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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 07:58

        C’est l’histoire d’un petit garçon né il y a une cinquantaine d’années à Honolulu, dans l’état américain de Hawaï, archipel situé en plein centre de l’Océan Pacifique. Son père, noir, était Kényan, économiste et homme politique, de famille musulmane. Sa mère, blanche, était une Américaine du Kansas, de famille chrétienne d’origine irlandaise. Ses parents s’étaient rencontrés à Hawaï, en cours de… langue russe.

        Résumons : ce petit garçon est fils d’un Kényan noir musulman et d’une Américaine blanche chrétienne.

        Les parents du petit garçon, qui ont connu une certaine instabilité sentimentale et économique, se séparent et confient leur progéniture aux grands parents maternels à Hawaï. Le père retourne au Kénya. Puis la mère rencontre un étudiant Indonésien, se remarie, part en Indonésie à Jakarta, en emmenant son fiston. Celui-ci ne tient que 4 ans et décide de revenir chez ses grands parents pour suivre des études. Il poursuivra celles-ci en Californie, puis à New York et enfin Harvard, après avoir entre temps, été « organisateur communautaire » dans un quartier noir défavorisé de Chicago.

        Bref, si l’on prend en compte les ascendances sur plusieurs générations, notre petit garçon a eu des ancêtres kenyans, cherokees, français, germano-alsaciens, anglais, écossais et irlandais. Malgré cela, il épouse tout simplement une femme Afro-Américaine comme lui, et avocate comme lui.

        Notre petit garçon, devenu grand, sera alors titillé par deux passions : la politique et… le basketball. Le sport restera un loisir, mais la politique l’amènera à être… président, le 44ème président des Etats-Unis d’Amérique, Barack Hussein Obama. Quel parcours vertigineux !

        Que l’on approuve ou pas sa politique, quelle personnalité attachante que cet Afro-Américain, ce citoyen du monde, grand lecteur, écrivant lui-même ses  livres et discours. 

        Nouvellement investi pour un second mandat, Barack Obama a inscrit le changement climatique en tête de sa liste de tâches à accomplir. Certes il avait déjà fait cette promesse, puis l’a un peu oubliée. Mais entre temps, l’ouragan Sandy a marqué les esprits, alors qui sait ?

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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 08:19

      Le ciel était légèrement voilé en cette fin d’après-midi et la lumière moins intense que d’habitude. Dans le salon ils s’étaient réunis à quelques uns, plus ou moins affalés dans d’immenses fauteuils autour d’un thé. Il en est souvent ainsi lors des grands colloques, un peu harassants, ce qui permet des contacts inattendus. Ce fut le cas ce jour-là. 

      L’un d’entre eux interrogea ses compagnons à propos de la communication d’un Japonais qui rappelait que lors de la dernière déglaciation, il y a 14 500 ans, le niveau moyen des océans était monté de 16 mètres en trois siècles. Ce qui relativise fortement les discours actuels sur le réchauffement du climat… Encore un climato-sceptique, rétorqua un participant. 

      Un Américain fit remarquer que la grande sécheresse de l’été et l’Ouragan Sandy avaient interpelé sacrément l’opinion publique et que le lien avec le réchauffement semblait bien établi. 

      Ces propos laissèrent un peu sceptique un Indien : nous n’avons pas de preuves formelles. Seule l’expérience nous permettra d’être sûr, vers 2080 peut être. Le problème, c’est qu’à cette date, nous serons tous morts…

      Une jeune femme précisa que les émissions de gaz carbonique ont augmenté de 58 % entre 1990 et 2011, cela ne peut être sans conséquences.

      Un quinquagénaire, un peu hautain, prit alors la parole d’un ton cérémonieux, tenant sa tasse avec une grande dextérité : Vous avez raison madame, et aucun pays ne sera à l’abri de ces changements climatiques. Ainsi, sous les tropiques, les très hautes températures auront des effets terribles sur l’agriculture. Sans oublier une montée des eaux qui pourrait renforcer les dégâts des cyclones à attendre. Mais on verra aussi en Russie, en Amérique du Sud ou en Afrique des incendies dévastateurs. Tout cela aura des conséquences sur l’accès à l’eau potable en beaucoup d’endroits et inversement des précipitations très abondantes pourront entraîner des inondations qui vont accentuer la diffusion de polluants. La question majeure est de savoir si l’humanité sera capable de s’adapter à de tels changements. Pour notre part, nous sommes très pessimistes…

     - Mais au fait, dit l’un, on ne s’est pas présenté. Je suppose que vous, Monsieur, avec les propos que vous venez de tenir, vous représentez une ONG écologiste. 

