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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 16:59

 

Dans le cadre de l’Académie des sciences, belles lettres et arts de Rouen, je donnais une conférence le 14 avril sur le thème de l’agriculture (une synthèse des nombreuses chroniques de ce blog sur le sujet). En voici un bref résumé :

         L’histoire de l’agriculture montre une évolution très lente au cours des siècles, puis une accélération prodigieuse à partir de la fin du 19ème siècle avec l’apparition des cultures industrielles et du machinisme agricole. A partir de la moitié du 20ème siècle, les intrans (engrais et produits phytosanitaires) deviennent de plus en plus importants.

Sans doute peut-on admettre que cohabitent différentes formes d’agriculture, mais aucune ne doit être nocive à la santé. L’agriculture conventionnelle actuelle s’apparente plutôt à un écocide en portant atteinte gravement à la faune et la flore sauvages, aux paysages et à la santé humaine. Même dite « raisonnée », l’agriculture a de gros progrès à faire pour devenir raisonnable et acceptable par tous les consommateurs.

Trois exemples montrent le niveau des préoccupations actuelles : les proliférations d’algues en Bretagne, la mortalité des abeilles et l’impact sanitaire des pesticides.

Ces constats ramènent à des considérations basiques : l’agriculture doit assurer d’abord l’alimentation des populations locales. Ainsi la planète semble redécouvrir brutalement l’importance stratégique de l’agriculture vivrière. Il faut maintenant assurer l’autosuffisance alimentaire d’un pays, d’une région, d’un territoire, ce qui suppose une réorientation totale de l’agriculture autour des savoirs locaux, notamment dans les pays du Sud.

Il est urgent de faire évoluer l’agriculture vers une priorité des politiques publiques afin d’assurer le besoin primaire de nourriture, en soutenant notamment la petite agriculture familiale. Il faut aussi que les consommateurs fassent leur propre révolution en privilégiant les produits locaux de saison et en ne faisant plus de l’expression « paysan » une injure, mais un compliment.

         En guise de conclusion, j’évoquais trois champs de réflexion qui me paraissent essentiels, sachant que des évolutions en cours sont porteuses d’espoir :

- 1. Préserver les sols (http://www.michel-lerond.com/article-23055064.html)

- 2.  « Nationaliser » l’agriculture vivrière (http://www.michel-lerond.com/article-nationaliser-l-agriculture-vivriere--39517958.html)

- 3. Evaluer l’agriculture (http://www.michel-lerond.com/article-evaluer-l-agriculture--40359787.html)

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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 09:15

Le Conseil scientifique du patrimoine naturel et de la biodiversité (CSPNB) vient de publier « La biodiversité à travers des exemples : services compris ». Cet ouvrage présente une centaine d’exemples concrets permettant d’apprécier les enjeux de la sauvegarde de la nature, permettant ainsi de mieux comprendre comment les Hommes utilisent la biodiversité et comment ils pourraient mieux « investir » sur la diversité du vivant. Le CSPNB, instance placée auprès du ministre de l’Ecologie, propose ce livre de 200 pages comprenant quatre chapitres illustrés pour chacun d’eux d’exemples concrets : culture et biodiversité, ingénieuse nature, les conditions pour la vie et les services du futur. Destiné aux gestionnaires de milieux naturels, enseignants, professionnels de l’environnement, scientifiques, ainsi qu’aux citoyens soucieux de sauvegarder la nature, cet ouvrage peut être téléchargé sur http://www.developpement-durable.gouv.fr

Il s’agit là, en fait, du troisième tome d’un ouvrage plus général. Le premier tome (2007) traitait de la biodiversité utile, les dangers qui la menace et les liens à recréer. Le second tome (2009) traitait des réseaux de la vie en apportant les éléments de compréhension de la biodiversité. Pour accéder à ces deux ouvrages : http://sosbiodiversite.wordpress.com/2009/03/25/la-biodiversite-a-travers-des-exemples/#comment-474.  

