Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
  • Contact

Profil

  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

Recherche

Catégories

11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 09:01

L’Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Rouen est l’une des plus vieilles Académies de Province (créée en 1744), dont l’objectif est de « développer le mouvement des idées et de diffuser la culture en organisant des conférences publiques, en décernant des prix littéraires, artistiques ou scientifiques et en participant à des manifestations culturelles ».

Lors de sa séance du 4 avril 2009, L’Académie m’a « voté des félicitations », ce qui signifie qu’elle souhaitait m’accueillir en son sein comme membre titulaire en qualité d’écologue, ce qui a été confirmé par un vote lors de la séance du 13 janvier 2010.

D’abord surpris par cette « nomination » qui se fait à notre insu, j’ai vite ressenti l’importance de cette reconnaissance. Selon les usages, l’entrée à l’Académie se concrétise par un « discours », prononcé en public et par un « discours en réponse » prononcé par un Académicien.

Cette manifestation publique (entrée gratuite), ouverte à tous, aura lieu :

Le samedi 19 juin 2010, à 17 heures,

en l’Hôtel des Sociétés Savantes,

190 rue Beauvoisine, Rouen.

(Stationnement très difficile à proximité. Parkings place du Boulingrin et Gare SNCF. Métro : station Beauvoisine, entre les stations Gare et Boulingrin).

 

Pour ma réception, je prononcerai un discours sur le thème :

« L’Homme et la Nature : une symbiose à inventer ».

 

Le discours en réponse sera prononcé par M. Le professeur Bernard Boullard, sur le thème :

« Et si l’homme vivait déjà en symbiose intime… sans s’en douter ! »

 

Dans l’attente de vous rencontrer, éventuellement, à cette occasion, veuillez croire en mes sentiments dévoués.

Partager cet article

Repost0
3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 16:39

         Encore une fleur de la Normandie des jardins, à découvrir dans le département de l’Eure :

 

Les étangs de Pont-Audemer sont issus de l’exploitation ancienne de carrières à une époque où les réaménagements étaient assez sommaires. Consciente de la situation de dégradation, d’une part, mais aussi du réel potentiel environnemental et d’accueil du site d’autre part, la Communauté de Communes a entrepris un vaste et exemplaire chantier de réhabilitation et de valorisation sur 100 ha (dont 80 occupés par les eaux).

Dans ce contexte, divers inventaires du patrimoine naturel ont été réalisés et montrent l’intérêt du site en tant que zone humide, initialement artificialisée et maintenant fortement renaturée. Facile d’accès, riche d’une faune (poissons, oiseaux, insectes) aisément perceptible et d’une flore spécifique, le site offre de multiples possibilités allant de la simple promenade à la pêche ou à l’observation ornithologique.

La réhabilitation a nécessité la reprise de 5 km de chemins, la plantation de 3,5 km de haies et de 250 nouveaux arbres fruitiers (pommiers, poiriers). Pour l’agrément des visiteurs, grands et petits, le site a été équipé d’une aire de jeux, de tables de pique nique, de bancs, de quelques sculptures, d’une éolienne et d’un pont de corde.

En privilégiant la pâture à la gestion mécanisée des espaces verts des Etangs, la Communauté de Communes de Pont-Audemer s’inscrit dans un projet de développement soutenable. Moins de bruit, de pollution ou d’espèces sensibles brutalisées... tels sont les objectifs recherchés. Ainsi, le petit cheval polonais Konik Polski, le mouton Solognot et la  vache Bretonne Pie Noire, herbivores rustiques et particulièrement résistants, ont fait leur entrée sur le site pour en assurer l’entretien.

Ce parc permet de passer quelques heures, ou la journée, hors du temps, hors du monde, dans une nature retrouvée.

 

Pour s’y rendre : Chemin du Haut Etui, 27500 Pont-Audemer - Par A13, sortie N°26 Pont-Audemer. Accès et parkings depuis la route des Etangs et la route d’Honfleur – Tel. 02 32 41 08 21 - http://www.cc-pont-audemer.fr/html/enviro.htm#etangs

Ouvert toute l’année en accès libre.

