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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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4 mars 2019 1 04 /03 /mars /2019 16:47

     Les choses bougent, les jeunes commencent à réagir vis-à-vis des modifications climatiques et c’est une bonne nouvelle ! Greta Thunberg, cette jeune militante suédoise, née en 2003, est à l’origine de ce réveil planétaire. C’est en août 2018 que Greta a décidé de ne plus aller à l’école jusqu’aux élections de son pays qui venait de connaître des vagues de chaleur et incendies de forêts sans précédent, pour exiger que le gouvernement suédois prenne des mesures de réduction des émissions de carbone, conformes à l’accord de Paris. Greta est restée assise, seule, devant le parlement suédois pendant les heures de cours avec un slogan « grève de l’école pour le climat »… Après l’élection, elle continue sa grève chaque vendredi, exemple repris dans plusieurs pays européens et l’Australie, ce qui a retenu l’attention dans le monde entier. En décembre 2018, ce sont 20 000 étudiants qui ont participé à cette grève du vendredi dans 270 villes à travers le monde, y compris le Canada, les Etats-Unis et le Japon !

     Le 14 décembre 2018, Greta, devant la COP24 réunie en Pologne, déclare au nom de Climate Justice Now ! : « ...Ce sont les souffrances du plus grand nombre qui paient pour le luxe du plus petit nombre… Nous ne sommes pas venus ici pour supplier les dirigeants du monde de s'inquiéter… nous sommes venus pour vous dire que c'est l'heure du changement, que ça vous plaise ou non. »

     En janvier 2019, Greta se rend à Davos au Forum économique mondial et déclare « Il est inimaginable que tant de personnalités qui s'entretiennent du climat soient venues en jet privé et il est temps que les jeunes se mettent en colère et transforment cette colère en action ».

     Bien entendu, ces comportements dérangent. Greta, atteinte du syndrome d’Asperger (forme d’autisme sans déficience intellectuelle ni retard de langage) est accusée d’être sous l’emprise de ses parents, ou d’organisations secrètes, ce dont se réjouissent les climato-septiques… Tout cela a été largement démenti.

     Après Nantes et Paris, le mouvement se structure en France en vue de la grève mondiale des écoles le 15 mars. Virgile Mouquet, lycéen bordelais de 17 ans a décidé de sécher les cours tous les vendredis : « …On nous met la pression pour étudier, pour choisir une voie et pour trouver du travail alors qu’on ne sait pas dans quel monde on va vivre et que notre avenir est bancal. L’urgence aujourd’hui est de nous battre pour défendre cet avenir, et ce dès maintenant ».

     « Tous ces mouvements montrent l’urgence d’une transformation globale où questions sociale et écologique fusionnent pour devenir le projet du XXIe siècle : celui d’un mode de vie et d’un modèle de société viables à terme… », écrivent les étudiants dans le Manifeste de la jeunesse pour le climat.

     Le monde bouge. L’espoir renaît. Réveillez-vous les vieux ringards adeptes de la croissance et du développement à tout va…

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25 février 2019 1 25 /02 /février /2019 14:33

3. Repenser les priorités de la société

     Outre une vie en harmonie avec la nature, le mieux vivre ensemble est largement à réinventer, il s’appuie sur la solidarité et le civisme. C’est dans cet esprit que nous avons évoqué depuis longtemps la création, en parallèle à la formation scolaire, d’un véritable service civique. Celui-ci semble se mettre en place avec le Service National Universel (SNU), mais il faut maintenant aller plus loin. On peut imaginer que ce temps citoyen permette de constituer une force d’intervention disponible lors des catastrophes naturelles (séismes, inondations, tempêtes, incendies de forêts, etc.) en Europe d’abord et sur tout théâtre planétaire où l’urgence le demande. Ce service pour tous les jeunes, garçons et filles, sans aucune dispense, permettrait aussi de retisser des liens dans une société qui perd le sens du collectif. Ce temps citoyen pourrait être utilisé également à compléter la formation de base non apportée par l’Ecole : apprentissage des gestes qui sauvent, de la conduite automobile, etc. Ainsi structurée, la solidarité pourrait alors s’installer dans une société organisée et majeure où chacun se sent responsable et acteur d’un futur commun.

