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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 08:36

Au-delà de la comédie grotesque des élections présidentielles de Côte d’Ivoire, l’Afrique est aujourd’hui très touchée par divers effets liés à la crise économique et aux modifications climatiques. Pourtant l’Afrique dispose d’atouts et de richesses qui doivent lui permettre un nouveau départ, cinquante ans après la décolonisation. L’exploitation abusive des matières premières, dans certains pays, a causé beaucoup de dégâts au capital nature et il faudra ne pas répéter les erreurs du passé. A cet égard, on peut se demander si l’Afrique n’offre pas une image grossie des dégâts causés par le mode de développement occidental, un « effet loupe » en somme.

L’Afrique se trouve, selon des experts Africains, à un moment historique de son destin, avec des opportunités fortes concernant l’agriculture, l’industrie ou l’énergie. Mais si les discours officiels vont bon train, les réalités de terrain peinent un peu… comme dans le monde occidental.

Quelques exemples sont cependant encourageants pour l’avenir. Ainsi au Burkina Faso, un des pays les plus pauvres du monde, au 177ème rang selon les Nations Unies, l’agriculture fournit un revenu à 86 % de la population. Sous l’impulsion de la FAO, le gouvernement burkinabé a réinvesti dans l’agriculture vivrière, trop longtemps délaissée au profit du coton destiné à l’exportation, renforçant ainsi les organisations paysannes, ce qui est d’autant plus important que 70 % du secteur agricole est constitué de petits producteurs.

Au Kénia (classé par l’ONU 147ème sur 182 pays), l’économie est en train de rebondir. L’instauration d’une union douanière, début 2010, a créé un marché commun pour 5 pays d’Afrique de l’Est qui est un accélérateur des échanges dans la région. La mentalité entrepreneuriale et la capacité de travail des Kényans assurent cette montée en puissance. Mais, revers de la médaille, la capitale Nairobi est maintenant paralysée par les embouteillages du fait de l’explosion du parc automobile…

L’agriculture biologique est devenue une réalité pour la culture du coton en Afrique de l’ouest. Après le Sénégal et le Mali, c’est le Burkina Faso qui s’y met, et les agriculteurs ne meurent plus de maladies provoquées par les pesticides ! Les femmes jouent un rôle primordial dans cette reconversion pour travailler le « coton noble » et ainsi afficher publiquement l’égalité homme-femme. Il reste à transformer le coton sur place plutôt qu’exporter.

Les Africains vont devoir inventer un « modèle africain » pour leur développement, soutenable bien sûr. Ceci demande une volonté politique forte pour passer au stade supérieur, d’abord limiter la fuite des cerveaux africains vers les pays développés et ne pas se faire manger par le néo-colonialisme chinois. La nouvelle Afrique est en marche.

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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 17:27

 

          C’est Noël, voici le moment de vous offrir un conte ! :

 

Dans ces temps non encore arrivés, le journaliste vedette de la Télé-France-Monde est RNJD. Ce sigle n’est pas son vrai nom mais son pseudonyme : Rien N’est Jamais Désespéré. Nous avons pu nous procurer, avec un peu d’avance, le texte de son prompteur (dispositif permettant de lire un texte en toute discrétion pendant que l’on est filmé) pour le journal télévisé du 15-04-2017 :

- Bonsoir, bienvenue sur TFM, voici les titres des nouvelles que nous allons développer dans un instant :

- La nouvelle présidente de la république française, élue samedi dernier, a nommé aujourd’hui les quatre ministres de l’Environnement, du Social, de l’Economie et de la Gouvernance. Chacun de ces quatre ministres, deux hommes et deux femmes, désigneront à leur tour, la semaine prochaine, les quatre ministres-adjoints de chacun de leurs ministères. Le gouvernement de 20 membres sera ainsi au complet. Il restera à chaque ministre-adjoint à mettre en place un Conseil de la république, pour chacune de leurs attributions. Comme vous le savez, cette instance fait suite à la promulgation de la 6ème république, en 2015, elle a pour objet de mettre le ministre en contact direct et permanent avec la société civile, de façon à ce que les décisions gouvernementales soient prises au plus près des préoccupations des Français.

