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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 16:59

 

Dans le cadre de l’Académie des sciences, belles lettres et arts de Rouen, je donnais une conférence le 14 avril sur le thème de l’agriculture (une synthèse des nombreuses chroniques de ce blog sur le sujet). En voici un bref résumé :

         L’histoire de l’agriculture montre une évolution très lente au cours des siècles, puis une accélération prodigieuse à partir de la fin du 19ème siècle avec l’apparition des cultures industrielles et du machinisme agricole. A partir de la moitié du 20ème siècle, les intrans (engrais et produits phytosanitaires) deviennent de plus en plus importants.

Sans doute peut-on admettre que cohabitent différentes formes d’agriculture, mais aucune ne doit être nocive à la santé. L’agriculture conventionnelle actuelle s’apparente plutôt à un écocide en portant atteinte gravement à la faune et la flore sauvages, aux paysages et à la santé humaine. Même dite « raisonnée », l’agriculture a de gros progrès à faire pour devenir raisonnable et acceptable par tous les consommateurs.

Trois exemples montrent le niveau des préoccupations actuelles : les proliférations d’algues en Bretagne, la mortalité des abeilles et l’impact sanitaire des pesticides.

Ces constats ramènent à des considérations basiques : l’agriculture doit assurer d’abord l’alimentation des populations locales. Ainsi la planète semble redécouvrir brutalement l’importance stratégique de l’agriculture vivrière. Il faut maintenant assurer l’autosuffisance alimentaire d’un pays, d’une région, d’un territoire, ce qui suppose une réorientation totale de l’agriculture autour des savoirs locaux, notamment dans les pays du Sud.

Il est urgent de faire évoluer l’agriculture vers une priorité des politiques publiques afin d’assurer le besoin primaire de nourriture, en soutenant notamment la petite agriculture familiale. Il faut aussi que les consommateurs fassent leur propre révolution en privilégiant les produits locaux de saison et en ne faisant plus de l’expression « paysan » une injure, mais un compliment.

         En guise de conclusion, j’évoquais trois champs de réflexion qui me paraissent essentiels, sachant que des évolutions en cours sont porteuses d’espoir :

- 1. Préserver les sols (http://www.michel-lerond.com/article-23055064.html)

- 2.  « Nationaliser » l’agriculture vivrière (http://www.michel-lerond.com/article-nationaliser-l-agriculture-vivriere--39517958.html)

- 3. Evaluer l’agriculture (http://www.michel-lerond.com/article-evaluer-l-agriculture--40359787.html)

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Published by Michel Lerond - dans Environnement
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lenormand 04/05/2012 12:02

Effectivement, c'est ce qu'il faudrait faire en urgence afin d'éviter l'inéluctable.Malheureusement les puissances de l'argent - machinisme et chimie entre autres - la Fnsea, les agriculteurs les
plus puissants, ont des intérêts radicalement opposés à une agriculture respectueuse des hommes et de l'environnement.Cependant, conservons l'espoir: de nombreux jeunes se lancent avec succès dans
des cultures et élevages sains. De nombreux citoyens changent notoirement leur comportement face à une agriculture industrielle qui détruit tout. De toute manières, à continuer de travailler aussi
mal et dangereusement, l'agriculture traditionnelle est résolument condamnée à brève échéance; mais ce qui est encore bien plus grave, elle conduit le monde à sa perte.

Michel Lerond 04/05/2012 15:42



Merci Rémi. Oui je crois aussi qu'il y a de bonnes raisons d'espérer.


Michel



Robert Meyer 30/04/2012 21:37

Bravo ...
mais avec mon mauvais esprit habituel, je voudrais évoquer un seul point qui me paraît fondamental :
Les engrais, même si on les appelle "chimiques", sont composés de 3 éléments dont toutes les plantes ont besoin : NPK ; est-ce qu'on ne devrait pas dissocier ces 3 éléments chimiques, qui ne posent
aucuns problèmes aux végétaux, ni même aux humains, des pesticides qui eux ... sont beaucoup plus problématiques ?

Michel Lerond 01/05/2012 10:53



Merci Robert. Non ce n'est pas du mauvais esprit, mais au contraire tout à fait à propos. J'ai déjà évoqué ce contre sens dans la compréhension des mots chimique et naturel
: http://www.michel-lerond.com/article-la-chimie-ca-pollue-58742069.html. Par contre, l'excès
d'engrais peut être néfaste quand la concentration de nitrates devient trop importante dans l'eau, par exemple. Toujours affaire de dosage, d'équilibre et... de pédagogie.


Michel