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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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5 juin 2026 5 05 /06 /juin /2026 08:20

Reconstituer le climat : réduire les GES.

     Tout d’abord prenons conscience du dérèglement climatique pour s’y adapter et le faire régresser, en remédiant aux causes du mal. Pour cela nous devons nous réorienter vers une sobriété en énergie, énergies renouvelables comprises qui ne sont pas toujours aussi vertueuses que prévu, afin de réduire les émissions de Gaz à Effet de Serre. Pour cela de gros efforts doivent être faits en changeant nos comportements, à la maison comme pour nous déplacer. Au-delà des actions individuelles, il faut agir collectivement, dans le domaine des transports et aussi dans notre conception de l’urbanisme : réduire l’étalement urbain et redistribuer habitat, commerces et entreprises dans les territoires pour limiter les déplacements. C’est par l’action collective que nous pourrons faire face, en attaquant le problème à la source : l’utilisation surabondante des énergies fossiles. Le diagnostic est sans appel : nos modes de vies et le fonctionnement de nos entreprises dépendent toujours à plus de 70 % du pétrole, gaz et charbon, part qui n’a pas baissé depuis 1995. Pour en sortir, il faut dialoguer, à l’échelle de son entreprise, sa commune et son pays pour définir les changements à opérer.

     De nombreuses actions sont déjà en cours pour capter le CO2, principal GES, elles doivent être poursuivies et amplifiées. Parmi celles-ci il y a bien l’amélioration des performances énergétiques des machines que nous utilisons et la transition vers les énergies renouvelables, mais aussi le reboisement pour renforcer les puits de carbone. Cette action doit être menée en forêt, dans les zones humides et sur les terres agricoles qui sont très étendues. L’agroforesterie qui associe culture/élevage et arbres est une technique assurément efficace tout autant pour atténuer le changement climatique que pour améliorer la fertilité des sols, la rétention d’eau et réduire l’érosion des sols. Voilà un bon exemple à suivre. Il faut aller plus loin encore et innover en agriculture : la réduction des labours, les intercultures pour couvrir le sol ou le maintien des prairies permanentes sont autant de facteurs qui favorisent la séquestration du carbone.

     D’autres initiatives doivent être prises, comme par exemple la culture d’algues marines pour capter le CO2. C’est ce que fait la Norvège avec la création de fermes océaniques de culture du varech qui absorbent à la fois le CO2 et les nutriments, ce qui crée une biomasse utile qui peut être transformée en alimentation animale ou en biocarburants. C’est tout gagnant !

     Au-delà des initiatives agro-écologiques ou industrielles, n’omettons pas la réglementation avec incitation ou répression… La fiscalité verte doit évoluer pour supprimer les subventions favorisant la consommation d’énergies fossiles et faisons appliquer la taxe carbone en France et dans tous les pays du G20 pour aller très vite vers une économie sobre en carbone. C’est l’outil le plus dissuasif et le plus efficace pour obtenir les résultats attendus, en prévoyant au départ que cette taxe soit payée par tous (y compris les entreprises, collectivités et transporteurs routiers, aériens et maritimes) et qu’une redistribution soit possible en fonction de critères liés aux économies d’énergie.

     Pour parvenir à cette philosophie du futur, il va falloir que nous-mêmes changions. Consommateurs, travailleurs et citoyens, nous avons le vrai pouvoir de décision.

A suivre…

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29 mai 2026 5 29 /05 /mai /2026 08:47

Organiser la société planétaire

Lorsque l’on regarde notre planète depuis l’espace, on ne voit aucune frontière. Je rêve que cela soit aussi la réalité lorsque l’on est les pieds sur Terre. Une société planétaire et solidaire, quel bonheur ! Ce rêve doit devenir réalité un jour afin que les frontières ne soient plus l’expression d’une crainte entre les peuples. Ceci d’autant plus que des questions comme le dérèglement climatique ne pourront être résolues qu’à l’échelle mondiale. Il serait illusoire de prétendre régler ce problème au niveau national, même si bien sûr les Etats doivent y contribuer de même que toutes les collectivités. Nous n’avons jamais eu autant besoin d’intelligence et de coordination pour garantir le futur.

