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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 08:24

             Il est des choses que l’on n’aime pas quantifier, parce qu’elles relèvent du qualitatif ou de l’affectif. C’est le cas de la biodiversité, déjà évoquée sur ce blog, mais aussi des maladies graves, tant leur impact psychologique peut être important. C’est ainsi qu’une étude récente, émanant de l’université d’Oxford révèle ce que coûtent les cancers. Il s’agit d’une mise en forme des données en provenance de nombreux organismes européens. L’étude annonce l’ampleur du « sinistre » avec un coût de 124 milliards d’euros par an pour l’Europe, soit de 32 € (Lituanie) à 165 € (Allemagne) par habitant. La France se situe dans la moyenne avec un coût de 91 € par an et par habitant. Ces coûts cumulent les frais de santé directs (hospitalisation et médicaments), les frais de suite et les pertes de productivité. Les cancers du sein et du poumon sont les plus coûteux avec respectivement 6 et 19 milliards d’euros par an pour l’Europe. 

          En France, comme dans bien d’autres pays, la lutte contre le cancer est une priorité de santé publique, ce qui est bien normal d’autant plus que les espoirs de guérison sont maintenant avérés. Mais en période de crise économique, la question d’une limite des dépenses pourrait se poser malgré tout. Il n’en est rien puisqu’en France, on compte près de 5 000 chercheurs sur ce thème, dont le principe de base est : « toute amélioration du service rendu au patient est jugée supportable au plan financier par la société ». La lutte contre le cancer représente un bel exemple de solidarité nationale qu’il n’est pas vain de rappeler en ces temps difficiles, mais ne faudrait-il pas aussi s’interroger sur les raisons de ces maladies et accentuer les efforts de prévention. 

         C’est dans cet esprit que l’ONG Green Cross Suisse vient de faire savoir qu’environ 125 millions de personnes dans le monde sont menacées par les 10 polluants les plus dangereux de la planète, avec des méfaits sanitaires équivalents à ceux des trois grandes infections mondiales que sont le sida, la tuberculose et la malaria. Comme trop souvent, dans bien des cas, on savait ! C’est le cas, par exemple, des émissions de micro-particules cancérogènes par les moteurs diesel, connues depuis une trentaine d’années et que l’on feint d’avoir découvert tout récemment. Il en résulte une impasse sur le plan industriel, compte-tenu de l’importance du parc automobile diesel, et des coûts importants supportés par… le système de santé, sans compter quelques « désagréments » pour les patients concernés. 

         Répétons le encore une fois : il y a un besoin impératif d’expertise et d’évaluation en amont. A minima, on fera des économies !

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17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 08:13

 

A l’occasion de la « Conférence sociale », au début de l’été, la présidente du Medef a souhaité que la liberté d’entreprendre soit inscrite dans la constitution. Que rêver de plus fort pour l’entreprise ? On peut se demander tout de même s’il n’existerait pas une forme de schizophrénie à vouloir toujours défendre le libéralisme de l’entreprise, pourvu qu’elle puisse être aidée par les services publics, selon le patronat, bien encadrée, selon l’Etat, et en tous cas la plus affranchie possible des contraintes administratives… Une sorte de quadrature du cercle.

Quelques jours plus tard, c’était l’annonce de licenciements massifs chez Peugeot-Citroën, ce qui est dramatique pour les personnes concernées et leurs familles. On nous a alors ressorti le discours sur l’économie mondialisée, la compétitivité, le « made in France », mais il n’a pas été question d’un principe pourtant basique : pourquoi donc s’enfermer dans ce schéma absurde qui consiste à produire toujours plus, ou au moins autant, de voitures alors que quasiment chaque famille française en dispose d’une, souvent de deux, parfois de trois… Dans le même temps c’était aussi le « sauvetage » de Pétroplus, une raffinerie qui emploie plus de 500 personnes, menacée de fermeture. C’est un autre drame, certes, mais qu’ont donc fait les responsables industriels et politiques depuis près d’un siècle qu’existe cette entreprise pour limiter de façon drastique ses pollutions de l’air et de l’eau qui empoisonnent le site de Rouen. Au nom de la sauvegarde de l’emploi, il y a alors un étrange consensus… et le silence des Verts est assourdissant. On pourrait multiplier les exemples du même genre.