- Le communiqué de l’Elysée précise également que, conformément à la constitution de la nouvelle république, il sera désormais veillé au respect scrupuleux du non cumul de mandats et de fonctions, afin d’éviter la professionnalisation de la politique. Sauf exceptions très limitées, aucun élu de la nation ne pourra plus exercer qu’un seul mandat à la fois. Il sera mis au point très prochainement un « statut de l’élu », envisagé depuis les années 1980 et jamais produit, afin que tous les citoyens puissent accéder à un mandat électif et retrouver leur emploi ensuite sans préjudice professionnel.

- Suite à l’élection présidentielle française, le GEU, Gouvernement de l’Europe Unifiée, accueillera en son sein la présidente française, venant ainsi rejoindre les 28 autres chefs d’état européens. C’est le 29 avril qu’aura lieu le prochain conseil des ministres européens, au complet. Le GEU a révolutionné le fonctionnement de l’Europe et celle-ci peut maintenant prendre des décisions applicables pour toute l’Union.

- Le Comité pour l’Economie Equitable de l’ONU vient de supprimer le dernier paradis fiscal de la planète. Le territoire de celui-ci sera rattaché à l’Union Européenne et les 14 banques qu’il comportait encore seront dissoutes.

Bon d’accord, pour 2017, c’est un conte. Mais pour 2032, qui sait ?

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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 15:39

 

          Voilà bien longtemps déjà que le fossé se creuse entre les élites et les citoyens. Qu’il s’agisse de prospective climatique ou de gestion de la crise économique, le scepticisme s’installe. Sur le plan politique, c’est pire encore. Lorsque les affaires

récentes, touchant plusieurs membres du gouvernement, montrent à quel point la collusion est grande entre pouvoir et argent, le citoyen de base a du mal à accepter les restrictions liées à la rigueur. Par ailleurs, et quoi qu’en disent les statistiques officielles, chacun ressent l’insécurité qui se répand sur tout le territoire, y compris dans les villages, les délinquants n’hésitant plus à faire usage d’armes à feu. Quand, en plus, les plus hauts dirigeants du pays font l’amalgame entre délinquance et « Français d’origine étrangère », le discours politique devient inaudible.

Tout ce contexte d’une présidence de type berlusconien rend le climat politique assez irrespirable. A tel point que des policiers ont tourné le dos au président lors d’un hommage à un policier tué, au motif de trahison (Melun le 23-03-10) ; qu’un hebdomadaire a pu titrer, à propos du président, « Le voyou de la République » (Marianne du 07-08-10) ; que l’ONU a critiqué la France pour « recrudescence notable du racisme et de la xénophobie » (Le Monde, 13-08-10) ; qu’un chanteur de RAP a pu titrer un vidéo-clip « Tirer sur les keufs » (nouvelobs.com 13-08-10). Tous ces incidents disparates construisent une image de la France qui explique que leurs dirigeants soient devenus la risée d’une grande partie du monde, comme en témoigne la lecture de la presse internationale. Cette grande nation, celle des droits de l’homme, est encore une puissance économique, mais ce n’est plus qu’à peine 1 % de la population mondiale. Cela ne demande-t-il pas retenue, modération et humilité plutôt qu’arrogance…, Tout alors se déstabilise. De partout sont lancés des appels pressants. Jean-Paul Delevoye, médiateur de la République, s’inquiète : « La société est en grande tension nerveuse » (Le Monde, 22-02-10). Bastien François, universitaire : « Les gouvernants qui ne jouissent plus de la confiance des gouvernés… doivent quitter le pouvoir » (Le Monde 22-07-10). Michel Rocard, ancien premier ministre : « On n’avait pas vu ça depuis Vichy » (Marianne 07-08-10).

