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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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8 mai 2026 5 08 /05 /mai /2026 08:54

La socio-économie : le travail.

      Cette révolution nécessaire sera facilitée et mieux acceptée avec plus d’équité entre les différentes strates de la société. Les milliardaires ont vu leur fortune croître de 16 % en 2025 et cet écart qui se creuse entre « riches » et « pauvres » complique le débat alors que la richesse créée par une entreprise est le résultat d’un travail collectif. Avec leur train de vie, les 1 % les plus riches de la planète ont consommé leur budget carbone annuel dès le 10 janvier 2026, ce qui ne facilite pas le dialogue sur les questions environnementales. Cela interroge sur le sens du travail en parallèle avec la prise de conscience des difficultés à venir.

     Ces évolutions en cours de la société conduisent à des remises en cause : pourquoi donc travailler ? A cette question, la plupart des gens répondent « pour gagner sa vie ». En général, le travail présente une utilité directe parce qu’il sert à quelqu’un en répondant à ses besoins. Tout cela semble simple lorsqu’il y a du travail pour tous et que chacun y trouve son compte. Lorsque la situation économique est moins stable, les choses bougent. La priorité devient alors l’emploi, justement pour gagner sa vie. Mais que penser si le travail a cette seule justification alors que, dans certains cas, il n’a pas d’utilité indispensable, voire il va à l’encontre des besoins réels. Par exemple, lorsque la France décide la construction d’un porte avions de 10 milliards d’euros, nombre de gens se réjouissent de cet apport considérable pour l’économie et la création d’emplois. Mais de deux choses l’une, ou bien ce porte avions ne servira jamais, et alors c’est de l’argent perdu ; ou bien il servira à faire la guerre, donc à tuer des Humains... Dès lors pourquoi travailler, si cela ne sert à rien ou pire encore si cela sert à tuer des Humains ? On peut s’interroger de la même façon sur bien d’autres productions.

     Nous allons devoir redonner du sens au travail. Pour cela réétudions les dispositifs d’aide sociale, en les simplifiant, pour que le travail soit plus rémunérateur que l’inactivité, que le travail manuel et de service, trop longtemps dénigré, soit revalorisé et que les conditions de travail soient améliorées pour davantage de respect de notre environnement et de notre santé. Le plein emploi est sans doute une condition de la cohésion sociale, mais là aussi il faut revoir cette notion avec la nécessité de partager le travail. Avec l’avènement de l’Intelligence Artificielle ce sont les « cols blancs » qui vont être les plus concernés du fait du remplacement d’une partie de ces emplois par des machines. Mais alors que faire de ce temps libéré ? Va-t-on travailler 25 heures par semaine et partir en retraite à 40 ans ? On va devoir réduire le temps de travail pour maintenir le nombre d’emplois et pour que chacun puisse s’épanouir au travail, ce qui est de plus en plus une aspiration des salariés, notamment des jeunes. Le bien-être au travail devient un objectif prioritaire, ne serait-ce que pour plus d’efficacité, ce qui amène de plus en plus souvent les entreprises et services à repenser leur organisation. C’est dans ce contexte que, parfois, des entreprises menacées de fermeture sont reprises par les salariés eux-mêmes en Scop (Société coopérative et participative), ce qui illustre bien la volonté de reprendre en main son destin, notamment pour un travail qui sert à la société.

A suivre…

 

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30 avril 2026 4 30 /04 /avril /2026 09:51

Une nouvelle organisation socio-économique.

     Pour construire un monde nouveau la raison doit dominer la passion pour renouer un dialogue constructif entre élus et citoyens, entre producteurs et consommateurs, et aussi entre écologistes (militants pour la défense de la nature, dérivant parfois vers un certain dogmatisme) et écologues (scientifiques qui étudient la nature et ses complexités). De multiples instances existent pour instaurer ce dialogue, mais celles-ci devraient être regroupées et non redondantes afin de hiérarchiser les dommages et proposer des remèdes efficaces. Il faut en effet que les citoyens soient associés aux choix qui vont définir leurs conditions de vie. Nous devons donc aller plus loin dans le fonctionnement habituel de nos démocraties. Il ne m’appartient pas de donner des réponses, mais au moins de suggérer des voies : ainsi peut-on encore être élu député sans avoir exercé aucune « vraie » profession, autre que étudiant à l’ENA ou attaché parlementaire ? Un vécu du monde du travail pourrait aider à reconnecter la politique à la société. De même qu’un casier judiciaire vierge pourrait crédibiliser davantage les élus de tous niveaux.

