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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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6 mars 2026 5 06 /03 /mars /2026 09:48

Les gros soucis du monde d’aujourd’hui : les pollutions.

LES FONDAMENTAUX D’UN MONDE NOUVEAU. 10

     Les problèmes relatifs aux pollutions de l’eau, de l’air, des sols et l’augmentation récurrente des déchets deviennent très préoccupants par rapport aux conséquences sur le fonctionnement des écosystèmes et la santé humaine.

     S’agissant des pollutions de l’eau, en ce qui concerne la mer, on retrouve sur toutes les côtes de France des produits pharmaceutiques et des pesticides dans l’eau et notamment les mollusques. A ces pollutions s’ajoute l’impact du transport maritime de plus en plus dense qui consomme du fioul. Les nitrates proviennent des élevages intensifs et des produits phytosanitaires utilisés en agriculture, ils sont en grande partie à l’origine des algues vertes envahissant les côtes bretonnes par exemple. Environ 92 % des cours d'eau français comportent des pesticides et la teneur en nitrates des nappes souterraines est croissante. Pour l’eau de consommation, il faut rappeler que la moitié des Français, surtout les ruraux, consomment une eau « potable » contaminée par des polluants issus des pesticides, des nitrates et même des bactéries. En milieu urbain, des vieilles canalisations d’eau sont en plomb et constituent un risque réel dans 1 200 communes.

     Les pollutions de l’air les plus importantes, comme le dioxyde de soufre ou le monoxyde d’azote, ont régressé fortement mais subsistent néanmoins. Ce sont maintenant les particules en suspension qui semblent être la première préoccupation. Quant aux pesticides agricoles, ils sont toujours très peu mesurés dans l’air. A cette pollution de l’air extérieur s’ajoute la pollution de l’air intérieur des habitations.

     Depuis quelques décennies la pollution des sols est devenue préoccupante avec l’apport de pesticides et de plastiques avec des fragments présents partout (prairies, vignes, vergers ou grandes cultures). Du fait des modifications climatiques, les sols vont être rendus plus fragiles encore : alternance de sécheresses et périodes très pluvieuses qui vont amplifier l’érosion.

     En corrélation avec les pollutions, ce sont 670 kg de déchets urbains qui sont rejetés par habitant par an en France. Le double de ce que nous produisions il y a 50 ans. Le tri a beaucoup progressé, mais reste insuffisant. C’est en amont qu’il faut anticiper la conception d’un produit pour générer moins de déchets.

     De nombreuses interactions existent entre les diverses pollutions et les déchets. Le polystyrène et le polyéthylène sont les plastiques les plus utilisés, à raison de millions de tonnes dans le monde par an. Il est produit actuellement 350 millions de tonnes de plastique par an dans le monde, recyclés pour seulement 10 %. De gros progrès doivent être faits pour avancer dans la gestion des déchets plastiques qui voyagent et sont ingérés, entre autre, par les animaux marins, ce qui impacte leur fécondité.

     De nombreuses études scientifiques font état d’une corrélation entre exposition aux pesticides et développement de différents cancers. Les citoyens, professionnels de santé et agriculteurs sont demandeurs de plus d’information et plus précise afin d’améliorer nos systèmes de production.

A suivre…

 

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6 mars 2026 5 06 /03 /mars /2026 09:15

Les gros soucis du monde d’aujourd’hui : les pollutions.

     Les problèmes relatifs aux pollutions de l’eau, de l’air, des sols et l’augmentation récurrente des déchets deviennent très préoccupants par rapport aux conséquences sur le fonctionnement des écosystèmes et la santé humaine.

     S’agissant des pollutions de l’eau, en ce qui concerne la mer, on retrouve sur toutes les côtes de France des produits pharmaceutiques et des pesticides dans l’eau et notamment les mollusques. A ces pollutions s’ajoute l’impact du transport maritime de plus en plus dense qui consomme du fioul. Les nitrates proviennent des élevages intensifs et des produits phytosanitaires utilisés en agriculture, ils sont en grande partie à l’origine des algues vertes envahissant les côtes bretonnes par exemple. Environ 92 % des cours d'eau français comportent des pesticides et la teneur en nitrates des nappes souterraines est croissante. Pour l’eau de consommation, il faut rappeler que la moitié des Français, surtout les ruraux, consomment une eau « potable » contaminée par des polluants issus des pesticides, des nitrates et même des bactéries. En milieu urbain, des vieilles canalisations d’eau sont en plomb et constituent un risque réel dans 1 200 communes.

