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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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5 août 2008 2 05 /08 /août /2008 08:50

Toute petite déjà, elle était enjouée, enjôleuse même et déterminée, indépendante.

Depuis le jardin corrézien de son enfance, elle apercevait, très très loin, le massif du Sancy. De longue date, elle sut que c’était là qu’elle s’installerait un jour. Ce qu’elle fit.

Elle était devenue « sourilleuse ». Ce nouveau métier, dont le nom résultait de la contraction de sourire et travailleuse, avait acquis ses lettres de noblesse depuis que ces gens-là avaient révolutionné les campagnes en apportant des services aux plus âgés, aux plus démunis ou simplement aux habitants d’un petit territoire. Tantôt infirmière ou assistante sociale, elle était aussi l’animatrice d’un réseau rural d’entraide, de convivialité, voire d’amitié ; elle était le sourire de son pays, tour à tour conseillère et confidente.

Son compagnon, rencontré dans les monts Dore, était paysan. De cette « nouvelle race de paysans » qui avait contribué à réinventer une agriculture de proximité, respectueuse du milieu naturel, prodigue en fruits, légumes ou volailles de qualité, mais aussi en paysages restaurés.

Ainsi ensemble, ils avaient contribué à retisser un lien social très fort dans les campagnes, en harmonie avec la nature.

Un jour que le soleil sombrait enfin sur le plateau de Millevaches, après une journée harassante de chaleur, Emma regarda son compagnon fixement dans les yeux, avec son sourire, toujours séducteur et un rien dominateur. Elle le fixa longuement, sans mot dire, puis d’une voix douce et décidée, lui déclara : « fais-moi un enfant, maintenant on est sûr qu’il pourra être heureux dans ce pays que nous avons mis si longtemps à reconstruire ». Et… le monde allait pouvoir continuer.

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22 juillet 2008 2 22 /07 /juillet /2008 08:52

           Au creux de l’été, quatre mini-nouvelles font patienter pour un retour sur l’actualité de la rentrée.

 

Elle était là, devant lui, belle, très belle, et nue. Toute nue bien sûr, puisque les grenouilles ne portent pas de bermuda, même l’été. Ses yeux fixes et brillants exprimaient un je ne sais quoi de nostalgique.

Elle s’est un peu redressée, cabrée légèrement, comme si elle voulait exprimer quelque chose. Le garçon ne bougeait pas, surpris de tant de candeur. Elle se cabra encore, le fixa dans les yeux, et lui dit…

Ce garçon ne savait pas que les grenouilles parlaient. Elle exprima d’abord une sorte de colère en répétant : « quôa, quôa, quoi, quoi, qu’est-ce que c’est ? Toi l’Humain, sache bien que nous aussi les grenouilles, nous aimons cette Terre, nous avons besoin de la Terre, de ses prairies, ses haies, ses mares, pour nous nourrir, nous ébattre, nous reproduire, sauter et chanter les soirs d’été. Dis-leur à tes frères humains qu’ils seraient bien inspirés de respecter un peu plus notre Terre pour le bien de tous, les grenouilles, les libellules, les mésanges, les orchidées, les renards, les bourdons, les roseaux, les hirondelles, les hérissons, les belettes, les lézards, les… » Elle s’arrêta, essoufflée, la colère retombée. Elle baissa les yeux et se tassa un peu sur elle-même.

Le garçon, stupéfait, osa timidement : « Madame la grenouille, je vous promets que je veillerai à ce que la Terre reste belle. »

D’un coup, la grenouille sauta dans l’eau et disparut.

Lucien revint vers la maison, en sautillant, le cœur tambourinant, une grenouille lui avait parlé et il avait bien compris le message.

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20 mai 2008 2 20 /05 /mai /2008 09:15

          Le 8 mai, comme chaque année, et jusque dans le plus petit village, la France a commémoré la fin de la seconde guerre mondiale, terminée officiellement le 8 mai 1945 au lendemain de la capitulation sans condition de l’Allemagne nazie.

Le 10 mai, à l’initiative de Jacques Chirac reprise par Nicolas Sarkozy, a été commémoré l’abolition de l’esclavage en France.

