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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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7 mars 2024 4 07 /03 /mars /2024 08:23

     C’est en septembre-octobre 1707 que les botanistes parisiens Sébastien Vaillant et Antoine-Tristan Danty d’Isnard effectuèrent un voyage sur les côtes normandes et bretonnes, avec pour objectif d’identifier animaux, végétaux et minéraux. Ils ont alors visité les côtes du Pays de Caux, Bessin, Avranchin et environs de Saint-Malo, et un peu l’intérieur des terres, Vexin, Pays de Bray, région de Saint-Lô et vallée de la Seine. Leurs observations ont été consignées dans un carnet de voyage, qui vient d’être étudié et publié par Julien Buchet, botaniste du Conservatoire botanique national de Bailleul (Antenne Normandie).

     Ce carnet de voyage a été analysé et comparé avec la situation actuelle… 300 ans plus tard ! Cette aventure part en 1979 : Théodore Monod, scientifique naturaliste et explorateur, « le Saharien » né à Rouen, m’informa de l’existence de ce Journal de voyage conservé à la Bibliothèque Nationale de France. J’en demandais la communication, et constatant son intérêt, je le remis à Julien Buchet, le plus compétent pour une analyse comparative. Ce travail vient d’être achevé et publié dans le Bulletin de la Société des Amis des Sciences Naturelles et du Museum de Rouen. Il est en ligne sur le site Researchgate : (1) (PDF) Sur le voyage que messieurs Sébastien Vaillant et Antoine-Tristan Danty d’Isnard ont fait sur les côtes de Normandie et de Bretagne en 1707 (researchgate.net)Ces observations floristiques sont les plus anciennes connues pour la Normandie.

     Au total, 370 observations de plantes vasculaires ont été consignées (323 pour la Normandie, 30 pour la Bretagne et 17 pour l’Ile-de-France). Les noms des espèces végétales observées ont été transcrit selon la nomenclature actuelle. Un tableau de l’ensemble des observations réalisées, classées par ordre alphabétique de genre et avec indication des localités est donné en fin d’article. Les résultats sont commentés, discutés parfois, en apportant les précisions nécessaires quant à la toponymie des lieux, la typologie des plantes et la situation actuelle. 

     Malgré les incertitudes qui peuvent subsister, voilà de quoi faire des comparaisons... pas toujours réjouissantes. Concernant la Haute-Normandie, en 3 siècles, un quart de la flore observée est devenue menacée et parfois disparue ! Compte-tenu du circuit de l'époque ces raréfactions sont attribuées aux évolutions des littoraux et surtout des zones estuariennes. Qu'en serait-il si l'on pouvait faire ce genre de comparaison avec les zones prairiales d'autrefois, bocagères, devenues ces grandes plaines de culture.  L'actualité agricole récente, avec des mesures régressives sur les questions environnementales pour calmer la rébellion des agriculteurs, ne va pas arranger les choses…

     Merci Julien Buchet de ce travail de témoignage historique qui pourra, espérons-le, contribuer à faire inverser les tendances actuelles aussi destructrices de nos milieux.

 

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23 février 2024 5 23 /02 /février /2024 07:57

     On l’a bien constaté pendant le petit épisode neigeux de janvier 2024, quelques centimètres de neige sur une partie de la France sont devenus le thème majeur de tous les médias et réseaux sociaux. Il est vrai que la neige sublime les paysages et qu’elle nous a manqué depuis quelques années. Cela surprend toutefois lorsque l’on se souvient d’hivers passés qui n’avaient rien à voir avec celui-ci. Et pourtant, oui, cet hiver 2024 a montré que le dérèglement du climat est devenu une réalité. Avec en Normandie, 15° à Noël, puis à nouveau 15° fin janvier, cet épisode neigeux et de gel est apparu incongru. La médiatisation de cet « évènement » traduit bien la prise de conscience qui s’opère et « l’éco-anxiété » qui va avec. Mais que se passe-t-il donc ? Mais où va-t-on ?