Rappelons que le CSPNB est chargé d’une fonction de veille, de conseil, d’alerte et de réflexion prospective sur l’ensemble des questions concernant le patrimoine naturel terrestre et, qu’il s’agisse de paysages, d’écosystèmes, d’espèces ou de génomes. Il émet des avis scientifiques destinés à éclairer les choix politiques, à la demande du ministre chargé de l’Écologie.

Yvon Le Maho et Robert Barbault, président et vice-président du CSPNB, résument parfaitement l’esprit de la démarche dans leur préface : « Il semblait acquis depuis quelques années que, comme pour le changement climatique, nos sociétés avaient enfin perçu l'importance de la biodiversité et l'urgence de la préserver. La grave crise économique et sociale que nous traversons actuellement semble avoir effacé cette salutaire prise de conscience… Or, même si on en reste à une vision strictement économique du monde, la dégradation des écosystèmes avec la perte des espèces qui y vivent, est fort coûteuse pour nos sociétés ; c'est l'effondrement de fonctions essentielles - épuration des eaux, pollinisation des fleurs donc production de fruits et de légumes... - qui interviennent dans ce que l’on appelle aujourd'hui des services écologiques… Oui, la biodiversité est un patrimoine irremplaçable pour nos sociétés et leur bonne santé culturelle, économique et sociale ! »

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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 08:47

 

La biosphère, c’est cette fine pellicule à la surface de la Terre dans laquelle prend place la vie, toute la vie. La vie s’appuie, elle-même pour une grande part, sur le sol, celui-ci est donc une ressource essentielle. Pourtant, au terme de 10 ans de travaux d’analyses des sols français, le rapport de l’Institut national de recherche agronomique (INRA) dresse un bilan qui, pour le moins, invite à la réflexion. Béton, érosion et pollution riment en effet avec… disparition.

L’imperméabilisation des sols est ce qui se voit le plus, avec l’étalement urbain, les infrastructures et les grandes surfaces commerciales. Ce « bétonnage » se fait essentiellement aux dépens des sols agricoles. Du fait de pratiques agricoles intensives, toutes les aspérités du paysage (haies, talus ou fossés) sont supprimées, ce qui favorise l’érosion des terres sous l’effet de la pluie et du vent. Les changements climatiques en cours pourraient bien accélérer ce phénomène. Par ailleurs, d’anciens sites industriels ou des décharges, autorisées ou pas, sont concernés par des contaminations, parfois de faible niveau, mais très pérennes dans le temps. Ceci sans omettre les résidus de pesticides, volatilisés bien au-delà des zones d’épandage et qui perdurent dans les sols.

Sous les sols, il y a… le sous-sol, largement exploité lui aussi  pour procurer les ressources nécessaires en minerais, produits pétroliers ou gaz. Les conditions d’exploitation sont parfois « limites », engendrant des gros dommages environnementaux en surface et des conflits potentiels entre exploiteurs, parfois néo-colonialistes et pays exploités, parfois peu scrupuleux.

Au total, ce grignotage des terres agricoles en France est en moyenne de 74 000 hectares par an. En Europe, les sols imperméabilisés représentent environ 400 m2 par habitant… Au niveau planétaire, ce sont 25 % des terres agricoles qui sont dégradées ! Cela rend encore plus difficile le défi qui consistera à nourrir 9 milliards d’humains en 2050, pour lesquels il faudrait 70 % d’aliments supplémentaires sur des terres de moins en moins fertiles, voire dans certaines contrées… sans sol.

Cette situation se constate en France malgré les Grenelle ou autres déclarations tonitruantes, malgré les directives européennes ou de la FAO (Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) au niveau mondial. Prenons garde aux conflits dont sont porteurs les accès aux denrées alimentaires, aux ressources naturelles, à l’eau en particulier. Beaucoup d’entre nous, dans leur village, dans leur quartier, dans leurs responsabilités locales ou professionnelles peuvent amorcer un virage. Il est grand temps d’agir, mais il est encore temps d’investir pour l’avenir. Quel beau challenge pour la jeunesse.

