En ce mois de septembre 2021, ce blog compte 100 000 pages vues depuis sa création en 2007. Ce « score » est bien loin des blogs qui font le buzz, mais parfois de façon éphémère. Pour notre part, voilà 14 ans que dure cette aventure, avec 701 chroniques publiées. Quelle satisfaction que de pouvoir diffuser des informations, des avis, des idées et de pouvoir échanger avec quelques lecteurs, échanges concrétisés par 1 325 commentaires. Une des chroniques les plus lues fut sans doute celle du 29 avril 2014 : A quoi ça sert de travailler ? sujet toujours d’actualité.
Ces chroniques ont été regroupées et ordonnées dans plusieurs ouvrages :
Ces chroniques ont été ensuite reprises et synthétisées dans deux ouvrages :
A propos du premier de ces livres « Qu’est-ce qu’on attend ? », notre ancien professeur de l’Université de Rouen, M. Bernard Boullard a écrit une analyse pour la revue Etudes Normandes (N° 60-1 de 2011 en pages 86 et 87) qui résume bien notre propos et nos intentions sous le titre « Il est temps, plus que temps… d’agir ! » : «… Le titre de l’ouvrage lui-même souligne l’urgence des mesures à prendre. Et il ne s’agit pas de petits remèdes qui ne froisseraient personne mais s’avèreraient rapidement insuffisants… Il est peu courant de lire une prose multifacettes aussi riche de connaissances que sage et persuasive dans ses propositions, loin de certains écologistes dont l’excitation l’emporte trop souvent sur les constats solides et les suggestions raisonnées de solutions crédibles. Dans quelques années, si l’on attend trop, le volume rédigé par M. Lerond constituera un document à charge accablant pour les « non-décideurs » de ce début de XXIème siècle ! »
Nous y voilà précisément… dix ans plus tard, avec une inaction qui pourrait bien nous conduire au désastre ! Nous aurons l’occasion d’y revenir.
Cette chronique est certes un couplet d’auto-satisfaction. Mais pourquoi ne pas être satisfait quand il s’avère que l’on a vu juste. Par contre, quelle déception de ne pas avoir été suivi dans nos réflexions, ou si peu ! ... Ce blog a suffisamment attiré l’attention, nous nous efforcerons maintenant de formuler des propositions concrètes pour progresser, autant que possible. Il n’est jamais trop tard. Il est temps, plus que temps, mais encore temps !
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Les civilisations aussi sont mortelles, après deux millénaires notre civilisation occidentale n’échappe pas à la règle, mais nous pouvons si nous le voulons, la prolonger encore un peu, ou mieux encore faire naître la suivante ! La jeune génération, particulièrement touchée psychologiquement par la pandémie, ne doit pas se morfondre dans l’idée qu’elle est une génération sacrifiée, mais au contraire se convaincre qu’elle est la génération qui va remettre d’aplomb un monde chamboulé.
Climat, biodiversité, pandémies… voilà bien les vrais enjeux. Plus que jamais, il est temps de Faire passer le message et de se donner les Clés de notre avenir !
Faire passer le message - Persée, Pari, 2018.- 158 p. – 14€20
Les clés de notre avenir - Persée, 2020.- 100 p. – 10 €.
En priorité chez votre libraire : https://lalibrairieautresrivages.com/
Ou https://www.facebook.com/papier.et.plumes/
Ou https://www.facebook.com/dominique.godefroy.92
Ou https://tourismedes4rivieresenbray.com/
Ou à défaut : https://www.editions-persee.fr/
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Les civilisations aussi sont mortelles, après deux millénaires notre civilisation judéo-chrétienne n’échappe pas à la règle, mais nous pouvons si nous le voulons, la prolonger encore un peu, ou mieux encore faire naître la suivante ! La jeune génération, particulièrement touchée psychologiquement par la pandémie, ne doit pas se morfondre dans l’idée qu’elle est une génération sacrifiée, mais au contraire se convaincre qu’elle est la génération qui va remettre d’aplomb un monde chamboulé.
Climat, biodiversité, pandémies… voilà bien les vrais enjeux. Plus que jamais, il est temps de Faire passer le message et de se donner les Clés de notre avenir !