     - Pas du tout, je représente la Banque mondiale. Nous avons publié un rapport fin 2012 à propos des conséquences dramatiques qui nous attendent si nous ne prenons pas des mesures drastiques dès maintenant.

     Plusieurs « colloquistes » se redressèrent, stupéfaits. L’un d’entre eux voulut reprendre sa tasse de thé, se pris les pieds dans le tapis, renversant tout le contenu de sa tasse sur les pieds de ses collègues… En somme un début d’inondation pour des gens qui n’avaient pas voulu voir les réalités ? C’était à Doha, au Qatar, fin 2012, lors de la conférence des Nations Unies sur le climat.

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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 09:47

     Sans toujours oser le dire, en fait tout le monde s’intéresse au sexe. Alors pourquoi ne pas en parler ici. D’autant que les perversions sont parfois des plus intéressantes par leur côté exotique…

     C’est ainsi que (distinguons seulement « mâles » et « femelles » pour ne citer personne), on a pu voir ces derniers temps, chez différents groupes, toutes sortes d’ébats à faire rougir… 

    On a pu voir, par exemple, un mâle cherchant à impressionner une femelle en « faisant une roue » invraisemblable. Cette parade sexuelle s’accompagnant de danses et de roucoulades diverses. Si un autre mâle avait osé le perturber à ce moment, il prenait le risque d’un meurtre !

     Il arrive que la femelle demande au mâle de s’asseoir sur elle avant l’accouplement, afin qu’elle apprécie ses aptitudes en fonction… de son poids. C’est étrange, non ?

     La pratique de l’homosexualité, que l’on prend parfois pour une perversion, est en fait une pratique répandue. Avec toute la discrétion qui s’impose, on peut observer des mâles qui vont de montes rapides par derrière à des embrassades fébriles et frottements de pénis.

     Oh mais, quel étourdi, j’ai omis de préciser que je n’évoquais pas ici seulement les hommes, mais tout le règne animal. Bien sûr, dans le premier cas, il s’agit du paon. Dans le second, c’est la femelle émeu qui « soupèse » son partenaire, on ne prend jamais assez de précautions !

     Quant aux « homos », alors là on n’en croit pas ses yeux ! Cette pratique est naturelle dans le règne animal. C’est le cas des dauphins qui se frottent les uns contre les autres, ou des manchots qui persistent à vivre en couple homosexuel, malgré la présentation de femelles très séduisantes. Les girafes aussi sont capables de se livrer à des orgies sexuelles entre mâles. Quant aux bonobos, aux mœurs bisexuelles très libérées, ils sont « homos » ou « lesbiennes » avec une frénésie inégalable. C’est ainsi près de 500 espèces animales qui pratiquent l’homosexualité : des cétacés, singes, mais aussi oiseaux, crustacés, insectes, araignées, ou autres vers… Quelle orgie, d’autant plus que dans la nature, la sexualité exclusive est finalement rare.

    Mais qui donc a dit que l’homosexualité était « contre-nature » ? La civilisation occidentale se caractérise par une opposition homme-animal qui est devenue obsolète… et qu’il convient de repenser.

 

    « Bêtes de sexe », l’exposition du Palais de la Découverte est ouverte jusqu’au 25 août 2013 afin de présenter les divers aspects de la sexualité animale : http://www.palais-decouverte.fr/index.php?id=2193 

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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 08:26

      La chose publique comme l’on dit, la gestion politique d’un territoire m’ont toujours tenté. A peine mes études terminées, je me suis présenté à une élection. Une fois élu, j’ai fait en sorte d’occuper un poste bénéficiant d’une indemnité. Puis je me suis présenté à une autre élection et là j’ai du faire campagne avec un peu plus de ténacité. J’ai fait beaucoup de promesses qui m’ont bien servi pour accéder à un second mandat. Là encore j’ai pu bénéficier d’une indemnité et ainsi vivre correctement. 

