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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 09:29

Voilà maintenant une quarantaine d’années que l’on a pris conscience véritablement de l’importance des problèmes d’environnement. Depuis, de nombreuses étapes ont marqué la sensibilisation accrue à ces questions. Faut-il rappeler encore le premier choc pétrolier de 1973, le Sommet de la terre de Rio de 1992 et plus près de nous le film d’Al Gore en 2006, ou le Grenelle de l’environnement de 2008… A force de répétition, ces rappels deviennent lassants.

Pourtant les grands défis de la biodiversité, de l’eau, du climat et de l’énergie sont devenus des enjeux auxquels nous devons répondre au plus tôt, faute de quoi nous aurions à en pâtir (Voir notre chronique « Qu’est-ce qu’on attend ? » du 06-01-09). Certes les choses avancent et des initiatives nombreuses sont prises pour préserver ou restaurer la biodiversité qui nous fait vivre, pour mieux gérer l’eau et répondre aux besoins des pays pauvres, pour réduire les émissions de gaz à effet de serre ou encore pour innover en matière énergétique. Mais ces mesures restent très insuffisantes et trop lentes à se concrétiser.

Nous sommes dans une course de vitesse entre des facteurs de dégradation et des facteurs de rénovation, les seconds n’ayant toujours pas rattrapé les premiers. Si bien que le « déficit écologique » continue de s’accroître. Cela peut durer jusqu’à des seuils de rupture qui semblent proches. On peut donc penser que lorsque ces seuils seront atteints, il ne restera plus qu’à prendre des mesures drastiques pour tenter d’éviter la catastrophe. On sent bien le désarroi de la classe politique à cet égard. Que va-t-il se passer, par exemple, quand les petits salaires ne pourront plus payer leur énergie pour chauffer la maison et aller au travail ? N’y a-t-il pas un moment ou la stabilité des rapports sociaux pourrait être remise en cause ? La radicalisation actuelle des mouvements sociaux nous rappelle que les choses peuvent bouger assez vite et se soustraire à tout contrôle. Que pourront faire alors les gouvernants, quelque soit les partis, sinon réagir de façon autoritaire. Acculés, ils seront peut être contraints, un jour pas si lointain, par exemple de sanctionner fortement les atteintes à la biodiversité, de fermer l’eau à certaines heures, d’établir des quotas de déplacements annuels indépassables, de réserver les transports par avion à quelques cas particuliers, ou encore de limiter fortement les consommations d’énergie fossile. Le tout assorti bien sûr de contrôles policiers très rigoureux, pour tenter de faire face à des défis énormes.

Le pire n’est jamais sûr, heureusement, mais il va peut être nous falloir choisir entre la révolution verte, à laquelle chacun de nous peut contribuer, et la dictature écologiste, à laquelle nous ne pourrons échapper si la crise devait s’aggraver.

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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 18:44

Cest formidable, pour une fois tout le monde est d’accord : il faut simplifier le millefeuille territorial de la France. Mais tout le monde est d’accord aussi pour modifier le moins possible l’existant et surtout ne rien supprimer… Ah la schizophrénie à la française !

Après le rapport Attali qui avait déclenché les foudres en proposant la suppression des départements début 2008, voilà que le rapport Balladur, un an plus tard, provoque un séisme en proposant de réformer les collectivités locales.

Il est vrai qu’avec 26 régions, 100 départements, 3 000 intercommunalités et 36 700 communes, le paysage territorial français aurait bien besoin d’être redessiné. Le pouvoir en place, non dépourvu d’arrières pensées électoralistes, a finalement préféré temporiser et différer la réforme plutôt que d’affronter les élus mécontents.

Il y a donc beaucoup de « non-dit » dans cette réforme, tant au niveau du gouvernement que des élus locaux eux-mêmes. Derrière les récriminations (ont-ils seulement lu le rapport Balladur ?) combien d’élus ont des arguments fondés autres que le maintien de leur(s) mandat(s)… Derrière l’hostilité à cette réforme se cache, en effet, le problème récurrent du cumul des mandats qui créé la confusion sur les fonctions électives : en démocratie, un mandat politique doit rester une fonction, ce n’est pas une profession.

