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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 08:50

 

Avec Aznavour, ce n’était pas vraiment gai, je vous le concède. Essayons plutôt avec Antoine, on sent bien la joie de vivre de ce côté. Touchez pas à la mer, dans sa collection Master Série « Antoine » de 1987. Ah, nostalgie…

La mer m'a dit " Antoine, toi qui chantes à la radio
tu devrais dire aux gens d'un peu moins faire les idiots,
d'essayer de comprendre, qu'il est peut-être encore temps
de sauver, de la planète, le plus important "
J'ai regardé les vagues, les nuages et l'horizon
j'ai repris ma guitare, j'ai chanté simplement :

(Refrain) : Touchez pas à la mer
ne dressez pas de frontières sur l'Océan
Touchez pas à la mer
ne plantez pas de barbelés dans les lagons
Touchez pas à la mer, non non non non ;
touchez pas à la mer.

Touchez pas à la mer
épargnez les baleines et les grands oiseaux blancs
Touchez pas à la mer
gardez un peu d'eau claire pour vos petits enfants
Touchez pas à la mer non non non non
Touchez pas à la mer

Même si vous bétonnez, les cinq continents
pour que cinq milliards d'autos y tournent en rond
Même si vous déversez dans les lacs les rivières
la lie empoisonnée des centrales nucléaires

Refrain

même si vous transformez les cités en prisons
en cibles pour les fusées et les bombardiers géants
Même si vous détruisez dans le fer et le sang
les fruits de cinq mille années de civilisation

Refrain

Car lorsque la terre entière ne sera plus que gravats
alors c'est du fond des mers que la vie renaîtra             Refrain et refrain bis

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26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 08:00

 

C’est vrai qu’à force de rabâcher toujours les mêmes menaces, on finit par être un peu lassant. Mais puisque c’est l’été, les vacances, on oublie un instant et… on chante. On pourrait être surpris en effet, de constater après recherches, que le répertoire francophone de la chanson en compte plusieurs centaines qui traitent… d’environnement. On ne les chantera pas toutes, seulement quelques unes ! A tout seigneur, tout honneur, commençons par Charles Aznavour, La Terre meurt, dans son album Colore ma vie de 2007 :

Les océans sont des poubelles
Les fronts de mer sont souillés
Des Tchernobyls en ribambelle
Voient naître des fœtus morts nés

Dans cinquante ans qu’allons nous faire
De ces millions de détritus
Et ces déchets du nucléaire
Dont les pays ne veulent plus

Sous nos pieds la terre promise
Patrimoine de nos enfants
Petit à petit agonise
Nul ne s’en soucie

Et pourtant des espèces devenues rares
Sont en voie de disparition
Et la laideur chante victoire
Sous le plastique et le béton

(Refrain) : La terre meurt, l’Homme s’en fout
Il vit sa vie, un point c’est tout
Il met à son gré, à son goût
Le monde sans dessus dessous
La terre meurt, où allons nous ?

Dans la finance et les affaires
Le pétrole est le maître mot
Il mène à tout, même à la guerre
Et nul ne s’inquiète de l’eau

Où en sont la flore et la faune
Et qu’advient-il du firmament
Privé de la couche d’ozone
Gardien de l’environnement

Sous le ciel, le sol se révolte
Car l’Homme trompe la nature
Quand il trafique les récoltes
Il hypothèque son futur

Sous le soleil, les forêts brûlent
Et l’on gave les champs d’engrais
Dans la boulimie majuscule
Du rendement et du progrès

(Refrain)

Il est tant de prendre conscience
Que l’homme ne respecte rien
Il se fiche de l’existence
Des baleines et des dauphins

L’éléphant meurt pour son ivoire
La bête rare pour sa peau
Et dans les grandes marées noires
Le mazout englue les oiseaux

La société consommatrice
Avance impunément ses pions
Tandis que les arbres pourrissent
Dans les villes et leurs environs

La sécheresse se déchaîne
Effaçant tous signes de vie
Et certaines races humaines
Crèvent d’abandon et d’oubli

(
Refrain)

La Terre meurt, réveillons nous.

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 07:46

 

Que faire maintenant ?