     Il est avéré maintenant que notre planète a franchi des limites qui remettent en question l’avenir de l’humanité. Ce dérèglement constitue une alerte sérieuse, sachant qu’il n’est qu’un symptôme d’une atteinte globale de notre milieu de vie : une extinction de masse des espèces sauvages est en cours, du fait des activités humaines telles que l’agriculture et l’industrie ; par ailleurs, l’acidification des océans devient très préoccupante ; quant au dérèglement du climat lui-même, il présente des points de bascule imminents que sont la fonte des calottes glaciaires, la disparition des récifs coralliens, la fonte du pergélisol et la disparition des forets boréales et des mangroves. Rien que ça ! Ces modifications constituent une menace de grande ampleur pour l’humanité. Peut-on encore inverser la tendance ? Ce qui est sûr, c’est que l’on ne peut plus prélever davantage de ressources que la Terre ne peut en produire, nous sommes au bout de ce processus d’auto-destruction ! Il est donc aisé de prévoir, pour les prochaines décennies au plus, des pénuries diverses avec une crise économique et sociale conjointe. C’est pour cela que nous devons repenser notre civilisation, ce qui ne sera pas facile tant la métamorphose nécessaire va demander de mobilisation collective. L’économie est maintenant en déphasage total avec les connaissances scientifiques, sous l’effet des intérêts financiers et des conceptions maintenant obsolètes de la vie en commun. Changeons en profondeur l’économie mondiale, sachant que d’ores et déjà, on met en pratique, ici ou là, des expérimentations pour développer des économies locales et assurer un minimum vital à chacun. Redonnons du sens à la vie économique avec plus de solidarité et la conviction que nous avons une communauté de destin. Un point central de ces évolutions à faire est de parvenir à des productions pérennes qui tiennent compte des évolutions du climat et d’une proximité d’approvisionnement et de distribution sur un territoire maîtrisable. Dans le domaine de l’alimentation, l’agroécologie est un exemple de réponse à ces objectifs pour nourrir une population donnée de façon saine et nutritive en respectant les écosystèmes. De ce fait l’agriculture va se trouver de plus en plus au centre des défis qui nous attendent.

     Ce ne sont pas les consommations et accumulations de toutes sortes qui font le bonheur, mais plutôt les retrouvailles avec la nature et nos congénères. La pandémie de Covid19 a montré que l’on pouvait se battre ensemble et revenir à des choses simples avec plus d’humanité. Nous y voilà, construisons le symbiocène ! Comme le disent les anciens dans les bistrots normands : « Où qu’on va ! Et pis tout s’bazar, s’rait ty pas d’not faute nous qu’avons ben profité d’tout, mais p’tet ben… un peu trop. »

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9 février 2024 5 09 /02 /février /2024 08:13
     En début de cette année 2024 l’agriculture a fait la une de l’actualité. Ce sujet n’est cependant pas nouveau et les révoltes paysannes ont accompagné l’histoire de France depuis bien longtemps, dès le Xème siècle en Normandie puis tout au long de l’histoire avec des revendications récurrentes comme la diminution des taxes. Combien de fois avons-nous évoqué le sujet sur ce blog ! Une trentaine de chroniques ont traité de ce thème que l’on peut retrouver en tapant « agriculture » dans la case « recherche ». Parmi les plus significatives on peut retenir : repenser l’agriculture pour le futur il y a 12 ans. J’ai beaucoup insisté pour qu’il y ait un débat national, et si possible européen, à propos de l’évolution de l’agriculture. Ce débat a finalement eu lieu en 2020 mais pour quels résultats ? Tout reste à faire et « c’est le monde à l’envers », comme l’ont dit les agriculteurs, mais qui détient la vérité devant tant de contradictions ? En effet les contradictions ne manquent pas, comme entre autres :

     - Une majorité de Français soutient les agriculteurs, mais… une majorité de Français achètent les produits alimentaires les moins chers, souvent importés…

     - Les agriculteurs se sentent mal aimés, mais ils manifestent en déversant des tonnes de déchets sur la voie publique, arrosant de lisier des bâtiments administratifs, bloquant la circulation… tout cela aux frais des contribuables.

     - Les faibles revenus des agriculteurs ont été au centre des débats, mais sans relativiser assez selon les types d’exploitation, petite, grande, voire géante, céréaliculture ou élevage, maraîchage, apiculture, etc.

     - Les agriculteurs se plaignent de la « paperasserie » à laquelle ils sont confrontés. Il est vrai que tant l’administration française qu’européenne ne savent pas faire simple. Toutefois la France est le premier bénéficiaire de la PAC (Politique Agricole Commune) avec 9,5 milliards d’euros d’aides agricoles en 2022. Les aides directes de la PAC, attribuées à environ 400 000 bénéficiaires, représentent de l’ordre des 3/4 du revenu des agriculteurs… ce qui suppose tout de même quelques justificatifs.

     - Les agriculteurs demandent moins de réglementation, certes tatillonne, mais celle-ci concerne pour une large part les questions environnementales. Les décisions du Premier Ministre pour calmer la révolte paysanne ont consisté surtout à reporter ou atténuer les contraintes liées à l’environnement… ce qui à terme va compliquer les activités agricoles, voire pour certaines les condamner !

     Les agriculteurs sont de fait des praticiens de l’écologie. En effet ils cultivent de la biodiversité et sont largement dépendants de la diversité des écosystèmes et du climat. Ils le savent bien et quelquefois à leurs dépens. Ainsi, en ce qui concerne l’usage des pesticides, les agriculteurs ont plus de risque de développer certains cancers (sang, prostate, peau et certaines leucémies). Par ailleurs, en matière de dérèglement climatique, l’agriculture française contribue pour 18 % aux émissions de gaz à effet de serre et les agriculteurs vont en être les premières victimes avec tempêtes, sécheresses ou pluies diluviennes… De plus la mondialisation et l’intensification de l’agriculture sont à l’origine de nombreux dégâts environnementaux et sociétaux, en France et de nombreux pays. Il n’y a donc pas d’opposition entre agriculture et écologie, mais au contraire des complémentarités incontournables. Dès lors, voilà bien où se trouve la recherche de sens de la vie des agriculteurs. Inversement, atténuer les normes environnementales, « c’est le monde à l’envers » !

