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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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27 août 2025 3 27 /08 /août /2025 08:43

     Il est désormais interdit de fumer sur les plages ou à proximité de jeunes enfants, depuis le 1er juillet de cette année. Selon les avis c’est une bonne décision en matière de santé ou… une privation de liberté.

     On peut se réjouir toutefois que les ventes de tabac aient diminué de 11,5 % en France entre 2023 et 2024, ce qui inquiète d’ailleurs les buralistes. Il a été vendu tout de même 32 846 tonnes de tabac en 2024… ce qui représente un chiffre d’affaires de 19,3 milliards d’euros, une bricole ! Globalement la consommation baisse et c’est seulement un quart des Français de 18 à 75 ans qui déclare fumer quotidiennement. Voilà donc de bonnes nouvelles quant aux impacts sanitaires de cette consommation, sachant qu’elle est responsable de 200 décès par jour en France !! Mais… quid du marché noir du tabac ? En effet, alors que les différentes hausses du prix du tabac visaient à abaisser le taux de fumeurs quotidiens, elles semblent plutôt avoir favorisé la création d’un vaste marché noir de la cigarette. De ce fait, les avis des élus sont divergents quant à augmenter ou pas les prix du tabac. Et donc quelle est la stratégie de l’Etat ? Il a tenté de coordonner les services afin de réaliser des contrôles et saisies, mais la coordination n’est pas une spécialité française et c’est seulement 1 % des colis entrants sur le territoire qui ont été contrôlés… avec tout de même 520 tonnes de tabac illicite saisies en 2023 sachant qu’une tonne équivaut à 50 000 paquets de cigarettes. Il s’agit donc d’un marché noir qui prend de l’ampleur et que l’on estime à 20 % de la consommation de tabac en France. Ces trafics consiste en contrebande (achat de tabac dans des pays à coût moindre pour revente clandestine en France) et de contrefaçon (fabrication clandestine de cigarettes avec des ingrédients impropres à la consommation et revente à la sauvette. En 2024 ce sont quatre unités de production clandestine qui ont été démantelées, produisant chacune de l’ordre de 1 à 2 millions de cigarettes par jour, sachant que ce tabac illicite expose à un sur-risque de cancers et maladies cardiovasculaires. Ce marché parallèle prospère faute de répression, de sanctions peu dissuasives et… de baisse du pouvoir d’achat des fumeurs. Dernier « détail », l’État perçoit chaque année 16 milliards de recettes fiscales liées à la vente de tabac mais dépense… 156 milliards d’euros en soins de santé dus au tabac… ! Cherchez l’erreur.

     Si les fumeurs fument, c’est le plus souvent pour se détendre, se déstresser, face à un climat d’anxiété au travail ou en famille, en fait pour faire face à un mal être. Loin de se réduire cette anxiété progresse, notamment avec de nouvelles causes, et l’éco-anxiété est un facteur nouveau qui conduit à rechercher des produits plus « efficaces » comme les drogues. De fait on observe depuis peu une augmentation significative de la consommation de cocaïne. Bien que l’alcool reste, parmi ce type de substance, la plus consommée en France, un million de Français (âgés de 11 à 75 ans, ) ont consommé de la cocaïne au moins une fois. Quant au cannabis, il reste la drogue la plus ingérée par 900 000 usagers par jour (39 % des adolescents en ont déjà consommé à 17 ans) et fait de la France le troisième consommateur européen. Face à une offre illégale en expansion, les amendes ont peu d’effet et ne sanctionnent que les comportements visibles sans s’attaquer aux causes profondes de ces addictions.

     Après diverses tergiversations, le monopole de l’État pour la vente de tabac est créé en 1926 sous forme d’une Société d’Exploitation Industrielle des Tabacs (SEITA) jusqu’en 1995. Après cette date, la SEITA est privatisée et la vente de tabac est confiée par l’État aux débitants liés par un contrat de gérance. Suite à des épisodes de publicité restreinte pour l’usage du tabac, les lois Veil (1976) et Evin (1991) préconisent des limitations d’usage et des interdits de publicité. Maintenant, lorsque l’on entre dans un bureau de tabac, il est affiché en grand « Fumer tue ». Nous voilà prévenus, mais la vente continue. Par ailleurs la France interdit le tabac sur les plages mais ré-autorise des pesticides dans les champs...

