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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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12 septembre 2025 5 12 /09 /septembre /2025 15:24

     Depuis vingt ans, mon blog propose des chroniques portant sur l’environnement, le développement soutenable et les enjeux sociétaux.

     Mon nouvel ouvrage rassemble 180 chroniques parues entre 2016 et 2025, classées selon trois axes : ce qui pose encore problème, les avancées réalisées, et les actions à mener.

     À travers ces réflexions j’essaie d’ouvrir des pistes pour penser autrement notre rapport à la nature et à la société. Le fil conducteur de cet ouvrage est l’avenir de la jeunesse, considérée comme un levier essentiel face aux défis collectifs.

Oui, les jeunes ont un avenir ! 
Michel Lerond – Editions Persée, 2025.- 326 p.- 23€90.

 

Promotion du livre :

     - Dimanche 21 septembre 2025, de 10h à 18h : Salon du livre « Hodeng fête le livre » à Hodeng-Hodenger (76).

     - Samedi 11 octobre 2025, de 15h à 19h : Signature à la librairie « Autres Rivages » de Buchy (76).

 

En vente :

     - Dans toutes les bonnes librairies. 

     - Sur près de 60 sites internet dont www.editions-persee.fr et bien d’autres. Vous avez le choix !



 

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12 septembre 2025 5 12 /09 /septembre /2025 14:54

     Nous sommes en guerre !… Bien sûr cela se passe en Ukraine, au Moyen Orient, ou ailleurs. C’est la guerre « classique » pour des raisons économiques, de dominance ou de croyances religieuses. Ces guerres, somme toute « ordinaires », n’en sont pas moins des actes de sauvagerie indignes de l’espèce humaine. Mais une nouvelle forme de guerre est apparue depuis peu, encore plus sournoise et avec des dégâts considérables qui vont croissants, jusqu’à mettre en péril l’Humanité entière...

     L’élévation des températures est en train de modifier notre milieu de vie, avec des cas extrêmes de 17 degrés au-dessus des moyennes saisonnières pendant l’été 2025 en France. Le climat méditerranéen qui concerne actuellement 10 % du territoire français est en train de gagner du terrain vers le nord à raison de 7 km par an. Cela signifie que ce climat du sud pourrait concerner entre 50 et 85 % de la France métropolitaine en 2100. Tant mieux pour les vacances me direz vous, mais cette progression trop rapide ne permet pas à la végétation et aux animaux de s’adapter. Pas plus que l’espèce humaine d’ailleurs, qui souffre parfois de ces canicules provoquant un nombre de décès en constante augmentation. La plupart des plantes et animaux du sud de la France ne peuvent pas résister au-delà de 42-43 degrés et risquent donc de disparaître. Tout cela n’est pas sans conséquence pour nous puisque la plupart des filières agricoles vont être touchées, avec des pertes de rendement, notamment du blé et du riz, et dans les cas extrêmes avec des désastres de certaines cultures et productions animales. « Accessoirement », nous allons découvrir qu’il existe un lien direct entre le changement climatique et l’inflation des prix de l’alimentation, et comme d’habitude ce sont les plus pauvres qui vont en pâtir… notamment dans les pays dits « en voie de développement ». Cela va de pair avec des tensions sociales, une croissance des migrations, des instabilités politiques et ici ou là des guerres…

     Une des conséquences du changement climatique est la fonte des glaciers, ce qui met en danger des millions de personnes vivant en aval, selon les experts climatiques de l’ONU. Les glaciers détiennent environ 70 % des réserves d’eau douce de la Terre, mais ils fondent à une vitesse sans précédent depuis 2020. A partir de l’an 2000, le monde a perdu 273 milliards de tonnes de glace chaque année, soit l’équivalent de la consommation d’eau de toute la population mondiale pendant 30 ans ! Nos successeurs pourraient bien crever de soif ! La fonte des glaciers entraîne de ce fait une élévation du niveau de la mer, de l’ordre de 20 cm depuis 1900, avec de 200 à 300 000 personnes inondées chaque année ! Ces inondations à répétition vont affecter les productions alimentaires et déclencher encore des migrations. Les glaciers sont donc bien à la base de notre vie, nous Humains et aussi des plantes et animaux. Les quantités d’eau apportées par la fonte des glaces polaires modifient la circulation des courants océaniques, ce qui impacte sur le climat… La boucle est bouclée !

