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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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29 novembre 2024 5 29 /11 /novembre /2024 09:32

     Nous voilà presque à la fin de cette année 2024, une année compliquée pour beaucoup d’entre nous et en beaucoup d’endroits. Entre les drames liés au dérèglement du climat, guerres atroces et banalisation des violences meurtrières, ce ne fut pas une année des plus réjouissantes… Revenons sur l’évolution de notre milieu de vie.

     Résumons nous ! Le réchauffement climatique global de la planète et l’érosion de la biodiversité sont bien là. On constate une dégradation du climat qui s’exprime localement par des évènements contraires selon les lieux et les moments, sécheresses ou inondations par exemple. Ces incidences se multiplient sur toute la planète et sont plus fréquentes et intenses que prévu, comme on a pu le constater aussi en France tout au long de cette année 2024. Il en est de même pour la biodiversité qui s’appauvrit et qui crée des soucis en matière de pollinisation et de ressources alimentaires. Tout cela crée une écoanxiété qui se généralise chez nombre de personnes. Il y a quelques années en arrière, ce sujet apparaissait largement tabou, alors que maintenant il n’y a quasiment plus de conversation qui ne fasse allusion à ce fléau omni-présent, avec une inquiétude à peine dissimulée quant à l’avenir… La prise de conscience est réelle.

     Comment vont évoluer ces phénomènes dans les prochaines années et que va-t-il en résulter ? Prévenus depuis une cinquantaine d’années de ces problèmes émergents et faute d’avoir réagi en temps, nous sommes maintenant pris au piège que l’on redoutait, avec une urgence absolue. De nombreux remèdes ont été proposés depuis un certain temps (par exemple dans : Michel Lerond, Les clés de notre avenir.- Persée, 2020.- 108 p.), avec un début de réalisation mais qui manque d’ampleur et de dynamisme. Adaptons-nous à cette nouvelle donne, puis simultanément prenons des mesures fortes et urgentes pour inverser la tendance au réchauffement du climat et à la perte de biodiversité. Nous vivons une fin de civilisation et il faut vite évoluer vers le Symbiocène !

     Il ne s’agit pas de faire peur, mais pour remédier à un problème encore faut-il bien l’appréhender et envisager les conséquences d’un manque de réaction. Faute de modifier notre trajectoire, nous irons vite vers des “réjouissances” comme ce qui est évoqué maintenant, avec des conséquences sanitaires et économiques parfois d’ampleur.

     Avec l’accélération du réchauffement climatique, les évènements liés au cycle de l’eau vont encore s’amplifier : records de pluies et d’inondations, avec des dégâts matériels qui amènent les assureurs à augmenter fortement les cotisations, voire refuser d’assurer certains biens. Quand en octobre 2024 il est tombé autant d’eau en un jour dans le midi qu’à Rouen en un an… on est déjà bien dans le film ! Inversement les perturbations du cycle de l’eau générent des sécheresses redoutables pour les cultures. Ainsi en 2024 avec canicule dans le sud et pluviométrie excessive au nord de la Loire, les rendements agricoles ont baissé de 22 % pour les céréales et 10 % pour la vigne, ce qui ne sera pas sans augmenter le prix des denrées produites et générer des pénuries alimentaires. Du fait du réchauffement, les précipitations intenses sont plus fréquentes, dans la mesure où une atmosphère plus chaude contient plus d’eau.

 A suivre le 6 décembre 2024.

 

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14 novembre 2024 4 14 /11 /novembre /2024 08:19

     Voilà presque dix ans que je publiais sur ce blog ma bibliographie. Bien sûr, depuis elle s’est enrichie, ce qui justifie cette actualisation. De 1972 à maintenant, ma bibliographie personnelle compte 1 280 références (ouvrages, articles, rapports d’études et de conseils et 822 chroniques du blog). Les principales publications constituent une vingtaine de références les plus représentatives de mon activité d’écriture :

- Etude des lichens dans le Parc Naturel Régional de Brotonne (Intérêt pour la mise en évidence des zones de pollution atmosphérique).- Rouen : Université (Diplôme d'Etudes Supérieures), 1975.- 185 p.

- Cadre naturel.- In : Normandie.- Paris : Bonneton, 1978.- p. 162-221.

- Cours masures en Pays de Caux.- Rouen : Museum, 1978.- 85 p.

- Evolution de la muséologie en sciences naturelles.- In : FOURAY, Monique ; LEROND, Michel, le 150ème anniversaire du Museum de Rouen.- Rouen : Museum, 1978.- p. 151-179.

