Les gros soucis du monde d’aujourd’hui : le climat.
Lorsque Antonio Gutteres, Secrétaire général de l’ONU, déclare à Rio en novembre 2025 à l’occasion de la COP30 : «Nous avons échoué», tout est dit hélas ! Précédemment il avait déclaré que «notre planète est au bord du gouffre», sans réactions…
Le climat est perturbé par les émissions de gaz à effet de serre qui proviennent essentiellement des activités humaines. De nombreux indicateurs révèlent ce dérèglement, notamment l’augmentation des températures à la surface de la Terre et l’élévation du niveau moyen des océans, depuis un siècle. L’Accord de Paris, lors de la COP21 en 2015, avait prévu de limiter le réchauffement planétaire à 1,5°C… ce qui sera probablement dépassé dès 2027 et on envisage un réchauffement de l’ordre de 4° d’ici 2100. Cela n’est pas sans conséquences dans la mesure où ce fait va générer des régions invivables, avec des températures humides supérieures à 35° et donc une mortalité croissante (déjà 546 000 décès annuels dus aux chaleurs extrêmes dans le monde entre 2012 et 2021, surtout en Afrique, Moyen Orient et Asie du Sud). Cette situation a commencé à engendrer des pénuries (le stress thermique interrompt la floraison et donc pas de fruits, ni légumes, ni graines…) et des migrations (quand les récoltes s’effondrent, on migre d’abord vers les villes, puis vers l’Europe…). Par ailleurs le niveau des mers a monté d’environ 23 cm par rapport à 1900. Ce rythme s’accélère depuis quelques années pour atteindre 26 mm entre 2019 et 2024, ce qui donnerait théoriquement 52 cm pour le 21 ème siècle, soit le double du 20 ème… On commence à voir les reculées de parties des littoraux et les effondrements de constructions trop près de la mer. Quant à la disparition des glaciers, elle pourrait atteindre son pic dans les années 2050 avec 2 à 4 000 glaciers en moins par an dans le monde. Après des inondations suite à la fonte des glaces, le manque d’eau dans les vallées en aval va devenir préoccupant pour des millions de personnes sur la planète ce qui entraînera des migrations de populations.
A l’origine de ces gros soucis, les émissions de gaz à effet de serre se répartissent en quatre sources grossièrement égales : transports et activités de raffinage, production d’électricité et chauffage, agriculture et déforestation, industrie. On arrive maintenant au « toujours plus » : plus chaud, plus froid, plus sec, plus humide, et les choses semblent aller plus vite et plus fort que prévu. La Terre pourrait avoir déjà franchi plusieurs points de non-retour, en lien avec le dégel du permafrost (terres gelées des zones polaires qui libèrent du méthane en fondant), la déforestation de l’Amazonie (qui abrite 10 % des espèces de la planète) et le blanchiment des coraux. Le CO2 d’origine fossile constitue les 2/3 de ces émissions mondiales qui ont augmenté de 62 % les 30 dernières années, essentiellement en Chine et aux Etats-Unis. Dans le même temps, les émissions ont baissé en Europe, à l’exception du secteur des transports, tout comme en France.
Globalement, la crise climatique est un multiplicateur de risques. Outre les conséquences sur l’approvisionnement alimentaire, la santé humaine, les dévastations d’infrastructures et d’habitations, le dérèglement du climat (ouragans, inondations, sécheresses ou feux de forêts) va induire à la fois une dégradation des écosystèmes et une instabilité géopolitique avec la multiplication des crises alimentaires et des migrations.
A suivre…