     Ayant été fils d’agriculteur, je me souviens de la moisson faite avec une faucheuse lieuse tirée par deux chevaux, ou de la petite dizaine de vaches à traire à la main, dans les années 1950. Ainsi je mesure l‘évolution de la profession et ce qui reste à faire… Agriculteurs, consommateurs, électeurs, soyons solidaires ! Soyons cohérents afin de corriger chacun nos comportements contradictoires. Paysans, paysages et pays doivent constituer une union sacrée ; il en va de l’avenir de tous. L’agriculture de demain devra garantir la satisfaction des besoins alimentaires en circuits courts, sur une base régionale et, simultanément, permettre un bon fonctionnement des agro-écosystèmes, faute de quoi les agriculteurs se mettront en péril eux-mêmes. Ils l’ont bien compris : « c’est le monde à l’envers ». Alors agissons avec lucidité pour replacer l’agriculture au centre de notre avenir !

 

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2 février 2024 5 02 /02 /février /2024 09:27

     C’est en novembre 2023 que la chaîne d’information France Info, à l’occasion de la COP28 à Dubaï, a interrogé les anciens ministres de l’environnement français qui ont tenté de lutter contre le dérèglement climatique. Ce survol historique est éloquent quant aux avancées en matière d’environnement, mais aussi quant à la lenteur des actions à mettre en place… Revoyons brièvement les réactions les plus significatives de ces ministres. C’est en 1971 qu’est créé le premier ministère de l’environnement confié à Robert Poujade qui écrira plus tard un livre sur « le ministère de l’impossible »… ça commence bien !

     En 1986 c’est Alain Carignon qui occupe le ministère, il regrettera un peu plus tard que le climat ne préoccupe personne et que « l’écologie était secondaire par rapport aux préoccupations économiques ». Il est remplacé en 1988 par Brice Lalonde, écologiste, qui estimait que sa marge de manœuvre était limitée. Il parvient tout de même à faire accepter les pots catalytiques et un « plan pour l’environnement » en convenant que «  C'est toute une affaire d'avancer, d'accepter des compromis, d'avoir des étapes… La tâche est énorme. » En 1992, en même temps que se met en place un sommet de la Terre, le nouveau ministre, Michel Barnier tente de faire émerger une écologie qui conjugue défense de l’environnement et capitalisme, mais un peu dépité il se considère comme un enquiquineur : « Nous ne sommes que le maillon d'une chaîne. Vous n'êtes que le successeur d'un ministre et le prédécesseur d'un autre. » En 1995, l’avocate Corinne Lepage arrive au ministère et très vite devient critique en déclarant plus tard : « Quand vous parliez de notre responsabilité à l'égard des générations futures, tout le monde s'en foutait et, en fait, on a commencé à s'intéresser au climat quand notre génération a été concernée.» Dominique Voynet prend sa suite en 1997 et confirme : « On en parle peu » en précisant qu’il n’y a pas que les politiques qui se désintéressent de la question puisqu’au sommet de Kyoto, face à des dizaines de journalistes de diverses nationalités, il y avait… deux journalistes français. Lorsqu’elle défend un projet d’écotaxe, il est torpillé par le ministère des finances et elle finit par jeter l’éponge. En poste en 2001, Yves Cochet juge que le troisième rapport du GIEC est la moindre des préoccupations pour Jacques Chirac ou Lionel Jospin. Roselyne Bachelot arrive au ministère en 2002, mais Jacques Chirac lui ravit la vedette avec sa phrase célèbre « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs » bien que la réalité soit autre comme le soupire la ministre : « On était à l'époque, à l'Ecologie, l'avant-dernier budget ministériel » et cela malgré la canicule de 2003 et ses 15 000 morts, ce qui révèle combien la France n’est pas préparée à affronter les conséquences du dérèglement climatique. Vingt ans plus tard Roselyne Bachelot est encore dépitée quand elle rappelle qu’elle avait déclaré alors : « Quand, après la canicule, je dis qu'à la fin du siècle, l'été 2003 paraîtra frais, il faut voir les injures et les moqueries que j'ai reçues, de la part des journalistes et des politiques. » En 2004, Serge Lepeltier prend le relai, avec quelques succès (développement des biocarburants) et échecs (stratégie nationale de développement durable) ce qui lui fait déclarer : « Pour des raisons politiques – le risque de perdre certains électeurs – on a fait en sorte qu’il n’y ait plus une mobilisation générale sur ce thème ». Puis Nicolas Sarkosy crée un super ministère de l’Ecologie attribué à Jean-Louis Borloo qui met en place une machine de guerre : le Grenelle de l’environnement. C’est un succès mais qui s’essouffle vite avec le coup d’arrêt des énergies renouvelables en 2010, suite à l’arrivée de Nathalie Kosciusko-Morizet au ministère contrainte de réduire les subventions au risque de plomber les comptes de l’État. Delphine Batho torpille le mauvais budget de son ministère et est vite limogée dès 2013, remplacée par Philippe Martin qui relance l’idée d’éco-taxe qui cette fois, se heurte à la colère de certains français. En 2017, Emmanuel Macron tout juste élu nomme le très populaire Nicolas Hulot aux commandes afin de concrétiser l’accord de Paris pour le climat. Mais onze mois plus tard… l’ancien animateur claque la porte en regrettant les « petits pas » de la France à ce sujet ! François Rugy lui succède pour tenter de remédier à la menace climatique, mais cette fois la rue, avec le mouvement des gilets jaunes, met à bas l’augmentation de la taxe carbone qui est finalement abandonnée en 2019. Barbara Pompili reprend le flambeau en 2020 pour tenter de réconcilier les Français et l’écologie en mettant en place une convention citoyenne de 150 citoyens tirés au sort qui élaborent des propositions de sobriété vite tuées dans l’oeuf, ce qui fait dire à la ministre qu’elle est une « éternelle frustrée ». Enfin, c’est Christophe Béchu qui, à partir du printemps 2022, s’attaque à un défi « effectivement colossal » avec un succès que l’on espère, mais… les décisions récentes prises pour calmer les agriculteurs semblent démontrer le contraire !

