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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 08:00

 

 

Voilà Noël et sa ribambelle de cadeaux, parfois douteux… Cela m’a rappelé un poème que j’avais écrit en 1967, et jamais publié. Le voici :

Un pistolet à air comprimé

C’est sa fête

Un char en matière plastique

C’est Pâques

Et à Noël

Sous le sapin

Une crèche

Et une panoplie de marine

L’enfant Jésus sourit

Le casque et le ceinturon

Sont pareils aux vrais

Joseph et Marie à genoux

Remercient Dieu

Les grenades ont des goupilles

Comme les vraies

L’âne et le bœuf

Semblent émus et ravis

Le fusil mitrailleur

Lance des balles

Comme les vraies

Le sapin est plein de lumières

De guirlandes de boules

            Et de paix

De paix, de paix, de paix

Le gosse déjà casqué

Bardé de munitions

Dit qu’il va jouer à la guerre du Vietnam

La guerre, la guerre, la guerre

S’il demande pourquoi il y a la guerre

Son père répond

Que c’est à cause de la politique

Sa mère ajoute

Que ceux qui font la guerre

Seront punis par le Bon Dieu

Le gosse rampe sous le sapin

Lance ses grenades

Et tire sur son viet

            C’est Noël

C’est la paix

Mais pour combien de temps.

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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 10:02

        En 2006, le Museum de Rouen prépare sa réouverture au public, après 10 ans de fermeture pour raisons de sécurité. Une nouvelle équipe est recrutée qui, sur demande de la municipalité, met en œuvre le nouveau projet culturel et scientifique. Très vite, naît l’idée de restituer à la Nouvelle-Zélande, qui le réclame depuis de nombreuses années, la tête humaine tatouée et momifiée, dite tête maorie, conservée au musée depuis 1875.

C’était le début d’une aventure laborieuse qui, pendant une décennie, a mobilisé le monde politique pour vaincre les obstacles juridiques à la restitution des restes humains. Depuis les années 1980 en effet, les Maoris réclament la restitution de ces têtes, qui furent prisées par les collectionneurs étrangers dès le XVIIIe siècle, suscitant un important trafic. Après bien des débats, une loi a été votée le 4 mai 2010, déclassant ces restes humains des collections inaliénables des musées, afin de pouvoir les rendre au Musée national Te Papa en Nouvelle-Zélande. La tête de Rouen a été restituée le 9 mai 2011 à la Nouvelle Zélande.

       Le film La fabuleuse histoire de la tête maorie du Museum de Rouen, écrit et réalisé par Philippe Tourancheau, a été projeté en avant-première le 4 octobre au cinéma Omnia République de Rouen. Il relate toute cette aventure et la replace dans son contexte muséographique et éthique (voir aussi : http://www.dailymotion.com/video/xiqz6t_sebastien-minchin-relate-la-decouverte-de-la-tete-maori-du-musee-de-rouen_creation et http://vimeo.com/22288017 .

        Il faut saluer ici le travail réalisé par Sébastien Minchin, conservateur du Museum de Rouen, qui par sa ténacité a permis un aboutissement heureux de toute cette affaire, en plaçant le Museum de Rouen à l’avant-scène sur une problématique nationale d’actualité.

        C’est ainsi, à la suite de « l’affaire de Rouen », que l’ensemble des têtes maories des collections de France se trouvent déclassées pour pouvoir retourner vers leur terre d'origine. Une vingtaine de têtes maories seront restituées en janvier 2012, à la clôture de l’exposition sur la culture Maorie au Musée du Quai-Branly à Paris. Tous les Maoris de haut rang, guerriers et chefs de tribus, étaient tatoués selon des motifs rappelant leur tribu. En effet, selon leurs traditions, la tête est considérée comme la partie sacrée du corps et le tatouage comme une véritable signature sociale et religieuse. Le peuple Maori avait ainsi coutume de conserver les têtes tatouées des guerriers morts au combat, et de les exposer dans un endroit consacré à leur mémoire, où chacun pouvait les vénérer jusqu’au moment où ils estimaient que l’âme du défunt était partie. Les têtes étaient alors inhumées près du village.