     Et donc, Toi l’État français, éteins ta clope et ferme ton clapet en attendant d’être un peu plus cohérent dans tes décisions !

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14 août 2025 4 14 /08 /août /2025 07:59

     Il a souvent été évoqué sur ce blog une certaine lassitude à constater autant de camions sur les routes alors que le transport des marchandises par voies ferrées et fluviales reste largement minoritaire… Je me suis donc interrogé sur le pourquoi de cette situation aussi aberrante. Et voilà qu’au hasard d’une rencontre avec un ancien cadre de la SNCF, j’ai pu avoir quelques éclaircissements sur un contexte que j’ignorais.

     La France est un pays de tradition libérale et la nationalisation de la SNCF en 1938 faisait exception. Après la seconde guerre mondiale, en 1945 et sous l’impulsion de De Gaulle notamment, émerge un nouveau monde économique qui respecte l’initiative privée mais reconnaît un grand rôle de l’État, ce qui va faire émerger un vaste secteur public. Depuis 2020, les choses ont évolué et la SNCF est désormais un groupe composé d'une société mère et de 6 sociétés :

     - Le GROUPE SNCF SA, a pour vocation de fluidifier le transport des personnes et des marchandises, et de développer la mobilité de demain. Pour répondre à ces enjeux elle s’organise autour d'une société mère et de 6 filiales. Ce groupe assure la direction générale et supervise les activités relatives à l'ensemble des filiales (services sociaux et médicaux, protection des voyageurs, immobilier ferroviaire, etc.).

     - SNCF RESEAU a vocation à gérer et développer le réseau ferré national, en donnant la priorité au réseau existant, particulièrement en Ile-de-France : accès à l’infrastructure ferroviaire, gestion des circulations, maintenance, entretien et renouvellement de l’infrastructure.

     - SNCF GARES ET CONNEXIONS a pour seul objectif de rénover et développer les 3 000 gares du réseau : 15 000 départs et 10 millions de voyageurs chaque jour.

     - RAIL LOGISTICS EUROPE chapeaute les activités de fret ferroviaire avec des solutions de porte à porte pour tout type de marchandises, en Europe et dans le monde.

     - SNCF VOYAGEURS propose des solutions de mobilité partagée pour les longues distances, en France et en Europe : TGV, Transilien et TER.

     - GEODIS a une vocation logistique, distribution et transport routier sur tous les continents, présent dans 70 pays avec un réseau mondial important. C’est le plus gros transporteur routier Français avec une flotte de près de 10 000 camions ! C’est le leader mondial de son secteur pour le fret aérien, maritime et routier, il emploie près de 50 000 personnes. Avec un chiffre d’affaires annuel de l’ordre de 13 milliards d’euros (en augmentation de 68 % depuis 2019 !) cette filiale rapporte un tiers du chiffre d’affaires de la SNCF.

     - KEOLIS est filiale de la SNCF à 70% et de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) à 30%, c’est un acteur majeur de la mobilité urbaine et périurbaine en matière de métro, tramway, bus, car, train et navettes dans 13 pays.

     Ainsi la SNCF n’est plus tout à fait ce que l’on croyait… d’autant plus que l’information à ce sujet est un peu embrouillée par les conflits quasi permanents au sein de l’entreprise. On peut donc se poser la question de savoir à qui profite le plus le report du fret sur GEODIS qui rapporte un tiers du chiffre d’affaires sans avoir à le gérer en direct… et aussi comment sont prises ces décisions qui ne semblent pas des plus transparentes.

     Mais si cette situation est le fait de décisions politiques, elle vise aussi à répondre aux attentes de la population en constante évolution, avec le « besoin » de recevoir d’urgence un objet provenant souvent du bout du monde. C’est ce qui amène les transporteurs à s’adapter en offrant des services de plus en plus rapides qui vont avec l’essor de l’e-commerce. C’est ainsi que GEODIS effectue plus de 6 000 tournées/jour pour distribuer 100 millions de colis/année. Voilà encore un exemple significatif de notre implication collective dans un choix de société. En tant que consommateurs et selon nos modes de consommation, nous pouvons peser fortement sur les évolutions économiques et du coup… environnementales.