 

Concernant la France, les choix énergétiques faits à la fin des années 1960 nous ont engagé pour près d’un siècle, nous devons en tirer la leçon pour les prochains choix. La filière nucléaire a pris l’importance que l’on sait et il nous paraît utopique de vouloir en sortir rapidement. Par contre il nous faut préparer une transition pour produire de l’énergie électrique nucléaire sécurisée dans l’attente de nouvelles sources fiables. On peut imaginer plusieurs étapes :

         - D’abord un moratoire qui consiste à arrêter au plus vite les centrales nucléaires trop vieilles ou mal sécurisées du fait de leur localisation et suspendre la construction de nouvelles centrales tant que ne sont pas réglées les questions liées à la sûreté des sites et au devenir des déchets.

         - Renforcer la sécurité des installations nucléaires dans le cadre d’une gouvernance mondiale, dans la transparence et en dehors de tout conflit d’intérêts. Pour cela il convient de réformer l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique), organisation autonome de l’ONU, fondée en 1957 pour promouvoir les usages pacifiques de l’énergie nucléaire, afin qu’elle procède vraiment, en toute indépendance, aux inspections des installations et à l’information du public, en lieu et place des états, comme préconisé lors de la conférence de Vienne la semaine dernière.

- Préparer l’après nucléaire puisque l’épuisement de l’uranium est prévu. Les ressources mondiales peuvent assurer un siècle de production si la consommation reste au niveau actuel, beaucoup moins si elle double. Certes, les énergies renouvelables ne sont pas toutes fiables, mais a-t-on fait les efforts de recherche nécessaires ? A-t-on procédé aux évaluations complètes des dispositifs existants pour en améliorer l’efficacité ? Il est urgent de renforcer les programmes de recherche sur ces thèmes.

- S’interroger sur les monopoles énergétiques nationaux. Faut-il livrer ce

secteur au marché, ou renforcer le service public ? Sans doute faut-il décentraliser et permettre davantage d’autonomie, par exemples les agriculteurs pourraient produire leur propre énergie avec les agro-carburants. Plus encore, en Afrique où 70 % des habitants n’ont pas accès à l’électricité, ce sont les unités décentralisées de production qui pourront répondre aux besoins.

         Enfin, le GIEC a apporté une note d’espoir en publiant un rapport le 9 mai 2011, annonçant que la part d’énergies renouvelables pourrait approcher 80 % en 2050… pourvu que les politiques les suivent.

 

Dans quelques années, si l’on attend trop, le volume rédigé par M. Lerond constituera un document à charge accablant pour les « non-décideurs » de ce début de XXIè siècle ! : Bernard Boullard – Etudes Normandes N°1-2011 -

« Qu’est-ce qu’on attend ? Chroniques (2008-2009) ». A commander sur www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=31058

150 pages – 13,78 €, ou dans toutes les bonnes librairies.

 

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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 07:33

 

Faut-il sortir du nucléaire ?

 

Suite au drame japonais, il est apparu nécessaire de renforcer la sécurité des installations nucléaires. Au-delà, s’est posée la question de l’abandon éventuel de cette énergie, comme en Allemagne (programmée dès 2000 à la suite de Tchernobyl), en Suisse (juste après Fukushima) ou en Italie tout récemment. Les Français sont partisans à 75 % d’une sortie du nucléaire et partout les interrogations se multiplient. L’arrêt du nucléaire pose cependant de nombreuses questions sur le démantèlement des centrales et les énergies de remplacement, mais aussi sur la méthode des choix à opérer. Il faut bien prendre en compte les coûts énergétiques dans un contexte d’épuisement des ressources (y compris pour l’uranium), les modifications climatiques qui proscrivent certains process (gaz et charbon dans l’état actuel) et les besoins réels en énergie par rapport à la gabegie actuelle. Il faut aussi considérer que la science va nécessairement progresser et ne pas désespérer ni de la technologie, ni de l’homme.

La demande mondiale d’énergie devrait doubler d’ici 2050, sur les bases actuelles de consommation. Autant dire qu’il faudra impérativement revoir la notion de croissance, qu’il faudra se soigner de l’addiction aux biens matériels, mais aussi être attentifs aux conflits que peut générer l’accès aux sources d’énergie. Pour sortir de ce débat, il n’y aura pas d’autre choix qu’économiser, utiliser à fond les énergies renouvelables et améliorer la fiabilité des dispositifs existants, dont le nucléaire.

