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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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15 juillet 2014 2 15 /07 /juillet /2014 08:27

Bernard Boullard, né en 1927, est fils de paysans, et a toujours été fasciné par la nature. Il a commencé sa carrière comme instituteur de campagne dans le Calvados, puis a ensuite gravi les échelons universitaires, à Caen puis à Rouen, jusqu'au grade de professeur de biologie végétale. Pendant 40 ans il a donné des cours et des conférences, guidé des excursions et publié une bonne vingtaine d’ouvrages scientifiques, tout ceci lui conférant une notoriété nationale et internationale. Il est, entre autres, membre de l'Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Rouen et de l'Académie d’Agriculture de France. Il est aussi Commandeur dans l’ordre des palmes académiques et officier dans l’Ordre national du mérite.

Et voilà que la revue anglaise "The New Phytologist" vient de publier un article  sur les associations de champignons des couches fossilifères de la commune de Rhynie, en Ecosse. Cette découverte demande quelques explications que le professeur Boullard nous livre volontiers, en langage courant :

« Hormis quelques végétaux dont le « célibat » s’explique pour des raisons biochimiques, on peut affirmer que 95 % des plantes croissant actuellement sur notre planète contractent une « union » intime avec des champignons. Il ne s’agit pas là d’une galanterie, mais d’une absolue nécessité pour permettre le développement normal de la plante considérée. Ce phénomène de vie « ensemble » (on dit de symbiose) est particulièrement bien connu chez les Orchidées, les Bruyères, les ligneux de nos forêts… pour ne citer qu’eux ! C’est à l’étude de telles associations que nous avons consacré plusieurs décennies de notre carrière universitaire. En 2011, des chercheurs français et anglais ont uni leurs efforts pour reprendre l’étude de fossiles végétaux encore plus anciens du site de Rhynie, datant d’environ 400 millions d’années. Le succès étant au rendez-vous, les six chercheurs associés viennent de publier en 2014, une note relative aux associations de champignons et ils ont du attribuer un nom aux deux nouvelles espèces qu’ils ont observées. »

A l’une de ces deux nouveautés, ils ont donné le nom de Palaeomyces boullardii et s’en expliquent en ces termes : le nom spécifique (boullardii) honore le professeur Boullard qui fut parmi les pionniers dans l’étude des champignons associés à des plantes de Rhynie. Voilà une belle reconnaissance de la qualité scientifique de notre savant botaniste rouennais, d’autant que ce sera la troisième espèce de champignon à porter son nom ! Ajoutons que ce passage à la postérité est aussi un témoignage de l’engagement pédagogique du professeur Boullard et de sa très aimable bienveillance à l’égard de ceux qui ont la chance de l’approcher.

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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 09:12

Chacun connaît ce slogan « Fumer tue », d’un cynisme absolu puisque le tabac est vendu avec 80 % de taxes au « bénéfice » de l’Etat qui dépense largement plus en frais médicaux résultant du tabagisme… Dans le même esprit, peut être faudrait-il mettre à l’ordre du jour le slogan « Respirer tue » !...

L’approche de cette question est, bien sûr, très polémique entre chercheurs, lobbyistes et politiques qui défendent chacun leur vérité. Pourtant, c’est l’Organisation Mondiale de la Santé qui l’affirme, la pollution de l’air tue davantage que le tabac, rien que 3,7 millions de personnes sur la planète en 2012 ! L’OMS ajoute même, dans son communiqué de mars 2014, que la mauvaise qualité de l’air est désormais le principal risque environnemental pour la santé dans le monde, avec des chiffres qui ont quasiment doublé en une dizaine d’années.

Si l’Asie est de loin la zone la plus touchée, l’Europe est également concernée selon l’Agence Européenne de l’Environnement, avec notamment Luxembourg, Autriche, Allemagne, Belgique, Irlande et France qui sont les mauvais élèves, dépassant souvent les seuils d’oxyde d’azote (NOx) dont le transport routier est responsable à 40 %, selon l’EEA. C’est pourquoi, 200 villes européennes ont décidé de restreindre leur accès aux véhicules polluants en instituant des LEZ (Zones à faibles émissions) interdites aux véhicules les plus polluants, comme à Berlin (88 km2), Londres (1 600 km2), mais pas à Paris, la France n’ayant pas opté pour ce dispositif.