A l’échelle de notre histoire humaine, le moment est venu de construire une société unie et responsable. Mais avec quelle stratégie, alors que les « empires » sont de retour plus que jamais, entre Etats-Unis, Russie et Chine pour imposer chacun leurs propres intérêts. L’ONU est l’organe suprême qui doit structurer cette évolution avec ses 193 Etats membres. C’est en effet l’institution mondiale la plus haute, dédiée à l’environnement parmi bien d’autres fonctions, avec des actions mesurables qui imprègnent notre vie quotidienne comme la limitation des substances chimiques, des plastiques ou des polluants de l’air. C’est ainsi que fin 2025, l’ONU a voté « l’accord sur la diversité biologique marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale », soit la haute mer qui représente les 2/3 de la surface des océans du globe. Cet accord impose des études d’impact environnemental pour des activités susceptibles d’affecter la biodiversité marine, afin de prendre conscience que l’océan est notre meilleur allié pour affronter la crise climatique et écologique. Pendant ce temps la construction européenne est restée indécise et il est grand temps que l’Europe mette en place une institution de type confédéral pour une gouvernance supra nationale indispensable à la mise en oeuvre de stratégies d’ampleur. Le Pacte vert pour l’Europe, présenté fin 2019 par la Commission, va dans ce sens en promouvant d’ici 2050, l’utilisation efficace des ressources et la maîtrise du changement climatique, la perte de biodiversité et la pollution. Dans ce contexte, proclamer un état d’urgence climatique pour reconstituer le climat en Europe, étendu ensuite à l’échelle planétaire, est indispensable afin de pouvoir mettre en place les actions nécessaires. Ce sera difficile, contraignant et coûteux, mais tellement utile.

Ces évolutions doivent se faire de façon pacifique. Il faut supprimer les armées nationales pour n’en maintenir qu’une seule, les casques bleus de l’ONU afin de pouvoir intervenir dans d’éventuels conflits entre états. Aux niveaux local et national, les services de police doivent pouvoir régler les conflits et vandalismes à l’échelle qui convient. L’appellation de ces forces de police la meilleure, c’est bien « gardiens de la paix » pour vivre dans le respect de la vie des autres. Cette révolution nécessite que l’on se comprenne, ce qui passe aussi par le langage. Il existe une langue internationale, de fait, qui est l’anglais, parlé quasiment partout sur la planète. Faisons en sorte que tous les enfants soient bilingues langue nationale/anglais dès le collège. Quant à la France, c’est un territoire à réorganiser dans la mesure où la centralisation forcenée asphyxie les territoires. Le millefeuille territorial doit être simplifié en s’appuyant sur le principe de subsidiarité avec une action au niveau le plus proche du terrain.

A suivre…

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22 mai 2026 5 22 /05 /mai /2026 09:15

La socio-économie : la démographie.

          Parmi les questions prioritaires qui vont conditionner les évolutions à venir, il y a aussi la démographie. Il faut lever le tabou sur ces sujets, faute de quoi la croissance de la population pourrait générer une déstabilisation majeure liée à des pénuries alimentaires et en eau. Pour rappel notre planète comptait 1 milliard de Terriens en 1800, 8 aujourd’hui et sans doute 10 en 2050. Il nous faut maintenant déterminer à long terme une population mondiale compatible avec les ressources disponibles, notamment alimentaires, cela dans le cadre pacifique de l’ONU bien sûr. Quoi qu’il en soit, du fait des pénuries à venir, la stabilisation de la population mondiale est inéluctable et va provoquer un vieillissement de la population, ce qui suppose des adaptations dans les domaines de la construction et les conditions de travail. En France même la natalité est en baisse, en partie en relation avec une peur de l’avenir de la planète. La population vieillissante amène à repenser les villes plus à dimension humaine avec des commerces et des services de proximité. Du fait d’une espérance de vie de 80 ans pour les hommes et 85 ans pour les femmes, les plus de 65 ans sont maintenant aussi nombreux que les moins de 20 ans, ce qui laisse envisager une baisse de la main d’oeuvre et donc un financement des retraites à revoir et des dépenses de santé croissantes. 

