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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 08:37

         Les Français sont contestataires, révolutionnaires même parfois, mais ils sont aussi conservateurs et un rien monarchistes. En fait nous sommes surtout schizophrènes… Ainsi on peut être contre le nucléaire et pour les énergies renouvelables, mais on ne veut pas d’éoliennes qui « défigurent » le paysage. On est contre les camions en trop grand nombre sur les routes et pour le transfert sur le rail, mais on ne veut pas de nouvelles voies ferrées qui vont « couper » les villages. On est contre les déficits et pour réduire la dette, mais on ne veut diminuer aucune dépense ce qui pourrait « contrarier la croissance ». Etc.

Le pouvoir politique, nouvellement élu, a épousé cette même attitude, en commettant une erreur de communication aussi grossière qu’inefficace. Le discours, un rien schizophrène lui aussi, est : la crise est très grave, mais il n’y aura pas d’austérité… Il eut fallu être clairvoyant et dire la vérité : la crise est très grave parce que nous avons tous « tiré un peu trop sur la corde », il va falloir payer les dettes et pour cela entrer en austérité à laquelle tout le monde va devoir se plier. Le discours de vérité aurait consisté alors à annoncer des réductions drastiques des dépenses de fonctionnement de l’Etat (en commençant par le Parlement : réduction du nombre de parlementaires et de leurs avantages divers) et des collectivités territoriales en tranchant net dans le millefeuille administratif avec regroupements et redéfinition des compétences. Les entreprises auraient été contraintes de revoir leurs objectifs, non pas seulement pour « maintenir l’emploi », mais aussi pour élaborer des produits et services dont on a vraiment besoin et qui ne compromettent ni la santé ni l’environnement. Les citoyens auraient du être appelés à un effort exceptionnel avec augmentation des impôts et partage du travail, cela pouvant signifier baisse temporaire des horaires et donc des salaires pour employer des chômeurs. Il faut, bien sûr, que tout cela soit expliqué et argumenté, avec pédagogie et non démagogie.

Faute de cela, on tergiverse, on « parlemente », on multiplie les lois annonciatrices de réformes que l’on ne met pas en place ou que l’on réduit comme peau de chagrin année après année… La situation devient de plus en plus insupportable, avec de grandes disparités de niveaux de vie qui favorisent la montée des extrêmes.

Un coup de gueule ? Oui c’est un coup de gueule, parce que je voudrais que nous nous réveillions, faute de quoi nous pourrions connaître bientôt des réveils difficiles, avec gueule de bois prolongée… et je n’aimerais pas que mes enfants et petits enfants en soient les victimes.

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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 09:06

 

La conférence des Nations unies sur le développement durable, Rio+20, s’est déroulée sur trois jours en juin à Rio de Janeiro. Il n’a pas été assez rappelé qu’en fait, il s’agissait de Stockholm+40 ! C’est en effet en 1972 qu’a été réunie la première conférence des Nations unies sur l’environnement, avec 110 chefs d’Etats et de gouvernements. C’est là qu’a été créé le Programme des nations unies pour l’environnement (PNUE). Quarante ans plus tard, la déception est grande et les participants attestent largement que le fossé se creuse entre les aspirations de la société civile, l’inconséquence des états et les volontés des grandes entreprises… A Rio 1992, on comptait encore une centaine de chefs d’états et de gouvernements. A Rio 2012, sur les 193 états représentés, on attendait 130 chefs d’états et de gouvernements, 88 seulement sont venus (dont le chef de l’Etat français) pour approuver une déclaration « finale » préparée avant la conférence, remplie de poncifs et sans ambition.

Peu avant l’ouverture de la conférence, le PNUE dressait un bilan… déprimant de l’état mondial de l’environnement : pour suivre l’état de la planète, les experts onusiens ont retenu en 1992, 500 indicateurs très diversifiés. Pour Rio 2012, faute de données suffisantes, 90 indicateurs seulement ont pu être renseignés, dont 4 présentent des progrès significatifs ! En 20 ans, la population mondiale a augmenté de 28,6 %, les émissions de CO2 de 36 % et la température moyenne de la Terre de 0,4°. Le nombre de catastrophes liées aux inondations a augmenté de 230 % et celles liées aux sécheresses de 38 %.