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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 08:16

 

Plus jeune, j’ai été fasciné, et effrayé, par Le Meilleur des mondes, le roman d’Aldous Huxley, publié en 1932. Dans cette société de science fiction, à bien des égards reflet de notre actualité, les humains sont tous créés en laboratoire et conditionnés pendant leur enfance afin d’occuper avec satisfaction leur position dans la hiérarchie sociale. Cinq castes sont bien séparées, allant des Alphas les dirigeants, aux Epsilons, conçus pour occuper les fonctions les plus simples. La reproduction est donc artificielle et la sexualité uniquement ludique.

Elle vient d’avoir 33 ans, et bien malgré elle, Louise Brown a peut être ouvert cette ère nouvelle qui s’apparente (jusqu’où ?) au Meilleur des mondes. Louise Brown fut, en effet, le premier « bébé éprouvette » en 1978 ; on dit maintenant une FIV (Fécondation in-vitro). Les choses ont bien évolué depuis : ainsi en 2009 aux Etats-Unis, 87 % des femmes ayant subi une FIV auraient pu avoir un enfant naturellement, mais ont opté pour cette méthode afin… de choisir le sexe du bébé, ce qui est légal aux USA. Dans ce cas seuls les embryons du sexe désiré sont implantés après avoir éliminé ceux qui sont porteurs d’une maladie génétique, tout cela pour un coût total de l’ordre de 25 000 $. Pour que cette pratique ne soit pas accessible seulement aux riches, un projet a été imaginé pour produire une émission de télé-réalité dont les participants sont des familles modestes voulant choisir le sexe de leur enfant. Selon le vote des téléspectateurs, la famille sélectionnée gagne une FIV gratuite ! On pense pouvoir bientôt choisir la couleur des yeux, ou autre. Il existe même des partisans d’un utérus artificiel qui pourrait libérer les femmes des contraintes de la grossesse. Le Meilleur des mondes, on vous dit !

Par ailleurs on nous affirme que les neurosciences vont permettre d’améliorer l’efficacité des messages de santé publique… pour la bonne cause. Dans le même ordre d’idée, le pistage de plus en plus fin des internautes permet déjà d’ajuster les messages publicitaires au profil des destinataires. Plus fort encore, des chercheurs prestigieux de Californie sont convaincus que d’ici 30 ans, les ordinateurs pourvus d’intelligence artificielle seront plus intelligents que leurs créateurs humains et pourront ainsi avoir des sentiments et de l’imagination. Du coup on pourra injecter des ordinateurs microscopiques dans nos veines et régénérer notre cerveau en permanence afin de nous rendre immortels, ou presque. Certains intellectuels américains pensent même que ces humains « augmentés » vont garantir à l’humanité une évolution vers un stade supérieur…

Cette « nature artificielle » pourrait bien compliquer un peu nos relations avec la vraie nature… Ce sera fascinant ou terrifiant Le Meilleur des mondes ?

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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 18:20

 

 

          Pour qui observe le monde de l’école, les drames individuels des profs qui sont « au bout du rouleau » ne sont pas rares. Les relations élèves-profs-parents sont parfois tendues, au point de déstabiliser des professionnels pourtant aguerris. Faut-il que les profs soient des héros ? Sans doute l'école en France n'est pas la "meilleure du monde"… mais elle est sûrement très honorable par rapport à bien d'autres pays. Toutefois, il faut aussi que l'école accepte de se remettre en cause. Si on lui fait tant de reproches, sans doute exagérés, c'est qu'il y a peut être tout de même un peu de vrai... Ainsi comment explique-t-on que les Français soient aussi mauvais en anglais ? la sensibilité environnementale aussi faible ? que des étudiants de master, ne connaissent pas la différence entre conseils régional et général ? que les maths soient toujours considérées comme matière essentielle pour la sélection. Comment se fait-il enfin que de telles bévues, soient le résultat des circulaires, des ministres qui changent, des inspecteurs... alors que les profs constituent la profession la plus organisée et structurée de France.

          Alors, la faute aux profs ? Non, ce serait trop simpliste bien sûr. Mais il faut aussi que les profs se remettent en cause. Le métier d'enseignant est un métier très noble, qui mérite le respect, mais très difficile, fatigant et qui, sauf exception, ne peut pas être exercé toute une vie. Il faut donc s’interroger sur les résultats et sur le statut même de prof. Les profs sont parfois déconnectés de la société dans laquelle nous vivons, tout simplement parce qu’ils vont à l’école comme élève, étudiant, puis… prof, sans être passés par la case « travail non enseignant ». Inventons un statut qui permette d’être prof pendant 5, 10 ou 20 ans, mais pas à vie. En fait, cette mobilité existe déjà, mais est très peu utilisée.

