Vers une nouvelle économie.
On parle souvent d’économie, mais sans se préoccuper ni de la genèse ni de la prospective de ces questions. Le mot économie signifie l’administration de la maison, et le mot écologie l’étude des êtres vivants dans leur milieu. Il serait donc logique que l’on se préoccupe d’abord d’écologie, puis en fonction de l’état des lieux, que l’on « administre la maison ». L’économie ne devrait-elle pas viser à satisfaire les besoins des hommes avec les ressources disponibles. Le paradoxe est que l’économie est en crise si la consommation baisse, que celle-ci corresponde à des besoins vitaux ou à des fantasmes ! Le summum en la matière est que la paix est néfaste à l’économie alors que la guerre nécessite des armes et la reconstruction des bâtiments détruits, autant d’emplois qui vont permettre de réguler la croissance et le pouvoir d’achat.
Je ne suis pas économiste et donc ne me hasarderai pas à définir de nouveaux protocoles. Je suggère simplement à nos économistes de repenser notre société d’échanges matériels en fonction des évolutions de notre monde. Sans doute faudrait-il restreindre certaines fabrications de produits néfastes pour la santé et notre milieu de vie, parfois même inutiles et uniquement là pour créer du business… Le modèle linéaire produire-consommer-jeter a atteint ses limites lorsque chaque jour arrivent en Europe par avions cargos des millions de roses du Brésil, des haricots verts du Sénégal ou des tomates de Chine, n’a-t-on pas atteint la limite de notre société mondialisée à l’excès, avec flux tendus de marchandises fraîches d’un bout à l’autre de la planète. Il nous faut revenir au bon sens avec relocalisation de l’économie et production de proximité.
Il est temps de s’interroger aussi sur l’organisation du travail, sur le sens, l’utilité et le partage du travail. Bien sûr, l’élaboration de produits ou services génère de l’emploi. Mais à quoi bon travailler pour fabriquer des produits inutiles, voire nuisibles, pour le simple fait qu’ils génèrent de l’emploi ? Rendons la vie économique plus claire, avec des prix qui prennent en compte les coûts environnementaux. A défaut d’acheter plus, on peut sans doute acheter mieux. Une nouvelle communication sur les achats suppose des données plus lisibles, plus simples et plus indépendantes.
Nous avons déjà fait l’expérience de deux types essentiels d’économies, totalement opposées, sans grand succès d’aucune des deux : l’économie libérale qui est un système basé sur la liberté individuelle, la propriété privée et un rôle limité de l’État dans les échanges économiques et, a contrario, l’économie soviétique qui repose sur la propriété collective des moyens de production et une planification centralisée. Ne peut-on imaginer un système économique qui prendrait en compte l’intérêt général, sous l’autorité de l’État, sans pour autant « embrigader » les consommateurs et en profitant du dynamisme des entreprises. De plus en plus il va falloir envisager des entreprises à mission dont la raison d’être est la contribution aux besoins réels de la population et non le profit.
Il n’y aura pas de véritable transition sans répartition des efforts et plus de justice sociale. Cette transition ira sans doute jusqu’à une forme de rationnement, ce qui sera difficile à faire accepter, tant elle évoque la pénurie, alors que nos sociétés restent dans l’illusion de l’abondance. Un rééquilibrage des richesses est indispensable.
A suivre...