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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 08:16

 

L’Union Européenne s’est donné pour objectif de réduire d’au moins 80 % ses émissions de gaz carbonique d’ici à 2050, par rapport à 1990. Cet objectif s’appuie sur 7 scénarios qui combinent les économies d’énergie, le développement des énergies renouvelables, la séquestration du carbone et… le recours à l’énergie nucléaire. Le secteur de l’énergie, en Europe, génère plus de 50 % des émissions et l’objectif est de l’amener vers une production quasi décarbonée.

Dans ce contexte, réduire les émissions de CO2 fait penser d’abord à l’automobile puisque notre mobilité est très consommatrice d’énergie. C’est pourquoi l’ADEME s’evertue à promouvoir la voiture, les tricycles ou autres scooters électriques. L’objectif est bien d’aller vers une mobilité quotidienne décarbonée avec, en France, environ 2 millions de véhicules adaptés à l’horizon 2020. C’est ainsi que cette préconisation du Grenelle Environnement devrait permettre de diminuer les émissions de CO2 de 17,5 millions de tonnes.

Mais rien n’étant simple, l’exemple allemand refroidit un peu nos ardeurs : le programme très ambitieux lancé il y a deux ans pour développer les véhicules électriques est très loin des résultats prévus… du fait de la lenteur des constructeurs. Reste l’espoir de la propulsion à l’hydrogène, comme s’y emploient les Indiens. La technologie progresse, mais pour parcourir la même distance, le coût de l’hydrogène est deux à trois fois plus élevé que l’essence !

Pendant ce temps-là, le prix des carburants fossiles… flambe, en pleine campagne électorale. Chaque candidat y va de ses propositions « hardies » : gel des prix, réduction des taxes ou accentuation de la concurrence. La dernière idée en date fait fureur : puiser dans les réserves stratégiques, afin d’envoyer un signal politique fort en abaissant le prix à la pompe. Ceci à l’image des Etats-Unis qui sont eux aussi en campagne électorale… Cela ferait toujours quelques centimes de moins par litre pour le consommateur pendant quelques mois. Et après reprise de la hausse fatalement, puisque le fond du problème, c’est bien… le fonds du puits.

La solution la moins politiquement correcte, mais peut être la plus raisonnable, serait bien de laisser filer les prix puisque, l’expérience le montre toujours hélas, ce sera la meilleure pédagogie. Rien de tel pour diminuer la consommation d’un produit que d’en augmenter le prix. C’est alors que viendront, tout naturellement, la mise en application des économies d’énergie, l’innovation pour des véhicules de l’après pétrole, l’arrêt de l’étalement urbain, la décentralisation de l’emploi dans les territoires, y compris ruraux et la mixité emploi-habitat en ville. C’est sans doute dans cet esprit que la Commission Européenne envisage de faire interdire les véhicules à essence dans les centres urbains. De quoi « décarboner » les têtes !

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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 08:10

La ville devient parfois un refuge de vie sauvage inattendu et efficace. Cette situation paradoxale a déjà été évoquée à propos des abeilles (http://www.michel-lerond.com/article-36370896.html).

C’est ainsi que malgré la récurrence de l’étalement urbain, la réflexion progresse à propos des documents d’urbanisme qui, de plus en plus souvent, envisagent les conciliations possibles entre l’urbanisation et la biodiversité, voire l’agriculture. Cela se traduit par une évolution dans la conception des espaces verts, afin que ceux-ci soient davantage des refuges de nature ordinaire, plutôt que des compositions florales savantes. De même, on redécouvre parfois tout l’intérêt de sauvegarder ou recréer en ville des jardins familiaux, voire des espaces de maraîchage comme cela existait autrefois, permettant ainsi une production alimentaire de proximité en vente directe.