Dans une véritable démocratie, une telle confusion amènerait les dirigeants politiques à présenter leur démission sans délai, par honnêteté, sens de l’honneur et respect de la paix civile. Après quoi il faudrait reconstruire. L’hymne national, dont les paroles sanguinolentes auraient dû être changées depuis longtemps, dit : « Entendez-vous dans les campagnes, Mugir ces féroces soldats ? » Entendez-vous dans les campagnes cette clameur qui monte, annonciatrice de bien des tourments. Faisons, tous ensemble, que ce pressentiment ne soit qu’un mauvais rêve vite oublié…

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10 novembre 2009 2 10 /11 /novembre /2009 09:02

La réduction du mille feuilles administratif est en chemin et c’est une bonne nouvelle. Reste à préciser quelle sera la méthode et surtout quelles structures seront conservées et avec quelles fonctions. Dans ce pseudo débat, il semble que les Pays aient déjà été considérés comme inutiles… Qu’en sera-t-il demain des PNR, les parcs naturels régionaux (créés par décret du 1er mars 1967), dont les vocations sont si proches de celles des pays.

Certains acteurs locaux se prennent à rêver que, les pays étant à peine créé (loi Voynet de 1999), on pourrait profiter de l’opportunité pour mettre en place ici ou là un parc naturel régional afin d’assurer une meilleure prise en compte de l’environnement. Stratégie opportune ou fausse bonne idée ? En effet, on sait que si les PNR ont des objectifs pertinents et des réalisations souvent à la hauteur de leurs ambitions, ils sont aussi en proie au vertige du mille feuilles territorial. Il peut exister sur un PNR un ou plusieurs pays qui le recoupent en tout ou partie, bien sûr plusieurs communautés de communes qui ne recouvrent pas obligatoirement les pays, sans oublier une multitude de syndicats intercommunaux qui perdurent pour telle ou telle activité sectorielle. Dès lors, ce n’est plus un parc, mais un maquis… Si les praticiens de ces structures, les élus locaux, s’y retrouvent à peine, comment l’électeur moyen peut-il comprendre les inter-relations de cette nébuleuse ?

Les PNR ont été créés pour animer des « territoires d’expérimentation » puis sont devenus des « laboratoires du développement durable ». Soit l’expérience est râtée et il est grand temps de l’arrêter ; soit l’expérience est réussie (ce que je crois) et il faut l’étendre à tout le territoire régional. Alors que faire ? Profiter de la réforme en cours pour créer quelques PNR de plus, supprimer les Pays ou pas, ou bien… « fusionner » les PNR et les pays ? Dès lors chaque pays fonctionnerait comme un PNR, avec des objectifs identiques, en veillant à lui donner une unité et une cohérence territoriale et environnementale. Voilà peut être la clé de ce problème : fusionner les parcs naturels régionaux et les Pays pour davantage de cohérence dans l’aménagement du territoire.

Rêvons un peu : les Pays deviennent des collectivités territoriales à part entière, fonctionnent avec des objectifs de PNR, sont constitués de Communautés de Communes et sont coordonnés par le Conseil Régional. Dès lors la question récurrente de l’utilité des Départements ne trouverait-elle pas sa réponse naturelle ?

Avec une vraie décentralisation, la France gagnerait en lisibilité fonctionnelle, l’aménagement du territoire gagnerait en cohérence et l’environnement gagnerait en efficacité de gestion.

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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 17:48

Dans le brouhaha du monde, on n’entend guère parler du continent africain qu’en termes de sécheresses, d’inondations, de famines ou de révoltes. L’Afrique risque pourtant d’être une des principales victimes des modifications climatiques et constitue déjà le continent le plus affamé. Les deux problématiques sont d’ailleurs très liées. Limiter la déforestation pourrait contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre, de même que favoriser l’agriculture vivrière pourrait réduire les famines.