La réforme des collectivités locales, pour aboutir, devra être accompagnée d’une relance démocratique pour régler la question du cumul des mandats, appliquer la parité, rajeunir la classe politique, et préciser le statut de l’élu, notamment lorsqu’il n’est pas issu de la fonction publique.

Ce n’est qu’en réglant ces questions que l’on pourra vraiment faire évoluer l’organisation territoriale. Le rapport Balladur ne règle pas tout, mais il apporte des pistes de réflexion très constructives qui ne doivent pas être écartées. « Il est temps de décider », tel est le titre du rapport ; en démocratie c’est l’électeur qui décide et celui-ci est libre de ne plus voter pour les cumulards, de voter pour davantage de jeunes et de femmes. Encore faut-il que l’électeur soit démocrate et non monarchiste…

 

Voir aussi nos chroniques « Ferez-vous le 11 ? » du 22 janvier 2008 ; « Faut-il supprimer les départements ? » du 11 mars 2008 et « Comment décider ? » du 17 février 2009.

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17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 08:39

Chacun l’a remarqué, certaines décisions publiques sont prises « à la va-vite » sans que l’on voit clairement quel en est le fondement, quand ce n’est pas « le fait du prince » qui décide seul, sans argumentaire audible. C’est ainsi qu’a été décidé le programme nucléaire français, dans les années 1970, ou ces derniers temps le lancement des EPR. C’est aussi de cette manière qu’en Haute-Normandie, il y a quelques années, ont pu être décidés des contrats d’agglomération sans que l’on ait pris la peine d’en définir les objectifs… Au-delà de la rigueur intellectuelle se pose la question du bon usage des fonds publics, au bénéfice de la collectivité, dans une perspective de développement soutenable.

En ces temps de crise que nous traversons, la prise de décision est d’autant plus importante que ses conséquences peuvent être très lourdes. Dans le domaine de l’aménagement, de l’urbanisme ou de l’environnement les décisions sont parfois perçues comme déconnectées des réalités quotidiennes ou des engagements pris par ailleurs comme, par exemple, ceux du Grenelle de l’environnement. Pourtant le processus de décision devrait être toujours le même : diagnostic à enjeux à objectifs à actions.

Le diagnostic fait apparaître les grandes composantes du problème à résoudre et identifie les enjeux révélés par la description de cet état initial. Ces enjeux sont hiérarchisés, puis déclinés en objectifs stratégiques, en vue d’estimer les impacts. C’est à ce stade que des indicateurs sont choisis par rapport aux enjeux identifiés comme prioritaires pour faire l’objet d’un suivi régulier. Ce n’est qu’en fonction de ces éléments que seront décidées les actions, en toute connaissance de cause.

Le processus de décision, pour être efficace, doit être associé à une démarche d’évaluation et bien sûr à une concertation. On voit bien tout le chemin qui reste à accomplir, du niveau communal au niveau national, pour que les décisions publiques soient prises en connaissance de cause, en concertation et en faisant l’objet d’une évaluation des résultats par rapport aux objectifs.

Alors, c’est décidé ?

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3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 09:15

Cela fait bien longtemps que l’eau est considérée comme un bien précieux. On sait maintenant que l’accès à l’eau potable est devenu un enjeu planétaire, particulièrement dans les pays en développement. En 1950, chaque terrien disposait de 16 800 m3 d’eau douce par an, en 2000 de 7 300 m3 et en 2025, ce ne sera plus que 4 800 m3. Déjà, aujourd’hui, près de 20 % de la population mondiale n’a pas accès à l’eau potable…

Même si l’acuité est moindre, la ressource en eau commence à poser problème aussi dans les pays en développement. Ainsi en France, 1/4 de l’eau est utilisée pour l’alimentation, 1/4 pour l’industrie et l’énergie et 1/2 pour l’agriculture (dont 50 % pour la culture du maïs irrigué !). Une concurrence entre les usages de l’eau apparaît de plus en plus souvent, par exemple dans les pays méditerranéens où le tourisme exerce une forte pression : en été le littoral de la Méditerranée accueille 250 millions de visiteurs en plus des 150 millions de résidents, avec des impacts forts. Les océans, ressources inépuisables, sont maintenant menacés d’asphyxie sur tous les littoraux du monde du fait de l’apport de matières organiques par les eaux usées et les intrants agricoles. Les modifications climatiques aggravent cette situation en modifiant le régime des pluies et créant des conditions de sécheresse extrême.

