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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 18:11

 

Il est d’usage dans les villages qu’une quête soit faite à l’occasion d’un mariage pour aider financièrement telle ou telle association. Lors de notre mariage, en 1967, mon épouse et moi avions proposé que l’argent de la collecte soit envoyé à l’Unesco pour le comité de lutte contre la faim, ce qui fut fait, même si bien peu de gens connaissaient l’Unesco et encore moins imaginaient que quelque part on puisse mourir de faim…

Dans notre grande naïveté, nous pensions que cette œuvre charitable contribuerait à faire que ce fléau ne soit bientôt plus qu’un lointain souvenir. Plus de 40 ans plus tard, la faim est toujours là et nous avons même dépassé le milliard d’affamés sur la planète en 2009. En 2005, la FAO (Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) estimait le nombre de sous-alimentés à 870 millions. Ils étaient 923 en 2007 et 963 en 2008, alors que « l’Objectif du Millénaire » était de ramener ce nombre à 420 millions en 2015. L’échec est avéré, même si l’année 2010 marque un léger recul à 925 millions, en raison d’une conjoncture favorable. Ce sont l’Asie (578 millions d’affamés) et l’Afrique subsaharienne (239 millions) qui sont les plus touchés. Mais on compte aussi 53 millions de sous-alimentés en Amérique latine, 37 millions en Afrique du Nord et Proche Orient, et 19 millions dans les pays développés (chiffre en augmentation).

La FAO n’a cessé de préconiser l’investissement dans l’agriculture et un soutien aux petits producteurs, pour assurer la consommation locale plutôt que développer les exportations vers les pays développés. Ces préconisations sont suivies, en partie, par exemple pour promouvoir en Afrique l’agroécologie, une agronomie qui s’appuie sur des bases écologiques et vise en priorité les cultures vivrières. Il faudrait aussi pouvoir recréer des marchés régionaux, pour ne pas tout sacrifier à la mondialisation voulue par l’Organisation mondiale du commerce et limiter les rachats de terres par des opérateurs étrangers pour produire des agrocarburants destinés aux pays européens… Sans doute faudrait-il également éradiquer la corruption qui sévit, ici ou là. Ainsi, l’Inde croule sous les réserves de riz et de blé, mais la distribution est minée par la corruption au point de laisser périr 11 millions de tonnes de céréales ! Alors que le pays s’enrichit, la moitié des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition.

Outre les aspects organisationnels et le retour à l’agriculture vivrière, il faudra aussi s’interroger sur la nature des produits alimentaires. Ainsi, la substitution de larve d’insectes à la viande et au poisson est une piste envisagée par la FAO pour espérer nourrir 9 milliards de Terriens en 2050. Les insectes présentent un meilleur rendement et demandent moins d’eau. Un congrès international d’ « entomophagie » est même prévu pour 2012.

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Published by Michel Lerond - dans Economie
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Lethuillier Cyriaque 30/09/2010 22:51


C'est un sujet tabou, comme en témoigne la retenue de vos propos dans ces commentaires, mais c'est en effet la surpopulation planétaire qui est le problème de fond. Il faudra bien que l'humanité
fasse le choix de limiter sa reproduction pour rendre accessible la prospérité à chaque homme.
[La dénatalité à l'ordre du jour : Faites l'amour, pas des victimes ! Michel Tarrier]


Michel Lerond 01/10/2010 08:16



Merci Cyriaque de cette affirmation que je partage. Voir aussi à ce sujet : http://www.michel-lerond.com/article-malthus-le-retour-45494636.html. La difficulté, pour nous pays développés, c'est de
faire cette demande... pour les pays en développement, beaucoup plus concernés que nous.


Michel



Gérard 28/09/2010 00:55


A propos de chiffres: la population mondiale est actuellement composée de 4,5 millards d'abonnés au téléphone mobile (0 il y a 50 ans), de 1 Md d'irréductibles opposants à ce moyen de communication
et de 1 Md d'affamés, soit un total de 6,5 Mds.
Dans 40 ans la population aura augmenté de 40%, c'est le problème de fonds et, les ressources naturelles par tete auront évidemment diminué.


Michel Lerond 28/09/2010 15:06



Merci Gérard. Je ne sais pas si, à l'avenir, nous disposerons encore des ressources nécessaires pour la fabrication des téléphones mobiles, mais ce qui est maintenant certain, c'est que nous ne
pourrons pas nourrir 9 milliards de Terriens au niveau actuel de nous autres "pays développés". Souhaitons seulement que la sagesse humaine permette de ré-équilibrer les choses, avant que la
nature ne s'en charge, éventuellement, elle-même.


Michel