Pourtant les Africains se mobilisent, comme on a pu le constater dans la déclaration de Libreville (Gabon) d’août 2008 qui engage 53 Etats à mieux se coordonner pour réduire les risques sanitaires liés à l’environnement. Mais les universités africaines, populeuses et manquant de moyens, peinent à former les cadres nécessaires. Toutefois le désir d’étudier des jeunes (multiplication par 5 du nombre d’étudiants en 20 ans) est encourageant. On peut invoquer de multiples causes à cette situation, globalement difficile, mais ne faut-il pas que les Africains débattent eux-mêmes de leur avenir, du développement qu’ils souhaitent en se donnant les moyens politiques de cette évolution.

Les paradoxes ne manquent pas quand on constate la diversité de la production agricole exportée alors que 21 pays ont recours à une aide alimentaire extérieure ; que le Nigeria regorge de pétrole qui rapporte des dizaines de milliards de pétrodollars alors que les populations manquent d’électricité et d’infrastructures ; que l’Afrique a peu recours à l’énergie solaire alors que l’Europe envisage la construction de supercentrales qui permettraient d’assurer 15 % des besoins européens en 2025, sans se soucier des besoins locaux…

En ce début de XXIème siècle, l’Afrique se cherche et il semble urgent qu’elle fixe la voie. Après un demi siècle d’affranchissement du colonialisme, revoilà des exploiteurs à l’affût, plus subtils et plus nécessiteux. Ainsi les Etats-Unis, intéressés par les richesses pétrolières, et plus encore la Chine, pour qui l’Afrique est devenue un objectif essentiel. La Chine voit l’Afrique comme un débouché pour ses produits, une destination pour ses travailleurs et aussi une zone de captation des richesses du sous-sol. Jusqu’où ira ce « néo-sino-colonialisme » qui prévoit de délocaliser une partie de l’agriculture chinoise en Afrique où elle exploite déjà plusieurs millions d’hectares et envisage d’installer de l’ordre d’un million de Chinois dans des fermes expérimentales africaines…

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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 12:05

Le G20 s’est réuni ces jours-ci à Pittsburgh, aux Etats-Unis. Le Groupe des 20 est un forum économique créé en 1999. Il rassemble 19 états et l’Union Européenne afin de favoriser la concertation internationale à travers un dialogue élargi aux grands pays émergents. L’histoire de ce groupe remonte à 1975, date de création du G6, élargi en G7 puis en G8 avec les pays les plus puissants du monde sur le plan économique. Enfin, la Chine, l’Inde, etc. rejoignent le groupe pour former le G20. Actuellement, c’est le G8 qui décide de grandes orientations relatives à l’économie mondiale. Les autres pays du G20 ne participent pas encore totalement à cette gouvernance mondiale. C’est déjà une avancée considérable, mais les pays les plus pauvres ne participent pas du tout à ces discussions.

Devant l’ampleur de la crise économique mondiale, le G20 devrait pouvoir fonctionner de façon permanente, avec l’objectif d’associer au plus tôt les petits pays. Cela demande une refonte de l’ONU (Organisation des Nations Unies). On sait qu'il existe environ 200 pays dans le monde, mais on ne peut en préciser le nombre exact, car certains territoires sont considérés comme indépendants par au moins un autre état, mais pas par l'ONU. Le nombre le plus vraisemblable est de 198 états.

Il est devenu indispensable de faire un saut démocratique à l’échelle mondiale afin de réguler, par exemple, les marchés des denrées agricoles pour en faciliter l’accès aux pays les plus pauvres, au moment où l’on vient de dépasser le milliard d’humains sous-alimentés (dont 50 % de petits paysans !). La régulation d’une économie mondialisée passe nécessairement par une gouvernance mondiale, ce qui suppose des discussions à 200 dans le cadre de l’ONU, avec des règles de fonctionnement qui restent largement à inventer. Il faut passer de la « parlotte » aux décisions effectives… pas simple ! Actuellement, au sein du G8, en quelque sorte, on parle de tout, mais on ne décide rien.