Faire passer le message - Persée, Pari, 2018.- 158 p. – 14€20
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Quelques avis de lecteurs sur « Faire passer le message » :
-Michel Leroux, maire de Pont-Audemer (27) : « Cet écrit est juste, précis et plein de positifs sur la vie. Un grand merci d’écrire si juste. »
-Robert Meyer, professeur émérite : "La deuxième partie est une bonne vision synthétique de ce qu’il faudrait faire … ça devrait faire partie du programme des lycées … En tout cas ça ne peut qu’aider les gens qui se posent des questions."
- Jean-Paul Léger, retraité de la Défense : « Ton approche scientifique et pragmatique de l'écologie, à mille lieues de ces positions trop souvent sectaires qui la déconsidèrent dans bien des esprits, est à mon avis la seule véritablement sérieuse et digne de considération. »
- Jean-Paul Thorez, ancien directeur de l’AREN : « Un grand professionnel normand nous raconte son parcours… Le livre fourmille d’anecdotes qui intéresseront, voire amuseront, les lecteurs connaisseurs de la vie régionale… (Le message est) le bilan d’une riche carrière d’environnementaliste, doublé d’une réflexion développée au cours d’une intense activité de blogueur ».
- François-Xavier Lauch, Chef de Cabinet du Président de la République Emmanuel Macron : « Le Président m'a confié le soin de vous remercier pour cette contribution et pour les propositions qu'elle comporte dont il a été pris connaissance avec le meilleur intérêt ».
- Christine Dhenain, correspondante de presse : « Des propositions concrètes laissant présager l’espoir d’une nouvelle ère entre l’homme et son environnement, ou l’ère d’une civilisation toute entière qui doit se renouveler à échelle planétaire ».
- Nicolas Gaillard, journaliste Le Bulletin : « Dans ce livre, Michel Lerond souhaite ouvrir des pistes pour porter un message d’espoir, auprès du grand public et notamment des jeunes ».
- Agnès Poli, avocate : « (Ce livre) se déguste comme un bonbon, à toute vitesse et succulent ».
- Marie-France Ramelet, ancienne restauratrice : « Plus on avance dans la lecture et plus on se dit que Michel avait tout compris et étudié avant tout le monde. On peut dire que "Faire passer le message "est d'une actualité brûlante ».
- Joce Hue, journaliste Paris-Normandie-Dimanche : https://www.paris-normandie.fr/accueil/figures-de-style--michel-lerond-la-science-de-l-urgence-ecologique-CJ13920772
- Jacques Calu, médecin ORL retraité : « Grâce à ton livre je cerne mieux aujourd'hui cette nébuleuse qu'était pour moi le mot écologie ».
- Richard Gauthier, France Bleu : https://www.francebleu.fr/emissions/france-bleu-et-vous-l-invite/normandie-rouen/michel-lerond-faire-passer-le-message
- Anne Rubinstein, cheffe de cabinet de Nicolas Hulot : « Le ministre a pris connaissance de ce livre avec intérêt… Il vous félicite pour votre engagement et pour votre contribution ».
- Yvon Robert, maire de Rouen : « Vous avez eu la gentillesse de m’offrir votre livre intitulé « Faire passer le message ». C’est avec beaucoup de plaisir que je vous adresse mes remerciements pour cette délicate attention ».
- Bernard Boullard, professeur émérite : « (votre livre) transpire de sincérité, de sensibilité. Il est riche de mille facettes qui situent excellemment l’homme et son œuvre. Il clame votre attachement à la nature. Il hurle (et le mot est de circonstance) votre inquiétude devant le comportement de l’Homme face à la nature. Il regorge de judicieuses suggestions ».