     Les sécheresses, d’une ampleur encore jamais vue, ont augmenté les risques d’incendies qui ont ravagé 16 000 hectares de forêts en 24 heures dans le département de l’Aude pendant l’été 2025, par exemple. Ces dégâts ont pour origine première le changement climatique, mais sont amplifiés par diverses causes en synergie : par exemple, les productions de bois monospécifiques favorisent l’explosion de parasites qui se développent suite à l’élévation des températures et qui affaiblissent les arbres rendus ainsi plus inflammables. Cette situation nouvelle est quasi insupportable pour les forêts qui, en situation normale, évoluent souvent sur plusieurs siècles.

     A l’inverse, des inondations majeures ont eu lieu en 2025, que ce soit au Texas avec plus de 100 morts, ou en France avec des crues historiques en Bretagne, Pays de Loire et Normandie. C’est l’eau qui a causé la plus grande part de catastrophes naturelles en 2024, avec 40 millions de personnes déplacées sur la planète et près de 9 000 morts. Cela n’est pas sans conséquence pour l’agriculture, c’est ainsi que les pluies records de la mousson 2024 au Bangladesh ont détruit au moins un million de tonnes de riz… et il faut s’attendre à des risques accrus d’inondation dans les années qui viennent.

     Mais qui donc nous veut tout ce mal ? C’est un coup des Russes, des Chinois, une manigance de Trump ? Mais non, les choses sont bien plus simples, si l’on peut dire, l’ennemi, longtemps ignoré, est maintenant bien identifié : nous sommes en guerre contre nous-mêmes ! Mais alors que faire ? Ce n’est pas simple de changer son mode de vie et sa consommation, mais il faut en passer par là, faute de quoi des mesures autoritaires deviendront indispensables en dernier recours, qui susciteront des rebellions… Soit on continue sur notre lancée et on prend le grand risque de faire disparaître une espèce qui nous est chère, la nôtre, l’espèce humaine ; soit on se décide enfin à s’adapter à la situation nouvelle et surtout à y remédier en mettant en œuvre la révolution du changement de nos comportements destructeurs de notre environnement. Cela vaut pour tous. Vite les jeunes, venez refaire le monde !

     Vous, je ne sais pas, mais moi, j’aime pas la guerre !

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27 août 2025 3 27 /08 /août /2025 08:43

     Il est désormais interdit de fumer sur les plages ou à proximité de jeunes enfants, depuis le 1er juillet de cette année. Selon les avis c’est une bonne décision en matière de santé ou… une privation de liberté.