Avec la gestion des modifications climatiques, un enjeu essentiel de cette gouvernance mondiale à inventer est de réguler les productions agricoles afin de ne pas spolier les petits producteurs des pays pauvres. Des investisseurs internationaux s’emparent actuellement de terres agricoles, notamment en Afrique, par le biais de transactions à grande échelle sans trop se soucier de répartition entre exportation et consommation locale. La destructuration des agricultures familiales des pays pauvres se fait trop souvent au profit des pays riches dont les besoins en agrocarburants ou produits tropicaux augmentent.

Faut-il s’accomoder d’un milliard d’humains souffrant de la faim ? Il est temps de prendre le risque d’une gouvernance mondiale, ce sera très difficile, mais cela pourra éviter bien des conflits…

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8 septembre 2009 2 08 /09 /septembre /2009 08:37

Nous y voilà ! Le principe de la taxe carbone a été retenu en France et c’est la cacophonie, les uns se drapant dans de beaux vêtements verts tout neufs, les autres ressortant les vielles recettes démagogiques. Faut-il le redire encore, nous avons changé d’époque. Il s’agit maintenant d’adapter l’économie et la fiscalité à cette nouvelle donne des ressources rares. Il faut aussi, et avec détermination, réduire les émissions de CO2 afin de ralentir le processus de modification climatique. Alors, la taxe carbone, une surprise ?

Si Michel Rocard a rendu son rapport sur un projet de Contribution Climat Energie (CCE) en juillet 2009, cette mesure avait été retenue dans le Grenelle de l’environnement, à la suite des propositions du pacte écologique de Nicolas Hulot de 2006, accepté par tous les candidats à l’élection présidentielle. Auparavant, en 1991, la Suède avait institué une taxe carbone, de 27 € la tonne, aujourd’hui à 108 € la tonne. Et encore avant, qui se souvient des discours enflammés après le choc pétrolier de 1973 pour faire évoluer l’économie.

Qu’ont fait depuis ces trois décennies les constructeurs automobiles pour produire de nouvelles motorisations, frugales en énergie fossile ? Qu’ont fait les politiques pour modifier l’aménagement du territoire afin de parvenir à une répartition spatiale équilibrée de l’habitat, des services et des emplois, même en milieu rural ? Qu’avons-nous fait, chacun de nous, pour réduire nos déplacements et modifier nos comportements ? Certes, ces dernières années on a vu des débuts de réponse à toutes ces questions, mais bien timorées encore. Malgré des années de pédagogie, d’information, de médiatisation, on voit bien que le seul argument qui pèse (à l’exemple du bonus-malus sur les voitures) c’est le FRIC. Nous n’avons pas voulu regarder collectivement la réalité, il faudra bien payer la note… Voir notre chronique du 26-05-09 : « Vers une dictature écologiste ? »

Il est vrai que ce sont les gens les plus fragiles qui risquent de subir cette taxe le plus douloureusement. Mais la fiscalité est un art si subtil que l’on peut imaginer aisément des compensations adaptées. Quoi qu’il en soit, il paraît indispensable que tout le monde y participe, même modestement, afin que cette taxe soit dissuasive. En évitant de construire une usine à gaz, il faut que cette taxe soit juste, simple et transparente. Il faut aller progressivement vers une fiscalité qui protège l’environnement, en annonçant dès le départ que cette taxe commence à un taux modeste (par exemple autour de 25 €) et augmentera de 5 à 10 % par an, à définir. Il faut également prévoir au départ que cette taxe soit payée par tous (y compris les entreprises, les collectivités et les transports routiers et aériens) et pas seulement par les ménages et qu’une redistribution soit possible en fonction de critères liés aux économies d’énergie. Oui, il faut rapidement une taxe carbone applicable à tous, progressive et juste.