     Face à ces défis, la France reste dépendante d’un héritage institutionnel fragmenté. Il faut repenser le rôle de l’État par rapports aux collectivités territoriales autour de trois axes : Etat, Région et Département. Les départements deviennent alors des subdivisions régionales et les communes (toutes d’au moins 2 000 habitants) sont fédérées en intercommunalités pour gérer le quotidien de proximité. De même les milliers de syndicats intercommunaux doivent être fusionnés pour gérer le territoire avec une vision globale, afin de faire face au dérèglement climatique avec de fortes compétences techniques, notamment en génie écologique. Il convient de mettre fin aux féodalités locales pour une gouvernance réinventée, rationnelle et efficace.

     Au-delà des protocoles électifs et juridiques, la concertation est une voie d’apaisement. Parmi d’autres instances, les CESER (Conseil Economique, Social et Environnemental Régional) sont des outils qui associent toutes les catégories d’acteurs sur la gestion de notre patrimoine comme l’eau, les paysages, etc. A l’image du GIEC (Groupe Intergouvernemental d’Experts sur l’Evolution du Climat), plusieurs collectivités ont déjà initié des groupes d’experts pour mener une réflexion globale sur le climat et préconiser des mesures d’atténuation des effets attendus en ajustant la gouvernance aux spécificités territoriales.

     La socio-économie c’est aussi une responsabilisation des citoyens. Ainsi en France il a été mis fin au service militaire. Il eut fallu plutôt le faire évoluer vers un service civil, plus utile et constituant un ciment national et européen. Le développement des incivilités et violences nous amène à reposer cette question : pourquoi pas un service civil pour tous les jeunes Européens ? Ce service pourrait développer la solidarité dans une société où chacun se sent responsable d’un futur commun : le dérèglement climatique entraîne maintenant de nombreuses catastrophes telles que crues, incendies ou recul du littoral, avec des phénomènes qui vont s’amplifier, c’est pourquoi, dès maintenant, il faut aussi recruter des pompiers supplémentaires pour assurer la sécurité civile. Il ne s’agit pas ici de définir en détail toutes les réformes à envisager, mais nous retiendrons trois thèmes qui nous paraissent essentiels : le travail, l’éducation et la démographie.

A suivre…

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24 avril 2026 5 24 /04 /avril /2026 08:47

L’économie : les grandes orientations.

         Il s’agit de passer du plus-avoir au mieux-être. Le développement des emplois de service, le retour au commerce de proximité, une activité industrielle décarbonée, une agriculture plus environnementale sont des exemples d’orientations prioritaires pour une nouvelle économie. Tout reste à inventer dans ce domaine, on peut donner quelques pistes telles que la bioéconomie et l’économie circulaire.

         Le monde nouveau auquel nous aspirons doit respecter les limites de reproduction de la nature pour que la société soit bioéconomique, ou bien elle ne sera pas… La bioéconomie désigne la production, l'utilisation et la conservation des ressources biologiques, afin de fournir des produits et des services à tous les secteurs économiques dans le but de parvenir à une économie durable. Il s’agit donc d’économiser les bioressources pour atténuer les effets du changement climatique et assurer la sécurité alimentaire et énergétique des populations. Par exemple, l’agroéconomie prend en compte la production, la transformation, la commercialisation et la consommation des produits agricoles selon les principes rappelés ci-dessus. De même, dans le secteur industriel, des reconversions peuvent générer des coopérations locales pour partager énergie et matières premières et faire en sorte que dans certaines entreprises, rien ne se perde.

En complément et de façon plus concrète encore, l’économie circulaire signifie une recherche maximale de recyclage, tout en s’assurant que les produits rendent un réel service et minimisent leur impact environnemental. La consommation des ressources peut être allégée par des partages : usage, réparation et surtout fin de l’obsolescence programmée. Cela inclut une réflexion globale sur tout le cycle de vie des produits, de la conception à l’élimination. L’économie circulaire c'est donc produire, consommer et gérer les ressources en limitant le gaspillage et prolongeant la durée de vie des produits.