Certes, il faut se souvenir des guerres, génocides et autres crimes qui ont entaché le 20ème siècle. Il est indispensable de conserver la mémoire de ces faits, même s’il eut été sans doute plus judicieux, comme l’avait proposé Valéry Giscard d’Estaing, de rassembler toutes ces commémorations en un seul jour, un « Memorial day » à l’américaine, plutôt que de multiplier les dates anniversaires qui ne manquent pas de susciter maintes polémiques de caractère historique.

Mais entre le 8 et le 10 mai, vous avez entendu ce silence assourdissant… Pourtant le 9 mai, c’est la Fête de l’Europe. C’est en effet le 9 mai 1950, qu’à l’initiative de Jean Monnet, « père de l’Europe » et de Robert Schuman, ministre français des Affaires Etrangères, est née la CECA (Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier), ancêtre de l’Union Européenne. En 1985, les Etats membres ont décidé de fêter la Journée de l’Europe chaque année, dans tous les pays européens, pour rendre hommage à ce moment fondateur que fut le 9 mai 1950.

Ainsi, en France, on commémore à tout va des faits historiques, alors que l’on passe sous silence la création de l’Europe, fait majeur et pacifique du milieu du siècle dernier. Pourtant, l’Europe est une magnifique opportunité pour affronter les grands défis du 21ème siècle naissant, que ce soit en termes d’énergie (comme à l’origine de l’Europe !), de prévention des risques climatiques, de préservation de la biodiversité ou de l’eau.

Ce silence signifie-t-il que nous préférons nous réfugier dans un passé, parfois calamiteux, plutôt que nous projeter dans un futur qu’il faut reconstruire ensemble ?

Mais au fait, qui donc déclarait à Dakar le 26 juillet 2007, à propos des Africains : « Jamais l'homme ne s'élance vers l'avenir. Jamais il ne lui vient à l'idée de sortir de la répétition pour s'inventer un destin ». Puissions-nous, nous autres Européens nous inventer un destin et nous élancer vers l’avenir…

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29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 09:30

A propos d’habitat aussi, on ne parle plus que développement soutenable. Réjouissons-nous que l’architecture, enfin, fasse grand cas de l’environnement. Ici ou là en France, les expériences et projets pilotes se multiplient.

Ainsi, l’architecture bioclimatique est devenue très tendance, même si sous ce vocable « nouveau » se cache bien souvent un retour au simple bon sens. Quoi qu’il en soit, l’architecture bioclimatique essaie de tirer profit des conditions naturelles en veillant à l’exposition du bâtiment, à exploiter des énergies renouvelables et utiliser des matériaux respectueux de l’environnement.

Partout, les réalisations se multiplient, en privilégiant surtout les innovations énergétiques, de la maison individuelle jusqu’aux éco-quartiers, en passant par toute sorte d’équipements collectifs. Un cas particulièrement intéressant est celui du Logis d’Osmoy, réalisé par le Collectif Poitevin pour le Logement et Sipea Habitat à Poitiers. Cette résidence a été lauréate du prix Confort de vie 2007 qui récompense les réalisations répondant aux critères d’accessibilité pour tous, de respect des exigences de développement soutenable et de basse consommation d’énergie. Cette maison relais offre une alternative de 14 logements pour des personnes en situation d’isolement ou de désocialisation. Des informations complémentaires sont disponibles sur les sites : www.asso.agglo-poitiers.fr/fiche.php?fiche_id=438&offset=238&ID_ville=8 et www.sipea-poitiers.fr

Sans doute peut-on aller plus loin encore, comme l’envisage le conseil régional de Haute-Normandie, en conditionnant les aides à la construction par le recours obligatoire à la HQE (Haute Qualité Environnementale).

Pourtant une préoccupation majeure de la fin du 20ème siècle, à savoir respecter les grandes caractéristiques régionales des constructions, semble assez oubliée dans cette nouvelle donne de la construction. Sous prétexte de maison « en bois » ou « bioclimatique », il semble que l’on excuse tout le reste. On pourrait pousser un peu plus loin la démarche et, à cette occasion, réinventer un habitat régionalisé, ceci particulièrement en milieu rural.