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17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 11:01

        Le 29 avril 2009, le président de la république française présentait les travaux des dix équipes qui ont participé à la consultation internationale sur le devenir du Grand Paris. Le 16 juillet, Nicolas Sarkozy venait au Havre confirmer son intention de faire de ce port celui du Grand Paris. Au-delà des effets d’annonce d’un moment, il est toujours instructif de replacer les discours dans un contexte historique plus large.

       On pourrait rappeler que l’axe séquanien a été reconnu dès le 9ème siècle en constituant une voie de pénétration aux invasions qui ont débouché sur la création du duché de Normandie en 911. Mais cela est un peu lointain… Ou que Napoléon disait volontiers « Paris, Rouen, Le Havre, une seule ville dont la Seine est la grande rue », mais c’est un peu bonapartiste…

        Plus près de nous, c’est en 1965 que le Schéma Directeur de l’Ile-de-France, piloté par Paul Delouvrier, lie le développement de la région francilienne à sa porte maritime s’ouvrant sur toute la baie de Seine, incluant Caen et la Basse-Normandie. Et c’est en 1971 qu’est publié le Schéma d’aménagement de la Basse-Seine, suivant la tendance du moment de créer des « villes nouvelles ». Ce schéma prévoit alors une urbanisation importante de la vallée de la Seine, avec une coupure verte, le parc naturel régional, entre les installations portuaires. Enfin, en 2006, l’Etat approuve la DTA (Directive territoriale d’aménagement) de l’estuaire de la Seine. Celle-ci a pour ambition de projeter l’aménagement à l’horizon 2025 avec notamment la création d’une « métropole régionale » Caen-Le Havre-Rouen pour assurer un débouché maritime à la région francilienne.

        Alors Le Havre, port de Paris avec un développement portuaire encore plus important ? Oui, il y a une logique d’aménagement, mais en prenant garde de rester dans une démarche de développement soutenable avec des ambitions énergétiques et en permettant au Port de Rouen de faire pénétrer les cargos à l’intérieur des terres, plus près des lieux de consommation. Un TGV Paris-Le Havre à l’horizon 2020 ? Pourquoi pas, d’autant plus que les acteurs régionaux le réclament depuis une vingtaine d’années, sous réserve qu’il desserve les villes et non pas les champs de maïs… Une métropole régionale normande ? Oui, en prévoyant une liaison ferroviaire entre Caen et Le havre, « oubliée » dans la DTA, malgré le rappel de l’évaluation.

        Mais alors où est la nouveauté si ce n’est que l’on pourrait mettre en œuvre des projets déjà réfléchis depuis… 38 ans et actés depuis 3 ans. Passons donc aux actes, avec de grâce, une consultation préalable des institutions représentatives des territoires concernés, une réunification de toute la Normandie et une évaluation des projets en matière de développement soutenable, avant réalisation.

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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 17:48

Après une longue et douloureuse maladie, le parti socialiste français a laissé échapper, lors des élections européennes du 7 juin 2009, un râle qui laisse penser à certains qu’il est à l’agonie… Ainsi donc, à l’âge de 38 ans seulement, ce parti aurait cessé de vivre. Mais les partis politiques aussi sont mortels.

Les commentaires vont bon train sur cet épisode de la vie politique dont les Français, et les journalistes en particulier, raffolent. Après tout, peu importe qu’un parti disparaisse, si ce n’est en profiter pour s’interroger sur le sujet de fond. Comme toujours, lorsque l’avenir se trouble, il est urgent de revenir aux fondamentaux. Qu’est-ce que cela signifie au juste, la Gauche ? La question peut être pertinente dans un contexte où l’on voit les électeurs européens conforter les conservateurs au moment où une crise profonde appelle au changement, où les libéraux sont à la fois de Gauche et de Droite, où certains Etats de Droite nationalisent des banques, etc. Quel trouble !