La gestion de l’eau est devenue, en quelques décennies, un défi à relever pour garantir la sécurité alimentaire, hydrique et énergétique de certaines régions, comme l’a rappelé le 13ème congrès mondial de l’eau tenu à Montpellier en septembre 2008. Des réponses doivent être apportées par les Etats et les collectivités locales. Ceci revient à poser la question de la répartition des rôles entre opérateurs privés et régies publiques de la gestion de l’eau, étant entendu que certaines missions ne peuvent pas être prises en charge par des opérateurs privés, faute de rentabilité économique (protection de la ressource, restauration des zones humides, etc.).

Il est urgent de considérer l’eau comme un bien essentiel, et l’accès à l’eau potable comme un droit fondamental, ce qui ne peut être un enjeu de marché. Les questions à résoudre sont celles de la « propriété » de l’eau et de sa gestion. La propriété des réserves devrait pouvoir être « mondialisée » (avec la création d’une agence mondiale de l’eau) afin d’éviter les guerres de l’eau entre Etats. La gestion devrait être assurée par des régies publiques à différents niveaux, en s’appuyant sur l’exemple français des Agences de l’Eau qui épousent les bassins hydrographiques plutôt que les délimitations administratives classiques et embrouillées. La RGPP (Réforme générale des politiques publiques) que met en place la France actuellement offre des opportunités de réflexion et de proposition à cet égard, à l’exemple de Paris et bien d’autres villes.

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6 janvier 2009 2 06 /01 /janvier /2009 09:13

La crise économique actuelle ne doit pas faire oublier les autres, que sont les crises climatiques, de la biodiversité et des énergies fossiles.

Pour ce qui est du climat, nous ne sommes plus dans les hypothèses ou simulations, mais dans l’observation de phénomènes réels : les niveaux d’émission de gaz à effet de serre se situent au-dessus des scénarios les plus pessimistes du GIEC. Sur la lancée actuelle, le bond climatique de la fin de ce siècle pourrait être équivalent à ce que notre planète a franchi entre l’âge glaciaire et l’Holocène, soit 10 000 ans !

En matière d’énergie, nous sommes trop largement « pétro-dépendants » et continuons, quelque soient les conséquences écologiques. Et les banques  financent toujours de façon très majoritaire les énergies fossiles plutôt que les énergies renouvelables…

Concernant la biodiversité, nous assistons vraisemblablement à la sixième grande extinction d’espèces vivantes, sans que cela n’émeuve vraiment les foules. La nature entière, les abeilles ou les plantes alimentaires en particulier, regorge de pesticides, jusqu’à vingt substances actives par repas que nous consommons !

Les mesures prises depuis quelque temps restent très insuffisantes, et ce qui frappe, c’est l’invraisemblable déficit d’évaluation des décisions prises qui ne visent que le bénéfice immédiat. C’est ainsi que l’Europe, en décembre 2008, s’est rangée derrière les égoïsmes nationaux et les pressions économiques pour adopter des ambitions énergétiques au rabais, sans aucune étude d’impact. De la même façon en France, le Grenelle de l’environnement n’a cessé de baisser les ambitions relatives à la réduction des pesticides en agriculture.

La résolution de la crise économique présente pourtant des opportunités pour avancer dans le bon sens, par exemple en orientant l’industrie automobile vers des technologies concourant à lutter contre l’effet de serre ou en décidant des investissements vers des technologies propres à énergie renouvelable.

Allons-nous continuer, comme les passagers du Titanic, à attendre le choc pour être convaincus qu’il y avait bien un iceberg devant nous ? Il nous appartient de choisir entre le monde en crise actuel et un nouveau projet de société. Pour cela faut-il que des hommes politiques clairvoyants montrent la voie et que nous choisissions ceux-là plutôt que les pantins bonimenteurs qui ne font que reproduire sans cesse les mêmes schémas. C’est un choix politique majeur, une métamorphose qu’il faut faire ; c’est un choix qui nous appartient.

Le nouvel an est une période propice aux bonnes résolutions, profitons-en pour commencer à réduire progressivement nos consommations et faire des choix collectifs qui épargnent nos enfants et petits enfants plutôt que les contraindre à des lendemains peu souriants. Bonne année !

