Overblog Tous les blogs Top blogs Environnement & Bio
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Présentation

  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
  • Contact

Profil

  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

Recherche

Pages

Catégories

17 avril 2026 5 17 /04 /avril /2026 08:11

Vers une nouvelle économie.

          On parle souvent d’économie, mais sans se préoccuper ni de la genèse ni de la prospective de ces questions. Le mot économie signifie l’administration de la maison, et le mot écologie l’étude des êtres vivants dans leur milieu. Il serait donc logique que l’on se préoccupe d’abord d’écologie, puis en fonction de l’état des lieux, que l’on « administre la maison ». L’économie ne devrait-elle pas viser à satisfaire les besoins des hommes avec les ressources disponibles. Le paradoxe est que l’économie est en crise si la consommation baisse, que celle-ci corresponde à des besoins vitaux ou à des fantasmes ! Le summum en la matière est que la paix est néfaste à l’économie alors que la guerre nécessite des armes et la reconstruction des bâtiments détruits, autant d’emplois qui vont permettre de réguler la croissance et le pouvoir d’achat.

Je ne suis pas économiste et donc ne me hasarderai pas à définir de nouveaux protocoles. Je suggère simplement à nos économistes de repenser notre société d’échanges matériels en fonction des évolutions de notre monde. Sans doute faudrait-il restreindre certaines fabrications de produits néfastes pour la santé et notre milieu de vie, parfois même inutiles et uniquement là pour créer du business… Le modèle linéaire produire-consommer-jeter a atteint ses limites lorsque chaque jour arrivent en Europe par avions cargos des millions de roses du Brésil, des haricots verts du Sénégal ou des tomates de Chine, n’a-t-on pas atteint la limite de notre société mondialisée à l’excès, avec flux tendus de marchandises fraîches d’un bout à l’autre de la planète. Il nous faut revenir au bon sens avec relocalisation de l’économie et production de proximité.

Il est temps de s’interroger aussi sur l’organisation du travail, sur le sens, l’utilité et le partage du travail. Bien sûr, l’élaboration de produits ou services génère de l’emploi. Mais à quoi bon travailler pour fabriquer des produits inutiles, voire nuisibles, pour le simple fait qu’ils génèrent de l’emploi ? Rendons la vie économique plus claire, avec des prix qui prennent en compte les coûts environnementaux. A défaut d’acheter plus, on peut sans doute acheter mieux. Une nouvelle communication sur les achats suppose des données plus lisibles, plus simples et plus indépendantes.

Nous avons déjà fait l’expérience de deux types essentiels d’économies, totalement opposées, sans grand succès d’aucune des deux : l’économie libérale qui est un système basé sur la liberté individuelle, la propriété privée et un rôle limité de l’État dans les échanges économiques et, a contrario, l’économie soviétique qui repose sur la propriété collective des moyens de production et une planification centralisée. Ne peut-on imaginer un système économique qui prendrait en compte l’intérêt général, sous l’autorité de l’État, sans pour autant « embrigader » les consommateurs et en profitant du dynamisme des entreprises. De plus en plus il va falloir envisager des entreprises à mission dont la raison d’être est la contribution aux besoins réels de la population et non le profit.

Il n’y aura pas de véritable transition sans répartition des efforts et plus de justice sociale. Cette transition ira sans doute jusqu’à une forme de rationnement, ce qui sera difficile à faire accepter, tant elle évoque la pénurie, alors que nos sociétés restent dans l’illusion de l’abondance. Un rééquilibrage des richesses est indispensable.

A suivre...

Partager cet article
Repost0
10 avril 2026 5 10 /04 /avril /2026 07:31

Vers un nouveau monde.

     Tous ces rappels que nous venons de faire interrogent sur l’avenir, mais après des décennies de déni, on constate un certain ressenti de la part de la population. La prise de conscience est maintenant là, mais nous restons prisonniers du court terme… C’est nous les consommateurs qui sommes largement les décideurs des orientations du monde ! Comment sortir de cette situation absurde de dichotomie dominants/dominés, riches/pauvres, pollueurs/payeurs, etc. Puissions-nous devenir des Hommes, des vrais, qui auraient le sens inné du partage, de l’équité, de la fraternité ?