     Mais rien n’est jamais désespéré ! Constatant que le Port du Havre assure le transport de fret ferroviaire au niveau faramineux de 5 %… il a été décidé de se fixer pour objectif 18 % en 2030 et 25 % en 2050. C’est en avril 2025 qu’un protocole d’accord a été signé entre le port HAROPA (Le Havre-Rouen-Paris) et SNCF RESEAU dont l’objectif est de renforcer le report modal sur le rail et d’optimiser les infrastructures. En Belgique, Allemagne et Pays- Bas, le transport ferroviaire venant des ports dépasse déjà souvent 50 %…Mais ne nous faisons pas mal inutilement, souvenons-nous simplement de cette « anecdote » d’il y a 25 ans… Et on croit au bons sens !

 

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12 août 2025 2 12 /08 /août /2025 15:38

     Depuis vingt ans, mon blog propose des chroniques portant sur l’environnement, le développement soutenable et les enjeux sociétaux. Mon nouvel ouvrage rassemble 180 chroniques parues entre 2016 et 2025, classées selon trois axes : ce qui pose encore problème, les avancées réalisées, et les actions à mener.

     À travers ces réflexions j’essaie d’ouvrir des pistes pour penser autrement notre rapport à la nature et à la société. Le fil conducteur de cet ouvrage est l’avenir de la jeunesse, considérée comme un levier essentiel face aux défis collectifs.

     Oui, les jeunes ont un avenir ! Michel Lerond - Persée, 2025.- 326 p.- 23€90.

Promotion du livre :

     - Dimanche 21 septembre 2025, de 10h à 18h : Salon du livre de Hodeng-Hodenger (76).

     - Octobre 2025 : Signature à la librairie « Autres Rivages » de Buchy (76)

En vente :

     - Dans toutes les bonnes librairies. 

     - Sur près de 60 sites internet dont www.editions-persee.fret bien d’autres. Vous avez le choix !

 

 

 

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27 juillet 2025 7 27 /07 /juillet /2025 15:06
Il est paru : "OUI, LES JEUNES ONT UN AVENIR !"
Depuis vingt ans, je publie sur mon blog des chroniques d’opinion portant sur l’environnement, le développement soutenable et les enjeux sociétaux. Ce nouvel ouvrage rassemble 180 chroniques parues entre 2016 et 2025, classées selon trois axes : ce qui pose encore problème, les avancées réalisées, et les actions à mener.
À travers ces réflexions accessibles et engagées, j’ouvre des pistes pour penser autrement notre rapport à la nature et à la société. Le fil conducteur de cet ouvrage est l’avenir de la jeunesse, considérée comme un levier essentiel face aux défis collectifs.
Oui, les jeunes ont un avenir !
Michel Lerond - Persée, 2025.- 326 p.- 23€90.
Promotion du livre :
- Dimanche 17 septembre 2023, de 10h à 18h : Salon du livre de Hodeng-Hodenger (76) : Hodeng fête le livre.

En en vente sur www.editions-persee.fr et dans toutes les bonnes librairies. 

 

 
 

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9 juillet 2025 3 09 /07 /juillet /2025 08:09

     Beaucoup d’entre nous n’aiment pas les insectes, ces horribles bestioles qui salissent les murs, qui nous piquent et qui endommagent les cultures ! Et vlan, un coup de tapette à la maison ! Et vroum vroum un nouveau traitement sur les cultures !

     Et pourtant… les insectes pollinisent les trois quarts des plantes à fleurs, dégradent la matière organique dans les sols, limitent les populations d’autres insectes néfastes et servent de nourriture à de nombreux animaux. Ces insectes sont aussi une composante essentielle de nombreuses chaînes alimentaires et leur déclin explique la régression simultanée des insectivores tels que chauve-souris ou hirondelles. C’est une des raisons de la diminution des oiseaux de l’ordre de 30 % au cours des trente dernières années. Selon les études scientifiques récentes, les populations d’insectes ont régressé de l’ordre de 80 % en Europe depuis vingt ans ! Ces chiffres sont terrifiants, en fonction des conséquences à attendre. La France métropolitaine compte de l’ordre de 40 000 espèces d’insectes et leur régression engendre d’ores et déjà entre 5 et 80 % de perte de productivité, selon les cultures. C’est surtout l’agriculture intensive qui est en cause ici avec la destruction des haies, l’éradication des fleurs sauvages, la monoculture et surtout les pesticides. L’abeille est souvent considérée comme symbole de cette problématique, mais c’est en fait toute l’entomofaune qui est concernée. Les premières alertes à ce sujet ont été données par les apiculteurs dès 1990, mais… avec peu de résultats.