Partager cet article

Repost0
27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 07:44

Jeanne Maimbourg va prendre sa retraite, elle était bergère transhumante, en Pays de Bray. Outre la production ovine, son travail a contribué fortement au maintien de paysages ouverts, sur les coteaux calcicoles et en particulier sur les pentes du Mont-Sauveur, butte témoin sur la bordure sud. En effet, le pâturage ovin est une excellente méthode pour limiter le couvert végétal, en réduisant l’extension des grandes herbacées conquérantes, comme le brachypode, ou les arbustes développés à partir de graines, comme les prunelliers, aubépines ou autre cornouillers. Ainsi la végétation est composée d’un fond d’herbacées de petite taille, qui favorisent le maintien et le développement de plantes caractéristiques de ces coteaux, comme les orchidées, la carline, l’origan ou la Gentiane d’Allemagne. Le mouton est alors un parfait gestionnaire de la biodiversité, et la bergère est le chef d’orchestre de cette symphonie florale. En symbiose avec son milieu, comme une orchidée, c’est à  se demander si Jeanne elle-même n’est pas une orchidée…

A cette occasion, l’Association brayonne dynamique (ABD) a voulu rendre hommage à celle qui a tant contribué à la sauvegarde d’une partie de notre patrimoine, avec l’espoir secret de susciter des vocations pour qu’une suite soit assurée. Pour cela l’ABD produit un film La bergère et l’orchidée. Préserver la biodiversité en Pays de Bray. Le message délivré par ce film est que le métier de berger transhumant doit se poursuivre, avec un revenu correct pour celui qui le pratique, car il est la garantie du maintien de la biodiversité et de l’authenticité du Pays de Bray. Le film est réalisé par Beaubec productions. Jean-Yves Ferret. Il sortira à l’automne 2010 et sera projeté lors de la 8ème édition du festival Cinéma et ruralité à Gournay-en-Bray Normandie). Pour voir la bande annonce du documentaire : http://www.dailymotion.com/video/xchivl_la-berg%C3%A8re-et-l-orchid%C3%A9e_shortfilms

Partager cet article

Repost0
13 avril 2010 2 13 /04 /avril /2010 09:55

Deux autres fleurs de la Normandie des jardins à découvrir en Seine-Maritime et dans la Manche :

 

Le Parc paysager de La Hallotière, de petite dimension (6 000 m2), rassemble une collection stupéfiante d’une quarantaine de variété de houx et une trentaine d’arbres venus des cinq continents. Le houx est véritablement le seigneur des lieux, feuilles allant du bleu au vert, argenté ou lie de vin, boules blanches ou oranges, ensemble piquant, doux ou bouclé. Quelle diversité !

Les autres arbres ne sont pas en reste et font preuve d’une grande originalité, comme l’arbre aux mouchoirs, ou à faisan, ou qui sent le caramel ou encore le poivre. On y voit aussi l’arbre aux singes, l’arbre à fraise ou à tulipes.

Un plan d’eau, avec ses nénuphars, complète ce tableau remarquable d’originalité.

 

Pour s’y rendre : Rue Eugène Bisson, 76780 La Hallotière - Entre Forges-les-Eaux et La Feuillie - Au centre du village – Tel. 02 35 09 68 30 (mairie).

Ouvert toute l’année librement.

 

        Le jardin d’acclimatation Montebello, ouvert en 1872, doit son existence à l'activité de la Société d'Horticulture fondée en 1844. C’est un véritable jardin d’acclimatation dans lequel sont implantés des arbres peu courants ou autres plantes telles que l’osmonde royale.

         Sur environ 2 000 m2, ce charmant petit jardin est orné de bambous et de camélias. Le superbe Magnolia stellata se remarque dès l’entrée ainsi que le petit chalet de briques à poutres apparentes témoin du style du XIXème siècle. Un tableau de présentation à l’entrée signale les plantes et arbres les plus intéressants.