     Pendant ce temps, la maison continue de brûler ! Il semble bien que le ministère de l’environnement serait pour de bon, et après 52 ans de pratique, « le ministère de l’impossible » ! Malgré la volonté individuelle d’agir et de progresser de ces ministres, voilà donc un tableau édifiant de lenteur de la classe politique devant des faits de plus en plus préoccupants, au point de mettre en péril l’avenir de notre civilisation. Accorder à l’environnement la bonne place dans les préoccupations politiques n’est décidément pas une tâche facile. C’est la responsabilité des politiques, certes, qui n’ont pas intégré complètement l’importance du sujet, mais c’est aussi notre faute à nous, trop peu exigeants en la matière. Quoi qu’on en dise, les politiques restent à l’écoute des citoyens, ne serait-ce que parce que c’est nous qui les élisons !

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20 janvier 2024 6 20 /01 /janvier /2024 08:12

     Comme chacun le sait, la répétition est l’art de la pédagogie. Alors rappelons-le : ma première chronique de ce blog fut publiée le 4 décembre 2007, il y a 17 ans, As-tu vu Tuvalu ? Celle-ci évoquait la disparition programmée de l’archipel des Tuvalu du fait de la montée des eaux résultant du dérèglement du climat. En voici deux extraits significatifs :    L’archipel corallien des Tuvalu, au centre de l’Océan Pacifique, compte 11 000 habitants. Ce bout du monde a été très médiatisé du fait de son altitude… à cinq mètres, ce qui rend les îles vulnérables à l’élévation du niveau de la mer, du fait du réchauffement climatique. Ce handicap a déterminé une partie de la population à émigrer vers la Nouvelle-Zélande. Voilà bien une « maquette » de ce qui nous attend à plus grande échelle...

     Les Français, plus monarchiques que jamais, schizophrènes en diable, attendent des mesures autoritaires… pourvu qu’elles ne les concernent pas. Pourtant, c’est tout de suite que des mesures s’imposent face à ces risques. Pour contribuer au ralentissement du réchauffement climatique, il faut réduire de façon drastique la consommation de produits pétroliers, en particulier dans les transports, et donc majorer progressivement la TIPP pour contraindre à un changement radical.

     Et depuis ? Dix sept ans plus tard, où en sommes-nous ? En 2008, Fanny Héros qui œuvre pour la survie de Tuvalu annonce que « Les habitants de Tuvalu seront les premiers réfugiés climatiques du monde ». En 2009, le Premier ministre de Tuvalu, Apisai Ielemia rappelle à Copenhague que son archipel est menacé par la montée des eaux, due au réchauffement climatique engendré par les activités humaines. En 2021, à Glasgow pour la COP26, le ministre Tuvalais des Affaires étrangères s’adresse à la communauté internationale, de l’eau jusqu’aux genoux : « Nous sommes en train de couler, mais le reste du monde aussi ». Puis en 2022, à Charm El-Cheikh pour la COP27, Tuvalu enjoint la communauté internationale à agir pour enrayer les effets dévastateurs du réchauffement climatique sur son pays. Dans le même temps, le GIEC rappelait que la mer avait gagné 23 cm depuis 1880, que la hausse s’accélérait pour atteindre 30cm en 2050 et sans doute 77cm en 2100. Et cependant… plouf ! Deux des neuf récifs coralliens de Tuvalu sont déjà engloutis, en attendant une submersion totale entre 2050 et 2100.

