Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
  • Contact

Profil

  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

Recherche

Catégories

22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 08:21

En créant l’Observatoire régional de l’environnement de Haute-Normandie, en 1982, mon objectif était de permettre à tout un chacun d’accéder plus facilement à l’information sur la nature. La documentation régionale était déjà très abondante à cette époque, mais très dispersée. Depuis, les choses ont considérablement évolué avec la création de nouvelles structures et l’élaboration de dispositifs performants. Parmi ceux-ci, le SINP (Système d’information sur la nature et les paysages) du ministère de l’écologie est sans doute un des systèmes les plus aboutis (http://www.naturefrance.fr/).

Le SINP a en effet pour vocation de coordonner l’ensemble des acteurs et de collecter les données afin de contribuer à un état des lieux complet. Les données concernées sont celles relatives à la nature dans son ensemble, espèces et espaces naturels. Le SINP recense ainsi les dispositifs de collecte, les bases de données et les acteurs. Reste à adapter le dispositif pour être accessible au grand public, bien qu’il soit déjà relayé par d’autres structures, comme l’AREHN en Haute-Normandie (http://arehn-asso.superdoc.com/Documents/pdf/Ficheoutil/violette_de_rouen.pdf) avec ici l’exemple de la violette de Rouen.

Ce n’est pas pour autant que la culture naturaliste s’est développée comme on aurait pu l’espérer et que les décisions politiques, administratives ou d’aménagement sont prises dans le bon sens. C’est ce que révèle le rapport remis fin octobre par Guillaume Sainteny (ancien directeur du Ministère de l’écologie) au Conseil d’analyse stratégique. Ce rapport fait état des dégâts sur la biodiversité résultant de certaines aides fiscales. Si autrefois (dans les années 1980), on a pu déplorer que les aides publiques au remembrement aient fait passer le linéaire national de haies de 2 millions de km à 600 000, aujourd’hui encore, les exonérations de TIPP (Taxe intérieure sur les produits pétroliers) et de TVA sur le kérosène, taux réduits de TVA sur les phytosanitaires et autres incitations fiscales encourageant l’étalement urbain, le coût est très élevé pour la biodiversité. Bien que très difficile à chiffrer ce coût est estimé à plusieurs dizaines de milliards d’euros d’aides annuelles ayant un impact négatif sur la biodiversité. Le rapport (http://www.strategie.gouv.fr/content/les-aides-publiques-dommageables-la-biodiversite-note-de-synthese-246-octobre-2011) de 300 pages détaille tous ces dommages et formule pas moins de 80 recommandations pour « alléger la charge ». Un certain nombre d’organismes internationaux se sont émus de cette situation, mais la France s’est peu impliquée dans le débat. Il faut dire que la jungle fiscale française a quelque peu découragé tout investigateur… Alors informés les décideurs ?

Partager cet article

Repost0
15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 08:18

 

 

La participation des associations de défense de l’environnement aux instances de consultation en matière d’environnement fait polémique depuis cet été. En effet, un décret du 12 juillet 2011 modifie sensiblement les « règles du jeu ». Ce nouveau texte, promulgué en début d’été en catimini, est en effet suspecté de vouloir restreindre le « pouvoir » des associations. Celles-ci devront maintenant justifier d’un nombre de membres supérieur à 2 000, d’une activité effective sur une partie significative du territoire, d’un financement diversifié etc., autant de critères très sélectifs par rapport à la situation antérieure.

N’est-on pas là dans un de ces débats franco-français dont on a le secret et où chacun se cache derrière son petit doigt. Il serait opportun d’évoquer tous les éléments du débat, ce qui ne manque pas de quelques contradictions. De fait, la concertation est parfois accaparée par des groupes de pression, comités de défense ou lobbies qui peuvent confondre préoccupations personnelles avec intérêt général et qui esquivent toute analyse globale de la situation. Dans nombre de commissions « officielles », la société civile est, de fait, représentée par des associations… pas toujours représentatives, les professionnels ne sont quasiment pas sollicités, et les élus locaux bien peu.

