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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 08:06

            « La pollution atmosphérique est un cancérogène avéré pour l’homme. » Voilà ce que révèle le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), une agence de l’OMS (Organisation mondiale de la santé). Certes, la nature des polluants en cause et leurs impacts ont évolué, mais tout de même… Dès les années 1970, la préoccupation pour ces pollutions était à son plus haut niveau (http://www.michel-lerond.com/article-qualite-de-l-air-ou-air-de-qualite-55873434.html). Près d’un demi siècle plus tard, on compte encore 45 % de la population urbaine européenne qui est exposée à des polluants pouvant porter préjudice à sa santé (particules et ozone notamment), en sous-estimant toujours les pesticides, dont l’incidence sanitaire n’est pas étudiée comme il conviendrait.

En cette année européenne de l’air, il est donc opportun de rappeler que la question demeure. C’est dans ce contexte qu’il faut saluer des initiatives comme celle du CHU de Rouen qui organisait le 5 novembre la Journée de l’air, afin de faire le point sur les enjeux de santé (http://www3.chu-rouen.fr/internet/).

Le 12 décembre prochain, c’est l’AREHN (Agence régionale de l’environnement de Haute-Normandie) qui organisera un colloque sur le thème Quel air respirons-nous ? (http://www.arehn.asso.fr/9jdd/). La qualité de l’air, tant intérieur qu’extérieur, est aujourd’hui un véritable enjeu de santé publique. Des témoignages apporteront aux collectivités territoriales des clés pour agir et contribuer à l’amélioration de la qualité de l’air, même si l’impact est complexe à appréhender du fait du mélange des substances en cause, de leur concentration et de leur rémanence sur de longues périodes.

Le CIRC essaie d’envoyer un message fort vers les décideurs, politiques et industriels, pour tenter de provoquer, enfin, une véritable prise de conscience devant ce fléau planétaire, tant les pays émergents sont maintenant concernés. En France, nous ne nous embarrassons pas trop des directives européennes en la matière, continuons à subventionner le diesel, nous « révolutionnons » contre l’éco-taxe et… payons chaque année de l’ordre du milliard d’euros pour la prise en charge des maladies liées à la pollution de l’air. On a les moyens !

En 1975, un certain M.L. écrivait dans son Diplôme d’études supérieures de sciences : Le développement du cancer broncho-pulmonaire fait l'objet d'études car sa relation avec la pollution, si elle n'est pas douteuse, n'est pas toujours admise totalement. II faut tenir compte en effet à cet égard de l'influence du tabac sur les fumeurs. Néanmoins, l'augmentation du nombre de cancers des poumons en France doit attirer notre attention (CHOVIN et ROUSSEL, 1972). Rappelons enfin qu'en 1952, à Londres, quatre jours de "smog" particulièrement dense ont causé la mort de 3500 à 4000 personnes (DE SLOOVER, 1964).

Ah, mince alors, c’est ballot çà !

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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 08:30

 

Les « révolutionnaires » bretons, coiffés de bonnets rouges ont manifesté, avec violence, contre l’écotaxe. En fait, cette démarche se retourne contre eux, puisqu’en s’opposant à cette régulation fiscale de la consommation d’énergie fossile, ils encouragent implicitement à contribuer toujours plus au dérèglement du climat, à la pollution de l’air et à la dégradation de notre milieu de vie, ce dont la Bretagne est une des premières victimes ! Mais les campagnes s’inquiètent : http://www.michel-lerond.com/article-entendez-vous-dans-les-campagnes-56211750.html.

 

Des esprits « éveillés » ont prétendu que la Garde des Sceaux était apparentée aux singes. A tel point que, lors d’une manifestation à Angers, des enfants lui ont tendu des bananes en criant « tu pues »… ou encore « La guenon, mange ta banane », ces enfants étant encadrés par leurs parents. Personne n’a été inquiété pour insultes. Angers, la douceur angevine… (http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/11/02/01016-20131102ARTFIG00294-la-video-choc-de-christiane-taubira-insultee-a-angers.php).