     On peut se réjouir toutefois que les ventes de tabac aient diminué de 11,5 % en France entre 2023 et 2024, ce qui inquiète d’ailleurs les buralistes. Il a été vendu tout de même 32 846 tonnes de tabac en 2024… ce qui représente un chiffre d’affaires de 19,3 milliards d’euros, une bricole ! Globalement la consommation baisse et c’est seulement un quart des Français de 18 à 75 ans qui déclare fumer quotidiennement. Voilà donc de bonnes nouvelles quant aux impacts sanitaires de cette consommation, sachant qu’elle est responsable de 200 décès par jour en France !! Mais… quid du marché noir du tabac ? En effet, alors que les différentes hausses du prix du tabac visaient à abaisser le taux de fumeurs quotidiens, elles semblent plutôt avoir favorisé la création d’un vaste marché noir de la cigarette. De ce fait, les avis des élus sont divergents quant à augmenter ou pas les prix du tabac. Et donc quelle est la stratégie de l’Etat ? Il a tenté de coordonner les services afin de réaliser des contrôles et saisies, mais la coordination n’est pas une spécialité française et c’est seulement 1 % des colis entrants sur le territoire qui ont été contrôlés… avec tout de même 520 tonnes de tabac illicite saisies en 2023 sachant qu’une tonne équivaut à 50 000 paquets de cigarettes. Il s’agit donc d’un marché noir qui prend de l’ampleur et que l’on estime à 20 % de la consommation de tabac en France. Ces trafics consiste en contrebande (achat de tabac dans des pays à coût moindre pour revente clandestine en France) et de contrefaçon (fabrication clandestine de cigarettes avec des ingrédients impropres à la consommation et revente à la sauvette. En 2024 ce sont quatre unités de production clandestine qui ont été démantelées, produisant chacune de l’ordre de 1 à 2 millions de cigarettes par jour, sachant que ce tabac illicite expose à un sur-risque de cancers et maladies cardiovasculaires. Ce marché parallèle prospère faute de répression, de sanctions peu dissuasives et… de baisse du pouvoir d’achat des fumeurs. Dernier « détail », l’État perçoit chaque année 16 milliards de recettes fiscales liées à la vente de tabac mais dépense… 156 milliards d’euros en soins de santé dus au tabac… ! Cherchez l’erreur.

     Si les fumeurs fument, c’est le plus souvent pour se détendre, se déstresser, face à un climat d’anxiété au travail ou en famille, en fait pour faire face à un mal être. Loin de se réduire cette anxiété progresse, notamment avec de nouvelles causes, et l’éco-anxiété est un facteur nouveau qui conduit à rechercher des produits plus « efficaces » comme les drogues. De fait on observe depuis peu une augmentation significative de la consommation de cocaïne. Bien que l’alcool reste, parmi ce type de substance, la plus consommée en France, un million de Français (âgés de 11 à 75 ans, ) ont consommé de la cocaïne au moins une fois. Quant au cannabis, il reste la drogue la plus ingérée par 900 000 usagers par jour (39 % des adolescents en ont déjà consommé à 17 ans) et fait de la France le troisième consommateur européen. Face à une offre illégale en expansion, les amendes ont peu d’effet et ne sanctionnent que les comportements visibles sans s’attaquer aux causes profondes de ces addictions.

     Après diverses tergiversations, le monopole de l’État pour la vente de tabac est créé en 1926 sous forme d’une Société d’Exploitation Industrielle des Tabacs (SEITA) jusqu’en 1995. Après cette date, la SEITA est privatisée et la vente de tabac est confiée par l’État aux débitants liés par un contrat de gérance. Suite à des épisodes de publicité restreinte pour l’usage du tabac, les lois Veil (1976) et Evin (1991) préconisent des limitations d’usage et des interdits de publicité. Maintenant, lorsque l’on entre dans un bureau de tabac, il est affiché en grand « Fumer tue ». Nous voilà prévenus, mais la vente continue. Par ailleurs la France interdit le tabac sur les plages mais ré-autorise des pesticides dans les champs...

     Et donc, Toi l’État français, éteins ta clope et ferme ton clapet en attendant d’être un peu plus cohérent dans tes décisions !

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14 août 2025 4 14 /08 /août /2025 07:59

     Il a souvent été évoqué sur ce blog une certaine lassitude à constater autant de camions sur les routes alors que le transport des marchandises par voies ferrées et fluviales reste largement minoritaire… Je me suis donc interrogé sur le pourquoi de cette situation aussi aberrante. Et voilà qu’au hasard d’une rencontre avec un ancien cadre de la SNCF, j’ai pu avoir quelques éclaircissements sur un contexte que j’ignorais.