          Notre système éducatif reconnaît surtout l’intelligence conceptuelle (priorité aux maths), écartant les formations professionnelles, jugées secondaires, voire destinées aux faibles. Les intelligences manuelle ou sensible, ne sont considérées qu’au second plan. Seule l’école maternelle prend en compte cette diversité, puis l’école primaire maintient l’ouverture et le collège s’en écarte. L'école doit s'ouvrir davantage sur le monde, se renouveler, s'adapter à ses nouveaux publics et anticiper les évolutions. Bien sûr beaucoup a déjà été fait par de nombreux profs et établissements. Mais face à internet et la société multiculturelle, il faudra être encore davantage imaginatif plutôt que revendicatif, prospectif plutôt que conservateur. Quelle responsabilité collective et quel beau challenge ! Tout cela suppose plus de formation continue et plus de mobilité professionnelle pour pouvoir alterner des emplois, des statuts, en conservant une école publique et laïque. Vaste tâche et bon courage à ceux qui vont affronter une nouvelle rentrée dans quelques jours.

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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 16:39

 

           Le livre de Stéphane Hessel, Indignez-vous !  a connu un succès phénoménal, avec plus de 2 millions d’exemplaires vendus. Le paragraphe clé en est sûrement : « … le pouvoir de l’argent, tellement combattu par la Résistance, n’a jamais été aussi grand, insolent, égoïste, avec ses propres serviteurs jusque dans les plus hautes sphères de l’Etat. Les banques désormais privatisées se montrent d’abord soucieuses de leurs dividendes, et des très hauts salaires de leurs dirigeants, pas de l’intérêt général. L’écart entre les plus pauvres et les plus riches n’a jamais été aussi important ; et la course à l’argent, la compétition, autant encouragée ». On peut penser que cette flèche a atteint sa cible, venant de ce vieux monsieur de 93 ans, en réveillant la jeunesse que l’on pouvait croire endormie…

           Le mouvement des « indignés » s’étend maintenant dans toute l’Europe, avec pour point commun un rejet du monde politique et une opposition au « système » qui ne parvient pas à les intégrer dans la vie économique. Mouvement décentralisé, sans leaders, à la recherche d’une démocratie réelle, le mouvement des indignés est l’expression d’un « ras le bol » de la jeunesse, mais aussi de tous ceux que se sentent rejetés. Sans doute ce mouvement va-t-il connaître rapidement ses limites et il n’est pas sûr qu’après le « Printemps arabe », nous connaissions un « Printemps européen ». Mais on aurait tord de sous-estimer cette « révolution silencieuse » et pacifique qui vient comme un avertissement, pour refuser la dictature du fric. Il s’agit d’un mouvement qui s’appuie sur l’humain, qui revendique de participer au fonctionnement de la société plutôt que d’en être exclu par le chômage, malgré des niveaux de formation élevés. Les indignados européens regardent les politiques comme trop profiteurs, déconnectés des réalités et revendiquent leur participation aux choix de société.

           Les indignés sont éduqués, cultivés et conscients des perspectives d’avenir, de leur avenir. Alors que depuis le début de cette année, l’Agence Internationale de l’Energie a rappelé que le pic pétrolier s’est produit… en 2006 ;  que les perturbations climatiques se constatent un peu partout sur la planète ; que la catastrophe de Fukushima a réveillé des « peurs technologiques » ; les politiques continuent de gouverner à court terme, sans vision prospective, avec la croissance et la compétitivité pour seules boussoles. Nous voilà bien face à l’émergence d’une nouvelle façon de penser le monde, à « l’avènement d’une civilisation de l’empathie » comme le préconise l’essayiste américain Jeremy Rifkin (Une nouvelle conscience pour un monde en crise, ed. Les liens qui libèrent), alors que le discours ambiant déplorait les égoïsmes. Car il s’agit bien là d’une conscience altruiste qui prend en compte le fait que notre mode de vie n’est plus durable. Un immense espoir se lève, ne le gâchons pas !

