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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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26 juin 2026 5 26 /06 /juin /2026 08:07

Restaurer la biodiversité : l’agriculture et les forêts.

     En milieu agricole la biodiversité est en fort déclin pour les oiseaux et insectes. L’agriculture conventionnelle, après des évolutions fortes depuis un demi siècle, fait une utilisation massive d’engrais et pesticides afin de produire plus et plus vite, répondant en cela à une logique de rendement. Nous devons maintenant assurer l’autosuffisance alimentaire d’un pays, d’une région, ce qui suppose une réorientation totale de l’agriculture autour des savoirs locaux, afin de préserver la biodiversité garante de notre avenir, simultanément à la production de denrées alimentaires. Il faut dans le même temps que les consommateurs fassent leur propre révolution en privilégiant les produits locaux.

     Face à ce constat, l’agroécologie recherche un équilibre entre l’homme et son environnement en utilisant les pesticides en dernier recours et adaptant les filières à chaque type de sol et chaque micro-climat, pour une alimentation saine et durable. Cette nouvelle pratique, qui se répand, est conciliable avec un revenu décent, notamment grâce aux commandes faites par les collectivités. La transition vers cette nouvelle manière de faire nécessite d’augmenter la population agricole avec des surfaces moindres, ce qui suppose un accès plus facile au foncier. Cette transformation de l’agriculture n’est pas un retour en arrière mais une projection vers l’avenir en garantissant son potentiel biologique. Selon le Ministère de l’Agriculture français, entre 2020 et 2023, 40 000 petites fermes ont disparu, absorbées par les grandes, ce qui témoigne de l’ampleur de la concentration des exploitations et ses conséquences en matière de production locale qui recule. Préserver les petites fermes, et en recréer, c’est garantir notre avenir alimentaire.

     L’agroécologie ne va pas sans les arbres et les haies. Celles-ci assurent une infiltration des eaux de pluie dans les sols, nécessaire aux cultures. Replanter les haies est devenu une préoccupation de salut public, au moins en quadrillant les grandes plaines par des bandes boisées, ce qui va réduire les inondations en aval, limiter les effets du vent et favoriser la biodiversité. Les haies sont ainsi des éléments paysagers multifonctionnels qui abritent oiseaux et insectes pollinisateurs, protègent les sols et régulent le climat. De la haie à l’arbre il n’y a qu’un pas qui mène à l’agroforesterie, pratique ancienne qui combine arbres et cultures et/ou élevages sur une même parcelle, maintenant innovation en faveur de la transition écologique. Ces arbres peuvent être intégrés dans les haies, ce qui amplifie les avantages déjà évoqués et optimisent les productions avec le bois. Plus qu’une technique, l’agroforesterie est une philosophie qui concilie l’agriculture et l’environnement afin de nourrir le monde en respectant la planète. De façon comparable, les forêts sont des garants de l’avenir de la biodiversité, en plus d’être des puits de carbone indispensables à la régulation du climat. La reforestation est donc une nécessité, notamment en zones tropicales et équatoriales, mais aussi chez nous. Plus la forêt est diversifiée, plus elle est efficace tant pour la biodiversité que pour le climat. Certains Etats l’ont bien compris, comme la Norvège qui s’est engagée à ne plus attribuer aucun contrat à des entreprises qui contribuent à la destruction des forêts tropicales. Encore plus fort : la Chine a lancé à la fin des années 1970, le projet « Grande Muraille Verte » qui consiste à freiner l’avancée du désert de Gobi en plantant… des milliards d’arbres sur une bande de 4 500 km ! Voilà des signaux précurseurs, forts et encourageants.

A suivre…

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19 juin 2026 5 19 /06 /juin /2026 08:16

Restaurer la biodiversité : les milieux naturels.

     Face à la dégradation alarmante de la biodiversité, la réponse la plus appropriée était jusqu’à aujourd’hui la sauvegarde des espèces les plus menacées par des mesures de mises en réserve. Les évaluations récentes montrent que cela ne suffit pas et qu’il faut inclure la conservation de la nature dans l’aménagement du territoire, pas seulement dans des réserves. Le temps est venu compléter le raisonnement : non pas uniquement définir les zones à protéger, mais aussi celles qui pourront recevoir les activités à risques par exemple. Ainsi l’ensemble du territoire sera protégé pour viser une réconciliation maximale de l’homme et de la nature. Pour les activités polluantes, ou à risque, les zones possibles seront définies, circonscrites et surveillées.

