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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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24 avril 2026 5 24 /04 /avril /2026 08:47

L’économie : les grandes orientations.

         Il s’agit de passer du plus-avoir au mieux-être. Le développement des emplois de service, le retour au commerce de proximité, une activité industrielle décarbonée, une agriculture plus environnementale sont des exemples d’orientations prioritaires pour une nouvelle économie. Tout reste à inventer dans ce domaine, on peut donner quelques pistes telles que la bioéconomie et l’économie circulaire.

         Le monde nouveau auquel nous aspirons doit respecter les limites de reproduction de la nature pour que la société soit bioéconomique, ou bien elle ne sera pas… La bioéconomie désigne la production, l'utilisation et la conservation des ressources biologiques, afin de fournir des produits et des services à tous les secteurs économiques dans le but de parvenir à une économie durable. Il s’agit donc d’économiser les bioressources pour atténuer les effets du changement climatique et assurer la sécurité alimentaire et énergétique des populations. Par exemple, l’agroéconomie prend en compte la production, la transformation, la commercialisation et la consommation des produits agricoles selon les principes rappelés ci-dessus. De même, dans le secteur industriel, des reconversions peuvent générer des coopérations locales pour partager énergie et matières premières et faire en sorte que dans certaines entreprises, rien ne se perde.

En complément et de façon plus concrète encore, l’économie circulaire signifie une recherche maximale de recyclage, tout en s’assurant que les produits rendent un réel service et minimisent leur impact environnemental. La consommation des ressources peut être allégée par des partages : usage, réparation et surtout fin de l’obsolescence programmée. Cela inclut une réflexion globale sur tout le cycle de vie des produits, de la conception à l’élimination. L’économie circulaire c'est donc produire, consommer et gérer les ressources en limitant le gaspillage et prolongeant la durée de vie des produits.

Ces évolutions vont devoir s’appuyer sur des actions concrètes comme la fin de la mondialisation des marchés alimentaires : on ne peut pas continuer à cultiver sur un continent des denrées qui vont être consommées sur un autre, en laissant éventuellement les producteurs affamés. Ceci implique aussi une relocalisation de l’industrie : pour des raisons économiques, de nombreuses entreprises ont décentralisé leurs fabrications vers des pays en développement, ce qui oblige à des transferts toujours croissants d’un continent à l’autre, il faut donc relocaliser. De même, pour le tourisme, nous devons recréer de la proximité : ce secteur a pris une telle importance qu’il est devenu une véritable industrie, avec des déplacements toujours plus lointains. Cela doit pouvoir continuer avec modération, les déplacements en avion et en bateaux de croisière sont de moins en moins compatibles avec une gestion raisonnée de l’énergie.

         Jusqu’à maintenant les innovations technologiques avaient des répercussions sur l’emploi en concernant surtout les paysans et les ouvriers. Avec l’avènement de l’Intelligence Artificielle ce sont les « cols blancs » qui vont être les plus concernés du fait du remplacement d’une partie de ces emplois par des machines. L’IA va bouleverser nos modes de production, nos temps de travail et peut ramener des gens à la campagne dans la mesure où il va falloir produire davantage localement avec simultanément des petits gestes de chacun et des transformations industrielles et sociales ambitieuses.

A suivre…

 

 

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commentaires

L
Tout ce que tu dis Michel est l’exact contraire de ce que font nos hommes politiques depuis 50 années.<br /> Nous vivons à l’américaine avec des lotissements loin de tout et encore plus des lieux de travail. Cet aménagement territorial - voulu par les français qui le plébiscitent - est une catastrophe. Il faut une bagnole pour aller chercher une baguette à la grande surface, se déplacer très loin pour aller travailler , en même temps les villages et bourgs chefs-lieux se dévitalisent complètement au profit des commerces capitalistes des zones commerciales. En bref., l’aménagement du territoire pensé par nos technocrates se révèle une catastrophe.<br /> Les lotissements trop souvent de mauvaises - et très mauvaises qualités - défigurent et détruisent nos campagnes., Ces lotissements construits par quelques sociétés nationales entraînent des coûts d’investissement extrêmes pour leurs acquéreurs * ; le chauffage, l’isolation , la trop mauvaise conception des matériaux génèrent des coûts de construction et de fonctionnement insupportables.<br /> De ce fait nombre de nos concitoyens vivant à la campagne ne peuvent plus payer leur logement et les frais de déplacement avec deux voitures par ménage obligatoire.<br /> L’avenir en ce domaine n’est pas du tout optimiste en raison des guerres - à nos portes ou presque - , guerres qui entraînent des dépenses nationales exponentielles ainsi qu’une augmentation sans fin des matières premières - carburants entre autres - Il ne faut surtout pas croire que ces mêmes carburants reviendront à des prix moins élevés , ils continueront d’augmenter même en temps plus calme.<br /> L’aménagement du territoire voulu par les gouvernements successifs est loin d’être une réussite globale, comment changer d’orientation ? Telle sera la gageure quasi improbable des nouvelles générations.<br /> Rémi Lenormand.<br /> <br /> * à noter que les agriculteurs - n’ayant que des retraites minimales - vendent à prix d’or leurs terres agricoles aux fins de bâtir , ce qui entraîne d’autres problèmes …et pas des moindres.
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M
Merci Rémi de ce commentaire qui résume bien la situation actuelle... hélas ! Ton analyse est très bonne. Au risque de me répéter encore et encore... je partage ce point de vue qui laisse penser que tout est désespéré, mais je continue, peut être naïvement, à espérer en l'avenir. En effet l'histoire humaine nous montre que, parfois, une petite minorité réagit face à des situations aberrantes et remettent les choses sur pied. Cela n'est pas certain, mais je veux y croire pour mes enfants (bientôt soixantenaires...) et surtout mes petits enfants qui ont encore tout l'avenir devant eux, âgés de 14 à 25 ans. En fait je suis cynique et me dis que nous y sommes presque, on va se prendre le mur dans la tronche... et là il faudra bien réagir, autrement que par la barbarie des guerres.