- Les lichens épiphytes en Normandie orientale. Distribution, sociologie et application à la cartographie de la pollution atmosphérique.- Actes du Museum de Rouen, 1981, 1-2 : p. 1-300.

- Rouen, ville sur un méandre.- In : Rouen - Paris : Bonneton, 1990.- p. 9-37.

- Avec CHAIB, Jérôme ; BARDAT, Jacques : Gestion de l'espace et plantes protégées de Haute-Normandie. Guide pratique.- Rouen: CDM, Observatoire Régional de l'Environnement, 1991.- 89 p.

- Avec VAN HALUWYN, Chantal : Guide des lichens.- Paris : Lechevalier, 1993.- 345 p.

- Avec NOEL, Jean-Paul ; DELABARRE, Olivier ; DEVILLEPOIX, Patricia ; PIOLE, Lucette : Ernest Noury, naturaliste bucheois, 1877-1968.- Buchy : Valeurs Anciennes du Canton de Buchy, 1995.- 64 p.

- Avec LARRUE, Corinne : Recommandations pour conduire une évaluation environnementale des contrats de plan Etat/Région.- Paris : Ministère de l’aménagement du territoire et de l’environnement, 1998.- 53 p.

- Avec BERTAUX, Jean-Jacques ; LEMENOREL, Alain ; LEPELLEY, René ; NONDIER, Guy ; RAGACHE, Jean-Robert : Normandie.- Paris : Bonneton, 2001.- 320 p.

- Avec THIEVENT, Philippe : Opérations routières. Suivi et évaluation environnementale. Paris : Ministère de l’aménagement du territoire et de l’environnement, 2001.- 64 p.

- Avec LARRUE, Corinne ; MICHEL, Patrick ; ROUDIER, Bruno ; SANSON, Christophe : L’évaluation environnementale des politiques, plans et programmes. Objectifs, méthodologies et cas pratiques.- Paris : Editions Tec et Doc, 2003.- 314 p.

- Avec LANMAFANKPOTIN, Georges : Le développement soutenable. Evaluation simplifiée dans un contexte Nord-Sud.- Paris : L’Harmattan, 2007.- 187 p.

- Avec MAURY-DELEU, Virginie ; HARDEL, Blandine ; GOSSELIN, Olivier ; PESQUET, Gilles ; FAJON, Philippe   : Clos-masures et paysage cauchois.- Rouen : CAUE et Point de Vues, 2008.- 256 p.

- Qu’est-ce qu’on attend ? Chroniques (2008-2009).- Paris : l’Harmattan, 2010.- 149 p.

- C’est bientôt la renaissance ? Pour sortir de la crise écologique.- Paris : l’Harmattan, 2013.- 156 p.

- Quel foutoir la nature ! Mini-nouvelles (2008-2016).- Paris : Les impliqués éditeur, 2016.- 170 p.

- Faire passer le message.– Aix-en-Provence, Editions Persée, 2018.- 160 p

- Les clés de notre avenir.- Sainte-Luce-sur-Loire, Editions Persée, 2020.- 108 p.

- A demain… si vous le voulez bien.- Sainte-Luce-sur-Loire, Editions Persée, 2023.- 108 p.

     La bibliographie complète peut être obtenue sur demande à michel.lerond@orange.fr . Ces publications et des souvenirs professionnels ont fait l’objet d’un don aux Archives Départementales de Seine-Maritime en 2015. Il s’agit de documents relatifs aux Naturalistes Bucheois, ma correspondance, mes différents postes de travail, notamment le Museum de Rouen, l’Observatoire régional de l’environnement et ma vie de consultant. Tous ces documents peuvent être consultés en salle de lecture du pôle des archives historiques : 42 Rue Henri II Plantagenêt, Pôle culturel Grammont, 76100 Rouen - Tél. : 02 35 03 54 95 / Mail : archives@cg76.fr

     Par ailleurs, mon herbier de lichens comporte plusieurs centaines d’échantillons provenant essentiellement de Normandie, mais aussi de toute la France. Il a été déposé au Museum de Rouen vers 2005. Il est stocké dans les réserves du musée et peut être consulté sur demande auprès du chargé de conservation : tel. 02 35 71 41 50.

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31 octobre 2024 4 31 /10 /octobre /2024 09:14

     Avec ce qu’on lit et entend, il y a de quoi s’interroger sur notre avenir et surtout celui de nos descendants. C’était le thème de notre chronique « Le moral dans les chaussettes » du début de cette année.