     La situation d’un certain nombre d’espèces progresse sensiblement grâce aux mesures de protection prises depuis une bonne vingtaine d’années. Il faut aller plus loin en impliquant les habitants, en les faisant participer aux inventaires faune-flore de leurs jardins et communes. Il faut convaincre les élus locaux de protéger les haies et espaces boisés, de restaurer les zones humides (mares, tourbières), de renaturer les cours d’eau, toutes interventions qui peuvent être enregistrées dans le PLU (Plan Local d’Urbanisme). Les inondations de début 2026 nous ont rappelé combien il est important de freiner l’écoulement des eaux en les retenant en amont, notamment en conservant les mares. De façon indirecte, promouvoir une alimentation locale à la cantine scolaire favorise les circuits courts et encourage le développement d’une agriculture biologique de proximité, plus respectueuse des milieux naturels.

     En milieu urbain, la préservation de la biodiversité passe par la réduction de l’étalement urbain, et une restauration de la nature en ville avec des effets simultanés pour la reconstitution de climat, ce qui suppose de conserver les espaces naturels existants et y adjoindre le verdissement de certains équipements.

     Les milieux les plus menacés sont sans doute les milieux aquatiques, notamment les écosystèmes marins. Parmi ces zones humides, les mangroves situées à l’interface entre la terre et la mer, constituent des zones côtières stratégiques en assurant la protection contre l’érosion et les inondations, le stockage du carbone et la conservation d’une riche biodiversité ; elles sont aussi des moyens de subsistance pour les communautés riveraines. Comme l’ensemble des zones humides, elles subissent de fortes pressions qui les mettent en péril, ce à quoi il faut mettre fin. De même en ce qui concerne les coraux, qui hébergent 25 % des espèces marines, mis en péril notamment par la surpêche. Nous devons arrêter la surexploitation des ressources marines, la dégradation des océans et la surpêche.

     Des exemples de réactions positives existent ici ou là, comme en Bolivie qui vient d’ajouter un million d’hectares à son réseau d’espaces protégés, pour faire face à la déforestations sous l’effet de l’agriculture intensive, de l’exploitation minière et des incendies massifs, sous réserve toutefois de résister aux pressions économiques...

A suivre…

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12 juin 2026 5 12 /06 /juin /2026 08:18

Reconstituer le climat : l’aménagement et les transports.

          L’organisation du territoire est à revoir, avec la voiture devenue le facteur dominant de l’aménagement urbain. Un peu partout des efforts sont faits pour redonner aux citadins de l’espace en réintégrant la nature dans la ville avec priorité aux piétons. Allons maintenant plus loin pour une vraie politique de décarbonation. Il faut repenser l’habitat, qui est loin d’être neutre en matière d’effet de serre, en ne délivrant de permis de construire que pour des maisons à énergie positive. On sait que les zones artificialisées urbaines peuvent être plus chaudes d’une dizaine de degrés par rapport aux parcs et jardins, la végétalisation est donc à développer. Certains parkings deviennent des îlots de fraîcheur, où les voitures stationnent sous des pergolas végétalisées. Cette démarche permet de réduire les îlots de chaleur urbains, d’améliorer la qualité de l’air et de réintroduire de la biodiversité. La nature est un élément fondamental pour absorber le CO2, comme les grandes infrastructures vertes à l’échelle d’un territoire, notamment les zones de bocages, les massifs forestiers et les zones humides. Quant au bord de mer, l’élévation du niveau de la mer fait reculer le littoral par érosion, ce qui doit être pris en compte pour les constructions.