Mais consolons-nous… il y a bien pire que l’Europe ! Ainsi, à Sao Paulo, au Brésil, la mégapole de 11 millions d’habitants, 30 millions avec l’agglomération, voit son parc automobile augmenter de 500 véhicules par jour, 700 000 véhicules circulant en permanence, et tuant, accessoirement, 15 000 personnes en 2011… A Xingtai, la ville la plus polluée de Chine… on ne voit plus le ciel. Le niveau de particules fines PM 2,5 est souvent au-dessus de 300µg/m3 d’air, la norme OMS étant de 25. Quant à prendre des mesures drastiques, il n’en est pas question pour l’instant, cela porterait un coup à l’emploi local…

En France, on enregistre des progrès dans la mesure où les pollutions aiguës sont globalement moindres, mais elles ont été remplacées par une pollution chronique, ce qui n’est guère mieux. Quant à respecter les normes européennes, c’est au-dessus de nos forces, on préfère payer les sanctions financières à la Cour de justice de l’Union Européenne. Malgré ces aspects révoltants, ne désespérons pas, ici ou là les opinions publiques commencent à réagir, y compris là où l’on ne s’y attend pas : ainsi en Iran, un des pays où l’air est le plus vicié selon l’OMS, de plus en plus d’habitants participent à des manifestations contre la pollution de l’air !

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17 juin 2014 2 17 /06 /juin /2014 08:21

Pour oublier un peu les déboires d’une récente élection dans le village, ils avaient décidé d’organiser une fête des voisins et amis. Ils étaient tous là, Serge et Nadine, Christiane, Jacques, Geneviève, Stéphane, Sylvie, Pascal, Agnès, Edmond, Liliane, Christian et bien d’autres encore. Nicole était là aussi, arrivée un peu tardivement et péniblement, mais présente et visiblement ravie de retrouver toutes ces personnes qu’elle n’avait pas revues depuis un bon moment pour certaines.

Comme le veut cette tradition de la fête des voisins, chacun avait apporté son repas et un peu plus pour les autres convives, les voisins justement. Et on trinquait, et on plaisantait, et on riait. Une bonne ambiance, d’autant plus que les organisateurs avaient choisi un endroit insolite : la stabulation d’une ferme, mais sans les vaches tout de même ! Dans cet endroit, on pouvait s’en donner à cœur joie, avec la musique à tue-tête et des rigolades à n’en plus finir.

Passé minuit, Nicole se hasarda à quelques pas de madison, avec un succès très limité… mais elle pouvait prétendre qu’elle avait dansé, depuis si longtemps… A ce moment tout de même, elle se sentit fatiguée et fit signe à son mari que c’était l’heure de rentrer à la maison. Elle se leva pour dire au revoir aux amis qu’elle connaissait le mieux. Il y eut alors des sourires, des bisous, des encouragements, des propositions de se revoir, de faire ensemble des activités, de continuer à redresser le bateau ! Ce fut comme une vague, une déferlante peut être même, d’amour. Un amour pudique, celui qui caractérise la grandeur d’âme des Humains quand ils se comportent vraiment en Humains.

Nicole repartit donc vers la maison avec son cancer qui ne la quittait pas depuis des années… Mieux que la chimiothérapie, mieux que la radiothérapie, mieux que l’hormonothérapie, cette soirée lui fit le plus grand bien et elle sentit dans sa tête comme une brise légère avant de s’endormir dans les nuages.

Il se trouve que ce jour-là, c’était aussi l’anniversaire de son mari. Il eut le plus beau cadeau !

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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 08:52

Eh oui, le temps passe et vite encore. Quelle banalité. Il est des moments où les déboires ou maladies, d’amis chers ou de parents, nous rappellent cette évidence et suscitent la réflexion sur le temps qui s’écoule inexorablement. Ainsi avons-nous échangé quelques courriers avec Lucie et Gérard, voici le plus récent :