     Enfin, en novembre 2023 dans le cadre d’un traité sans précédent, l’Australie s’est engagée à accueillir les migrants climatiques venant de Tuvalu. Mais les critiques fusent dans la mesure où cet accord n’est pas tout à fait désintéressé. L’Australie étant très dépendante au gaz et au charbon, essaie de se faire pardonner par les pays qui subissent de plein fouet la montée des eaux. La migration pourrait devenir ainsi un instrument de négociation, une sorte de monnaie d’échange… Dans le même temps, le gouvernement tuvalais annonce vouloir créer une version numérique de son territoire afin d’éviter que son pays ne sombre dans l’oubli.

     De même, c’est depuis 2016 qu’une partie des îles Salomon, au nord-ouest de l’Australie, a commencé de sombrer : 5 îles disparues et 6 fortement menacées. Certes ces îles n’étaient pas habitées, mais étaient des réserves importantes de biodiversité.

     Pardonnez moi ce rappel : nous vivons une époque formidable !

 

 

 

 

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4 janvier 2024 4 04 /01 /janvier /2024 08:22

     L’Anthropocène est en voie d’achèvement, enfin. Cette ère géologique a été caractérisée par l’impact fort des activités humaines : pollutions, effondrement de la biodiversité et bien sûr dérèglement climatique. Depuis l’ère de la cueillette (la préhis­toire) notre relation avec la nature est devenue de plus en plus antagoniste. Ensuite se sont succédées l’ère de l’agriculture (transforma­tion des paysages naturels en paysages construits), puis l’ère industrielle (pollution, transformation en profondeur des paysages et recul de la vie sauvage) et enfin, l’ère de la communication qui a mis en évidence les enjeux majeurs que sont les modifications climatiques et l’érosion de la biodiversité. Ces deux ères, industrielle et de la communication, en gros depuis deux siècles, constituent l’An­thropocène (anthropos signifiant humain), une ère géologique au cours de laquelle l’influence de l’Homme sur la planète est devenue prédominante par rapport aux facteurs naturels, avec une artificialisation grandissante de notre environnement, du vivant et de l’Homme lui-même. C’est la première fois que l’Humanité dispose de tout l’espace planétaire et que son action peut modi­fier la Terre dans sa globalité. Dès lors, l’enjeu n’est pas de « sauver la planète », comme il est trop rabâché, mais de sauver l’Homme ! La nature survivra quoi qu’il en soit, sachant qu’il reste à vivre environ 4 milliards d’années au système solaire ! Par contre l’avenir n’est pas garanti pour chacune des espèces composant cette Nature, y compris pour l’espèce humaine, apparue entre 300 000 et 3 millions d’années, selon les références. Pour que l’espèce humaine, la plus invasive et la plus adaptable qui soit, n’ait pas été qu’une espèce éphémère, il faut donc qu’elle parvienne à consolider sa cohabitation Homme-Nature.

Pour cela, la première condition est d’avoir conscience de la situation et de la regarder frontalement pour agir. Or la dominante actuelle est le déni (refus d’admettre une réalité insupportable) et pire encore, le dénigrement (discrédit des auteurs des informations diffusées). Face à des nouvelles stressantes comme celles liées au climat, plus de la moitié des Français souffrent de « fatigue informationnelle » et se détournent de ces infos, conscients des enjeux, mais pas forcément prêts à changer eux-mêmes. Trop souvent, on a pensé que tout cela ne nous concernait pas, dans des contextes et des pays lointains. Mais l’actualité de ces dernières années, ces derniers mois même, nous a donné un petit aperçu de ce qui pourrait advenir chez nous. Ainsi dans le Pas-de-Calais à l’automne 2023 : pluies diluviennes avec inondations, dévastation de maisons et de fermes, reprises de cultures compromises pour l’année suivante et donc pénuries en tous genres, entreprises en difficulté après délabrement des locaux et des stocks, etc. Après des mois de sécheresse, voilà bien le « toujours plus », avec des évènements plus fréquents et plus intenses qui vont nous obliger, a minima, à nous adapter aux impacts croissants des dérèglements du climat. L’année 2023 a connu les étés les plus chauds jamais enregistrés sur le globe. Pendant cette période 2 milliards d’individus (un quart de l’Humanité) ont été confrontés à des vagues de chaleur hors norme ! Comme nous l’avons rappelé il y a peu, l’ambiance est délétère...

On ne peut pas prétendre affirmer ce qui va se passer dans les décennies à venir, mais on peut imaginer des scénarios probables, selon les orientations que nous allons prendre, ou pas. Quoi qu’il en soit, ce sera bientôt la fin de l ‘Anthropocène… soit du fait de la disparition de l’espèce humaine, soit parce que l’Homme aura su réinventer sa cohabitation avec la Nature, comme auparavant, et pourra ainsi poursuivre son chemin.