     Les pollutions de l’air les plus importantes, comme le dioxyde de soufre ou le monoxyde d’azote, ont régressé fortement mais subsistent néanmoins. Ce sont maintenant les particules en suspension qui semblent être la première préoccupation. Quant aux pesticides agricoles, ils sont toujours très peu mesurés dans l’air. A cette pollution de l’air extérieur s’ajoute la pollution de l’air intérieur des habitations.

     Depuis quelques décennies la pollution des sols est devenue préoccupante avec l’apport de pesticides et de plastiques avec des fragments présents partout (prairies, vignes, vergers ou grandes cultures). Du fait des modifications climatiques, les sols vont être rendus plus fragiles encore : alternance de sécheresses et périodes très pluvieuses qui vont amplifier l’érosion.

     En corrélation avec les pollutions, ce sont 670 kg de déchets urbains qui sont rejetés par habitant par an en France. Le double de ce que nous produisions il y a 50 ans. Le tri a beaucoup progressé, mais reste insuffisant. C’est en amont qu’il faut anticiper la conception d’un produit pour générer moins de déchets.

     De nombreuses interactions existent entre les diverses pollutions et les déchets. Le polystyrène et le polyéthylène sont les plastiques les plus utilisés, à raison de millions de tonnes dans le monde par an. Il est produit actuellement 350 millions de tonnes de plastique par an dans le monde, recyclés pour seulement 10 %. De gros progrès doivent être faits pour avancer dans la gestion des déchets plastiques qui voyagent et sont ingérés, entre autre, par les animaux marins, ce qui impacte leur fécondité.

     De nombreuses études scientifiques font état d’une corrélation entre exposition aux pesticides et développement de différents cancers. Les citoyens, professionnels de santé et agriculteurs sont demandeurs de plus d’information et plus précise afin d’améliorer nos systèmes de production.

A suivre…

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27 février 2026 5 27 /02 /février /2026 09:20

La biodiversité : rappel des faits.

     Les soucis relatifs à la biodiversité nous concernent à tous les niveaux, mais deux domaines sont particulièrement préoccupants à l’échelle mondiale quant à leurs conséquences : les forêts et les océans.

     Concernant les milieux forestiers, l’exemple le plus significatif est sans doute l’Amazonie. Cette immense forêt tropicale, déjà soumise aux stress provoqués par le réchauffement et les sécheresses intenses, est en train d’affronter la déforestation. La cause principale de cette situation est la culture du soja qui sert essentiellement à la nourriture du bétail (80 % de la production) dans le monde entier, y compris l’Europe. La demande massive de viande (2 millions d’animaux sont tués par minute dans le monde !) nécessite de grandes surfaces cultivées pour alimenter ce bétail. Moins d’élevage industriel ce serait moins de soja, moins de déforestation et donc plus de milieux naturels protégés. Une fois de plus la synergie biodiversité/climat est éloquente : une forêt tropicale présente cette particularité exceptionnelle de produire en partie la pluie et donc moins de forêt équivaut à moins de pluie, plus de sécheresse et une transformation progressive de l’« ancienne » forêt en savane. Depuis 2008 il existait un moratoire interdisant l’achat de soja brésilien cultivé sur des terres déforestées, celui-ci est devenu caduque. C’est donc la moitié sud de l’Amazonie qui est menacée de disparition pour cultiver du soja.

     A propos des océans, c’est une hécatombe pour les coraux selon les scientifiques. Dans les Caraïbes la couverture de coraux a baissé de 48 % entre 1980 et 2024, à peine un demi siècle, en relation avec l’augmentation de la température moyenne de la mer. Les récifs coralliens des Caraïbes représentent 10 % de la superficie mondiale de ces structures vivantes. On comprend quel est l’impact de cette évolution quand on sait que les coraux hébergent 25 % des espèces marines dont dépendent un million de personnes… Le changement climatique, avec l’acidification des océans et les pollutions, menace fortement les coraux. La France est concernée dans les Antilles et l’Océan Indien où l’on constate un état de dégradation d’environ 60 % dans les stations prospectées.