  Le secteur des déplacements pose problème tant pour les émissions de CO2, que les pollutions et autres nuisances, notamment en ce qui concerne les camions qui utilisent actuellement un quart des carburants routiers. L'alternative la plus crédible aux combustibles fossiles est l'électricité décarbonée, mais le vrai remède est de réduire le nombre de camions, la priorité étant de développer le fret sur le rail. Depuis quelques décennies, la France a privilégié les trains à grande vitesse pour se déplacer plus loin et plus vite... Dans le même temps on a beaucoup négligé les trains régionaux et sabordé le fret ferroviaire. Il faut maintenant revenir à plus de raison en faisant circuler le maximum de marchandises par le train pour les grandes distances et permettre des déplacements de proximité pour les voyageurs. Favoriser les TER avec reconstitution d’un réseau complet, voyageurs et marchandises, est indispensable. Les avions sont bien placés parmi les producteurs de GES et il est urgent de se poser des questions à ce sujet. Chacun doit s’interroger sur ses modes de déplacements et leurs raisons, et privilégier bien sûr les moins dommageables. L'aviation demande des infrastructures, souvent démesurées pour les petits aéroports des régions. D'urgence mettons fin à cette gabegie en ne conservant qu’un seul aéroport par Région, pour le trafic voyageurs et les autres uniquement pour les services de secours. Concernant les transports maritimes, l’OMI (Organisation Maritime Internationale), une agence de l'ONU, a mis en place un système mondial de tarification du carbone qui obligera, à partir de 2028, tous les navires à utiliser un mélange de carburants à moindre intensité de carbone. Cet engagement doit être respecté et amplifié. La bio-ingénérie peut sans doute apporter des solutions pour les transports, mais attention aux fausses routes que cela peut générer. Par exemple l'hydrogène préconisé comme carburant formidable est sans cesse remis en cause, notamment parce qu'il consomme beaucoup d'énergie fossile pour sa fabrication... Alors espoir ou mirage ?

A suivre…

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5 juin 2026 5 05 /06 /juin /2026 08:20

Reconstituer le climat : réduire les GES.

     Tout d’abord prenons conscience du dérèglement climatique pour s’y adapter et le faire régresser, en remédiant aux causes du mal. Pour cela nous devons nous réorienter vers une sobriété en énergie, énergies renouvelables comprises qui ne sont pas toujours aussi vertueuses que prévu, afin de réduire les émissions de Gaz à Effet de Serre. Pour cela de gros efforts doivent être faits en changeant nos comportements, à la maison comme pour nous déplacer. Au-delà des actions individuelles, il faut agir collectivement, dans le domaine des transports et aussi dans notre conception de l’urbanisme : réduire l’étalement urbain et redistribuer habitat, commerces et entreprises dans les territoires pour limiter les déplacements. C’est par l’action collective que nous pourrons faire face, en attaquant le problème à la source : l’utilisation surabondante des énergies fossiles. Le diagnostic est sans appel : nos modes de vies et le fonctionnement de nos entreprises dépendent toujours à plus de 70 % du pétrole, gaz et charbon, part qui n’a pas baissé depuis 1995. Pour en sortir, il faut dialoguer, à l’échelle de son entreprise, sa commune et son pays pour définir les changements à opérer.

     De nombreuses actions sont déjà en cours pour capter le CO2, principal GES, elles doivent être poursuivies et amplifiées. Parmi celles-ci il y a bien l’amélioration des performances énergétiques des machines que nous utilisons et la transition vers les énergies renouvelables, mais aussi le reboisement pour renforcer les puits de carbone. Cette action doit être menée en forêt, dans les zones humides et sur les terres agricoles qui sont très étendues. L’agroforesterie qui associe culture/élevage et arbres est une technique assurément efficace tout autant pour atténuer le changement climatique que pour améliorer la fertilité des sols, la rétention d’eau et réduire l’érosion des sols. Voilà un bon exemple à suivre. Il faut aller plus loin encore et innover en agriculture : la réduction des labours, les intercultures pour couvrir le sol ou le maintien des prairies permanentes sont autant de facteurs qui favorisent la séquestration du carbone.

     D’autres initiatives doivent être prises, comme par exemple la culture d’algues marines pour capter le CO2. C’est ce que fait la Norvège avec la création de fermes océaniques de culture du varech qui absorbent à la fois le CO2 et les nutriments, ce qui crée une biomasse utile qui peut être transformée en alimentation animale ou en biocarburants. C’est tout gagnant !