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15 décembre 2008 1 15 /12 /décembre /2008 17:16

Cest dans les années… 1940 qu’a commencé la sensibilisation à la nature. Ainsi, le Museum de Rouen innove en projetant des films scientifiques dès 1945 pour sensibiliser le public à la nature. Dans les années 1970, le même Museum met en place des expositions, causeries, projections, activités d’éveil pour les enfants et un centre de documentation largement ouvert. C’est dans la même décennie que ce sont multipliées, à l’initiative des institutions (museums, parcs naturels régionaux) et des associations, les activités de sensibilisation pour tous publics et surtout les jeunes : conférences, sorties nature, films, émissions radio et télé, publications, stages pour enseignants, etc… Que reste-t-il de ces centaines d’initiatives, à l’échelle d’une région comme la Haute-Normandie, une génération plus tard ? Des avancées certaines dans la sensibilisation du public, mais tellement de lacunes encore dans les comportements individuels et les décisions publiques… Il y a matière à s’interroger sur cette faible « rentabilité » pédagogique et la faible culture naturaliste qui en résulte.

La sensibilisation à la conservation de la nature se heurtait à des conceptions culturelles profondément ancrées de domination de la nature. L’éducation à la protection de l’environnement devait, avec difficulté, faire évoluer radicalement les comportements individuels. Qu’en est-il maintenant avec l’éducation au développement soutenable, qui suppose un changement global de la société et qui nécessite une démarche pédagogique plus complexe et plus transversale.

Sans doute faut-il commencer par le début, l’école. Si les fondamentaux de l’école sont bien lire, écrire et compter, ils doivent aussi intégrer les bases de notre relation biologique à la nature, ceci dès la maternelle et le primaire. Au cours des études secondaires, il convient de donner à l’écologie/environnement/développement soutenable le rang de discipline principale. En supérieur, il faut enseigner les données concrètes relatives au triptyque : bases de l’écologie/comportement individuel/gouvernance collective dans toutes les disciplines. Enfin, en formation professionnelle et continue et pour toutes les formations, il faut enseigner les aspects spécifiques des professions concernées quant à leur impact sur la nature.

Des initiatives nombreuses se poursuivent, tels que les « lycées du développement durable » (voir par exemple : http://lycees.ac-rouen.fr/delamare/developpementdurable/index.html ), et tant d’autres interventions comme celles d’associations (voir par exemple : http://www.cardere.org ) ou les CPN (http://www.fcpn.org ). Devant les périls qui nous menacent, il est grand temps que l’éducation au développement soutenable devienne une priorité nationale.

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18 novembre 2008 2 18 /11 /novembre /2008 09:01

            Le 4 novembre 2008, Barack Obama, métis dont l’histoire personnelle s’appuie sur trois continents, a été élu président des USA. C’est un fait historique souligné par tous les médias du monde. Obama, premier président de couleur aux Etats-Unis marque un tournant décisif dans l’histoire de ce pays. Bien que ce mouvement de fond ait déjà été lancé depuis quelques années, avec par exemple, la nomination de Condoleezza Rice, femme et de couleur, à la tête de la diplomatie américaine, cette fois-ci il s’agit d’une élection et donc d’un symbole plus fort encore.
        L’arrivée d’Obama coïncide avec la crise financière et économique, elle est le symbole, tout à la fois, d’une société apaisée et d’une société en déclin. L’élection d’Obama a valeur de revanche sur l’esclavagisme et la ségrégation ; c’est une revanche des opprimés sur l’histoire et aussi une revanche de l’Afrique où beaucoup considèrent Obama comme un « parent ». Mais que va peser demain la « petite nation américaine » de 300 millions d’habitants face à la Chine et l’Inde et leur 2,4 milliards d’habitants, soit 8 fois plus, le tiers de la population mondiale… Certes la démographie ne suffit pas à faire la puissance d’un pays, mais le nouveau monde multipolaire ne laissera sans doute plus les USA jouer le rôle de « maître du monde ».
         Le 20ème siècle fut celui des génocides, des guerres mondiales et du massacre de la planète. L’histoire dira si le 21ème siècle a commencé le 11 septembre 2001 ou le 4 novembre 2008. Souvenons-nous que les plus grands espoirs peuvent aussi faire naître les plus grandes désillusions, alors oui, you have a dream, faisons confiance à Obama, à l’Amérique, à l’Homme pour que le 21ème siècle commence enfin avec une société américaine qui occupe sa place, mais rien que sa place, qui ouvre la voie à une société multiraciale et un monde multipolaire, qui fasse de la lutte contre le réchauffement climatique un objectif mondial prioritaire comme Obama l’a annoncé lors de sa campagne. Quant à l’Europe, forte de près de 500 millions d’habitants, faudrait-il qu’elle existe vraiment lorsque nos responsables politiques auront compris les vrais enjeux…
        Le nouveau siècle sera ce que nous en ferons, un « temps des Lumières » qui répare la planète et sauve l’humanité ou un déclin irrémédiable qui pourrait mener à l’extinction de l’espèce humaine. Les USA ont beaucoup à dire et à faire à ce sujet. Comme Martin Luther King, I have a dream