- Soit on ne fait rien, refusant l’évidence, et il est clair que dans un délai rapproché, notre civilisation pourrait bien s’effondrer. Les modifications du climat vont générer des difficultés pour les espèces vivantes, dont la nôtre, à supporter des températures extrêmes, des sécheresses ou des inondations à répétition, avec les dommages matériels qui iront de pair. Des pandémies, plus ou moins maîtrisables vont se répandre. La nourriture des populations va être de plus en plus difficile à assurer compte-tenu de l’effondrement de la biosphère, etc. Ces situations vont être exacerbées dans certaines contrées devenant invivables et vont générer des migrations humaines de moins en moins acceptées. La violence entre autochtones et migrants pourrait prendre des proportions ingérables… Pas gai tout cela ! Non effectivement, mais il ne s’agit pas de science-fiction. Regardons la réalité en face avec ces processus en cours d’installation. Arriver à cet état cataclysmique pourrait prendre quelques décennies, mais concernera à n’en pas douter, les Humains nés après l’an 2000.

- Soit on réagit vite, fort, collectivement et avec Humanité. Pour cela sortons du curatif, en soignant le mal seulement quand il est là, et faisons du préventif un axe majeur pour éviter que les catastrophes ne s’enchaînent. Nous sommes continuellement tiraillés entre continuer à produire des richesses pour l’économie ou limiter le réchauffement climatique, avec cette obsession maladive de la croissance. Il faut sortir de ce malentendu sur les finalités de l’économie : il ne s’agit pas de faire croître les profits, mais de faire croître le bien être de tous ! Et « accessoirement », il faut que le monde soit gouverné par des politiques lucides et non par des financiers avides. Le choix est clair : une civilisation qui base son fondement essentiellement sur des échanges mercantiles est vouée à l’échec. La preuve est devant nous : nous avons fait vivre notre économie en brûlant les richesses qui la fondaient. Un monde essentiellement marchand ne saurait viser toujours plus de profit sans se soucier assez de l’utilité de ce qu’il produit et du bien être que cela apporte. Inventons autre chose ! Facile à dire, mais quoi ? Pour cela changeons l’Homme ! Changer l’Homme, cela veut dire que chacun change, vous, moi, en repartant sur de nouvelles bases. Pas facile, non pas du tout. Mais quel défi, quel challenge !

Passons maintenant à autre chose que l’Anthropocène ! Les Hommes du 21ème siècle sont confrontés à ce défi majeur qui consiste à éviter l’effondrement de leur civilisation. Pour cela remettons nous en cause, d’abord individuellement, et construisons ensemble une ère nouvelle, le SYMBIOCENE, comme l’a déjà proposé en 2020 Glenn Albrecht, philosophe australien qui veut positiver les changements écologiques actuels en repensant notre relation symbiotique Homme-Nature : « Les émotions de la Terre : des nouveaux mots pour un nouveau monde » (Les liens qui libèrent – 368 p.). Voilà une belle utopie, penserez-vous et un grand naïf qui la relaie. Oui, mais n’est-ce pas l’utopie qui peut sauver le monde ? Alors que faire pour engendrer cette bifurcation ? Pour ma part, j’ai tenté d’ouvrir des voies : en 2018 « Faire passer le message », en 2020 « Les clés de notre avenir » et en 2023 « A demain… si vous le voulez bien ». Et pour aller plus loin, voilà un nouveau rapport au Club de Rome en 2023 : « Terre pour tous » (Actes Sud - 303 p.) qui propose une feuille de route détaillée avec deux scénarios possibles. Un vrai programme détaillé pour tout reconstruire ! Il y a du boulot ! Mais c’est encore possible ! Et quel enthousiasme pour les jeunes générations que d’avoir la possibilité rare de refaire le monde ! A chacun de nous de choisir… si l’année 2024 sera porteuse d’espoir, ou pas !

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28 décembre 2023 4 28 /12 /décembre /2023 09:02

     En seize ans, 806 chroniques et micro nouvelles ont été publiées sur ce blog, avec 1 443 commentaires. La fréquentation totale a été de 68 723 visiteurs pour 112 775 pages vues, avec 179 abonnés + 66 abonnés Twitter et 652 amis Facebook. Voici le rappel des titres pour 2023 :

  • Des entreprises s’engagent ! – 7 janvier

  • Et maintenant, un bon boulot ! - 4 février

  • Mathilde, Lubrizol, Bolloré, et de trois ! - 4 mars

  • Une décision historique ! - 18 mars

  • Arrêtez la violence ! - 25 mars

  • J’ai visité le Tiers Monde - 1er avril

  • L’enseignement de l’écologie progresse ! - 15 avril

  • En Chine, la conscience écologique s’éveille ! - 29 avril

  • Et vive la musique ! - 13 mai

  • La nature est de retour ! - 27 mai

  • Au secours, mon intelligence s’artificialise ! - 22 juin

  • Des déchets, des déchets, et encore des déchets ! 5 juillet

  • Et vlan, dans le mur ! 19 juillet

  • S’adapter, puis bifurquer, et vite ! 5 août

  • Oui, je suis auto-satisfait, et c’est bien dommage ! 19 août

  • L’agriculture bifurque ! 15 septembre

  • L’ambiance est délétère ! 30 septembre

  • Et maintenant, une « Terre pour tous » ! 27 octobre

  • Acapulco, merde alors ! 10 novembre

  • Je ne suis pas un héros ! 22 novembre

  • Oui les jeunes ont un avenir ! 1er décembre

  • Z’en ai rien à Foutre de l’Environnement ! 15 décembre

  • Seizième année et ça continue ! 28 décembre

   

     Merci encore pour vos commentaires toujours nombreux, notamment sur les réseaux sociaux.