     Pour se faire une idée plus précise à ce sujet, rien de tel que de discuter avec des jeunes. C’est ce que j’ai fait avec mes petits enfants. Pour eux il n’est pas évident de se projeter dans l’avenir, d’autant plus que les réseaux sociaux créent du trouble plutôt que de clarifier les choses. Ils se sentent tout de même prêts à passer outres les aspects négatifs et ne sont pas vraiment inquiets. En fait ces questions sur le futur leur apparaissent comme des préoccupations d’adultes qui ne les concerneront, eux, que plus tard. Ils ont été marqués davantage par le confinement dû au Covid qui les a privés d’une partie de leur jeunesse. Les lycéens semblent davantage préoccupés maintenant par l’enseignement qu’ils trouvent compliqué et mal adapté. Le dérèglement climatique ne les stresse pas, comme s’il s’agissait d’un changement évident.

     Par ailleurs les jeunes achètent de moins en moins de vêtements neufs, pour des motivations financières en même temps que pour des considérations environnementales.

     Plus globalement des enquêtes récentes montrent qu’il est difficile pour les jeunes de se priver de certains plaisirs, même s’il s’agit de réduire leur impact sur l’environnement. Agir pour la planète supposerait d’en avoir les moyens financiers. Cela peut toutefois aller avec un sentiment de culpabilité, ce à quoi peuvent remédier les parents avec un bon dosage éducatif relatif à la responsabilité personnelle, sans « saouler » les enfants qui trouvent parfois pénible les discours répétitifs sur les renoncements en tous genres pour sauver le climat. Les jeunes se sentent parfois comme une génération martyre alors que ce sont les précédentes qui ont créé cette situation. Ils vivent cela comme une atteinte à leur jeunesse et leur liberté. A cet égard il convient de reprendre le discours éducatif pour insister sur le fait que l’alimentation, les voyages, les pollutions ont un impact sur la planète et donc sur les Humains. Il s’agit donc d’une démarche de respect des autres, de vie en commun aussi harmonieuse que possible.

     Du fait de la multiplication des catastrophes climatiques (sécheresses et incendies, inondations et tempêtes) depuis quelques années, le taux d’éco-anxiété chez les jeunes a beaucoup augmenté. Cette génération va arriver aux commandes sous peu. En tirant les leçons des échecs d’un passé récent, ils vont pouvoir « refaire le monde », sachant qu’il n’y a pas d’alternative autre que tout refaire pour ne pas s’effondrer…

     Prenons bien la bonne voie : pas de violence et dialoguons sans traîner, il y a urgence ! Il faut reconstruire l’école, les mentalités, la démocratie, l’Europe, les relations internationales, l’économie, les écosystèmes, le climat... Le monde s’est fourvoyé, il faut le refaire ! Mais quel challenge unique pour une nouvelle génération !

Vite, Construisons le symbiocène !

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18 octobre 2024 5 18 /10 /octobre /2024 11:12

     Récemment j’ai connu une expérience toute nouvelle pour moi, la maladie. Si j’évoque cela, ce n’est pas pour raconter ma vie mais pour proposer une réflexion sur deux thèmes à propos des cancers : devant une situation qui paraît désespérée, il faut garder espoir ; et la multiplication des cancers est en lien, notamment, avec les pollutions de toutes sortes.

    Je n'avais pas été malade depuis... 60 ans, quand j'ai été stupéfait, mi-novembre 2023 par une pancréatite "aigüe et atypique" qui a interpellé les médecins du CHU de Rouen. C'est là qu'ont commencé des investigations qui témoignent de la pugnacité du corps médical, ce dont je le remercie encore. Cela a abouti à ce que l'on pouvait craindre, un cancer du pancréas, mais heureusement repéré très tôt et bien localisé.

    J'ai ainsi fait la découverte... de la maladie et du monde médical. Après 129 rendez-vous médicaux en 8 mois, 5 cures de chimiothérapie, une ablation d'un tiers du pancréas et 5 semaines d'hospitalisation, les résultats sont là. Les cellules cancéreuses ont été éradiquées et la chimio post-opératoire prévue annulée. Pour autant tout n'est pas réglé. Cette épreuve m'a bien anéanti et j'aurai besoin encore de nombreux mois pour récupérer. Je resterai sans doute un peu affaibli, mais en vie. Cette expérience, pour curieux que cela puisse paraître, a été enrichissante sur les deux plans que j’évoquais en introduction.