 

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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 14:55

 

Nous avons remarqué, dans notre campagne profonde, que la lettre anonyme est un moyen d’expression assez répandu. En effet, ce vecteur de communication permet d’affirmer des tas de choses, souvent désagréables, sans preuve, sans être reconnu et donc démasqué. C’est finalement assez confortable pour faire passer des messages, des revendications, voire des dénonciations sur tel ou tel qui n’aurait pas respecté les règles de vie en commun, alors que nous-mêmes, bien sûr… Puisqu’il en est ainsi et que cette pratique est finalement assez productive, nous y souscrivons aussi. Après de fortes chaleurs et une sécheresse importante, voilà que la pluie a humidifié considérablement le jardin et que… c’est la fête aux escargots ! Je prends un stylo usagé, j’écris aussi mal que possible, avec des fautes d’orthographe volontaires (pour que l’on pense à quelqu’un d’autre que moi !) et je dépose cette missive, qui va faire mal, nuitamment dans la boîte aux lettres de la mairie :

 

Monsieur le maire,

Depuis quelques jours mon jardin est envahit par une véritable paiste rampante, gluente et pour tout dire repoussante. A tel point que les dahlias dépérissent, que les létues sont comme calcinées, dévorées, et mon oseille c’est pareil ! J’entends dire que mes voisins sont envahit par la même peste et qu’eux on ne les entend pas. Mais moi, j’ose vous dire monsieur le maire que cela ne peut plus durer. Si vous ne fêtes rien, cela va empirer et vous ne serez pas étoner que l’on se plaigne au conseil municipal. On sait bien qu’il existe des lois et qu’il faut les appliqué, mais vous vous devez appliquer aussi vos devoirs de police municipale. Et que font les employés communaux, sans doute trop payer, vous pourriez les faire travailler un peu pour combatre tout cette vermine. D’accord, vous n’êtes pas responsable de la pluie, mais vous devez la prévoir et surtout imaginer les dégâts qu’elle peut faire dans les jardins de vos braves citoyens. Je vous dis qu’y a qu’à les ramasser et les mettre en fourrière. J’en ai compter ce matin 47 dans les massifs de dahlia, 28 à proximité des salades et 73 dans le bosquet derrière la maison. Et puis, c’est pas des petits gris, c’est des gros, ceux de Bourgogne, ceux qui mangent le plus. Alors monsieur le maire, si dans les 48 heures vous n’avez pas pris les mesures qui s’imposent contre les escargots, je vous jure que j’irai me plaindre plus haut.

Toutes les salutation.

Signé anonyme.

 

Voilà, c’est fait, j’attends des décisions. Non mais !

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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 08:23

 

Chacun sait combien la pédagogie est un art difficile en matière d’environnement. Les choses les plus simples et de bon sens ne sont pas toujours évidentes pour tous. C’est ce qui explique que certains militants écologistes « en rajoutent » au point de devenir parfois un peu fatigants. C’est du moins la thèse de Sergio Emilson qui publiait fin 2010 Comment recycler les oiseaux mazoutés. Et autres bons conseils d’écologie horripilante, aux éditions Poils aux plumes. Sergio Emilson considère que l’écologie (politique) est devenue moralisatrice et culpabilisante et a décidé de réagir en la tournant en dérision pour essayer de la rendre plus humaine. Cet humour ravageur devrait permettre de prendre un peu de recul face à « l’écologiquement correct. »

Dès le début du bouquin, le ton est donné : « N’allez pas plus loin dans ce livre, vous avez déjà profité de l’introduction pour un prix raisonnable, portez-le sans délai au recyclage. »

Un certain cynisme peut faire rire : « Consommez uniquement de la viande provenant d’animaux ayant bénéficié du soutien psychologique d’un zoopsychologue qui leur explique le bien fondé de leur sacrifice. En général, elle est plus tendre. »

Soucieux de la biodiversité en plus : « Le miel, la cire d’abeille, la propolis, la gelée royale, mais vous pouvez pas foutre un peu la paix aux abeilles ? Elles vont finir par bosser pour plus rien du tout ! »

Et aussi le tourisme vert, oui mais vers où ? : « Appliquez la règle des trois P, Partir, Pas cher, Pas loin. Mieux encore, celle des 4 P, complétée par Pas du tout. »

Au fait de la question énergétique : « Le bois est le roi des énergies renouvelables, loin devant toutes les autres. Gardez-vous des mélanges des genres : pourquoi avoir construit votre éolienne en bois ? On se croirait au far-west ! »

