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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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6 mai 2008 2 06 /05 /mai /2008 09:40

        Il a été beaucoup question de démocratie participative ces derniers temps et l’expression est devenue très tendance. L’affirmation que le fossé se creuse entre la « classe politique » et la population est étayée par de nombreux constats. Tout se passe comme si les décisions des élus étaient perçues comme de plus en plus déconnectées des réalités (Voir notre chronique « Vive 2008 ? » du 8-01-08). Pourtant, la concertation, la participation du public, le débat public sont de plus en plus présents dans de nombreux processus décisionnels. Ceci est particulièrement vrai dans le domaine de l’urbanisme, de l’aménagement du territoire et plus largement de l’environnement où la procédure d’enquête publique est réglementaire. Dans ce contexte où il est question de façon récurrente de démocratie participative, il y a lieu de s’interroger sur l’efficacité réelle des procédures en cours. D’abord, nombreux sont ceux qui revendiquent la démocratie participative sans l’avoir vraiment définie et sans en avoir précisé les règles.

De fait, on constate que la concertation est souvent « phagocytée » par des groupes de pression. Tantôt comités de défense qui confondent parfois préoccupations personnelles, certes légitimes, avec intérêt général. Tantôt lobbies, dont le lobby associatif dit de « défense de l’environnement », qui s’appuie trop volontiers sur des positions a priori plutôt que sur une analyse globale de la situation soumise à concertation. Dans le cas des enquêtes publiques, et plus encore dans les commissions « officielles », la société civile est, de fait, représentée par des associations… pas toujours représentatives. Les professionnels ne sont quasiment pas sollicités, et les élus locaux bien peu. Il faut donc améliorer ce système pour associer davantage les professionnels et la population. On pourrait faire le parallèle avec l’entreprise où les négociations se font avec des syndicats archi minoritaires.

La prétendue « démocratie participative » ne devient-elle pas dans ce cas une dérive de la simple démocratie en accordant une audience aux groupes de pression bien au-delà de ce qu’ils représentent réellement. Le Grenelle de l’environnement en est un des exemples les plus criants ! Si l’on s’interroge sur les principes démocratiques fondamentaux, la démocratie dite « participative » ne serait-elle pas tout simplement la démocratie représentative que nous pratiquons habituellement pour les élections « politiques ». Si le public ne s’y retrouve pas, c’est que cette démocratie-là fonctionne mal, en n’étant pas suffisamment partagée au-delà d’une « classe politique » restreinte.

Comment remédier à cela si ce n’est en permettant un partage du pouvoir beaucoup plus grand (Voir notre chronique « Ferez-vous le 11 ? » du 22-01-08).

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Published by Michel Lerond - dans Gouvernance
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