La socio-économie : la démographie.
Parmi les questions prioritaires qui vont conditionner les évolutions à venir, il y a aussi la démographie. Il faut lever le tabou sur ces sujets, faute de quoi la croissance de la population pourrait générer une déstabilisation majeure liée à des pénuries alimentaires et en eau. Pour rappel notre planète comptait 1 milliard de Terriens en 1800, 8 aujourd’hui et sans doute 10 en 2050. Il nous faut maintenant déterminer à long terme une population mondiale compatible avec les ressources disponibles, notamment alimentaires, cela dans le cadre pacifique de l’ONU bien sûr. Quoi qu’il en soit, du fait des pénuries à venir, la stabilisation de la population mondiale est inéluctable et va provoquer un vieillissement de la population, ce qui suppose des adaptations dans les domaines de la construction et les conditions de travail. En France même la natalité est en baisse, en partie en relation avec une peur de l’avenir de la planète. La population vieillissante amène à repenser les villes plus à dimension humaine avec des commerces et des services de proximité. Du fait d’une espérance de vie de 80 ans pour les hommes et 85 ans pour les femmes, les plus de 65 ans sont maintenant aussi nombreux que les moins de 20 ans, ce qui laisse envisager une baisse de la main d’oeuvre et donc un financement des retraites à revoir et des dépenses de santé croissantes.
En 2024, 57 % de la population mondiale vivait en ville, soit près de 5 milliards de personnes, 22 fois plus qu’en 1900. On prévoit qu’en 2050, 70 % de la population sera citadine. Ces concentrations génèrent des fonctionnements complexes de nos sociétés avec une demande énorme de matériaux et de ressources, alimentaires notamment, qui les rendent dépendantes du monde rural. Certaines villes du Sud de la planète, en Afrique, Asie et Amérique latine, sont en train de bouleverser cet état de fait en évoluant vers des territoires mi-urbains mi-ruraux. Pour atténuer les effets du dérèglement du climat, il faut intensifier la nature en ville (la végétalisation peut faire baisser la température des bâtiments de 3 à 5°), ce que font certaines villes. Par exemple au Mexique, près de Cancun, il est prévu pour 2030 une ville-forêt pour 130 000 habitants sur 557 ha dont la moitié végétalisée, des panneaux solaires en périphérie, des canaux d’irrigation et des services à moins de 15 mn à pied pour tous les habitants. L’urbanisme doit prendre en compte une écologie urbaine qui intègre les habitats humains aux autres habitats terrestres, laissant circuler l’eau, les plantes et animaux et assurant la nourriture des habitants. Il faut se préparer à une symbiose entre l’urbanité et la ruralité. L’agriculture va devoir en partie s’urbaniser, avec intégration d’espaces cultivables sur des friches ou petits espaces pour que la ville prenne le virage radical de l’autonomie de sa subsistance.
Ceci pose la question de l’organisation de ces nouvelles cités. Certains agronomes suggèrent que des villes de 20 à 30 000 habitants puissent organiser des espaces, à raison de 4 000 m² par habitant, pour répondre aux besoins essentiels : alimentaires, énergétiques, accès à l’eau et mobilités, ce qui correspond à la surface actuelle artificialisée pour le bâti, les infrastructures, les zones commerciales et industrielles. Il faut aller vers des villes moins denses et plus autonomes, ce qui doit intensifier les rapports humains et la convivialité, ce à quoi aspirent de plus en plus de citadins.
A suivre…