La socio-économie : le travail.
Cette révolution nécessaire sera facilitée et mieux acceptée avec plus d’équité entre les différentes strates de la société. Les milliardaires ont vu leur fortune croître de 16 % en 2025 et cet écart qui se creuse entre « riches » et « pauvres » complique le débat alors que la richesse créée par une entreprise est le résultat d’un travail collectif. Avec leur train de vie, les 1 % les plus riches de la planète ont consommé leur budget carbone annuel dès le 10 janvier 2026, ce qui ne facilite pas le dialogue sur les questions environnementales. Cela interroge sur le sens du travail en parallèle avec la prise de conscience des difficultés à venir.
Ces évolutions en cours de la société conduisent à des remises en cause : pourquoi donc travailler ? A cette question, la plupart des gens répondent « pour gagner sa vie ». En général, le travail présente une utilité directe parce qu’il sert à quelqu’un en répondant à ses besoins. Tout cela semble simple lorsqu’il y a du travail pour tous et que chacun y trouve son compte. Lorsque la situation économique est moins stable, les choses bougent. La priorité devient alors l’emploi, justement pour gagner sa vie. Mais que penser si le travail a cette seule justification alors que, dans certains cas, il n’a pas d’utilité indispensable, voire il va à l’encontre des besoins réels. Par exemple, lorsque la France décide la construction d’un porte avions de 10 milliards d’euros, nombre de gens se réjouissent de cet apport considérable pour l’économie et la création d’emplois. Mais de deux choses l’une, ou bien ce porte avions ne servira jamais, et alors c’est de l’argent perdu ; ou bien il servira à faire la guerre, donc à tuer des Humains... Dès lors pourquoi travailler, si cela ne sert à rien ou pire encore si cela sert à tuer des Humains ? On peut s’interroger de la même façon sur bien d’autres productions.
Nous allons devoir redonner du sens au travail. Pour cela réétudions les dispositifs d’aide sociale, en les simplifiant, pour que le travail soit plus rémunérateur que l’inactivité, que le travail manuel et de service, trop longtemps dénigré, soit revalorisé et que les conditions de travail soient améliorées pour davantage de respect de notre environnement et de notre santé. Le plein emploi est sans doute une condition de la cohésion sociale, mais là aussi il faut revoir cette notion avec la nécessité de partager le travail. Avec l’avènement de l’Intelligence Artificielle ce sont les « cols blancs » qui vont être les plus concernés du fait du remplacement d’une partie de ces emplois par des machines. Mais alors que faire de ce temps libéré ? Va-t-on travailler 25 heures par semaine et partir en retraite à 40 ans ? On va devoir réduire le temps de travail pour maintenir le nombre d’emplois et pour que chacun puisse s’épanouir au travail, ce qui est de plus en plus une aspiration des salariés, notamment des jeunes. Le bien-être au travail devient un objectif prioritaire, ne serait-ce que pour plus d’efficacité, ce qui amène de plus en plus souvent les entreprises et services à repenser leur organisation. C’est dans ce contexte que, parfois, des entreprises menacées de fermeture sont reprises par les salariés eux-mêmes en Scop (Société coopérative et participative), ce qui illustre bien la volonté de reprendre en main son destin, notamment pour un travail qui sert à la société.
A suivre…