Par ailleurs, au cours de l’année 2023, on peut retenir aussi :

▪ Publications :

  • 25 publications : 1 ouvrage et 24 chroniques du blog

▪ Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Rouen : membre titulaire

▪ Divers :

  • Introduction et animation d’une soirée d’échanges sur le réchauffement climatique à Blainville-Crevon (76).

  • Conférence « A demain… si vous le voulez bien » au Festival Climacoustique à Forges-les-Eaux.

  • Prise de parole pour l’inauguration des étangs de Pont-Audemer (27).

  • Intervention à une table ronde des « 30 années pour la biodiversité avec les propriétaires privés » à Sainte-Opportune-la-Mare (27).

  • Séances de dédicace de « A demain… si vous le voulez bien » à la librairie Autres Rivages de Buchy, La Presse de Serqueux, Salon du livre de Bois-Héroult, Festival Climacoustique à Forges-les-Eaux, Salon du livre de Hodeng-Hodenger et librairie Colbert de Mont-Saint-Aignan.

 

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Bonne année 2024 à toutes et tous, avec pleins de petits bonheurs près de la nature !

 

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14 décembre 2023 4 14 /12 /décembre /2023 08:46

     La mise en place des ZFE (Zones à Faibles Emissions) dans certaines villes fait parler, et certains même zozottent un peu en évoquant ce sujet… tant il énerve.

     Onze métropoles ont du mettre en place une ZFE en 2023 dans le but de limiter la circulation des véhicules les plus polluants en ville. D’ici 2025 ce sont 43 agglomérations qui seront concernées. Pour circuler en ZFE, la vignette Crit’Air est obligatoire, celle-ci comporte six niveaux de 1 à 6 (6 pour les véhicules les plus polluants). Tous les véhicules sont concernés, voitures, poids lourds, motos et scooters. Le Crit’Air est basé sur le type de véhicule, le type de carburant et la date de première immatriculation. La mise en place d’une ZFE s’accompagne d’un supplément à la prime de conversion (de l’ordre de 1 000 €) pour inciter les automobilistes concernés à changer leur véhicule pour un peu polluant.

     C’est là que le bas blesse et fait réagir les personnes qui n’ont pas les moyens de changer de voiture, même avec une prime ! De plus cette mesure qui, a prori, va dans le bon sens a été élaborée avec toute la subtilité qui régit le droit « à la française »… Une précision a été apportée en juillet 2023 pour distinguer les ZFE des « territoires de vigilance », avec des niveaux de contrainte différents. Pourquoi faire simple quand on peut se prendre la tête et énerver tout le monde ? Résumons nous : Les agglomérations qui dépassent les seuils réglementaires de qualité de l’air, sont des territoires ZFE effectifs : elles doivent respecter le calendrier aboutissant à des restrictions pour les voitures diesel de plus de 18 ans au 1er janvier 2024 (Crit’Air 4), puis pour les voitures diesel de plus de 14 ans et les voitures essence de plus de 19 ans au 1er janvier 2025 (Crit’Air 3). Les agglomérations qui respectent les seuils réglementaires de qualité de l’air sont de fait des territoires de vigilance : la seule obligation prévue par la loi est la restriction de circulation des voitures immatriculées jusqu’au 31 décembre 1996 avant le 1er janvier 2025. Si d’aventure, vous ne comprenez pas tout veuillez recourir à un avocat !

     Ces mesures, encore une fois qui vont dans le bon sens pour réduire les impacts de la pollution de l’air sur la santé, ont suscité de vives réactions du public pour leur incidence économique et la difficulté à comprendre ce qu’il convient de faire. Le gouvernement a réagi au rapport d’un Comité de Concertation en « assouplissant » les restrictions, accordant un sursis mais avec des conditions particulières… afin d’apaiser l’inquiétude des élus et automobilistes et, pourquoi pas, éviter de faire ressurgir les « Gilets jaunes »… Face à tant de confusion quant à la mise en place de ces mesures et leur contrôle, certains élus proposent de repousser à 2030 le déploiement des ZFE dans les agglomérations de plus de 150 000 habitants…

     Mais dans quel pays vivons-nous !! Pourquoi une question aussi simple que l’amélioration de la qualité de l’air en ville suscite-t-elle des polémiques à n’en plus finir, faute de pédagogie, de simplification de la réglementation et de prise en compte des situations financières des habitants. Voilà exactement ce qu’il faut faire pour détourner le peuple de la politique, pour éloigner les gens de la prise en compte des questions environnementales. Après cela comment s’étonner que pour certains le leit-motiv soit devenu : Z’en ai rien à Foutre de l’Environnement !

