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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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27 février 2026 5 27 /02 /février /2026 09:20

La biodiversité : rappel des faits.

     Les soucis relatifs à la biodiversité nous concernent à tous les niveaux, mais deux domaines sont particulièrement préoccupants à l’échelle mondiale quant à leurs conséquences : les forêts et les océans.

     Concernant les milieux forestiers, l’exemple le plus significatif est sans doute l’Amazonie. Cette immense forêt tropicale, déjà soumise aux stress provoqués par le réchauffement et les sécheresses intenses, est en train d’affronter la déforestation. La cause principale de cette situation est la culture du soja qui sert essentiellement à la nourriture du bétail (80 % de la production) dans le monde entier, y compris l’Europe. La demande massive de viande (2 millions d’animaux sont tués par minute dans le monde !) nécessite de grandes surfaces cultivées pour alimenter ce bétail. Moins d’élevage industriel ce serait moins de soja, moins de déforestation et donc plus de milieux naturels protégés. Une fois de plus la synergie biodiversité/climat est éloquente : une forêt tropicale présente cette particularité exceptionnelle de produire en partie la pluie et donc moins de forêt équivaut à moins de pluie, plus de sécheresse et une transformation progressive de l’« ancienne » forêt en savane. Depuis 2008 il existait un moratoire interdisant l’achat de soja brésilien cultivé sur des terres déforestées, celui-ci est devenu caduque. C’est donc la moitié sud de l’Amazonie qui est menacée de disparition pour cultiver du soja.

     A propos des océans, c’est une hécatombe pour les coraux selon les scientifiques. Dans les Caraïbes la couverture de coraux a baissé de 48 % entre 1980 et 2024, à peine un demi siècle, en relation avec l’augmentation de la température moyenne de la mer. Les récifs coralliens des Caraïbes représentent 10 % de la superficie mondiale de ces structures vivantes. On comprend quel est l’impact de cette évolution quand on sait que les coraux hébergent 25 % des espèces marines dont dépendent un million de personnes… Le changement climatique, avec l’acidification des océans et les pollutions, menace fortement les coraux. La France est concernée dans les Antilles et l’Océan Indien où l’on constate un état de dégradation d’environ 60 % dans les stations prospectées.

     La France n’est pas épargnée par ces chutes de biodiversité. Une étude de début 2026 montre que l’abondance des oiseaux est inversement proportionnelle au taux de pesticides épandus. Cette étude portant sur les oiseaux communs près des terres cultivées a démontré la contamination généralisée de la biodiversité par les pesticides. Cela montre indirectement l’impact existant aussi sur les insectes et micro-organismes. A cela s’ajoutent les facteurs liés à l’intensification agricole tels que la diminution des prairies (Entre 1990 et 2018, en France métropolitaine ce sont 60 000 ha de pâturages naturels qui ont été artificialisés) et l’arrachage de haies (On estime que 70 % du linéaire de haies a été détruit en France durant le XXème siècle) qui contribuent à la réduction de la biodiversité.

     Avec ses départements d’outre-mer, la France est riche d’un patrimoine de près de 23 000 espèces endémiques (11 % de la totalité des espèces inventoriées), ce qui lui confère une grande responsabilité, alors que 20 % seulement des habitats naturels sont dans un état favorable.

A suivre…

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commentaires

P
C'est vrai, Michel, mais on y a quand même beaucoup gagné !! On n'a plus besoin de nettoyer les pare-brise des voitures après un long trajet... (sic)<br /> Il est vrai qu'ici (la Réunion), on est un peu moins touchés par les ravages directs de l'intensification agricole (malgré l'omniprésence de la canne), insectes et oiseaux restant assez présents (on a même à nouveau des couples de roussettes nicheuses depuis 2 ans), mais par contre, nous sommes beaucoup plus vulnérables aux grands changement indirects : acidification et réchauffement des océans (notamment pour le corail, comme tu le soulignes), mais aussi impacts des modifications climatiques, avec l'intensification des cyclones, des fréquences/intensité de pluies qui modifient les cycles de l'eau et modifient fortement nos 200 microclimats.
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M
Merci Philippe de ce témoignage. Bien sûr les conséquences observables de nos méprises sont différentes entre la Réunion et la métropole, mais ce n'est guère mieux d'un côté comme de l'autre... Espérons que le monde se réveille et que de nombreux jeunes, lucides, puissent inverser ce mauvais courant !