Le démantèlement des centrales aussi pose des questions, ainsi la centrale nucléaire de Brennilis (Finistère) est à l’arrêt depuis 1985 et le démantèlement, assuré à 50 %, est stoppé depuis quatre ans en raison de l’incertitude sur les risques pour la population voisine. Le coût officiel de ce démantèlement est de 482 millions € et la fin de chantier est prévue pour 2025.

Il y a donc des arbitrages à opérer entre coût, environnement et risques sanitaires à court et à très long terme (y compris pour les déchets). C’est à l’Etat d’organiser cet arbitrage, dans la transparence, et non pas sous la pression de lobbies comme ce fut le cas jusque maintenant (Voir : http://www.michel-lerond.com/article-28029773.html). Le référendum semble le plus démocratique, mais on ne peut pas répondre à une question aussi complexe par oui ou non. Il y a surtout nécessité d’un débat public, non pas sur le nucléaire, mais sur les énergies, dont le nucléaire, pour préciser à quoi sont prêts les citoyens en termes de consommation et d’acceptation des risques. Essayons de regarder les choses sans dogmatisme. Entre le "tout nucléaire" et le "zéro nucléaire", il y a place pour des alternatives qui doivent préparer la suite.            A suivre

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14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 08:53

 

Quel retour d’expérience après Tchernobyl ?

 

Le drame de Fukushima a fait prendre conscience des interactions très fortes entre ce qui est imputable à la nature et ce qui l’est à la technologie humaine. Aux Etats-Unis déjà, la fonte partielle du réacteur de Three Miles Island en 1979 avait tempéré les ardeurs des partisans du nucléaire. Puis vint l’accident de Tchernobyl (26 avril 1986) qui renforça fortement le scepticisme. Après Fukushima, le doute s’est encore renforcé, même en Chine, LE futur marché du nucléaire, où l’on envisage de sauter un pas technologique pour utiliser des techniques plus fiables.

Depuis 25 ans, à Tchernobyl et alentour, la vie a changé, toujours plus empoisonnée par cette radioactivité invisible mais omni-présente jusque dans les fantasmes. Ainsi circule la rumeur qu’après le drame, des avions soviétiques auraient provoqué des pluies artificielles pour « abattre » le nuage radioactif et ainsi protéger Moscou… Mais fantasme ou pas, trop de négligences ont été commises : évacuations tardives de populations, ou pas d’évacuation du tout, consommation de produits « naturels » très contaminés, comme les champignons, les myrtilles, ou les poissons, sans contrôle. Le nombre de cancers de la thyroïde augmente, comme diverses affections infantiles et le drame n’est pas achevé. Le réacteur de Tchernobyl doit être sécurisé au plus tôt, mais l’Ukraine n’en a pas les moyens financiers (coût total estimé à 1,5 milliard d’euros). La communauté internationale traîne les pieds pour abonder les financements et il manque encore près de 200 millions € pour construire l’arche destinée à recouvrir le sarcophage, réalisé  à la hâte après l’accident, qui fuit et menace de s’effondrer. La France a promis 47 millions €, étant très concernée du fait que des entreprises nationales ont été retenues à l’appel d’offres. Cette arche, haute de 110 m, va mesurer 257x164 m et peser 30 000 tonnes. Elle devra tenir au minimum 100 ans avec une maintenance réduite. C’est un défi technique considérable qui doit permettre à l’Ukraine de « bénéficier » d’un siècle pour imaginer l’ingénierie à même de résoudre définitivement le problème de déconstruction de la centrale.

Juste à côté, en Roumanie, la centrale de Cernavoda a été construite pendant l’ère Ceausescu avec la promesse qu’elle serait « la plus sûre du monde » (premier réacteur en service en 1996). Mais les problèmes de sécurité se multiplient et cette centrale est construite dans une zone sismique ! Au point que les trois entreprises franco-germano-espagnole associées au projet se sont retirées début 2011 devant l’ampleur des problèmes. A-t-on vraiment tiré toutes les leçons de l’accident de Tchernobyl ?                                     A suivre

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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 15:18

Quelle prise de conscience après Fukushima ?