Ou encore : « A l’heure où une grande partie de l’humanité ne mange pas à sa faim, consacrer des denrées alimentaires, comme les céréales ou les oléagineux, à la production de biocarburants est une hérésie. Biocarburants et sous-alimentation sont incompatibles. Aussi, avant de prendre le volant, assurez-vous d’avoir le ventre plein. »

Et enfin : « La centrale nucléaire de Sainte-Trouille-Lédoye-Croizet est livrée sans les piles. »

En résumé on en prend tous pour son grade. Sergio Emilson a peut être raison, son pastiche peut nous aider à reprendre nos esprits pour mieux faire passer le message…

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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 08:37

 

La révolution numérique est en marche, et alors que l’on ne cesse de regretter l’individualisme galopant, les réseaux sociaux explosent, recréant une communication, virtuelle certes, mais réelle. Ainsi le moteur de recherche Google a été créé en 1998 par deux étudiants en informatique de Californie, Larry Page et Sergey Brin. Aujourd’hui Google emploie 20 000 salariés dans le monde et est consulté par 146 millions d’utilisateurs par mois… Google s’est donné pour mission « d’organiser toutes les informations à l’échelle mondiale dans le but de les rendre utiles et accessibles à tous », 97 % des recettes étant apportées par la publicité. Quelle belle gueule, au moins en apparence. Facebook vise lui, juste le monopole de la gestion de nos identités sur la toile… Créé en 2004 par Mark Zuckerberg, étudiant à Harvard, ce réseau social compte 500 millions de membres et permet aux internautes de se construire des profils et de communiquer avec ceux des autres. Mais cette mine de données personnelles, qui peuvent être monnayées à des annonceurs en quête de publicités ciblées, pose quelques problèmes quant au respect de la vie privée. Quelle face de bouc !

Cette révolution n’a qu’une dizaine d’années et déjà Google va plus loin en proposant de devenir « le troisième hémisphère de notre cerveau ». Google conserve la trace de toutes les navigations, ce qui peut permettre de mieux cerner le profil d’un internaute. Facebook est une source d’étonnement devant le récit détaillé d’une mauvaise nuit ou d’un talon cassé avec commentaires... Insidieusement, le système amène à donner de plus en plus d’informations sur soi-même et construit ainsi un dispositif d’hypersurveillance très efficace.

D’autres réseaux, comme Yahoo, Twitter, YouTube, ou autres Microsoft, permettent de rétablir un peu d’équilibre par leur concurrence entre eux. C’est ainsi que Wikipédia, créé par Jimmy Wales et Larry Sanger en 2001 a pour projet fou de concevoir une encyclopédie en ligne, gratuite et rédigée par les internautes eux-mêmes. C’est aujourd’hui le 5ème site le plus visité du web, avec 17 millions d’articles en 270 langues et sans but lucratif.

Cette nouvelle société du numérique est soutenue par la déferlante des tablettes qui rendent accessible internet n’importe où et n’importe quand. Plus de 23 millions de Français sont équipés d’un téléphone mobile avec accès internet. Drôle de communication où chacun est dans sa bulle, seul mais ensemble. Communication restrictive sans doute, mais aussi très ouverte, dépassant les frontières, les cultures, les couleurs de peau, en somme une collectivisation de la pensée qui contredit l’individualisme. La société numérique bouleverse notre rapport à la réalité et invente une nouvelle communication. Elle aura une belle gueule ou une face de bouc ?

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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 08:24

 

De plus en plus souvent, lorsque l’on reçoit un courrier, ou un courriel, on peut se demander si les règles orthographiques n’auraient pas été abolies. De même, le style et la syntaxe de certains écrits laissent parfois perplexes. Si la dyslexie est bien une difficulté à identifier les lettres et les mots, les comprendre et les reproduire, on peut constater qu’il existe aussi une dyslexie culturelle qui consiste en la difficulté à identifier, comprendre et reproduire des faits simples dans une situation plus complexe. Ainsi, par exemple :

- Deux hommes, tronçonneuse au poing, frappent à la porte : Bonjour monsieur, nous sommes envoyés par EDF pour élaguer vos arbres qui gênent la ligne électrique. On pourrait penser aussi que ce sont mes arbres, qui étaient là bien avant la ligne électrique, qui sont gênés par celle-ci dans leur croissance.