Ce système ne peut perdurer qu’avec des « artifices » très discutables, tels que l’obsolescence programmée qui consiste, par exemple, à concevoir des imprimantes ou des appareils ménagers qui ne peuvent pas aller au-delà de tant d’heures d’utilisation, ou le marketing vert qui encourage à des achats éco-citoyens, alors qu’il n’en est rien. On a ainsi construit un système qui tourne sur lui-même, à vide on pourrait dire, et qui a perdu tout bon sens.

Il est urgent de repenser l’économie, l’entreprise, la signification du travail (épanouissement ou contrainte) et l’acte d’entreprendre. Sans doute, il n’est pas aisé de construire un projet entreprenarial, entre les contraintes administratives et financières, et le dédain anti-patrons de l’opinion publique française, mais il n’est pas possible de continuer à « monter » ou maintenir des entreprises qui ne répondent plus à des besoins réels. Une prospective indispensable devrait aider à faire évoluer l’outil industriel. Liberté d’entreprendre, oui bien sûr, mais dans un contexte défini, anticipateur, en ayant à l’esprit la notion de service au bénéfice du plus grand nombre.

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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 08:20

 

 

Et revoilà la croissance ! Le baratin politico-médiatique n’en finit pas, décidément, de ressasser toujours les mêmes vieilles lunes. Au siècle dernier, en 1972, le Club de Rome publiait un rapport, The limits of Growth, qui modélisait les conséquences du maintien de la croissance à long terme. A l’occasion de la publication de la dernière édition de ce texte en mai de cette année, le physicien américain Dennis Meadows précisait le sens du titre : il s’agit plutôt de savoir ce qui cause cette croissance et quelles seront les conséquences de sa rencontre avec les limites physiques du système. 

Même si l’idée la plus répandue est qu’il n’y a pas de limites, il est facile de comprendre qu’il y a nécessairement des limites à la croissance de la population, de la consommation de ressources naturelles, ou du PIB… (http://www.michel-lerond.com/article-vous-avez-dit-croissance-67734984.html). Voilà 40 ans que cet appel de bon sens a été lancé, et nous voyons bien à travers l’actualité combien le dépassement (au moins tenté) des limites, nous conduit dans l’impasse.

Le domaine le plus pédagogique devrait être celui de l’énergie. On a très certainement dépassé maintenant le pic de la production pétrolière, la demande ne cesse de croître, et les solutions de remplacement ne sont pas là. Comment résoudre cette équation impossible ?

On peut douter que les incantations suffisent à faire revenir une croissance évanouie. Il faudrait surtout reconsidérer l’analyse économique  de la situation et redéfinir les objectifs, le dessein collectif, pour choisir le moyen d’y parvenir. (http://www.michel-lerond.com/article-economie-ecologique-102351882.html)

Ici ou là, on se révolte contre l’austérité, ce qui est bien compréhensible, mais peu raisonnable si l’on considère que la « relance de la croissance » est financée par des dettes toujours reportées sur nos successeurs…

La croissance verte peut constituer un moindre mal et apporter de vraies solutions pourvu que l’on définisse d’abord ce qui répond aux besoins du plus grand nombre en termes d’alimentation, de logement, de santé, etc. plutôt qu’en termes de résultats financiers. C’est le rapport sur les « Perspectives de l’environnement à l’horizon 2050 », publié par l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique) fin mars qui l’affirmait : Il ne suffira pas d’amender nos modèles économiques, il faut trouver de nouvelles voies et de façon urgente

Ce n’est pas d’une simple crise, parmi d’autres, dont il s’agit, mais de la nécessité d’une mutation profonde.

