Les conséquences d’une économie obsolète.
Les Nations Unies, dans leur récent rapport du Programme pour l’Environnement viennent de révéler que pour un dollar investi pour protéger la nature, le monde dépense 30 dollars qui contribuent à sa destruction… Chiffre pour le moins inquiétant d’autant plus qu’en 2020, le Forum économique mondial rappelait que la moitié du PIB mondial était dépendant de la nature. Eh oui, alimentation, climat, eau, sols… nous appartenons à la nature et en dépendons. En quelque sorte nous sommes en train de scier la branche sur laquelle nous sommes assis ! On continue à allouer des subventions publiques pour soutenir les énergies fossiles, des modèles agricoles ou industriels nuisibles pour la nature et dans le même temps des financements très réduits en faveur du vivant. Face à cela restons calmes plutôt que proposer des solutions inter-planétaires, par exemple, en installant des centres de traitement de données ou des usines sur une autre planète comme le préconisent certains « avant-gardistes » afin de suppléer aux limites terriennes… La Terre resterait ainsi une zone écologique protégée… Quel beau monde ! Possible ou pas, cette vision futuriste doit nous inciter à réfléchir à la possibilité, ou pas, d’avoir recours à ces technologies pour corriger les impacts sur la nature. Ainsi est-il certain, par exemple, que la géo-ingénierie (technologie de dimension planétaire) puisse corriger le réchauffement dû aux GES ? C’est sans doute aller bien vite sur l’analyse des conséquences possibles en termes de risques bien plus redoutables encore.
Notre économie est devenue paradoxale en fournissant des biens que nous apprécions, créant des emplois et dans le même temps générant des pollutions et nuisances néfastes pour notre milieu et notre vie elle-même. Inversement, sans usines, nous n’avons plus ni voiture, ni logement… plus rien. Quel dilemme ! De plus, la mondialisation des affaires a favorisé les productions à bas coûts, avec des nuisances dans d’autres pays, des transports interplanétaires et une perte d’activité chez nous, d’où fermeture d’entreprises et chômage : en 2025 en France, 179 sites industriels ont fermé pour 116 crées, surtout dans les secteurs de l’automobile, métallurgie et alimentaire. Alors ? Comment repartir du bon pied ?
Nous sommes au seuil d’un effondrement de notre civilisation industrielle, auquel nous participons, notamment par nos achats. A quoi peuvent bien servir des produits « consommables » surchargés en colorants ou conservateurs, sinon à nuire à la santé. A quoi peuvent bien servir des véhicules « suréquipés », ce qui signifie « équipés plus qu’il n’est nécessaire ». A quoi peuvent bien servir des emballages multiples sur certains produits, sinon à remplir notre poubelle et créer des emplois de recyclage. A quoi sert la publicité pour vanter les « mérites » de tel objet qui ne sert à rien, sinon faire vendre, dans le contexte des divagations liées à la croissance et la domination du marché. Bien sûr, l’élaboration de ces produits, ou services, génère de l’emploi. Mais à quoi bon travailler pour fabriquer des produits inutiles, voire nuisibles, pour le simple fait qu’ils génèrent de l’emploi et donc « font vivre » ? Ne serait-il pas plus malin d’élaborer des produits dont on a réellement besoin, sains, non pollués ni polluants, qui apportent une réelle contribution à notre bien être ? Mais oui, mais c’est bien sûr !
A suivre…