A l’issue de cette « grande » conférence, beaucoup de commentateurs se sont accordés à penser qu’il appartenait maintenant aux citoyens de faire pression sur les politiques. Triste constat, à moins qu’un jour, acculés devant l’extrême urgence, des régimes totalitaires ne s’installent pour faire face à la situation (http://www.michel-lerond.com/article-31873331.html). A cet égard, un de nos grands regrets est de constater le refus de créer une Organisation mondiale de l’environnement qui pourrait contribuer à la mise en place d’une nouvelle gouvernance, à niveau égal au moins, avec l’Organisation mondiale du commerce. Mais c’est justement ce dont ne veulent pas les états, hormis la France qui porte le projet, soutenue par l’Union européenne et l’Afrique. Ban Ki-moon, secrétaire général de l’ONU, a conclu pour sa part : Nos efforts n’ont pas été à la mesure des défis qui nous attendent. La nature n’attend pas. Elle ne négocie pas avec les humains. Clairvoyance…

Comme le chantait autrefois Dario Moreno « Si tu vas à Rio… Pour aller à la fête. A la fête des sambas. » Eh bien dansons la samba maintenant, étourdissons-nous pour oublier… cette valse ! Bonnes vacances tout de même, profitez bien de la nature.

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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 16:04

 

La campagne présidentielle française est maintenant terminée, elle a été très décevante. Hormis les coups bas et discours démagogiques, c’est surtout l’absence de débat sur les questions essentielles qui a frappé.

Parmi ces questions, il y avait bien sûr celles relatives à notre avenir, en commençant par les besoins vitaux : eau et biodiversité, climat et énergie. Mais dans la pensée fragmentée qui caractérise notre époque, l’utilitaire et le court terme l’emportent sur la réflexion et le long terme. Malgré tous les appels, les mises en garde répétées, les proclamations et médiatisations sur l’urgence à agir, demain paraît encore loin et ces prévisions de pénurie ou de perturbations ennuient beaucoup de monde, les politiques en premier lieu. Continuons de vivre à crédit sur le dos de la planète, c'est-à-dire de nos successeurs… D’abord le pouvoir d’achat et, repliés derrière nos frontières, au diable les considérations écologiques globales. C’est aussi la question du fonctionnement de notre démocratie qui est posée : les candidats ont sûrement bien écouté l’opinion publique majoritaire et se sont bien gardés d’aborder les problèmes de fond, qui nécessairement, vont à rebrousse poil. Mais peut-on faire preuve de courage politique en allant contre l’opinion et espérer être élu. C’est une équation quasi impossible.

Les politiques n’ont toujours pas pris acte des mutations profondes de notre époque, quitte à nous renvoyer parfois des décennies en arrière. On aurait pu attendre davantage de pédagogie sur le monde qui nous attend, si différent de celui d’aujourd’hui. L’équilibre géopolitique sera bouleversé, l’accès aux ressources sera plus compliqué, la satisfaction de nos besoins primaires sera parfois compromise… Faute de l’avoir expliqué, d’avoir fait croire que tout serait comme avant, avec un repli nostalgique illusoire, l’opinion publique pourrait bien se retourner contre ceux-là même qui ont entretenu l’illusion.

Les lilliputiens du parti vert devraient peut être aussi s’interroger sur leur stratégie (http://www.michel-lerond.com/article-le-hulot-ou-la-hulotte-68849279.html), d’autant plus quand la « politique autrement » ressemble étrangement aux manœuvres et compromissions des autres partis…

Si comme le pense le philosophe Edgar Morin, la crise que nous traversons est bien une crise de civilisation, alors les politiques doivent indiquer la voie pour changer la logique dominante, en nous associant à cette mutation, cette « métamorphose » comme dit le philosophe.

Michel Serres, le philosophe et académicien a résumé la situation dans une interview donnée au journal Le Monde (13 avril 2012) : Vraiment, croyez-moi, cette campagne, c’est la campagne des vieux pépés ! Et si les vieux pépés, c’était nous tous ?

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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 16:23

     C’était au début des années 2000 dans un pays qui se croyait encore grand, mais qui en réalité était bien riquiqui. Il s’agissait de désigner le roi du carnaval du mardi-gras parmi les animaux qui peuplaient ce pays.