     Cette situation est réversible si l’on arrête les plus fortes pressions, à savoir les pertes d’habitats de biodiversité (en lien notamment avec l’urbanisation) et encore une fois les pesticides. Cela prendra du temps du fait de la rémanence de ces produits et du dérèglement du climat, mais on peut tourner le dos aux pesticides en soutenant l’agriculture biologique, ce qui revient à maintenir une surface suffisante (de l’ordre de 10%) d’infrastructures agroécologiques, comme les prairies et les haies, et en revoyant les procédés de cultures. Alors qu’en France, ce débat paraît inextricable, certains de nos voisins, comme les Danois, y sont parvenus en réduisant les excédents d’azote dans les sols de moitié en trente ans, par exemple. D’autres pays ont réussi à réduire durablement l’utilisation de pesticides et engrais chimiques. Pour cela il faut que les agriculteurs soient accompagnés dans cette transition, par les politiques publiques bien sûr (en régulant la production des intrants agricoles moins nocifs et en recherchant des alternatives), mais aussi par les consommateurs en privilégiant dans leurs achats des produits moins dommageables, ce qui suppose une information plus neutre et objective.

     Il paraît assez improbable qu’en France, on soit sur cette voie quand le gouvernement vient d’amputer le budget de l’Agence Bio des 2/3, en raison… de la faible demande de produits biologiques. C’était précisément le but de cette Agence que de susciter la demande, après le Grenelle de l’Environnement de 2007 qui avait fixé un objectif de 20 % de la surface agricole en bio pour 2020. En 2023, on était à 10 %… Donc on continue avec l’agriculture intensive très largement majoritaire, on continue à apporter des engrais chimiques et pesticides en quantités non négligeables, on réduit ainsi l’entomofaune et l’avifaune… Espérons un revirement pour ne pas induire des réductions catastrophiques des rendements agricoles avec des pénuries alimentaires. Et là ça pourrait piquer fort !

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27 juin 2025 5 27 /06 /juin /2025 07:49

     On pourrait se poser la question de savoir si l’écologie ne serait pas passée de mode, au vu des propositions de certains élus en France. Quant aux USA, les décisions de Trump nous laissent sans voix…

     En France, le « massacre » des crédits relatifs à la transition écologique (un milliard de moins qu’en 2024) laissent penser que nous entrons dans une phase de déni climatique inimaginable ! Les politiques sont en synergie avec une partie de l’opinion en opposant souvent écologie et économie, en faisant de « l’écologie punitive » un leitmotiv, ce qui explique que seulement 5 % des Français citent dans un sondage l’environnement comme priorité d’action… contre 22 % pour le pouvoir d’achat. Mais ces 5 % de Français sont lucides, ce qui n ‘est pas négligeable, sachant que chacun devra participer aux efforts à faire inévitablement.

     Au ressenti de la population, et alors que les catastrophes climatiques augmentent, la désinformation sous la pression de certains lobbies devient une nouvelle préoccupation, favorisant les intérêts de certains acteurs. C’est dans ce contexte que les scientifiques deviennent parfois des boucs-émissaires. Dans ce domaine, les Etats-Unis détiennent le record en licenciant des scientifiques avec une offensive sans précédent contre les climatologues par l’administration Trump. Fort heureusement, en France une part non négligeable de l’opinion publique est « réveillée » et accorde sa confiance aux scientifiques et son soutien aux politiques publiques en faveur de l’environnement. Pour preuve un sondage de l’association Parlons Climat qui recueille un avis favorable majoritaire, entre autres, pour les mesures suivantes :

     - Développer le transport ferroviaire,
     - Réduire de 50% les pesticides et de 20% les engrais chimiques d'ici 2030,
     - Limiter les promotions pour les produits nocifs pour la santé et la planète,
     - Taxer les produits importés ne respectant pas les normes sociales et        environnementales européennes,
     - Tripler la surface d'exploitation en agriculture biologique d'ici à 2030,
     - Doubler le parc d'énergie renouvelable éolienne et solaire d'ici 2030,
     - Taxer davantage les trajets en avion,
     - Obliger les propriétaires à rénover leurs logements avant la vente.