Il n’en reste pas moins que ces « lanceurs d’alerte » comme disent les anglo-saxons ont un rôle très utile, en dénonçant, en vrac, les risques de l’amiante, les dégâts de l’agriculture ou les méfaits du médiator… ce qui peut faire peur à certains lobbies !

Bien sûr, il faut que la démocratie représentative soit complétée d’une démocratie participative, dans laquelle les associations doivent être partie prenante, selon des règles établies (Voir aussi : http://www.michel-lerond.com/article-19328563.html). Mais les professionnels, les experts, ne doivent pas être écartés du processus de concertation, dans la mesure où l’expertise est une base essentielle pour garantir des discussions fondées. Ce sont souvent des spécialistes qui mettent le doigt sur telle ou telle difficulté ou sur des phénomènes non encore envisagés. Les associations doivent alors pouvoir relayer ces opinions et devenir effectivement des lanceurs d’alerte.

Le Conseil d’Etat essaie, à juste titre, de remettre de l’ordre dans ces procédures avec son rapport de juin 2011 (http://www.conseil-etat.fr/fr/rapports-et-etudes/rapport-public-2011-consulter-autrement-participer-effectivement.html) pour mieux répondre aux attentes des citoyens dans le cadre des consultations préalables à la décision publique. Cela devrait permettre de rendre les procédures plus transparentes, ouvertes et dont les résultats seraient restitués.

Partager cet article

Repost0
8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 07:53

 

Après Kyoto (1997), puis Cancun (2010) et tant d’autres conférences, ce sera Durban en décembre (17ème conférence mondiale sur le climat). Voilà donc un siècle et demi !! que l’on tergiverse sans jamais vraiment décider… C’est en effet récemment que les Irlandais nous ont rappelé que l’un des leurs, John Tyndall, physicien et l’un des premiers climatologues, avait publié le 30 septembre 1861 un article s’inquiétant de la variation des taux de vapeur d’eau et de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, susceptibles de produire des effets sur le climat. Au tout début du 20ème siècle, un autre physicien, suédois, Arvid Högbom estime qu’un doublement du CO2 dans l’atmosphère engendrerait une augmentation de la température moyenne de la terre de 5 à 6°… scénario confirmé par le GIEC un siècle plus tard !

En France, après les engagements prévus par la loi Grenelle I du 3 août 2009, un plan 2011-2015 comprenant 230 mesures a été présenté fin juillet 2011. On prévoit en effet des sécheresses de plus en plus intenses et fréquentes qui vont affecter la filière agricole et la ressource en eau. Parmi toutes ces mesures, on note par exemple la mise en place d’une veille santé-climat, le test d’espèces forestières adaptées au changement climatique, la recherche de techniques nouvelles pour les infrastructures routières et ferroviaires afin de mieux résister à des cycles gel-dégel fréquents, etc. Ces efforts sont très louables, pourvu… qu’ils soient concrétisés. Au plan international, en effet, on se hâte lentement… alors que les émissions mondiales de CO2 ont augmenté de près de 5 % en 2010 (Il était prévu qu’elles commencent à baisser en 2015) et que la concentration du CO2 est estimée à 391 ppm (part pour million), soit à 9 ppm du point de non-retour envisagé…

Alors qu’il devient urgent d’admettre la régulation climatique comme priorité mondiale, les négociations sont « au bord du coma » comme l’ont titré plusieurs journaux. Les pays développés, donneurs de leçons, sont rattrapés par les pays émergents dont la Chine, premier pollueur mondial. Pendant ce temps, Mohamed Nasheed, président des Maldives, ce chapelet d’îles de l’océan Indien, ne fait plus de prospective, mais essaie de gérer le présent : 16 îles évacuées, eau douce contaminée par l’eau de mer sur 70 îles, insécurité alimentaire du fait de la disparition des poissons, migrations internes…

Faute de négociations abouties et efficaces, sans doute, allons-nous devoir nous habituer aux désordres climatiques, malgré les avertissements répétés du GIEC. Si tout venait à se dérégler, nous aurions à gérer des migrations importantes et pourrions voir la part la plus sombre de notre nature ressurgir… Mais c’est lorsque tout semble désespéré que survient le sursaut non prévu, le sursaut salvateur.