      Quand vint l’échéance de ces mandats, je ne pouvais plus faire autre chose. Il fallait donc que je sois réélu et j’ai dû batailler ferme, c'est-à-dire être à l’écoute en recevant toute personne me demandant un service, écrivant de ci de là pour solliciter un emploi, une bourse, une place en maison de retraite, ou tout simplement un déplacement de l’arrêt du bus scolaire… Oh j’avais bien conscience que cela relevait un peu de la démagogie, mais il fallait absolument que j’assure mon avenir en étant à nouveau élu. Ce qui fut fait pour mes deux mandats. Par précaution, j’en ajoutais un troisième et cumulais quelques fonctions annexes qui m’assuraient d’être toujours sur le devant de la scène. 

      Les campagnes électorales se succédaient et un jour je fus apostrophé par un contestataire qui osa me demander quel était mon métier. Je répondis la politique. L’imposteur éclata de rire et s’écria : la politique, c’est pas un métier, c’est une fonction, dans un pays démocratique ! Cela me glaça et je ne sus que répondre. Ce n’est qu’au milieu de la nuit qu’une pensée funeste m’est venue : je suis malade, complètement malade… Effectivement, le lendemain je continuais de survoler les rendez-vous, les inaugurations, les réunions, quant aux dossiers… on verrait plus tard avec les services. Mais cette fois, conscient de mon addiction au pouvoir, je manquais un peu d’entrain et me faisais rappeler à l’ordre pour promesses non tenues, engagements non respectés, décisions toujours pas prises… Je m’interrogeais alors sur la suite à donner à ma vie, sur le renouvellement ou pas de tous ces mandats, sur… mon métier. Je ne sus trouver la réponse, ou au moins un échappatoire, et me consolais en pensant que je finirais bien par obtenir une médaille pour une telle longévité.

     Au fil des jours toutefois, une rengaine me revenait en tête de façon obsédante : je suis malade, complètement malade, comme quand ma mère sortait le soir, et qu’elle me laissait seul avec mon désespoir. On aurait pu remplacer « ma mère » par « la politique », c’était du pareil au même ! Oui Serge Lama avait bien raison dès 1973… J’ai fini par recevoir, en grandes pompes, la médaille tant convoitée, mais depuis j’ai décidé de me soigner. J’ai trouvé le remède : http://www.michel-lerond.com/article-15883948.html.  

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 17:15

     Juste pour se faire peur, imaginons une grande ville traversée par un fleuve. Sur le fleuve un pont, avec de part et d’autre de grandes artères permettant le transit de 80 000 véhicules par jour. Sur le pont, un camion citerne chargé de 31 000 litres d’hydrocarbures, du fait d’une fausse manœuvre, se renverse. Au passage il accroche un camion frigorifique. La citerne est éventrée et s’enflamme, dégageant une chaleur intense. Les deux camions brûlent et le carburant en feu s’écoule sous le pont, au niveau de la travée qui enjambe le quai. Sur le quai, à cet endroit, se trouvent des caravanes et camions des forains qui animent la foire voisine. Les caravanes et camions s’enflamment. Le pont est ainsi chauffé par-dessus et par-dessous, il se déforme. Bien sûr, la circulation est immédiatement arrêtée et la ville bloquée pour plusieurs heures. Sous le pont passent des canalisations diverses. Une grosse conduite d’eau usée est rompue et se déverse dans le fleuve. De multiples réseaux de fibres optiques se consument et réduisent fortement les communications téléphoniques et internet sur un rayon de plusieurs dizaines de kilomètres à la ronde pendant plusieurs jours. Une première expertise a montré que le tablier du pont est déformé sur environ 60 mètres, il restera fermé pour plusieurs semaines au moins, plusieurs mois s’il est réparable, sans doute plus d’un an s’il faut reconstruire la travée déformée. Le report du trafic sur les 5 autres ponts est impossible en termes de capacité… Il n’y a pas eu de victimes, si ce n’est 2 blessés légers, tant mieux !

