des services concernés et l’agriculteur exploitant (un homme charmant et à l’esprit ouvert) a été informé.

Après avoir été longtemps pâturée par des moutons, une partie du site a été mise en jachère agricole, seulement entretenue de façon douce à l’automne, dans le contexte de la PAC qui visait à réduire la surproduction. Mais voilà que les temps changent : la PAC s’inverse pour inciter à produire davantage, et donc remettre en culture les jachères, avec obligation administrative.

Ces derniers jours, le coteau ouest en jachère, a été traité au désherbant, puis le terrain a été fumé pour être mis en culture. La station est détruite pour des années, ou des décennies…

Tout cela en « direct-live », sous nos yeux incrédules, impuissants que nous sommes… Au vu de ce spectacle, j’ai ressenti comme une convulsion, une montée de larmes qui ne s’épanouit pas… Est-il venu le temps de désespérer définitivement ? Faut-il croire encore en la raison des hommes ?

Sans doute la station renaîtra-t-elle un jour. A partir du Fer à Cheval, on peut imaginer une nouvelle expansion de la végétation sauvage. Gilbert Bécaud chantait « Quand il est mort, le poète. Le monde entier pleurait ». Le Grand Mont, patrimoine de mon village… planétaire : la Terre survivra sans doute, quant aux hommes ?...

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26 février 2008 2 26 /02 /février /2008 10:06

         Les coraux sont des animaux coloniaux primitifs qui vivent essentiellement dans les mers chaudes et constituent des récifs qui sont les plus anciens et les plus diversifiés des écosystèmes marins. Les coraux vivent en symbiose (association à bénéfices réciproques) avec des algues microscopiques qui leur procurent la nourriture et les couleurs.
        L’augmentation de la température de la mer stresse le corail et le fait expulser son algue associée, il blanchit alors en laissant apparaître son squelette. A terme, le corail meurt. Une augmentation de la température moyenne du globe de 2° entraînerait un blanchiment généralisé et une augmentation de 3°, des mortalités importantes. La Grande Barrière de corail s’étire sur 2 000 km au nord-est de l’Australie, c’est le plus grand récif corallien au monde. En 1998 et 2002, 60 à 95 % des massifs coralliens étaient touchés et 10 % sont morts. En 2005, les Caraïbes ont été également très touchées avec 50 à 90 % de blanchiment où une saison d’ouragans intenses a également contribué à endommager les récifs. Comme l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature l’a montré, les récifs constituent une barrière naturelle protégeant les côtes des cyclones et tsunamis. On estime à 500 millions le nombre de personnes dont la subsistance et l’activité économique dépendent de la bonne santé des récifs coralliens. Selon les scientifiques, la planète aurait déjà perdu environ 30% des ses récifs coralliens.
        La France est très concernée (4ème rang mondial) avec 55 000 km2 de récifs coralliens dans les DOM-TOM (Martinique, Guadeloupe, Mayotte, Réunion, Polynésie). Au réchauffement climatique s’ajoutent d’autres menaces : surpêche, pollutions littorales, travaux côtiers, fréquentation touristique, etc.
       C’est pour mobiliser les consciences que l’année 2008 a été proclamée « Année internationale des récifs coralliens » le 24 janvier dernier à Washington, dans le but que soit intensifiée la lutte contre le réchauffement climatique afin de préserver la diversité des écosystèmes océaniques.
         Le blanchiment, ou la mort, des coraux constitue en effet une alerte par rapport à des dégradations plus généralisées comme la réduction de l’activité planctonique, le recul de nombreuses espèces et la déstabilisation des écosystèmes. Ainsi certains chercheurs prévoient-ils un effondrement de la pêche mondiale vers 2050.

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