     La France n’est pas épargnée par ces chutes de biodiversité. Une étude de début 2026 montre que l’abondance des oiseaux est inversement proportionnelle au taux de pesticides épandus. Cette étude portant sur les oiseaux communs près des terres cultivées a démontré la contamination généralisée de la biodiversité par les pesticides. Cela montre indirectement l’impact existant aussi sur les insectes et micro-organismes. A cela s’ajoutent les facteurs liés à l’intensification agricole tels que la diminution des prairies (Entre 1990 et 2018, en France métropolitaine ce sont 60 000 ha de pâturages naturels qui ont été artificialisés) et l’arrachage de haies (On estime que 70 % du linéaire de haies a été détruit en France durant le XXème siècle) qui contribuent à la réduction de la biodiversité.

     Avec ses départements d’outre-mer, la France est riche d’un patrimoine de près de 23 000 espèces endémiques (11 % de la totalité des espèces inventoriées), ce qui lui confère une grande responsabilité, alors que 20 % seulement des habitats naturels sont dans un état favorable.

A suivre…

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20 février 2026 5 20 /02 /février /2026 08:45

Les gros soucis du monde d’aujourd’hui : la biodiversité.

     A la différence du climat, la biodiversité est plus difficile à évaluer, avec de l’ordre de 10 millions d’espèces estimées pour seulement 2 millions d’étudiées. Elle est plus ou moins riche selon les climats, mais aussi les milieux, terrestres ou marins. De plus ces espèces interagissent entre elles et avec leur milieu dans des relations complexes.

     Les espaces marins sont particulièrement préoccupants avec seulement 5 % des habitats bien conservés face à des pressions majeures telles que l’exploitation intensive, les pollutions chimiques et plastiques et le réchauffement du climat. Pour la France, 53 % des poissons migrateurs ont disparu depuis une trentaine d’années. De même, la diminution des zones humides terrestres inquiète dès lors que 50 % de ces milieux ont été éradiqués de France en un siècle. Cela concerne les grandes zones de marais mais aussi les petites zones humides comme les mares dont 30 à 40 % ont été comblées en France depuis 1950. La déforestation est également un thème à prioriser dans la mesure où elle nous prive de l’élimination de 12 % des teneurs mondiales de gaz à effet de serre, par manque de fixation du carbone. La forêt amazonienne est sans doute l’exemple le plus criant avec le remplacement des arbres par des cultures de soja et autres. Même en France, l’état des forêts est devenu très préoccupant avec une augmentation de la mortalité des arbres de 125 % en 10 ans du fait de la répétition des sécheresses, canicules et le stress hydrique qui s’en suit, ralentissant la photosynthèse. C’est ainsi que nos forêts produisent moins de bois et séquestrent moins de carbone, ce qui atténue fortement leur rôle de puits de carbone.

     Près de 50 000 espèces, animales et végétales, sont considérées comme menacées d’extinction à l’échelle mondiale et près de 1 000 sont déclarées éteintes. Précisons que les plus étudiées sont les mammifères et les oiseaux, mais des pans entiers de la biodiversité (mollusques, insectes, reptiles) sont encore peu connus du fait de leur petite taille, de la complexité des recherches et surtout du manque de personnel pour les mener. On sait toutefois qu’en Europe les populations d’insectes ont chuté de 70 à 80 %, alors qu’ils constituent le premier maillon de la pollinisation et donc des chaînes alimentaires et de la fertilité des sols. Cinq extinctions de masse ont déjà eu lieu depuis 440 millions d’années sur des durées allant de 10 à 15 millions d’années. L’extinction la plus récente est celle du Crétacé datant de 66 millions d’années : disparition des dinosaures (du fait de chutes de météorites et du changement de climat) et apparition des mammifères. On s’achemine vers une 6 ème extinction, déjà amorcée, avec une estimation de la disparition de 150 000 à 260 000 espèces depuis 500 ans, due aux activités humaines : 75 % de la surface terrestre est altérée, 66 % des océans subissent des incidences et 85 % des zones humides de la planète ont disparu. A cela s’ajoutent des pollutions diverses, la dispersion d’espèces invasives, la surexploitation des ressources (agriculture intensive, surpêche et extraction minière) et enfin le changement climatique.