          En 2024, 57 % de la population mondiale vivait en ville, soit près de 5 milliards de personnes, 22 fois plus qu’en 1900. On prévoit qu’en 2050, 70 % de la population sera citadine. Ces concentrations génèrent des fonctionnements complexes de nos sociétés avec une demande énorme de matériaux et de ressources, alimentaires notamment, qui les rendent dépendantes du monde rural. Certaines villes du Sud de la planète, en Afrique, Asie et Amérique latine, sont en train de bouleverser cet état de fait en évoluant vers des territoires mi-urbains mi-ruraux. Pour atténuer les effets du dérèglement du climat, il faut intensifier la nature en ville (la végétalisation peut faire baisser la température des bâtiments de 3 à 5°), ce que font certaines villes. Par exemple au Mexique, près de Cancun, il est prévu pour 2030 une ville-forêt pour 130 000 habitants sur 557 ha dont la moitié végétalisée, des panneaux solaires en périphérie, des canaux d’irrigation et des services à moins de 15 mn à pied pour tous les habitants. L’urbanisme doit prendre en compte une écologie urbaine qui intègre les habitats humains aux autres habitats terrestres, laissant circuler l’eau, les plantes et animaux et assurant la nourriture des habitants. Il faut se préparer à une symbiose entre l’urbanité et la ruralité. L’agriculture va devoir en partie s’urbaniser, avec intégration d’espaces cultivables sur des friches ou petits espaces pour que la ville prenne le virage radical de l’autonomie de sa subsistance.

          Ceci pose la question de l’organisation de ces nouvelles cités. Certains agronomes suggèrent que des villes de 20 à 30 000 habitants puissent organiser des espaces, à raison de 4 000 m² par habitant, pour répondre aux besoins essentiels : alimentaires, énergétiques, accès à l’eau et mobilités, ce qui correspond à la surface actuelle artificialisée pour le bâti, les infrastructures, les zones commerciales et industrielles. Il faut aller vers des villes moins denses et plus autonomes, ce qui doit intensifier les rapports humains et la convivialité, ce à quoi aspirent de plus en plus de citadins.

A suivre…

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15 mai 2026 5 15 /05 /mai /2026 08:31

La socio-économie : l’éducation.

         Faire face à toutes ces transformations qui nous attendent suppose nécessairement une prise en compte dans les formations scolaires et professionnelles. Pour accompagner les transformations professionnelles et nos modes de vie, Il faut investir massivement dans l’éducation et la formation tout au long de la vie.

         L’école doit être un incubateur du futur et faire sa révolution en enseignant la nature, la solidarité, le civisme et aussi une conception plus humaine de l’entreprise et du travail. Cela passe par plus de formations continues et de mobilité professionnelle des enseignants afin de pouvoir alterner des emplois, des statuts, en conservant une école publique et laïque. Là aussi il faut s’interroger : peut-on être enseignant sans avoir exercé aucune autre profession ?

Les élèves ont bien évolué et de nombreux jeunes demandent des journées plus courtes, des devoirs allégés et des activités extrascolaires. Ceci doit être pris en compte pour que l’école prépare davantage à la vie pratique avec un accompagnement personnalisé et des stages d’immersion.

L’école doit aussi insister sur l’enseignement de notre relation biologique à la nature. Pour que cette éducation trouve enfin sa place dans la société française, il faut apprendre le b a ba de notre relation à la nature. Ceci dès la maternelle et le primaire, en adaptant le niveau à chaque étape. Au cours des études secondaires, l’enseignement de l’écologie / environnement / développement soutenable doit tenir le rang de discipline principale. Apprendre les écogestes ne suffit pas, il faut enseigner aussi les bases scientifiques dans le cadre des cours de physique, SVT, sciences sociales et géographie, en développant le sens critique des élèves. Cette formation doit réduire l’éco-anxiété et la transformer en capacité d’agir.

Lors des études supérieures, les données concrètes relatives au triptyque bases de l’écologie / manière de se comporter individuellement / gouvernance collective, doivent être intégrées dans toutes les filières. De même, dans toutes les formations professionnelles, les aspects spécifiques des futures professions concernées quant à leur impact sur la nature doivent être enseignés tout au long de la vie en fonction des évolutions, climatiques notamment, des changements de profession et des connaissances nouvelles.