Depuis un moment déjà, on entendait dans le lointain un bruit sourd qui se rapprochait. Le bruit prit de l’ampleur et le rythme devint plus rapide : ranplanplan, ranplanplan ! A la tête d’un grand nuage apparut un éléphant et à ses côtés une souris très agitée. Tous deux allaient bon train et, passant à notre niveau, on entendit la souris dire, en se retournant : « t’as vu toute la poussière qu’on fait ». Lui s’appelait Lafinance et elle, la petite souris, Sacari. Il y eut effectivement beaucoup de poussière, mais si l’on revit souvent Lafinance, Sacari n’avait fait que passer… Il y avait aussi un certain Ohla qui prétendait avoir été éléphant, au Péesse disait-il. Mais après un régime drastique il était devenu un canard, assez majestueux c’est vrai, qui essayait d’imiter le paon faisant la roue. Et puis il y avait ce serpent, persiflant sans cesse, non sans une certaine vérité dans la tonalité, celui-là c’était Coudetorchon. Et puis Lamarine, cette otarie qui faisait beaucoup de bruit en frappant sans cesse ses nageoires sur le sol, mais sans avancer vraiment. Parmi ce joyeux carnaval des candidats au trône, on notait aussi la présence de Béret, que certains appelaient Bénet, un gros chat qui roulait toujours au milieu de la route avec son tracteur.

Il y avait aussi un vieux lion de Belfort à la crinière défraîchie, Leutché, mais il s’était rendormi après avoir poussé un vague rugissement à peine audible. De même pour Cricri la grenouille, qui ne s’écartait jamais beaucoup du bénitier, et qui après avoir sautillé en tous sens était allée jouer avec Sacari la souris. Tout comme Morue le chacal, qui se donnait des airs guerriers pour finalement rejoindre Cricri et Sacari.

Et au-dessus de tout ce petit monde, volaient d’innombrables mouches, ne sachant trop vers qui se diriger. Et puis des abeilles butinaient de fleur en fleur pour ne retenir que le meilleur et faire avancer le monde malgré tout, avec un regard méprisant pour ce carnaval un peu… dérisoire. Quant aux moustiques, ceux-là piquaient tout un chacun pour profiter, sans rien donner.

Mais que n’ont-ils pas vu, ces pauvres animaux, que la désignation de leur roi était bien factice, puisque bien sûr, c’était le gros éléphant Lafinance, qui écraserait tout le monde. A moins qu’un jour les mouches, et surtout les abeilles, ne s’organisent en ruches bien construites et autogérées pour envoyer Sacari, Ohla, Béret et tous les autres, et surtout Lafinance, dans des maquis douteux ou vers les bas fonds.

PS (Il faut comprendre post scriptum) : ceci n’est qu’une fable et toute ressemblance avec des animaux existants ou ayant existé serait purement fortuite.

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 09:00

 

On aurait pu penser, au printemps 2011, que le débat politique se serait polarisé sur les grandes questions du moment, ou en tous cas sur celles que l’on imagine à ce niveau, comme par exemple la raréfaction des énergies fossiles, ou bien l’érosion dramatique de la biodiversité, ou encore les modifications climatiques. Mais bien sûr, cela suppose d’être suffisamment informé, soucieux de l’avenir et apte à se projeter au-delà de son mandat électoral. Non, il n’en fut rien, le grand débat politique du moment consista à s’interroger sur la nécessité de disposer sur les routes de radars qui avertissent… des radars.

Le débat national s’enflamma alors sur le démontage, ou pas, des panneaux avertisseurs d’un radar de vitesse limitée ; leur remplacement, ou pas, par des « radars pédagogiques » ; l’initiative laissée aux départements ou bien encore de rendre le système aléatoire. Il aurait peut être été plus simple de s’interroger sur la nécessité, ou pas, des limitations de vitesses. Puisqu’en fait, le débat a porté sur « comment rouler plus vite qu’autorisé sans se faire prendre ». On a même vu des députés vociférer, avec une démagogie éhontée, sur les pénalités qu’allaient encourir ceux qui travaillent, ou les moins riches, ou les conducteurs qui dépassent un peu la vitesse, alors qu’ils maîtrisent leur véhicule…

Mais cette grande question trouvera peut être son épilogue, comme souvent, en fonction des moyens financiers disponibles ou pas. En effet, l’argent public se faisant de moins en moins facile, certains postes budgétaires comme celui des routes, pourraient bien être « rabotés » de façon drastique, au risque de laisser le réseau dans un état très médiocre. C’est pourquoi, dans le secret des cabinets ministériels, se prépare actuellement une grande réforme du code de la route. Il est question de supprimer tous les panneaux de signalisation routière. Tous ! Ils seraient remplacés par seulement deux panneaux triangulaires d’annonce d’un danger particulier : Chaussée déformée et Trous en formation. Hormis l’économie substantielle réalisée sur l’achat de panneaux, il n’y aura plus besoin d’avertir…