     Le premier pas est d’inciter les gens à changer de comportement, en leur annonçant la vérité des difficultés qui nous attendent, sans les traumatiser et en se respectant pour passer à l’action collectivement. Ces défis sont immenses, redoutables même, mais aussi enthousiasmants puisqu’il s’agit d’assurer la survie de notre espèce humaine avec des solutions pour stopper d’urgence cette menace. Toute cette organisation va demander beaucoup d’intelligence, d’efforts, de civisme et de solidarité.

     L’Anthropocène (anthropos signifiant humain) est en voie d’achèvement. Cette ère géologique a été caractérisée par l’impact fort des activités humaines : pollutions, effondrement de la biodiversité et dérèglement climatique. Depuis deux siècles, l’An­thropocène , a été un temps au cours duquel l’influence de l’Homme sur la planète est devenue prédominante par rapport aux facteurs naturels, avec une artificialisation grandissante de notre environnement, du vivant et de l’Homme lui-même.

  Soit on reste dans l’immobilisme et dans un court délai notre civilisation pourrait s’effondrer. Arriver à cet état cataclysmique pourrait prendre quelques décennies, mais concernera à n’en pas douter, les Humains nés après l’an 2000. Soit on réagit vite et fort, avec Humanité et pour cela faisons du préventif un axe majeur pour éviter que les catastrophes ne s’enchaînent. Nous sommes continuellement tiraillés par cette obsession maladive de la croissance, mais un monde essentiellement marchand ne saurait viser toujours plus de profit sans se soucier assez de l’utilité de ce qu’il produit et du bien être que cela apporte. Passons donc à autre chose que l’Anthropocène ! Pour cela remettons nous en cause, d’abord individuellement, et construisons ensemble une ère nouvelle, le Symbiocène (ère basée sur la symbiose avec une empreinte humaine réduite au minimum). Ainsi, en matière de climat, au-delà de l’adaptation au dérèglement climatique, il nous faut changer nos comportements, à la maison, au travail ou pour nos déplacements. Dans le domaine de la biodiversité, il va falloir concilier les habitats naturels, la vie sauvage et les hommes afin de recréer la nature en ville. Pour ce qui concerne les ressources planétaires, nous devons considérer l’air et l’eau comme des biens essentiels et publics.

     En résumé, c’est simple si l’on peut dire : revoyons nos modes de vie et changeons radicalement nos valeurs de base. Nous n’avons d’autre choix que de mettre en place une société où les besoins humains et environnementaux primeront sur les besoins matériels, ce qui signifie inventer une politique, une manière de régir la société, avec en priorité la santé et le bien être des personnes en lieu et place des recherches de profit à tout va. Hors de cela, point de salut ! Mais avec cela quel défi, quelle Humanité ! C’est un changement civilisationnel qui est à opérer.

A suivre…

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
3 avril 2026 5 03 /04 /avril /2026 09:13

Les conséquences d’une économie obsolète.

        Les Nations Unies, dans leur récent rapport du Programme pour l’Environnement viennent de révéler que pour un dollar investi pour protéger la nature, le monde dépense 30 dollars qui contribuent à sa destruction… Chiffre pour le moins inquiétant d’autant plus qu’en 2020, le Forum économique mondial rappelait que la moitié du PIB mondial était dépendant de la nature. Eh oui, alimentation, climat, eau, sols… nous appartenons à la nature et en dépendons. En quelque sorte nous sommes en train de scier la branche sur laquelle nous sommes assis ! On continue à allouer des subventions publiques pour soutenir les énergies fossiles, des modèles agricoles ou industriels nuisibles pour la nature et dans le même temps des financements très réduits en faveur du vivant. Face à cela restons calmes plutôt que proposer des solutions inter-planétaires, par exemple, en installant des centres de traitement de données ou des usines sur une autre planète comme le préconisent certains « avant-gardistes » afin de suppléer aux limites terriennes… La Terre resterait ainsi une zone écologique protégée… Quel beau monde ! Possible ou pas, cette vision futuriste doit nous inciter à réfléchir à la possibilité, ou pas, d’avoir recours à ces technologies pour corriger les impacts sur la nature. Ainsi est-il certain, par exemple, que la géo-ingénierie (technologie de dimension planétaire) puisse corriger le réchauffement dû aux GES ? C’est sans doute aller bien vite sur l’analyse des conséquences possibles en termes de risques bien plus redoutables encore.