     La France est un pays de tradition libérale et la nationalisation de la SNCF en 1938 faisait exception. Après la seconde guerre mondiale, en 1945 et sous l’impulsion de De Gaulle notamment, émerge un nouveau monde économique qui respecte l’initiative privée mais reconnaît un grand rôle de l’État, ce qui va faire émerger un vaste secteur public. Depuis 2020, les choses ont évolué et la SNCF est désormais un groupe composé d'une société mère et de 6 sociétés :

     - Le GROUPE SNCF SA, a pour vocation de fluidifier le transport des personnes et des marchandises, et de développer la mobilité de demain. Pour répondre à ces enjeux elle s’organise autour d'une société mère et de 6 filiales. Ce groupe assure la direction générale et supervise les activités relatives à l'ensemble des filiales (services sociaux et médicaux, protection des voyageurs, immobilier ferroviaire, etc.).

     - SNCF RESEAU a vocation à gérer et développer le réseau ferré national, en donnant la priorité au réseau existant, particulièrement en Ile-de-France : accès à l’infrastructure ferroviaire, gestion des circulations, maintenance, entretien et renouvellement de l’infrastructure.

     - SNCF GARES ET CONNEXIONS a pour seul objectif de rénover et développer les 3 000 gares du réseau : 15 000 départs et 10 millions de voyageurs chaque jour.

     - RAIL LOGISTICS EUROPE chapeaute les activités de fret ferroviaire avec des solutions de porte à porte pour tout type de marchandises, en Europe et dans le monde.

     - SNCF VOYAGEURS propose des solutions de mobilité partagée pour les longues distances, en France et en Europe : TGV, Transilien et TER.

     - GEODIS a une vocation logistique, distribution et transport routier sur tous les continents, présent dans 70 pays avec un réseau mondial important. C’est le plus gros transporteur routier Français avec une flotte de près de 10 000 camions ! C’est le leader mondial de son secteur pour le fret aérien, maritime et routier, il emploie près de 50 000 personnes. Avec un chiffre d’affaires annuel de l’ordre de 13 milliards d’euros (en augmentation de 68 % depuis 2019 !) cette filiale rapporte un tiers du chiffre d’affaires de la SNCF.

     - KEOLIS est filiale de la SNCF à 70% et de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) à 30%, c’est un acteur majeur de la mobilité urbaine et périurbaine en matière de métro, tramway, bus, car, train et navettes dans 13 pays.

     Ainsi la SNCF n’est plus tout à fait ce que l’on croyait… d’autant plus que l’information à ce sujet est un peu embrouillée par les conflits quasi permanents au sein de l’entreprise. On peut donc se poser la question de savoir à qui profite le plus le report du fret sur GEODIS qui rapporte un tiers du chiffre d’affaires sans avoir à le gérer en direct… et aussi comment sont prises ces décisions qui ne semblent pas des plus transparentes.

     Mais si cette situation est le fait de décisions politiques, elle vise aussi à répondre aux attentes de la population en constante évolution, avec le « besoin » de recevoir d’urgence un objet provenant souvent du bout du monde. C’est ce qui amène les transporteurs à s’adapter en offrant des services de plus en plus rapides qui vont avec l’essor de l’e-commerce. C’est ainsi que GEODIS effectue plus de 6 000 tournées/jour pour distribuer 100 millions de colis/année. Voilà encore un exemple significatif de notre implication collective dans un choix de société. En tant que consommateurs et selon nos modes de consommation, nous pouvons peser fortement sur les évolutions économiques et du coup… environnementales.

     Mais rien n’est jamais désespéré ! Constatant que le Port du Havre assure le transport de fret ferroviaire au niveau faramineux de 5 %… il a été décidé de se fixer pour objectif 18 % en 2030 et 25 % en 2050. C’est en avril 2025 qu’un protocole d’accord a été signé entre le port HAROPA (Le Havre-Rouen-Paris) et SNCF RESEAU dont l’objectif est de renforcer le report modal sur le rail et d’optimiser les infrastructures. En Belgique, Allemagne et Pays- Bas, le transport ferroviaire venant des ports dépasse déjà souvent 50 %…Mais ne nous faisons pas mal inutilement, souvenons-nous simplement de cette « anecdote » d’il y a 25 ans… Et on croit au bons sens !