Les jeunes sont de plus en plus conscients que les engagements individuels, très louables, ne suffiront pas. Manger bio et trier ses déchets quand on travaille dans une entreprise qui contribue à l’accélération du changement climatique ou à l’épuisement des ressources n’a pas de sens. Il faut donc se responsabiliser pour ses achats. Cela suppose une nouvelle communication sur les produits avec des données intégrant une meilleure connaissance des coûts réels. Cette approche relative à l’information du public passe par l’étiquetage et les labels qui doivent nous informer sur la vraie qualité d’un produit, et non pas toujours faire du marketing.

A suivre…

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8 mai 2026 5 08 /05 /mai /2026 08:54

La socio-économie : le travail.

      Cette révolution nécessaire sera facilitée et mieux acceptée avec plus d’équité entre les différentes strates de la société. Les milliardaires ont vu leur fortune croître de 16 % en 2025 et cet écart qui se creuse entre « riches » et « pauvres » complique le débat alors que la richesse créée par une entreprise est le résultat d’un travail collectif. Avec leur train de vie, les 1 % les plus riches de la planète ont consommé leur budget carbone annuel dès le 10 janvier 2026, ce qui ne facilite pas le dialogue sur les questions environnementales. Cela interroge sur le sens du travail en parallèle avec la prise de conscience des difficultés à venir.

     Ces évolutions en cours de la société conduisent à des remises en cause : pourquoi donc travailler ? A cette question, la plupart des gens répondent « pour gagner sa vie ». En général, le travail présente une utilité directe parce qu’il sert à quelqu’un en répondant à ses besoins. Tout cela semble simple lorsqu’il y a du travail pour tous et que chacun y trouve son compte. Lorsque la situation économique est moins stable, les choses bougent. La priorité devient alors l’emploi, justement pour gagner sa vie. Mais que penser si le travail a cette seule justification alors que, dans certains cas, il n’a pas d’utilité indispensable, voire il va à l’encontre des besoins réels. Par exemple, lorsque la France décide la construction d’un porte avions de 10 milliards d’euros, nombre de gens se réjouissent de cet apport considérable pour l’économie et la création d’emplois. Mais de deux choses l’une, ou bien ce porte avions ne servira jamais, et alors c’est de l’argent perdu ; ou bien il servira à faire la guerre, donc à tuer des Humains... Dès lors pourquoi travailler, si cela ne sert à rien ou pire encore si cela sert à tuer des Humains ? On peut s’interroger de la même façon sur bien d’autres productions.

     Nous allons devoir redonner du sens au travail. Pour cela réétudions les dispositifs d’aide sociale, en les simplifiant, pour que le travail soit plus rémunérateur que l’inactivité, que le travail manuel et de service, trop longtemps dénigré, soit revalorisé et que les conditions de travail soient améliorées pour davantage de respect de notre environnement et de notre santé. Le plein emploi est sans doute une condition de la cohésion sociale, mais là aussi il faut revoir cette notion avec la nécessité de partager le travail. Avec l’avènement de l’Intelligence Artificielle ce sont les « cols blancs » qui vont être les plus concernés du fait du remplacement d’une partie de ces emplois par des machines. Mais alors que faire de ce temps libéré ? Va-t-on travailler 25 heures par semaine et partir en retraite à 40 ans ? On va devoir réduire le temps de travail pour maintenir le nombre d’emplois et pour que chacun puisse s’épanouir au travail, ce qui est de plus en plus une aspiration des salariés, notamment des jeunes. Le bien-être au travail devient un objectif prioritaire, ne serait-ce que pour plus d’efficacité, ce qui amène de plus en plus souvent les entreprises et services à repenser leur organisation. C’est dans ce contexte que, parfois, des entreprises menacées de fermeture sont reprises par les salariés eux-mêmes en Scop (Société coopérative et participative), ce qui illustre bien la volonté de reprendre en main son destin, notamment pour un travail qui sert à la société.

A suivre…

 

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30 avril 2026 4 30 /04 /avril /2026 09:51

Une nouvelle organisation socio-économique.