        Notre économie est devenue paradoxale en fournissant des biens que nous apprécions, créant des emplois et dans le même temps générant des pollutions et nuisances néfastes pour notre milieu et notre vie elle-même. Inversement, sans usines, nous n’avons plus ni voiture, ni logement… plus rien. Quel dilemme ! De plus, la mondialisation des affaires a favorisé les productions à bas coûts, avec des nuisances dans d’autres pays, des transports interplanétaires et une perte d’activité chez nous, d’où fermeture d’entreprises et chômage : en 2025 en France, 179 sites industriels ont fermé pour 116 crées, surtout dans les secteurs de l’automobile, métallurgie et alimentaire. Alors ? Comment repartir du bon pied ?

Nous sommes au seuil d’un effondrement de notre civilisation industrielle, auquel nous participons, notamment par nos achats. A quoi peuvent bien servir des produits « consommables » surchargés en colorants ou conservateurs, sinon à nuire à la santé. A quoi peuvent bien servir des véhicules « suréquipés », ce qui signifie « équipés plus qu’il n’est nécessaire ». A quoi peuvent bien servir des emballages multiples sur certains produits, sinon à remplir notre poubelle et créer des emplois de recyclage. A quoi sert la publicité pour vanter les « mérites » de tel objet qui ne sert à rien, sinon faire vendre, dans le contexte des divagations liées à la croissance et la domination du marché. Bien sûr, l’élaboration de ces produits, ou services, génère de l’emploi. Mais à quoi bon travailler pour fabriquer des produits inutiles, voire nuisibles, pour le simple fait qu’ils génèrent de l’emploi et donc « font vivre » ? Ne serait-il pas plus malin d’élaborer des produits dont on a réellement besoin, sains, non pollués ni polluants, qui apportent une réelle contribution à notre bien être ? Mais oui, mais c’est bien sûr !

A suivre…

Partager cet article
Repost0
27 mars 2026 5 27 /03 /mars /2026 08:41

Les ressources : rappel des faits

     Les dernières nouvelles ne sont pas encourageantes concernant l’eau comme évoqué ci-dessus. De plus, 50 % des grands lacs de la planète ont baissé de volume en 35 ans et 410 millions d’hectares de zones humides ont été détruites en 50 ans. En se basant sur ce constat, on peut avancer que la planète Terre est entrée dans une crise profonde de la ressource en eau dans la mesure où les prélèvements des eaux de surface pour les activités humaines excèdent les capacités de renouvellement d’eau douce, ce qui met sous pression les écosystèmes, entre autres. Concernant la France, l’eau potable est assez contaminée par divers polluants que l’on retrouve dans les eaux souterraines et de surface et donc aussi de consommation. Le réchauffement du climat perturbe le cycle de l’eau et les catastrophes liées aux inondations ont augmenté de 134 % depuis 1980. La France consomme 30 milliards de mètres cubes d’eau par an, dont 46 % pour refroidir les centrales électriques, et seulement 18 % en eau potable.

     Pour ce qui concerne l’air, la voiture électrique est un vrai progrès avec un bilan carbone très avantageux mais… trompeur. Quand elle roule, la voiture électrique n’émet pas de CO2, ni de fumées d’hydrocarbures, ni de particules fines, mais la fabrication du véhicule et surtout de ses batteries génère des émissions nocives. De même l’approvisionnement en matières premières et le recyclage des composants des véhicules électriques sont émetteurs de produits néfastes pour l’environnement. La plupart des batteries sont à base de lithium, extrait de mines en Australie et Amérique du Sud dans des conditions peu écologiques. Des progrès sont en cours, notamment pour le recyclage des batteries, mais il reste beaucoup à faire et l’essor des véhicules électriques est peut être un peu prématuré.

     A propos des sols, l’agriculture est bien sûr en première ligne avec une surconsommation de l’eau, ce dont elle est elle-même victime… dans la mesure où la moitié de la production mondiale de nourriture provient de régions où les réserves d’eau sont instables. Cette situation n’est pas sans risque par rapport à des pénuries alimentaires probables, avec des conflits qui vont croissants.