 

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12 août 2025 2 12 /08 /août /2025 15:38

     Depuis vingt ans, mon blog propose des chroniques portant sur l’environnement, le développement soutenable et les enjeux sociétaux. Mon nouvel ouvrage rassemble 180 chroniques parues entre 2016 et 2025, classées selon trois axes : ce qui pose encore problème, les avancées réalisées, et les actions à mener.

     À travers ces réflexions j’essaie d’ouvrir des pistes pour penser autrement notre rapport à la nature et à la société. Le fil conducteur de cet ouvrage est l’avenir de la jeunesse, considérée comme un levier essentiel face aux défis collectifs.

     Oui, les jeunes ont un avenir ! Michel Lerond - Persée, 2025.- 326 p.- 23€90.

Promotion du livre :

     - Dimanche 21 septembre 2025, de 10h à 18h : Salon du livre de Hodeng-Hodenger (76).

     - Octobre 2025 : Signature à la librairie « Autres Rivages » de Buchy (76)

En vente :

     - Dans toutes les bonnes librairies. 

     - Sur près de 60 sites internet dont www.editions-persee.fret bien d’autres. Vous avez le choix !

 

 

 

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27 juillet 2025 7 27 /07 /juillet /2025 15:06
Il est paru : "OUI, LES JEUNES ONT UN AVENIR !"
Depuis vingt ans, je publie sur mon blog des chroniques d’opinion portant sur l’environnement, le développement soutenable et les enjeux sociétaux. Ce nouvel ouvrage rassemble 180 chroniques parues entre 2016 et 2025, classées selon trois axes : ce qui pose encore problème, les avancées réalisées, et les actions à mener.
À travers ces réflexions accessibles et engagées, j’ouvre des pistes pour penser autrement notre rapport à la nature et à la société. Le fil conducteur de cet ouvrage est l’avenir de la jeunesse, considérée comme un levier essentiel face aux défis collectifs.
Oui, les jeunes ont un avenir !
Michel Lerond - Persée, 2025.- 326 p.- 23€90.
Promotion du livre :
- Dimanche 17 septembre 2023, de 10h à 18h : Salon du livre de Hodeng-Hodenger (76) : Hodeng fête le livre.

En en vente sur www.editions-persee.fr et dans toutes les bonnes librairies. 

 

 
 

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9 juillet 2025 3 09 /07 /juillet /2025 08:09

     Beaucoup d’entre nous n’aiment pas les insectes, ces horribles bestioles qui salissent les murs, qui nous piquent et qui endommagent les cultures ! Et vlan, un coup de tapette à la maison ! Et vroum vroum un nouveau traitement sur les cultures !

     Et pourtant… les insectes pollinisent les trois quarts des plantes à fleurs, dégradent la matière organique dans les sols, limitent les populations d’autres insectes néfastes et servent de nourriture à de nombreux animaux. Ces insectes sont aussi une composante essentielle de nombreuses chaînes alimentaires et leur déclin explique la régression simultanée des insectivores tels que chauve-souris ou hirondelles. C’est une des raisons de la diminution des oiseaux de l’ordre de 30 % au cours des trente dernières années. Selon les études scientifiques récentes, les populations d’insectes ont régressé de l’ordre de 80 % en Europe depuis vingt ans ! Ces chiffres sont terrifiants, en fonction des conséquences à attendre. La France métropolitaine compte de l’ordre de 40 000 espèces d’insectes et leur régression engendre d’ores et déjà entre 5 et 80 % de perte de productivité, selon les cultures. C’est surtout l’agriculture intensive qui est en cause ici avec la destruction des haies, l’éradication des fleurs sauvages, la monoculture et surtout les pesticides. L’abeille est souvent considérée comme symbole de cette problématique, mais c’est en fait toute l’entomofaune qui est concernée. Les premières alertes à ce sujet ont été données par les apiculteurs dès 1990, mais… avec peu de résultats.