     Une autre priorité qui doit être enseignée sur des bases nouvelles, c’est l’économie. L’oikonomia (éthymologie grecque de économie), c’est bien « l’administration de la maison », et là tout est à revoir afin de satisfaire les besoins réels de la population plutôt que la cupidité… La logique actuelle répond à un impératif de résultat immédiat, de rentabilité directe de l’effort produit, sans véritable souci de l’avenir. Il faut d’abord penser les besoins primaires avant d’envisager autre chose et apprendre à acheter mieux plutôt que d’acheter plus. L’entreprise, base de notre système économique, devrait changer de nature en s’orientant vers la notion de service et d’épanouissement humain, plutôt que vers le consumérisme. On pourrait rêver d’un monde où l’économie s’appuierait d’abord sur les besoins et répartirait l’emploi en le partageant. Pour le moment, ce sont souvent les difficultés d’insertion qui prévalent avec un accroissement du chômage. Cela suppose une évolution de nos modes de production, de distribution et de consommation vers une économie différente. Cela relève de l’éducation !

Pour devenir un véritable incubateur du futur, l’école doit faire sa révolution en enseignant la nature, la solidarité, le civisme et aussi une conception plus humaine de l’entreprise et du travail. Allez, tout le monde au boulot !

 

Des propositions plus détaillées pour construire ce monde nouveau : Faire passer le message - Persée, Paris, 2018.- 158 p. - 14€20 : https://www.editions-persee.fr/catalogue/recits/faire-passer-le-message/#.W1hl6sIyWpo

Ou dans toutes les bonnes librairies ! 

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18 février 2019 1 18 /02 /février /2019 17:08

2. Apprendre le b a ba de la nature

     Les fondamentaux de l’école, lire, écrire et compter, devraient aussi intégrer les bases de notre relation biologique à la nature, ceci dès la maternelle et le primaire. Notre système éducatif reconnaît surtout l’intelligence conceptuelle (priorité aux maths), écartant les formations professionnelles, jugées secondaires, voire destinées aux faibles. Les intelligences manuelle ou sensible ne sont considérées qu’au second plan.

     Répétons-le, il faudrait retenir 4 mesures prioritaires pour que l’éducation à la nature trouve enfin sa place dans la société française :

  • Apprendre le b a ba de notre relation biologique à la nature. Ceci en maternelle et primaire, en adaptant le niveau bien sûr.
  • Au cours des études secondaires, donner à l’enseignement de l’écologie / environnement / développement soutenable le rang de discipline principale avec l’expression écrite et orale.
  • En supérieur, enseigner les données concrètes relatives à ce triptyque (bases de l’écologie / manière de se comporter individuellement / gouvernance collective) dans toutes les filières.
  • Dans toutes les formations professionnelles, enseigner les aspects spécifiques des futures professions concernées quant à leur impact sur la nature.

     La mise en place d’une telle évolution ne peut pas être instantanée et nécessite des réflexions préalables. La montée en puissance des risques environnementaux génère une demande sociale forte et un besoin considérable d’information. La pédagogie traditionnelle était adaptée à un monde stable, ce qui n’est plus le cas. L’éducation à l’environnement est une éducation civique concrète tournée vers la vie en société qui vise à amener l'homme à s'intégrer dans le monde où il évolue et à l'aider à agir rationnellement. L’éducation à l’environnement permet de replacer l'enseignement dans le temps et dans l’espace géographique. Il est nécessaire d’évoquer la destruction des milieux et la disparition des espèces en interférence avec l’histoire, la géographie et l’économie de tel pays ou de telle région. Il faut admettre que la formation doit s’adapter à une évolution constante des connaissances et devra s’étendre sur toute l’existence. Enfin, l’éducation à l'environnement nécessite la découverte des milieux et paysages régionaux et la rencontre avec des praticiens.

     Il faut maintenant sortir l’éducation à l’environnement de son relatif isolement culturel et la recadrer dans un contexte plus large pour constituer un axe essentiel d’une réforme en profondeur de l’enseignement.