Revenir aux fondamentaux est toujours un peu réducteur, afin de ne retenir que l’essentiel en formules lapidaires, pour être pédagogique. Alors le fondement de la Gauche, ne serait-ce pas essentiellement le partage du pouvoir. Ce qui s’oppose au cumul des mandats, au machisme électoral, au « Français d’abord »… Partager le pouvoir au sein de la nation, c’est garantir la liberté des individus. Partager le pouvoir entre les nations, c’est garantir la liberté des peuples. Si l’on partage le pouvoir, les décisions seront plus consensuelles et faciliteront le partage des richesses, donc l’égalité. Reste à préciser à quelle échelle géographique on se positionne. On partage entre Français, entre Européens ou entre Terriens ? Dans ce dernier cas il est clair que les pays du Nord devraient mettre en place une décroissance pour permettre aux pays du Sud de se mettre à niveau… Enfin, si l’on parvient à mieux partager les richesses, les raisons de conflits diminuent et ainsi la fraternité des individus et des peuples est mieux assurée. Si l’on inverse le raisonnement, assurer la Liberté, l’Egalité et la Fraternité suppose le partage du pouvoir :

-   Mettre fin au cumul des mandats, mais aussi accepter de participer à la vie collective, plutôt que se réfugier dans la contestation, etc.

-   Répartir les richesses, notamment l’alimentation et l’énergie, ce qui suppose une révision drastique de l’agriculture, des déplacements et de la géopolitique, etc.

-   Résoudre les conflits relatifs à l’accès à l’eau, aux ressources du sous-sol ou aux courants migratoires liés aux modifications climatiques, etc.

Pas si simple la Gauche. Devra-t-elle se refonder ou simplement naître ? Bon courage.

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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 18:31

Cette année encore, la Fête de l’Europe a été largement « oubliée » en France. Les médias ont été d’un silence assourdissant à cet égard, en leur allouant comme circonstance atténuante qu’il y avait bien peu à dire… (Voir notre chronique du 20 mai 2008 : « Et entre le 8 et le 10 ? »).

Dans moins d’une semaine maintenant auront lieu les élections pour renouveler les députés européens. Le moins que l’on puisse dire est que la campagne n’aura pas été passionnée. Lancée tardivement, avec des objectifs parfois flous, elle n’a pas mobilisé les foules, d’autant que ni les médias, ni les politiques n’ont fait d’excès de zèle pour expliquer les modalités du vote et ses enjeux.

Quelle occasion manquée de débattre sur le thème de la Crise et surtout les remèdes à y apporter. Il est vrai qu’en France la pédagogie sur l’Europe rencontre toujours des difficultés et que le débat redevient vite franco-français. Cette renationalisation du débat est bien regrettable dans la mesure où l’Europe pourrait apporter la dimension nécessaire à des moyens de résoudre la Crise. Certains Européens convaincus expriment maintenant leur crainte d’une réversibilité de l’unification européenne, ce qui paraissait impensable il y a peu. Ce serait un désastre !…

Financière, économique, puis sociale, la Crise est aussi écologique et demande à ce que soit repensée la construction européenne. C’est l’occasion ou jamais de s’interroger sur ses orientations concernant l’agriculture, les transports et les infrastructures, la production d’énergie et aussi sur le déficit démocratique. C’est tout cela que nous aurions dû entendre pendant la campagne, il en fut bien peu question…

Les gribouilles de la politique ont déversé des milliards sur les banques alors qu’il aurait fallu instaurer des contrôles et une austérité financière, relancé les infrastructures routières plutôt que réduire de façon drastique la circulation des camions, invité à la consommation au lieu de réduire les pollutions agro-alimentaires…

L’Europe reste une magnifique opportunité pour affronter les grands défis écologiques du 21ème siècle naissant, c’est LE projet que nous devons construire ensemble. Nous ne pouvons pas rater cette occasion et nous devons renforcer l’Europe plutôt que la laisser s’étioler… Voter le 7 juin, c’est le minimum que nous puissions faire pour l’avenir de nos enfants.

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