Merci donc Lucie et Gérard de votre lettre qui n’avait pour but que de nous dire que vous pensiez à nous. Merci beaucoup de cette délicate attention. Certes, « à la miaou, il y a de la joie pour les matous », mais nous avons bien senti dans ce courrier comme un rien de nostalgie, de fatigue, d’ennui… Mais comment ne pas éprouver ces sentiments quand vient l’âge, voire le grand âge et que l’un de nous ne « pète plus le feu », qu’il faut composer avec la fatigue, l’inaction, l’embrouille des neurones qui se mélangent un peu les pinceaux, sans compter la douleur que l’on ne peut pas partager ni soulager. Ainsi va la vie, moment éphémère dans un univers dont on ne voit ni les limites physiques, ni les limites temporelles. Ah bien sûr, ceux qui « croient » sont rassurés puisque c’est le paradis qui les attend (naïfs qu’ils sont !) ou 70 vierges pour leur plaisir (mais quel boulot !), selon les croyances… Mais nous, qui n’avons pas besoin de cet anti-dépresseur, savons que cette vie éphémère aura bien servi pour prendre plaisir « aux choses de la vie » et aussi pour apporter ce que l’on pouvait « aux autres », à nos enfants, notre famille, notre clan, notre tribu, nos « confrères » Terriens, ceux qui ne savent ni d’où ils viennent, ni où ils vont mais qui transmettent pour la suite, pour ceux qui viendront après.

Alors oui, il y a des moments de « vague à l’âme » que l’on peut comprendre, mais il reste de beaux jours encore, ensoleillés, fleuris, embaumés, et pourquoi pas… amoureux !

Même à un rythme plus lent, en sélectionnant les bons moments et laissant de côté les mauvais, il y a encore tant à faire, à goûter, à apprécier, à aimer.

Merci Lucie et Gérard de votre belle lettre qui nous permet, à nous aussi, de méditer sur le temps qui passe.

A bientôt, avec toute notre affection.

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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 08:00

VERS QUOI ?

 

Le réchauffement de la planète est donc avéré. Les conséquences en sont prévisibles, même s’il y a encore beaucoup d’incertitudes. On commence à savoir ce qu’il conviendrait de faire pour inverser le processus, ou au moins pour en réduire les conséquences. La situation, aussi grave qu’elle soit, n’est pas forcément désespérée, pourvu que l’on agisse fortement et rapidement.

Le GIEC a bien insisté le 13 avril 2014, lors de la publication finale de son 5ème rapport : le temps est compté ! Il faut donc agir vite et fort pour atténuer le changement climatique. Pour limiter le réchauffement à 2°, il faut réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 40 à 70 % d’ici 2050 et les réduire à zéro d’ici 2100. Vaste programme !

C’est ainsi que les Américains, jusque là peu enclins à prendre des mesures, envisagent des décisions drastiques pour réduire les émissions, adapter les villes aux conséquences attendues et assurer la transition vers une économie propre. Le sénateur Al Gore, quant à lui, insiste sur le fait que « l’atmosphère est un égout à ciel ouvert », mais il reste optimiste tant les gens ont été frappés par la multiplication des ouragans et inondations, ce qui les amènent à soutenir le président Obama dans ses initiatives. Tout ceci suppose un peu plus de coordination entre les membres du GIEC « qui savent, mais ne décident pas » et les politiques qui « décident, mais ne savent pas », ou n’ont pas envie de savoir…

Pour ce qui est de l’Europe, la Commission vient de présenter le « paquet énergie-climat 2030 » qui envisage de réduire les émissions de GES de 40 % d’ici cette date. Cet objectif, pourtant bien indispensable, paraît ambitieux dans la mesure où les objectifs 2020 ne seront sans doute pas atteints… Lors de leur réunion du 21 mars 2014 à Bruxelles, les chefs d’Etat et de gouvernements des 28 états membres ont décidé… de reporter à octobre 2014, voire début 2015, leur décision relative aux objectifs annoncés ! On peut espérer tout de même que ces discussions constitueront une opportunité pour repenser notre modèle de développement, notamment en ce qui concerne la sacro-sainte croissance. Ce sera particulièrement vrai pour le secteur agricole, puisque l’on prévoit une perte de production de blé de 20 % d’ici 2030.

En décembre 2015, la France sera « le centre du monde » puisqu’elle accueillera à Paris la 21ème Conférence de la convention des Nations Unies sur les changements climatiques, qui devrait sceller l’accord le plus ambitieux jamais pris pour limiter le réchauffement. Il y a du chemin à parcourir, mais espérons que la croisière, au moins un instant, s’arrêtera de chanter et danser pour regarder le gros obstacle qui est devant nous.