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3 novembre 2008 1 03 /11 /novembre /2008 18:43

       Après la réforme de l’Etat, arrive celle des collectivités locales françaises. C’est une très bonne nouvelle tant la superposition des niveaux administratifs s’est accentuée depuis 20 ans, au point de devenir totalement illisible par le citoyen de base quand ce n’est pas par les élus eux-mêmes. (Voir aussi nos chroniques « Ferez-vous le 11 ? » du 22-01-08, « Faut-il supprimer les départements ? » du 11-03-08 et « DREALement vôtre ? » du 02-09-08). Un rapport parlementaire d’octobre 2008 préconise de « supprimer progressivement les pays, en prévoyant un transfert de leurs activités aux intercommunalités. »
     Les pays ont été créés afin d’inscrire l’action publique dans une cohérence territoriale qui faisait défaut, jusque là, aux structures existantes. Créés par la loi de 1995 pour l’aménagement et le développement du territoire (LOADT) et réformés par la loi de 1999 relative à l’aménagement et au développement durable du territoire (LOADDT), les pays sont définis comme des regroupements de communes liés par une communauté d’intérêts en raison de leur appartenance à un territoire caractérisé par une cohésion géographique, culturelle, économique ou sociale. En 2008, Le territoire français compte 371 pays, concernant 47 % des Français et 81 % de la superficie métropolitaine (voir le site www.paysdebray.org ). Les pays sont des territoires de projet qui épousent bien les bassins de vie, ils impulsent une réflexion coordonnée des acteurs locaux sans être porteurs de compétences spécifiques. C’est bien toute l’ambiguïté des pays que d’impulser sans gérer…
       Les pays sont dotés d’une charte qui exprime le projet de développement durable du territoire et vise à renforcer les solidarités réciproques entre la ville et l'espace rural. Le pays se rapproche d’un réel niveau d’administration en étant doté d'un conseil de développement, composé de représentants de la société civile, qui peut être consulté sur toute question relative à l'aménagement et au développement du pays. Les pays ont ainsi évolué vers la création, de fait, d’un nouvel échelon administratif (un pays peut être le support d’un SCoT : Schéma de cohérence territoriale). Certains parlementaires estiment, maintenant que la couverture intercommunale du territoire français est très avancée, que les pays ont rempli leur rôle et donc perdu leur justification. C’est aller un peu vite en besogne par rapport à des structures innovantes et aptes à la prospective.
       Pour évoluer, il y a trois pistes possibles : 1 - la pire, ne rien changer, une dérive trop fréquente des réformes à la française ; 2 - supprimer les pays en regroupant des intercommunalités existantes pour « coller » à des bassins de vie réels ; 3 - faire évoluer les pays vers des subdivisions administratives de proximité des Régions, en supprimant les départements et les cantons, devenus obsolètes.

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2 septembre 2008 2 02 /09 /septembre /2008 08:19

       Nous voici donc à l’heure de la RGPP. La Révision Générale des Politiques Publiques se met en place pour une application effective en région au 1er janvier prochain. Après une réorganisation des administrations centrales, c’est au tour des directions régionales de se réformer, amorçant ainsi la suppression de la présence de l’Etat dans les départements. Concernant l’environnement, le plus notoire à ce niveau sera le regroupement des DDAF et DDE en une DDT (Direction Départementale des Territoires). Il reste toutefois à régler quelques questions de calendrier et d’appellations définitives…

Au niveau régional, le nombre d’entités sera ramené à huit, dont une DRAAF (Direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt) et surtout une DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement). La DREAL devra correspondre aux attributions du grand ministère qu’est le MEEDDAT (Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de l’Aménagement du Territoire). Ce ministère se réorganise lui même en six directions générales (énergie et climat - infrastructures, transports et mer - aviation civile - aménagement, logement et nature - prévention des risques - sécurité et circulation routière).