Comme toujours les bonnes idées ont aussi leur revers. Des constructeurs européens de maisons individuelles vont bientôt commercialiser des maisons préfabriquées, économiques et… écologiques. Veillons à ne pas tomber dans les écueils de la standardisation monotone de nos campagnes au prétexte… d’écologie.

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22 avril 2008 2 22 /04 /avril /2008 09:19

           Extrait de « Lettre de mon village… planétaire » (ma lettre professionnelle) N° 10, mai 2008, en avant-première pour les lecteurs de ce blog. Les personnes intéressées peuvent demander cette lettre (numérique ou papier) à michel.lerond@wanadoo.fr

Cette lettre professionnelle N° 10 sera la dernière. C’est en 1992 qu’a été publiée la première, afin de maintenir un contact avec mes amis et relations professionnelles. Voilà donc plus de 16 ans que j’exerce la profession de consultant en environnement. Sans que cela puisse être démontré, je fus l’un des tous premiers à exercer ce nouveau métier. J’en ai retiré beaucoup de satisfactions, en intervenant sur tout le territoire national et en participant à la belle aventure de l’avènement de l’évaluation environnementale. J’ai appris énormément dans cette fonction, notamment combien notre planète, notre pays, notre région, sont endommagés sur le plan environnemental, malgré les progrès considérables qui ont été accomplis depuis une vingtaine d’années. Mais j’ai eu le plaisir aussi de constater combien progresse la prise de conscience de la nécessité d’agir sans plus attendre.

Auparavant, j’avais créé et dirigé pendant une décennie l’Observatoire Régional de l’Environnement de Haute-Normandie, structure qui a évolué vers une agence régionale en 1996 ; j’en suis fier. Là, j’avais appris la patience pour voir l’aboutissement d’une idée simple : rassembler l’information sur l’environnement régional pour la rendre plus accessible. Mais j’ai aussi pu expérimenter le fait que la détermination d’une petite équipe peut vaincre bien des obstacles pour faire avancer des idées qui n’étaient pas encore largement partagées à l’époque.

Avant encore, une décennie passée au Museum de Rouen m’avait procuré les joies de la vulgarisation scientifique, et appris que l’on a toujours tort d’avoir raison trop tôt. La pédagogie de la nature était un concept élitiste dans les années 1970 et vouloir faire du Museum, ce concept du 19ème siècle, un lieu de culture et un outil pour l’avenir relevait  quasiment  de  la  provocation.  Des  divers projets de rénovation, aucun ne vit le jour et l’établissement fut même fermé pendant dix ans, pour « raisons de sécurité ». Quelle joie de le voir réouvert maintenant, avec des perspectives d’évolution.

Plus tôt encore, c’était en 1961, autant dire la Préhistoire, j’avais créé le Club International des Naturalistes Bucheois. Le « Village planétaire » déjà, soit un réseau de correspondants naturalistes (par courrier postal bien entendu) entre une soixantaine de jeunes d’une dizaine de pays et les quelques naturalistes amateurs de Buchy (mon village natal en Normandie), sous le patronage d’Ernest Noury, éminent cécidologiste et figure locale. Quelle aventure pour les jeunes que nous étions à l’époque où les médias parlaient essentiellement des « Blousons noirs »…

Tout au long de ces années, j’aurai été animé essentiellement par la volonté de « faire passer le message ». Rien n’est gagné et il faut encore convaincre bien des acteurs économiques, des élus et une partie du grand public.

Maintenant que le terme de ma « carrière » se profile à l’horizon, j’achève les prestations en cours et souhaite poursuivre cette démarche, initiée il y a près de cinquante ans en vous donnant rendez-vous sur mon blog (www.michel-lerond.com). Là nous pourrons échanger encore sur les constats, les avancées en matière d’environnement et de développement soutenable, et aussi de tout ce qu’il reste à faire.

Emma, Victor, Lucien et leurs copains sont nés avec le siècle ; eux n’auront pas à tergiverser avec les questions qui nous animent depuis si longtemps, ils devront agir vite et avec une grande efficacité. Puissions-nous leur ouvrir quelques voies, leur donner quelques clés pour que tout cela n’ait pas été inutile.