     Pour construire un monde nouveau la raison doit dominer la passion pour renouer un dialogue constructif entre élus et citoyens, entre producteurs et consommateurs, et aussi entre écologistes (militants pour la défense de la nature, dérivant parfois vers un certain dogmatisme) et écologues (scientifiques qui étudient la nature et ses complexités). De multiples instances existent pour instaurer ce dialogue, mais celles-ci devraient être regroupées et non redondantes afin de hiérarchiser les dommages et proposer des remèdes efficaces. Il faut en effet que les citoyens soient associés aux choix qui vont définir leurs conditions de vie. Nous devons donc aller plus loin dans le fonctionnement habituel de nos démocraties. Il ne m’appartient pas de donner des réponses, mais au moins de suggérer des voies : ainsi peut-on encore être élu député sans avoir exercé aucune « vraie » profession, autre que étudiant à l’ENA ou attaché parlementaire ? Un vécu du monde du travail pourrait aider à reconnecter la politique à la société. De même qu’un casier judiciaire vierge pourrait crédibiliser davantage les élus de tous niveaux.

     Face à ces défis, la France reste dépendante d’un héritage institutionnel fragmenté. Il faut repenser le rôle de l’État par rapports aux collectivités territoriales autour de trois axes : Etat, Région et Département. Les départements deviennent alors des subdivisions régionales et les communes (toutes d’au moins 2 000 habitants) sont fédérées en intercommunalités pour gérer le quotidien de proximité. De même les milliers de syndicats intercommunaux doivent être fusionnés pour gérer le territoire avec une vision globale, afin de faire face au dérèglement climatique avec de fortes compétences techniques, notamment en génie écologique. Il convient de mettre fin aux féodalités locales pour une gouvernance réinventée, rationnelle et efficace.

     Au-delà des protocoles électifs et juridiques, la concertation est une voie d’apaisement. Parmi d’autres instances, les CESER (Conseil Economique, Social et Environnemental Régional) sont des outils qui associent toutes les catégories d’acteurs sur la gestion de notre patrimoine comme l’eau, les paysages, etc. A l’image du GIEC (Groupe Intergouvernemental d’Experts sur l’Evolution du Climat), plusieurs collectivités ont déjà initié des groupes d’experts pour mener une réflexion globale sur le climat et préconiser des mesures d’atténuation des effets attendus en ajustant la gouvernance aux spécificités territoriales.

     La socio-économie c’est aussi une responsabilisation des citoyens. Ainsi en France il a été mis fin au service militaire. Il eut fallu plutôt le faire évoluer vers un service civil, plus utile et constituant un ciment national et européen. Le développement des incivilités et violences nous amène à reposer cette question : pourquoi pas un service civil pour tous les jeunes Européens ? Ce service pourrait développer la solidarité dans une société où chacun se sent responsable d’un futur commun : le dérèglement climatique entraîne maintenant de nombreuses catastrophes telles que crues, incendies ou recul du littoral, avec des phénomènes qui vont s’amplifier, c’est pourquoi, dès maintenant, il faut aussi recruter des pompiers supplémentaires pour assurer la sécurité civile. Il ne s’agit pas ici de définir en détail toutes les réformes à envisager, mais nous retiendrons trois thèmes qui nous paraissent essentiels : le travail, l’éducation et la démographie.

A suivre…

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24 avril 2026 5 24 /04 /avril /2026 08:47

L’économie : les grandes orientations.

         Il s’agit de passer du plus-avoir au mieux-être. Le développement des emplois de service, le retour au commerce de proximité, une activité industrielle décarbonée, une agriculture plus environnementale sont des exemples d’orientations prioritaires pour une nouvelle économie. Tout reste à inventer dans ce domaine, on peut donner quelques pistes telles que la bioéconomie et l’économie circulaire.

         Le monde nouveau auquel nous aspirons doit respecter les limites de reproduction de la nature pour que la société soit bioéconomique, ou bien elle ne sera pas… La bioéconomie désigne la production, l'utilisation et la conservation des ressources biologiques, afin de fournir des produits et des services à tous les secteurs économiques dans le but de parvenir à une économie durable. Il s’agit donc d’économiser les bioressources pour atténuer les effets du changement climatique et assurer la sécurité alimentaire et énergétique des populations. Par exemple, l’agroéconomie prend en compte la production, la transformation, la commercialisation et la consommation des produits agricoles selon les principes rappelés ci-dessus. De même, dans le secteur industriel, des reconversions peuvent générer des coopérations locales pour partager énergie et matières premières et faire en sorte que dans certaines entreprises, rien ne se perde.

