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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 09:31

Les musées d’histoire naturelle, avec leur cortège d’animaux « empaillés » et de boîtes d’insectes sont progressivement tombés dans l’indifférence après avoir connu des heures de gloire. Souvent nés à la fin du 19ème siècle, plusieurs de ces musées, en France, ont été fermés au public dans les années 1980-90, pour « des raisons de sécurité ». Mais voilà qu’une dizaine d’entre eux ont été rénovés et ouvrent à nouveau leurs portes, en particulier à Rouen, Le Havre, La Rochelle, Toulon, etc.

Ces musées, avec leurs alignements d’oiseaux, de mammifères régionaux ou exotiques, de coquillages, d’outils préhistoriques, de moulages de champignons, de dioramas, etc. ont longtemps constitué des lieux un peu étranges, insolites, offrant au visiteur une sorte de magie du vivant et essayant de faire passer un message pédagogique, empreint de nostalgie.

Dès les années 1970, en parallèle à la montée de la prise de conscience des enjeux environnementaux, les museums ont tenté de se rajeunir en initiant des expositions, animations, conférences sur les thèmes montants de la biodiversité et des atteintes à la nature. Ce fut, pour leurs animateurs, une rude tâche tant était faible l’écoute des décideurs locaux, plus prompts à reléguer ces établissements au rang de fossile plutôt que de lieu d’animation.

Les temps ont changé, la sensibilisation du public a mûri et les élus locaux en tiennent compte. C’est ce qui explique le renouveau des museums, devenus lieux de réflexion et de proposition sur la sauvegarde de la biodiversité, et initiateurs d’une réconciliation entre l’homme et la nature.

La muséologie témoigne de notre relation à la nature à travers le temps. Mais cette vision nostalgique comporte le risque de faire des museums des « musées de musées », concept certes intéressant, mais insuffisant par rapport à l’attente du public. Ainsi, le museum de Rouen, par exemple, réfléchit à la synthèse à opérer entre ce patrimoine scientifique prodigieux que représente les 800 000 pièces détenues, d’une part et d’autre part les questions d’écologie, d’environnement, de développement durable, qui ne manquent pas de susciter des questions du public. Une nouvelle approche muséologique pourrait consister à montrer l’évolution des relations entre l’homme et la nature sur un territoire donné et, à partir de là, s’interroger sur les grandes tendances actuelles pour inviter à mieux y répondre.

C’est ainsi que les museums pourront constituer de véritables outils pédagogiques pour l’avenir en même temps que des conservatoires d’espèces, dont certaines disparues, pour la recherche scientifique.

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6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 18:49

Les Français bénéficient, dit-on, du meilleur système de soins au monde. Au-delà de ce cocorico, il y a sans doute beaucoup de vrai dans cette affirmation tant notre système de soin est performant. Mais est-ce pour autant la garantie d’une bonne santé ? Il semble bien, en effet, que jusqu’à maintenant on ait largement favorisé le curatif plutôt que le préventif. La médecine actuelle traite les malades et non les causes des maladies. Une évolution récente est cependant à souligner, devant le développement des cancers et des maladies cardio-vasculaires notamment, avec une implication forte des organismes de sécurité sociale et caisses de retraite pour inciter à la prévention.

Il y a tout lieu de se réjouir de cette évolution du système médical dans la mesure où les aspects environnementaux sont bien identifiés comme facteurs de risques importants. Il est heureux de constater que trois facultés parisiennes ont créé récemment un diplôme interuniversitaire de santé environnementale (en formation continue ou complément de formation initiale) abordant les thèmes de la qualité de l’air intérieur, le bruit, l’écotoxicologie, les risques sanitaires, etc.

Les cancers sont devenus la 1ère cause de mortalité en France et l’on sait que plus des 2/3 de ceux-ci sont liés à des facteurs environnementaux. Les voies de contamination sont essentiellement cutanées, respiratoires et alimentaires. Mais alors que l’enquête de la Mutualité Sociale Agricole a montré l’apparition de nombreux cancers du cerveau chez des enfants d’agriculteurs, les pesticides sont toujours très peu étudiés en termes de toxicologie. Certains chercheurs estiment qu’en France, au moins 10 000 cancers par an sont dus à une alimentation polluée. Des médecins, de plus en plus nombreux, en ont assez de soigner des cancers sans que l’on agisse sur les causes.