     Toutes ces activités produisent des pollutions et des déchets, autre exemple d’interconnexion entre divers secteurs. Ceci d’autant plus que les déchets n’ont pas toujours le destin que l’on imagine, puisque pour toute l’Europe en 2022, on a compté 32 millions de tonnes exportées, dont la moitié vers la Turquie et l’Inde ! Parmi ces déchets, les plastiques tiennent une « bonne place » en émettant à chaque étape de leur exploitation (extraction, production, transport, recyclage) des GES puisqu’ils proviennent à 99 % du pétrole, avec une production en croissance. Il y a une grande nécessité à recycler ces plastiques au plus vite afin de ne pas aggraver la situation.

     Enfin, les énergies constituent un sujet important en pleine évolution avec le développement des énergies renouvelables. Attention toutefois à ne pas se méprendre dans la mesure où ces nouvelles énergies ne doivent pas être un encouragement à continuer à consommer à tout va. Malgré cela la production d’énergie électrique en France a progressé de 10,2 % en 2024.

A suivre…

Partager cet article
Repost0
20 mars 2026 5 20 /03 /mars /2026 08:18

Les gros soucis du monde d’aujourd’hui : les ressources.

     Bien que les Terriens aient du mal à subvenir à leurs besoins, la planète offre de multiples ressources qui sont l’eau et l’air, indispensables à la vie, mais aussi les sols et les ressources alimentaires, et les matières destinées aux fabrications humaines, telles que les énergies et les minerais.

     S’agissant de l’eau les ressources mondiales sont très importantes, mais trompeuses car inégalement réparties géographiquement et peu consommables, avec 2,5 % d’eau douce, dont seulement 0,7 % est accessible pour l’alimentation humaine. L’accès à l’eau est très inégal selon les pays et les disponibilités sont à relativiser en fonction des usages, sachant que dans le monde 70 % de l’eau douce est utilisée par l’agriculture, 20 % par l’industrie et 10 % pour les besoins domestiques. La consommation d’eau ne cesse d’augmenter en relation avec la croissance de la population et des évolutions des pratiques, notamment l’irrigation des cultures. Le cumul de tous ces facteurs fait que la moitié de la population mondiale doit faire face à des pénuries une partie de l’année.

     L’air est également indispensable à la vie, avec 21 % d’oxygène, 78 % d’azote et quelques % d’autres gaz. Le CO2, bien que de faible concentration, joue un rôle crucial pour l’effet de serre, cause du réchauffement de la planète. En tant que ressource le cycle de l’azote illustre l’interrelation entre atmosphère, sols et organismes vivants, sachant qu’elle est essentielle pour l’agriculture. L’Homme consomme une partie infime de l’oxygène produit par les végétaux alors que la combustion des énergies fossiles en consomme 4 %… La pollution de l’air est une réelle menace pour la santé humaine.

     Les sols constituent aussi une ressource vitale. Alors qu’il va falloir augmenter la production agricole pour alimenter l’humanité, la proportion de sol cultivable par habitant ne cesse de se réduire. En France même, chaque année, ce sont 60 000 ha de terres arables qui disparaissent du fait de l’étalement urbain.

     Pour ce qui est de l’énergie et des matériaux, il faut anticiper dès maintenant en vue de pénuries et de crises internationales. En effet les principaux fournisseurs de pétrole et gaz naturel se trouvent hors de l’Europe et avec des besoins propres croissants. Face à cela notre parc nucléaire est une force pour la France, mais… il est déjà vieillissant et nous dépendons en totalité des pays producteurs d’uranium qui assurent 80 % de la production mondiale. L’extraction des matériaux sur toute la planète est passée de 27 milliards de tonnes en 1970 à 92 milliards en 2017, dont plus de 60 % proviennent d’Asie.

     Des préoccupations nouvelles augmentent cette vulnérabilité avec notamment l’Intelligence Artificielle, nouvelle technologie en plein essor gérée par data-centers qui sont très voraces en eau, énergie et terres rares. En 2025, ces infrastructures d’IA auraient consommé entre 300 et 760 milliards de litres d’eau. En terme d’énergie, alors que nous étions à 2 % de la consommation électrique mondiale en 2022, il est prévu un doublement en 2026, avec une empreinte carbone qui pourrait croître de près de 10 %, de même que les consommations d’eau consacrée au refroidissement. Nous n’en sommes qu’au début et il y a lieu de s’interroger sur la juste utilisation de l’IA dans la mesure où cette absorption des ressources fait craindre des pénuries et des conflits avec les autres besoins.