 

A suivre : 3. Repenser les priorités de la société

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12 février 2019 2 12 /02 /février /2019 09:06
  1. L’école, incubateur du futur

     Voilà un trimestre que dure l’épisode Gilets jaunes… mais cette crise n’est que le symptôme d’une fracture déjà ancienne de la société française, crise qui s’exprime par spasmes, sans que l’on parvienne à apporter des réponses aux questions de fond : « pourquoi y a t’il des gens qui vivent dans l’opulence alors que moi je peine ? ; pourquoi nous fait-on bouffer des produits qui génèrent des cancers ou autre ? ; c’est quoi le changement climatique, ça va nous mener où ? ; et pourquoi c’est toujours la France d’en bas qui va morfler ?… » Autant de questions qui préoccupent une part importante de la population, sans réponses claires et précises dans un monde qui vit ces bouleversements économiques et technologiques sur des bases qui restent assez figées. La société française est fracturée entre « classe politique et peuple », entre « riches et pauvres », entre « diplômés et échecs scolaires ». Ces constats étant, bien sûr, très approximatifs, peu argumentés et emprunts d’innombrables contradictions…

     Face à cet immobilisme, ne faut-il pas s’interroger sur l’école, l’éducation, la formation ? L’école ne serait-elle qu’un photocopieur de notre société, alors qu’elle devrait être un incubateur du futur. L’observation de notre société montre que, à quelques exceptions près, l‘éducation reçue par les jeunes enfants détermine largement leur place future dans la société. Pourtant il y a beaucoup à faire pour gommer les discriminations originelles, rétablir l’égalité des chances, envisager à terme une distribution plus équitable des revenus du travail et appréhender notre relation à la nature avec clairvoyance. L’investissement le plus rentable pour notre avenir ne serait-il pas l’école ? Certes, nous sommes dans l’urgence et l’école, même réformée en profondeur, n’apportera des résultats tangibles que dans quelques années, mais cette révolution à faire pourrait redonner de l’espoir et apporter plus de crédibilité vis-à-vis des politiques.

     Alors que faire ? Comment réformer ? On ne va pas ici définir les nouveaux programmes scolaires, bien sûr, mais au moins ouvrir quelques pistes. L'école doit s'ouvrir davantage sur le monde, se renouveler, s'adapter à ses nouveaux publics et anticiper les évolutions. Bien sûr beaucoup a déjà été fait, mais face à internet et la société multiculturelle, il faudra être davantage imaginatif plutôt que revendicatif, prospectif plutôt que conservateur. Tout cela suppose plus de formation continue et de mobilité professionnelle des enseignants afin de pouvoir alterner des emplois, des statuts, en conservant une école publique et laïque. Les enseignants sont en train de faire leur propre révolution, inventant de nouvelles manières d’enseigner, suscitant la motivation plutôt que la compétition. Le mouvement est lancé, il faut poursuivre et revoir le contenu de l’enseignement.

 

     A suivre : 2. Apprendre le b a ba de la nature ; 3. Repenser les priorités de la société

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10 février 2019 7 10 /02 /février /2019 15:02

      La période 2015-2018 a été la plus chaude depuis le début des relevés météo, en France comme pour le reste du monde, du fait des concentrations records de gaz à effet de serre. Depuis 1996, nous avons connu les 20 années les plus chaudes jamais enregistrées… L’année 2018 a connu une augmentation des phénomènes extrêmes, canicules, sécheresses, inondations et ouragans. Le niveau de la mer a monté de 2 à 3 mm par rapport à l’année précédente, alors que la fonte des banquises et glaciers s''est accélérée. L’Arctique se réchauffe à un rythme deux fois plus rapide que la moyenne mondiale, ce qui influe sur les conditions climatiques d’autres régions. Depuis quelques semaines on constate un choc thermique entre le nord-ouest de l’Australie qui a atteint 50° et le nord des USA qui connaît un froid polaire avec -33° dans le Minnesota, ressenti à -53° ! Le secrétaire général de l’OMM rappelle encore et encore que "La communauté internationale doit donner la priorité absolue à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et aux mesures d'adaptation au climat".