Ces évolutions vont devoir s’appuyer sur des actions concrètes comme la fin de la mondialisation des marchés alimentaires : on ne peut pas continuer à cultiver sur un continent des denrées qui vont être consommées sur un autre, en laissant éventuellement les producteurs affamés. Ceci implique aussi une relocalisation de l’industrie : pour des raisons économiques, de nombreuses entreprises ont décentralisé leurs fabrications vers des pays en développement, ce qui oblige à des transferts toujours croissants d’un continent à l’autre, il faut donc relocaliser. De même, pour le tourisme, nous devons recréer de la proximité : ce secteur a pris une telle importance qu’il est devenu une véritable industrie, avec des déplacements toujours plus lointains. Cela doit pouvoir continuer avec modération, les déplacements en avion et en bateaux de croisière sont de moins en moins compatibles avec une gestion raisonnée de l’énergie.

         Jusqu’à maintenant les innovations technologiques avaient des répercussions sur l’emploi en concernant surtout les paysans et les ouvriers. Avec l’avènement de l’Intelligence Artificielle ce sont les « cols blancs » qui vont être les plus concernés du fait du remplacement d’une partie de ces emplois par des machines. L’IA va bouleverser nos modes de production, nos temps de travail et peut ramener des gens à la campagne dans la mesure où il va falloir produire davantage localement avec simultanément des petits gestes de chacun et des transformations industrielles et sociales ambitieuses.

A suivre…

 

 

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17 avril 2026 5 17 /04 /avril /2026 08:11

Vers une nouvelle économie.

          On parle souvent d’économie, mais sans se préoccuper ni de la genèse ni de la prospective de ces questions. Le mot économie signifie l’administration de la maison, et le mot écologie l’étude des êtres vivants dans leur milieu. Il serait donc logique que l’on se préoccupe d’abord d’écologie, puis en fonction de l’état des lieux, que l’on « administre la maison ». L’économie ne devrait-elle pas viser à satisfaire les besoins des hommes avec les ressources disponibles. Le paradoxe est que l’économie est en crise si la consommation baisse, que celle-ci corresponde à des besoins vitaux ou à des fantasmes ! Le summum en la matière est que la paix est néfaste à l’économie alors que la guerre nécessite des armes et la reconstruction des bâtiments détruits, autant d’emplois qui vont permettre de réguler la croissance et le pouvoir d’achat.

Je ne suis pas économiste et donc ne me hasarderai pas à définir de nouveaux protocoles. Je suggère simplement à nos économistes de repenser notre société d’échanges matériels en fonction des évolutions de notre monde. Sans doute faudrait-il restreindre certaines fabrications de produits néfastes pour la santé et notre milieu de vie, parfois même inutiles et uniquement là pour créer du business… Le modèle linéaire produire-consommer-jeter a atteint ses limites lorsque chaque jour arrivent en Europe par avions cargos des millions de roses du Brésil, des haricots verts du Sénégal ou des tomates de Chine, n’a-t-on pas atteint la limite de notre société mondialisée à l’excès, avec flux tendus de marchandises fraîches d’un bout à l’autre de la planète. Il nous faut revenir au bon sens avec relocalisation de l’économie et production de proximité.

Il est temps de s’interroger aussi sur l’organisation du travail, sur le sens, l’utilité et le partage du travail. Bien sûr, l’élaboration de produits ou services génère de l’emploi. Mais à quoi bon travailler pour fabriquer des produits inutiles, voire nuisibles, pour le simple fait qu’ils génèrent de l’emploi ? Rendons la vie économique plus claire, avec des prix qui prennent en compte les coûts environnementaux. A défaut d’acheter plus, on peut sans doute acheter mieux. Une nouvelle communication sur les achats suppose des données plus lisibles, plus simples et plus indépendantes.