 

Certains footballeurs professionnels vont se mettre en grève. Il est effectivement insupportable pour ces gens là de se voir taxés à 75 % la part de revenu qui dépasse le million d’euros, alors qu’ils ne gagnent, par an, que l’équivalent de quelques dizaines d’années de Smic… ou l’équivalent d’une belle école maternelle (http://www.michel-lerond.com/article-33268572.html). Mais les gladiateurs n’existent que tant qu’il y a du monde pour les regarder…

 

Mais rassurez-vous, c’est bientôt Noël. D’ailleurs, les magasins sont déjà remplis d’armes, oui vous savez bien, ce que l’on appelle des jouets, des armes de toutes sortes, factices bien sûr, mais tellement ressemblantes : http://www.michel-lerond.com/article-la-creche-de-la-guerre-93352248.html. Il y a le réel, mais aussi le virtuel, avec tous ces jeux vidéo où l’objectif est de détruire l’ennemi, l’étrangler ou le poignarder… A quelques semaines du centenaire de la première guerre mondiale, on se dit que décidément…

 

C’est bientôt l’hiver, donc bientôt le printemps. Un écureuil saute d’arbres en arbres près de la maison, rassemblant ses provisions. Il nous dit que la vie est là, que tout continue.

 

 

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5 novembre 2013 2 05 /11 /novembre /2013 07:39

 

A l’âge que j’ai maintenant, je suis une vieille mémé toute rabougrie, tassée et fripée, mais j’ai encore toute ma tête et je réfléchis. Je me dis qu’il s’en est passé des choses dans ma vie, et qu’on m’en a raconté des salades. Ben oui maintenant que je suis au début de la fin, je me demande bien qui va m’accueillir là-haut. On dit « là-haut », mais on nous met six pieds sous terre, pour pas déranger, donc on devrait dire « en-bas ».

Alors je m’interroge, parce que j’ai pas trop de religion, vu qu’on m’a pas demandé mon avis pour me baptiser et qu’on m’a forcé à faire ma communion, que moi j’avais refusée ! Et Dieu dans tout çà ? : http://www.michel-lerond.com/article-et-dieu-dans-tout-ca-59667710.html

Alors oui, qui c’est qui fait l’accueil là-haut, ou en-bas, je sais plus… Ben oui, parce qu’on dit « merci mon Dieu », ou on jure « nom de Dieu », comme si y en avait qu’un, mais ils doivent bien être plusieurs.

Les catholiques ont un Dieu qui est une seule divinité en trois personnes, juste pour compliquer un peu. Ils l’appellent Dieu. Les protestants ont un Dieu, mais ne prient pas le Christ, sauf certains qui le font quand même.  Les orthodoxes ont un Dieu, qui est le même que celui des catholiques et des protestants, mais ils l’appellent YHWH, ce qui est intraduisible… Les évangélistes ont un Dieu qui donne la foi pour permettre de vivre de son amour. Les juifs ont un Dieu qu’il ne faut plus appeler Yahvé parce qu’ils ne prononcent pas le nom de Dieu. Les musulmans ont un Dieu qui s'appelle Allah, ce qui signifie tout simplement Dieu. Les bouddhistes, eux, n’ont pas vraiment de Dieu. Un homme nommé Bouddha fut illuminé, mais ne s’est pas proclamé Dieu. Pour essayer de comprendre, j’ai consulté Wikipédia, le Dieu internet, mais ça m’a tout embrouillé…

Oh, mais c’est peut être un blasphème que de se poser toutes ces questions. Je verrai bien en arrivant en-bas, ou en-haut. S’ils m’envoient au paradis, ben je dirai rien, mais si je suis bonne pour l’enfer, alors là, je vais me rebeller et demander des explications. Ben oui, qui c’est qui décide s’ils sont plusieurs ? Je vais demander qu’ils réunissent le D7, le sommet des dieux les plus puissants de la Terre, euh de là-haut, ou d’en-bas, j’sais plus, pour statuer sur mon cas. Non mais ! Surtout que moi, j’ai rien demandé…

Et puis, mais comment ça se fait qu’il n’y a que des dieux. Y a jamais de déesses ? Oh, ça m’a l’air cousu de fil pas très net tout ça. Il y aurait quelques bonnes femmes dans cette affaire que ça pourrait remettre un peu d’ordre. Et puis, mais qu’est-ce que je vois, ils sont tous blancs ! Un peu de couleur ne leur ferait pas de mal non plus…

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29 octobre 2013 2 29 /10 /octobre /2013 09:04

 

            Cela se passe dans la jungle où nous observons les comportements animaux.