A suivre…

Partager cet article
Repost0
13 mars 2026 5 13 /03 /mars /2026 08:29

Les pollutions : rappel des faits.

     Parmi les évènements récents dans ce domaine, il faut rappeler encore et encore les dommages des marées noires. Au printemps 2025 en Equateur, un glissement de terrain a provoqué des dégâts sur un oléoduc, libérant des dizaines de milliers de barils de pétrole qui ont pollué le fleuve Esmeraldas avec une marée noire « sans précédent » qui a affecté 500 000 personnes, privées d’eau potable. En plus des populations cette catastrophe a atteint les mangroves qui hébergent des espèces endémiques de l’Equateur.

     Concernant les eaux douces, au-delà des pollutions « classiques » déjà évoquées et relatives notamment aux pesticides et nitrates, il faut maintenant prendre en compte les rejets d’eau chaude qui émanent des data centers aux fins de refroidissement. L’eau pompée dans le fleuve voisin, comme la Seine par exemple, est rejetée à 27,5° avec un impact sur les poissons déjà fragilisés par d’autres pollutions.

     A propos de la pollution de l’air, on sait maintenant qu’il existe une relation entre les particules fines (PM2,5) contenues dans l’air et la maladie d’Alzheimer. De l’ordre de 48 millions de personnes dans le monde sont atteintes de cette maladie, chiffre qui augmente maintenant de 7 millions par an. Mais le leitmotiv en ce domaine reste l’air contaminé par les pesticides qui concerne un établissement scolaire sur 4 en France, soit 1,7 millions d’élèves fortement exposés, notamment en milieu rural au voisinage des bassins viticoles et des plaines céréalières. D’après des études récentes, les pesticides sont présents dans 70 % des sols européens, soit 26 pays, avec 63 pesticides différents, dont 10 interdits depuis 2018… Les pesticides tuent.

     Les sols maintenant largement contaminés par les pesticides et les plastiques deviennent préjudiciables à la santé, entre autres dans les vergers et jardins. Les microplastiques (entre 1 et 5 mm) ne sont pas biodégradables et prennent plusieurs siècles pour se décomposer. Ils sont encore trop peu recyclés ou incinérés et transitent vers les plantes et animaux que nous consommons.

     Comme le sous-entendent les quelques exemples rappelés ici, tous ces facteurs de pollution sont souvent en interaction. C’est ainsi que les océans s’acidifient : les énergies fossiles rejettent beaucoup de CO2 qui se dissout dans le milieu marin avec des réactions chimiques sur l’eau, conséquence insidieuse et invisible qui nuit fortement à la vie marine et… au climat. De même les pluies acides (générées par les pollutions de l’air) affectent les eaux de surface et les sols en perturbant l’équilibre nutritionnel des arbres et les exposant davantage aux maladies. Au pire cela peut conduire au dépérissement de forêts entières comme déjà observé en Europe et Amérique du Nord. La boucle est bouclée. De même pour notre alimentation, l’exemple du saumon est éloquent. Sa consommation mondiale a augmenté de 200 % en 20 ans et du fait de la surpêche, 98 % vient de fermes d’élevage industrielles, avec 99 % de saumon importé pour la France. Cela renvoie en amont à la déforestation pour produire du soja qui nourrit les poissons, ce qui implique des transports en tous sens. Là encore la boucle est bouclée : atteintes à la biodiversité, pollutions et impacts sanitaires. N’oublions pas que, selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) les enfants sont les plus touchés par ces pollutions (1,7 millions de décès chaque année dans le monde).

A suivre…

Partager cet article
Repost0
6 mars 2026 5 06 /03 /mars /2026 09:48

Les gros soucis du monde d’aujourd’hui : les pollutions.

LES FONDAMENTAUX D’UN MONDE NOUVEAU. 10

     Les problèmes relatifs aux pollutions de l’eau, de l’air, des sols et l’augmentation récurrente des déchets deviennent très préoccupants par rapport aux conséquences sur le fonctionnement des écosystèmes et la santé humaine.