C’est bien le médecin généraliste qui doit être le pivot de cette politique de santé. Pourtant cette discipline souffre d’un manque de reconnaissance et d’une désaffection marquée des jeunes médecins. C’est ainsi que les 48 000 généralistes en fonction aujourd’hui en France ne seront plus que 25 000 en 2020. Il faut dire que la tendance lourde du monde médical à pousser à l’hyperspécialisation ne favorise pas la médecine généraliste. Certes nous avons besoin de techniciens médicaux de haut niveau, mais c’est bien le généraliste qui est le plus apte à faire la synthèse des éléments de diagnostic et à assurer le lien social et psychologique avec le malade et sa famille.

Les études d’impact et autres procédures d’autorisation environnementale ont assez largement négligé le volet sanitaire jusqu’à maintenant. Il est grand temps d’y remédier en y associant le monde médical pour une véritable politique de santé.

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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 08:42

         Le film de Jean-Paul Jaud, qui raconte la conversion au Bio de la cantine scolaire dans un petit village des Cévennes, connaît un succès mérité. Certes le film « Nos enfants nous accuseront » est teinté de militantisme et certaines affirmations seraient peut être à pondérer, mais le ton est juste et l’alarme, face à l’augmentation des cancers dus aux pesticides, justifiée.

En 1962, la biologiste américaine Rachel Carson publiait son ouvrage Silent Spring (Printemps silencieux) qui accusait certains pesticides d’être dangereux pour les oiseaux (d’où le titre justifié par l’absence de leur chant) et pour l’homme. Ce livre fut à l’origine d’une prise de conscience de l’opinion publique en Amérique, puis en Europe et fut en quelque sorte fondateur du mouvement écologiste. C’était il y a… 47 ans.

Si l’on fait un parallèle avec la problématique de l’amiante, les premiers morts sont connus en 1906 en Basse-Normandie et le produit est interdit en 1996, 90 ans plus tard. Avec juste un peu de cynisme, on pourrait donc craindre qu’il faille attendre encore 43 ans pour que soient interdits les pesticides dangereux… Sans doute, le Grenelle de l’environnement. a-t-il prévu des mesures dans ce sens, mais elles sont contestées et toujours atténuées et différées.

Comme souvent, si le consommateur est bien informé, il peut effectuer ses achats alimentaires de façon responsable et sélective et, de fait, boycotter les denrées qui contiennent des produits dangereux pour la santé. Cela suppose que les systèmes de production et de distribution soient bien orientés et suffisamment contrôlés, ce qui relève du politique. Comme toujours le tandem citoyens - politiques est indispensable au bon fonctionnement de la société.

La bonne voie à suivre est-elle nécessairement l’agriculture biologique, afin de se passer des pesticides, au moins des plus dangereux ? Sans doute peut-on admettre que cohabitent différentes formes d’agriculture, mais aucune ne doit être nocive à la santé. L’agriculture conventionnelle actuelle s’apparente plutôt à un écocide en portant atteinte gravement à la faune et la flore sauvages, aux paysages et à la santé humaine. Même dite « raisonnée », l’agriculture a de gros progrès à faire pour devenir raisonnable et acceptable par tous les consommateurs. Il y a urgence pour que nos enfants et petits enfants ne nous accusent pas.

 

Voir aussi notre chronique « Paysan, un métier du futur ? » du 3 juin 2008.
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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 18:44

Cest formidable, pour une fois tout le monde est d’accord : il faut simplifier le millefeuille territorial de la France. Mais tout le monde est d’accord aussi pour modifier le moins possible l’existant et surtout ne rien supprimer… Ah la schizophrénie à la française !

Après le rapport Attali qui avait déclenché les foudres en proposant la suppression des départements début 2008, voilà que le rapport Balladur, un an plus tard, provoque un séisme en proposant de réformer les collectivités locales.

Il est vrai qu’avec 26 régions, 100 départements, 3 000 intercommunalités et 36 700 communes, le paysage territorial français aurait bien besoin d’être redessiné. Le pouvoir en place, non dépourvu d’arrières pensées électoralistes, a finalement préféré temporiser et différer la réforme plutôt que d’affronter les élus mécontents.