Là, au pourtour d’une petite clairière ce sont deux mâles mâtures qui se balancent des coups, dans le ventre, dans la tête, d’une violence inouïe. A l’écart, une jeune femelle est toute repliée sur elle-même, elle semble figée devant tant de haine. Elle gémit d’une façon plaintive, en ne comprenant visiblement pas la scène. Peut être une rivalité de mâles qui avaient des vues sur la même femelle ?

Plus loin sont tapis trois jeunes mâles. Ils observent une vieille femelle qui vient dans leur direction et quand elle est tout près d’eux, ensemble ils lui sautent dessus, la délestant d’on ne sait quoi, la molestant et la laissant quasi inanimée sur place. Sans doute une façon de se procurer un bien sans trop d’effort et sans scrupules…

Dans une autre contrée il s’agit cette fois de l’affrontement de deux groupes, surtout des mâles, mais parmi lesquels on distingue quelques femelles très vindicatives. Ils poussent des cris, des hurlements même, en se jetant les uns sur les autres, comme dans une guerre sans pitié. Un règlement de compte pour non respect des territoires, peut être ?

Enfin, là derrière de vieux arbres, on distingue à peine deux corps dont l’un est à terre, ensanglanté, la gorge ouverte et râlant abominablement… S’agit-il d’éliminer un rival pour toutes sortes de raisons ?

- Ah vous voulez savoir de quelle espèce parle-t-on. 

 - S’agit-il de mammifères ? Oui effectivement, ce sont des mammifères.

- Une espèce de singe alors ? Non, ce ne sont pas des singes, quoique, mais une espèce extrêmement proche.

- Ce ne sont tout de même pas ces grands singes supérieurs que l’on appelle Homo sapiens ? Mais si, mais si, il s’agit bien des hommes.

- Mais où donc a été fait ce reportage ? Oh c’est simple, il suffit de regarder un peu autour de soi, dans la presse en particulier qui relate ces comportements à la rubrique « faits divers ».

- En somme cette espèce peut encore progresser pour devenir totalement humaine ? Assurément, et nous sommes en bonne voie…

 

 

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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 08:15

 

            Alexandre a un gros tracteur, un très gros tracteur. La moisson de l’an dernier a été très bonne, excellente même et il en a profité pour remplacer son vieux Jaune Dair par un Hollande flambant neuf. Alexandre roule vite avec son gros tracteur, il veut montrer sa puissance, sa réussite. Sur les petites routes de campagne, mieux vaut ne pas le croiser… vu qu’il n’y a plus la place. Que voulez-vous, les routes ne sont pas assez larges. Alors, bien sûr, parfois il croche un panneau de signalisation. Mais que voulez-vous, ils ont été placés tellement près de la chaussée… Ou bien il laboure presque sur la route. Mais que voulez-vous, faut que ça soit propre et ne pas laisser de place aux mauvaises herbes…

On a raconté à Alexandre l’histoire de son arrière grand-père, Jules. Il était « livreur » chez son gendre Roger, lui-même « marchand de bestiaux » qui, en gros, achetait des vaches, veaux, cochons, le moins cher possible pour les revendre le plus cher possible. Et Jules, déjà bien âgé, était chargé de livrer quelques uns de ces animaux à courte distance. Cela l’occupait et lui permettait de se croire encore utile. Jules partait donc avec sa carriole attelée à une vieille jument qui était sa compagne de longue date, et il emmenait une ou deux vaches, quatre veaux ou autre. Mais au retour Jules avait un gros coup de pompe et… s’endormait. C’est alors que la jument, qui connaissait parfaitement la route, ramenait l’équipage à la maison…

Alexandre n’a pas cru cette histoire, pourtant véridique ! Il faut dire qu’il n’a pas la fibre nostalgique et qu’une jument revienne à la maison sans guide lui paraît totalement ubuesque et d’une autre époque. Pourtant il n’a pas conscience qu’en fait, c’est lui qui est ringard… Rouler avec un gros tracteur, ou une grosse bagnole, avec plein de chevaux… sous le capot pour aller vite et montrer sa force alors qu’il n’y a pas de nécessité à cela, c’est un fantasme de la fin du siècle dernier !

