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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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3 décembre 2018 1 03 /12 /décembre /2018 14:30

      Une précédente chronique de ce blog, en 2011, posait la question : La bourse ou la vie ? Maintenant nous avons la réponse : c’est le fric le plus important. Les Français aiment bien jouer de temps en temps à la Révolution française. Mais les choses se compliquent quand on préfère le pouvoir d’achat, la bourse, à la reconstitution du climat, la vie, tout cela avec de nombreuses contradictions et pas mal de démagogie. Cela revient périodiquement, comme nous l’évoquions en 2014 à propos des « bonnets rouges »…

      Aujourd’hui, ce sont les « gilets jaunes » qui ont pris le relai pour défendre le pouvoir d’achat. Certes les fins de mois sont difficiles pour certains, et quand un patron de Renault-Nissan gagne 600 fois le Smic, on peut comprendre que ça énerve un peu, la décence n’étant pas interdite. Pour autant faut-il rappeler que les barrages routiers ne sont pas une manif, mais une atteinte à la liberté de circulation. Pire encore, un feu allumé sur la chaussée est un délit, grave lorsque l’on brûle des pneus qui dégagent une intense pollution et qui devrait être immédiatement sanctionné. C’est donc s’en prendre précisément à ceux que l’on prétend défendre… d’autant plus que les dégâts occasionnés coûtent un bon paquet de millions aux contribuables ! Les sanctions prévues par le Code pénal pour gêne à la circulation sont particulièrement lourdes, mais rarement appliquée… pour ne pas aggraver la situation. Certes les Français payent des impôts et des taxes, souvent moins que d’autres pays, et en contrepartie bénéficient de services tant pour la santé, l’éducation ou les aides sociales que nombre de pays nous envient. Mais baisser les taxes et augmenter les dépenses publiques n’est guère aisé… N’oublions pas que depuis presque 50 ans, nous avons surconsommé à tout va en générant des déficits des budgets publics français qui atteignent maintenant… 2 000 milliards € de dettes que nous offrons à nos successeurs ! La part alimentaire des budgets familiaux n’a cessé de diminuer pour financer des voitures, vacances ou jouets d’enfants, parfois à crédit. Un peu de décence là encore et ne jouons pas avec le feu : Entendez-vous dans les campagnes cette clameur qui monte, annonciatrice de bien des tourments, écrivions-nous en 2010. Il faut revenir au bon sens, hiérarchiser les urgences. Certes chacun a droit à un confort de vie minimum, mais il faut pour cela d’abord assurer l’avenir de la vie, ce qui n’est plus le cas pour nos petits-enfants, du fait du climat. Nous n’avons cessé de le rappeler.

      Les politiques auraient dû commencer par davantage de pédagogie afin de réexpliquer la nécessité absolue de reconstituer le climat. Il faut alors, dans le même temps, corriger les erreurs du passé pour restreindre l’usage des produits pétroliers et donc de la voiture. Il faut maintenir la taxe carbone très dissuasive, mais dans le même temps réajuster l’ensemble des taxes et non pas les multiplier inconsidérément et réguler les prélèvements fiscaux en tenant compte davantage des revenus réels.

       Qu’on ne s’y trompe pas, il y a URGENCE ! Nous entrons dans une période de turbulences climatiques qu’il faut enrayer… pour assurer notre survie. Nous ne voulons pas regarder les choses en face, pourtant les dérèglements sont là, devant nous, en Asie ou en Amérique, faisant des millions de victimes depuis une vingtaine d’années. C’est loin, mais aussi chez nous dans le Var ou encore… au Mont Blanc, un joyau qui s’écroule : du fait de la fonte des glaciers par le réchauffement climatique, les nombreux éboulements de roches (environ 80 depuis 2005, soit de l’ordre de 100 000 m3 au total) menacent la pérennité du site… Un symbole !

 

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commentaires

Lerond 04/12/2018 08:54

Par un mauvais hasard, les commentaires de l'article "La bourse ou la vie" ont été supprimés...
Merci à Elisabeth pour son approbation. Espérons que le bon sens finira par l'emporter.
Merci à Bertrand Maridor pour ses observations. Je sais que la théorie de l'effacement de la dette existe et je souhaite que vous ayez raison, mais j'en doute un peu... Je vous approuve, par contre, sur la paupérisation de notre société, ou en tous cas son inégalité sociale croissante. Souhaitons que nous puissions avancer avec intelligence et respect de l'autre.