     S’agissant des pollutions de l’eau, en ce qui concerne la mer, on retrouve sur toutes les côtes de France des produits pharmaceutiques et des pesticides dans l’eau et notamment les mollusques. A ces pollutions s’ajoute l’impact du transport maritime de plus en plus dense qui consomme du fioul. Les nitrates proviennent des élevages intensifs et des produits phytosanitaires utilisés en agriculture, ils sont en grande partie à l’origine des algues vertes envahissant les côtes bretonnes par exemple. Environ 92 % des cours d'eau français comportent des pesticides et la teneur en nitrates des nappes souterraines est croissante. Pour l’eau de consommation, il faut rappeler que la moitié des Français, surtout les ruraux, consomment une eau « potable » contaminée par des polluants issus des pesticides, des nitrates et même des bactéries. En milieu urbain, des vieilles canalisations d’eau sont en plomb et constituent un risque réel dans 1 200 communes.

     Les pollutions de l’air les plus importantes, comme le dioxyde de soufre ou le monoxyde d’azote, ont régressé fortement mais subsistent néanmoins. Ce sont maintenant les particules en suspension qui semblent être la première préoccupation. Quant aux pesticides agricoles, ils sont toujours très peu mesurés dans l’air. A cette pollution de l’air extérieur s’ajoute la pollution de l’air intérieur des habitations.

     Depuis quelques décennies la pollution des sols est devenue préoccupante avec l’apport de pesticides et de plastiques avec des fragments présents partout (prairies, vignes, vergers ou grandes cultures). Du fait des modifications climatiques, les sols vont être rendus plus fragiles encore : alternance de sécheresses et périodes très pluvieuses qui vont amplifier l’érosion.

     En corrélation avec les pollutions, ce sont 670 kg de déchets urbains qui sont rejetés par habitant par an en France. Le double de ce que nous produisions il y a 50 ans. Le tri a beaucoup progressé, mais reste insuffisant. C’est en amont qu’il faut anticiper la conception d’un produit pour générer moins de déchets.

     De nombreuses interactions existent entre les diverses pollutions et les déchets. Le polystyrène et le polyéthylène sont les plastiques les plus utilisés, à raison de millions de tonnes dans le monde par an. Il est produit actuellement 350 millions de tonnes de plastique par an dans le monde, recyclés pour seulement 10 %. De gros progrès doivent être faits pour avancer dans la gestion des déchets plastiques qui voyagent et sont ingérés, entre autre, par les animaux marins, ce qui impacte leur fécondité.

     De nombreuses études scientifiques font état d’une corrélation entre exposition aux pesticides et développement de différents cancers. Les citoyens, professionnels de santé et agriculteurs sont demandeurs de plus d’information et plus précise afin d’améliorer nos systèmes de production.

A suivre…

 

Voir les commentaires

Partager cet article
Repost0
6 mars 2026 5 06 /03 /mars /2026 09:15

Les gros soucis du monde d’aujourd’hui : les pollutions.

     Les problèmes relatifs aux pollutions de l’eau, de l’air, des sols et l’augmentation récurrente des déchets deviennent très préoccupants par rapport aux conséquences sur le fonctionnement des écosystèmes et la santé humaine.

     S’agissant des pollutions de l’eau, en ce qui concerne la mer, on retrouve sur toutes les côtes de France des produits pharmaceutiques et des pesticides dans l’eau et notamment les mollusques. A ces pollutions s’ajoute l’impact du transport maritime de plus en plus dense qui consomme du fioul. Les nitrates proviennent des élevages intensifs et des produits phytosanitaires utilisés en agriculture, ils sont en grande partie à l’origine des algues vertes envahissant les côtes bretonnes par exemple. Environ 92 % des cours d'eau français comportent des pesticides et la teneur en nitrates des nappes souterraines est croissante. Pour l’eau de consommation, il faut rappeler que la moitié des Français, surtout les ruraux, consomment une eau « potable » contaminée par des polluants issus des pesticides, des nitrates et même des bactéries. En milieu urbain, des vieilles canalisations d’eau sont en plomb et constituent un risque réel dans 1 200 communes.