La tendance en ce nouveau siècle, c’est justement de n’utiliser que les engins dont on a vraiment besoin. Tenez, par exemple, Patrick vient de s’installer au Point du Jour, un nom qui sent le renouveau. Sur deux hectares, il fait un peu de maraîchage, cultive des fruits qu’il revend sous forme de sirops ou confitures et élève quelques volailles. Il n’a que très peu de matériel, vu qu’avec son ânesse qu’il a appelée Jonquille, il peut faire les plus gros travaux et livrer sa marchandise à courte distance. Il travaille avec son épouse et à deux ils assurent un revenu correct.

Quand il croise Alexandre, il se dit que ce gars-là est vraiment de l'ancien siècle !

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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 18:10

 

La mondialisation nous fait perdre nos repères traditionnels et génère des réflexes de défense par rapport à une uniformisation de nos manières de vivre. Dans ce contexte, la défense de la langue française revient de façon récurrente, ce qui est bien compréhensible. En effet, la langue est un élément essentiel de l’identité nationale à laquelle les Français sont très attachés. Périodiquement donc, reviennent les campagnes de défense de la langue, les pétitions contre telle décision universitaire, ou même des manifestations publiques.

Certes, ceux qui ont fréquenté une business school savent que le marketing international pratique peu le français. Il faudrait toutefois, assurer sinon le leader ship, au moins le maintien de l’usage du français. Pour cela il conviendrait d’utiliser des moyens modernes de communication tels que les mails, les SMS (Short Message Service) ou les MMS (Multimedia Messaging Service) en surfant avec son smartphone sur les réseaux sociaux tels que Google, Facebook ou Tweeter pour rappeler l’importance de notre langue.

On pourrait aussi utiliser davantage la TV, notamment en prime time, juste avant les news, pour faire de petits speechs avec un bon casting, des interviews de people, des talk-shows ou des one-man-shows en live, pourquoi pas des scènes de strip-tease, ce serait cool ! Naturellement cela demande un bon planning, un peu de brainstorming pour préparer les émissions, puis briefing et debriefing. On pourrait par la suite, tous les ans par exemple, en diffuser un best-of, ce serait glamour.

Il faudrait même, peut être, créer un lobby qui pourrait s’appuyer sur la jet set. Comme ces gens là sont fair play, ils ne manqueraient pas de révéler des scoops, à l’occasion de meetings par exemple, ou dans des newsletters.

Tout cela pourrait contribuer à booster l’usage du français. Mais bon, assez parlé, je me sens un peu overbooké et tout cela est un peu borderline. J’enfile mon pull-over, prends mon attaché-case, ma check-list de courses et je file vers un fastfood drive. Je prendrai juste un steack pour ce soir, avant ma séance de fitness, pour me redonner du punch !

Finalement tout cela me laisse assez perplexe, est-ce que ce combat ne serait pas un peu has been ?

  

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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 15:10

 

Dans le cadre de ses séances publiques, l’Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Rouen organise une conférence-débat le samedi 19 octobre 2013 de 17 H à 19 H en l’Hôtel des Sociétés Savantes, 190 rue Beauvoisine à Rouen (salle Daniel Lavallée). Entrée libre.

 

DES REGARDS SUR

LA COMMUNICATION EN ENVIRONNEMENT

 

- L'évolution de la communication environnementale au Port de Rouen :

         Mme Sandrine SAMSON, chef du service environnement du Grand Port Maritime de Rouen

 

   - Les idées progressent, mais le bilan s'alourdit... :

    M. Jean-Paul THOREZ, directeur de l’Agence régionale de l’environnement de Haute-Normandie

 

- Consom'acteur : manipulation ou nouvelle citoyenneté ? :

Mme Rebecca ARMSTRONG, consultante « Atelier durable »

 

 

ACADEMIE DES SCIENCES, BELLES LETTRES ET ARTS DE ROUEN

Tél : 02 35 07 76 04 – Site internet : academie1744.rouen.free.fr  – 

Courriel : academie1744.rouen@orange.fr

 

Merci de relayer cette information sur vos réseaux personnels, en souhaitant vivement votre présence.  