 

Dans ma chronique du 12 avril 2011, « La planète en fusion ? » (http://www.michel-lerond.com/article-la-planete-en-fusion-71530206.html), j’évoquais ma perplexité, le jour où Louise, ma petite fille, me demanderait ce que j’ai fait pour éviter les drames de l’énergie nucléaire. Réflexions :

L’accident de Fukushima (11 mars 2011) a marqué les esprits. Il s’agit bien là d’un accident lié à la technologie occidentale et de centrales bénéficiant des techniques « les plus sûres », à la différence de Tchernobyl qui était renvoyé à un passé désuet et marqué par un contexte politique peu enviable… L’impact de la catastrophe est d’autant plus fort qu’il concerne les Terriens actuels, mais aussi des générations d’individus qui ne sont pas encore nés.

Mais pourquoi donc avoir construit au Japon 50 réacteurs nucléaires sans prendre en compte les failles sismiques sous-marines dans un archipel très exposé ?? Bien plus qu’après Tchernobyl, la prise de conscience s’est faite que l’énergie nucléaire est un choix de société très fort. Celui-ci doit être fait en fonction des coûts économiques totaux et des risques à long terme ; ce doit être un engagement et non pas un pari sur le futur.

Ainsi ne pas prendre en compte les conséquences sanitaires insidieuses de la contamination de faible intensité pose un réel problème. Par exemple, les cancers des personnels sous-traitants intervenants en zones radioactives (25 à 35 000 travailleurs en France) ne sont pas répertoriés en tant que tels et sont fondus dans les statistiques générales. Dans les pays émergents (en Inde par exemple), la vente de centrales se fait « clés en main » dans un contexte concurrentiel quasi exclusivement commercial. C’est ce qui a expliqué la révolte récente de la population indienne contre la construction de six réacteurs EPR par Areva dans le district de Ratnagiri au sud-ouest de l’Inde. L’Allemagne vient de décider de fermer toutes les centrales nucléaires d’ici à 2022, voilà une sacrée remise en question ! En France, malgré les coups de mentons des dirigeants, un sondage Ifop, publié par le Journal du Dimanche du 5 juin, révèle que 77 % des Français seraient favorables à un arrêt progressif du nucléaire…

La conclusion reviendra à Oriza Hirata, auteur japonais de théâtre (Le Monde du 13 avril 2011) : « La culture japonaise s’est développée autour de l’idée d’une vie en harmonie avec la nature. Contrairement à l’Europe, où la culture est plutôt de la maîtriser. Mais les cinquante dernières années de modernisation du pays nous ont trop donné confiance en la technologie et la science… Mais tout cela ne doit pas faire oublier que la nature reste la plus forte et que nous devons être humbles. »                               A suivre

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 16:11

 

Après des « Grenelle » à tout va et des discours à n’en plus finir, la Stratégie Nationale de la Biodiversité (SNB) a été lancée le 19 mai dernier, sans vraiment convaincre… Le gouvernement se donne 10 ans pour enrayer la destruction des écosystèmes, mais avec une stratégie floue et des financements réduits. Tous les acteurs concernés se sont toutefois engagés sur une « déclaration d’engagement volontaire », à l’exception… des agriculteurs. S’il est vrai que depuis plusieurs décennies le monde industriel a pris à bras le corps les problèmes environnementaux, le Medef reste cependant prudent en s’impliquant « sans contrainte économique ».

Au niveau mondial pourtant, de nombreux pays réfléchissent pour prendre en compte le capital naturel dans la vie économique. En France, la nouvelle SNB va surtout reposer sur les bonnes volontés, plutôt que sur une politique ambitieuse. Une fois de plus c’est l’Union Européenne qui tente de redynamiser le processus : les 27 se donnent 10 ans pour mettre fin à la disparition des espèces et restaurer 15 % des écosystèmes dégradés. Cela pour la valeur intrinsèque de la biodiversité, mais aussi pour « sa contribution à la prospérité économique ». De plus, la biodiversité ne sera plus considérée comme un secteur autonome, mais devra être intégrée aux politiques de l’agriculture, la forêt et la pêche. Ainsi le document officiel prévoyait d’accroître les aides de la PAC conditionnées à des mesures de protection de la biodiversité, avec un objectif de 60 % des terres cultivées. Mais la France s’y est opposée en proposant le seuil de 40 %, et finalement tout chiffrage a été abandonné…