En complément et de façon plus concrète encore, l’économie circulaire signifie une recherche maximale de recyclage, tout en s’assurant que les produits rendent un réel service et minimisent leur impact environnemental. La consommation des ressources peut être allégée par des partages : usage, réparation et surtout fin de l’obsolescence programmée. Cela inclut une réflexion globale sur tout le cycle de vie des produits, de la conception à l’élimination. L’économie circulaire c'est donc produire, consommer et gérer les ressources en limitant le gaspillage et prolongeant la durée de vie des produits.

Ces évolutions vont devoir s’appuyer sur des actions concrètes comme la fin de la mondialisation des marchés alimentaires : on ne peut pas continuer à cultiver sur un continent des denrées qui vont être consommées sur un autre, en laissant éventuellement les producteurs affamés. Ceci implique aussi une relocalisation de l’industrie : pour des raisons économiques, de nombreuses entreprises ont décentralisé leurs fabrications vers des pays en développement, ce qui oblige à des transferts toujours croissants d’un continent à l’autre, il faut donc relocaliser. De même, pour le tourisme, nous devons recréer de la proximité : ce secteur a pris une telle importance qu’il est devenu une véritable industrie, avec des déplacements toujours plus lointains. Cela doit pouvoir continuer avec modération, les déplacements en avion et en bateaux de croisière sont de moins en moins compatibles avec une gestion raisonnée de l’énergie.

         Jusqu’à maintenant les innovations technologiques avaient des répercussions sur l’emploi en concernant surtout les paysans et les ouvriers. Avec l’avènement de l’Intelligence Artificielle ce sont les « cols blancs » qui vont être les plus concernés du fait du remplacement d’une partie de ces emplois par des machines. L’IA va bouleverser nos modes de production, nos temps de travail et peut ramener des gens à la campagne dans la mesure où il va falloir produire davantage localement avec simultanément des petits gestes de chacun et des transformations industrielles et sociales ambitieuses.

A suivre…

 

 

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17 avril 2026 5 17 /04 /avril /2026 08:11

Vers une nouvelle économie.

          On parle souvent d’économie, mais sans se préoccuper ni de la genèse ni de la prospective de ces questions. Le mot économie signifie l’administration de la maison, et le mot écologie l’étude des êtres vivants dans leur milieu. Il serait donc logique que l’on se préoccupe d’abord d’écologie, puis en fonction de l’état des lieux, que l’on « administre la maison ». L’économie ne devrait-elle pas viser à satisfaire les besoins des hommes avec les ressources disponibles. Le paradoxe est que l’économie est en crise si la consommation baisse, que celle-ci corresponde à des besoins vitaux ou à des fantasmes ! Le summum en la matière est que la paix est néfaste à l’économie alors que la guerre nécessite des armes et la reconstruction des bâtiments détruits, autant d’emplois qui vont permettre de réguler la croissance et le pouvoir d’achat.

Je ne suis pas économiste et donc ne me hasarderai pas à définir de nouveaux protocoles. Je suggère simplement à nos économistes de repenser notre société d’échanges matériels en fonction des évolutions de notre monde. Sans doute faudrait-il restreindre certaines fabrications de produits néfastes pour la santé et notre milieu de vie, parfois même inutiles et uniquement là pour créer du business… Le modèle linéaire produire-consommer-jeter a atteint ses limites lorsque chaque jour arrivent en Europe par avions cargos des millions de roses du Brésil, des haricots verts du Sénégal ou des tomates de Chine, n’a-t-on pas atteint la limite de notre société mondialisée à l’excès, avec flux tendus de marchandises fraîches d’un bout à l’autre de la planète. Il nous faut revenir au bon sens avec relocalisation de l’économie et production de proximité.