     Faut-il le rappeler encore, la biodiversité est le fondement de notre vie à nous les Humains. Nous en faisons partie, mais surtout elle nous nourrit, nous habille, nous protège et on estime que 50 % du PIB mondial dépend de la bonne santé des écosystèmes.

A suivre…

Publié sur www.michel-lerond.com le 20 février 2026

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13 février 2026 5 13 /02 /février /2026 08:57

Le climat : rappel des faits.

     On ne va pas reprendre ici ce qui a fait l'objet de près de 800 chroniques depuis une vingtaine d'années sur ce blog, mais simplement l'essentiel actualisé. Depuis un mo-ment déjà les organismes spécialisés annoncent des records en matière de température, fontes des glaciers, incendies de forêts, pluies diluviennes et submersions marines.

     C’est ainsi que l’année 2025 a été la troisième année la plus chaude de l’histoire. La température moyenne de la planète a été de 14,97°, soit 1,47° au-dessus des chiffres connus de la fin du XIXème siècle. Cette température moyenne ne doit pas dissimuler certaines particularités comme le mois de janvier 2025, mois de janvier le plus chaud jamais enregistré et 120 records mensuels battus dans 70 pays, notamment en Asie centrale, Europe du Nord et Sahel. Ces réchauffements se traduisent par des pics thermiques préjudiciables à la santé (+10 à +13°), des rendements agricoles en baisse, des pénuries d’eau et des territoires qui deviennent progressivement invivables. L’Asie du Sud-Est est déjà largement concernée avec 1 200 morts en 2025 du fait des inondations et ouragans. En 2024 ce sont environ 24 millions de personnes sur la planète qui ont été déplacées pour des raisons climatiques.

     La diminution drastique des glaciers peut avoir des conséquences sévères dans la mesure où ils jouent un rôle crucial dans le cycle de l’eau et assurent le stockage d’eau douce. Leur fonte pourra déclencher des inondations importantes pour des millions de personnes sur la planète ce qui entraînera des migrations de populations. La situation est particulièrement critique pour les calottes glaciaires des pôles. Cet effondrement, notamment en Antarctique de l’ouest et au Groenland, une fois enclenché, va se poursuivre sur un temps long et pourrait entraîner une montée du niveau des mers de plusieurs mètres.

     Les incendies de forêt se sont multipliés ces dernières années. C’est un million d’hectares qui ont brûlé en Europe pendant l’été 2025 du fait du réchauffement du climat. En France même un feu « hors normes » a brûlé 17 000 ha en quelques jours en août 2025. Plus loin de chez nous, après le Canada qui a connu des centaines d’incendies en juin 2025, des feux de forêt ont dévasté 15 000 ha en Argentine et 35 000 ha au Chili (avec au moins 20 morts) début janvier 2026.

     Des pluies diluviennes ont généré des inondations dévastatrices à Valence en octobre 2024 et à Montpellier en décembre 2025, entre autres… Le dérèglement du cycle de l’eau va générer une alternance de sécheresses et inondations. Des scénarios scientifiques envisagent une augmentation des précipitations de l’ordre de 40 % d’ici 2100, avec des variations à l’échelle des continents.

     En mer, la hausse de la température de l’eau détruit les récifs coraliens. Il est ainsi prévu que l’on perde 90 % du corail d’ici 2100 et, au contraire, que les méduses envahissent les eaux. Tout cela impacte la faune marine, y compris les espèces pêchées pour notre nourriture.

     Nous avons déstabilisé le climat au point que l’on se rapproche de « points de bascule » au potentiel cataclysmique, tel est l’alarme lancée par 160 scientifiques en octobre 2025.