     Les pollutions de l’air les plus importantes, comme le dioxyde de soufre ou le monoxyde d’azote, ont régressé fortement mais subsistent néanmoins. Ce sont maintenant les particules en suspension qui semblent être la première préoccupation. Quant aux pesticides agricoles, ils sont toujours très peu mesurés dans l’air. A cette pollution de l’air extérieur s’ajoute la pollution de l’air intérieur des habitations.

     Depuis quelques décennies la pollution des sols est devenue préoccupante avec l’apport de pesticides et de plastiques avec des fragments présents partout (prairies, vignes, vergers ou grandes cultures). Du fait des modifications climatiques, les sols vont être rendus plus fragiles encore : alternance de sécheresses et périodes très pluvieuses qui vont amplifier l’érosion.

     En corrélation avec les pollutions, ce sont 670 kg de déchets urbains qui sont rejetés par habitant par an en France. Le double de ce que nous produisions il y a 50 ans. Le tri a beaucoup progressé, mais reste insuffisant. C’est en amont qu’il faut anticiper la conception d’un produit pour générer moins de déchets.

     De nombreuses interactions existent entre les diverses pollutions et les déchets. Le polystyrène et le polyéthylène sont les plastiques les plus utilisés, à raison de millions de tonnes dans le monde par an. Il est produit actuellement 350 millions de tonnes de plastique par an dans le monde, recyclés pour seulement 10 %. De gros progrès doivent être faits pour avancer dans la gestion des déchets plastiques qui voyagent et sont ingérés, entre autre, par les animaux marins, ce qui impacte leur fécondité.

     De nombreuses études scientifiques font état d’une corrélation entre exposition aux pesticides et développement de différents cancers. Les citoyens, professionnels de santé et agriculteurs sont demandeurs de plus d’information et plus précise afin d’améliorer nos systèmes de production.

A suivre…

Partager cet article
Repost0
27 février 2026 5 27 /02 /février /2026 09:20

La biodiversité : rappel des faits.

     Les soucis relatifs à la biodiversité nous concernent à tous les niveaux, mais deux domaines sont particulièrement préoccupants à l’échelle mondiale quant à leurs conséquences : les forêts et les océans.

     Concernant les milieux forestiers, l’exemple le plus significatif est sans doute l’Amazonie. Cette immense forêt tropicale, déjà soumise aux stress provoqués par le réchauffement et les sécheresses intenses, est en train d’affronter la déforestation. La cause principale de cette situation est la culture du soja qui sert essentiellement à la nourriture du bétail (80 % de la production) dans le monde entier, y compris l’Europe. La demande massive de viande (2 millions d’animaux sont tués par minute dans le monde !) nécessite de grandes surfaces cultivées pour alimenter ce bétail. Moins d’élevage industriel ce serait moins de soja, moins de déforestation et donc plus de milieux naturels protégés. Une fois de plus la synergie biodiversité/climat est éloquente : une forêt tropicale présente cette particularité exceptionnelle de produire en partie la pluie et donc moins de forêt équivaut à moins de pluie, plus de sécheresse et une transformation progressive de l’« ancienne » forêt en savane. Depuis 2008 il existait un moratoire interdisant l’achat de soja brésilien cultivé sur des terres déforestées, celui-ci est devenu caduque. C’est donc la moitié sud de l’Amazonie qui est menacée de disparition pour cultiver du soja.

     A propos des océans, c’est une hécatombe pour les coraux selon les scientifiques. Dans les Caraïbes la couverture de coraux a baissé de 48 % entre 1980 et 2024, à peine un demi siècle, en relation avec l’augmentation de la température moyenne de la mer. Les récifs coralliens des Caraïbes représentent 10 % de la superficie mondiale de ces structures vivantes. On comprend quel est l’impact de cette évolution quand on sait que les coraux hébergent 25 % des espèces marines dont dépendent un million de personnes… Le changement climatique, avec l’acidification des océans et les pollutions, menace fortement les coraux. La France est concernée dans les Antilles et l’Océan Indien où l’on constate un état de dégradation d’environ 60 % dans les stations prospectées.