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 08:16

 

Enfin, une partie du voile s’est levé sur le nucléaire, au moins sur ses coûts réels. En effet, la Cour des comptes a rendu son rapport sur les coûts du nucléaire en début d’année. En 2000 déjà, des experts mandatés par le gouvernement Jospin avaient estimé à près de 80 milliards d’euros le coût des 58 réacteurs français. Mais on a vite oublié… ces affaires secondaires. Le rapport de janvier 2012, lui, prend en compte aussi la maintenance, l’exploitation et la recherche publique, soit un total de 230 milliards d’euros par an. Cela vaut pour le présent, mais les magistrats de la Cour des comptes ont voulu aussi envisager les coûts à venir. C’est qu’en effet, l’énergie nucléaire génère des coûts sur le long terme, avec un calendrier et un chiffrage qui reposent sur de nombreuses hypothèses. Ainsi, le démantèlement serait estimé à 32 milliards d’euros, sans pouvoir valider ce montant, faute d’expérience réelle. Tout cela pris en compte, le résultat final est… un peu approximatif, établissant le coût du mégawatheure nucléaire entre 33,4 et 49,5 €. Haute technologie ne va pas de pair avec haute précision !

Comment payer tout cela, sachant que le parc nucléaire vieillit (58 tranches de 25 ans en moyenne) et que le prolongement de leur durée de vie ne pourra guère aller au-delà de 40 ans. 22 de ces réacteurs auront 40 ans en 2022, il faudra les démanteler… et les remplacer, et par quoi ? Que l’on prolonge la durée de vie des centrales, ou qu’on les remplace par des EPR (il en faudrait 11 !), les coûts prohibitifs vont faire doubler le prix de l’électricité.

Le nucléaire est donc cher, et de plus en plus, mais qu’en est-il du bilan économique du nucléaire et des autres énergies, notamment « renouvelables » ?

On peut apprécier ces constats, ou les déplorer, selon que l’on est partisan du nucléaire ou pas. Mais ce qui est extraordinaire, c’est que pour la première fois, depuis les années 1950, une expertise aussi détaillée est conduite pour enfin se poser la question des coûts. On croit rêver… Tout cela sans compter les risques liés à la prolongation de la durée de vie des centrales ou à leur démantèlement. Alors, risques réels ou fantasmes ? Coûts prohibitifs ou supportables ? En fait, personne ne sait vraiment répondre à cette question, en dehors des invectives entre partisans et adversaires.

Bien sûr, « la France ne court aucun risque du type Fukushima », mais si d’aventure un accident survenait, cela aurait un coût très élevé. Qui indemniserait les victimes ? Rien n’est vraiment prévu, si ce n’est que l’assurance repose sur l’Etat et non sur l’exploitant…

Le nucléaire, énergie de l’avenir, peut être. Encore faudrait-il avoir des idées claires sur les coûts, les risques et les comparatifs avec d’autres énergies, dès maintenant. Le nucléaire, une bombe je vous dis !

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 08:21

            La campagne électorale présidentielle française aborde surtout les sujets liés à l’emploi, au pouvoir d’achat ou la sécurité, ce qui est bien légitime puisque cela correspond à l’attente de très nombreux citoyens. Mais n’est-ce pas le rôle des politiques que d’alerter l’opinion sur les questions prioritaires, avec pédagogie et propositions. C’est ainsi que l’on parle d’économie, sans jamais se préoccuper, ou si peu, ni de la genèse ni de la prospective de ces questions.

Pourtant le mot économie, du grec oikonomia, signifie l’administration de la maison. Le mot écologie lui, vient de oïkos, habitat, et de logos, science ; soit l’étude des êtres vivants dans leur milieu, y compris les Hommes. Il serait donc logique que l’on se préoccupe d’abord d’écologie, puis en fonction de l’état des lieux, que l’on « administre la maison ». Ce raisonnement paraît toujours un peu dogmatique, pourtant c’est de la vie dont il s’agit. Il faut d’abord assurer les besoins primaires (se nourrir, se loger, se déplacer) avant d’envisager autre chose. Si les priorités sont bien celles-ci, où sont donc les propositions ?