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15 avril 2008 2 15 /04 /avril /2008 09:25

         S’insérer dans le monde du travail n’est pas toujours facile. Aussi faut-il ne pas perdre de vue quelques repères :

- Dans l’euphorie des « 30 glorieuses », la classe politique n’a pas entendu les avertissements du Club de Rome (1972), pas plus que ceux du premier choc pétrolier (1973) et a continué son chemin sans avoir su anticiper les évolutions fortes pour mettre en adéquation les formations et les métiers. L’enseignement supérieur n’a toujours pas tranché le vieux débat sur l’université créatrice de savoirs et d’érudition ou bien lieu de formation professionnelle et se trouve maintenant en grand décalage avec l’offre d’emplois.

- Maintenant, le développement soutenable est présent partout, au moins en termes d’annonce, et les formations professionnelles n’échappent pas à cette tendance lourde. Chaque année, en France, plus de 15 000 étudiants suivent un cursus spécialisé dans ce domaine qui ne compte pas moins d’environ 800 formations, niveau bac + 2 et davantage. Attention aux désillusions… Certes les secteurs de l’eau et des déchets continuent de recruter, comme celui des éco-industries, mais le gisement d’emploi n’est pas… renouvelable indéfiniment, malgré l’enthousiasme des jeunes pour ces nouvelles professions. A l’inverse, les secteurs les plus attractifs (protection de la nature, paysage, biodiversité) ne représentent que 6 % des emplois du secteur.

- Le futur peut paraître redoutable. Au chômage s’ajoutent l’érosion de la biodiversité, les modifications climatiques, l’appauvrissement des énergies fossiles ou l’ouverture des marchés à l’échelle planétaire, autant de facteurs qui laissent penser que le monde ne sera désormais plus le même.

- Mais il y a un avenir heureux, puisque tout est à reconstruire. Il est devenu nécessaire d’inventer une autre agriculture, une autre façon d’habiter, une autre façon de se déplacer, une autre façon de travailler. Il n’y a plus d’alternative, pour durer la société doit changer et c’est collectivement que nous devons évoluer pour inventer les métiers du futur et leur rétribution équitable.

Le monde est à refaire. De quel projet plus noble peut-on rêver, pour retrouver le sens de l’avenir en commun, redéfinir les objectifs économiques, partager les gains de notre travail entre Nord et Sud et restaurer un environnement planétaire dégradé. Certes il y a beaucoup à faire, c’est l’entreprise de toute une génération, ce qui demande beaucoup d’intelligence, de connaissances, de sens du partage, mais qui donne un sens à ce siècle et à la vie de chacun.

Bonne chance pour vous insérer dans ce vaste chantier.

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8 avril 2008 2 08 /04 /avril /2008 10:05

          En 1990, lors de la publication d’un ouvrage sur Rouen*, Jean Lecanuet, alors maire de Rouen, me félicitait pour « les belles pages que j’avais écrites sur Rouen ». Qu’on me permette de citer ma première phrase… : La Seine, gigantesque oméga qui se prélasse entre les frondaisons, s’est lovée en un repli utérin pour engendrer une ville : Rouen. J’ai voulu insister, par cette formule, sur l’importance du fleuve pour la ville et quelques temps plus tard, je proposais à des responsables de l’aménagement urbain et portuaire l’idée de réserver dans l’urbanisme de l’agglomération une longue coulée verte, allant du nord-est au sud-ouest, afin de réconcilier la ville avec son fleuve. Cette idée… sombra dans la Seine, comme tant d’autres ! Mais les idées finissent toujours par germer et bien que modeste encore, cette « diagonale verte » a commencé à exister. Depuis quelques années, l’aménagement « vert » des rives du Robec (affluent de la Seine) et de la Côte Sainte Catherine constitue un parc naturel urbain qui ne demande qu’à se développer.