Nous avons déjà fait l’expérience de deux types essentiels d’économies, totalement opposées, sans grand succès d’aucune des deux : l’économie libérale qui est un système basé sur la liberté individuelle, la propriété privée et un rôle limité de l’État dans les échanges économiques et, a contrario, l’économie soviétique qui repose sur la propriété collective des moyens de production et une planification centralisée. Ne peut-on imaginer un système économique qui prendrait en compte l’intérêt général, sous l’autorité de l’État, sans pour autant « embrigader » les consommateurs et en profitant du dynamisme des entreprises. De plus en plus il va falloir envisager des entreprises à mission dont la raison d’être est la contribution aux besoins réels de la population et non le profit.

Il n’y aura pas de véritable transition sans répartition des efforts et plus de justice sociale. Cette transition ira sans doute jusqu’à une forme de rationnement, ce qui sera difficile à faire accepter, tant elle évoque la pénurie, alors que nos sociétés restent dans l’illusion de l’abondance. Un rééquilibrage des richesses est indispensable.

A suivre...

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10 avril 2026 5 10 /04 /avril /2026 07:31

Vers un nouveau monde.

     Tous ces rappels que nous venons de faire interrogent sur l’avenir, mais après des décennies de déni, on constate un certain ressenti de la part de la population. La prise de conscience est maintenant là, mais nous restons prisonniers du court terme… C’est nous les consommateurs qui sommes largement les décideurs des orientations du monde ! Comment sortir de cette situation absurde de dichotomie dominants/dominés, riches/pauvres, pollueurs/payeurs, etc. Puissions-nous devenir des Hommes, des vrais, qui auraient le sens inné du partage, de l’équité, de la fraternité ?

     Le premier pas est d’inciter les gens à changer de comportement, en leur annonçant la vérité des difficultés qui nous attendent, sans les traumatiser et en se respectant pour passer à l’action collectivement. Ces défis sont immenses, redoutables même, mais aussi enthousiasmants puisqu’il s’agit d’assurer la survie de notre espèce humaine avec des solutions pour stopper d’urgence cette menace. Toute cette organisation va demander beaucoup d’intelligence, d’efforts, de civisme et de solidarité.

     L’Anthropocène (anthropos signifiant humain) est en voie d’achèvement. Cette ère géologique a été caractérisée par l’impact fort des activités humaines : pollutions, effondrement de la biodiversité et dérèglement climatique. Depuis deux siècles, l’An­thropocène , a été un temps au cours duquel l’influence de l’Homme sur la planète est devenue prédominante par rapport aux facteurs naturels, avec une artificialisation grandissante de notre environnement, du vivant et de l’Homme lui-même.

  Soit on reste dans l’immobilisme et dans un court délai notre civilisation pourrait s’effondrer. Arriver à cet état cataclysmique pourrait prendre quelques décennies, mais concernera à n’en pas douter, les Humains nés après l’an 2000. Soit on réagit vite et fort, avec Humanité et pour cela faisons du préventif un axe majeur pour éviter que les catastrophes ne s’enchaînent. Nous sommes continuellement tiraillés par cette obsession maladive de la croissance, mais un monde essentiellement marchand ne saurait viser toujours plus de profit sans se soucier assez de l’utilité de ce qu’il produit et du bien être que cela apporte. Passons donc à autre chose que l’Anthropocène ! Pour cela remettons nous en cause, d’abord individuellement, et construisons ensemble une ère nouvelle, le Symbiocène (ère basée sur la symbiose avec une empreinte humaine réduite au minimum). Ainsi, en matière de climat, au-delà de l’adaptation au dérèglement climatique, il nous faut changer nos comportements, à la maison, au travail ou pour nos déplacements. Dans le domaine de la biodiversité, il va falloir concilier les habitats naturels, la vie sauvage et les hommes afin de recréer la nature en ville. Pour ce qui concerne les ressources planétaires, nous devons considérer l’air et l’eau comme des biens essentiels et publics.

     En résumé, c’est simple si l’on peut dire : revoyons nos modes de vie et changeons radicalement nos valeurs de base. Nous n’avons d’autre choix que de mettre en place une société où les besoins humains et environnementaux primeront sur les besoins matériels, ce qui signifie inventer une politique, une manière de régir la société, avec en priorité la santé et le bien être des personnes en lieu et place des recherches de profit à tout va. Hors de cela, point de salut ! Mais avec cela quel défi, quelle Humanité ! C’est un changement civilisationnel qui est à opérer.