Ainsi pour l’eau potable dont la gestion est devenue un défi à relever pour garantir la sécurité alimentaire et qui ne peut être un enjeu de marché. Ceci d’autant plus au moment où l’on découvre que près de 2 millions de Français reçoivent une eau non conforme et que l’agriculture est à l’origine des 2/3 de la pollution de l’eau potable… Il s’agit bien d’une priorité !

De même pour la biodiversité. Si au niveau mondial, de nombreux pays réfléchissent pour prendre en compte le capital naturel dans la vie économique, en France, les décisions reposent sur les bonnes volontés, plutôt que sur une politique ambitieuse, en refusant tout objectif chiffré... C’est bien une priorité !

 Concernant le climat, nous allons devoir nous habituer aux désordres climatiques, malgré les avertissements répétés du GIEC, et à gérer des migrations humaines importantes. Tout cela sans qu’il ne soit question de la taxe carbone qu’il faudra bien décider un jour… Voilà encore une priorité oubliée !

L’agriculture n’est-elle pas une autre priorité, en relation avec l’eau, la biodiversité ou le climat. Il faudrait la réorienter vers l’agro-écologie plutôt… qu’assouplir l’interdiction de pulvériser certains pesticides par voie aérienne, comme vient de le faire le Ministère de l’agriculture…

La question du nucléaire a été évoquée, mais où est la vision globale de la politique énergétique ? La filière a pris l’importance que l’on sait avec beaucoup de doutes sur la sécurité et l’approvisionnement en uranium. Il faut donc préparer une transition pour produire de l’énergie renouvelable et sécurisée.

Un lien doit être établi entre la crise économique et la crise écologique, du fait de l’hyperconsommation. Faute d’y réfléchir avec rigueur maintenant, il faudra bien vivre l’austérité demain…

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 17:17

 

« Est-ce que tu as obtenu de bonnes notes à l’école aujourd’hui », demande une maman à son enfant. « Est-ce que mon pays a obtenu une bonne note à l’agence aujourd’hui », demande le président de la république à son premier ministre. Autant la première interrogation est comprise et pertinente, autant la seconde est incongrue et insolente. C’est pourtant la réalité que nous vivons depuis de nombreux mois avec les notations financières.

Cette notation de la dette est l'appréciation, par une agence privée, du risque de solvabilité d’un État, d’une entreprise ou d’une opération. Elle consiste en l'attribution d'une note estimant les perspectives de remboursement envers les créanciers. C’est un critère clé dans l’estimation du risque qu’un investissement comporte, particulièrement dans le cadre de marchés financiers de plus en plus mondialisés. Les notations des instruments de financement à moyen ou long terme (d’un an à 10 ans ou plus) vont de AAA, qualité de crédit la meilleure, à D pour défaut de paiement. Meilleure est la note, moins l’émetteur de l’emprunt paiera d’intérêts. Dans une économie globalisée, la libre circulation des capitaux serait impossible sans notation financière qui puisse créer la confiance des investisseurs. C’est pourquoi, cette démarche, peu familière en Europe, s’est développée avec l’arrivée de l’euro.