     Ces réponses sont d’autant plus significatives qu’elles ont des contreparties inévitables sur notre pouvoir d’achat. Par ailleurs l’ADEME mène chaque année une enquête pour dresser un tableau des ressentis du changement climatique et de ses évolutions par la population. Sur plusieurs années on observe une augmentation du pessimisme quant aux conséquences du changement climatique, ce qui conduit la majorité des élus interrogés à ressentir le besoin urgent de politiques d'adaptation… ce qui donne de l’espoir. Il n’y a plus qu’à !

     Certes les Humains choisissent plutôt les bénéfices à court terme, mais la crise à laquelle nous sommes confrontés est tellement violente et dévastatrice que l’on peut espérer que bientôt nous serons tous réveillés, citoyens et politiques. Mais oui, il faut y croire !

 

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13 juin 2025 5 13 /06 /juin /2025 07:38

     Face à l’évolution assez anxiogène de notre société, vis à vis du climat notamment, nous ne cessons de redire qu’il faut changer le monde, ce qui revient à dire qu’il faut d’abord changer nos propres comportements, chacun de nous. Très bien pour le discours, mais comment faire ? Changer n’est pas simple. Pour envisager cette évolution, réfléchissons à quelques « recettes » :

     - Chacun de nous maîtrise une grande partie de sa propre vie et son déroulement. Mais il reste toujours une part d’incertitude qui ne doit pas nous traumatiser. Le changement fait peur, d’autant plus si l’on a conscience que ne pas évoluer peut avoir des conséquences graves, comme c’est le cas actuellement avec les risques environnementaux. Hélas, notre cerveau se focalise souvent sur ce qu’il ne maîtrise pas, ce qui amplifie encore la peur… d’où cette éco-anxiété grandissante. C’est ce qui explique que l’on résiste au changement ! Mais comment faire ?

     - Pour dépasser cette peur, il faut accepter l’idée que la résistance au changement est normale. Tout le monde craint l’incertitude, ce qui n’est pas une faiblesse mais un réflexe naturel. De ce fait, forcer quelqu’un au changement peut renforcer son blocage et l’inciter à la rébellion.

     - On peut rassurer les gens en mettant l’accent sur ce qui fonctionne, plutôt que sur la part d’inconnu, et de ce fait responsabiliser les acteurs potentiels du changement. Par exemple on pourra proposer à quelqu’un : « si tu étais à la place des politiques » que ferais-tu ? Inviter quelqu’un à l’action, c’est réduire le sentiment d’incertitude et donc la peur.

     - Il faut aussi adapter son discours à la personne à laquelle on s’adresse et la laisser exposer son propre vécu. La recette pour cela c’est d’abord l’écoute de notre interlocuteur.

     C’est toute notre civilisation qui est en mouvement et, chacun le constate, la majorité des organisations qu’elles soient publiques ou privées, connaissent ces besoins de transformation et savent qu’elles doivent évoluer en profondeur. Mais… ces changements ne peuvent se produire que sous l’égide des individus qui composent ces organisations. La synergie individu/collectivité en somme ! Le système dans lequel nous vivons peut s’adapter ou persister dans ses erreurs, tout dépend de la capacité, ou non, de ses composantes à répondre aux défis de leur époque. Les entreprises notamment, se transforment ou s’effondrent selon la clairvoyance de leurs dirigeants, selon qu’elles voient les réalités en face ou refusent de les voir, s’accrochant à des modèles obsolètes.

     A présent, tout le monde sait que la transition écologique est une nécessité et que l’économie court-termiste épuise les ressources naturelles. Cependant, il y a peu de changement en profondeur parce que ces structures sont trop figées. Comme pour les individus, pour que les organisations évoluent, il faut que leurs dirigeants soient en capacité de se remettre en question quant à leurs « croyances » et qu’ils aient la curiosité de s’ouvrir à d’autres possibilités dans un contexte plus démocratique et plus « partageur » des gains obtenus. Cette situation témoigne du basculement que nous vivons, et de la nécessité d’inventer un nouveau modèle. Pour cela il faut du courage, une direction, un cap. Eh bien voilà, allons-y !

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28 mai 2025 3 28 /05 /mai /2025 08:49

      A la fin de cet hiver 25, pour des raisons familiales, j’ai du faire un périple d’environ 1 800 km, soit Rouen – Poitiers – Genève – Annecy - Rouen, en empruntant des autoroutes et routes nationales. Quelle stupeur que de croiser ou « accompagner » des centaines de camions… Cela m’a rappelé quelques chroniques de ce blog.