Quelques avis de lecteurs sur « Les clés de notre avenir » :
- Brice Blondel, Chef de Cabinet du Président de la République Emmanuel Macron : « Vous pouvez être sûr du plein engagement du Chef de l’Etat et du Gouvernement sur ce sujet (du dérèglement climatique), comme sur celui de la préservation de la biodiversité. »
- Danielle Biron, professeur en retraite, présidente d’Evreux Nature Environnement : « Je vous souhaite une bonne continuation dans votre "croisade" espérant que vous serez entendu et suivi par le plus grand nombre. »
- Jacqueline Fihey, professeur en retraite, engagée pour la protection de l’environnement et les droits de l’homme : « Votre ouvrage est incontestablement d'une actualité brûlante… Vos livres successifs plaident dans le même sens, c'est pourquoi nous tenons à les faire connaître. »
- Philippe Fajon, archéologue du paysage à la DRAC - Normandie : « Mon ami Michel Lerond possède une longue expérience d'observateur. Il poursuit son travail de publication de ses réflexions, très personnelles mais toujours plein de bon sens. Son dernier ouvrage est paru : juste 10 euros pour enrichir votre réflexion ... prendre des décisions ... constater que vous n'êtes pas seul ... devenir acteur de votre avenir ! »
- Jacques Calu, médecin ORL retraité : « Je suis ravi de tout ce que j'ai trouvé (dans ce livre) et que je vais relire. Bien des réflexions sont prémonitoires de ce que nous vivons avec la Covid 19. »
- Robert Meyer, professeur émérite à l’Université de Rouen : « Je te félicite d’abord pour avoir osé aborder le problème de la transition environnementale « dans son ensemble ». La tâche est énorme, et il faut oser … J’ai lu tes 93 propositions, aucune ne m’a parue farfelue ou inutile ; rien n’est à côté de la plaque. Tu n’as pas éludé certains problèmes que beaucoup de militants environnementaux qui écrivent sur le sujet laissent pudiquement de côté »
- Yvon Gervaise, ingénieur chimiste : « Ce Nouvel ouvrage, agréable à lire, très enrichissant, comporte un éclairage très pertinent sur la question actuelle du rapport entre écologie et économie. Bravo Michel, je conseille à tous mes amis la lecture de tes 93 propositions. »
- Bertrand Bellanger, Président du Département de Seine-Maritime : « Le Département, en tant que collectivité de proximité, est particulièrement attentif aux contributions que peuvent apporter les habitants de Seine-Maritime, notamment sur le sujet de l’environnement. Ainsi, votre ouvrage permet de poursuivre la réflexion. »
- Georges Lanmafankpotin, professeur associé écoconseil à l’Université du Québec à Montréal : « Merci de tenir le cap ! Et, merci de mettre à notre disposition ces 93 clés pour décoder les enjeux actuels et ouvrir les portes de l'avenir ! »
- Bernard Boullard, professeur émérite à l’Université de Rouen : « Vous vivez votre livre, vous vous exprimez en souffrant devant la situation actuelle et en vous demandant si les « décideurs » auront l’énergie requise pour stopper (??) ou au moins freiner (!!) la dérive. »
C’est dans quelques jours la fête nationale. Les dernières élections régionales et départementales en France ont marqué un tournant dans la vie de notre pays. Une élection, symbole de la vie démocratique, a été quasi jetée au panier ! Au plan national, pour les deux tours, l’abstention a atteint les sommets de 66 % et même 80 % localement… taux jamais observé. Alors même que cette élection est en lien direct avec la vie de chaque citoyen, que ce soit en matière de santé, transport, éducation, solidarité, économie, etc.
Tout cela a été abondamment commenté et « expliqué ». Mais quand l’Etat délègue un de ses rôles essentiels (procurer aux électeurs les informations nécessaires) à une société privée peu fiable, quand les journalistes ont bien du mal à dépasser les petites mesquineries du quotidien, quand les politiques se confinent dans un entre-soi égo-mégalo, quand l’école ne connaît plus l’instruction civique, quand certains élus municipaux ne jugent pas utile de voter, quand des citoyens ne savent pas qu’il y avait des élections et ignorent totalement à quoi servent les départements et les régions… comment s’étonner d’une telle claque ?