Les trois plus grandes agences de notation sont américaines (Standard and Poors et Moody's) et franco-américaine (Fitch), créées entre 1900 et 1941, et se partagent 90 % du marché de la notation financière. La principale agence chinoise Dagong Global Credit Rating, était ignorée jusque récemment. Les agences notent ce qui est objectif, mais aussi « les capacités de s’en sortir », notion beaucoup plus subjective, ce qui génère quelques doutes sur la crédibilité réelle de ces « petites entreprises » de quelques dizaines de cadres. Ainsi, des agences, dont on ne sait que bien peu de choses, notent les états dans un contexte économique de plus en plus virtuel… La poignée d’analystes de ces agences tiennent ainsi dans leurs mains une partie du destin financier de nos institutions, et donc de nous-mêmes. Ces économistes font penser à une sorte de secte dominatrice, « maîtres du monde », avides d’argent, mais surtout de pouvoir. Alors, analyse, manipulation, gestion occulte d’intérêts inavoués ? Les suppositions vont bon train, d’autant plus que ces agences refusent tout audit et sont redoutées des politiques… Mais pourquoi donc n’avons-nous pas d’évaluations, certes importantes, faites par des instances publiques, reconnues, et en particulier au niveau européen ? Ce ne sera pas facile, d’autant que ceux qui ont accordé ces pouvoirs exorbitants aux agences sont… les organismes internationaux ! Le dernier G20 a « oublié » d’envisager cette question.

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 08:08

 

Les « marchés » sont devenus omniprésents dans les médias et les conversations. Mais qui donc se cache derrière ces monstres froids qui en veulent à nos économies et aux états ? A l’origine les marchés de capitaux sont des lieux de rencontre où s’ajustent l’offre et la demande de financement. Les ménages, les banques, les entreprises et les états constituent les acteurs de cette « bourse d’échanges ».

Mais les choses ont dérapé depuis une bonne dizaine d’années, avec l’apparition du shadow banking system, système financier virtuel. L’objet de ce système est d’élaborer des produits financiers très complexes, souvent incompréhensibles et échappant aux contrôles des autorités de régulation. Dès lors on change de registre et entrons au casino ! C’est ainsi que l’on a vu des Jérôme Kerviel faire perdre 5 milliards € à la Société Générale en 2008, et depuis ça continue… Tout se passe comme si les banques avaient créé des monstres qu’elles ne maîtrisent plus. Les amplitudes des marchés deviennent parfois fantasques, sans justification, comme soumises à des accès de folie.

Dans ce système démentiel, les traders peuvent constituer un motif d’inquiétude, mais il y a plus grave encore. En effet les marchés boursiers sont de plus en plus gérés par des robots (un tiers des échanges à Paris et la moitié à Wall Street), des ordinateurs qui réagissent en termes de millisecondes sur toute fluctuation intervenant n’importe où dans le monde, afin de « jouer gagnant ». Ces échanges à haute fréquence sont en pleine expansion et reposent sur des ordinateurs, sans intervention humaine (voir aussi notre chronique du 4 octobre 2011 Ce sera le meilleur des mondes ? http://www.michel-lerond.com/article-ce-sera-le-meilleur-des-mondes-85779199.html). Cette situation laisse imaginer qu’un « krach boursier automatique » soit tout à fait possible… puisque seuls des ordinateurs peuvent rivaliser avec… des ordinateurs. De plus les systèmes de contrôles sont également automatisés. La présence d’un trader dans le dispositif pourrait nous rassurer !

Les gouvernements, les politiques donc, n’en finissent pas de discuter des solutions, d’un G20 à l’autre… sans résultat. Quelle situation rocambolesque où une toute petite caste de crânes d’œuf construit des programmes ultra-secrets (et au reste incompréhensibles par le non initié), qu’elle fait gérer par des ordinateurs très sophistiqués qui communiquent entre eux en déjouant tous les contrôles.

Les politiques sont impuissants face à cette machinerie, complètement dépassés, mais gesticulant avec fébrilité en proférant des menaces martiales et sans lendemain… C’est à pleurer !