A suivre…

 

 

 

 

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3 avril 2026 5 03 /04 /avril /2026 09:13

Les conséquences d’une économie obsolète.

        Les Nations Unies, dans leur récent rapport du Programme pour l’Environnement viennent de révéler que pour un dollar investi pour protéger la nature, le monde dépense 30 dollars qui contribuent à sa destruction… Chiffre pour le moins inquiétant d’autant plus qu’en 2020, le Forum économique mondial rappelait que la moitié du PIB mondial était dépendant de la nature. Eh oui, alimentation, climat, eau, sols… nous appartenons à la nature et en dépendons. En quelque sorte nous sommes en train de scier la branche sur laquelle nous sommes assis ! On continue à allouer des subventions publiques pour soutenir les énergies fossiles, des modèles agricoles ou industriels nuisibles pour la nature et dans le même temps des financements très réduits en faveur du vivant. Face à cela restons calmes plutôt que proposer des solutions inter-planétaires, par exemple, en installant des centres de traitement de données ou des usines sur une autre planète comme le préconisent certains « avant-gardistes » afin de suppléer aux limites terriennes… La Terre resterait ainsi une zone écologique protégée… Quel beau monde ! Possible ou pas, cette vision futuriste doit nous inciter à réfléchir à la possibilité, ou pas, d’avoir recours à ces technologies pour corriger les impacts sur la nature. Ainsi est-il certain, par exemple, que la géo-ingénierie (technologie de dimension planétaire) puisse corriger le réchauffement dû aux GES ? C’est sans doute aller bien vite sur l’analyse des conséquences possibles en termes de risques bien plus redoutables encore.

        Notre économie est devenue paradoxale en fournissant des biens que nous apprécions, créant des emplois et dans le même temps générant des pollutions et nuisances néfastes pour notre milieu et notre vie elle-même. Inversement, sans usines, nous n’avons plus ni voiture, ni logement… plus rien. Quel dilemme ! De plus, la mondialisation des affaires a favorisé les productions à bas coûts, avec des nuisances dans d’autres pays, des transports interplanétaires et une perte d’activité chez nous, d’où fermeture d’entreprises et chômage : en 2025 en France, 179 sites industriels ont fermé pour 116 crées, surtout dans les secteurs de l’automobile, métallurgie et alimentaire. Alors ? Comment repartir du bon pied ?

Nous sommes au seuil d’un effondrement de notre civilisation industrielle, auquel nous participons, notamment par nos achats. A quoi peuvent bien servir des produits « consommables » surchargés en colorants ou conservateurs, sinon à nuire à la santé. A quoi peuvent bien servir des véhicules « suréquipés », ce qui signifie « équipés plus qu’il n’est nécessaire ». A quoi peuvent bien servir des emballages multiples sur certains produits, sinon à remplir notre poubelle et créer des emplois de recyclage. A quoi sert la publicité pour vanter les « mérites » de tel objet qui ne sert à rien, sinon faire vendre, dans le contexte des divagations liées à la croissance et la domination du marché. Bien sûr, l’élaboration de ces produits, ou services, génère de l’emploi. Mais à quoi bon travailler pour fabriquer des produits inutiles, voire nuisibles, pour le simple fait qu’ils génèrent de l’emploi et donc « font vivre » ? Ne serait-il pas plus malin d’élaborer des produits dont on a réellement besoin, sains, non pollués ni polluants, qui apportent une réelle contribution à notre bien être ? Mais oui, mais c’est bien sûr !

A suivre…

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27 mars 2026 5 27 /03 /mars /2026 08:41

Les ressources : rappel des faits

     Les dernières nouvelles ne sont pas encourageantes concernant l’eau comme évoqué ci-dessus. De plus, 50 % des grands lacs de la planète ont baissé de volume en 35 ans et 410 millions d’hectares de zones humides ont été détruites en 50 ans. En se basant sur ce constat, on peut avancer que la planète Terre est entrée dans une crise profonde de la ressource en eau dans la mesure où les prélèvements des eaux de surface pour les activités humaines excèdent les capacités de renouvellement d’eau douce, ce qui met sous pression les écosystèmes, entre autres. Concernant la France, l’eau potable est assez contaminée par divers polluants que l’on retrouve dans les eaux souterraines et de surface et donc aussi de consommation. Le réchauffement du climat perturbe le cycle de l’eau et les catastrophes liées aux inondations ont augmenté de 134 % depuis 1980. La France consomme 30 milliards de mètres cubes d’eau par an, dont 46 % pour refroidir les centrales électriques, et seulement 18 % en eau potable.