     Au-delà des initiatives agro-écologiques ou industrielles, n’omettons pas la réglementation avec incitation ou répression… La fiscalité verte doit évoluer pour supprimer les subventions favorisant la consommation d’énergies fossiles et faisons appliquer la taxe carbone en France et dans tous les pays du G20 pour aller très vite vers une économie sobre en carbone. C’est l’outil le plus dissuasif et le plus efficace pour obtenir les résultats attendus, en prévoyant au départ que cette taxe soit payée par tous (y compris les entreprises, collectivités et transporteurs routiers, aériens et maritimes) et qu’une redistribution soit possible en fonction de critères liés aux économies d’énergie.

     Pour parvenir à cette philosophie du futur, il va falloir que nous-mêmes changions. Consommateurs, travailleurs et citoyens, nous avons le vrai pouvoir de décision.

A suivre…

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29 mai 2026 5 29 /05 /mai /2026 08:47

Organiser la société planétaire

Lorsque l’on regarde notre planète depuis l’espace, on ne voit aucune frontière. Je rêve que cela soit aussi la réalité lorsque l’on est les pieds sur Terre. Une société planétaire et solidaire, quel bonheur ! Ce rêve doit devenir réalité un jour afin que les frontières ne soient plus l’expression d’une crainte entre les peuples. Ceci d’autant plus que des questions comme le dérèglement climatique ne pourront être résolues qu’à l’échelle mondiale. Il serait illusoire de prétendre régler ce problème au niveau national, même si bien sûr les Etats doivent y contribuer de même que toutes les collectivités. Nous n’avons jamais eu autant besoin d’intelligence et de coordination pour garantir le futur.

A l’échelle de notre histoire humaine, le moment est venu de construire une société unie et responsable. Mais avec quelle stratégie, alors que les « empires » sont de retour plus que jamais, entre Etats-Unis, Russie et Chine pour imposer chacun leurs propres intérêts. L’ONU est l’organe suprême qui doit structurer cette évolution avec ses 193 Etats membres. C’est en effet l’institution mondiale la plus haute, dédiée à l’environnement parmi bien d’autres fonctions, avec des actions mesurables qui imprègnent notre vie quotidienne comme la limitation des substances chimiques, des plastiques ou des polluants de l’air. C’est ainsi que fin 2025, l’ONU a voté « l’accord sur la diversité biologique marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale », soit la haute mer qui représente les 2/3 de la surface des océans du globe. Cet accord impose des études d’impact environnemental pour des activités susceptibles d’affecter la biodiversité marine, afin de prendre conscience que l’océan est notre meilleur allié pour affronter la crise climatique et écologique. Pendant ce temps la construction européenne est restée indécise et il est grand temps que l’Europe mette en place une institution de type confédéral pour une gouvernance supra nationale indispensable à la mise en oeuvre de stratégies d’ampleur. Le Pacte vert pour l’Europe, présenté fin 2019 par la Commission, va dans ce sens en promouvant d’ici 2050, l’utilisation efficace des ressources et la maîtrise du changement climatique, la perte de biodiversité et la pollution. Dans ce contexte, proclamer un état d’urgence climatique pour reconstituer le climat en Europe, étendu ensuite à l’échelle planétaire, est indispensable afin de pouvoir mettre en place les actions nécessaires. Ce sera difficile, contraignant et coûteux, mais tellement utile.

Ces évolutions doivent se faire de façon pacifique. Il faut supprimer les armées nationales pour n’en maintenir qu’une seule, les casques bleus de l’ONU afin de pouvoir intervenir dans d’éventuels conflits entre états. Aux niveaux local et national, les services de police doivent pouvoir régler les conflits et vandalismes à l’échelle qui convient. L’appellation de ces forces de police la meilleure, c’est bien « gardiens de la paix » pour vivre dans le respect de la vie des autres. Cette révolution nécessite que l’on se comprenne, ce qui passe aussi par le langage. Il existe une langue internationale, de fait, qui est l’anglais, parlé quasiment partout sur la planète. Faisons en sorte que tous les enfants soient bilingues langue nationale/anglais dès le collège. Quant à la France, c’est un territoire à réorganiser dans la mesure où la centralisation forcenée asphyxie les territoires. Le millefeuille territorial doit être simplifié en s’appuyant sur le principe de subsidiarité avec une action au niveau le plus proche du terrain.