Qu’on y prenne garde, quand la grande pagaille devient un gros bordel, surmonter cette situation peut requérir la force et l’autoritarisme… N’oublions pas que nous sommes face aux défis considérables que sont le dérèglement du climat et l’érosion de la biodiversité, que ceux-ci vont nécessiter des décisions urgentes et fortes. Faute de participation démocratique des citoyens, il faudra, hélas, en venir à des décisions autoritaires qui susciteront des réactions violentes. Ne négligeons pas la démocratie au profit de pratiques sociétales qui nous ramènent à des comportements nauséabonds…
Tout cela pose sans doute la question de l’obsolescence de notre société « démocratique » qu’il faut revoir. Cette organisation de la vie en société est à refonder. Il y a beaucoup à corriger quant à la participation citoyenne aux décisions, mais aussi à l’exemplarité des dirigeants. Il ne s’agit plus d’être le plus fort, le chef, et d’être en concurrence permanente, il s’agit de faire face collectivement aux défis et d’assurer la survie des sociétés humaines ! Cette évolution socio-politique nécessite des mesures urgentes, notamment pour simplifier l’organisation territoriale, telles que nous l’avons déjà proposé dans nos récents ouvrages, comme les propositions suivantes, entre autres :
83 ► Réorganiser la gouvernance des territoires...
84 ► Regrouper les communes avec un minimum de 2 000 habitants…
87 ► Mettre en pratique la démocratie participative…
88 ► Mettre fin au cumul des mandats…
90 ► Renforcer l’Europe…
Et maintenant tout le monde s’y colle :
Malgré toutes les conférences internationales consacrées à la sauvegarde du climat, bien peu de choses ont changé… Par contre, les crises économiques ont un impact réel, bien qu’éphémère ! Ainsi la Covid-19 a généré un fort ralentissement économique, et les confinements, couvre-feu et télétravail ont fait chuter partiellement les émissions de gaz à effet de serre. Mais… beaucoup s’impatientent de retrouver le « monde d’avant », avec tous ses excès, comme si la crise n’avait pas suffi à faire passer le message ! Pourtant cette pandémie a montré que face à l’urgence, des choses réputées impossibles se sont faites, comme la généralisation quasi instantanée du télétravail ou la production de vaccins en des temps records.
En fait, il y a trois façons d’appréhender l’avenir :
Pour les adeptes de cette troisième voie, qui paraît la plus raisonnable, des mesures doivent être prises à l’échelle individuelle. Sans doute, changer ses ampoules pour des basse consommation ou recycler ses déchets, par exemple, constituent des actions utiles, mais soyons réalistes, qui restent anecdotiques par rapport aux enjeux du dérèglement climatique et de l’érosion de la biodiversité. Les mesures individuelles les plus efficaces pour le climat consistent à avoir un enfant de moins, réduire de façon drastique l’utilisation de la voiture et réduire les vols à moins de six heures.
La mise en œuvre de ces mesures va contraindre à envisager des ruptures avec création d’une nouvelle économie accompagnée d’un droit mondial et d’une nouvelle gouvernance. Le salut de l’humanité ignore les frontières, ce qui devrait inciter à la mise en place d’une gouvernance planétaire. Ceci suppose des mesures fortes et immédiates, qui seront sans doute perçues parfois comme autoritaires. Cette évolution va comporter inévitablement des contraintes et générer… des rebellions, comme on l’a vu à propos de la Covid-19, alors même que toutes les sphères de l’autorité sont défaillantes. Il va falloir concilier les libertés individuelles et les restrictions pour assurer un avenir collectif ! Dans une démocratie, il n’y a pas à choisir entre la sécurité et les libertés, l’Etat doit assurer les deux, encore un défi ! Et cela passe bien sûr par l’éducation, domaine où parents et enseignants doivent réapprendre aux enfants la liberté, en osmose avec le respect des autres. Les civilisations aussi sont mortelles, après deux millénaires notre civilisation judéo-chrétienne n’échappe pas à la règle, mais nous pouvons si nous le voulons, la prolonger encore un peu, ou mieux encore faire naître la suivante ! La jeune génération, particulièrement touchée psychologiquement par la pandémie, ne doit pas se morfondre dans l’idée qu’elle est une génération sacrifiée, mais au contraire se convaincre qu’elle est la génération qui va remettre d’aplomb un monde chamboulé.
Climat, biodiversité, pandémies… voilà bien les vrais enjeux. Plus que jamais, il est temps de Faire passer le message et de se donner les Clés de notre avenir !