Il est temps de s’interroger aussi sur l’organisation du travail, sur le sens, l’utilité et le partage du travail. Bien sûr, l’élaboration de produits ou services génère de l’emploi. Mais à quoi bon travailler pour fabriquer des produits inutiles, voire nuisibles, pour le simple fait qu’ils génèrent de l’emploi ? Rendons la vie économique plus claire, avec des prix qui prennent en compte les coûts environnementaux. A défaut d’acheter plus, on peut sans doute acheter mieux. Une nouvelle communication sur les achats suppose des données plus lisibles, plus simples et plus indépendantes.

Nous avons déjà fait l’expérience de deux types essentiels d’économies, totalement opposées, sans grand succès d’aucune des deux : l’économie libérale qui est un système basé sur la liberté individuelle, la propriété privée et un rôle limité de l’État dans les échanges économiques et, a contrario, l’économie soviétique qui repose sur la propriété collective des moyens de production et une planification centralisée. Ne peut-on imaginer un système économique qui prendrait en compte l’intérêt général, sous l’autorité de l’État, sans pour autant « embrigader » les consommateurs et en profitant du dynamisme des entreprises. De plus en plus il va falloir envisager des entreprises à mission dont la raison d’être est la contribution aux besoins réels de la population et non le profit.

Il n’y aura pas de véritable transition sans répartition des efforts et plus de justice sociale. Cette transition ira sans doute jusqu’à une forme de rationnement, ce qui sera difficile à faire accepter, tant elle évoque la pénurie, alors que nos sociétés restent dans l’illusion de l’abondance. Un rééquilibrage des richesses est indispensable.

A suivre...

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10 avril 2026 5 10 /04 /avril /2026 07:31

Vers un nouveau monde.

     Tous ces rappels que nous venons de faire interrogent sur l’avenir, mais après des décennies de déni, on constate un certain ressenti de la part de la population. La prise de conscience est maintenant là, mais nous restons prisonniers du court terme… C’est nous les consommateurs qui sommes largement les décideurs des orientations du monde ! Comment sortir de cette situation absurde de dichotomie dominants/dominés, riches/pauvres, pollueurs/payeurs, etc. Puissions-nous devenir des Hommes, des vrais, qui auraient le sens inné du partage, de l’équité, de la fraternité ?

     Le premier pas est d’inciter les gens à changer de comportement, en leur annonçant la vérité des difficultés qui nous attendent, sans les traumatiser et en se respectant pour passer à l’action collectivement. Ces défis sont immenses, redoutables même, mais aussi enthousiasmants puisqu’il s’agit d’assurer la survie de notre espèce humaine avec des solutions pour stopper d’urgence cette menace. Toute cette organisation va demander beaucoup d’intelligence, d’efforts, de civisme et de solidarité.

     L’Anthropocène (anthropos signifiant humain) est en voie d’achèvement. Cette ère géologique a été caractérisée par l’impact fort des activités humaines : pollutions, effondrement de la biodiversité et dérèglement climatique. Depuis deux siècles, l’An­thropocène , a été un temps au cours duquel l’influence de l’Homme sur la planète est devenue prédominante par rapport aux facteurs naturels, avec une artificialisation grandissante de notre environnement, du vivant et de l’Homme lui-même.

  Soit on reste dans l’immobilisme et dans un court délai notre civilisation pourrait s’effondrer. Arriver à cet état cataclysmique pourrait prendre quelques décennies, mais concernera à n’en pas douter, les Humains nés après l’an 2000. Soit on réagit vite et fort, avec Humanité et pour cela faisons du préventif un axe majeur pour éviter que les catastrophes ne s’enchaînent. Nous sommes continuellement tiraillés par cette obsession maladive de la croissance, mais un monde essentiellement marchand ne saurait viser toujours plus de profit sans se soucier assez de l’utilité de ce qu’il produit et du bien être que cela apporte. Passons donc à autre chose que l’Anthropocène ! Pour cela remettons nous en cause, d’abord individuellement, et construisons ensemble une ère nouvelle, le Symbiocène (ère basée sur la symbiose avec une empreinte humaine réduite au minimum). Ainsi, en matière de climat, au-delà de l’adaptation au dérèglement climatique, il nous faut changer nos comportements, à la maison, au travail ou pour nos déplacements. Dans le domaine de la biodiversité, il va falloir concilier les habitats naturels, la vie sauvage et les hommes afin de recréer la nature en ville. Pour ce qui concerne les ressources planétaires, nous devons considérer l’air et l’eau comme des biens essentiels et publics.