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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 09:12

 

Alors que la crise monopolise les débats, gouvernants, parlementaires, candidats aux élections, tous y vont de leur couplet sur les mesures à prendre… ou à ne pas prendre, sachant qu’en fin de parcours, c’est le contribuable qui devra payer. A cette occasion, force est de constater que Michel Rocard, qui fut le metteur en scène de la taxe carbone, n’a pas fait beaucoup d’émules. En effet plus personne n’évoque la taxe carbone, outil pourtant polyvalent permettant à la fois de renflouer les caisses de l’Etat et de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre. Certes il s’agit d’une taxe, donc d’une idée peu populaire, mais pas moins que de sabrer dans les dépenses de santé ou d’éducation…

Ce qui se constate au niveau national vaut aussi pour toute la planète. En effet, si les pays développés ont promis à Copenhague en 2009, puis confirmés à Cancun en 2010, de verser 74 milliards € par an à partir de 2020 afin d’apporter aux pays en développement les moyens de lutter contre les modifications climatiques, on n’en voit guère la concrétisation. La totalité des engagements pris représente un total de 220 milliards € qu’il va falloir trouver chaque année pour réduire les émissions de GES de l’ordre de 10 %.

Ces calculs sont faits par la Banque mondiale sur la base d’un peu moins de 20 € la tonne de carbone émise, prix correspondant aux dommages moyens causés par le climat. Cette taxe carbone, pour être efficace, doit être universelle, permettant d’amortir les effets de la crise et de réduire notoirement les émissions de GES. L’Europe mise sur une autre stratégie qui consiste à attribuer des quotas de GES qui seraient vendus aux enchères aux industriels et autres producteurs. Les revenus du carbone seraient ainsi, paraît-il, plus productifs quant à la réduction des émissions de GES, mais… rapporteraient moins aux états. Le G20 de Cannes devraient apporter des réponses plus concrètes à cette grande question.

On voit bien que l’on n’arrive décidément pas à organiser la société, et donc ses impôts et taxes, en fonction d’une prospective collective, partagée et équitable, il faut toujours en passer par la spéculation… Pourtant, redisons-le, comme dans notre chronique du 8 septembre 2009  Taxer le carbone ? (http://www.michel-lerond.com/article-35814501.html: il faut prévoir au départ que cette taxe soit payée par tous (y compris les entreprises, les collectivités et les transports routiers, aériens et maritimes) et pas seulement par les ménages et qu’une redistribution soit possible en fonction de critères liés aux économies d’énergie.

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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 08:47

 

Chacun se souvient de cette expression de gamin jouant dans la cour de récréation. A entendre les commentaires récurrents sur la crise, les « inquiétudes des marchés » ou la chute des bourses… on se demande parfois si l’on n’est pas revenu dans la cour de récréation, avec des conséquences plus redoutables toutefois. Depuis des décennies on nous dit qu’une économie moderne s’appuie sur les marchés et qu’elle comporte des risques mesurés. Pourtant la plus grande partie des petites entreprises, et les emplois qui vont avec, se passent bien de la Bourse. Par contre, ce qui enrichit les grandes entreprises n’est pas seulement la rémunération du travail, mais aussi la timbale boursière, sorte de Loto géant ou de grand casino pour personnes fortunées.

En résumé, les riches jouent à la Bourse pour faire de l’argent, ceux qui voudraient le devenir jouent au Loto, les autres travaillent… ou font la manche. Mais les banques, qui jouent elles aussi au grand casino, ne le font-elles pas avec notre argent ? Avec notre accord ou pas ? Force est de constater que face à l’avidité de certains, il y a eu un peu trop de désinvolture de notre part pour laisser faire cela, qui n’est ni juste, ni moral, mais… légal. Les banques françaises sont le plus souvent, à la fois, banques de dépôts et de marchés. Aux Etats-Unis, après la crise de 1929, les deux types de banques avaient été séparés afin de lever toute ambiguïté entre les dépôts des particuliers et les activités spéculatives. Ne faut-il pas à nouveau opérer cette clarification ?

Il s’agit bien là d’une interrogation sur le système économique que nous souhaitons, très libéral ou encadré. La situation actuelle consiste bien souvent à libérer ce qui touche aux marchés et aux profits et à socialiser ce qui concerne les pertes ou les risques, en les faisant assumer par les contribuables ou les générations futures.