 

 

 

 

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 09:28

 

Dans la Somme, un projet de ferme dit « la ferme des 1 000 vaches » fait beaucoup parler. Le projet, mené par l’entreprise de BTP Ramery, prévoit de coupler l’exploitation avec une centrale électrique alimentée par le biogaz provenant des déjections animales. Des riverains et des associations de défense de l’environnement sont vent debout contre ce projet au motif qu’il va générer un trafic important de camions, consommer de l’eau en très grande quantité, faire courir un risque d’épizootie et surtout… parce qu’il est disproportionné par rapport à ce que l’on connaît de l’agriculture picarde.

Bien que la démarche soit très innovante, en couplant élevage et production d’énergie, il est sûr que l’on franchit là un seuil, en passant de l’agriculture à l’industrie, dans un esprit de gigantisme et de recherche de profit qui laisse, pour le moins, perplexe.

Mais regardons autour de nous, c'est-à-dire autour de la planète. En France, les cheptels de plus de 100 vaches sont encore assez rares. Au Danemark, la moyenne est à 110 vaches, mais en Californie on atteint 1 056 ! Encore plus fort : en Arabie Saoudite, 5 élevages suffisent à assurer l’autonomie de tout le pays en produits laitiers. La ferme de Al Safi a été la plus grande au monde avec 18 000 vaches Holstein en plein désert, pour une production de 122 000 litres de lait… par jour. Cette ferme est un modèle du groupe Danone qui envisage de la reproduire en différents endroits de la planète. Mais cela, c’était… en 1998.

Aujourd’hui, la plus grande ferme au monde est, peut être, celle de Fair Oaks farm, aux Etats-Unis (Indiana) avec environ 30 000 vaches. Celle-ci est ouverte au public, comme un parc d’attraction, pour assister au spectacle grandiose de la traite et ainsi « faire la promotion de l’agriculture durable ». Elle est couplée à une unité de production de biogaz qui alimente 42 camions de lait et le réseau de gaz naturel.

Mais ce n’est pas tout : en Asie aussi, le phénomène des méga fermes progresse. En Chine bien sûr où deux fermes Fonterra de 3 200 et 7 200 vaches ont été créées récemment. En Inde un projet de construction d’une dizaine de fermes de 3 000 vaches est en cours de préparation. Au Pakistan, l’industriel Engro Foods a en projet la construction de 100 fermes de 3 000 vaches chacune. Enfin un nouveau record est en vue avec le projet de TH Milk au Vietnam pour ouvrir en 2017 une ferme de… 137 000 vaches.

Ah la vache ! Je ne sais plus si j’ai encore envie de lait… et vous ?

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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 08:24

 

Chacun connaît le livre d’Alain Peyrefitte, le fameux « Quand la Chine s’éveillera, le monde tremblera ». On sait moins que l’homme politique avait repris pour titre, en 1973, une prophétie attribuée à Napoléon. Alain Peyrefitte défendait la thèse selon laquelle, les Chinois si nombreux allaient finir par atteindre un niveau technologique suffisant pour s’imposer au reste du monde. En 1996, il écrivait « La Chine s’est éveillée »…

La Chine est devenue un géant de la consommation, qui porte en soi sa fragilité : elle a d’énormes besoins en matières premières et énergie et doit importer, sa propre production ne suffisant pas. Comme nous le disions déjà il y a cinq ans (http://www.michel-lerond.com/article-20514236.html), la Chine est devenu « leader » en matière de pollution, d’émission de CO2 et de dégradations diverses de l’environnement. C’est ainsi que l’air de Pékin et de nombreuses villes est devenu irrespirable, suscitant l’émigration de Chinois parmi les plus qualifiés ou les plus riches. La croissance urbaine génère des migrations massives de ruraux vers les villes et compromet les équilibres écologiques.

L’ampleur des pollutions est telle que les manifestations et révoltes sont devenues courantes. Une conscience écologique est née et doit être prise en compte politiquement. Les questions environnementales sont devenues primordiales dans le débat public et mobilisent en particulier les jeunes.