Partager cet article

Repost0
11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 08:27

 

         Voilà, nous y sommes, à quelques unités près, la Terre compte 7 milliards d’humains. L’INED (Institut national d’études démographiques) a prévu qu’en 2050, la planète pourrait compter entre 9 et 10 milliards d’individus, un humain sur quatre étant africain. Le Nigeria devrait devenir le troisième pays le plus peuplé au monde, avec 433 millions d’habitants, après la Chine (1,3 milliards) et surtout l’Inde (1,7 milliards). Les démographes de l’INED pensent que la planète pourra supporter cet accroissement en termes d’alimentation et font remarquer que la régulation des naissances est un leurre…

Il est vrai que le Nigeria est un pays riche puisque c’est le premier producteur de pétrole d’Afrique, avec 115 millions de tonnes en 2010. Mais cette richesse comporte son revers qui est la corruption, empêchant la population de profiter de cette manne. De plus le pays Ogoni dans le delta du Niger est souillé par les carences de l’exploitation pétrolière, au point que les Nations Unies considèrent ce sinistre comme l’un des plus grands désastres écologiques planétaires. Depuis le début de l’exploitation en 1956 les fuites d’hydrocarbures et les brûlages des gaz de pétrole se sont multipliés. Dans de nombreux secteurs l’eau potable est très contaminée, et la pollution de l’air généralisée. C’est de l’ordre d’un million de personnes qui sont ainsi affectées. Aux lacunes des sociétés pétrolières s’ajoutent les pillages et raffinages illégaux, ce qui ne simplifie pas la situation (voir aussi  http://www.michel-lerond.com/article-bp-bonne-promenade-57026260.html).

Selon les Nations Unies, la restauration des mangroves et des marécages est indispensable, ce qui devrait prendre… une trentaine d’années. Une meilleure qualité des écosystèmes est en effet indispensable pour redonner au pays un certain équilibre écologique, afin notamment de relancer l’agriculture, passée au second plan derrière l’exploitation du pétrole, et rendre à terme le Nigeria autosuffisant (voir aussi http://www.michel-lerond.com/article-re-partie-l-afrique-64252390.html). Devant l’essor démographique, il est absolument nécessaire que l’agriculture vivrière redevienne le pilier de l’économie nigérianne.

Partager cet article

Repost0
20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 08:17

 

Les expressions les plus courantes ne sont pas obligatoirement les plus claires et les mieux comprises. Il en est ainsi de toute la problématique de la protection de la nature. Bien sûr tout le monde est d’accord pour protéger la nature. Mais ne faut-il pas aussi se protéger de la nature ? Et ne pourrait-on pas se protéger par la nature ?

Le concept de protection de la nature a sans doute émergé à la fin du 19ème siècle au moment où les pollutions industrielles préoccupaient déjà les hygiénistes, mais il a pris toute son ampleur dans les années 1960, avant que l’on ne parle d’écologie et d’environnement. Il s’agissait de protéger les espèces végétales et animales des atteintes portées par les activités humaines. Certains s’en sont offusqués en prétendant qu’il fallait d’abord protéger l’homme et que la nature était à son service…

Par ailleurs, les catastrophes naturelles nous rappellent que la nature peut aussi être très meurtrière. Accélération des phénomènes ou performance des médias, on ne sait pas mais le fait est que ces dernières années, au niveau mondial, entre ouragans, tornades, tremblements de terre, sécheresses ou inondations, il n’y a eu que l’embarras du choix. Mais ces catastrophes naturelles résultent aussi parfois de leur conjugaison avec des facteurs humains. Il en est ainsi des conséquences des inondations (des glissements de terrain par exemple) qui sont amplifiées par les erreurs humaines.