     Cette situation est réversible si l’on arrête les plus fortes pressions, à savoir les pertes d’habitats de biodiversité (en lien notamment avec l’urbanisation) et encore une fois les pesticides. Cela prendra du temps du fait de la rémanence de ces produits et du dérèglement du climat, mais on peut tourner le dos aux pesticides en soutenant l’agriculture biologique, ce qui revient à maintenir une surface suffisante (de l’ordre de 10%) d’infrastructures agroécologiques, comme les prairies et les haies, et en revoyant les procédés de cultures. Alors qu’en France, ce débat paraît inextricable, certains de nos voisins, comme les Danois, y sont parvenus en réduisant les excédents d’azote dans les sols de moitié en trente ans, par exemple. D’autres pays ont réussi à réduire durablement l’utilisation de pesticides et engrais chimiques. Pour cela il faut que les agriculteurs soient accompagnés dans cette transition, par les politiques publiques bien sûr (en régulant la production des intrants agricoles moins nocifs et en recherchant des alternatives), mais aussi par les consommateurs en privilégiant dans leurs achats des produits moins dommageables, ce qui suppose une information plus neutre et objective.

     Il paraît assez improbable qu’en France, on soit sur cette voie quand le gouvernement vient d’amputer le budget de l’Agence Bio des 2/3, en raison… de la faible demande de produits biologiques. C’était précisément le but de cette Agence que de susciter la demande, après le Grenelle de l’Environnement de 2007 qui avait fixé un objectif de 20 % de la surface agricole en bio pour 2020. En 2023, on était à 10 %… Donc on continue avec l’agriculture intensive très largement majoritaire, on continue à apporter des engrais chimiques et pesticides en quantités non négligeables, on réduit ainsi l’entomofaune et l’avifaune… Espérons un revirement pour ne pas induire des réductions catastrophiques des rendements agricoles avec des pénuries alimentaires. Et là ça pourrait piquer fort !

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27 juin 2025 5 27 /06 /juin /2025 07:49

     On pourrait se poser la question de savoir si l’écologie ne serait pas passée de mode, au vu des propositions de certains élus en France. Quant aux USA, les décisions de Trump nous laissent sans voix…

     En France, le « massacre » des crédits relatifs à la transition écologique (un milliard de moins qu’en 2024) laissent penser que nous entrons dans une phase de déni climatique inimaginable ! Les politiques sont en synergie avec une partie de l’opinion en opposant souvent écologie et économie, en faisant de « l’écologie punitive » un leitmotiv, ce qui explique que seulement 5 % des Français citent dans un sondage l’environnement comme priorité d’action… contre 22 % pour le pouvoir d’achat. Mais ces 5 % de Français sont lucides, ce qui n ‘est pas négligeable, sachant que chacun devra participer aux efforts à faire inévitablement.

     Au ressenti de la population, et alors que les catastrophes climatiques augmentent, la désinformation sous la pression de certains lobbies devient une nouvelle préoccupation, favorisant les intérêts de certains acteurs. C’est dans ce contexte que les scientifiques deviennent parfois des boucs-émissaires. Dans ce domaine, les Etats-Unis détiennent le record en licenciant des scientifiques avec une offensive sans précédent contre les climatologues par l’administration Trump. Fort heureusement, en France une part non négligeable de l’opinion publique est « réveillée » et accorde sa confiance aux scientifiques et son soutien aux politiques publiques en faveur de l’environnement. Pour preuve un sondage de l’association Parlons Climat qui recueille un avis favorable majoritaire, entre autres, pour les mesures suivantes :