A suivre…

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22 mai 2026 5 22 /05 /mai /2026 09:15

La socio-économie : la démographie.

          Parmi les questions prioritaires qui vont conditionner les évolutions à venir, il y a aussi la démographie. Il faut lever le tabou sur ces sujets, faute de quoi la croissance de la population pourrait générer une déstabilisation majeure liée à des pénuries alimentaires et en eau. Pour rappel notre planète comptait 1 milliard de Terriens en 1800, 8 aujourd’hui et sans doute 10 en 2050. Il nous faut maintenant déterminer à long terme une population mondiale compatible avec les ressources disponibles, notamment alimentaires, cela dans le cadre pacifique de l’ONU bien sûr. Quoi qu’il en soit, du fait des pénuries à venir, la stabilisation de la population mondiale est inéluctable et va provoquer un vieillissement de la population, ce qui suppose des adaptations dans les domaines de la construction et les conditions de travail. En France même la natalité est en baisse, en partie en relation avec une peur de l’avenir de la planète. La population vieillissante amène à repenser les villes plus à dimension humaine avec des commerces et des services de proximité. Du fait d’une espérance de vie de 80 ans pour les hommes et 85 ans pour les femmes, les plus de 65 ans sont maintenant aussi nombreux que les moins de 20 ans, ce qui laisse envisager une baisse de la main d’oeuvre et donc un financement des retraites à revoir et des dépenses de santé croissantes. 

          En 2024, 57 % de la population mondiale vivait en ville, soit près de 5 milliards de personnes, 22 fois plus qu’en 1900. On prévoit qu’en 2050, 70 % de la population sera citadine. Ces concentrations génèrent des fonctionnements complexes de nos sociétés avec une demande énorme de matériaux et de ressources, alimentaires notamment, qui les rendent dépendantes du monde rural. Certaines villes du Sud de la planète, en Afrique, Asie et Amérique latine, sont en train de bouleverser cet état de fait en évoluant vers des territoires mi-urbains mi-ruraux. Pour atténuer les effets du dérèglement du climat, il faut intensifier la nature en ville (la végétalisation peut faire baisser la température des bâtiments de 3 à 5°), ce que font certaines villes. Par exemple au Mexique, près de Cancun, il est prévu pour 2030 une ville-forêt pour 130 000 habitants sur 557 ha dont la moitié végétalisée, des panneaux solaires en périphérie, des canaux d’irrigation et des services à moins de 15 mn à pied pour tous les habitants. L’urbanisme doit prendre en compte une écologie urbaine qui intègre les habitats humains aux autres habitats terrestres, laissant circuler l’eau, les plantes et animaux et assurant la nourriture des habitants. Il faut se préparer à une symbiose entre l’urbanité et la ruralité. L’agriculture va devoir en partie s’urbaniser, avec intégration d’espaces cultivables sur des friches ou petits espaces pour que la ville prenne le virage radical de l’autonomie de sa subsistance.

          Ceci pose la question de l’organisation de ces nouvelles cités. Certains agronomes suggèrent que des villes de 20 à 30 000 habitants puissent organiser des espaces, à raison de 4 000 m² par habitant, pour répondre aux besoins essentiels : alimentaires, énergétiques, accès à l’eau et mobilités, ce qui correspond à la surface actuelle artificialisée pour le bâti, les infrastructures, les zones commerciales et industrielles. Il faut aller vers des villes moins denses et plus autonomes, ce qui doit intensifier les rapports humains et la convivialité, ce à quoi aspirent de plus en plus de citadins.

A suivre…

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15 mai 2026 5 15 /05 /mai /2026 08:31

La socio-économie : l’éducation.

         Faire face à toutes ces transformations qui nous attendent suppose nécessairement une prise en compte dans les formations scolaires et professionnelles. Pour accompagner les transformations professionnelles et nos modes de vie, Il faut investir massivement dans l’éducation et la formation tout au long de la vie.