 

Pour s’y rendre : 44 rue Montebello, 50100 Cherbourg-Octeville - A la limite des quartiers Le Vœu et La Bucaille. Entrée discrète – Tel. 02 33 87 88 9 -  www.ville-cherbourg.fr

Ouvert toute l’année librement selon les horaires suivants : janvier, février, novembre, décembre : 8 h 45 – 17 h 15 ; mars, avril, septembre, octobre : 8 h 15 – 18 h 45 ; mai, juin, juillet, août : 8 h 15 – 19 h 45

Partager cet article

Repost0
6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 08:26

Dans les Emirats arabes unis, Masdar (« la source » en arabe) est une ville nouvelle d’Abou Dhabi, en cours de construction en plein désert. Cette ville écologique modèle sera construite pour assurer une vie « sans émissions de carbone et sans déchets », elle devrait accueillir 50 000 habitants et 1 500 entreprises d’ici 2015. Les voitures seront proscrites et remplacées par un nouveau système de transport rapide personnel pour assurer le déplacement des passagers, du fret et des déchets. Les déplacements plus longs seront effectués en tramway. Les bâtiments seront étudiés pour réduire les besoins en climatisation et délimiter des rues ombragées. Les énergies douces (surtout le solaire, mais aussi éolien, géothermie ou énergie marine, etc.) seront exploitées au maximum, les eaux usées seront recyclées pour l’irrigation des cultures et la ville sera à un niveau zéro d’émission de gaz carbonique. Cette ville laboratoire au niveau mondial, conçue par Foster and Partners, devrait préfigurer la ville du futur, affranchie de sa dépendance au pétrole et au gaz. Le budget annoncé est de 20 milliards de dollars.
         Ainsi, dans le Golfe Persique, Masdar serait la métropole vertueuse, à l’inverse de Dubaï, située à deux pas, avec ses chantiers délirants, ses îles artificielles ou ses pistes de ski… Dubaï, un des sept émirats qui compose la fédération des Emirats arabes, revendique l’ambition de devenir la première destination mondiale du tourisme de luxe, commercial et d’affaires. C’est ainsi qu’entre larges avenues et autoroutes, fleurissent les complexes hôteliers ou balnéaires. La Tour de Dubaï, la plus haute tour du monde, couronne le tout, du haut de ses 828 mètres ! Mais la récession mondiale ayant atteint aussi l’émirat, les dettes sont devenues colossales et mettent en péril l’Etat lui-même… Des centaines de chantiers sont arrêtés et les investissements prévus reportés.

         Dubaï investit dans l’immobilier et le tourisme, pendant qu’Abu Dhabi choisit la culture et l’environnement avec l’ambition de devenir d’ici 2030 la capitale mondiale des arts et de l’énergie verte. A chacun ses excès peut être, pour des projets qui ne pourront concerner qu’une petite population privilégiée. Ces « expériences » ont néanmoins valeur d’exemple pour toute la planète et peuvent aussi nous faire réfléchir sur les choix à opérer pour un avenir… pas trop délirant.

Partager cet article

Repost0
30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 09:32

Une autre fleur de la Normandie des jardins à découvrir dans la Manche :

 

Le jardin botanique de Vauville, créé en 1947, est le fruit du travail de trois générations de botanistes jardiniers.

Composé uniquement de plantes exogènes, le Jardin botanique est non seulement une collection scientifique reconnue de plantes à feuillage persistant de l'hémisphère austral (sur 4 ha), mais également un lieu unique de création. Les différents biotopes secs et humides du jardin permettent d'adapter des plantes du monde entier (plus de 1 300 espèces).

Une partie des activités est orientée vers la transmission de savoir faire en accueillant chaque année de nombreuses classes vertes ou des contrats de formation scolaire de lycées horticoles.

Avec le temps, le jardin est devenu une banque botanique où sont conservées et cultivées des espèces rares et souvent méconnues. Les conférences internationales sur le jardin de Vauville et les outils de jardin contribuent à une plus large diffusion du savoir faire français en matière de jardin.

Vauville, c’est le dépaysement garanti, parmi des centaines de palmiers, au sein de chambres de verdure bruissant du vent marin tout proche, c’est une atmosphère digne d’un autre monde : une ambiance sub-tropicale en Nord-Cotentin.