A suivre…

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6 février 2026 5 06 /02 /février /2026 08:45

Les gros soucis du monde d’aujourd’hui : le climat.

     Lorsque Antonio Gutteres, Secrétaire général de l’ONU, déclare à Rio en novembre 2025 à l’occasion de la COP30 : «Nous avons échoué», tout est dit hélas ! Précédemment il avait déclaré que «notre planète est au bord du gouffre», sans réactions…

     Le climat est perturbé par les émissions de gaz à effet de serre qui proviennent essentiellement des activités humaines. De nombreux indicateurs révèlent ce dérèglement, notamment l’augmentation des températures à la surface de la Terre et l’élévation du niveau moyen des océans, depuis un siècle. L’Accord de Paris, lors de la COP21 en 2015, avait prévu de limiter le réchauffement planétaire à 1,5°C… ce qui sera probablement dépassé dès 2027 et on envisage un réchauffement de l’ordre de 4° d’ici 2100. Cela n’est pas sans conséquences dans la mesure où ce fait va générer des régions invivables, avec des températures humides supérieures à 35° et donc une mortalité croissante (déjà 546 000 décès annuels dus aux chaleurs extrêmes dans le monde entre 2012 et 2021, surtout en Afrique, Moyen Orient et Asie du Sud). Cette situation a commencé à engendrer des pénuries (le stress thermique interrompt la floraison et donc pas de fruits, ni légumes, ni graines…) et des migrations (quand les récoltes s’effondrent, on migre d’abord vers les villes, puis vers l’Europe…). Par ailleurs le niveau des mers a monté d’environ 23 cm par rapport à 1900. Ce rythme s’accélère depuis quelques années pour atteindre 26 mm entre 2019 et 2024, ce qui donnerait théoriquement 52 cm pour le 21 ème siècle, soit le double du 20 ème… On commence à voir les reculées de parties des littoraux et les effondrements de constructions trop près de la mer. Quant à la disparition des glaciers, elle pourrait atteindre son pic dans les années 2050 avec 2 à 4 000 glaciers en moins par an dans le monde. Après des inondations suite à la fonte des glaces, le manque d’eau dans les vallées en aval va devenir préoccupant pour des millions de personnes sur la planète ce qui entraînera des migrations de populations.

     A l’origine de ces gros soucis, les émissions de gaz à effet de serre se répartissent en quatre sources grossièrement égales : transports et activités de raffinage, production d’électricité et chauffage, agriculture et déforestation, industrie. On arrive maintenant au « toujours plus » : plus chaud, plus froid, plus sec, plus humide, et les choses semblent aller plus vite et plus fort que prévu. La Terre pourrait avoir déjà franchi plusieurs points de non-retour, en lien avec le dégel du permafrost (terres gelées des zones polaires qui libèrent du méthane en fondant), la déforestation de l’Amazonie (qui abrite 10 % des espèces de la planète) et le blanchiment des coraux. Le CO2 d’origine fossile constitue les 2/3 de ces émissions mondiales qui ont augmenté de 62 % les 30 dernières années, essentiellement en Chine et aux Etats-Unis. Dans le même temps, les émissions ont baissé en Europe, à l’exception du secteur des transports, tout comme en France.

     Globalement, la crise climatique est un multiplicateur de risques. Outre les conséquences sur l’approvisionnement alimentaire, la santé humaine, les dévastations d’infrastructures et d’habitations, le dérèglement du climat (ouragans, inondations, sécheresses ou feux de forêts) va induire à la fois une dégradation des écosystèmes et une instabilité géopolitique avec la multiplication des crises alimentaires et des migrations.

A suivre…

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29 janvier 2026 4 29 /01 /janvier /2026 16:59

Les interactions de la nature.