         L’école doit être un incubateur du futur et faire sa révolution en enseignant la nature, la solidarité, le civisme et aussi une conception plus humaine de l’entreprise et du travail. Cela passe par plus de formations continues et de mobilité professionnelle des enseignants afin de pouvoir alterner des emplois, des statuts, en conservant une école publique et laïque. Là aussi il faut s’interroger : peut-on être enseignant sans avoir exercé aucune autre profession ?

Les élèves ont bien évolué et de nombreux jeunes demandent des journées plus courtes, des devoirs allégés et des activités extrascolaires. Ceci doit être pris en compte pour que l’école prépare davantage à la vie pratique avec un accompagnement personnalisé et des stages d’immersion.

L’école doit aussi insister sur l’enseignement de notre relation biologique à la nature. Pour que cette éducation trouve enfin sa place dans la société française, il faut apprendre le b a ba de notre relation à la nature. Ceci dès la maternelle et le primaire, en adaptant le niveau à chaque étape. Au cours des études secondaires, l’enseignement de l’écologie / environnement / développement soutenable doit tenir le rang de discipline principale. Apprendre les écogestes ne suffit pas, il faut enseigner aussi les bases scientifiques dans le cadre des cours de physique, SVT, sciences sociales et géographie, en développant le sens critique des élèves. Cette formation doit réduire l’éco-anxiété et la transformer en capacité d’agir.

Lors des études supérieures, les données concrètes relatives au triptyque bases de l’écologie / manière de se comporter individuellement / gouvernance collective, doivent être intégrées dans toutes les filières. De même, dans toutes les formations professionnelles, les aspects spécifiques des futures professions concernées quant à leur impact sur la nature doivent être enseignés tout au long de la vie en fonction des évolutions, climatiques notamment, des changements de profession et des connaissances nouvelles.

Les jeunes sont de plus en plus conscients que les engagements individuels, très louables, ne suffiront pas. Manger bio et trier ses déchets quand on travaille dans une entreprise qui contribue à l’accélération du changement climatique ou à l’épuisement des ressources n’a pas de sens. Il faut donc se responsabiliser pour ses achats. Cela suppose une nouvelle communication sur les produits avec des données intégrant une meilleure connaissance des coûts réels. Cette approche relative à l’information du public passe par l’étiquetage et les labels qui doivent nous informer sur la vraie qualité d’un produit, et non pas toujours faire du marketing.

A suivre…

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8 mai 2026 5 08 /05 /mai /2026 08:54

La socio-économie : le travail.

      Cette révolution nécessaire sera facilitée et mieux acceptée avec plus d’équité entre les différentes strates de la société. Les milliardaires ont vu leur fortune croître de 16 % en 2025 et cet écart qui se creuse entre « riches » et « pauvres » complique le débat alors que la richesse créée par une entreprise est le résultat d’un travail collectif. Avec leur train de vie, les 1 % les plus riches de la planète ont consommé leur budget carbone annuel dès le 10 janvier 2026, ce qui ne facilite pas le dialogue sur les questions environnementales. Cela interroge sur le sens du travail en parallèle avec la prise de conscience des difficultés à venir.

     Ces évolutions en cours de la société conduisent à des remises en cause : pourquoi donc travailler ? A cette question, la plupart des gens répondent « pour gagner sa vie ». En général, le travail présente une utilité directe parce qu’il sert à quelqu’un en répondant à ses besoins. Tout cela semble simple lorsqu’il y a du travail pour tous et que chacun y trouve son compte. Lorsque la situation économique est moins stable, les choses bougent. La priorité devient alors l’emploi, justement pour gagner sa vie. Mais que penser si le travail a cette seule justification alors que, dans certains cas, il n’a pas d’utilité indispensable, voire il va à l’encontre des besoins réels. Par exemple, lorsque la France décide la construction d’un porte avions de 10 milliards d’euros, nombre de gens se réjouissent de cet apport considérable pour l’économie et la création d’emplois. Mais de deux choses l’une, ou bien ce porte avions ne servira jamais, et alors c’est de l’argent perdu ; ou bien il servira à faire la guerre, donc à tuer des Humains... Dès lors pourquoi travailler, si cela ne sert à rien ou pire encore si cela sert à tuer des Humains ? On peut s’interroger de la même façon sur bien d’autres productions.