 

      Il nous reste bien peu de temps pour inverser la tendance, afin de ne pas dépasser les 1,5° d’augmentation globale des températures, tel que proposé par le GIEC en octobre 2018. Le temps presse, l’urgence est là et… la société de conseil parisienne BL Evolution propose des mesures concrètes à mettre en place dès maintenant en France, des mesures drastiques, contraignantes qui pourraient constituer la base de l’Etat d’urgence climatique que je propose depuis des années. Jugez vous-mêmes : Il faudrait réduire les émissions de CO2 de 63% entre 2017 et 2030. Pour cela, parmi les mesures nécessaires :

  • Interdiction de vendre des véhicules neufs pour un usage particulier
  • Réduction de 5% par an des km parcourus par les particuliers
  • Interdiction des véhicules thermiques en ville en 2024
  • Constructions neuves exclusivement collectives
  • En 2025, couvre-feu thermique entre 22h et 6h pour limiter la température des logements à 17°
  • Suppression des vols intérieurs disposant d’une alternative en 2020
  • Interdiction de tout vol hors Europe dès 2020

      Sans doute ce scénario est-il irréaliste pour des Français, mais… nous devons décider de l’avenir de nos petits-enfants ! Certes la France n’est qu’un petit confetti sur la planète, mais elle devrait être exemplaire, alors qu’elle ne cesse… de ne pas tenir ses engagements pour le climat. Ne baissons pas les bras, BL Evolution tient à préciser : "C’est une véritable économie de guerre qu’il faut mettre en place, une économie de rationnement, d’efforts intenses qui nous sort de notre monde de confort. Cela demande un effort important de la part de tous sur une décennie ou deux."   

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28 janvier 2019 1 28 /01 /janvier /2019 16:03

     Le Grand Débat, c’est parti… mais pas arrivé ! Les premiers épisodes de ce débat national ont montré combien la France est un pays fracturé, émietté. Chacun y va de ses arguments pour défendre son devant de porte sans trop de vision globale de la situation et souvent en oubliant ce que l’Etat apporte déjà… Il ne s’agit pas seulement d’améliorer le système, mais d’en changer ! Le monde dans lequel nous vivons, reposant sur des principes éculés depuis longtemps, n’est plus durable et doit être renouvelé.

     Le Grand Débat a le mérite de permettre à chacun de s’exprimer et de formuler ses attentes. Mais le questionnaire établi à cet usage pour répondre en ligne ne paraît pas adapté, les questions étant fermées et ciblées, ou parfois très vagues… Il faudrait commencer par définir des orientations globales pour qu’ensuite le gouvernement, validé par l’Assemblée Nationale, puisse évaluer les propositions, faire ses choix et les mettre en œuvre rapidement. Pour gérer le grand malaise auquel est confrontée la France, il faut d’abord répondre à l’urgence, et là le Grand Débat a toute son utilité. Ensuite expliquer et s’assurer que l’on est prêt à sortir du « vieux monde », pour enfin revenir à l’essentiel, et là on attend les politiques ! Le Grand Débat doit être l’occasion de renouer le dialogue. C’est un défi considérable qui nous est proposé, dans le contexte d’une indispensable refondation de l’Europe. Ce dialogue doit s’appuyer sur une information objective et vérifiée en veillant à ce que les participants reflètent la diversité de la société française. Il faudra hiérarchiser les propositions d’action avec des programmes et un dispositif de suivi-évaluation.

     Pour réfléchir à l’avenir, il faut d’abord qu’il y ait un avenir ! Et pour cela on doit se prémunir et remédier au changement climatique qui, tout simplement, menace notre survie à terme... C’est la priorité absolue. Cela suppose de corriger les erreurs du passé pour restreindre l’usage des énergies fossiles. La taxe carbone (voiture, camions, avions et cargos) doit être maintenue, avec des compensations pour les déplacements « obligés ». Toutes les mesures à prendre doivent l’être dans le cadre d’un Etat d’urgence climatique qui intègre les dimensions sociale et économique avec une coordination au niveau mondial.

     Si le climat est reconstitué, ou en passe de l’être, on peut alors envisager de reconstruire le vivre ensemble. Nous manquons d’un projet qui permettrait à chacun de se sentir impliqué, acteur et bénéficiaire à la fois, afin d’être solidaires d’un destin commun, notamment en repensant le travail, sa dimension sociale, son utilité, sa rémunération… L’humain doit être central dans ce projet, et pour cela il y a sans doute des préalables lorsque l’on vient d’apprendre que 26 milliardaires possèdent autant que la moitié la plus pauvre de toute la population mondiale…

     Des solutions plus détaillées sont proposées pour construire ce monde nouveau dans « Faire passer le message », une vision personnelle sur les grandes thématiques de l’environnement.