     - Développer le transport ferroviaire,
     - Réduire de 50% les pesticides et de 20% les engrais chimiques d'ici 2030,
     - Limiter les promotions pour les produits nocifs pour la santé et la planète,
     - Taxer les produits importés ne respectant pas les normes sociales et        environnementales européennes,
     - Tripler la surface d'exploitation en agriculture biologique d'ici à 2030,
     - Doubler le parc d'énergie renouvelable éolienne et solaire d'ici 2030,
     - Taxer davantage les trajets en avion,
     - Obliger les propriétaires à rénover leurs logements avant la vente.

     Ces réponses sont d’autant plus significatives qu’elles ont des contreparties inévitables sur notre pouvoir d’achat. Par ailleurs l’ADEME mène chaque année une enquête pour dresser un tableau des ressentis du changement climatique et de ses évolutions par la population. Sur plusieurs années on observe une augmentation du pessimisme quant aux conséquences du changement climatique, ce qui conduit la majorité des élus interrogés à ressentir le besoin urgent de politiques d'adaptation… ce qui donne de l’espoir. Il n’y a plus qu’à !

     Certes les Humains choisissent plutôt les bénéfices à court terme, mais la crise à laquelle nous sommes confrontés est tellement violente et dévastatrice que l’on peut espérer que bientôt nous serons tous réveillés, citoyens et politiques. Mais oui, il faut y croire !

 

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13 juin 2025 5 13 /06 /juin /2025 07:38

     Face à l’évolution assez anxiogène de notre société, vis à vis du climat notamment, nous ne cessons de redire qu’il faut changer le monde, ce qui revient à dire qu’il faut d’abord changer nos propres comportements, chacun de nous. Très bien pour le discours, mais comment faire ? Changer n’est pas simple. Pour envisager cette évolution, réfléchissons à quelques « recettes » :

     - Chacun de nous maîtrise une grande partie de sa propre vie et son déroulement. Mais il reste toujours une part d’incertitude qui ne doit pas nous traumatiser. Le changement fait peur, d’autant plus si l’on a conscience que ne pas évoluer peut avoir des conséquences graves, comme c’est le cas actuellement avec les risques environnementaux. Hélas, notre cerveau se focalise souvent sur ce qu’il ne maîtrise pas, ce qui amplifie encore la peur… d’où cette éco-anxiété grandissante. C’est ce qui explique que l’on résiste au changement ! Mais comment faire ?

     - Pour dépasser cette peur, il faut accepter l’idée que la résistance au changement est normale. Tout le monde craint l’incertitude, ce qui n’est pas une faiblesse mais un réflexe naturel. De ce fait, forcer quelqu’un au changement peut renforcer son blocage et l’inciter à la rébellion.

     - On peut rassurer les gens en mettant l’accent sur ce qui fonctionne, plutôt que sur la part d’inconnu, et de ce fait responsabiliser les acteurs potentiels du changement. Par exemple on pourra proposer à quelqu’un : « si tu étais à la place des politiques » que ferais-tu ? Inviter quelqu’un à l’action, c’est réduire le sentiment d’incertitude et donc la peur.

     - Il faut aussi adapter son discours à la personne à laquelle on s’adresse et la laisser exposer son propre vécu. La recette pour cela c’est d’abord l’écoute de notre interlocuteur.

     C’est toute notre civilisation qui est en mouvement et, chacun le constate, la majorité des organisations qu’elles soient publiques ou privées, connaissent ces besoins de transformation et savent qu’elles doivent évoluer en profondeur. Mais… ces changements ne peuvent se produire que sous l’égide des individus qui composent ces organisations. La synergie individu/collectivité en somme ! Le système dans lequel nous vivons peut s’adapter ou persister dans ses erreurs, tout dépend de la capacité, ou non, de ses composantes à répondre aux défis de leur époque. Les entreprises notamment, se transforment ou s’effondrent selon la clairvoyance de leurs dirigeants, selon qu’elles voient les réalités en face ou refusent de les voir, s’accrochant à des modèles obsolètes.