    Les autorités réagissent très vite et mettent en place des déviations éloignées de la ville pour les camions, augmentent la cadence des transports publics avec mise en place de parkings relais en périphérie, facilitent le co-voiturage et régulent la circulation aux feux et carrefours. Et c’est alors que l’on découvre avec étonnement que, finalement, tout se passe assez bien et les déplacements internes à l’agglomération se font avec moins de handicap qu’on le craignait !

    Attention, ceci n’est pas une fiction et toute ressemblance avec des faits réels ne serait pas fortuite : c’est ce qui s’est produit réellement à Rouen sur le pont Mathilde, enjambant la Seine, le 29 octobre 2012.

    Moralité : c’est quand nous sommes dans le mur que nous devenons des citoyens responsables, réalistes et coopérants face à l’adversité. Un immense espoir s’est levé ! Les automobilistes ont pris leurs dispositions en empruntant les transports en commun (8 à 15 % d’augmentation de trafic selon les lignes), ou leur vélo, ou en modifiant leurs modes de déplacements habituels. Les automobilistes se sont, en quelque sorte, largement auto-régulés et les autorités ont pris conscience, plus encore, de la nécessité de repenser la fonction déplacements dans la ville. Quelle avancée, enfin ! Bonne année !

 

    Après « Qu’est-ce qu’on attend ? » voici la publication d’une centaine d’autres chroniques écrites en 2010-2012 : « C’est bientôt la Renaissance ? Pour sortir de la crise écologique. » Editions l’Harmattan 

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=result&ntable=0&andor=OR&artiste=michel%20lerond&motExact=0&orderby=titre&ordermode=ASC et dans toutes les bonnes librairies.

 

 

 

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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 10:00

      En cinq ans, 266 chroniques et mini éco-nouvelles ont été publiées sur ce blog, qui ont fait l’objet de 443 commentaires. La fréquentation totale a été de 24263 visiteurs pour 45 054 pages vues, avec près de 200 abonnés. Voici le rappel des titres pour 2012 :

 