     Faire passer le message - Persée, Paris, 2018.- 158 p. - 14€20 : https://www.editions-persee.fr/catalogue/recits/faire-passer-le-message/#.W1hl6sIyWpo

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17 janvier 2019 4 17 /01 /janvier /2019 09:01

4. Revenir à l’essentiel :

     Après des mesures urgentes et emblématiques, des mesures de fond s’imposent pour sortir du « vieux monde ». Un grand débat national est une bonne chose s’il consiste en une véritable remise à plat avec un vrai dialogue qui permette de rester dans la rationalité. Les propositions nouvelles doivent être évaluées, testées pour des décisions prises en toute connaissance de cause avec pondération et pragmatisme, ce à quoi ne peut pas toujours répondre un référendum qui comporte un grand risque de démagogie et de populisme, en simplifiant abusivement des questions complexes.

     On aurait peut-être pu éviter la crise actuelle si les politiques avaient commencé par davantage de pédagogie afin de hiérarchiser les problèmes, et entre autres expliquer en quoi la taxe carbone se rattache à la nécessité absolue de reconstituer le climat. Il va falloir maintenant corriger les erreurs du passé (50 ans d’aménagement un peu délirant du territoire et de prolifération du transport routier),  pour restreindre l’usage des produits pétroliers. N’oublions pas que la question de la taxation de l’énergie se pose depuis… 1928 et que la taxe carbone a été décidée en 1997 avec bien des tergiversations depuis. Il faut maintenir la taxe carbone, dissuasive, avec des compensations pour les déplacements « obligés ». Dans le même temps il convient de réajuster l’ensemble des taxes et non pas les multiplier inconsidérément et aussi de réguler les prélèvements fiscaux en tenant compte davantage des besoins de déplacement et des revenus réels. Concernant la taxe carbone, bien entendu il ne faut pas la cantonner à la voiture, mais l’étendre aux camions, avions et cargos. Qu’on ne s’y trompe pas, c’est là que réside l’URGENCE ! Nous entrons dans une période de turbulences climatiques qu’il faut enrayer… pour assurer notre survie. C’est pourquoi nous proposons depuis un moment la mise en place d’un Etat d’urgence climatique qui intègre les dimensions sociale et économique. Au niveau mondial les pays les plus émetteurs de CO2 sont la Chine, les USA, puis l’Inde et l’Europe et les émissions se répartissent en quatre sources grossièrement égales : transports et activités de raffinage, production d’électricité et chauffage, agriculture et déforestation, industrie. Tout ceci exige donc une coordination au niveau mondial.

     Le grand débat national doit être l’occasion de renouer le dialogue, sur une base démocratique après des décennies d’aveuglement. Et tout cela dans un contexte d’une indispensable refondation de l’Europe. Suite à l’échec de l’Etat, il faut donc que ce débat s’appuie sur une démarche de « bas en haut » avec un relai essentiel que sont les communautés de communes rurales, les agglomérations urbaines et les régions. Pour que ce dialogue soit productif, il doit s’appuyer sur une information objective et vérifiée en veillant à ce que les participants reflètent la diversité de la société française. Tout ne pourra pas être retenu et il faudra hiérarchiser les propositions en fonction des urgences, pour passer à l’action avec des programmes et un dispositif de suivi-évaluation afin de pouvoir réajuster ensuite.

     Pour éviter la montée des nationalismes et extrémismes, cette démarche judicieuse ne pourra aboutir et être efficace que si chacun se souvient d’éléments essentiels, comme par exemple que nous sommes endettés en France à hauteur de plus de… 2 000 milliards d’euros et que l’urgence climatique n’est pas une vue de l’esprit mais une réalité que l’on mesure chaque jour !      

     Alors ce débat national, foutaise ou remue-méninges ? A vous d’en décider !                         

 

Des solutions plus détaillées sont proposées pour construire ce monde nouveau dans « Faire passer le message », une vision personnelle sur les grandes thématiques de l’environnement.

Faire passer le message - Persée, Paris, 2018.- 158 p. - 14€20 : https://www.editions-persee.fr/catalogue/recits/faire-passer-le-message/#.W1hl6sIyWpo

 

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16 janvier 2019 3 16 /01 /janvier /2019 08:15

3. Sortir du « vieux monde » :

     Nous avons changé d’époque et on se demande parfois si les politiques des mandats nationaux l’ont bien compris, ce qui peut expliquer le mécontentement à leur égard. Sans doute, les élus locaux, beaucoup plus proches des préoccupations quotidiennes des Français, gardent-ils une certaine aura. Depuis une cinquantaine d’années, les mentalités ont évolué, les attentes aussi et les comportements également. Quelques exemples illustrent ces évolutions en profondeur. C’est le cas avec l’économie circulaire qui prend de l’ampleur, l’économie sociale et solidaire qui s’appuient sur des entreprises mutuelles ou coopératives (12 % des emplois en France) ou encore les financements participatifs pour des actions culturelles ou patrimoniales.