Rouen, c’est en effet une ville un peu « coincée entre Paris et la mer » comme dit le géographe Yves Guermond, mais c’est aussi une lumière tout en nuances qui a fait le bonheur des peintres impressionnistes tel Claude Monet. Après un divorce entre la ville et le fleuve, voilà que la réconciliation est en cours. Les bords de Seine, maintenant plantés, constituent une promenade de choix avec restaurants et salles de sport. C’est aussi la meilleure tribune pour admirer les voiliers de l’Armada qui sera de retour en juillet 2008.

Doucement, le centre de Rouen glisse vers la Seine, avec des projets de restructuration urbaine, de nouvelle gare, d’éco-quartiers, de parcs urbains.

Il ne restera plus qu’à prolonger cet aménagement plus en amont du Robec, et à travers le port maritime pour ainsi réaliser cette diagonale verte qui unirait la ville, son fleuve et les forêts péri-urbaines. Rouen, autrefois seconde ville du royaume de France, est en train de renaître. Bienvenue à sa première femme maire qui saura faire souffler la brise du renouveau urbain.

On trouvera de plus amples renseignements sur le site  http://www.editions-bonneton.com/ pour les encyclopédies régionales, http://www.armada.org/Presentation pour la prochaine Armada, et http://www.rouen.fr/ pour la ville de Rouen.

 

* Michel Lerond ; Jean-Pierre Chaline ; Marie Pessiot ; Alain Gasperini ; Catherine Vaudour ; Guy Nondier ; Christian Goubault ; Yves Guermond.- Rouen.- Editions Bonneton, 1990.- 320 p.

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1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 08:40

Qui a dit : « Je vous préviens, si nous ne faisons rien, le tableau de notre planète en 2030 ne sera pas agréable à regarder… Je ne dis pas que cela est bon marché ou facile… L’ennemi est connu. Il s’appelle carbone. Nous devons combattre cet ennemi en lui imposant un prix élevé. » Un écolo catastrophiste ? Un « décliniste » ? Non, c’est Angel Gurria, secrétaire général de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique).

Qui a dit : « Il semble qu’il y ait une tendance à l’accélération (de la fonte des glaciers) sans qu’on puisse en voir la fin… Des millions, si ce n’est des milliards de personnes dépendent directement ou indirectement de ces réserves naturelles d’eau pour l’eau potable, l’agriculture, l’industrie et la production d’énergie électrique… » ? Un autre écolo ou décliniste ? Non, c’est Achim Steiner, secrétaire général adjoint des Nations Unies.

Qui a dit : (Les émissions mondiales de gaz carbonique, d’origine humaine, ont augmenté entre 2000 et 2006 à un rythme de 3% par an) «  ce qui est déjà au-dessus du scénario de développement le plus pessimiste imaginé par le GIEC. » Encore un écolo décliniste ? Non, c’est Valérie Masson-Delmotte, chercheur au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement.

Certes, depuis quelques années, nombre de dirigeants et de citoyens ont pris conscience des enjeux planétaires en matière de modification du climat. Mais le défi est devant nous : c’est dans la décennie qui vient que tout se joue !

L’OCDE définit quatre domaines pour lesquels il y a urgence : le changement climatique, la diminution de la biodiversité, la rareté de l’eau et l’impact des pollutions et toxiques sur la santé humaine. Il est clairement annoncé que les pays doivent modifier la structure de leur économie, appliquer des normes et réglementations plus strictes et travailler en commun à la réduction de l’effet de serre, notamment par l’introduction d’une taxe carbone.

Alors qu’il faut réduire dès maintenant les rejets de gaz carbonique, d’ici à 2010, la Chine en émettra 2 à 4 fois plus que prévu !

D’après certains experts, le pétrole sera à 200 dollars à la fin de cette année et le scénario à 380 dollars imaginé pour 2015 n’apparaît plus fantaisiste.

Nous devons changer nos comportements, chacun de nous comme les gouvernants, collectivement à l’échelle mondiale. Vaste programme !

Des informations complémentaires sur le rapport de l’OCDE sont disponibles sur le site : www.oecd.org/environnement/perspectives2030

Voir aussi mes chroniques « As-tu vu Tuvalu ? » du 4 décembre 2007, « Durable ou soutenable ? » du 26 décembre 2007 et « A quand les 200 dollars ? » du 12 février 2008.