D’où la nécessité de protéger la nature, et de s’en protéger en l’utilisant le plus subtilement possible. En effet, on pourrait aussi faire confiance à la nature, en protégeant les écosystèmes et les sols plutôt que de construire des barrages ou des digues qui finissent par lâcher. C’est tout un changement de culture qui doit s’opérer pour prendre en compte les risques dans l’aménagement, ce qui ne coûte pas obligatoirement plus cher, bien au contraire. Encore faudrait-il que des évaluations économiques des services rendus par les écosystèmes soient faites pour décider en toute connaissance de cause. Mais les choses évoluent, ainsi la ville de New York a investi 5,3 milliards $ en 2010 pour créer des espaces verts sur les toits et les rues pour absorber davantage d’eaux pluviales. A l’inverse il aurait fallu investir 6,8 milliards $ pour construire des canalisations et des réservoirs… De plus en plus en France, il devient prioritaire de restaurer les bassins versants écologiquement afin de prévenir des inondations, ce qui accessoirement évite d’avoir à faire payer les dégâts… par le contribuable.

Il faut s’en convaincre, nous faisons partie de la nature et ne pouvons pas vivre sans elle. Elle nous nourrit, nous habille, nous loge, etc. Il faut donc bien, par lucidité, « faire avec » et la ménager dans notre propre intérêt.

Partager cet article

Repost0
13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 08:15

 

 

 

 

La forêt est le poumon de la Terre, c’est bien connu. Le rôle de la forêt est primordial pour l’équilibre des écosystèmes en général et donc notre milieu de vie. Face aux modifications climatiques, les forêts, en particulier en zones tropicales et équatoriales, constituent un régulateur de premier ordre en absorbant une grande quantité de gaz carbonique, un des principaux responsables de l’effet de serre (ce sont des « puits de carbone »).

Environ 30 % des terres de la planète sont couvertes de forêts, mais cette surface diminue, au niveau mondial, de 0,3 % par an soit 7,3 millions d’hectares ou encore l’équivalent de… 15 départements français ! Parmi elles, un bon tiers est constitué de forêts « primaires », surtout en zones tropicales. Ce sont les plus riches en termes de biodiversité, mais aussi les plus menacées par la déforestation.

Des situations extrêmes se constatent, par exemple en Ethiopie où le couvert forestier est passé de 40 à 3 % en 50 ans ! Au Brésil, le gouvernement est écartelé entre le souci de préserver la forêt amazonienne et la volonté de favoriser la croissance économique, si bien que la forêt tropicale a régressé de 17 % en 30 ans. Ajoutons à cela que la déforestation est liée aux cours mondiaux du soja, de la viande bovine et de la canne à sucre et qu’on estime qu’elle est illégale à hauteur de 80 %, malgré les plans gouvernementaux de lutte contre la déforestation.

Les sécheresses répétées du nord-est de la Chine, du pourtour méditerranéen, de la Russie, ou encore sur la moitié de la forêt amazonienne, et les incendies qui en découlent, constituent une menace sévère pour le devenir des forêts quant à leur rôle de « poumon vert ».

Sans faire dans le catastrophisme, il faut bien dire que nous entrons dans un cycle infernal à propos de notre cher poumon forestier. Les sécheresses, les incendies, la déforestation volontaire sont autant de facteurs qui réduisent la captation du gaz carbonique. Avec le réchauffement planétaire, la forêt pourrait dysfonctionner et émettre davantage de carbone qu’elle n’en capte, devenant une source de carbone plutôt qu’un puits de carbone… Tout faux !

En France, les effets seront moindre sans doute, mais assez préoccupants pour que le gouvernement se soucie  de « préparer les forêts françaises au changement climatique », notamment en matière de biodiversité (compléter le réseau de réserves biologiques), de risques (prévention des incendies, restauration des terrains en montagne) et de production sylvicole (peuplements mélangés). Encore faudrait-il que l’ONF (Office national des forêts) en ait les moyens…

 

Notre chronique du 29 août Les profs, des héros ? (http://www.michel-lerond.com/article-les-profs-des-heros-82835615.html) a suscité de nombreux commentaires. En complément, on peut lire aussi sur le blog de Global Mag : http://global.arte.tv/fr/2011/09/09/cest-la-rentree/

Partager cet article

Repost0
5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 18:20

 

Jacques Brel aurait pu chanter cela, en inversant le sens de sa chanson Le Moribond de 1961 (Adieu l’Emile je t’aimais bien…).