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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 07:59

CONSEQUENCES SUR LES HOMMES AUSSI

 

Au-delà des modifications que le réchauffement climatique va engendrer pour la nature, qu’en sera-t-il pour les Hommes ? Les mêmes causes auront des effets différents selon les endroits. Ainsi en Europe la pluviométrie abondante aura tendance à générer des inondations, alors qu’en zones tropicales ou équatoriales, il faudra concevoir des systèmes d’irrigation très performants. La terre ne deviendra pas invivable pour autant, pourvu que l’on prenne les problèmes à bras le corps pour se préparer à ces changements. Toutefois il faut s’attendre, outre les inondations ou sécheresses, à des maladies, des migrations, des pénuries alimentaires ou des conflits qu’il faudrait mieux anticiper dès maintenant.

Les vagues de chaleur intense vont générer des problèmes sanitaires, d’autant plus si dans le même temps, on est en présence de malnutrition ou de contaminations de l’eau. Ceci sera surtout le fait des pays en développement, mais l’Europe n’en sera pas forcément dispensée… L’agriculture va devoir s’adapter à cette nouvelle donne, avec sans doute moins d’eau disponible et des rendements moindres. Les modifications des écosystèmes vont générer une répartition différente des espèces sauvages, notamment des poissons, ce qui sera très dommageable pour certaines populations humaines dont c’est la nourriture principale.

Des ressources plus rares, comme l’eau ou le poisson, risquent d’être à la base de conflits. Ceci d’autant plus que l’on peut prévoir des migrations, venant notamment des pays en partie submersibles, et a fortiori, d’îlots du Pacifique par exemple, qui vont tout simplement disparaître dès les prochaines décennies. Faut-il rappeler que la première chronique de ce blog, le 4 décembre 2007, évoquait précisément cette question à propos de Tuvalu. Ainsi en Inde, le flux des « déplacés climatiques » est devenu une réelle préoccupation, et plus encore au Bangladesh. Même si le réchauffement n’est pas seul en cause, en 2012, ce sont 32 millions de personnes sur la planète qui ont dû être déplacées en raison d’évènements météorologiques extrêmes, plus de 80 états étant concernés.

C’est Mohamed Nasheed, ancien président des Maldives, qui déclarait en 2010 : Pour comprendre la réalité du réchauffement, il faut avoir de l’eau dans son salon. Une façon de dire qu’il est difficile de convaincre, et encore plus d’agir ! Mais s’il est plus que temps, il est encore temps…

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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 07:54

CONSEQUENCES SUR LA NATURE

 

Le réchauffement climatique, est donc avéré, ainsi que les désordres qui vont avec. Il faudra s’y faire ! Mais à quoi faut-il s’attendre ? On sait maintenant que les rapports successifs du GIEC ont souvent été « optimistes » et que les constatations s’avèrent plus aiguës que les prévisions.

Ainsi la température  a augmenté de 0,8 ° en moyenne entre 1901 et 2010. Elle pourrait augmenter encore dans la fourchette de 0,3 à 4,8° entre 2081 et 2100. Comprenons bien que cette augmentation est celle de la moyenne terrestre. Il va sans dire que celle-ci va fluctuer avec une amplitude bien plus importante, selon les saisons et selon les régions. C’est pourquoi la banquise arctique a diminué, en surface, d’un peu plus de 10 % depuis 30 ans et que les experts n’excluent pas qu’elle ait complètement disparu avant la fin du siècle. L’Antarctique est soumis à des phénomènes comparables, de même que les glaciers de montagne qui reculent de l’ordre de 11 % par décennie.

Tout cela contribue fortement à faire monter le niveau des océans. A cet égard le GIEC a revu ses prévisions de 2007 (élévation de 18 à 59 cm d’ici la fin du siècle) pour considérer que la mer pourrait monter de 26 à 82 cm d’ici 2100, en n’excluant pas que cette élévation moyenne puisse atteindre le mètre. « Accessoirement » les océans accumulent de plus en plus de carbone, ce qui les acidifie et modifie de façon significative les caractéristiques du milieu de vie, entraînant des migrations de poissons.

Ces évolutions vont générer des fluctuations climatiques qui pourraient être intenses dans certains cas, sous réserve de la difficulté de faire des prévisions précises à terme sur toute la planète. Ce qui est quasi certain, par contre, c’est l’amplification des épisodes climatiques. On a commencé à constater que certaines régions humides reçoivent de plus en plus de pluies et, inversement que les régions sèches sont de plus en plus sèches, comme en Australie ou en Californie où la sécheresse de début 2014 était la plus sévère depuis cinq siècles... Il y a donc une amplification des écarts, ce qui va faire de la ressource en eau un enjeu de première importance. Pour faire simple, on peut considérer qu’à chaque élévation moyenne d’un degré de température correspondra une réduction de la ressource en eau de 20 % ! D’où une certaine insécurité…

Ces modifications, parfois radicales, vont réduire les aires de répartition de certaines espèces végétales et animales et donc vont éroder la biodiversité, y compris pour les espèces communes et donc les services écosystémiques qu’elles nous procurent.