      Le changement s’illustre aussi avec des comportements nouveaux comme ceux des étudiants qui refusent de travailler dans des entreprises polluantes ! Avec plus de 28 000 signatures sur leur « Manifeste pour un réveil écologique » les étudiants des grandes écoles (Polytechnique, ENS, HEC, etc.) vont rencontrer plusieurs entreprises du CAC 40 pour faire évoluer les mentalités et les pratiques en exposant des revendications liées, notamment, aux émissions de gaz à effet de serre, à la surconsommation ou aux enjeux environnementaux. Cette mobilisation fait tache d’huile sur d’autres pays européens et génère de grands espoirs.

     Les collectivités aussi s’y mettent, plus que l’Etat sans doute. Ainsi la commune de Malaunay, près de Rouen, est devenue une ville-laboratoire de l’écolo-transition, en visant d’atteindre d’ici 2050 un taux de 100 % d’énergies renouvelables. C’est déjà bien parti avec 70 % des bâtiments communaux alimentés ainsi. D’autres programmes sont lancés avec la plantation de 500 arbres, la restauration scolaire avec des produits bio et locaux, etc. Cet exemple est suivi dans de plus en plus de communes au niveau national.

     Certaines pétitions, même si celles-ci ne sont pas toujours une solution idéale, peuvent remporter un succès inattendu. Ainsi, « l’affaire du siècle », une pétition pour attaquer l’Etat en justice pour qu’il respecte ses engagements climatiques, a obtenu plus de 2 millions de signatures en un temps court.

     Ainsi se démontre petit à petit que l’écologie au quotidien n’est pas sanctions et privations, mais changement de paradigme pour une société plus humaine qui prend en compte les dimensions sociale et économique à niveau égal.

A suivre : 4. Revenir à l’essentiel.

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15 janvier 2019 2 15 /01 /janvier /2019 07:42

2. Répondre à l’urgence :

     Face à ce grand malaise que vivent les Français, il convient que l’Etat apporte d’abord quelque réconfort par des mesures emblématiques. Parmi celles-ci, il faut rétablir la confiance entre les Français et leurs dirigeants et pour cela régler enfin quelques questions qui traînent depuis des décennies. On peut évoquer la réduction des avantages accordés aux parlementaires, parfois disproportionnés, la réduction des avantages accordés aux anciens présidents de la République, sans vraie justification, la suppression du Sénat qui ne sert quasiment plus à rien… La question du cumul des mandats doit aussi être réglée, telle que nous le proposons depuis plus de dix ans ! Ces mesures devraient permettre d’abaisser un peu les dépenses publiques de façon concrète et plus équitable.

Cela ne suffira pas pour rééquilibrer les revenus de façon décente et recréer une solidarité entre tous les Français, mais c’est un début. Il faudrait aussi que les politiques « reprennent le pouvoir » vis-à-vis des lobbies qui, trop souvent, pèsent sur les décisions qui concernent tout ou partie de la population. La question de l’évasion fiscale reste entière. Les règles doivent être claires, connues et… appliquées. Plus difficile encore, il faudrait repenser le fonctionnement de l’économie quant à ses finalités. Le but est-il de gagner le plus d’argent possible pour le répartir entre quelques privilégiés, auquel cas il faut tout faire pour vendre, convaincre les consommateurs d’acheter, voire les abuser, avec du « green-washing » par exemple, pour faire « plus écolo ». Ou bien le but est-il d’apporter des biens et services aux citoyens, dont ils ont vraiment besoin et en privilégiant la qualité. Cela change tout ! On peut imaginer une économie libérale, très encadrée, avec des règles de fonctionnement qui ne sont pas que des principes, mais vérifiées, appliquées et sanctionnées s’il y a lieu.