     Nous allons devoir redonner du sens au travail. Pour cela réétudions les dispositifs d’aide sociale, en les simplifiant, pour que le travail soit plus rémunérateur que l’inactivité, que le travail manuel et de service, trop longtemps dénigré, soit revalorisé et que les conditions de travail soient améliorées pour davantage de respect de notre environnement et de notre santé. Le plein emploi est sans doute une condition de la cohésion sociale, mais là aussi il faut revoir cette notion avec la nécessité de partager le travail. Avec l’avènement de l’Intelligence Artificielle ce sont les « cols blancs » qui vont être les plus concernés du fait du remplacement d’une partie de ces emplois par des machines. Mais alors que faire de ce temps libéré ? Va-t-on travailler 25 heures par semaine et partir en retraite à 40 ans ? On va devoir réduire le temps de travail pour maintenir le nombre d’emplois et pour que chacun puisse s’épanouir au travail, ce qui est de plus en plus une aspiration des salariés, notamment des jeunes. Le bien-être au travail devient un objectif prioritaire, ne serait-ce que pour plus d’efficacité, ce qui amène de plus en plus souvent les entreprises et services à repenser leur organisation. C’est dans ce contexte que, parfois, des entreprises menacées de fermeture sont reprises par les salariés eux-mêmes en Scop (Société coopérative et participative), ce qui illustre bien la volonté de reprendre en main son destin, notamment pour un travail qui sert à la société.

A suivre…

 

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30 avril 2026 4 30 /04 /avril /2026 09:51

Une nouvelle organisation socio-économique.

     Pour construire un monde nouveau la raison doit dominer la passion pour renouer un dialogue constructif entre élus et citoyens, entre producteurs et consommateurs, et aussi entre écologistes (militants pour la défense de la nature, dérivant parfois vers un certain dogmatisme) et écologues (scientifiques qui étudient la nature et ses complexités). De multiples instances existent pour instaurer ce dialogue, mais celles-ci devraient être regroupées et non redondantes afin de hiérarchiser les dommages et proposer des remèdes efficaces. Il faut en effet que les citoyens soient associés aux choix qui vont définir leurs conditions de vie. Nous devons donc aller plus loin dans le fonctionnement habituel de nos démocraties. Il ne m’appartient pas de donner des réponses, mais au moins de suggérer des voies : ainsi peut-on encore être élu député sans avoir exercé aucune « vraie » profession, autre que étudiant à l’ENA ou attaché parlementaire ? Un vécu du monde du travail pourrait aider à reconnecter la politique à la société. De même qu’un casier judiciaire vierge pourrait crédibiliser davantage les élus de tous niveaux.

     Face à ces défis, la France reste dépendante d’un héritage institutionnel fragmenté. Il faut repenser le rôle de l’État par rapports aux collectivités territoriales autour de trois axes : Etat, Région et Département. Les départements deviennent alors des subdivisions régionales et les communes (toutes d’au moins 2 000 habitants) sont fédérées en intercommunalités pour gérer le quotidien de proximité. De même les milliers de syndicats intercommunaux doivent être fusionnés pour gérer le territoire avec une vision globale, afin de faire face au dérèglement climatique avec de fortes compétences techniques, notamment en génie écologique. Il convient de mettre fin aux féodalités locales pour une gouvernance réinventée, rationnelle et efficace.

     Au-delà des protocoles électifs et juridiques, la concertation est une voie d’apaisement. Parmi d’autres instances, les CESER (Conseil Economique, Social et Environnemental Régional) sont des outils qui associent toutes les catégories d’acteurs sur la gestion de notre patrimoine comme l’eau, les paysages, etc. A l’image du GIEC (Groupe Intergouvernemental d’Experts sur l’Evolution du Climat), plusieurs collectivités ont déjà initié des groupes d’experts pour mener une réflexion globale sur le climat et préconiser des mesures d’atténuation des effets attendus en ajustant la gouvernance aux spécificités territoriales.

