C’est un Français qui a parcouru son pays un peu en tous sens et qui en a observé ses évolutions en presque un siècle. Il a eu l’occasion de s’y balader et de savourer ses paysages, en particulier en milieu rural : se promener dans la campagne est toujours un bonheur, que ce soit à pied ou en voiture. On découvre sans cesse des aspects paysagers que l’on n’avait pas encore remarqués, même dans des contrées que l’on croit bien connaître. Ces balades sont aussi l’occasion d’observer, ici ou là, des « anomalies » dans la gestion de nos terroirs. C’est ainsi que l’on observe de plus en plus des fils de téléphone qui pendent des poteaux, coupés ou enroulés au sol, des boîtiers de compteurs électriques dont la porte est cassée, ouverts à la pluie, des trous en bord de route dans lesquels il faut éviter de mettre une roue, faute de quoi la caisse touche le sol… On observe également, mais de moins en moins du fait de leur raréfaction, des vieux bâtiments agricoles typiques, en torchis et colombages ou autres constructions traditionnelles n’ayant plus d’utilité, en cours d’effondrement. En un petit siècle la France a fait un grand retour et est devenue un « pays du tiers monde ».
Dans les campagnes ou les petites villes, on constate souvent maintenant l’abandon apparent de certaines maisons, environnées de tas de déchets en tous genres, de carcasses de voitures ou engins agricoles, des bâtiments annexes découverts ou éventrés… Y a-t-il vraiment des gens qui habitent encore là ? Parfois aussi certaines maisons modestes sont encombrées d’une dizaine de voitures, apparemment en état de marche, avec des fûts et des bidons en vrac. Pour quel usage ces véhicules ? Et là, voilà un lampadaire qui ne doit pas éclairer grand monde : le lierre a escaladé tout le poteau et est en train d’enlacer la lampe. Des panneaux de signalisation sont sérieusement endommagés, tombés au sol, parfois effacés ou bien disparus après un choc inopportun avec un tracteur ou un camion… légèrement démesuré par rapport à la route. Dans de nombreux villages, les panneaux d’entrée de commune ont été inversés : la preuve que notre société, dorénavant, marche à l’envers !
L’« ouverture » des paysages agricoles est aussi devenue une caractéristique de bien des campagnes, du fait de l’éradication des haies, des bosquets et des mares qui, autrefois, créaient la diversité paysagère. L’après-moisson offre maintenant des paysages totalement dénudés… à l’aspect désertique. Heureusement, si l’on peut dire, que des éoliennes surdimentionnées redonnent un peu de relief ici ou là ! Et puis, au plus près du regard, les bords de route sont souvent « ornés » de canettes, paquets de cigarettes ou autres emballages aux couleurs vives. Par ailleurs, ne parlons pas des incohérences totales dans la gestion des transports ferroviaires, entre autres, ou du manque chronique de programmation des énergies renouvelables, cela nous ferait trop mal… La France s’est ainsi transformée, au grand étonnement de ce Français dont on parle, en un milieu qui ressemble parfois à un « merdier »…
Dans la vie courante, que se soit en voyage, à la maison ou au travail, l’informatisation et la robotisation de bien des contacts « officiels » compliquent la vie de chacun en prétendant la simplifier… Cela passe par des réseaux informatiques parfois inopérants avec des adresses ou infos changées sans information préalable, des démarches interminables pour obtenir des données indispensables ou des contacts directs quasi impossibles sans parler à un robot... L’accès aux services est ainsi devenu souvent plus difficile qu’auparavant, malgré une technologie sophistiquée. Nous y voilà dans « Le meilleur des mondes » : sacré Aldous Huxley qui avait prévu tout cela dans son roman de… 1932. Après un siècle les prévisions se concrétisent !
Au-dessus de cet embrouillamini sociétal la plupart de nos élus nationaux n’ont que bien peu d’expérience quant à la vraie vie professionnelle et prétendent cependant l’organiser. Ils peuvent être élus même avec un casier judiciaire et certains bénéficient d’avantages démesurés… y compris après leur(s) mandat(s), notamment les anciens présidents. Ces situations, un peu déconnectées de la vie « réelle » sont de moins en moins bien perçues et il est urgent d’y remédier. Notre Français observateur s’en agace un peu… C’est dans ce contexte que, sous l’effet de catastrophes « naturelles » multipliées par le dérèglement du climat, des milliers d’hectares de forêts partent en fumée avec faune et flore, que nos maisons brûlent, sont inondées ou fissurées, et avec des mesures minimales prises pour remettre les choses en ordre… alors qu’il est urgent de programmer une révolution de nos comportements et de la réorganisation de notre pays.
Le Français qui observe tout cela, avec une grande amertume... c’est moi. Voilà bien ce qui me choque le plus dans ce pays où je suis né et où je vis. La France un grand pays ? 1,5 % de la population mondiale… mais une histoire, un patrimoine, des savoirs faire considérables et souvent exemplaires. Tout cela a été, en grande partie abandonné ou disséminé dans le monde sans grand retour, avec une audience devenue quasi inaudible… Malgré cela, certains d’entre nous restent très fiers de la « grandeur de la France »… Alors soyons lucides, restons modestes et apportons vite notre contribution à un monde nouveau, en montrant l’exemple !
Août 2026
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