     Pour ce qui concerne l’air, la voiture électrique est un vrai progrès avec un bilan carbone très avantageux mais… trompeur. Quand elle roule, la voiture électrique n’émet pas de CO2, ni de fumées d’hydrocarbures, ni de particules fines, mais la fabrication du véhicule et surtout de ses batteries génère des émissions nocives. De même l’approvisionnement en matières premières et le recyclage des composants des véhicules électriques sont émetteurs de produits néfastes pour l’environnement. La plupart des batteries sont à base de lithium, extrait de mines en Australie et Amérique du Sud dans des conditions peu écologiques. Des progrès sont en cours, notamment pour le recyclage des batteries, mais il reste beaucoup à faire et l’essor des véhicules électriques est peut être un peu prématuré.

     A propos des sols, l’agriculture est bien sûr en première ligne avec une surconsommation de l’eau, ce dont elle est elle-même victime… dans la mesure où la moitié de la production mondiale de nourriture provient de régions où les réserves d’eau sont instables. Cette situation n’est pas sans risque par rapport à des pénuries alimentaires probables, avec des conflits qui vont croissants.

     Toutes ces activités produisent des pollutions et des déchets, autre exemple d’interconnexion entre divers secteurs. Ceci d’autant plus que les déchets n’ont pas toujours le destin que l’on imagine, puisque pour toute l’Europe en 2022, on a compté 32 millions de tonnes exportées, dont la moitié vers la Turquie et l’Inde ! Parmi ces déchets, les plastiques tiennent une « bonne place » en émettant à chaque étape de leur exploitation (extraction, production, transport, recyclage) des GES puisqu’ils proviennent à 99 % du pétrole, avec une production en croissance. Il y a une grande nécessité à recycler ces plastiques au plus vite afin de ne pas aggraver la situation.

     Enfin, les énergies constituent un sujet important en pleine évolution avec le développement des énergies renouvelables. Attention toutefois à ne pas se méprendre dans la mesure où ces nouvelles énergies ne doivent pas être un encouragement à continuer à consommer à tout va. Malgré cela la production d’énergie électrique en France a progressé de 10,2 % en 2024.

A suivre…

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20 mars 2026 5 20 /03 /mars /2026 08:18

Les gros soucis du monde d’aujourd’hui : les ressources.

     Bien que les Terriens aient du mal à subvenir à leurs besoins, la planète offre de multiples ressources qui sont l’eau et l’air, indispensables à la vie, mais aussi les sols et les ressources alimentaires, et les matières destinées aux fabrications humaines, telles que les énergies et les minerais.

     S’agissant de l’eau les ressources mondiales sont très importantes, mais trompeuses car inégalement réparties géographiquement et peu consommables, avec 2,5 % d’eau douce, dont seulement 0,7 % est accessible pour l’alimentation humaine. L’accès à l’eau est très inégal selon les pays et les disponibilités sont à relativiser en fonction des usages, sachant que dans le monde 70 % de l’eau douce est utilisée par l’agriculture, 20 % par l’industrie et 10 % pour les besoins domestiques. La consommation d’eau ne cesse d’augmenter en relation avec la croissance de la population et des évolutions des pratiques, notamment l’irrigation des cultures. Le cumul de tous ces facteurs fait que la moitié de la population mondiale doit faire face à des pénuries une partie de l’année.

     L’air est également indispensable à la vie, avec 21 % d’oxygène, 78 % d’azote et quelques % d’autres gaz. Le CO2, bien que de faible concentration, joue un rôle crucial pour l’effet de serre, cause du réchauffement de la planète. En tant que ressource le cycle de l’azote illustre l’interrelation entre atmosphère, sols et organismes vivants, sachant qu’elle est essentielle pour l’agriculture. L’Homme consomme une partie infime de l’oxygène produit par les végétaux alors que la combustion des énergies fossiles en consomme 4 %… La pollution de l’air est une réelle menace pour la santé humaine.