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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 08:31

 

L’affaire Dominique Strauss-Kahn a occupé toute la semaine médiatique qui vient de s’écouler. Au-delà du tintamarre retentissant des médias du monde entier, qu’en penser encore ? Ou bien les faits reprochés à DSK sont avérés et il s’agit bien d’une tentative de viol, c’est grave. Ou bien il s’agit d’un complot, la femme de chambre servant « d’appât ». Dans ce cas, d’abord aguicheuse, elle se serait rétractée, piégeant DSK pour l’amener à exprimer ses penchants sexuels. N’est-ce pas alors aussi une tentative de viol ? Ou bien tout est affabulation ?

L’émoi a été considérable et on peut le comprendre, compte-tenu de la chute invraisemblable que cela représente pour un homme au sommet du pouvoir, sombrant instantanément dans des abysses. Certains se sont émus également du peu de considération qui était fait pour la victime. On peut le comprendre également et même peut être l’expliquer : les Français demeurent à la fois monarchistes et révolutionnaires et s’émeuvent plus volontiers du sort des « grands » plutôt que des petits malheurs d’une femme de ménage.

Quand bien même l’hypothèse d’un complot serait-elle un jour validée, il n’en reste pas moins que le comportement de DSK vis-à vis des femmes est pour le moins discuté par de nombreuses personnes. Certaines femmes, qui s’étaient tues jusque là, ont rappelé leurs mésaventures, révélant ainsi un secret de polichinelle. Ce qui signifie que beaucoup de personnes, dans les médias, parmi les politiques, et en particulier au Parti socialiste, savaient, n’ont rien dit et n’ont pas pensé qu’un tel comportement pouvait être incompatible avec une candidature à la présidence de la république. Nous nous apprêtions donc à élire un président « perturbé »… S’il est vrai que les dirigeants d’un pays sont à l’image des peuples, c’est bien sur nous que nous devons nous interroger. Nous les Français, ne serions-nous pas un peu trop phallocrates et misogynes ?

Il ne s’agit pas d’accabler DSK, mais plutôt de s’interroger sur une nouvelle tellement incroyable, pour laquelle les Français préfèrent adopter la thèse du complot, un peu « rassurante » à celle d’un état pathologique. Comme l’a évoqué sur plusieurs médias Serge Hefez, psychanalyste, c’est le spectacle d’une autodestruction qui nous est donné par un homme ambivalent, oscillant entre la construction d’un destin et la jouissance immédiate. Le piège du carré diabolique s’est refermé sur lui : sexe, fric, pouvoir et médias.

Présider un pays est une fonction très difficile, cela requiert des qualités innombrables et un comportement irréprochable. A contrario, cette fonction est certainement incompatible avec certains travers. C’est à nous, électeurs, qu’il revient d’en décider, faute de quoi, nous pourrions bien être nous-mêmes des kamikases…

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 16:37

         Il est arrivé à plusieurs reprises, par le passé, que la France soit un pays démocratique. Cela semble un peu dépassé maintenant. Dans une véritable démocratie, une confusion des genres telle qu’on la connaît actuellement amènerait les dirigeants politiques à présenter leur démission sans délai (http://www.michel-lerond.com/article-entendez-vous-dans-les-campagnes-56211750.html). Si notre société conserve les apparences de la démocratie (gouvernement où le peuple exerce la souveraineté), en réalité nous vivons en oligarchie (gouvernement exercé par une classe restreinte) de façon avérée depuis plusieurs décennies.

C’est vrai que la concertation et le débat public sont de plus en plus présents dans de nombreux processus décisionnels, en particulier dans les domaines de l’urbanisme, aménagement du territoire et plus largement environnement, où la procédure d’enquête publique est réglementaire. Mais la décision se prend après, parfois « en oubliant » les termes de la concertation. Le Grenelle de l’environnement en est un bon exemple (http://www.michel-lerond.com/article-19328563.html). La classe politique semble bien avoir pour objectif principal de garder la « mainmise sur les affaires » et de s’inscrire dans une perspective de carrière.