Dans certains cas, cette recherche de conciliation entre l’urbanisme et la nature va encore plus loin avec, par exemple, des toitures végétales d’habitations ou de bâtiments publics. Ainsi, le gymnase Vignoles dans le 20e arrondissement de Paris a été conçu afin d’offrir sur son toit 600 m2 de terrasses cultivables dans le cadre d’un jardin d’insertion sociale. C’est un exemple de réalisation qui devrait se multiplier dans le cadre du « plan biodiversité » adopté en novembre 2011 par la mairie de Paris qui prévoit 15 autres jardins en terrasses et 40 mares. Cette réconciliation nature-ville est aussi une occasion de faire travailler ensemble architectes, naturalistes et paysagistes, pour le plus grand bénéfice des habitants. Outre cette convivialité retrouvée entre acteurs, les avantages tiennent aussi à une isolation plus performante des bâtiments, une meilleure régulation des eaux de pluie, un équilibre paysager plus « naturel » et une plus grande diversité biologique.

On peut même aller jusqu’à concevoir un parc naturel urbain, comme à Poitiers sur les rives du Clain et de la Boivre ou comme à Rouen sur les bords du Robec et de l’Aubette.

Par ailleurs, le "plan restaurer et valoriser la nature en ville" est l’un des engagements du Grenelle de l’Environnement. Les enjeux sont en effet importants puisque la nature en ville rend ces services à peu de frais en redonnant à l’espace urbain tout son charme.

Pendant ce temps, à la campagne, la vie continue : retournement des prairies pour mise en cultures intensives, arrachages des haies, comblement des mares… situation paradoxale, n’est-ce pas ?

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 08:21

            La campagne électorale présidentielle française aborde surtout les sujets liés à l’emploi, au pouvoir d’achat ou la sécurité, ce qui est bien légitime puisque cela correspond à l’attente de très nombreux citoyens. Mais n’est-ce pas le rôle des politiques que d’alerter l’opinion sur les questions prioritaires, avec pédagogie et propositions. C’est ainsi que l’on parle d’économie, sans jamais se préoccuper, ou si peu, ni de la genèse ni de la prospective de ces questions.

Pourtant le mot économie, du grec oikonomia, signifie l’administration de la maison. Le mot écologie lui, vient de oïkos, habitat, et de logos, science ; soit l’étude des êtres vivants dans leur milieu, y compris les Hommes. Il serait donc logique que l’on se préoccupe d’abord d’écologie, puis en fonction de l’état des lieux, que l’on « administre la maison ». Ce raisonnement paraît toujours un peu dogmatique, pourtant c’est de la vie dont il s’agit. Il faut d’abord assurer les besoins primaires (se nourrir, se loger, se déplacer) avant d’envisager autre chose. Si les priorités sont bien celles-ci, où sont donc les propositions ?

Ainsi pour l’eau potable dont la gestion est devenue un défi à relever pour garantir la sécurité alimentaire et qui ne peut être un enjeu de marché. Ceci d’autant plus au moment où l’on découvre que près de 2 millions de Français reçoivent une eau non conforme et que l’agriculture est à l’origine des 2/3 de la pollution de l’eau potable… Il s’agit bien d’une priorité !

De même pour la biodiversité. Si au niveau mondial, de nombreux pays réfléchissent pour prendre en compte le capital naturel dans la vie économique, en France, les décisions reposent sur les bonnes volontés, plutôt que sur une politique ambitieuse, en refusant tout objectif chiffré... C’est bien une priorité !

 Concernant le climat, nous allons devoir nous habituer aux désordres climatiques, malgré les avertissements répétés du GIEC, et à gérer des migrations humaines importantes. Tout cela sans qu’il ne soit question de la taxe carbone qu’il faudra bien décider un jour… Voilà encore une priorité oubliée !