- Cinq ans et 266 articles, déjà. 31-12-12

- Ah, quand j’étais président ! 24-12-12

- L’écologie est-elle une vertu ? 18-12-12

- Paris Tropiques 11-12-12

- Combien ça coûte le cancer ? 04-12-12

- L’espoir 27-11-12

- Une agriculture pour la nature ? 20-11-12

- On se fait une petite sauterelle ? 13-11-12

- Tout va mal ? Ne changeons rien ! 06-11-12

- Nathalie et le Baby Fringues 30-10-12

- Chercheurs de vérités ou chercheurs d’or ? 23-10-12

- Chat’va ? 16-10-12

- Apprendre la nature ! 09-10-12

- La biodiversité, peu importe ? 02-10-12

- Rouen, ville sur un méandre. 25-09-12

- Saumon pas si rose ? 18-09-12

- Mon doux poulet. 11-09-12

- Vous avez dit parité ? 04-09-12

- Mon copain Christophe, le footeux 28-08-12

- La rentrée 21-08-12

- Carnaval des 16 ans 14-08-12

- Rêve tout blanc 07-08-12

- La morsure 31-07-12

- Au service de l’absurde 24-07-12

- Liberté d’entreprendre ? 17-07-12

- De l’eau dans les nitrates ? 10-07-12

- Si tu vas à Rio… 03-07-12

- La biodiversité, on en parle ? 26-06-12

- La nature, un exemple à suivre ? 19-06-12

- Mauvais climat dans les médias ! 12-06-12

- La croissance : stop ou encore ? 05-06-12

- Le nucléaire, c’est une bombe ? 29-05-12

- Graines de révolutionnaires ! 22-05-12

- Climat, sonnette d’alarme ? 15-05-12

- « Des vieux pépés » ? 08-05-12

- Repenser l’agriculture pour le futur 01-05-12

- « La biodiversité à travers des exemples » 24-04-12

- Sols, sous-sols ou sans sols ? 17-04-12

- Décarboner l’énergie ou les têtes ? 10-04-12

- La ville, refuge de la biodiversité ! 03-04-12

- Economie écologique ? 27-03-12

- Une agriculture autonome en énergie ! 20-03-12

- Un siècle de brillance ou d’obsolescence ? 13-03-12

- Des outils pour surveiller l’air et le climat ! 06-03-12

- Zéro pesticides ? 28-02-12

- Petite fable du mardi-gras 21-02-12

- Les antibiotiques, c’est automatique ? 14-02-12

- Bientôt la renaissance ? 07-02-12

- Sommet de la Terre, ou descente aux enfers ? 31-01-12

- Patrimoniale la betterave ? 24-01-12

- Etes-vous bien notés ? 17-01-12

- Bilan d’activités 2011. 10-01-12

- Préventif ou curatif ? 03-01-12

 

     Merci pour vos commentaires toujours avisés et pondérés, ce qui contribue à nourrir notre réflexion commune. Bonne année 2013 à toutes et tous. Par ailleurs, au cours de l’année 2012, nous avons participé à un certain nombre d’activités :

▪ Publications :

- 56 publications : 3 articles et 53 chroniques du blog

▪ Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Rouen :

- Communications : « Repenser l’agriculture pour le futur » ; « L’écologie est-elle une vertu ? »

- Vice-président pour 2012, élu président pour 2013.

▪ Assistance conseil et représentation :

- Participation à l’élaboration du Plan Local d’Urbanisme de Sigy-en-Bray / Saint-Lucien. Conseil municipal

- Conseil de développement du Pays de Bray : membre du bureau. SMAD du Pays de Bray

- Comités de Pilotage des sites Natura 2000 des cuestas du Pays de Bray et du Bray humide. Préfecture de Haute-Normandie

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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 09:37

       C’était une époque formidable. J’étais président, en situation de prendre toutes sortes de décisions et de les mettre en pratique. Je pouvais même changer d’avis et repartir dans une autre direction. 

Un jour, par exemple, je décidais de maintenir une raffinerie située en milieu urbain, alors qu’elle polluait le sol, l’air et l’eau depuis près d’un siècle. Mais je sauvais des emplois !

      Un autre jour, je disais qu’il fallait réduire l’usage des pesticides en agriculture, mais j’accordais des dérogations pour des épandages aériens. 

      Puis j’augmentais la taxe sur l’huile de palme de 300 % au motif qu’elle est néfaste à la santé et favorise la déforestation, mais cette taxe va rapporter beaucoup d’argent à l’Etat, puisqu’elle est très consommée, notamment dans les pâtes à tartiner.

      Puis je revenais discrètement sur les engagements pris pour la non-exploitation des gaz de schistes pour autoriser des forages expérimentaux, puisqu’un nouvel eldorado nous est annoncé, même basé sur des chiffres sans fondement.

     C’était amusant aussi d’annoncer qu’on allait favoriser le ferroutage, tout en mettant de plus en plus de camions sur les routes en les autorisant à passer de 40 à 44 tonnes.

     Je pouvais déclarer que j’allais faire de la France la nation de l’excellence environnementale et le prouver immédiatement en annonçant la mise en place d’une fiscalité écologique pour… 2016.

     Ou bien encore je prenais des mesures pour relancer la compétitivivitété… des entreprises en faisant fabriquer des voitures qui ne servent à rien, comme l’Alpine Renault.

     Autour de moi, les gens riaient, applaudissaient et s’agitaient de plus en plus, visiblement hilares du spectacle.

     Mais au fur et à mesure que le temps avançait, comme dans tout rêve, la situation devenait complexe, un peu cahotique, et je finis par me demander si j’étais vraiment président, et de quoi,  ou plutôt clown dans un sketch à la mode d’un humoriste cynique.

    J’ouvris un œil, aperçu un peu de jour et devinais, derrière les volets, la neige tombée pendant la nuit de Noël. Le rêve était terminé et je me demandais seulement si j’avais vraiment rêvé ou plutôt retracé une sorte de rétrospective de l’année… Un conte de Noël à l’envers, en somme.