     A présent, tout le monde sait que la transition écologique est une nécessité et que l’économie court-termiste épuise les ressources naturelles. Cependant, il y a peu de changement en profondeur parce que ces structures sont trop figées. Comme pour les individus, pour que les organisations évoluent, il faut que leurs dirigeants soient en capacité de se remettre en question quant à leurs « croyances » et qu’ils aient la curiosité de s’ouvrir à d’autres possibilités dans un contexte plus démocratique et plus « partageur » des gains obtenus. Cette situation témoigne du basculement que nous vivons, et de la nécessité d’inventer un nouveau modèle. Pour cela il faut du courage, une direction, un cap. Eh bien voilà, allons-y !

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28 mai 2025 3 28 /05 /mai /2025 08:49

      A la fin de cet hiver 25, pour des raisons familiales, j’ai du faire un périple d’environ 1 800 km, soit Rouen – Poitiers – Genève – Annecy - Rouen, en empruntant des autoroutes et routes nationales. Quelle stupeur que de croiser ou « accompagner » des centaines de camions… Cela m’a rappelé quelques chroniques de ce blog.

     Dès 2007 en effet, je me posais la question Les camions sur le train, ou le train sur la route ? La question a gardé toute son actualité, 18 ans plus tard… et je réitère ma proposition d’alors : ne pourrait-on pas reconsidérer le réseau autoroutier, devenu si dense, afin de transformer la troisième voie des autoroutes, quand elle existe, en voie ferrée pour le transport des camions et conteneurs. La géométrie d’une autoroute est très proche de celle d’une voie ferrée et l’imbrication des réseaux faciliterait alors leur interconnexion pour une distribution maximale des villes et des zones d’activités.

     Mais après des décennies de discours à ce sujet, voilà que l’on envisage des camions encore plus gros et plus longs sur nos routes… Alors, Les routiers sont sympas ?

     La multimodalité reste un moyen efficace pour réduire les impacts environnementaux en privilégiant les transports les moins énergivores pour les longues distances (bateau, péniche ou train) et en réservant le camion en amont et en aval, là où d’autres moyens ne sont pas possibles. Mais on continue de marcher à l’envers des lois relatives à l ‘environnement et projets divers, dans la mesure où le transport des marchandises en France se fait à 52 % par des camions français, à 37 % par des camions étrangers (soit 89 % par camion) et seulement à 9 % par le train et… 2 % par le fluvial (Chiffres de 2023).

     Il était prévu d’améliorer cette situation aberrante avec, notamment, la modernisation d’une ligne de train au nord de la vallée de la Seine, privilégiant le fret par rapport à l’axe ferroviaire historique Le Havre – Rouen – Paris saturé. La mise en service de cette ligne devait permettre de retirer de la route de l’ordre de 200 à 300 000 camions par an ! Mais rien n’est simple et après plusieurs années d’importants travaux, alors qu’il était prévu le passage de 25 trains par jour, il n’en passe que quelques uns… Alors, ça roule ou ça déraille ?

     Dans un monde à la dérive, alors que de multiples projets existent pour élaborer un monde meilleur, que des lois en faveur de l’environnement et des règlements sont produits de façon incessante, comment se fait-il que l’on en soit encore là ? Mais qui donc décide ? Mais qui donc met en application les lois ? Mais qui donc se soucie de l’avenir quand les catastrophes climatiques se multiplient… au présent ?

     En attendant, nous continuons de côtoyer des trains de camions sur nos routes, y compris dans nos villes et villages où parfois il est presque comique de les voir rouler sur les trottoirs afin de pouvoir se croiser… Nous vivons une époque formidable !

 

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