     Qui dit cancer pense maladie grave et parfois, malgré les progrès considérables en ce domaine, vie en sursis, qui plus est s’agissant du pancréas, un des cancers les plus redoutables… Pour ma part, j’étais bien conscient des risques encourus, mais à aucun moment je n’ai pensé que ce serait fatal pour moi. Etrangement, je me suis mis comme entre parenthèses, une forme de déni peut être, faisant une confiance totale aux médecins et à mon corps, acceptant tout et totalement convaincu que j’allais survivre à cette épreuve ; c’est ce qui est advenu. J’ai eu la « chance » de faire une pancréatite qui a déclenché un « parcours du combattant » sans répit. Les examens répétés ont permis de localiser très tôt la tumeur maligne et de l’exterminer par des moyens puissants. Il faudrait le concours d’un psychologue pour analyser mon état d’esprit, c’est comme si je m’étais replié sur moi-même, totalement concentré sur la maladie, avec un désir farouche de surmonter cette épreuve. Quoi qu’il en soit, et le saura-t-on un jour, le fait est que devant une situation qui paraît désespérée, il ne faut pas renoncer, se battre autant que possible et garder espoir. Cela étant toutefois quasi impossible dans certains cas, hélas, quand la maladie est la plus forte.

     Mais pourquoi ce cancer ? Les causes dominantes des cancers du pancréas sont le tabagisme et l’alcoolisme, sujets qui ne me concernent pas du tout. Evoquant cela avec un ami, celui-ci m’a rappelé que j’ai habité longtemps en pleine campagne brayonne : « tu étais vraiment exposé aux pesticides des terres cultivées alentour ». Va savoir, mais… Tiens donc, moi défenseur de l’environnement, victime des pesticides ! On ne le saura jamais et rien ne peut le prouver, mais l’hypothèse est plausible. Ceci d’autant plus avec toutes les études qui sont menées et qui alertent depuis des années sur le fait que la multiplication des cancers est en lien direct avec les pollutions de toutes sortes. Qu’il s’agisse de l’air que nous respirons, de l’eau que nous buvons, y compris certaines eaux minérales, de la nourriture dans une certaine proportion… tout est plus ou moins pollué ! Certes les doses sont souvent faibles mais qu’en est-il véritablement quant aux cumuls de polluants entre différentes sources et des synergies entre ceux-ci ? Notre monde est souillé à un tel point que la multiplication des cancers y trouve une explication essentielle. Là encore, sur le plan de la santé, il est urgent de bifurquer comme nous ne cessons de le rappeler, et cela concerne chacun de nous !

     D’un point de vue personnel, après ce basculement de vie, je suis devenu un autre homme, et voilà que j’ai le sentiment de vivre dans un nouveau monde, avec cette ambiguïté qu’à la fois la maladie nous isole, nous soustrait du monde ordinaire et aussi nous ramène à l’essentiel, l’essence même de la vie. La vie se mène alors en direct avec le souci de se préoccuper du moment présent. La maladie est une sacrée leçon de vie.

     En tant qu’humain, comme n’importe quelle petite bestiole, mon premier souci est le réflexe de survie. Eh oui, je vais survivre, me laissant porter par les personnels de la santé, omni-présents et déterminés, dans un contexte « administratif » parfois cependant un peu surréaliste. Et puis surtout j’ai réussi avec la présence et le soutien total de ma famille proche et quelques amis. Merci à toutes et tous et à très bientôt, pour une vie riche et heureuse.

 

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11 octobre 2024 5 11 /10 /octobre /2024 08:52

     Il est urgent de bifurquer pour éviter que notre civilisation n’aille dans le mur pour de bon ! Mais comment faire lorsque l’on est dans une telle urgence et devant d’énormes défis, comme notamment le dérèglement climatique ?

     C’est ce qu’ont étudié les chercheurs qui ont conclut une étude internationale après avoir examiné 1 500 politiques climatiques mises en place entre 1998 et 2022 dans 41 pays. C’est dire le bien fondé de leurs conclusions. Et oh stupeur, sur ces 1 500 politiques climatiques, seules 63 sont performantes… Les plus efficaces sont celles qui combinent plusieurs mesures telles que interdictions, taxes et incitations, alors que prises isolément, ces mesures n’ont qu’un effet marginal. Par exemple, interdire les voitures thermiques ou fermer les centrales au charbon peuvent paraître des mesures fortes alors qu’elles ne présentent pas de réelle efficacité. Les chercheurs ont montré que ces mesures restent peu valables quand elles sont mises en œuvre isolément, et de plus elles doivent considérer l’ensemble de la problématique et éviter, par exemple, la caricature des voitures électriques qui ne prennent en compte que le fonctionnement de la voiture et « oublient » sa fabrication et son recyclage. L’important c’est la bonne combinaison des mesures prises, en évitant la multiplication des politiques et les mesurettes opportunistes en fonction de l’actualité du moment.