Et les populations ? Qu’en sera-t-il des terres submersibles par exemple ?

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6 mai 2014 2 06 /05 /mai /2014 08:21

UNE LONGUE HISTOIRE                

 

Voilà maintenant 26 ans, déjà, que le GIEC alerte sur les changements climatiques, avec un… relatif succès, si l’on peut dire, faute d’être vraiment écouté. C’est en 1988 que le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat a été créé par l’Organisation Météorologique Mondiale pour évaluer les informations du monde entier sur le climat. Dès 1992, lors du Sommet de la terre de Rio, le GIEC préconise de stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère à un niveau qui n’entraîne pas de perturbations dangereuses du climat.

En 2001, le GIEC en est à son troisième rapport qui apporte la preuve que le réchauffement observé depuis 50 ans est imputable à l’activité humaine. Le protocole de Kyoto vise à réduire les émissions de CO2 et entre en vigueur en 2005 : il concerne 36 pays développés et 107 en développement, mais l’efficacité du traité international est… très limitée. En 2006, Al Gore aux Etats-Unis fait le tour du monde avec son film « Une vérité qui dérange » et l’économiste Nicholas Stern assure que, faute de mesures adaptées, le réchauffement pourrait coûter 7 000 milliards de dollars à l’économie mondiale ! Les politiques, au niveau mondial, s’inquiètent et prennent conscience de l’urgence. En 2007, Nicolas Hulot parvient à faire signer son pacte écologique à tous les candidats à l’élection présidentielle en France. Beau succès médiatique, mais résultats modérés… La même année, dans son rapport, le GIEC monte d’un ton et s’inquiète de la multiplication des phénomènes climatiques extrêmes. En 2009, l’échec de la conférence onusienne de Copenhague est retentissant et le discours des climato-sceptiques prend de l’ampleur.

Le 31 mars 2014, le GIEC publie son rapport le plus complet et le plus alarmiste et là plus personne ne rigole ! Le réchauffement est plus important que prévu et les risques vont être difficiles à gérer. Les conséquences sont déjà là, devant nous, dans toutes les régions du monde, elles concernent l’agriculture, les écosystèmes, l’approvisionnement en eau, et donc la santé. Il est encore possible de s’adapter et d’atténuer le réchauffement en cours, si l’on prend des mesures rapidement.

Les faits sont là : l’année 2013 a été la 6ème année la plus chaude depuis 1850. En France, janvier 2014 a été le mois le plus chaud depuis 1900. On peut donc s’attendre à ce que des mesures radicales soient prises sous peu. D’ailleurs, en France, on a déjà commencé : on va « remettre à plat l’écotaxe » !

L’obstacle est devant nous, mais nous continuons à chanter et danser… La croisière s’amuse !

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29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 09:24

Mais pourquoi donc travailler ? A cette question saugrenue, la plupart des gens répondent pour gagner sa vie. Mais est-ce aussi simple et évident ?

Le travail permet de cultiver la terre et produire des denrées alimentaires, de construire des habitations et leur donner tout le confort voulu, ou encore enseigner les jeunes, maintenir la bonne santé de nos concitoyens, etc. En général, le travail présente une utilité directe parce qu’il sert à quelqu’un en répondant à l’un de ses besoins. Tout cela est assez simple lorsqu’il y a du travail pour tout le monde et que chacun y trouve son compte. Lorsque la situation économique est moins stable, les choses peuvent être d’une autre nature. La priorité devient alors l’emploi, justement pour gagner sa vie. Mais que penser si le travail a cette seule justification alors que, dans certains cas, il ne sert à rien, voire il va à l’encontre des besoins réels.