Tout cela présuppose une autre conception du vivre ensemble et de la notion de partage. C’est ainsi que l’on voit les marchés orienter l’économie qui elle-même se régule avec des licenciements si besoin. On pourrait rêver d’un monde où l’économie s’appuierait d’abord sur les besoins et répartirait l’emploi en le partageant. Pour le moment, c’est l’exclusion qui prévaut : ceux qui ont un emploi le gardent et ceux qui n’en ont pas ont de plus en plus de difficultés à en trouver, les plus jeunes notamment.  Comment en sortir, si ce n’est par une économie non marchande, à laquelle le courant écologiste peut contribuer, en privilégiant l’être plutôt que l’avoir. Selon l’Urssaf, le secteur associatif occupe aujourd’hui en France 12,5 % de l’emploi privé, soit 2 350 000 salariés. Voilà un beau sujet de méditation à propos d’une économie qui recherche la satisfaction de besoins plutôt que le profit, des entrepreneurs ou des actionnaires.

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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 17:34

 

       Le pays le plus peuplé au monde, c’est la Chine. La République populaire de Chine comptait 1 331 460 000 habitants en 2009, soit 20 % des 6,8 milliards de Terriens, ou encore 2,5 fois sa population de 1949. Cette population devrait atteindre 1,4 milliards en 2015.

       Le pays qui compte le plus de chercheurs au monde, c’est la Chine. En 2008, la Chine comptait 1,6 millions de chercheurs, soit près de 20 % du total mondial.

       Le pays qui dispose du plus grand réseau TGV, c’est la Chine. Commencé en 2008, le réseau devrait atteindre 13 000 km en 2012 ; ce sera, de loin, le plus important du monde. La ligne Pékin-Shanghaï ouvrira en 2011, sur 1 300 km parcourus en quatre heures. Les Chinois rêvent déjà d’un TGV Pékin-Londres. Le réseau TGV français offre 1 547 km de voies.

       Le pays qui produit le plus de voitures, c’est la Chine, avec 10 millions de véhicules par an. Il y avait 100 millions de véhicules sur la planète en 1956, on en compte maintenant 1,3 milliards. En Chine roulent environ 8O millions de véhicules, on en prévoit 200 millions en 2020.

           Le pays qui produit le plus d’électricité à partir du charbon, c’est la Chine. En 2008, la Chine était le premier producteur, consommateur et exportateur de charbon (2,5 milliards de tonnes par an, soit le double des USA). La Chine met en service deux centrales thermiques… par semaine.

       Le pays qui rejette le plus de gaz carbonique, c’est la Chine. Annuellement, la Chine rejette un peu plus de 6,5 milliards de tonnes de CO2, soit 22,3 % des rejets mondiaux, devant les Etats-Unis qui n’en rejettent… qu’un peu moins de 6 milliards de tonnes.

       Le pays qui compte le plus de réacteurs nucléaires, c’est l’Union Européenne avec 146 sur un total mondial de 439. Les USA en comptent 103 et la France 58. La Chine n’en compte que 13. Mais elle en prévoit 34 autres dont 26 sont en construction, et envisage de multiplier son parc par 6.

       Par ailleurs, la stratégie du Zouchugu, « sortir des frontières de la Chine », consiste à acquérir terres agricoles et minières en Afrique et Amérique du Sud, entreprises aux Etats-Unis et Europe, infrastructures un peu partout, ou encore dettes de certains pays occidentaux… En France, la grève des dockers mine les ports maritimes, c’est une opportunité pour les Chinois qui vont acheter… une partie du Port du Havre.

     Alain Peyrefitte avait prophétisé ce qui arrive maintenant dans son célèbre ouvrage de 1973 Quand la Chine s’éveillera… le monde tremblera. Je ne sais pas si le monde doit trembler, mais la Chine s’est éveillée !

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