La problématique des pollutions azotées est éloquente à cet égard : l’ « Evaluation européenne pour l’azote » est une étude, rendue le 11 avril après 5 ans de travaux de nombreux chercheurs européens. Elle montre que le coût annuel des dommages causés par l’azote dans l’UE est le double des gains de production générés par ces épandages ! Certes, les pollutions azotées viennent de l’agriculture, mais aussi de l’industrie et de la circulation routière, avec des impacts sur l’eau, la biodiversité et la santé humaine. Les petites anecdotes éclairent parfois les grandes problématiques : au début des années 2000, je recevais un coup de fil discret d’un chercheur de l’Inra à Rennes. Sachant que je travaillais sur l’utilisation des lichens comme bio-indicateurs de qualité de l’air, il voulait savoir si je pourrais faire un travail sur les nitrates dans l’air. Cela n’était pas de ma compétence, mais la motivation de la démarche était intéressante : les mesures faites par l’Inra Rennes étaient très inquiétantes et les résultats avaient été interdits de publication…  Comme disait quelqu’un : l’environnement, ça commence à bien faire !

 

Et plus que jamais d’actualité : « Qu’est-ce qu’on attend ? Chroniques (2008-2009) ». A commander sur http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=31058

150 pages – 13,78 €, ou dans toutes les bonnes librairies.

 

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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 09:03

 

La directive européenne THMPD (Traditional Herbal Medicinal Products Directive) de 2004 est entrée en application le 30 avril 2011, après une longue période de transition. Etant un peu assoupis après avoir, peut être, abusé de tisanes apaisantes, les défenseurs de la médecine naturelle ont vivement réagi à cette nouvelle par force pétitions et manifestations. Sans doute ceux-ci sont-ils coupables de lenteur dans leur réaction, mais on mesure là, une fois de plus, le manque de transparence et de concertation des décisions européennes.

Le but initial, très louable, était de simplifier l’enregistrement d’une substance à effet thérapeutique en fonction de son usage traditionnel. Le résultat est… une usine à gaz qui se révèle très compliquée et très onéreuse (de l’ordre de 60 000 € par produit). Entre autres, l’enregistrement d’un médicament à base de plantes suppose un usage depuis au moins 30 ans, dont 15 au sein de l’UE. C’est ainsi que bien qu’il existe environ 20 000 plantes médicinales dans le monde, dont 1 500 en France, seulement 149 sont autorisées à ce jour, sur les 600 initialement proposées par la Commission.

Sans entrer dans les détails de la polémique en cours, on peut retenir que, certes ce cadre réglementaire contraignant va créer des difficultés pour se procurer certaines plantes européennes, et plus encore asiatiques, africaines ou américaines, mais va aussi remettre un peu d’ordre par rapports aux abus d’administrations nationales ou aux conflits d’intérêts au sein des agences du médicament, notamment en France.

Par contre, la mise en application de cette directive aurait pu être l’occasion de repenser la profession d’herboriste. Bien qu’officialisée en 1778, avec la création d’un diplôme, c’est seulement en 1927 qu’a été fondée l'Ecole nationale d'herboristerie à Paris. Le diplôme de cette école a été supprimé le 11 septembre 1941 par la loi du gouvernement de Vichy qui prévoit que la vente des plantes inscrites à la pharmacopée française est réservée aux pharmaciens et aux herboristes diplômés avant cette date, ce qui condamne la profession.

A l’occasion d’une exposition au Museum de Rouen en 1976, nous l’évoquions dans la brochure d’accompagnement : « Enfin, il faut bien évoquer des falsifications qui prouvent s'il en était besoin que la vente de ces produits doit  être rigoureusement contrôlée. C'est l'objet de nombreux laboratoires de recherche et notamment des facultés de pharmacie. La commercialisation de ces produits pose donc des problèmes qui soucient autant les catégories professionnelles concernées que les consommateurs eux-mêmes. » Cela reste d’actualité, il faut un cadre légal à la médecine naturelle et de vrais professionnels pour la mettre en œuvre. Naturel ne signifie pas sans danger.

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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 08:14

 

Il n’y a pas si longtemps, l’architecte était le plus souvent un homme d’âge mûr, assez sûr de lui et parfois autoritaire. Il concevait un « objet architectural » qui réponde au mieux à la commande, mais à sa manière, selon ses propres vues. Le projet élaboré était présenté au commanditaire comme LA solution, à l’évidence la meilleure. Cette présentation est un peu caricaturale, certes, mais à peine. On en mesure que davantage la révolution qui vient de s’opérer depuis une vingtaine d’années. L’architecte est maintenant un homme ou une femme, jeune au moins dans sa tête, qui conçoit un projet en concertation avec le commanditaire, l’affine et le fait évoluer en fonction de cette concertation.