 

Pour s’y rendre : Château de Vauville, 50440 Vauville - 3 km sud de Beaumont-Hague à l’ouest de Cherbourg – Tel. 02 33 10 00 00 -  www.jardin-vauville.fr

Ouvert en avril et octobre : tous les week-ends de 14 h à 18 h ; de mai à septembre : tous les après-midi de 14 h à 18 h.

Partager cet article

Repost0
23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 09:15

Le rapport de la FAO (Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), La situation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture en 2009, a été publié le 18 février 2010, avec un dossier spécial sur l’élevage. La demande de viande devrait croître jusqu’au milieu du siècle du fait de la croissance démographique et de l’élévation du niveau de vie dans les pays émergents.

Actuellement, les 6,8 milliards de Terriens consomment de l’ordre de 280 millions de tonnes de viande par an, il en faudrait 470 millions de tonnes pour nourrir 9 milliards de personnes en 2050, mais comment les produire ? Bien sûr cette consommation varie beaucoup d’un pays à l’autre : en Afrique subsaharienne, on passerait ainsi de 11 kg de viande/an/personne à 22 kg, entre 2000 et 2050 ; en Asie ce serait de 20 à 33 kg ; tandis qu’en Amérique du Nord et Europe, on consommerait 89 kg au lieu de 83 !

Cette augmentation, déjà en cours, a nécessité l’évolution des exploitations de petite dimension vers des systèmes de type industriel, ce qui pose des problèmes en matière de gestion des ressources naturelles. En effet, cette augmentation de la production de viande comporte des coûts environnementaux importants dans la mesure où 80 % des surfaces agricoles planétaires (pâturages et terres de culture des aliments du bétail) sont réservées pour l’élevage. D’ailleurs, 40 % des céréales cultivées dans le monde sont destinés à l’alimentation des animaux. De plus, 18 % des émissions totales de gaz à effet de serre résultent de l’élevage, du fait des animaux mais aussi des pratiques culturales pour les nourrir.

On pourrait favoriser la consommation de porc et de poulet, plutôt que de bœuf qui demande davantage de calories végétales pour produire une calorie animale. On estime en effet qu’il faut entre 3 et 9 calories végétales, selon les espèces, pour obtenir une seule calorie animale. Une voie d’avenir pourrait être de diminuer notre consommation de viande pour favoriser l’alimentation à base végétale, moins contraignante pour l’environnement.

A travers le monde, de nombreuses personnes sont végétariennes, par refus de consommer la chair des animaux, pour des raisons éthiques ou religieuses ; devrons-nous le devenir aussi pour des raisons écologiques ? Bien sûr les professionnels de l’élevage ont réagi à cette nouvelle donne, reprise par de nombreux médias. Il est vrai que les bovins nourris à l’herbe constituent un mode d’élevage plus respectueux de l’environnement, mais si cela reste vrai dans les petites exploitations, ça l’est de moins en moins dans les élevages de caractère industriel… Au-delà des positions rigoristes, dans un sens ou dans l’autre, il s’agit de rechercher un juste équilibre entre les composants de la chaîne alimentaire des humains et de mieux répartir la consommation de viande à travers la planète.

Partager cet article

Repost0
16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 09:16

         La Normandie est riche d’environ 170 jardins ouverts au public, présentant une très grande diversité en termes de plantations ou de styles. La Normandie est un grand jardin dont nous proposons de faire découvrir, de temps à autre, les plus belles fleurs dans le contexte d’une sélection « coup de cœur ». Nous privilégions les jardins qui sont porteurs d’avenir, soit en termes de biodiversité, de pédagogie ou de patrimoine, de sorte que ces jardins transmettent un message vers nos descendants. Il s’agit, en quelque sorte, des « jardins pour le futur ». Les plus connus sont très médiatisés, d’autres moins, vers lesquels nous inviterons à la visite. Voici le premier de mes préférés, en Seine-Maritime :

Les Jardins de Bois-Guilbert constituent un parc de 7 ha qui est un véritable hymne à la nature et à la sculpture.  Plus de 7 000 arbres et arbustes ont été plantés pour structurer le paysage en allées et nefs aux couleurs chatoyantes à l’automne.