Si les peuples ont les dirigeants qu’ils méritent, alors c’est sur nous-mêmes qu’il faut nous interroger. Au-delà de la méfiance qui perdure entre les citoyens et la classe politique, il faut poser la question du renouvellement de celle-ci, afin que le pouvoir politique redevienne une fonction temporaire et non plus une profession permanente. Il est urgent de déprofessionnaliser la politique, la société civile ayant aussi son pouvoir d’imagination et d’innovation. Comment remédier à cela si ce n’est en permettant un partage du pouvoir beaucoup plus large, notamment en direction des jeunes et des femmes (http://www.michel-lerond.com/article-15883948.html).

La formation citoyenne est largement à revoir pour retrouver une vraie démocratie. Comment expliquer en effet les lacunes dans « l’instruction civique » des Français, souvent complètement dépassés dans l’approche des organismes publics, y compris les élus locaux eux-mêmes… Comment comprendre que des étudiants de master, bien que majeurs et électeurs,  ne sachent pas faire la différence entre un conseil général et un conseil régional…

Retrouver la démocratie ou s’enfermer dans l’oligarchie qui favorise la montée des extrêmes, c’est à nous de choisir… et d’agir. On pourrait commencer par aller voter, même aux élections cantonales, plutôt que de s’abstenir à près de 56 % !

 

 

 

 

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 17:58

 

La Politique agricole commune ou PAC a été mise en place à l'échelle de l'Union européenne pour moderniser et développer l'agriculture. Le traité de Rome, signé le 25 mars 1957, a donné à la PAC une orientation résolument productiviste, car il fallait augmenter la production agricole.

La PAC a été une incontestable réussite (modernisation, développement de la production, autosuffisance alimentaire), mais elle a rencontré de redoutables écueils avec des crises liées à la surproduction de nombreux produits.

La PAC a eu un coût environnemental et social énorme qui, pour ses détracteurs, réduisent considérablement les bénéfices retirés. Une première réorientation a vu le jour à la fin des années 80 avec la mise en place des fonds structurels destinés à corriger les méfaits environnementaux et sociaux des politiques menées. Malgré cela, la PAC a globalement continué à privilégier la quantité sur la qualité et à favoriser la concentration des exploitations et la diminution du nombre d'agriculteurs.

Depuis 2003, s’est mise en place une nouvelle PAC qui vise, notamment, à subordonner les paiements de subventions au respect de normes en matière d’environnement, de sécurité alimentaire et de santé animale et végétale.

L’avenir de la PAC, après 2013, repose sur une prise en compte de la crise énergétique et des modifications climatiques. Il faudra produire plus avec moins de terres, moins d’eau et moins d’énergie. La PAC en cours de négociation poursuit le double objectif de préserver l’environnement et garantir une bonne alimentation. Il faut en tenir compte dans l’aménagement du territoire, en particulier les PLU et SCOT, y compris en milieu urbain.

Réforme après réforme, la PAC s’est transformée pour n’être plus qu’une politique d’assistance. Les agriculteurs n’y croient plus, les gouvernements sont lassés et l’opinion est de plus en plus critique. En une génération, le « paysan nourricier » est devenu « l’agriculteur pollueur »… La PAC doit être profitable aux agriculteurs, mais aussi utile aux citoyens et aux consommateurs. Il faut donc orienter les aides européennes vers ce qui les intéresse : l’alimentation. La PAC est morte, vive la PAAC, politique agricole et alimentaire commune. La Commission européenne a publié le 18 novembre 2010 une communication sur la PAC après 2013 et présentera dans le courant de l’année 2011 des propositions législatives formelles. Certes ces questions sont débattues largement, mais le grand public n’y est pas suffisamment associé, à notre sens : http://global.arte.tv/fr/2011/02/08/pour-un-debat-public-sur-l%E2%80%99agriculture/

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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 08:12

 

Les Français adorent les campagnes électorales, même si c’est pour bien les dénigrer. Voilà la campagne des présidentielles de 2012 sur les rails avec son cortège de mascarades. A droite un leader, quelques traîtres et quelques annonces populistes en guise de programme. A gauche de nombreux candidats à la candidature et un programme fantôme. Et puis il y a la « troisième voie », celle de l’écologie politique.

Ainsi donc, dans le parti de l’écologie politique, il y aura le choix entre monsieur Hulot qui pourrait bien être aussi à l’aise en politique que le héros de Jacques Tati en vacances, et madame Joly, avec qui ce serait sans doute plus chouette (Hulotte, il va sans dire). Une primaire-débat autour de la vision des candidats devrait permettre aux membres de Europe Ecologie les Verts de choisir entre l’animateur télé et la juriste inflexible.