L’agriculture n’est-elle pas une autre priorité, en relation avec l’eau, la biodiversité ou le climat. Il faudrait la réorienter vers l’agro-écologie plutôt… qu’assouplir l’interdiction de pulvériser certains pesticides par voie aérienne, comme vient de le faire le Ministère de l’agriculture…

La question du nucléaire a été évoquée, mais où est la vision globale de la politique énergétique ? La filière a pris l’importance que l’on sait avec beaucoup de doutes sur la sécurité et l’approvisionnement en uranium. Il faut donc préparer une transition pour produire de l’énergie renouvelable et sécurisée.

Un lien doit être établi entre la crise économique et la crise écologique, du fait de l’hyperconsommation. Faute d’y réfléchir avec rigueur maintenant, il faudra bien vivre l’austérité demain…

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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 08:42

 

En janvier 2012, la Cour des Comptes publiait un rapport d’évaluation de la politique d’aide aux biocarburants en dressant un bilan environnemental très discutable, même si son utilité pour la filière agricole est réel. En 2008 déjà, nous avions attiré l’attention sur cette question (http://www.michel-lerond.com/article-25617505.html). Qu’on nous excuse de nous citer nous-mêmes : Le secteur le plus contesté est sans aucun doute celui des agrocarburants, longtemps défendus par l’ADEME, qui persiste dans ses choix, et qui sont maintenant largement considérés comme concurrents des cultures alimentaires, sans compter leurs impacts forts, notamment sur l’érosion de la biodiversité …C’est ainsi qu’en 2003 la France s’est lancée dans la production des agrocarburants sous la pression des céréaliers, en dehors de toute évaluation sérieuse… Une décennie plus tard… la Cour des Comptes recommande de redéfinir cette politique de soutien aux biocarburants. N’est-il pas savoureux de lire la recommandation 5 : acquérir une véritable connaissance, qui fait encore défaut, des données comptables et financières de la filière. Ou encore la recommandation 9 : satisfaire les exigences de transparence vis-à-vis des citoyens, consommateurs et contribuables, en faisant clairement savoir à l’opinion si la politique en faveur des biocarburants est une vraie composante d’une politique de l’environnement ou un simple volet d’une politique agro-industrielle. Nous y voilà, il ne s’agissait donc bien que d’une action de lobbying bien menée ! Mais maintenant que les usines de biodiesel et bioéthanol existent, on ne va pas les fermer et licencier le personnel, ce serait trop ballot…

         Au-delà de cette « embrouille » bien vendue en termes de communication, il est encore temps d’en tirer le meilleur profit. Faisons en sorte que l’agriculture utilise elle-même ses biocarburants pour devenir autonome au plan énergétique. Cela devrait permettre d’expérimenter, évaluer et mettre au point la filière des biocarburants de 2ème génération (la filière lignocellulosique) qui utilise la biomasse végétale des sous-produits de l’agriculture, donc sans concurrence avec les cultures alimentaires. On peut imaginer aussi d’aller plus loin dans cette voie pour rendre les exploitations agricoles autonomes en énergie et même « exportatrices » vers le monde rural environnant. La méthanisation, par exemple, est un procédé qui permet de valoriser les matières organiques (lisiers, boues de stations d’épuration des eaux, tontes de pelouses, déchets agro-alimentaires, de cantines, etc.) en produisant du biogaz. En Haute-Normandie, de nombreux projets existent, à l’image de Capik-Ikos en service à Fresnoy-Folny en Pays de Bray (www.capseine.fr/IMG/pdf/dossier_presse-web.pdf).

         Des solutions énergétiques innovantes existent, elles permettent de construire l’avenir pourvu qu’on les évalue en privilégiant l’intérêt collectif plutôt que celui de tel ou tel corporatisme.