     Parmi les exemples satisfaisants, on peut citer le secteur de l’électricité au Royaume-Uni où des progrès significatifs ont été constatés. Ces bons résultats ont été obtenus par l’introduction, en 2013, d’un prix plancher du carbone et par une planification de l’expansion des énergies renouvelables, des normes plus strictes en matière de pollution atmosphérique, et l’élimination progressive des centrales à charbon. Un autre exemple, dans le secteur industriel en Chine, les systèmes d’échange de quotas d’émission, complétés par une réduction des subventions aux combustibles fossiles et des incitations financières, ont considérablement réduit les émissions après quelques années. Enfin, en Allemagne, la réforme de l’écotaxe et l’introduction d’un péage pour les poids lourds constituent une autre réussite notable dans le secteur des transports qui présente le plus grand potentiel de complémentarité.

     Au niveau européen, la nouvelle Commission devra proposer une initiative législative sur un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre à 2040, sachant que l’on est encore loin de la neutralité carbone. Février 2025 est la date prévue pour la publication des nouveaux engagements climatiques des Etats dans le cadre de l’Accord de Paris. Il est prévu que ces nouvelles mesures prennent en compte aussi une transition écologique des pratiques agricoles. Au niveau régional normand, la Région Normandie et l’ADEME viennent de s’engager dans un dispositif de transition écologique et énergétique avec 5 intercommunalités tests pour mettre en place des politiques d’achats responsables, la rénovation énergétique des bâtiments ou des projets d’énergie renouvelables. Plus localement encore, la com’com Inter-Caux-Vexin (55 communes entre Buchy, Martainville-Epreville et Montville) vient de prendre en main la compétence « mobilité » pour développer les alternatives au « tout voiture ».

     On avance, mais il faut davantage de volonté politique et des mesures plus rationnelles pour parvenir à une efficacité réelle.

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26 septembre 2024 4 26 /09 /septembre /2024 16:57

     La France nous a offert cet été le spectacle consternant d’une classe politique immature qui reste enfermée dans ses petits calculs politicards au lieu de se mettre au niveau des vrais enjeux de notre époque. Ainsi la dissolution de l’Assemblée Nationale, la nomination d’un Premier Ministre, puis la formation d’un gouvernement ont occupé les esprits et les médias pendant des mois, bien au-delà du raisonnable et pour des objectifs bien en-dessous des réalités.

     Dans ce contexte il a été question des sujets « prioritaires », à savoir surtout le déficit de la France et son futur budget. Certes ces questions sont importantes et préoccupent légitimement les personnes les moins à l’aise financièrement. Mais pour se préoccuper de notre avenir financier, encore faut-il exister et donc survivre aux crises actuelles, d’une toute autre importance. La vraie priorité c’est le dérèglement climatique qui s’amplifie, qui va plus vite et plus fort que prévu. C’est ainsi que l’on observe depuis des mois la multiplication des canicules, incendies de forêts, inondations, coulées de boues, éboulements en montagne ou en bord de mer, etc. dans le monde entier, la France n’étant pas épargnée.

     Ce dérèglement climatique commence à générer des pertes de rendement des cultures, des famines, des conflits et des migrations. C’est là qu’est la matrice de futurs problèmes économiques liés à la production alimentaire et l’énergie et aussi à des migrations climatiques qui pourraient bien devenir ingérables. Dès son arrivée, le nouveau Premier Ministre a tenu à rappeler que la croissance serait sa priorité. C’est le monde d’hier qui est au pouvoir alors que nous attendons un monde d’aujourd’hui, préparant le futur de nos descendants pour leur éviter les crises terribles de l’Humanité qui se profilent à l’horizon… Près de 400 scientifiques du GIEC ont récemment partagé leur vision de l’avenir climatique auprès du quotidien britannique The Guardian. La majorité d’entre eux estiment que le réchauffement va dépasser la barre des 2,5°C et appellent à agir dès maintenant pour inverser la tendance. Il va nous falloir en effet bifurquer, au plus vite, changer notre manière de vivre. Les politiques, d’abord, qui sont sensés préparer l’avenir vont devoir évoluer, de même que les pays riches qui vont devoir assister les plus pauvres, mais aussi les entreprises qui vont devoir repenser leur raison d’être afin de répondre aux seuls besoins du peuple plutôt que pousser à la consommation pour enrichir les actionnaires. Enfin nous-mêmes allons devoir changer pour réinventer notre vie, surtout pour ce qui concerne l’alimentation et les déplacements.