Ainsi à quoi peuvent bien servir des produits « consommables » surchargés en colorants, conservateurs ou autres arômes, sinon à nuire à la santé. A quoi peuvent bien servir des véhicules « suréquipés », ce qui signifie « équipés à l’excès, plus qu’il n’est nécessaire » (pauvres publicitaires qui n’ont pas eu l’idée d’ouvrir un dictionnaire !), sinon à encombrer notre vie avec de la technologie inutile. A quoi peuvent bien servir des emballages multiples sur certains produits, sinon à remplir notre poubelle et créer des emplois de recyclage. A quoi sert la publicité pour vanter les « mérites » de tel objet qui ne sert à rien, sinon faire vendre, dans le contexte des divagations psychotiques liées à la croissance et la domination du marché. A quoi peut bien servir une raffinerie obsolète, polluant l’air, l’eau et le sol depuis des décennies, ou une centrale nucléaire devenue dangereuse, que certains s’acharnent à défendre pour « sauver l’emploi ». Etc.

Bien sûr, l’élaboration de ces produits, ou services, génère de l’emploi. Mais à quoi bon travailler pour fabriquer des produits inutiles, voire nuisibles, pour le simple fait qu’ils génèrent de l’emploi et donc « font vivre ». ? Il ne serait pas plus malin d’élaborer des produits dont on a réellement besoin, sains, non pollués ou polluants, qui apportent une réelle contribution à notre bien être ?

Facile à dire ! Quant à le faire ? Mais enfin, qui va un jour poser ces questions ? Comment sortir de cette situation absurde de dichotomie dominants/dominés, riches/pauvres, pollueurs/payeurs, etc. Puissions-nous un jour devenir des Hommes, des vrais, qui auraient le sens inné du partage, de l’équité, de la fraternité ? Qui posera ces questions, des politiques, syndicalistes, associatifs, pour repenser la notion de travail, son utilité et sa place dans la recherche de la plénitude de chacun ? Brrr… je m’ébroue et me dis que je fais de drôles de rêves en ce moment. C’est à se demander d’ailleurs si ce sont des rêves ou des cauchemars…

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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 14:42

Tout se perd, surtout avec les jeunes qui sont très individualistes, ne veulent plus travailler et se foutent de tout… Et si c’était le contraire ? A chaque génération, la jeunesse est souvent perçue en opposition et inapte à assurer le relais de ceux qui précèdent. Mais dans une génération, comme dans tout groupe humain, une partie des individus ne comprend pas grand-chose au contexte, une autre partie est « au-dessus de la mêlée » et la grande majorité est constituée de « ventres mous » qui essaient de suivre comme ils peuvent, ceci étant une loi sociologique non écrite, mais souvent vérifiée…

Il est vrai que les récentes élections municipales ont mis en évidence un certain mépris de la société par une abstention très forte chez les jeunes. La récente enquête « Génération quoi ? », organisée par France Télévisions, Le Monde et Europe 1, éclaire le débat à cet égard : les jeunes de 18-34 ans ont répondu à 70 % qu’ils se sentent rejetés par la société française et que 61 % sont prêts à participer à un mouvement de révolte de grande ampleur, sachant que pour un jeune sur deux, ce sont les générations précédentes qui sont responsables de leurs difficultés.

N’y aurait-il pas dans tout cela un énorme malentendu ? En effet, les jeunes se revendiquent altruistes et militants, notamment à travers les réseaux sociaux, alors que les politiques ne leur demandent jamais leur avis… Ces enfants de la mondialisation cernent mal cet ennemi lointain et insaisissable qu’est la finance. Mais pour autant cette défiance vis-à-vis de la société ne réduit pas leur désir d’engagement. Ainsi, à y regarder de plus près, l’abstention record au 1er tour des élections municipales a été de 40 % globalement, mais de 72 % pour les jeunes sans diplômes ! Et de 31,5 % pour les jeunes diplômés de l’enseignement supérieur, soit 40 points d’écart entre les deux catégories.

A force de se complaire dans notre petit microcosme hexagonal, le « projet » de la France est devenu totalement inaudible. Les uns sont donc prêts à la révolte, tandis que d’autres ont d’ores et déjà entrepris de reconstruire cette société qui refuse le monde tel qu’il est. C’est ainsi que se développent les pratiques collaboratives, que ce soit pour le partage de biens : vélib, autolib, co-voiturage, habitat coopératif, achats d’occasion plutôt que du neuf, vente de produits de proximité, partage de connaissances, etc. Chacun devient davantage acteur de sa vie et participe aux décisions collectives, dans une économie circulaire et solidaire où l’usage prime sur la consommation. Bien sûr que ce ne sera pas facile, et même peut être utopique, mais n’y a-t-il pas là une reprise en main de son propre avenir qui lève un immense espoir à l’horizon de la jeunesse d’aujourd’hui ?

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