     Le dérèglement climatique, l'effondrement de la biodiversité, la raréfaction des ressources et les pollutions sont des facteurs très interdépendants qui font courir des risques croissants à notre milieu de vie. Les approches trop sectorielles des crises en cours ne sont pas les mieux adaptées pour atténuer nos inquiétudes. Les deux préoccupations les plus fortes, le dérèglement climatique et l'érosion de la biodiversité ne sont pas indépendantes mais sont deux aspects d'un même déséquilibre planétaire. Le climat perturbe aussi les cycles biologiques en modifiant les écosystèmes, et les évolutions de la biodiversité réduisent les aptitudes de la nature à réguler le climat en absorbant moins de carbone par exemple. Les interactions entre climat et biodiversité sont ainsi opérantes à double sens : le climat changeant induit l'érosion de la biodiversité et l'effondrement de celle-ci dérègle le climat ! Tous ces facteurs convergent vers plus de dommages, notamment relatifs à la sécurité alimentaire, la santé et la stabilité sociale, avec une prospective souvent difficile.

     Cependant, ces deux crises sont traitées dans des cadres distincts par les différentes institutions en place. Il serait bon de sortir de cette logique de spécialisation pour une vision globale de la nature. La preuve en est qu'en matière de solutions, des approches de la nature (restauration des sols, plantations de haies, protection des zones humides ou agroécologie, entre autres) préservent la biodiversité mais aussi permettent de stocker du carbone et ainsi de réduire le réchauffement du climat. Les solutions basées sur la nature constituent une bonne solution pour capturer le carbone, sous réserve qu'on se base sur des écosystèmes en bonne santé. Reforester en monospécifiques à croissance rapide ou étendre des cultures pour produire des biocarburants aux dépens des productions vivrières ne rime à rien. Faut-il le redire, nous vivons dans la nature et non pas en consommateurs de celle-ci. Il y a urgence, prenons donc le temps de bien peser les choses : le déploiement massif des énergies renouvelables n'est pas neutre pour la biodiversité (effets de l'éolien sur l'avifaune et la faune marine, consommation abusive de terres nourricières pour implanter des hectares de panneaux solaires). Il ne s'agit pas de ralentir la transition énergétique, mais de bien planifier les projets en amont. Les études d'impact et évaluations environnementales ne sont pas des contraintes administratives faites pour embêter "ceux qui travaillent" ou "nourrir les bureaux d'études", mais des outils de pilotage indispensables afin de faire que la transition énergétique soit en harmonie avec la protection de la nature. Ceci doit permettre de relier le climat, la biodiversité, l'alimentation et la santé pour le bénéfice de tous et non pas de quelques uns.

     Cette façon de penser implique des évolutions de nos principes de vie, de nos pratiques professionnelles et familiales. Cela n'est pas toujours facile, exige des remises en cause parfois en profondeur, pour nous conduire vers un monde nouveau, tout simplement si l'on peut dire, vers plus de respect pour les Humains et plus de considération pour nos descendants. Cela ne pourra se faire qu'avec des mécanismes de dialogue permanents entre les décideurs et le public, plus adaptés et plus performants que ceux qui existent déjà. En résumé, plus de démocratie et plus de décentralisation des décisions avec une gouvernance décloisonnée.

A suivre…

Publié sur www.michel-lerond.com le 30 janvier 2026

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23 janvier 2026 5 23 /01 /janvier /2026 08:35

Un peu de philosophie.

Alors que nous sommes confrontés à davantage de catastrophes naturelles, on constate que la capacité d’anticipation reste faible et les résultats pas au niveau souhaité. Nous devons nous remettre en question quant à nos comportements parfois inconséquents. Quand on sait qu’en France, 1 million de tonnes de déchets sont jetés dans la nature chaque année, c’est un aspect des plus voyants, mais qui illustre bien les efforts que nous avons à faire… De même, pour toute l’Europe en 2023, nous avons jeté 130 kg de nourriture par personne ! Soit 58 millions de tonnes au total… (53 % des foyers, 19 % de l’industrie alimentaire, 11 % des restaurants, 10 % des producteurs et 8 % des distributeurs). Cherchez l’erreur…

