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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 08:12

 

Les Français adorent les campagnes électorales, même si c’est pour bien les dénigrer. Voilà la campagne des présidentielles de 2012 sur les rails avec son cortège de mascarades. A droite un leader, quelques traîtres et quelques annonces populistes en guise de programme. A gauche de nombreux candidats à la candidature et un programme fantôme. Et puis il y a la « troisième voie », celle de l’écologie politique.

Ainsi donc, dans le parti de l’écologie politique, il y aura le choix entre monsieur Hulot qui pourrait bien être aussi à l’aise en politique que le héros de Jacques Tati en vacances, et madame Joly, avec qui ce serait sans doute plus chouette (Hulotte, il va sans dire). Une primaire-débat autour de la vision des candidats devrait permettre aux membres de Europe Ecologie les Verts de choisir entre l’animateur télé et la juriste inflexible.

Certes Nicolas Hulot a une excellente analyse de l’urgence écologique, bien conseillé qu’il est, des compétences indéniables de communicant et sans doute l’opiniâtreté nécessaire. Eva Joly a une réputation d’incorruptible, une ténacité à toute épreuve et a ouvert le courant écologiste au-delà de ses thèmes initiaux. Eva Joly est marquée à gauche sans ambiguïté, tandis que Nicolas Hulot est plutôt centre-droit et à vrai dire incertain dans son positionnement. Les sondages se suivent et… se contredisent. Mais selon les plus récents, Nicolas Hulot ferait autour de 6 % des voix et Eva Joly entre 8 et 10 %. Autant dire que l’annonce des alliances possibles au second tour sera déterminante pour le vote et le poids ultérieur, éventuel, de la formation écologiste. Rien de changé donc, ou si peu, si ce n’est le poids de l’extrême droite…

Cet état de fait ne résulte-t-il pas de la confusion sémantique de départ ? A l’origine, les Verts s’appuient sur un courant en faveur de la protection de l’environnement et inventent le concept d’écologie politique, sans le nommer écologisme. La confusion s’installe entre écologues et professionnels de l’environnement, d’une part, et écologistes d’autre part. Progressivement les militants prennent conscience que l’écologisme ne suffit pas à définir un projet de société et communiquent sur les questions de l’immigration ou des femmes battues. Thèmes importants certes, mais quelle confusion !

Un parti de l’écologisme n’a pas plus de sens que n’aurait un parti de la culture ou un parti du sport. Pour prétendre gouverner, les écologistes devront choisir un jour entre cette stratégie d’un parti spécifique et autonome, en annonçant clairement le développement soutenable comme projet de société, construit rigoureusement, ou bien une inclusion dans les grands partis afin de reconquérir le champ politique de l’intérieur. Faute de quoi, je crains que bien longtemps encore l’écologisme ne fasse des petits scores…

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Published by Michel Lerond - dans Gouvernance
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