     La socio-économie c’est aussi une responsabilisation des citoyens. Ainsi en France il a été mis fin au service militaire. Il eut fallu plutôt le faire évoluer vers un service civil, plus utile et constituant un ciment national et européen. Le développement des incivilités et violences nous amène à reposer cette question : pourquoi pas un service civil pour tous les jeunes Européens ? Ce service pourrait développer la solidarité dans une société où chacun se sent responsable d’un futur commun : le dérèglement climatique entraîne maintenant de nombreuses catastrophes telles que crues, incendies ou recul du littoral, avec des phénomènes qui vont s’amplifier, c’est pourquoi, dès maintenant, il faut aussi recruter des pompiers supplémentaires pour assurer la sécurité civile. Il ne s’agit pas ici de définir en détail toutes les réformes à envisager, mais nous retiendrons trois thèmes qui nous paraissent essentiels : le travail, l’éducation et la démographie.

A suivre…

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24 avril 2026 5 24 /04 /avril /2026 08:47

L’économie : les grandes orientations.

         Il s’agit de passer du plus-avoir au mieux-être. Le développement des emplois de service, le retour au commerce de proximité, une activité industrielle décarbonée, une agriculture plus environnementale sont des exemples d’orientations prioritaires pour une nouvelle économie. Tout reste à inventer dans ce domaine, on peut donner quelques pistes telles que la bioéconomie et l’économie circulaire.

         Le monde nouveau auquel nous aspirons doit respecter les limites de reproduction de la nature pour que la société soit bioéconomique, ou bien elle ne sera pas… La bioéconomie désigne la production, l'utilisation et la conservation des ressources biologiques, afin de fournir des produits et des services à tous les secteurs économiques dans le but de parvenir à une économie durable. Il s’agit donc d’économiser les bioressources pour atténuer les effets du changement climatique et assurer la sécurité alimentaire et énergétique des populations. Par exemple, l’agroéconomie prend en compte la production, la transformation, la commercialisation et la consommation des produits agricoles selon les principes rappelés ci-dessus. De même, dans le secteur industriel, des reconversions peuvent générer des coopérations locales pour partager énergie et matières premières et faire en sorte que dans certaines entreprises, rien ne se perde.

En complément et de façon plus concrète encore, l’économie circulaire signifie une recherche maximale de recyclage, tout en s’assurant que les produits rendent un réel service et minimisent leur impact environnemental. La consommation des ressources peut être allégée par des partages : usage, réparation et surtout fin de l’obsolescence programmée. Cela inclut une réflexion globale sur tout le cycle de vie des produits, de la conception à l’élimination. L’économie circulaire c'est donc produire, consommer et gérer les ressources en limitant le gaspillage et prolongeant la durée de vie des produits.

Ces évolutions vont devoir s’appuyer sur des actions concrètes comme la fin de la mondialisation des marchés alimentaires : on ne peut pas continuer à cultiver sur un continent des denrées qui vont être consommées sur un autre, en laissant éventuellement les producteurs affamés. Ceci implique aussi une relocalisation de l’industrie : pour des raisons économiques, de nombreuses entreprises ont décentralisé leurs fabrications vers des pays en développement, ce qui oblige à des transferts toujours croissants d’un continent à l’autre, il faut donc relocaliser. De même, pour le tourisme, nous devons recréer de la proximité : ce secteur a pris une telle importance qu’il est devenu une véritable industrie, avec des déplacements toujours plus lointains. Cela doit pouvoir continuer avec modération, les déplacements en avion et en bateaux de croisière sont de moins en moins compatibles avec une gestion raisonnée de l’énergie.

         Jusqu’à maintenant les innovations technologiques avaient des répercussions sur l’emploi en concernant surtout les paysans et les ouvriers. Avec l’avènement de l’Intelligence Artificielle ce sont les « cols blancs » qui vont être les plus concernés du fait du remplacement d’une partie de ces emplois par des machines. L’IA va bouleverser nos modes de production, nos temps de travail et peut ramener des gens à la campagne dans la mesure où il va falloir produire davantage localement avec simultanément des petits gestes de chacun et des transformations industrielles et sociales ambitieuses.

A suivre…

 

 

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