 

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30 novembre 2023 4 30 /11 /novembre /2023 09:41

     Pour beaucoup de gens de ma génération, nés entre 1940 et 1950, les jeunes sont souvent décriés : ils ne veulent plus rien faire, ils sont très égoïstes, ils ne respectent rien… Bien sûr que ces constats peuvent être parfois vrais, mais gardons-nous de généraliser, regardons les choses de plus près, il y a de quoi reprendre confiance en l’avenir !

     Quand par exemple, 70 % des jeunes Français se disent prêts à renoncer à une entreprise qui ne prend pas en compte suffisamment les enjeux environnementaux, n’y a-t-il pas un espoir ? Des enquêtes de 2023 montrent qu’un jeune sur deux pourrait quitter son entreprise dans ces situations, ce qui sent la bifurcation engagée par les jeunes, ce que n’ont pas su ou pu faire leurs parents… Le manifeste « Pour un réveil écologique » a commandé une étude à l’institut Harris à propos des liens qui existent entre la jeunesse et le monde du travail, soit un échantillon de 2 000 personnes âgées de 18 à 30 ans. Ce collectif, né en 2018, regroupe maintenant 30 000 étudiants de 400 établissements d’enseignement supérieur dans le but d’aider à une transition vers « un modèle économique durable et solidaire » en agissant sur les modalités de formation et de création d’emplois. Ce collectif a recensé les offres d’emplois dans les secteurs les plus porteurs pour une transition socio-écologique, comme l’alimentation durable, la rénovation énergétique, la transformation industrielle, etc. Ces enquêtes montrent que les jeunes restent attachés au niveau de rémunération et aux conditions de travail, mais que l’environnement qui était un sujet secondaire est devenu vital, à un niveau qui confine à l’angoisse climatique. Ainsi cette génération, soit disant paresseuse, reste attachée à la valeur travail, pour 85 % d’entre eux, en assurant qu’il tient une place importante dans leur vie. La situation est en train de se renverser et ce sont les employeurs qui doivent maintenant courtiser les employés en apportant la preuve de leur engagement environnemental. Eh ben… qui l’eut cru ?

     Par ailleurs, les médias ne se caractérisent pas forcément par l’objectivité de l’information… et ainsi ils ont omis de nous signaler qu’entre 2016 et 2021, selon l’Unicef, 43 millions d’enfants à travers le monde ont été déplacés à cause du dérèglement climatique : inondations, tempêtes, sécheresses, etc. Nos jeunes, plus informés qu’on l’imagine, n’ont pas envie de vivre ces terreurs, ni de les faire vivre à leurs propres enfants. D’où cette angoisse climatique qui monte et qui les invite à réagir pour faire bifurquer notre façon de concevoir le monde.

     Cette angoisse des nouvelles générations suscite la question de la descendance. Faire des enfants, ou pas ? Question bien légitime dont la réponse appartient à chacune et chacun. Faire des enfants pour les voir grandir dans un monde suicidaire, certainement pas. Mais faire des enfants pour former une nouvelle Humanité qui comprend sa relation à la nature, qui respecte le vivant et autrui, bien sûr.

     Alors oui, les jeunes posent les bonnes questions et ils peuvent avoir un avenir en apportant les bonnes réponses aux questions existentielles qui se posent à nous tous.

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22 novembre 2023 3 22 /11 /novembre /2023 10:59

 

     Le film de Rudy Milstein, Je ne suis pas un héros, vient de sortir en salle et raconte les difficultés d’une procédure de cancéreux qui accusent un producteur de pesticides de les avoir rendus malades. Le cancer est donc le fil rouge du scénario qui relate la vie de Louis, avocat dans un grand cabinet qui, bien que « gentil » suscite le mépris de ses collègues. Mais sa vie change quand son médecin, selon un diagnostic erroné, lui annonce qu’il a un cancer. Tout le monde devient très prévenant à son égard et Louis met alors de côté ses principes moraux pour séduire et se faire accepter, n’hésitant pas à mentir comme un arracheur de dents ! On voit bien là comment quelqu’un peut « oublier » ses principes pour séduire et faire sa place dans la société, quitte à « retourner sa veste » sur une problématique écologique grave.

     Ce film est produit par Caroline Adrian et Romain Rousseau, Brayon d’adoption, et interprété, entre autres, par les acteurs Vincent Dedienne et Clémence Poésy.

     Ce film qui est une caricature de notre société, mais traité avec humour, comportant des répliques ou des gags franchement comiques, sans toutefois dériver. Les enjeux apparaissent clairement et le film prend une tournure dramatique et politique qui le replace dans un contexte sociétal fort, puisque la problématique traitée est bien un fait authentique de notre société. Les pesticides à la source de cancers ou autres maladies est bien une réalité, tout comme les mensonges à tout va, pour se faire accepter ou minimiser une difficulté majeure. Le scénario est bien construit, cohérent et aborde, mine de rien, avec ironie les rouages de notre société trop souvent assez fourbe. Cette comédie agréable et gaie est aussi, en fait, une prise de position politique bien avisée.

     Le fil conducteur de ce film est le mensonge, mais oh combien réel par rapport à ce que nous vivons. En résumé ce film qui traite du mensonge est plein de vérités !

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