     C’est l’alerte générale, la situation est grave, mais pas désespérée ! Les points de bascule sociaux existent, des petits changements chez des personnes ou des petits groupes peuvent in fine déclencher des actions de restauration du climat à grande échelle. Il existe déjà de nombreux exemples de jeunes qui renoncent à des activités polluantes, qui réduisent leurs déplacements, de personnes qui abandonnent leur métier pour s’installer à la campagne avec une activité de maraîchage ou d’élevage, etc.

     Et pour enrichir notre réflexion, ces trois livres récents sont plus que jamais d’actualité :

- Faire passer le message - Persée, 2018.- 158 p. – 14€20

La biographie d’un lanceur d’alerte et les grandes questions environnementales.

- Les clés de notre avenir - Persée, 2020.- 100 p. – 10 €

93 propositions concrètes pour « refaire le monde ».

- A demain… si vous le voulez bien - Persée, 2023.- 108 p.- 13€50.

Une réflexion sur notre avenir commun.

A se procurer dans toute bonne librairie et sur Internet.

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13 septembre 2024 5 13 /09 /septembre /2024 08:09

     Tout le monde le sait maintenant, et l’admet plus ou moins, l’effondrement de la biodiversité et le dérèglement climatique sont des réalités avec lesquelles nous ne pouvons plus tergiverser, parce que les Humains, eux aussi, ne sont pas à l’abri de l’extinction… Les décideurs, politiques et économiques, le savent, mais restent très pondérés dans leurs changements de comportement...

     Comment faire, en effet, pour que les décideurs et les Etats de la planète entière puissent travailler ensemble pour un but commun, alors que les tensions géopolitiques et les enjeux économiques sont aussi prégnants. A ce niveau planétaire qui est la dimension des enjeux en cours, il n’y a pas d’hésitation, la voie principale est la réglementation, même si celle-ci présente une certaine souplesse pour l’application. C’est la position qui a été adoptée par l’ONU il y a peu.

     C’est une résolution historique qui fut prise en octobre 2021 par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. Celui-ci a reconnu le droit à un environnement sûr, propre, sain et durable comme droit humain, ce qui assurément a constitué une avancée, au moins dans les esprits. Ce droit a été validé par les 161 États membres lors de l’Assemblée générale des Nations Unies en juillet 2022. Le texte incite les États à adopter des politiques visant à permettre l’exercice de ce droit, afin de le rendre effectif.

     Pour aller plus loin, c’est au printemps 2023 que l’ONU a demandé à la Cour Internationale de Justice (CIJ) de définir les obligations des états en matière de lutte contre le dérèglement climatique. Cette résolution adoptée le 29 mars 2023 a été qualifiée d’historique par le secrétaire général de l’ONU. La CIJ a précisé qu’il s’agissait d’un défi sans précédent, de « portée civilisationnelle ». Bien que non contraignant, cet accord doit être appliqué dans le monde entier et aussi bien maintenant que loin dans le futur.

     Bien entendu, entre les directives onusiennes et leur mise en pratique, il peut y avoir une certaine distance… mais de plus en plus d’Etats, et leurs dirigeants, prennent conscience que certains enjeux environnementaux vont bien au-delà de leurs divergences et concernent toute l’Humanité. Gardons l’espoir ! Tout ceci sans oublier que, au-delà des dirigeants, nous sommes nous-mêmes concernés et parfois directement responsables. Pour ne prendre qu’un seul exemple, les déchets que l’on côtoie, je le crains, de plus en plus sur le bord des routes ou les trottoirs des villes. Comme chacun le sait, une bonne partie de ces déchets finissent à la mer, soit entre 75 et 200 millions de tonnes, l’équivalent d’un camion poubelle déversé chaque minute… Ces déchets se désintègrent en microparticules dévastatrices pour l’environnement et la santé.

     Les réglementations internationales de l’ONU s’adressent donc aux 161 Etats signataires, mais aussi… aux huit milliards de Terriens personnellement !

 

Depuis près de trois mois ce blog a connu une interruption due à des raisons de santé. Le rétablissement est en cours et vous pouvez maintenant retrouver votre blog, à périodicité variable. Bonnes lectures !

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27 juin 2024 4 27 /06 /juin /2024 17:11

     Mais c’est qui « ils » ? Et si c’était nous ? Voilà bien la bonne question : « Pourquoi détruisons-nous la nature ? » posée par Bruno Duval dans son livre portant ce titre (auto-édition Copyright 2023 Bruno Duval, 355 p.).