Faire passer le message - Persée, Pari, 2018.- 158 p. – 14€20
Les clés de notre avenir - Persée, 2020.- 100 p. – 10 €.
En priorité chez votre libraire : https://lalibrairieautresrivages.com/
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L’espoir renaît :
Face aux défis auxquels nous sommes confrontés, l’appel vient d’en haut. Le Secrétaire général de l’ONU met en avant la maîtrise du dérèglement climatique, et propose pour cela un objectif impérieux : « cela implique de réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre de 45 % par rapport aux niveaux de 2010 d'ici à 2030 et d'atteindre des émissions nettes nulles d'ici à 2050 », ceci afin de contenir l’augmentation de la température moyenne mondiale nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels, et la limiter à 1,5 °C si possible. C’est un objectif ambitieux qui nécessite un engagement fort des tous les Etats de la planète, ce qui n’est pas gagné, mais la direction est donnée !
A un autre niveau, mais tout aussi important en matière de prise de conscience, la CIA (la National Intelligence Council, agence de renseignement américaine) publie tous les 4 ans un rapport de prospective. Ce rapport, rendu public en avril 2021 fait un diagnostic sur le monde de 2040 en annonçant un avenir bouleversé par certains progrès technologiques comme l’intelligence artificielle (IA), mais aussi le changement climatique… Si l’IA va sans doute contribué à certaines améliorations en matière de santé, d’éducation ou de vie quotidienne, elle va aussi contribuer à la disparition de certaines professions et accroître les risques liés, par exemple, à des guerres ou des attentats « automatisés »… Le dérèglement climatique, quant à lui, outre ses conséquences directes en matière de sécheresses, inondations, canicules, tempêtes etc., va générer des pressions migratoires, des pénuries d’eau et alimentaires avec des tensions difficiles à gérer. Tout cela, ajouté au déclin constaté des démocraties un peu partout dans le monde, aux corruptions assez généralisées, et aux inégalités, va accroître la défiance à l’égard des pouvoirs en place et générer des révoltes. Ces perspectives ne sont pas réjouissantes, mais au moins c’est dit à un haut niveau. La conscience est là, il n’y a plus qu’à en tenir compte pour gérer ces situations complexes et rendre caduques ces projections pessimistes !
A un autre niveau encore, celui d’une ONG comme le WWF (Fonds mondial pour la nature), une étude récente montre combien progresse la préoccupation du public pour la biodiversité depuis quelques années, et en particulier depuis la Covid-19, et cela partout dans le monde ! Depuis 5 ans, la biodiversité est devenue un sujet d’intérêt majeur pour le grand public. Un indicateur, parmi d’autres : depuis 2016, les recherches sur la nature et la biodiversité sur Google ont augmenté de 16 % à l’échelle mondiale et de 65 % sur Twitter ! Ce « réveil écologique » traduit bien une demande des consommateurs de mesures concrètes pour la biodiversité. Un signal encourageant ! Cette tendance concerne les pays riches, mais aussi les pays émergents, ce qui oblige les entreprises à réagir pour répondre aux nouvelles demandes, notamment dans le secteur de l’alimentation. Ce sont les consommateurs les décideurs ! Malgré tout, la biodiversité est encore peu prise en compte par les politiques. Ceci suppose un modèle économique différent de l’actuel, obsédé par la croissance et le profit. Là encore, la prise de conscience de notre vulnérabilité face aux pandémies, en relation avec la perte de biodiversité, constitue une occasion unique pour modifier la trajectoire du monde.
Des évolutions radicales sur le plan économique sont indispensables, mais aussi sur le sujet tabou qui est celui de la démographie, toujours galopante et cause de consommations qui sont de plus en plus irraisonnables… Si la démographie de la planète est bien l’origine de nos soucis actuels, on peut s’étonner que certains politiques s’inquiètent de la perte de fécondité généralisée, sauf en Afrique subsaharienne. Certes, cette baisse des naissances va entraîner un vieillissement des populations avec des conséquences économiques, notamment concernant le financement des retraites, mais c’est un élément décisif pour un rééquilibrage des consommations par rapport aux disponibilités de la planète et donc une bonne nouvelle !