Au-delà de ces exemples « ponctuels » nous vivons une crise globale, compte-tenu de la mondialisation dans laquelle nous sommes. Pour la première fois en effet, l’Humanité se trouve confrontée à ses limites en fonction de la multiplication simultanée des catastrophes : crises environnementales, conflits géopolitiques, fragilités économiques et fractures sociétales. C’est comme un déclin consécutif de nos excès en tous genres qui conduisent à un épuisement des ressources et notre aveuglement à voir les réalités socio-politiques. Il est donc urgent de faire preuve de plus de maturité et de lucidité, de s’écouter et se respecter entre Humains. Voilà la condition impérative pour éviter un déclin irréversible. Si d’aventure, et sans dramatiser outre mesure, il arrivait que l’espèce humaine disparaisse totalement, ce serait un drame pour l’Humanité, mais pas pour notre planète… En effet notre espèce n’est apparue qu’il y a peu de temps, à l’échelle planétaire et a été sans doute la plus destructrice de son milieu de vie. Avec un peu de temps la Terre se remettrait de cette disparition d’une espèce. A nous d’en tirer la leçon et d’essayer de vivre en harmonie avec les autres êtres vivants en rapport avec les ressources terrestres.

      Dans un tel contexte, nous devons être solidaires, respectueux des autres et en même temps aussi des religions, ethnies et autres comportements culturels. Oui, je sais je suis un grand naïf, mais dès lors que peut être le sens de toutes les guerres en cours, celles dont on parle, l’Ukraine (plusieurs centaines de milliers de morts depuis 2022), le Moyen Orient (environ 70 000 morts à Gaza depuis 2023), mais aussi celles qui laissent les médias muets ou quasiment… En Afrique différentes guerres au Soudan, Ethiopie, Congo ou Mali ont fait de l’ordre de 800 000 morts et 20 millions de personnes déplacées depuis les années 2000 et cela dans un silence assourdissant. De plus ces régions sont parmi les plus exposées aux catastrophes naturelles, notamment les sécheresses qui engendrent des rationnements et parfois l’absence totale d’eau, entre autres… Voilà des situations où l’on pourrait, si l’on peut dire, hiérarchiser les risques et relayer les guerres fratricides au placard ! La guerre n’a jamais beaucoup de sens, mais maintenant face aux défis auxquels nous sommes confrontés, où l’urgence est d’assurer la survie de l’espèce humaine, quelle ineptie que ces guerres reposant sur des bases totalement inhumaines ! Nous sommes des Hommes, pas des bêtes sauvages et avons cette faculté inouïe de pouvoir échanger pour mieux nous connaître et nous accepter.

A suivre…

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16 janvier 2026 5 16 /01 /janvier /2026 14:11

Une vision globale et transversale.

     Nous basculons vers une autre époque, prenons garde à ne pas nous replier sur notre microcosme. Il va falloir concilier une vision universelle et planétaire avec un souci de relocalisation des productions et consommations. Les choix à faire seront difficiles, risqués et souvent douloureux. Mais ne pas choisir serait la fin inéluctable de notre civilisation, incapable de gérer ses contradictions et les effets domino qui en découlent. Nous allons devoir passer d’un matérialisme exagéré à plus d’humanisme, inventer une nouvelle économie et faire une révolution culturelle. Notre système productif doit être complètement repensé en faisant un tri sévère entre ce qui est essentiel et ce qui l’est moins.

     Trop souvent, dans ce genre de réflexion, on se réfère à l’avis de spécialistes, compétents dans leur domaine certes, mais qui ne parviennent pas toujours à établir les liens avec d’autres secteurs que le leur. Il est indispensable de se référer à des spécialistes, mais il est nécessaire de les faire se concerter avec des néophytes. Face aux défis énormes auxquels nous sommes confrontés, il faut évidemment analyser les situations au plus profond mais aussi les mettre en regard avec d’autres problématiques et s’assurer que les mesures préconisées peuvent être comprises par le plus grand nombre, faute de quoi elles seraient perçues comme des contraintes peu acceptables.

     Il est indispensable d’avoir une approche globale afin de pouvoir renouer les fils entre des secteurs spécialisés, en ne se contentant pas du segment le plus intéressant. Par exemple pour la voiture électrique, ne pas se focaliser sur la seule consommation d’énergie en roulant, mais considérer aussi la fabrication des batteries et leur destruction ou recyclage. On constate trop souvent que beaucoup de produits sont commercialisés avant même qu’on ait pu réfléchir à leurs impacts sur la santé et notre milieu de vie. Plus que jamais il faut passer d’une société des connaissances spécialisées à une société de LA connaissance, celle qui permet de transcender les spécialités. Cela doit nous mettre en garde contre nos jugements hâtifs en se prononçant pour ou contre tel équipement sans en connaître tous les aspects et, nous mêmes, devons bien analyser nos projets afin de choisir avec objectivité. Rien n’est simple !