     Pourquoi donc détruire la nature qui nous fait vivre ? Il faut toujours revenir aux questions basiques avant de rechercher des solutions aux problèmes que, souvent, nous avons créés nous-mêmes… L’auteur essaie de répondre à des questions successives afin de préciser, entre autres, si l’espèce humaine est la seule à détruire la nature et si nos ancêtres préhistoriques la détruisaient déjà ? Notre alimentation carnée, notre surpopulation ou notre propension à toujours produire plus ne sont-elles pas pour quelque chose dans cette destruction ? De même, l’organisation de nos sociétés, souvent rivales, les religions, les techniques, l’économie ou l’urbanisation ne seraient-elles pas aussi des facteurs de destruction de la nature ?

     Ce livre traduit une recherche très complète pour tenter de répondre à cette question dont la réponse n'est pas si aisée. L’auteur a eu ce grand mérite de réaliser ce travail de recherche sur le « pourquoi » des choses, qui n'avait pas encore été fait, ou en tous cas, pas avec autant de pugnacité, de désir d'aller au fond des choses. Cette réflexion fait penser à une « psychanalyse de l'espèce humaine » qui va titiller nos vices, tares et besoins réels... Tout est examiné, nos instincts, les structures, notre ressenti jusqu'au plus profond, ce qui amène le lecteur à s'interroger sur sa propre responsabilité de la destruction colossale de notre univers qui se déroule devant nous en direct. Plus besoin de science-fiction ou de films futuristes, les choses annoncées sont là, déjà plus vite et plus fort que prévu…

     Pour ma part, j'ai tenté d'aborder ce sujet, notamment sur mon blog, en restant "optimiste" dans la mesure où, à mon avis, il faudra bien trouver un compromis dans cet embrouillamini de nos idées contradictoires, faute de quoi nous risquons d'aller tout droit vers un effondrement de notre civilisation, et pourquoi pas la disparition de notre espèce… Je suis persuadé que notre avenir réside dans la mise en place du Symbiocène, faute de quoi... J'ai synthétisé mon avis sur cette question dans une chronique de début d'année : http://www.michel-lerond.com/2024/01/anthropocene-c-est-la-fin-construisons-le-symbiocene.html

      Merci encore pour votre livre Bruno Duval, continuez ainsi, cela fera avancer les choses et il y a urgence.


 

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18 juin 2024 2 18 /06 /juin /2024 11:28

      C’est à plusieurs reprises que nous avons évoqué sur ce blog le Verger Conservatoire du Lycée Professionnel Agricole du Pays de Bray (Normandie) qui a pour objectif la sauvegarde et la valorisation de pommiers originaires ou représentatifs de ce territoire.

      C’est en 1987 que Fernand Bazerque découvrait les vestiges d’une collection de pommes et poires dans l’ancien potager du château de Merval (76) près de Gournay-en-Bray. Depuis, sous l’impulsion notamment de François Juguet, président de l’Association du Domaine de Merval, la collecte et la plantation ont permis de réunir 6 000 pommiers de 420 variétés, avec des arbres bien étiquetés et référencés, dont une moitié en pommes à cidre et une moitié en pommes à couteaux.

      Des donateurs, des mécènes et des collectivités territoriales ont apporté leur concours à la pérennité du Verger ! C’est surtout la Région Normandie qui a mis au point une logistique de sauvetage de la pomme, sous le nom de « Pommes à cidre et à jus » pour concourir à un financement de 140 000 € (Fonds européen Leader, Région et autofinancement). C’est depuis 2021 que les partenaires du Verger ont déterminé les variétés présélectionnées, suivies sur les plans agronomique et technologique à Merval et plus largement dans toute la Normandie. La présélection a donné lieu à une notation selon une analyse multicritère qui débouche sur des fiches variétales destinées aux producteurs et transformateurs afin de préciser la régularité, typicité et rusticité des variétés sélectionnées. D’ici septembre 2024, cette démarche va permettre de remettre à l’honneur les pommiers de Merval. En effet, après un gros travail mené par Hélène Jouve, responsable du Verger Conservatoire de Merval, avec le CTPS (Comité technique permanent de la sélection), un arrêté a été pris le 28 novembre 2023, avec parution au Journal Officiel, pour sélectionner 22 variétés présentes à Merval et versées en Collection Nationale. Ceci implique que le Conservatoire de Merval s’engage à conserver ces variétés et à répondre aux demandes des organismes intéressés. Avec cette reconnaissance, les pommiers de Merval acquièrent une plus grande visibilité aux niveaux national et européen, le Conservatoire va établir des relations plus suivies avec d’autres gestionnaires de collections et pourra bénéficier plus facilement de soutiens financiers. Voilà une belle reconnaissance du travail accompli depuis près de 40 ans, une belle reconnaissance des richesses du Pays de Bray et de la Normandie. Bravo aux acteurs !