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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 09:18

         Chaque année, le vice-président de l’Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Rouen doit prononcer l’éloge de la vertu. C’était mon tour, le 15 décembre 2012. Si les vertus se divisent en vertus morales et intellectuelles, il est certain que je me sens davantage d’affinités avec celles qui incitent à rechercher des vérités dans un registre donné et qui ont leur siège dans la raison. La vertu se trouve ainsi à la confluence de l’intelligence, de la science et de la sagesse. L’écologie est-elle une vertu ? Certes non s’il s’agit de la discipline scientifique, mais peut être s’il s’agit de l’écologisme, courant de pensée venu d’Amérique dans les années 1960. Ah la vertu du langage approprié !

Pour être précis, il faudrait donc poser la question : l’écologisme est-il une vertu ? A en croire les discours ambiants, on serait tenté de répondre par l’affirmative. L’écocitoyen serait donc un être vertueux, surtout s’il trie correctement ses déchets ménagers, consomme des produits de proximité, se déplace à pied ou à bicyclette, etc. Mais comme une chose ne peut être pensée sans son contraire, il faut bien se résoudre à traiter de la vertu, fut-elle écologiste, et de son opposé le vice. Ainsi, le green washing, comme l’on dit maintenant en français, ne serait-il pas à l’opposé de la vertu ? Nous vivons une époque où l’on peut aisément se faire abuser et prendre un vice pour une vertu. Les protagonistes de la société de consommation ont été assez habiles pour légitimer des besoins qui n’en sont pas vraiment, en poussant à consommer toujours plus, et habillant de l’aura de la vertu ce qui ne pourrait bien être que des vices. C’est ainsi que la rhétorique publicitaire vante les vertus écologiques de toutes sortes de produits qui ne méritent pas forcément une telle promotion.

Ainsi, est-il vertueux d’utiliser des lampes basse consommation, alors qu’elles contiennent du mercure ? Est-il vertueux de consommer des produits « naturels » importés de pays où la sous-alimentation perdure ? Que d’exemples pourrions-nous donner, qui sont autant de situations à propos desquelles croît le doute, entre information et intoxication, entre besoins nouveaux et publicité commerciale ou entre vérité scientifique et charlatanisme…

Pour que l’écologisme soit une vertu, sans doute faut-il être bien informé et faire preuve de discernement, ce qui n’est guère aisé. Dans ce domaine, on pourrait enfin se référer à Jean-Jacques Rousseau dont on célèbre cette année le troisième centenaire de la naissance. Dans ses Rêveries du promeneur solitaire, notamment, il se montre précurseur en regardant la nature sauvage avec complaisance, en dehors de tout utilitarisme. Mais ce chantre de la vertu avait abandonné ses cinq enfants ! Personne n’est parfait, ni même tout à fait vertueux… (http://academie1744.rouen.free.fr/

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 08:46

         Nous étions tout un groupe d’élus et de techniciens, partis de Rouen et du Havre pour visiter les nouveaux aménagements de Paris Tropiques. A notre arrivée en gare Saint-Lazare, Linda, chargée de communication à la mairie de Paris, nous invita à gagner les Champs Elysées par le métro. Descendus à la station de la place Clémenceau, nous fûmes tout de suite ébahis : la perspective depuis la Concorde jusqu’à l’Arc de Triomphe était devenue une coulée de verdure au sein de laquelle ne subsistaient plus que deux files de circulation automobile.

       C’est qu’en effet, après la canicule de 2003 qui avait fait 15 000 morts en France, les responsables de l’aménagement urbain avaient fini par admettre qu’il faudrait bien faire avec les modifications climatiques et plutôt les anticiper pour s’en prémunir. A Paris, il fut décidé vers 2015 de planter la voirie, au moins en partie, dès qu’elle dépassait 15 mètres de largeur. Le but était de modifier l’aménagement urbain en vue d’atténuer les effets des futures canicules qui allaient être de plus en plus fréquentes. La végétalisation des chaussées et des terrasses d’immeubles permettait d’espérer une baisse des températures de 3 à 5° en journée pendant une canicule. A cela s’ajoutaient de nombreux plans d’eau de petites surfaces qui contribuaient à la régulation thermique. Cette eau servait aussi à l’arrosage des plantations et provenait, bien sûr, du recyclage des eaux usées. Cette opération de longue haleine avait été dénommée Paris Tropiques, allusion au Paris Plage d’autrefois qui, d’une certaine façon, anticipait ce grand mouvement. Aujourd’hui, en 2028, Paris avait pris un tout autre visage et attirait encore plus de touristes que par le passé, tant cela paraissait révolutionnaire. Après la baisse de la circulation automobile de 25 % pendant la première décennie du siècle, celle- était maintenant réduite au minimum et la ville avait des airs de campagne en majesté !