     L’approche des nouveaux produits et services doit aussi être transversale. Par exemple, la construction d’une route comporte des aspects techniques quant au tracé, matériaux etc, mais aussi vis à vis des écosystèmes, de l’intégration paysagère ou la circulation des eaux de surface, autant de domaines différents qui doivent être mis en relation. Pour bien comprendre ce cheminement on peut se référer à la médecine, souvent mise en parallèle à juste titre avec l’environnement : l’ensemble de spécialités pointues ne per­met pas forcément de vision globale et transversale, seule possible par la syn­thèse d’un généraliste, capable de comprendre et d’établir les liens nécessaires. Le généraliste est celui qui donne de la cohérence aux faits, qui les rend intelli­gibles et qui permet d’agir ensuite. En fait, le généraliste est un « spécialiste » qui sait construire les ponts, mettre à jour les com­plémentarités et les contradictions.

A suivre…

 

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9 janvier 2026 5 09 /01 /janvier /2026 09:04

Le fil conducteur de notre réflexion.

     L'évolution de l'humanité depuis un siècle a débouché sur de grandes menaces pour l'avenir, du fait de la surconsommation des ressources, notamment. On en arrive au dérèglement du climat, l'érosion de la biodiversité et des pollutions qui compromettent notre avenir. Mais pourquoi donc ? Parce que nous avons géré notre vie sur des bases qui sont devenues obsolètes : l'économie avec ce souci du toujours plus et toujours mieux que les autres. Il faut donc prendre des mesures de correction, celles-ci n’étant efficaces que si l’on change les fondamentaux de notre société.

     Bien sûr, nous avons commencé à modifier certains comportements, individuels et collectifs, afin de redresser la situation, mais cela ne suffit pas, il faut aller beaucoup plus loin et plus vite. Les problèmes auxquels nous sommes confrontés émanent pour une large part d’une économie totalement disjonctée par rapport aux réalités de notre planète. En fait, nous avons pris le problème à l’envers en essayant de remédier aux conséquences, alors qu’il faut d’abord remédier aux causes du mal, soit l’économie telle qu’elle est conçue actuellement. Il faut inventer une nouvelle façon de nous approvisionner, puis résoudre progressivement les conséquences de nos erreurs passées. D’abord s’impose un point sur la situation actuelle, puis il faut inventer une nouvelle organisation de la société. Ce n’est qu’en fonction de ces révolutions que l’on pourra vraiment résoudre les problèmes de climat, biodiversité, ressources etc.

     Notre société est devenue de plus en plus anxiogène, en relation avec les guerres, la violence mais aussi l’angoisse climatique, ses perturbations récurrentes et les morts qui en découlent. Tout cela a déjà été évoqué sur ce blog à raison d’environ 800 chroniques et a été résumé dans 3 petits livres : « Faire passer le message » en 2018, avec un panorama des grandes questions environnementales ; « Les clés de notre avenir » en 2020 qui présente 93 propositions d’action et « A demain… si vous le voulez bien » en 2023 qui est une prospective de notre avenir commun. Nous allons donc maintenant compléter cette réflexion en proposant des évolutions concrètes, avec un message simple et encourageant, en essayant de suivre la trame prévisionnelle suivante pour ébaucher les fondamentaux d’un monde nouveau :

     - Une vision globale et transversale

     - Les gros soucis du monde d’aujourd’hui

     - Un rappel des faits

     - Les conséquences d’une économie obsolète

     - Vers un nouveau monde

     - Vers une nouvelle économie

     - Une nouvelle organisation socio-économique

     - Organiser la société planétaire

     - Reconstituer le climat 

     - Restaurer la biodiversité

     - Préserver les ressources

     - Revoir le droit

A suivre…

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