Selon le WWF, on comptait 100 000 tigres au début du XXème siècle, seulement 20 000 dans les années 1980 et… 3 200 en 2009. Bien que le tigre ait « bénéficié » d’un apport de financements importants, avec l’éléphant, sa disparition semble quasi inéluctable. Ce félin, qui ne vit qu’en Asie, est une espèce emblématique au niveau planétaire. La baisse de ses effectifs est due surtout à la destruction des milieux dans lesquels il vit (déforestation, morcellement, urbanisme) et à la chasse très lucrative (revente de toutes les parties de son corps pour des raisons thérapeutiques ou vertus aphrodisiaques supposées…).

Sur les 9 sous-espèces existant à l’origine, 4 sont déjà disparues. Selon le scénario le plus pessimiste, le tigre pourrait avoir totalement disparu d’ici une dizaine d’années. Mais les mesures prises peuvent être porteuses d’espoir : dans les années 1950, il ne restait que 40 tigres de Sibérie, on en compte aujourd’hui 500. 

Les gouvernements des 13 pays qui abritent cette espèce se sont réunis, lors du « Sommet du Tigre » fin novembre 2010 à Saint-Pétersbourg (Russie) afin de prendre des engagements politiques et financiers concrets. Cette réunion sans précédent, a défini l’objectif : doubler le nombre de tigres vivant à l’état sauvage d’ici 2022. La banque mondiale va participer à ce programme international. Voilà une bonne raison d’espérer encore, malgré tout. En fait, ce sont surtout l’Inde et la Chine qui sont concernées. Ainsi, l’Inde abrite la moitié de la population mondiale du félin, mais le programme initié par Indira Gandhi en 1972 n’a pas permis d’enrayer le déclin : 40 000 individus en 1 947, 3 700 en 2002 et… 1 411 aujourd’hui.

Sans doute pourrait-on faire la même analyse à propos du rhinocéros, du léopard ou de l’orang-outan de Bornéo dont l’extinction prochaine est annoncée.

Si le tigre venait à disparaître totalement, c’est peut être un peu l’Homme qui serait condamné aussi. Dans ce cas, le tigre pourrait chanter : Adieu l’Homme je t’aimais bien tu sais…

Partager cet article

Repost0
23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 08:03

          La Normandie est riche d’environ 170 jardins ouverts au public, présentant une très grande diversité en termes de plantations ou de styles. Ces jardins sont porteurs d’avenir, ils peuvent être regardés soit en termes de biodiversité (conservatoires d’espèces…), de pédagogie (itinéraires d’initiation…), de patrimoine (artistique, architectural…), de sorte qu’ils transmettent un message vers nos descendants. Ce sont, en quelque sorte, des « jardins pour le futur ». La plupart de ces jardins sont ouverts d’avril-mai à septembre-octobre, certains sont d’accès limité pendant la belle saison : seulement quelques jours, parfois sur rendez-vous uniquement (voir nos chroniques de mars à août 2010). Mais certains connaissent actuellement des difficultés économiques, exemples annonciateurs d’un malaise plus grand ?

          Ainsi, le Parc des Moutiers, à Varengeville-sur-Mer en Seine-Maritime, est à vendre. C’est un des jardins les plus prestigieux de Normandie, créé par la famille Mallet en 1898 sur 12 hectares. L’ensemble est en parfait état, ouvert au public depuis 1970, classé jardin remarquable et monument historique (www.boisdesmoutiers.com). La nature acide du sol a permis l’introduction de nombreuses espèces rares, en contraste total avec la végétation locale (Rhododendrons de l’Himalaya, Azalées de Chine, Eucryphias du Chili, Erables du Japon...). Ces plantes, arrivées aujourd’hui à maturité, ont atteint parfois des tailles impressionnantes : jusqu’à 13 mètres de haut pour les rhododendrons. Une magnifique promenade dans un décor paysagé vallonné surplombant la mer.