Si tous ces changements reviennent surtout à l’Etat, rien n’empêche chaque citoyen de contribuer à retrouver un peu plus d’équité, en n’oubliant pas que les prestations sociales réduisent les inégalités et que la France est un des états les plus protecteurs en Europe. Par exemple, lorsqu’un footballeur touche des sommes totalement indécentes à nos yeux, on peut ne pas assister à ses matches, ou lorsqu’un chanteur préfère déclarer ses revenus à l’étranger, ne pas assister à ses concerts. Lorsqu’une entreprise pratique l’évasion fiscale, on n’est pas obligé d’acheter ses produits, etc. Au final, c’est chaque citoyen qui décide, en votant pour désigner ses représentants et aussi en faisant ses achats avec un libre choix. Pour cela il faut d’abord voter…

A suivre : 3. Sortir du « vieux monde » - 4. Revenir à l’essentiel.

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14 janvier 2019 1 14 /01 /janvier /2019 08:34
  1. Un grand malaise :

     La France vient de connaître un de ces épisodes qui font la France. Après les bonnets rouges en 2013, nous connaissons les gilets jaunes de 2018… Cela nous rappelle des souvenirs anciens, comme mai 1968 par exemple, où les étudiants, puis les ouvriers, déploraient la dureté de leurs conditions de travail et voulaient bénéficier d’une meilleure reconnaissance. Le thème de l’environnement, accessoire et sous-jacent, était néanmoins présent, importé des Etats-Unis sous l’impulsion du New Age, un courant spirituel un peu confus qui se voulait pacifique, alternatif et écologique. En 2018, c’est l’environnement qui marque le départ de la contestation avec l’augmentation du prix de l’essence du fait de la taxe carbone. Le thème du pouvoir d’achat a vite pris le dessus avec, à nouveau, l’expression d’un mal être généralisé.

     Voilà en fait des siècles que les classes dites « inférieures » se sentent méprisées et de temps à autre élèvent le ton pour se faire entendre, avec un temps fort que fut la Révolution française de 1789. Force est de constater que nous n’avons toujours pas réussi à résoudre cette équation qui consisterait à donner à chacun sa place dans la société, avec reconnaissance pour sa contribution au bien-être général, dans une harmonie pacifique. Il est vrai que lorsqu’un PDG, d’une entreprise importante certes, perçoit 5 à 600 fois le Smic, ou qu’un politique tire trop d’avantages de son mandat, on peut craindre que les « bas de l’échelle » trouvent cela amer… Mais souvent, hélas, le mouvement de contestation, légitime au départ, dérape sous l’impulsion des plus radicalisés ou du fait de casseurs qui profitent de l’occasion pour « jouer à la révolution ». Les violences, insultes et dégradations diverses deviennent alors intolérables, appellent à la réaction forte du pouvoir et c’est un enchaînement qui se répète de siècle en siècle avec une spirale de la violence, dérives et excès entre contestation/répression. Le débat devient alors très difficile jusque parfois, le renversement du pouvoir en place. Il faudrait aussi que certains médias fassent preuve d’un peu plus d’objectivité, en ne recherchant pas toujours le « scoop » au risque de passer à côté de l’analyse de fond. Ces défauts de hiérarchisation de l’information nuisent à la cause initiale et mettent de l’huile sur le feu…

     S’il est légitime que le pouvoir en place réagisse en assurant l’ordre public, il doit d’abord prendre en compte le mal être d’une partie de la population pour y apporter des remèdes d’urgence afin de « calmer le jeu », et il faut aussi qu’il « revoie sa copie » pour répondre à l’angoisse montante de notre société face aux interrogations du futur : sans doute le pouvoir d’achat et la reconnaissance au travail, mais aussi les modifications climatiques ou l’érosion de la biodiversité, pour lesquelles la prise de conscience est maintenant réelle, enfin. C’est cela qui devrait constituer la base du « Grand débat national », afin d’apporter des réponses au stress, à l’anxiété, voire l’angoisse d’une grande partie de la population. Entendez-vous dans les campagnes cette clameur qui monte, annonciatrice de bien des tourments. Faisons, tous ensemble, que ce pressentiment ne soit qu’un mauvais rêve vite oublié…

 

A suivre : 2. Répondre à l’urgence – 3. Sortir du « vieux monde » - 4. Revenir à l’essentiel.

 

Des solutions plus détaillées sont proposées pour construire ce monde nouveau dans « Faire passer le message », une vision personnelle sur les grandes thématiques de l’environnement.

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