L'Empire du Milieu n'aura d'autre choix que de réorganiser sa production, dans un souci de santé publique, de préservation de l’environnement et donc… de survie. C’est ainsi que la part des énergies renouvelables devrait passer de 10 à 15 % d’ici 2020. Mais rien ne sera simple pour assurer la consommation de 1,4 milliards de Chinois, soit 20 % des habitants de la planète, avec une perspective de 1,5 milliards en 2050. Il s’agit là de défis gigantesques pour les dirigeants. C’est ainsi que la Chine continuera à consommer massivement du charbon pendant longtemps, avec les inconvénients que cela présente en matière de rejets de CO2.

Les Chinois passent par les mêmes chemins que nous autres Européens, si ce n’est le changement d’échelle. Mais il faut convenir aussi que la Chine emprunte notre itinéraire, en allant plus vite que nous, y compris en termes de remédiation. La lutte contre les pollutions est en train de devenir un chantier des plus ambitieux de l’équipe dirigeante qui n’aura d’autre choix si elle veut maintenir une certaine stabilité sociale. Les Chinois revendiquent maintenant un « environnement propre » et vont devoir inventer des solutions nouvelles pour produire l’énergie, se déplacer, se nourrir. Une nouvelle révolution est peut être en marche, pour inventer une Chine écologique, en peu de temps !

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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 08:36

 

Notre société fonctionne de façon essentiellement verticale. Les décisions viennent d’en haut… et le « marché » définit ce que doivent être les comportements des consommateurs pour pérenniser le système… 

Mais il arrive, parfois, que la contestation d’en bas fasse remonter des considérations à prendre en compte… en haut. C’est ainsi que de plus en plus de frondes apparaissent contre des projets jugés inutiles. Des collectifs de citoyens, plus ou moins organisés, contestent alors des projets comme l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, dont on a beaucoup parlé, mais aussi des projets de TGV, d’autoroutes, d’aménagements urbains, de grands équipements sportifs, d’installation de traitement de déchets ou encore de production d’énergie. Il s’agit, de plus en plus souvent, de défendre une certaine idée du développement et de l’intérêt collectif, mais il peut s’agir aussi, de façon travestie, de défendre seulement son « environnement personnel », le Nimby n’étant pas mort (le Not in my backyard des années 1970). Quoi qu’il en soit, il s’agit bien là de l’expression d’un malaise vis-à-vis des processus de décision, alors que toutes sortes de procédures et instances ont été mises en place, avec des succès mitigés. Il y a bien une défiance des citoyens face aux institutions, en particulier de l’Etat.

La « classe » politique reste très conservatrice, s’interroge peu sur les rapports homme-nature et a bien peu intégré la culture du débat, y compris dans les organisations qui se revendiquent de gauche… Or, bien que l’on puisse regretter le déficit de prise de conscience de nos concitoyens sur les questions environnementales, celle-ci existe néanmoins et tend à se répandre plus vite maintenant avec les moyens modernes de communication. Si bien que l’information n’est plus confinée dans des cercles restreints, mais circule. Dès lors il n’y a plus de « vérité officielle » mais matière à discussion et remise en cause sur des problématiques qui sont rarement simples.

En somme le vertical ne fonctionne plus et doit laisser place progressivement à une approche plus horizontale. Le vertical, c’était le père, l’instituteur, le patron, le maire, le curé… l’horizontal, ce sera plutôt des comités de citoyens, des collectifs divers, organisés en relation avec des élus qui auront mission de prendre des décisions répondant à l’intérêt collectif. On pourrait appeler ce système « démocratie » ! , mais dans un contexte ouvert qui dépasse le cadre national pour aborder un monde nouveau en émergence. L’avenir est plus ouvert qu’il n’y paraît. Tout est à ré-inventer et donc le meilleur est possible, pourvu que les politiques soient réajustées et les lobbies « recadrés », mais aussi  que les citoyens soient pleinement responsables en plaçant le sens du collectif au-dessus des intérêts individuels. C’est d’une nouvelle culture dont il s’agit, peut être d’une nouvelle civilisation. Ce ne sera pas simple, mais quel défi passionnant !

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