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 11:23

 

A la veille de commémorer le centenaire de la première guerre mondiale de 1914-1918, le 20ème siècle est bien derrière nous. Ce siècle aura été marqué par deux guerres mondiales, des conflits innombrables, des génocides terribles, mais aussi par une accélération de la consommation de toutes sortes de produits. Après une amorce entre les deux guerres mondiales, cette consommation est devenue frénétique pendant les « 30 glorieuses », 1945-1975, pour devenir préoccupante à la fin du siècle, au moment où l’on prenait conscience des limites de notre planète. 

La brillance ce fut, de façon anecdotique mais significative, cette ampoule allumée dans la caserne des pompiers de Livermore aux Etats-Unis en 1901 et qui a brillé près d’un million d’heures jusque maintenant sans jamais avoir été éteinte ! Preuve s’il en est de la possibilité de performance technique.

L’obsolescence, ce fut l’harmonisation de la durée de vie des ampoules à incandescence ramenée à 1 000 heures, dans le monde entier dans les années 1920, au motif « qu’un article qui ne s’abîme pas est une tragédie pour les affaires »… C’est ce que l’on appelle l’obsolescence programmée qui regroupe les techniques visant à réduire la durée d’utilisation d’un produit afin de contraindre à son remplacement. Cette technique est d’autant plus performante si les producteurs d’un produit donné ont une position de monopole sur le marché.

Le film « Prêt à jeter », de la réalisatrice allemande Cosima Dannoritzer raconte l’histoire de ce concept, avec des exemples concrets (http://www.arte.tv/fr/3714422,CmC=3714270.html). Les exemples les plus connus sont sans doute, après les ampoules, les bas nylon « retravaillés » pour filer, les imprimantes conçues pour bloquer l’impression au-delà d’un nombre déterminé de copies ou les systèmes informatiques élaborés de façon à être incompatibles avec d’autres versions… Cela ne va pas sans un conditionnement du consommateur par la publicité pour lancer des modes et le convaincre de la nécessité de consommer des produits sans cesse renouvelés.

Cette surconsommation, ainsi organisée avec méthode, contribue à la diminution drastique des stocks de matières premières disponibles sur la planète. A l’autre bout de la chaîne, les déchets « non intéressants » pour les pays occidentaux arrivent par conteneurs dans des pays en développement trop peu scrupuleux, avec des conséquences environnementales dramatiques : pollutions des sols et des eaux par des produits toxiques et contamination des populations.

L’obsolescence programmée des produits n’est-elle pas aussi celle de notre planète ? Que ferions-nous sur une planète obsolète, « périmée du fait du progrès et de l’évolution technique »… Que le 21ème siècle soit celui de la brillance !

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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 08:56

 

PRQA, PPA, ZAPA, PDU, PLU, PCET, SCoT, SRCAE, PP. Dit comme cela, et prononcés à haute voix, on pourrait se demander si tous ces plans ne risquent pas de nous provoquer une insuffisance respiratoire… Pour reprendre une bouffée d’oxygène, on peut ajouter les PREPA ou encore le PNSE décliné en PRSE, qui vise justement la Santé-Environnement. Expliciter tous ces sigles n’a que peu d’intérêt puisque, s’ils concernent tout le monde, ils n’intéressent que bien peu de gens… (Voir http://www.airnormand.fr/ publications, l’Air Normand).

Certes tous ces outils ont leurs propres objectifs, ils sont certainement performants et témoignent de la volonté de l’Etat de prendre à bras le corps les problèmes de qualité de l’air et de climat. C’est une avancée incontestable. Comme le dit l’article 1er de la loi sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie (LAURE) de 1996 : « … Cette action d’intérêt général consiste à prévenir, à surveiller, à réduire ou à supprimer les pollutions atmosphériques, à préserver  la qualité de l’air et, à ces fins, à économiser et à utiliser rationnellement l’énergie… ». Bravo pour les intentions, quant aux moyens d’y parvenir… Certes l’atmosphère est un milieu complexe qui concerne une multitude d’activités et d’acteurs, pour ainsi dire toutes les activités et tous les acteurs. En effet, on peut vivre sans eau quelques jours tout au plus, mais on ne peut vivre sans air au-delà de quelques minutes !

