Préserver les ressources
Les ressources de la planète sont abondantes mais limitées, ce qui suppose une gestion économe en relation avec la démographie. Il en est ainsi pour les sols dont il faut réduire la consommation : l’étalement urbain, les infrastructures et les grandes surfaces commerciales imperméabilisent les sols, ceci aux dépens des terres agricoles.
La ressource en eau régresse et sa gestion est devenue un défi. Il est urgent de considérer l’accès à l’eau potable comme un droit fondamental. En France, la moitié de l’eau est utilisée pour l’agriculture, 1/4 pour l’industrie et l’énergie et 1/4 comme eau potable. On assiste, selon certains spécialistes, à une « faillite mondiale de l’eau », ce qui impose des mesures drastiques pour la préserver et repenser son utilisation. Dans un monde fragmenté, cet enjeu peut toutefois aider à reconstruire de la coopération entre des sociétés, plutôt que des guerres qui nuisent à tous. A tous les niveaux, de la commune à la planète, il faut identifier les forces et vulnérabilités de l’alimentation en eau potable, source de vie incontournable, pour sécuriser sa disponibilité et sa qualité en fonction des futurs besoins à échéance de 50 ans.
Dans le domaine de l’énergie, il faut mettre fin d’urgence à la gabegie actuelle en diminuant les distances travail–résidence, en privilégiant les circuits courts de distribution des marchandises et en reconsidérant la conception de l’habitat. Pour économiser l’énergie, il faut revenir à des principes de bon sens : réduire le gaspillage, avoir recours au bouquet énergétique et casser les monopoles en facilitant l’auto-production énergétique, notamment dans l’industrie et l’agriculture. Les exploitations agricoles peuvent devenir autonomes en énergie : la méthanisation, par exemple, est un procédé qui permet de valoriser les matières organiques en produisant du biogaz. Pour le transport des marchandises le ferroutage est à développer d’urgence. Ce système rail-route qui consiste à charger les camions sur le train pour les longues distances permet de réduire considérablement les consommations d’énergie en privilégiant le réseau ferré.
La numérisation croissante des données nécessite un stockage des informations dans des centres dédiés. L’Intelligence Artificielle renforce ce processus et il faut la piloter en choisissant le juste niveau de technologie au service d’un besoin réel. Des projets de récupération de la chaleur existent à partir de ces centres de traitement vers des serres agricoles ou des réseaux de chauffage urbain, ce qui est à multiplier. La sobriété en ce domaine doit devenir une obligation. C’est ainsi que l’Irlande, devenue un pôle mondial de l’informatique avec le boom de l’IA, consomme 22 % de l’électricité nationale pour ses 80 centres de données ! Face à cela il est préconisé d’utiliser la chaleur résiduelle pour le chauffage de bureaux ou habitations, ce qui est en cours.
La consommation d’énergies renouvelables (ENR) est en progression, ce qu’il faut poursuivre. Les ENR peuvent constituer des solutions heureuses, si toutefois on fait la démonstration de la fiabilité de toute la filière sur la durée : les outils d’évaluation de ces nouvelles énergies doivent être mis en œuvre systématiquement. Certes nous devrons nécessairement faire appel au bouquet énergétique plutôt qu’à telle ou telle filière spécifiquement. Encore faut-il pouvoir le faire en connaissance de cause.
A suivre…