     Dès 2007 en effet, je me posais la question Les camions sur le train, ou le train sur la route ? La question a gardé toute son actualité, 18 ans plus tard… et je réitère ma proposition d’alors : ne pourrait-on pas reconsidérer le réseau autoroutier, devenu si dense, afin de transformer la troisième voie des autoroutes, quand elle existe, en voie ferrée pour le transport des camions et conteneurs. La géométrie d’une autoroute est très proche de celle d’une voie ferrée et l’imbrication des réseaux faciliterait alors leur interconnexion pour une distribution maximale des villes et des zones d’activités.

     Mais après des décennies de discours à ce sujet, voilà que l’on envisage des camions encore plus gros et plus longs sur nos routes… Alors, Les routiers sont sympas ?

     La multimodalité reste un moyen efficace pour réduire les impacts environnementaux en privilégiant les transports les moins énergivores pour les longues distances (bateau, péniche ou train) et en réservant le camion en amont et en aval, là où d’autres moyens ne sont pas possibles. Mais on continue de marcher à l’envers des lois relatives à l ‘environnement et projets divers, dans la mesure où le transport des marchandises en France se fait à 52 % par des camions français, à 37 % par des camions étrangers (soit 89 % par camion) et seulement à 9 % par le train et… 2 % par le fluvial (Chiffres de 2023).

     Il était prévu d’améliorer cette situation aberrante avec, notamment, la modernisation d’une ligne de train au nord de la vallée de la Seine, privilégiant le fret par rapport à l’axe ferroviaire historique Le Havre – Rouen – Paris saturé. La mise en service de cette ligne devait permettre de retirer de la route de l’ordre de 200 à 300 000 camions par an ! Mais rien n’est simple et après plusieurs années d’importants travaux, alors qu’il était prévu le passage de 25 trains par jour, il n’en passe que quelques uns… Alors, ça roule ou ça déraille ?

     Dans un monde à la dérive, alors que de multiples projets existent pour élaborer un monde meilleur, que des lois en faveur de l’environnement et des règlements sont produits de façon incessante, comment se fait-il que l’on en soit encore là ? Mais qui donc décide ? Mais qui donc met en application les lois ? Mais qui donc se soucie de l’avenir quand les catastrophes climatiques se multiplient… au présent ?

     En attendant, nous continuons de côtoyer des trains de camions sur nos routes, y compris dans nos villes et villages où parfois il est presque comique de les voir rouler sur les trottoirs afin de pouvoir se croiser… Nous vivons une époque formidable !

 

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15 mai 2025 4 15 /05 /mai /2025 09:06

     Sous la pression des médias et des réseaux sociaux nous sommes souvent amenés à parler un langage quelque peu stéréotypé. C’est le cas dans le domaine de l’environnement notamment, ce qui peut devenir parfois quelque peu agaçant…

     Il en est ainsi pour les dérivés du mot écologie. Les anglo-saxons, plus sensibles que nous Français à ces questions, ont utilisé assez tôt le terme ecology dont un praticien est un ecologist. La traduction s’est faite spontanément en écologiste, sans se soucier du fait que le terme ecologist englobe deux approches de l’écologie. En français, selon les cas, il convient de dire écologue, un scientifique qui étudie l’écologie, terme très rarement employé et peut être même inconnu pour certains ou écologiste, militant de la défense de la nature. Les deux fonctions sont respectables et on peut d’ailleurs être les deux, scientifique et militant, mais l’approche est différente.

     Tout cela bien sûr est bon pour la planète. On comprend bien que certaines activités humaines puissent être favorables, ou au contraire néfastes, à la conservation de notre environnement. Mais en fait la planète Terre s’en fout un peu dans la mesure où depuis 4,5 milliards d’années elle a connu bien des vicissitudes et que, à mi-parcours, elle a encore devant elle 2,5 milliards d’années d’existence, autour du Soleil. L’usage de cette expression masque un peu la réalité des choses, il faut plutôt que nos actions soient bonnes pour l’Humanité, c’est bien là le but et en utilisant cette expression, on irait plus directement au but.