     Les sols constituent aussi une ressource vitale. Alors qu’il va falloir augmenter la production agricole pour alimenter l’humanité, la proportion de sol cultivable par habitant ne cesse de se réduire. En France même, chaque année, ce sont 60 000 ha de terres arables qui disparaissent du fait de l’étalement urbain.

     Pour ce qui est de l’énergie et des matériaux, il faut anticiper dès maintenant en vue de pénuries et de crises internationales. En effet les principaux fournisseurs de pétrole et gaz naturel se trouvent hors de l’Europe et avec des besoins propres croissants. Face à cela notre parc nucléaire est une force pour la France, mais… il est déjà vieillissant et nous dépendons en totalité des pays producteurs d’uranium qui assurent 80 % de la production mondiale. L’extraction des matériaux sur toute la planète est passée de 27 milliards de tonnes en 1970 à 92 milliards en 2017, dont plus de 60 % proviennent d’Asie.

     Des préoccupations nouvelles augmentent cette vulnérabilité avec notamment l’Intelligence Artificielle, nouvelle technologie en plein essor gérée par data-centers qui sont très voraces en eau, énergie et terres rares. En 2025, ces infrastructures d’IA auraient consommé entre 300 et 760 milliards de litres d’eau. En terme d’énergie, alors que nous étions à 2 % de la consommation électrique mondiale en 2022, il est prévu un doublement en 2026, avec une empreinte carbone qui pourrait croître de près de 10 %, de même que les consommations d’eau consacrée au refroidissement. Nous n’en sommes qu’au début et il y a lieu de s’interroger sur la juste utilisation de l’IA dans la mesure où cette absorption des ressources fait craindre des pénuries et des conflits avec les autres besoins.

A suivre…

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13 mars 2026 5 13 /03 /mars /2026 08:29

Les pollutions : rappel des faits.

     Parmi les évènements récents dans ce domaine, il faut rappeler encore et encore les dommages des marées noires. Au printemps 2025 en Equateur, un glissement de terrain a provoqué des dégâts sur un oléoduc, libérant des dizaines de milliers de barils de pétrole qui ont pollué le fleuve Esmeraldas avec une marée noire « sans précédent » qui a affecté 500 000 personnes, privées d’eau potable. En plus des populations cette catastrophe a atteint les mangroves qui hébergent des espèces endémiques de l’Equateur.

     Concernant les eaux douces, au-delà des pollutions « classiques » déjà évoquées et relatives notamment aux pesticides et nitrates, il faut maintenant prendre en compte les rejets d’eau chaude qui émanent des data centers aux fins de refroidissement. L’eau pompée dans le fleuve voisin, comme la Seine par exemple, est rejetée à 27,5° avec un impact sur les poissons déjà fragilisés par d’autres pollutions.

     A propos de la pollution de l’air, on sait maintenant qu’il existe une relation entre les particules fines (PM2,5) contenues dans l’air et la maladie d’Alzheimer. De l’ordre de 48 millions de personnes dans le monde sont atteintes de cette maladie, chiffre qui augmente maintenant de 7 millions par an. Mais le leitmotiv en ce domaine reste l’air contaminé par les pesticides qui concerne un établissement scolaire sur 4 en France, soit 1,7 millions d’élèves fortement exposés, notamment en milieu rural au voisinage des bassins viticoles et des plaines céréalières. D’après des études récentes, les pesticides sont présents dans 70 % des sols européens, soit 26 pays, avec 63 pesticides différents, dont 10 interdits depuis 2018… Les pesticides tuent.

     Les sols maintenant largement contaminés par les pesticides et les plastiques deviennent préjudiciables à la santé, entre autres dans les vergers et jardins. Les microplastiques (entre 1 et 5 mm) ne sont pas biodégradables et prennent plusieurs siècles pour se décomposer. Ils sont encore trop peu recyclés ou incinérés et transitent vers les plantes et animaux que nous consommons.