       D’autres villes avaient les mêmes préoccupations, comme en Normandie. A Rouen, après que les quais aient été complètement réaménagés dans les années 2010-2015, il était question maintenant de déconstruire l’Ile Lacroix pour en faire un grand parc. Au Havre, la réflexion portait sur le verdissement d’une grande partie du port, après les tentatives réussies de transformation d’un bassin désaffecté en jardin aquatique.

       L’un des membres de notre groupe, bien que très satisfait de cette visite, temporisait notre enthousiasme : il disait avoir visité Singapour au début du siècle, c’était une cité verte dégoulinante de verdure, offrant des jardins botaniques, des serres et même une forêt vierge privée… en pleine ville. Il avait même pu visiter l’hôtel Marina Bay Sands qui disposait au sommet, à 200 mètres, d’une piscine bordée d’un bois de palmiers ! Que la nature soit parmi les Hommes.

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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 08:24

             Il est des choses que l’on n’aime pas quantifier, parce qu’elles relèvent du qualitatif ou de l’affectif. C’est le cas de la biodiversité, déjà évoquée sur ce blog, mais aussi des maladies graves, tant leur impact psychologique peut être important. C’est ainsi qu’une étude récente, émanant de l’université d’Oxford révèle ce que coûtent les cancers. Il s’agit d’une mise en forme des données en provenance de nombreux organismes européens. L’étude annonce l’ampleur du « sinistre » avec un coût de 124 milliards d’euros par an pour l’Europe, soit de 32 € (Lituanie) à 165 € (Allemagne) par habitant. La France se situe dans la moyenne avec un coût de 91 € par an et par habitant. Ces coûts cumulent les frais de santé directs (hospitalisation et médicaments), les frais de suite et les pertes de productivité. Les cancers du sein et du poumon sont les plus coûteux avec respectivement 6 et 19 milliards d’euros par an pour l’Europe. 

          En France, comme dans bien d’autres pays, la lutte contre le cancer est une priorité de santé publique, ce qui est bien normal d’autant plus que les espoirs de guérison sont maintenant avérés. Mais en période de crise économique, la question d’une limite des dépenses pourrait se poser malgré tout. Il n’en est rien puisqu’en France, on compte près de 5 000 chercheurs sur ce thème, dont le principe de base est : « toute amélioration du service rendu au patient est jugée supportable au plan financier par la société ». La lutte contre le cancer représente un bel exemple de solidarité nationale qu’il n’est pas vain de rappeler en ces temps difficiles, mais ne faudrait-il pas aussi s’interroger sur les raisons de ces maladies et accentuer les efforts de prévention. 

         C’est dans cet esprit que l’ONG Green Cross Suisse vient de faire savoir qu’environ 125 millions de personnes dans le monde sont menacées par les 10 polluants les plus dangereux de la planète, avec des méfaits sanitaires équivalents à ceux des trois grandes infections mondiales que sont le sida, la tuberculose et la malaria. Comme trop souvent, dans bien des cas, on savait ! C’est le cas, par exemple, des émissions de micro-particules cancérogènes par les moteurs diesel, connues depuis une trentaine d’années et que l’on feint d’avoir découvert tout récemment. Il en résulte une impasse sur le plan industriel, compte-tenu de l’importance du parc automobile diesel, et des coûts importants supportés par… le système de santé, sans compter quelques « désagréments » pour les patients concernés. 

         Répétons le encore une fois : il y a un besoin impératif d’expertise et d’évaluation en amont. A minima, on fera des économies !

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