- Nous avons assaini le marigot putride pour notre plus grand bien. Bon exemple de lecture inversée, alors qu’il faudrait dire que la sauvegarde des zones humides est indispensable à la biodiversité et à la régulation hydraulique, c’est à dire pour nos besoins primaires et notre bien être.

- Il faut assurer à nos entreprises un développement durable. Cette foutue traduction erronée de sustainable development n’a pas fini de porter préjudice au développement soutenable. Il ne s’agit pas que le mode de développement actuel dure ; au contraire, il faut changer ce mode de développement…

- Il faut modifier nos comportements pour sauver la planète. Il s’agirait plutôt de nous sauver nous-mêmes, Homo sapiens éventuellement menacés, la planète n’ayant besoin de personne pour survivre.

- Le réseau routier n’est pas adapté aux camions qui circulent maintenant. Mais ne serait-ce pas là encore une lecture inversée de la réalité ? Les camions sont devenus d’un tel format que la voirie rurale ne leur permet même plus de se croiser…

- Le prix des carburants est beaucoup trop élevé, il porte préjudice aux entreprises de transports. Pourtant c’est bien de l’inverse dont il s’agit, il faut augmenter le prix des carburants pour recourir davantage au rail et ainsi réduire la part des transports routiers très producteurs de gaz à effet de serre.

Voilà quelques exemples qui montrent tout l’effort de pédagogie qui reste à faire pour que l’on puisse apprendre à poser un diagnostic et élaborer un raisonnement qui mette les choses dans le bon ordre… En particulier, notre relation à la nature demeure largement entachée d’un sentiment de domination sur celle-ci, qui nous égare par rapport à la réalité des choses.

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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 08:09

 

La société française vieillissante semble avoir peur de sa jeunesse, forcément un peu remuante. La jeunesse semble perçue comme un danger plutôt qu’un atout. La marmite intergénérationnelle est sous pression, tant les disparités se multiplient entre jeunes et seniors, en termes d’emploi, de logement, de richesse ou de précarité. Et les jeunes ont contre eux de ne pas être très « rentables » électoralement : ils votent peu ou pas…

On sait combien il est toujours difficile dans ce pays de regarder le long terme plutôt que de se complaire dans l’esprit franchouillard, conservateur, rentier… qui prend peur à l’idée d’imaginer un avenir différent, plutôt que s’accrocher égoïstement aux « avantages acquis ». C’est à peine caricatural que d’affirmer que les seniors sont préoccupés par leur retraite et leurs placements tandis que les jeunes le sont par leur emploi (ou non emploi) et leur logement (ou logement précaire). Ainsi le pouvoir politique protège les aînés, qui votent, reportant la charge financière sur les jeunes actifs, par ailleurs largement absents du débat politique. C’est ainsi que notre parlement est composé essentiellement de mâles sexagénaires cumulards…

Il faut être aveugle pour ne pas voir que l’on entre dans une période difficile, avec une dette monstrueuse laissée en héritage aux générations à venir, un pouvoir politique largement autiste et parfois menteur, et une perte de toute autorité. Et cela d’autant plus que la peur, toujours mauvaise conseillère, recrute massivement chez les jeunes eux-mêmes. Les Français ont peur de tout, du monde et des autres, se sentent en insécurité et veulent éradiquer tout risque réel ou supposé dans tous les domaines. C’est bien une souffrance qui s’exprime ainsi. Les jeunes perçoivent la société comme une machine à exclure, en commençant par l’école, où toujours domine la compétition. Ainsi, malgré des discours enflammés, l’orientation vers l’enseignement professionnel, par exemple, continue à se faire par défaut, alors qu’il y a tant à inventer, à innover avec intelligence dans ces métiers. La grève, la manifestation dans la rue, l’acte violent deviennent alors un rite de passage à l’état d’adulte responsable.

Pour éviter l’affrontement des générations, il faudrait vite réinvestir dans la formation des jeunes, en rajeunissant les concepts. Il faut donner la priorité à l’emploi des jeunes pour une véritable insertion dans la société et leur permettre de participer réellement à la décision politique pour réinventer une société multi-générationnelle et multi-culturelle. Au fait, partager l’emploi, la richesse et le pouvoir, ce ne serait pas cela la gauche ?

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