     La France n’est pas épargnée par ces chutes de biodiversité. Une étude de début 2026 montre que l’abondance des oiseaux est inversement proportionnelle au taux de pesticides épandus. Cette étude portant sur les oiseaux communs près des terres cultivées a démontré la contamination généralisée de la biodiversité par les pesticides. Cela montre indirectement l’impact existant aussi sur les insectes et micro-organismes. A cela s’ajoutent les facteurs liés à l’intensification agricole tels que la diminution des prairies (Entre 1990 et 2018, en France métropolitaine ce sont 60 000 ha de pâturages naturels qui ont été artificialisés) et l’arrachage de haies (On estime que 70 % du linéaire de haies a été détruit en France durant le XXème siècle) qui contribuent à la réduction de la biodiversité.

     Avec ses départements d’outre-mer, la France est riche d’un patrimoine de près de 23 000 espèces endémiques (11 % de la totalité des espèces inventoriées), ce qui lui confère une grande responsabilité, alors que 20 % seulement des habitats naturels sont dans un état favorable.

A suivre…

Partager cet article
Repost0
20 février 2026 5 20 /02 /février /2026 08:45

Les gros soucis du monde d’aujourd’hui : la biodiversité.

     A la différence du climat, la biodiversité est plus difficile à évaluer, avec de l’ordre de 10 millions d’espèces estimées pour seulement 2 millions d’étudiées. Elle est plus ou moins riche selon les climats, mais aussi les milieux, terrestres ou marins. De plus ces espèces interagissent entre elles et avec leur milieu dans des relations complexes.

     Les espaces marins sont particulièrement préoccupants avec seulement 5 % des habitats bien conservés face à des pressions majeures telles que l’exploitation intensive, les pollutions chimiques et plastiques et le réchauffement du climat. Pour la France, 53 % des poissons migrateurs ont disparu depuis une trentaine d’années. De même, la diminution des zones humides terrestres inquiète dès lors que 50 % de ces milieux ont été éradiqués de France en un siècle. Cela concerne les grandes zones de marais mais aussi les petites zones humides comme les mares dont 30 à 40 % ont été comblées en France depuis 1950. La déforestation est également un thème à prioriser dans la mesure où elle nous prive de l’élimination de 12 % des teneurs mondiales de gaz à effet de serre, par manque de fixation du carbone. La forêt amazonienne est sans doute l’exemple le plus criant avec le remplacement des arbres par des cultures de soja et autres. Même en France, l’état des forêts est devenu très préoccupant avec une augmentation de la mortalité des arbres de 125 % en 10 ans du fait de la répétition des sécheresses, canicules et le stress hydrique qui s’en suit, ralentissant la photosynthèse. C’est ainsi que nos forêts produisent moins de bois et séquestrent moins de carbone, ce qui atténue fortement leur rôle de puits de carbone.

     Près de 50 000 espèces, animales et végétales, sont considérées comme menacées d’extinction à l’échelle mondiale et près de 1 000 sont déclarées éteintes. Précisons que les plus étudiées sont les mammifères et les oiseaux, mais des pans entiers de la biodiversité (mollusques, insectes, reptiles) sont encore peu connus du fait de leur petite taille, de la complexité des recherches et surtout du manque de personnel pour les mener. On sait toutefois qu’en Europe les populations d’insectes ont chuté de 70 à 80 %, alors qu’ils constituent le premier maillon de la pollinisation et donc des chaînes alimentaires et de la fertilité des sols. Cinq extinctions de masse ont déjà eu lieu depuis 440 millions d’années sur des durées allant de 10 à 15 millions d’années. L’extinction la plus récente est celle du Crétacé datant de 66 millions d’années : disparition des dinosaures (du fait de chutes de météorites et du changement de climat) et apparition des mammifères. On s’achemine vers une 6 ème extinction, déjà amorcée, avec une estimation de la disparition de 150 000 à 260 000 espèces depuis 500 ans, due aux activités humaines : 75 % de la surface terrestre est altérée, 66 % des océans subissent des incidences et 85 % des zones humides de la planète ont disparu. A cela s’ajoutent des pollutions diverses, la dispersion d’espèces invasives, la surexploitation des ressources (agriculture intensive, surpêche et extraction minière) et enfin le changement climatique.

     Faut-il le rappeler encore, la biodiversité est le fondement de notre vie à nous les Humains. Nous en faisons partie, mais surtout elle nous nourrit, nous habille, nous protège et on estime que 50 % du PIB mondial dépend de la bonne santé des écosystèmes.

A suivre…

Publié sur www.michel-lerond.com le 20 février 2026

Partager cet article
Repost0