     Comme le sous-entendent les quelques exemples rappelés ici, tous ces facteurs de pollution sont souvent en interaction. C’est ainsi que les océans s’acidifient : les énergies fossiles rejettent beaucoup de CO2 qui se dissout dans le milieu marin avec des réactions chimiques sur l’eau, conséquence insidieuse et invisible qui nuit fortement à la vie marine et… au climat. De même les pluies acides (générées par les pollutions de l’air) affectent les eaux de surface et les sols en perturbant l’équilibre nutritionnel des arbres et les exposant davantage aux maladies. Au pire cela peut conduire au dépérissement de forêts entières comme déjà observé en Europe et Amérique du Nord. La boucle est bouclée. De même pour notre alimentation, l’exemple du saumon est éloquent. Sa consommation mondiale a augmenté de 200 % en 20 ans et du fait de la surpêche, 98 % vient de fermes d’élevage industrielles, avec 99 % de saumon importé pour la France. Cela renvoie en amont à la déforestation pour produire du soja qui nourrit les poissons, ce qui implique des transports en tous sens. Là encore la boucle est bouclée : atteintes à la biodiversité, pollutions et impacts sanitaires. N’oublions pas que, selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) les enfants sont les plus touchés par ces pollutions (1,7 millions de décès chaque année dans le monde).

A suivre…

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6 mars 2026 5 06 /03 /mars /2026 09:48

Les gros soucis du monde d’aujourd’hui : les pollutions.

LES FONDAMENTAUX D’UN MONDE NOUVEAU. 10

     Les problèmes relatifs aux pollutions de l’eau, de l’air, des sols et l’augmentation récurrente des déchets deviennent très préoccupants par rapport aux conséquences sur le fonctionnement des écosystèmes et la santé humaine.

     S’agissant des pollutions de l’eau, en ce qui concerne la mer, on retrouve sur toutes les côtes de France des produits pharmaceutiques et des pesticides dans l’eau et notamment les mollusques. A ces pollutions s’ajoute l’impact du transport maritime de plus en plus dense qui consomme du fioul. Les nitrates proviennent des élevages intensifs et des produits phytosanitaires utilisés en agriculture, ils sont en grande partie à l’origine des algues vertes envahissant les côtes bretonnes par exemple. Environ 92 % des cours d'eau français comportent des pesticides et la teneur en nitrates des nappes souterraines est croissante. Pour l’eau de consommation, il faut rappeler que la moitié des Français, surtout les ruraux, consomment une eau « potable » contaminée par des polluants issus des pesticides, des nitrates et même des bactéries. En milieu urbain, des vieilles canalisations d’eau sont en plomb et constituent un risque réel dans 1 200 communes.

     Les pollutions de l’air les plus importantes, comme le dioxyde de soufre ou le monoxyde d’azote, ont régressé fortement mais subsistent néanmoins. Ce sont maintenant les particules en suspension qui semblent être la première préoccupation. Quant aux pesticides agricoles, ils sont toujours très peu mesurés dans l’air. A cette pollution de l’air extérieur s’ajoute la pollution de l’air intérieur des habitations.

     Depuis quelques décennies la pollution des sols est devenue préoccupante avec l’apport de pesticides et de plastiques avec des fragments présents partout (prairies, vignes, vergers ou grandes cultures). Du fait des modifications climatiques, les sols vont être rendus plus fragiles encore : alternance de sécheresses et périodes très pluvieuses qui vont amplifier l’érosion.

     En corrélation avec les pollutions, ce sont 670 kg de déchets urbains qui sont rejetés par habitant par an en France. Le double de ce que nous produisions il y a 50 ans. Le tri a beaucoup progressé, mais reste insuffisant. C’est en amont qu’il faut anticiper la conception d’un produit pour générer moins de déchets.

     De nombreuses interactions existent entre les diverses pollutions et les déchets. Le polystyrène et le polyéthylène sont les plastiques les plus utilisés, à raison de millions de tonnes dans le monde par an. Il est produit actuellement 350 millions de tonnes de plastique par an dans le monde, recyclés pour seulement 10 %. De gros progrès doivent être faits pour avancer dans la gestion des déchets plastiques qui voyagent et sont ingérés, entre autre, par les animaux marins, ce qui impacte leur fécondité.

     De nombreuses études scientifiques font état d’une corrélation entre exposition aux pesticides et développement de différents cancers. Les citoyens, professionnels de santé et agriculteurs sont demandeurs de plus d’information et plus précise afin d’améliorer nos systèmes de production.

A suivre…

 

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