      Le thème central de toutes ces préoccupations est bien souvent le réchauffement climatique, assurément. Mais là encore on a tendance à mélanger un peu les causes et les effets. Les activités humaines sont bien à l’origine du réchauffement du climat, ce qui a pour conséquences des dommages qui sont préjudiciables à l’espèce humaine. Il serait donc plus juste, lorsque l’on évoque ces conséquences de parler de changement climatique, ou mieux encore de dérèglement climatique. C’est bien ce dérèglement que l’on constate et que les médias commentent.

     Quant à la crise écologique… cette expression peut être trompeuse. Le mot crise renvoie à une période critique mais passagère alors que les bouleversements actuels se caractérisent par une longue durée. Il y a donc là comme un obstacle à regarder la réalité en face, laissant penser que la situation actuelle « va s’arranger » sous peu, ce qui n’est pas approprié. Ce peut être là un symptôme du faible intérêt social et politique porté à la destruction de la biodiversité ou le dérèglement du climat. Il convient plutôt de bien préciser la situation en employant les termes effondrement de la biodiversité et dérèglement du climat.

     Au final, tout cela n’a qu’une importance relative, mais il est préférable d’utiliser un vocabulaire approprié pour bien se comprendre, ce qui est plus que jamais indispensable !

 

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2 mai 2025 5 02 /05 /mai /2025 08:16

     C’est entre 1945 et 1975 que les Français ont connu une grosse poussée de croissance marquée par un accès plus aisé à la société de consommation, période qui a été nommée les « Trente glorieuses ».

     Ce mythe a été vécu différemment selon les clivages politiques. Schématiquement, pour la droite c’était une époque bénie basée sur l’effort et le mérite. Pour la gauche c’était un creuset de contestation qui déboucha sur « Mai 68 » avec remise en cause du capitalisme. Maintenant nous ne sommes plus très sûrs qu’il existe encore une droite et une gauche… mais ces « Trente glorieuses » restent marquées par une certaine conception du travail et de la consommation, ce qui conduit certains à penser que l’époque actuelle est en crise par rapport à une parenthèse de prospérité. Pour autant ne soyons pas nostalgiques de cette époque : le sempiternel « c’était mieux avant » produit de l’immobilisme alors qu’il faut tout réinventer. Ces « Trente glorieuses » n’ont d’ailleurs pas obligatoirement été faciles à vivre pour tous et ont été pour certains une prise de conscience et la critique de la consommation et de la croissance. Voilà un bon moment déjà que l’on évoque la transition écologique, mais le plus souvent en termes de contraintes et de privations alors qu’il faut y voir une amélioration de notre qualité de vie. Le changement social qui est inévitable doit convaincre les tenants de l’ancien système, maintenant obsolète, qu’un nouveau monde est à créer avec des objectifs différents.

     Pour faire évoluer notre consommation surabondante et anarchique, il faut d’abord faire évoluer la production, celle des industriels, afin d’arrêter la fabrication de produits superflus ou inutiles. Les citoyens, de plus en plus conscients des évolutions néfastes de notre société, sont prêts à faire des efforts, mais ils ne veulent pas être les seuls et attendent que ces évolutions soient en cohérence avec un projet de société clair.

     Notre société est sans doute plus progressiste que ne l’affichent les « politiques » trop souvent restés à la traîne de l’évolution du monde. La prise de conscience des citoyens fait son chemin, nous quittons progressivement nos illusions de croissance infinie, mais il nous manque un « mode d’emploi », un récit cohérent qui unisse le souhaitable et le faisable. Ce bouleversement est en marche, de façon parfois inattendue, comme en agriculture où l’on voit s’installer des jeunes issus du monde urbain, des ingénieurs ou enseignants reconvertis pour mettre en place de nouvelles manières de produire, différentes de l’agrobusiness afin de respecter l’environnement et la santé humaine. Au-delà de l’agressivité et de la violence de notre société, de nombreux Français aspirent à plus de coopération et sont en attente d’institutions renouvelées et plus participatives.

     Enfin observons nous que de plus en plus de jeunes tournent le dos aux « plans de carrière » et sont en quête de valeurs authentiques, afin de réussir leur vie personnelle. Ils désirent concilier emploi et activités familiales et sociales, loin de la pression de rentabilité et du stress de l’entreprise. Non, les jeunes ne sont pas des paresseux, ils sont en quête de sens, veulent améliorer la société, se sentir utiles et avoir une activité à impact positif. Voilà où se situe l’avenir, gardons l’espoir !

 

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