Les gros soucis du monde d’aujourd’hui : les ressources.
Bien que les Terriens aient du mal à subvenir à leurs besoins, la planète offre de multiples ressources qui sont l’eau et l’air, indispensables à la vie, mais aussi les sols et les ressources alimentaires, et les matières destinées aux fabrications humaines, telles que les énergies et les minerais.
S’agissant de l’eau les ressources mondiales sont très importantes, mais trompeuses car inégalement réparties géographiquement et peu consommables, avec 2,5 % d’eau douce, dont seulement 0,7 % est accessible pour l’alimentation humaine. L’accès à l’eau est très inégal selon les pays et les disponibilités sont à relativiser en fonction des usages, sachant que dans le monde 70 % de l’eau douce est utilisée par l’agriculture, 20 % par l’industrie et 10 % pour les besoins domestiques. La consommation d’eau ne cesse d’augmenter en relation avec la croissance de la population et des évolutions des pratiques, notamment l’irrigation des cultures. Le cumul de tous ces facteurs fait que la moitié de la population mondiale doit faire face à des pénuries une partie de l’année.
L’air est également indispensable à la vie, avec 21 % d’oxygène, 78 % d’azote et quelques % d’autres gaz. Le CO2, bien que de faible concentration, joue un rôle crucial pour l’effet de serre, cause du réchauffement de la planète. En tant que ressource le cycle de l’azote illustre l’interrelation entre atmosphère, sols et organismes vivants, sachant qu’elle est essentielle pour l’agriculture. L’Homme consomme une partie infime de l’oxygène produit par les végétaux alors que la combustion des énergies fossiles en consomme 4 %… La pollution de l’air est une réelle menace pour la santé humaine.
Les sols constituent aussi une ressource vitale. Alors qu’il va falloir augmenter la production agricole pour alimenter l’humanité, la proportion de sol cultivable par habitant ne cesse de se réduire. En France même, chaque année, ce sont 60 000 ha de terres arables qui disparaissent du fait de l’étalement urbain.
Pour ce qui est de l’énergie et des matériaux, il faut anticiper dès maintenant en vue de pénuries et de crises internationales. En effet les principaux fournisseurs de pétrole et gaz naturel se trouvent hors de l’Europe et avec des besoins propres croissants. Face à cela notre parc nucléaire est une force pour la France, mais… il est déjà vieillissant et nous dépendons en totalité des pays producteurs d’uranium qui assurent 80 % de la production mondiale. L’extraction des matériaux sur toute la planète est passée de 27 milliards de tonnes en 1970 à 92 milliards en 2017, dont plus de 60 % proviennent d’Asie.
Des préoccupations nouvelles augmentent cette vulnérabilité avec notamment l’Intelligence Artificielle, nouvelle technologie en plein essor gérée par data-centers qui sont très voraces en eau, énergie et terres rares. En 2025, ces infrastructures d’IA auraient consommé entre 300 et 760 milliards de litres d’eau. En terme d’énergie, alors que nous étions à 2 % de la consommation électrique mondiale en 2022, il est prévu un doublement en 2026, avec une empreinte carbone qui pourrait croître de près de 10 %, de même que les consommations d’eau consacrée au refroidissement. Nous n’en sommes qu’au début et il y a lieu de s’interroger sur la juste utilisation de l’IA dans la mesure où cette absorption des ressources fait craindre des pénuries et des conflits avec les autres besoins.
A suivre…