A suivre : 3 – Et maintenant, tout le monde s’y colle.
La situation s’aggrave :
Les faits sont là et indéniables. Mais chacun peut avoir son avis en fonction de son tempérament, plutôt pessimiste ou optimiste. Nous l’avons souvent répété, mais voilà une actualisation synthétique des faits. « C’est un rapport effrayant (...) Nous sommes au bord de l’abîme », c’est ce qu’a déclaré Antonio Guterres, le Secrétaire général des Nations Unies, après la publication du rapport de l’Organisation Mondiale de la Météorologie (OMM) en avril 2021. De son côté, le Fonds Mondial pour la Nature (WWF) constate une prise de conscience partout dans le monde en faveur de la biodiversité, ce qu’il qualifie de « réveil écologique ».
Pour ma part, je crains beaucoup pour l’avenir, mais j’ai une certitude, c’est que le monde de demain doit être meilleur que celui d’hier. C’est à quoi il faut nous atteler, sinon à quoi servons-nous…
Que ce soit en matière de climat, de biodiversité ou de pandémies, les constats nous amènent à penser que nous sommes effectivement au bout du rouleau… Depuis 2020, les conditions météorologiques extrêmes se sont conjuguées aux impacts de la Covid-19, pénalisant des millions de personnes. L’année 2020 a en effet été l’une des trois années les plus chaudes jamais observées, et aussi… une année sans précédent de catastrophes météorologiques et climatiques extrêmes. La décennie 2011-2021 a été la plus chaude jamais constatée.
Petteri Taalas, Secrétaire général de l’OMM affirme que malgré le ralentissement économique dû à la Covid-19, la hausse des températures des terres et océans reste significative, ainsi que la fonte des banquises et l’élévation du niveau des mers. Compte-tenu de l’inertie climatique, cette tendance négative va se poursuivre au cours des prochaines décennies, bien que des mesures soient prises, mais timidement. Il est déjà bien tard !
Depuis les années 1980, l’Arctique s’est réchauffé deux fois plus vite que la moyenne mondiale et la surface de la banquise a atteint des minima records. Inondations, sécheresses et cyclones tropicaux se sont multipliés ces dernières années, en particulier en Afrique et Asie, déclenchant parfois des invasions de criquets pèlerins au Sahel. La sécheresse extrême a culminé en Afrique australe en 2018. De même aux Etats-Unis en 2020, où des incendies sans précédent se sont produits après des températures atteignant 54 °C, soit la température la plus élevée dans le monde depuis au moins 80 ans. En mai 2021, nouveau record du monde (qui reste à valider par l’OMM) avec 80 ° en Iran (désert de Lout) et au Mexique (désert de Sonora) !! En 2020 encore, l’Atlantique Nord a battu tous les records avec 30 tempêtes océaniques, dont 12 ont atteint les terres.
En matière de biodiversité, la France compte 10 % des espèces décrites dans le monde, du fait des territoires d’outre-mer. Mais 19 % des espèces sont menacées ou éteintes en 2020. Les populations d’oiseaux communs ont diminué de 24 % en métropole entre 1989 et 2019 et 54 % des chauves-souris ont disparu de métropole entre 2006 et 20O9. Les espèces les plus menacées sont les oiseaux, mais aussi les reptiles, les insectes et de nombreuses plantes.
Les pandémies, en lien direct avec la perte de biodiversité comme déjà rappelé, représentent un nouvel élément de complexification de cette crise écologique. Les contraintes et les restrictions de liberté dues à la pandémie ont créé un climat anxiogène et suscité des réactions parfois agressives. Mais celle-ci a aussi réveillé notre conscience en nous rappelant notre fragilité, individuelle et collective.
Le Secrétaire général de l’ONU insiste, notamment à propos du dérèglement climatique : « il s'agit véritablement d'une année charnière pour l'avenir de l'humanité… nous n'avons pas de temps à perdre. Le dérèglement climatique est là… il faut agir de toute urgence afin de stabiliser notre climat et mettre fin à notre guerre contre la nature ».
A suivre : 2 - L’espoir renaît, 3 – Et maintenant, tout le monde s’y colle.