Jean-Marc de Pas, sculpteur paysagiste, fait vivre ce vaste espace de poésie où soixante-dix œuvres en bronze, résine ou ciment jalonnent la promenade. Ici se mêlent l’art, vécu comme un moyen d’échange et de partage, l’histoire et la nature. C’est ainsi qu’entre les allées, un couple enlacé se découpe sur les feuillages, immobile dans son bronze, seize séquoias encadrent une rose des vents et plus loin, dans l'allée des tilleuls, un couple statufié reflète le soleil.

Différents espaces symboliques, la mare et son île, le cloître des quatre saisons, le labyrinthe de buis, entourent le domaine (château, pavillon et chapelle des XVIIème et XVIIIème siècles).

L’épanouissement complet du jardin va prendre beaucoup d’années, c’est un acte d’humilité qui met le temps en perspective et destine l’œuvre aux générations futures. Bois-Guilbert c’est un hymne à la vie et la nature qui invite à une réflexion sur l’homme, l’espace et le temps, sur les pas de Pierre Corneille, Bernard de Fontenelle ou l’abbé Pierre, rien que çà !

         L’auteur de ce jardin a soutenu une thèse de doctorat à la Sorbonne, écrite sous forme poétique : Le malléable et sa pétrification, essai poétique sur une pratique sculpturale (éditée au Septentrion). Une partie de cette thèse était lue en public, par Alain Bézu, metteur en scène, au début de ce mois devant l’Académie des sciences, belles lettres et arts de Rouen.

 

Pour s’y rendre : 1 108 route d’Héronchelles, 76750 Bois-Guilbert - Depuis Rouen par A28, sortie Buchy et Forges-les-Eaux. A 7km au sud de Buchy sur D261 - Tel. 02 35 34 86 56 -  http://jardinsdeboisguilbert.over-blog.com

Ouvert d’avril à novembre : samedi, dimanche et jours fériés, de 14 h à 18 h ; juillet et août : du mercredi au dimanche et jours fériés de 14 h à 18 h.

Partager cet article

Repost0
16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 08:09

         Est-ce se faire plaisir ou se faire du mal que de se souvenir que l’on a eu raison trop tôt ? Je prends le risque en ce début d’année 2010. De 1995 à 1997, j’ai eu l’occasion de collaborer, très modestement, à une revue agricole, « l’Agriculteur Moderne ». Après quelques articles sur les paysages, milieux naturels ou mesures de protection de l’environnement, j’avais proposé un article sur « L’agriculture et les pollutions » : refusé et fin de la collaboration… Voici l’essentiel de ce texte d’il y a 12 ans, chacun en tirera les conclusions qu’il souhaite :

Après des décennies d'effort généralisé pour lutter contre les pollutions de toutes sortes, les résultats sont souvent tangibles, mais l'actualité nous rappelle combien ces succès sont fragiles. A cet égard, l'agriculture est longtemps restée en dehors du "banc des accusés", mais la voilà à son tour montrée du doigt, après les activités industrielles.

Une situation de plus en plus préoccupante : L'eau, l'air, les sols peuvent véhiculer des substances néfastes à l'environnement et préjudiciables à la santé. Lorsque l'on pense pollution liée à l'agriculture, on songe d'abord à l'eau du fait de l'incidence des nitrates. La Haute-Normandie affiche des résultats à tendance positive en ce qui concerne l'altération liée aux matières azotées, bien que de nombreux secteurs révèlent encore des teneurs excessives.

L'inquiétude à propos des pesticides : Les produits chimiques (herbicides, fongicides, insecticides...) destinés à détruire les vecteurs de maladies des plantes et à protéger les cultures des parasites et des mauvaises herbes, sont utilisés en masse depuis les années 60. La France est le deuxième consommateur mondial, derrière les Etats-Unis, avec 95 000 tonnes annuelles de substances actives. La Haute-Normandie est l'une des régions les plus consommatrices, après le Nord, la Picardie et la Lorraine (Selon Agreste, enquête pratiques culturales 1994). En 1991, l'enquête menée par le Ministère de la Santé a révélé que 30 des mesures faites sur les ressources en eau potable, au niveau national, étaient supérieures à la norme européenne de 0,1 mg de pesticides par litre d'eau. Dans l'Eure, en aval de Chartres, on a pu mesurer jusqu'à 14 mg par litre !