     Sans citer les 22 variétés retenues, mentionnons quelques noms des plus poétiques : Grise dieppois, Jaunet de Gournay et Tête de Brebis pour les pommes à cidre ; Curé de Bray, Petit pigeonnet et Reinette Fardel pour les pommes à couteau. Régalez-vous !

     Rappelons-le, la pomme est originaire d’Asie centrale, arrivée avec la route de la soie chez les Arabes, les Grecs et les Romains pour s’implanter en Normandie via le Moyen Orient puis le Pays Basque. Avec ce renouveau dû au Verger Conservatoire de Merval, les Normands retrouvent l’odeur de leur pays qui était dans une pomme ! Et avec un bon coup de cidre… alors là, on retrouve la vraie Normandie !

 

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1 juin 2024 6 01 /06 /juin /2024 10:15

     La violence, en France et ailleurs, est devenue omniprésente, atteignant des fréquences et des intensités que l’on n’aurait jamais imaginé. Le crime est devenu une actualité quasi quotidienne. Au-delà de ces « dérives » à l’échelle des individus, voilà que les conflits entre Etats ou entre communautés se multiplient sur toute la planète, générant la peur chez la plupart d’entre nous et parfois stimulant la révolte de certains jeunes qui veulent défendre telle idéologie ou telle communauté menacées. Dans le même temps, des Etats se mobilisent, plutôt que pour tenter de calmer le jeu et retrouver la paix, pour négocier des ventes d’armes, accroître la fabrication de celles-ci et créer des ententes militaires pour ne pas être pris au dépourvu.

     Cela c’est le présent, mais que sera l’avenir proche avec ce qui nous attend en matière de dérèglement climatique et d’érosion de la biodiversité, d’autres formes de violence contre la nature cette fois. Soyons réalistes, ces données de notre futur proche ne sont pas des vues d’écolos hystériques ou d’alarmistes décérébrés, ce sont « simplement » la réalité qui prend de l’ampleur sous nos yeux, en « direct live » ! Les inondations, sécheresses, tempêtes se multiplient partout avec une ampleur inattendue. Les conséquences, hormis les destructions d’habitations ou d’entreprises et infrastructures, vont bientôt générer des famines dues aux baisses de productions alimentaires, des migrations dues aux catastrophes climatiques, autant dire de nouvelles violences et parfois des guerres. Comment surmonter toutes ces crises ?

      Il n’est pas impossible qu’un jour la nature fasse preuve, à son tour, de violence à l’encontre des humains qui l’ont tellement martyrisée. Ce sera alors la guerre de la nature contre les humains, espèce invasive. L’effondrement de notre civilisation n’est plus une vue de l’esprit mais une réalité qui va s’amplifier. On peut imaginer que divers cataclysmes effacent un jour les traces des humains, épargnant quelques survivants qui pourront réinventer une société plus clairvoyante et respectueuse de son milieu de vie. Pessimiste indécrottable, dites vous ? Je pense seulement être réaliste :

     - En France, après les inondations et coulées de boue de novembre 2023 et janvier 2024 dans le Nord et Pas-de-Calais, 304 communes ont été reconnues en état de catastrophe naturelle, 710 personnes ont dû être évacuées et de nombreuses maisons sont devenues inhabitables.

     - Dans plusieurs pays du Golfe, et en particulier à Dubaï, le 16 avril 2024 il est tombé en 24 heures autant d’eau qu’en deux ans, soit 254 millimètres. Ces pluies torrentielles ont causé une trentaine de morts, inondé des centres commerciaux, effondré des routes et paralysé tout le pays.

     - Fin avril 2024, la Chine a connu des pluies diluviennes qui ont fait une quinzaine de morts, nécessité l’évacuation de 110 000 habitants de la province la plus peuplée, le Guangdong qui compte 127 millions d’habitants et des dizaines de milliers d’usines.

     - Le 26 avril 2024, en une seule journée, le centre des Etats-Unis a été frappé par 70 tornades provoquant des dégâts matériels considérables, des dizaines de bâtiments ont été détruits, de même que nombre d’habitations, des lignes électriques, et de nombreuses toitures se sont envolées. 47 millions d’Américains ont été concernés.

     Cette chronique sera sans doute la plus lugubre de mon blog. Mais réveillons-nous, regardons les choses en face et agissons ! Il est encore temps et n’oublions pas que toute décadence peut être aussi l’annonce d’un renouveau.

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