         On est bien là dans un des travers français qui consiste à « réunionner », se concerter, planifier, pour finalement… oublier. Ne risque-t-on pas de voir pour l’air se reproduire ce que l’on a déjà connu pour l’aménagement du territoire, depuis plus de 30 ans, qui à force de multiples plans et schémas nationaux, de Schéma d’aménagement de la Basse Seine, de Directive territoriale et d’aménagement, de Schéma régional d’aménagement et de développement durable, et j’en passe, et malgré tout cela, c’est 40 ans plus tard que l’on commence à envisager, enfin, qu’il puisse exister un jour une liaison ferroviaire entre Caen et Le Havre !

         Se concerter et planifier, c’est très bien et même indispensable. Mais il faut le faire avec cohérence et la volonté d’AGIR. S’agissant de l’air et du climat, il conviendrait sans doute de regrouper tous ces plans dans UN plan national, décliné en plans REGIONAUX, applicables dans le cadre d’une REGLEMENTATION effective. A trop vouloir planifier indéfiniment, on prend le risque de manquer d’air !

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 18:51

 

 

Pour utopique qu’elle soit, la question mérite d’être posée et elle l’est par un certain nombre d’agriculteurs, les partisans de l’agriculture biologique en premier lieu. Certains prétendent s’en passer totalement, mais ce point de vue n’est pas unanime.

Pourtant, des études récentes démontrent le lien existant entre la présence de tumeurs cancéreuses et l’exposition aux pesticides chez les agriculteurs. Bien que la dangerosité des produits soit avérée, tout le monde n’est pas convaincu qu’il soit possible de supprimer totalement les pesticides en agriculture, eu égard leur efficacité anti parasites, sans vraie solution de remplacement. Toutefois, dans le cadre du plan Ecophyto de 2008 visant à réduire de 50 % l’utilisation des pesticides, 1 000 fermes expérimentales ont été mises sur pied avec le soutien de l’Etat pour étudier les conséquences des modifications de traitements.

Les mentalités ont évolué sur cette question taboue et un consensus semble se dégager sur la nécessité de diminuer les doses. On constate en effet l’apparition de parasites résistants aux pesticides, et donc une diminution des rendements, mais aussi la montée des préoccupations sanitaires pour les agriculteurs et le souci de réduire les coûts de production. Il reste à apporter la preuve des résultats pour convaincre plus largement.

Certaines préoccupations sont encore à la recherche de réponses, comme par exemple les cultures qui sont sans solution face aux attaques de maladies, notamment dans le domaine du maraîchage. Les agriculteurs attendent donc qu’on leur propose des solutions alternatives, sans impact sur l’utilisateur, le consommateur et l’environnement. Il faudrait d’abord sortir du piège qui consiste à faire conseiller les agriculteurs par les vendeurs de produits phytosanitaires ! Un organisme de conseil indépendant est indispensable pour orienter les techniques de culture vers une réduction des pesticides.

Il faudrait aussi se réorienter vers l’agro-écologie afin que l’espace agricole produise lui-même ses auxiliaires. Il faut pour cela revenir à des pratiques de bon sens comme les rotations des cultures, l’association culture – élevage, la préservation des haies, mares et talus, pour maintenir les habitats des auxiliaires naturels des cultures.

Alors, tout bio et sans pesticides ? Peut être un jour, mais allons progressivement pour assurer une transition écologique qui permette aussi de faire manger tout le monde, en se donnant en première urgence les outils indispensables de recherche et de conseil. Les choses avancent, réjouissons nous, mais il faut faire vite. Les Français attendent une autre relation entre l’agriculture, la nature et leur santé.

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