Vers quelle évolution ? : En matière de prévention, la France est très en retard sur de nombreux pays européens qui tendent à réduire systématiquement le volume des produits phytosanitaires employés. Au-delà des méthodes curatives, c'est vers une politique de prévention qu'il convient de s'engager. La promotion de méthodes alternatives aux moyens chimiques, l'encouragement à une agriculture "raisonnée", l'aménagement de l'espace rural qui respecte les haies, talus et fossés, la gestion "douce" qui met la santé de l'homme et la protection de l'environnement au centre de la problématique de production agricole, voilà quelques voies où s'engager. Cette "agriculture nouvelle" (qui pourrait bien s'apparenter à l'agriculture traditionnelle) devrait s'appuyer sur un cahier des charges rigoureux qui engage dans la fertilisation raisonnée, les économies d'eau, l'utilisation de produits phytosanitaires moins polluants et à doses réduites, le recyclage des emballages, la collecte des huiles usagées, la protection des haies, du gibier, la formation du personnel...

Un certain nombre de ces recommandations ont été mises en œuvre depuis, mais chacun sait tout le chemin qui reste à parcourir…

 

Partager cet article

Repost0
9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 09:51

Les plantations au bord des routes datent d’une période très ancienne puisque la première ordonnance en la matière fut celle, semble-t-il, de 1522. Ces plantations répondaient à plusieurs utilités comme la séparation des domaines public et privé, l’assèchement des voies, l’apport de bois et aussi… une recherche de beauté. Aujourd’hui ces alignements d’arbres ne conservent plus que des fonctions paysagères et sont, de plus en plus souvent, coupés pour élargir les voies ou prévenir des accidents, compte-tenu de l’évolution du trafic. Ce fut le cas encore cet hiver, pour les alignements de la RN13 dans la traversée du département de l’Eure.

Certes, les plantations ne doivent pas constituer un danger pour les usagers de la route, mais alors pourquoi ne pas repenser totalement la conception des infrastructures. Alors que l’on nous abreuve des conclusions du Grenelle de l’environnement, des trames vertes et bleues, des plans climat-énergie et autres programmes de développement durable, voilà une belle opportunité de passer du discours aux actes.

Si l’on considère la route, non seulement comme une infrastructure de déplacement, mais aussi comme une infrastructure d’aménagement du territoire, alors on peut lui attribuer des fonctions paysagères (esthétique du tracé routier et insertion dans le paysage traversé), des fonctions économiques (régulation de l’hydraulique de surface, alimentation des filières bois-énergie), des fonctions environnementales (biodiversité pour les oiseaux, insectes et chauve-souris particulièrement ; absorption des polluants dus à l’automobile), etc. Voir aussi notre chronique « Quelles routes pour le futur ? » du 26 mai 2008.

Cette façon de voir suppose une conception différente des plantations, pour passer d’alignements simples à de véritables corridors écologiques qui nécessitent une emprise plus importante. Cela n’est pas possible partout pour le réseau existant, mais ce peut être le cas dans la traversée de plaines de cultures ou de voies neuves. L’emprise se ferait quasiment toujours aux dépens des surfaces agricoles, c’est vrai, mais ce serait aussi une façon pour l’agriculture de « rendre les fonctions » qu’elle ne remplit plus… et d’y retrouver son compte (prévention de l’érosion des terres agricoles, inondations, biodiversité des prédateurs d’insectes, etc.). Ainsi plus réfléchies en amont, les routes pourraient aussi rassembler les réseaux divers enterrés (électricité, téléphone, eau et assainissement, etc.) et deviendraient ainsi des infrastructures totales, ce qui commence à se pratiquer, mais trop timidement encore. Cela suppose une volonté politique affirmée et une autre gouvernance de la multitude d’intervenants, au plus près du territoire, en passant par des collectivités territoriales restructurées de façon plus lisible… Vaste chantier !

Partager cet article

Repost0