Restaurer la biodiversité : l’agriculture et les forêts.
En milieu agricole la biodiversité est en fort déclin pour les oiseaux et insectes. L’agriculture conventionnelle, après des évolutions fortes depuis un demi siècle, fait une utilisation massive d’engrais et pesticides afin de produire plus et plus vite, répondant en cela à une logique de rendement. Nous devons maintenant assurer l’autosuffisance alimentaire d’un pays, d’une région, ce qui suppose une réorientation totale de l’agriculture autour des savoirs locaux, afin de préserver la biodiversité garante de notre avenir, simultanément à la production de denrées alimentaires. Il faut dans le même temps que les consommateurs fassent leur propre révolution en privilégiant les produits locaux.
Face à ce constat, l’agroécologie recherche un équilibre entre l’homme et son environnement en utilisant les pesticides en dernier recours et adaptant les filières à chaque type de sol et chaque micro-climat, pour une alimentation saine et durable. Cette nouvelle pratique, qui se répand, est conciliable avec un revenu décent, notamment grâce aux commandes faites par les collectivités. La transition vers cette nouvelle manière de faire nécessite d’augmenter la population agricole avec des surfaces moindres, ce qui suppose un accès plus facile au foncier. Cette transformation de l’agriculture n’est pas un retour en arrière mais une projection vers l’avenir en garantissant son potentiel biologique. Selon le Ministère de l’Agriculture français, entre 2020 et 2023, 40 000 petites fermes ont disparu, absorbées par les grandes, ce qui témoigne de l’ampleur de la concentration des exploitations et ses conséquences en matière de production locale qui recule. Préserver les petites fermes, et en recréer, c’est garantir notre avenir alimentaire.
L’agroécologie ne va pas sans les arbres et les haies. Celles-ci assurent une infiltration des eaux de pluie dans les sols, nécessaire aux cultures. Replanter les haies est devenu une préoccupation de salut public, au moins en quadrillant les grandes plaines par des bandes boisées, ce qui va réduire les inondations en aval, limiter les effets du vent et favoriser la biodiversité. Les haies sont ainsi des éléments paysagers multifonctionnels qui abritent oiseaux et insectes pollinisateurs, protègent les sols et régulent le climat. De la haie à l’arbre il n’y a qu’un pas qui mène à l’agroforesterie, pratique ancienne qui combine arbres et cultures et/ou élevages sur une même parcelle, maintenant innovation en faveur de la transition écologique. Ces arbres peuvent être intégrés dans les haies, ce qui amplifie les avantages déjà évoqués et optimisent les productions avec le bois. Plus qu’une technique, l’agroforesterie est une philosophie qui concilie l’agriculture et l’environnement afin de nourrir le monde en respectant la planète. De façon comparable, les forêts sont des garants de l’avenir de la biodiversité, en plus d’être des puits de carbone indispensables à la régulation du climat. La reforestation est donc une nécessité, notamment en zones tropicales et équatoriales, mais aussi chez nous. Plus la forêt est diversifiée, plus elle est efficace tant pour la biodiversité que pour le climat. Certains Etats l’ont bien compris, comme la Norvège qui s’est engagée à ne plus attribuer aucun contrat à des entreprises qui contribuent à la destruction des forêts tropicales. Encore plus fort : la Chine a lancé à la fin des années 1970, le projet « Grande Muraille Verte » qui consiste à freiner l’avancée du désert de Gobi en plantant… des milliards d’arbres sur une bande de 4 500 km ! Voilà des signaux précurseurs, forts et encourageants.
A suivre…