Certes Nicolas Hulot a une excellente analyse de l’urgence écologique, bien conseillé qu’il est, des compétences indéniables de communicant et sans doute l’opiniâtreté nécessaire. Eva Joly a une réputation d’incorruptible, une ténacité à toute épreuve et a ouvert le courant écologiste au-delà de ses thèmes initiaux. Eva Joly est marquée à gauche sans ambiguïté, tandis que Nicolas Hulot est plutôt centre-droit et à vrai dire incertain dans son positionnement. Les sondages se suivent et… se contredisent. Mais selon les plus récents, Nicolas Hulot ferait autour de 6 % des voix et Eva Joly entre 8 et 10 %. Autant dire que l’annonce des alliances possibles au second tour sera déterminante pour le vote et le poids ultérieur, éventuel, de la formation écologiste. Rien de changé donc, ou si peu, si ce n’est le poids de l’extrême droite…

Cet état de fait ne résulte-t-il pas de la confusion sémantique de départ ? A l’origine, les Verts s’appuient sur un courant en faveur de la protection de l’environnement et inventent le concept d’écologie politique, sans le nommer écologisme. La confusion s’installe entre écologues et professionnels de l’environnement, d’une part, et écologistes d’autre part. Progressivement les militants prennent conscience que l’écologisme ne suffit pas à définir un projet de société et communiquent sur les questions de l’immigration ou des femmes battues. Thèmes importants certes, mais quelle confusion !

Un parti de l’écologisme n’a pas plus de sens que n’aurait un parti de la culture ou un parti du sport. Pour prétendre gouverner, les écologistes devront choisir un jour entre cette stratégie d’un parti spécifique et autonome, en annonçant clairement le développement soutenable comme projet de société, construit rigoureusement, ou bien une inclusion dans les grands partis afin de reconquérir le champ politique de l’intérieur. Faute de quoi, je crains que bien longtemps encore l’écologisme ne fasse des petits scores…

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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 08:21

 

         Alain Carment nous a quittés brutalement, beaucoup trop tôt. C’était un homme lucide et courageux que je connaissais et appréciais depuis 25 ans. Il était venu me voir à l’Observatoire régional de l’environnement de Haute-Normandie, pour s’informer de nos activités et en quoi elles pourraient lui être utiles pour le Pays de Bray. Ce fut l’un des rares élus à faire cette démarche.

Alain Carment était né en 1950 à Gournay-en-Bray, d’une famille très modeste. Il n’a jamais quitté le Pays de Bray. Ouvrier menuisier, puis agent technique, il a effectué un parcours dans la vie publique à partir de mai 68, avec un engagement syndical, puis une vie militante politique et ensuite élective. Parce qu’il avait compris, disait-il, « qu’une fonction d’élu offrait davantage de possibilités pour mettre en œuvre des idées, des projets, défendre un territoire et ses habitants ». Il se disait de sensibilité sociale démocrate, fondée sur l’humanisme vrai, la justice sociale, la solidarité (à ne pas confondre avec l’assistanat), la laïcité et la tolérance.

Il fut successivement, conseiller général de Seine-Maritime (depuis 1987), maire de Gournay-en-Bray (1989-1995) puis de Montrôti, président de la communauté de communes de Gournay-en-Bray, et occupa différentes responsabilités au niveau du Pays de Bray en tant que président du Syndicat intercommunal d'élimination des ordures ménagères du Bray Sud ou président de la Commission Environnement du SMAD. Depuis 2004, des responsabilités importantes lui avaient été confiées au niveau du Département de Seine-Maritime en matière de déchets ménagers, pour la mise en œuvre d’une politique en faveur du développement soutenable avec notamment un volet efficacité énergétique et recours aux énergies renouvelables. Cette mission le passionnait et il s’y donna à fond, au risque de quelques « coups de gueules », tant le défi pour l’avenir de la Planète Terre lui paraissait important.

Alain Carment fut avant tout un ardent défenseur du territoire brayon auquel il consacrait son action politique depuis près de 25 ans. Il fut, à ce titre, un acteur authentique de la mise en œuvre du développement soutenable.

Il fut aussi l’un des premiers abonnés à mon blog et avait tenu à publier plusieurs de mes chroniques dans son magazine Regards sur le canton de Gournay-en-Bray. La chronique qui l’avait le plus marqué fut certainement « France, pays de la rouspétance ! » www.michel-lerond.com/article-34058669.html. Il m’assurait qu’il vivait cela au quotidien et que c’était vraiment épuisant…

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