De 52 000 entrées en 1999, le chiffre est tombé à 25 000 en 2010. Le jardin emploie de 2 à 15 salariés selon la saison et le déficit se compte en dizaines de milliers d’euros. Les propriétaires ne peuvent plus assurer et mettent en vente leur bien…

La crise génère aussi, sans doute, une économie des visiteurs sur des coûts d’entrée non négligeables (10 € par personne), mais ce pourrait être plutôt « la mode des jardins » qui, paradoxalement, est en train de… tuer les jardins. Ceux-ci sont devenus tellement nombreux que le public ne sait plus où donner des pieds et profite au maximum des journées promotionnelles à entrée gratuite.

Certes la plupart des jardins normands reposent davantage sur la passion des propriétaires et le souci de partager que sur un esprit mercantile. Mais il n’est pas rare qu’un jardin emploie un ou deux jardiniers une partie de l’année. Dans ce cas, il faut, a minima, que les billets d’entrée couvrent les frais de personnel. Ce n’est plus le cas dans un certain nombre de jardins, leur avenir est compromis…

 

Partager cet article

Repost0
16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 08:13

 

Après Aznavour, Antoine et Ferrat, il fallait bien une femme… pour sauver le monde, Zazie ! Sauver le monde dans l’album Rodéo de 2004 :

 

D'accord
On est d'accord
On sait tous que la Terre tourne mal

D'accord
On est très fort
Pour le dire , l'écrire dans le journal

On donne un peu d'argent
On donne un peu de temps
Une heure à ceux qui n'ont rien
Assez pour aujourd'hui
Puis on reprend sa vie
En se disant que demain

On va sauver le monde         3 fois
 
Très forts
On est très forts
On fait tout pour que ça tourne mal

On peut toujours espérer
Qu'on va désamorcer
La bombe qu'on a fabriquée
Pour un peu , on y croit
Puis on baisse les bras
En se disant que c'est pas demain

Qu'on va changer le monde                         3 fois
 
Puisque sauver le monde
C'est s'ouvrir à l'amour
Puisque sauver le monde
C'est s'ouvrir à l'amour

Encore combien de jours ?
Dis-moi combien de jours
Avant de s'ouvrir à l'amour

Va-t-on s'ouvrir à l'amour ?

 

Le franc penser de Michel Lerond à lire comme l’éphéméride de l’année qui s’en va, feuillette l’actualité en la bousculant, refusant ainsi de se soumettre aux discussions d’un climat ambiant de fatalisme. L’œil de l’écologue voit une alternative alors Qu’est-ce qu’on attend pour la suivre ? : Christine Dhenain - La Dépêche du Pays de Bray 29 juin 2011 -

« Qu’est-ce qu’on attend ? Chroniques (2008-2009) ». A commander sur www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=31058

150 pages – 13,78 €, ou dans toutes les bonnes librairies.

Partager cet article

Repost0
9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 08:21

 

Ni Aznavour, ni Antoine ne nous ont vraiment convaincus avec leur romance écologique. Et Ferrat, alors ? Restera-t-il un chant d’oiseau, de 1961-62 dans l’album Ferrat 2000. En ce temps-là, on espérait encore…

Que restera-t-il sur la terre
Dans cinquante ans
On empoisonne les rivières
Les océans
On mange des hydrocarbures
Que sais-je encore
Le Rhône charrie du mercure
Des poissons morts

[Refrain] : Pour les enfants des temps nouveaux
Restera-t-il un chant d'oiseau

Le monde a perdu la boussole
Qu'a-t-il gagné
Des plages noires de pétrole
Pour se baigner
L'atome va régner sur terre
Comme un Seigneur
Qu'en ferons-nous c'est une affaire
Qui me fait peur

Refrain

A peine le malheur des hommes
Est-il moins grand
Que déjà pourrissent les pommes
Des nouveaux temps
Enfants enfants la terre est ronde
Criez plus fort
Pour que se réveille le monde
S'il n'est pas mort

Refrain

Partager cet article

Repost0