     En résumé, c’est simple si l’on peut dire : revoyons nos modes de vie et changeons radicalement nos valeurs de base. Nous n’avons d’autre choix que de mettre en place une société où les besoins humains et environnementaux primeront sur les besoins matériels, ce qui signifie inventer une politique, une manière de régir la société, avec en priorité la santé et le bien être des personnes en lieu et place des recherches de profit à tout va. Hors de cela, point de salut ! Mais avec cela quel défi, quelle Humanité ! C’est un changement civilisationnel qui est à opérer.

A suivre…

 

 

 

 

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3 avril 2026 5 03 /04 /avril /2026 09:13

Les conséquences d’une économie obsolète.

        Les Nations Unies, dans leur récent rapport du Programme pour l’Environnement viennent de révéler que pour un dollar investi pour protéger la nature, le monde dépense 30 dollars qui contribuent à sa destruction… Chiffre pour le moins inquiétant d’autant plus qu’en 2020, le Forum économique mondial rappelait que la moitié du PIB mondial était dépendant de la nature. Eh oui, alimentation, climat, eau, sols… nous appartenons à la nature et en dépendons. En quelque sorte nous sommes en train de scier la branche sur laquelle nous sommes assis ! On continue à allouer des subventions publiques pour soutenir les énergies fossiles, des modèles agricoles ou industriels nuisibles pour la nature et dans le même temps des financements très réduits en faveur du vivant. Face à cela restons calmes plutôt que proposer des solutions inter-planétaires, par exemple, en installant des centres de traitement de données ou des usines sur une autre planète comme le préconisent certains « avant-gardistes » afin de suppléer aux limites terriennes… La Terre resterait ainsi une zone écologique protégée… Quel beau monde ! Possible ou pas, cette vision futuriste doit nous inciter à réfléchir à la possibilité, ou pas, d’avoir recours à ces technologies pour corriger les impacts sur la nature. Ainsi est-il certain, par exemple, que la géo-ingénierie (technologie de dimension planétaire) puisse corriger le réchauffement dû aux GES ? C’est sans doute aller bien vite sur l’analyse des conséquences possibles en termes de risques bien plus redoutables encore.

        Notre économie est devenue paradoxale en fournissant des biens que nous apprécions, créant des emplois et dans le même temps générant des pollutions et nuisances néfastes pour notre milieu et notre vie elle-même. Inversement, sans usines, nous n’avons plus ni voiture, ni logement… plus rien. Quel dilemme ! De plus, la mondialisation des affaires a favorisé les productions à bas coûts, avec des nuisances dans d’autres pays, des transports interplanétaires et une perte d’activité chez nous, d’où fermeture d’entreprises et chômage : en 2025 en France, 179 sites industriels ont fermé pour 116 crées, surtout dans les secteurs de l’automobile, métallurgie et alimentaire. Alors ? Comment repartir du bon pied ?

Nous sommes au seuil d’un effondrement de notre civilisation industrielle, auquel nous participons, notamment par nos achats. A quoi peuvent bien servir des produits « consommables » surchargés en colorants ou conservateurs, sinon à nuire à la santé. A quoi peuvent bien servir des véhicules « suréquipés », ce qui signifie « équipés plus qu’il n’est nécessaire ». A quoi peuvent bien servir des emballages multiples sur certains produits, sinon à remplir notre poubelle et créer des emplois de recyclage. A quoi sert la publicité pour vanter les « mérites » de tel objet qui ne sert à rien, sinon faire vendre, dans le contexte des divagations liées à la croissance et la domination du marché. Bien sûr, l’élaboration de ces produits, ou services, génère de l’emploi. Mais à quoi bon travailler pour fabriquer des produits inutiles, voire nuisibles, pour le simple fait qu’ils génèrent de l’emploi et donc « font vivre » ? Ne serait-il pas plus malin d’élaborer des produits dont on a réellement besoin, sains, non pollués ni polluants, qui apportent une réelle contribution à notre bien être ? Mais oui, mais c’est bien sûr !

A suivre…

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