Le simple énoncé des appellations témoigne de la rigueur de la réforme ! Le ministre lui-même est bien en peine de donner le nom exact de son ministère… Les libellés sont quasi illisibles par le public… Dans un « grand » ministère de l’écologie, la nature n’apparaît plus que comme une sous-partie de l’aménagement et du logement… Bref, c’est un gribouillis de réforme, appuyé pour partie sur le reclassement des « grands corps » de l’Etat…

Sans doute, réformer l’Etat pour économiser 7 milliards d’euros d’ici à 2011 est-il louable. Cette économie se traduira par la suppression de 3 500 postes au « grand » ministère de l’écologie, pourquoi pas. Mais avant de décharger l’Etat de certaines de ses prérogatives, peut-être faudrait-il avoir re-défini ses fonctions et celles des multiples collectivités territoriales. Dans ce contexte, la superposition des collectivités et territoires y afférant n’en facilite pas la lecture et exige une réforme drastique.

Le développement soutenable devrait relever directement du Premier ministre et constituer l’ossature même du gouvernement et de sa politique. Le gouvernement (et les directions régionales) serait alors structuré autour de quatre grands ministères : environnement, économie, société et gouvernance.

La lecture serait plus aisée et on pourrait pratiquer vraiment le développement soutenable et pas seulement discourir. Chiche !

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6 mai 2008 2 06 /05 /mai /2008 09:40

        Il a été beaucoup question de démocratie participative ces derniers temps et l’expression est devenue très tendance. L’affirmation que le fossé se creuse entre la « classe politique » et la population est étayée par de nombreux constats. Tout se passe comme si les décisions des élus étaient perçues comme de plus en plus déconnectées des réalités (Voir notre chronique « Vive 2008 ? » du 8-01-08). Pourtant, la concertation, la participation du public, le débat public sont de plus en plus présents dans de nombreux processus décisionnels. Ceci est particulièrement vrai dans le domaine de l’urbanisme, de l’aménagement du territoire et plus largement de l’environnement où la procédure d’enquête publique est réglementaire. Dans ce contexte où il est question de façon récurrente de démocratie participative, il y a lieu de s’interroger sur l’efficacité réelle des procédures en cours. D’abord, nombreux sont ceux qui revendiquent la démocratie participative sans l’avoir vraiment définie et sans en avoir précisé les règles.

De fait, on constate que la concertation est souvent « phagocytée » par des groupes de pression. Tantôt comités de défense qui confondent parfois préoccupations personnelles, certes légitimes, avec intérêt général. Tantôt lobbies, dont le lobby associatif dit de « défense de l’environnement », qui s’appuie trop volontiers sur des positions a priori plutôt que sur une analyse globale de la situation soumise à concertation. Dans le cas des enquêtes publiques, et plus encore dans les commissions « officielles », la société civile est, de fait, représentée par des associations… pas toujours représentatives. Les professionnels ne sont quasiment pas sollicités, et les élus locaux bien peu. Il faut donc améliorer ce système pour associer davantage les professionnels et la population. On pourrait faire le parallèle avec l’entreprise où les négociations se font avec des syndicats archi minoritaires.

La prétendue « démocratie participative » ne devient-elle pas dans ce cas une dérive de la simple démocratie en accordant une audience aux groupes de pression bien au-delà de ce qu’ils représentent réellement. Le Grenelle de l’environnement en est un des exemples les plus criants ! Si l’on s’interroge sur les principes démocratiques fondamentaux, la démocratie dite « participative » ne serait-elle pas tout simplement la démocratie représentative que nous pratiquons habituellement pour les élections « politiques ». Si le public ne s’y retrouve pas, c’est que cette démocratie-là fonctionne mal, en n’étant pas suffisamment partagée au-delà d’une « classe politique » restreinte.

Comment remédier à cela si ce n’est en permettant un partage du pouvoir beaucoup plus grand (Voir notre chronique « Ferez-vous le 11 ? » du 22-01-08).

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