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25 mars 2008 2 25 /03 /mars /2008 09:05

        L’association « Les Chemins de traverse », que j’ai l’honneur de co-présider avec Robert Barbault du Museum national de Paris, propose la  mise en place de la Nef Végétale, associant végétaux et céramique dans un espace patrimonial du Pays de Bray, le château Renaissance de Mesnières.
      La Nef Végétale est une étrange fontaine céramique des plasticiens Jacques et Juliette Damville, qui évoque une sorte de navire, un gros poisson dont on visite les entrailles, une grotte mystérieuse. C’est un abri pour rêver, mais aussi une arche-refuge avec son mât de nidification, son bain d’oiseau et ses flancs tapissés de plantes indigènes. C’est un hymne à la réconciliation des activités humaines avec la nature, un lieu d’émotion.
        La Nef Végétale est une œuvre collective qui associe les travaux de divers ateliers préparatoires à une construction artistique et monumentale. C’est un projet de pays, une œuvre qui s’insère dans l’environnement local en proposant une rencontre onirique entre l’art et la nature.
        Grâce au sol riche en argile de belle qualité du Pays de Bray, les arts du feu ont pris beaucoup d’importance dans le vécu de la population locale. De fait, une importante activité de céramique architecturale et terre cuite se perpétue depuis plusieurs siècles : briqueteries, industries, potiers. Un objectif essentiel de la Nef Végétale est de maîtriser le dialogue entre un patrimoine historique remarquable et une création résolument contemporaine. C’est est une œuvre en symbiose avec le patrimoine brayon, vivante et évolutive où le végétal joue un grand rôle : le revêtement céramique à l’extérieur sera conçu pour recevoir des plantes. Il s’y mêlera des éléments sculptés et émaillés dont les tonalités seront en harmonie avec le cadre. Les circulations d’eau ont également leur importance : le bassin sert de réserve pour l’alimentation des bains d’oiseaux qui à leur tour desservent l’irrigation de certaines zones choisies.
      On trouvera de plus amples renseignements sur le site http://www.penserpaysage.blogspot.com , article du 26 décembre 2007, avec les liens utiles vers http://www.seinemaritime.net/tourisme/Portraits-de-Seinomarins/Ca-commence-ici/Juliette-et-Jacques-Damville, dans la perspective d’une fin de réalisation pendant l’été 2008.

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18 mars 2008 2 18 /03 /mars /2008 09:22

               « Et voilà monsieur, cela fait huit z’euros. Je vous rends douze sur votre billet de vingt z’euros »…  A l’époque des francs, les problèmes de liaison ne se posaient pas, mais avec la voyelle de début du mot euro, si !
        Sans doute, la caractéristique d’une langue vivante est-elle d’évoluer, encore faut-il que cette évolution s’inscrive dans une logique sémantique ou grammaticale. Cette liaison « mal à propos » entre huit, vingt et cent z’euros nous écorche les oreilles chaque jour, traduisant sans doute une forme de dyslexie très répandue. Qu’y faire, sinon revenir à des fondamentaux un peu oubliés en matière d’apprentissage de l’orthographe.
        L’évolution du vocabulaire et de sa prononciation fait sans doute l’objet d’études et d’interprétations sociologiques. Si c’est le cas, il serait intéressant de s’interroger aussi sur les contorsions buccales occasionnées par le mot challenge. Prononcer « cha-lan-je » et non pas « t’cha-laine-n’ge » avec diphtongue appuyée qui voudrait sans doute attester du dynamisme et de la conviction de celui qui s’exprime… Quant au management, il peut tout aussi bien se prononcer « ma-na-ge-ment » plutôt que « mai-nai-j’menne-‘te », on gèrera les choses aussi bien !
       La théâtralisation des mots permet, tout à la fois, d’exposer sa méconnaissance ou d’étaler sa culture. C’est comme cela que l’on voit parfois qui sont les zéros…
        Mais la mise en scène des mots peut aussi nous offrir la douceur d’un poème, le frisson d’un drame ou l’exclamation d’un rire. Des mots au théâtre il n’y a qu’un pas que vous pourrez franchir en allant sur le site très fleuri de François Vicaire : http://theatreennormandie.com

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