La profession d’architecte n’est sans doute pas la seule à avoir évolué de la sorte, sous la poussée d’une certaine démocratisation du processus décisionnel et des procédures obligatoires de concertation. Mais dans ce cas, l’évolution est d’autant plus spectaculaire que le résultat se voit. 

Certes, on construit encore trop de pavillons standard, mais le souci des économies d’énergie est maintenant omniprésent. Les constructions bioclimatiques sont devenues monnaie courante et la forme des bâtiments a évolué, laissant plus de place à l’imagination, tout en respectant un minimum de caractéristiques régionales (http://www.michel-lerond.com/article-28850309.html). Sans doute, la réglementation plus exigeante joue-t-elle en faveur de cette évolution, mais ce progrès ne serait pas possible sans l’adhésion des professionnels. Pour aller plus loin, il devient indispensable de mettre en place des dispositifs de suivi et de contrôle des mesures environnementales afin de s’assurer de la concrétisation effective lors de la maîtrise d’œuvre et de leur efficacité réelle.

De l’architecte à l’urbaniste, il n’y a qu’un pas qui témoigne aussi d’une évolution positive. Le coup de frein à l’étalement urbain entre dans les mœurs, la densification se fait en harmonie avec une intégration aux projets de coulées vertes, de noues pour la gestion des eaux pluviales, en privilégiant les circulations douces et piétonnes, etc. Tout cela amène à une conception nouvelle de la ville et donc du « vivre ensemble » (http://global.arte.tv/fr/tag/michel-lerond/).

Certes, il reste beaucoup à faire, mais la profession d’architecte est sans doute une des rares, au-delà des aspects de communication ou marketing des promoteurs, à s’être véritablement investie dans le problématique environnementale et en concrétisant son évolution.

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 08:00

 

Voilà des décennies que l’on parle des effets dommageables des pesticides pour l’environnement et la santé. Après presque un demi siècle d’usage, les pathologies apparaissent et les premières victimes en sont les agriculteurs eux-mêmes. Les plus concernés ont entre 40 et 50 ans et sont atteints de cancers du sang, de la prostate ou de la vessie, de la maladie de Parkinson ou d’un lymphome.

Pendant longtemps, les agriculteurs malades des pesticides, par dignité ou résignation, ont préféré se taire. Mais voilà que certains ont décidé de rompre ce silence et ont créé l’association Phyto Victimes le 19 mars 2011 en Charente pour susciter une prise de conscience, aider les malades qui n’osent pas parler, et notamment obtenir la reconnaissance de la maladie professionnelle. Pour le seul département de la Charente, il y aurait environ 30 agriculteurs concernés…

Ainsi la jubilation d’avoir éradiqué tous les parasites, obtenu de belles cultures et de bons rendements sombre dans un désarroi sans nom quand c’est le chef d’exploitation qui est atteint, ou le fils de la famille, voire les jeunes enfants…

La profession agricole est en alerte sur cette question depuis déjà une vingtaine d’années, lorsque la Mutualité Sociale Agricole a mis en place un programme de surveillance des intoxications : « Phyt’attitude ». Ce dispositif est composé de médecins du travail, de conseillers en prévention et d’experts toxicologues. Il recense, analyse et valide les informations sur les accidents ou incidents survenus lors de l'utilisation de produits phytosanitaires. Il ne s’agit pas d’un service d’urgence mais d’une assistance pour assurer des conditions de travail plus sûres et des moyens de prévention efficaces. Tous les symptômes peuvent être signalés à la MSA. C’est ainsi que 150 signalements d’intoxications aiguës sont faits par an, ce nombre allant croissant.

La bombe à retardement des pesticides est en train d’exploser. C’est une remise en cause douloureuse pour les agriculteurs qui ont cru en leur métier et au bien fondé des nouvelles pratiques agricoles. Sans doute faut-il revoir les principes d’homologation des produits, les rendre plus sûrs et au-delà, revoir les finalités de l’agriculture et ses pratiques (http://global.arte.tv/fr/2011/02/08/pour-un-debat-public-sur-l%e2%80%99agriculture/).

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