Il y a donc beaucoup de « non-dit » dans cette réforme, tant au niveau du gouvernement que des élus locaux eux-mêmes. Derrière les récriminations (ont-ils seulement lu le rapport Balladur ?) combien d’élus ont des arguments fondés autres que le maintien de leur(s) mandat(s)… Derrière l’hostilité à cette réforme se cache, en effet, le problème récurrent du cumul des mandats qui créé la confusion sur les fonctions électives : en démocratie, un mandat politique doit rester une fonction, ce n’est pas une profession.

La réforme des collectivités locales, pour aboutir, devra être accompagnée d’une relance démocratique pour régler la question du cumul des mandats, appliquer la parité, rajeunir la classe politique, et préciser le statut de l’élu, notamment lorsqu’il n’est pas issu de la fonction publique.

Ce n’est qu’en réglant ces questions que l’on pourra vraiment faire évoluer l’organisation territoriale. Le rapport Balladur ne règle pas tout, mais il apporte des pistes de réflexion très constructives qui ne doivent pas être écartées. « Il est temps de décider », tel est le titre du rapport ; en démocratie c’est l’électeur qui décide et celui-ci est libre de ne plus voter pour les cumulards, de voter pour davantage de jeunes et de femmes. Encore faut-il que l’électeur soit démocrate et non monarchiste…

 

Voir aussi nos chroniques « Ferez-vous le 11 ? » du 22 janvier 2008 ; « Faut-il supprimer les départements ? » du 11 mars 2008 et « Comment décider ? » du 17 février 2009.

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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 08:30

Les modifications climatiques apportent des arguments aux partisans du nucléaire du fait que ce mode énergétique ne produit pas, ou peu de gaz à effet de serre (extraction de l’uranium, construction et démantèlement des centrales). De fait la France compte 58 réacteurs nucléaires qui assurent 79 % de la consommation d’électricité. La France vient ainsi en seconde position après les Etats-Unis. Au niveau mondial la proportion d’électronucléaire est de 16 %, soit 2,5 % de la totalité de l’énergie consommée, ce qui relativise un peu les choses.

C’est dans cette continuité que la France a décidé la construction de 2 EPR, réacteurs de 3ème génération, sans concertation, sans évaluation… et en prenant à « rebrousse poil » l’esprit du Grenelle de l’environnement. Outre le risque de contamination, en cas d’accident, un vrai souci du nucléaire est la production de déchets radioactifs. Le volume de déchets nucléaires devrait voisiner 2 millions de mètres cubes sur le sol français en 2020, soit 1 kg/an par habitant (c’est 100 kg/an par habitant pour les déchets chimiques toxiques…). Cela sans oublier l’héritage des mines d’uranium françaises (émission « Pièces à conviction » de France 3 du 11 février 2009) qui représente 210 sites miniers et 166 millions de tonnes de « stériles ».

Les réserves mondiales d’uranium (confirmées et potentielles), sont de l’ordre de 16 millions de tonnes, soit 50 à 70 ans de combustible. S’agissant de la France, l’indépendance énergétique est un leurre puisque nous importons 100 % de l’uranium dont 80 % du Niger, pays pauvre où les conditions d’extraction sont peu scrupuleuses, au détriment des populations locales. Du fait des limites de la ressource, le pic de consommation d’uranium devrait se situer vers 2030, comme le « peak oil » pour le pétrole autour de 2013. Certes l’Inde mise sur le thorium comme combustible nucléaire (mise en service prévue pour 2020) qui présente de nombreux avantages, mais dont les ressources sont limitées.

Comme toujours en matière d’environnement, les choses ne sont pas simples et ne se règlent pas avec des « Y a qu’à ». Il y a toujours à relativiser (voir notre chronique « Comment décider ? » du 17 février 2009). Le nucléaire nous permettra-t-il d’échapper à la crise énergétique ? Rien n’est moins sûr. Il faudra surtout se résoudre à revenir à des principes de bons sens :

1 -  Economiser l’énergie, compte-tenu du gaspillage important.

2 – Avoir recours au « bouquet énergétique » en diversifiant les sources, y compris à l’échelle individuelle.

3 – Casser les monopoles en facilitant l’auto-production énergétique, notamment dans l’industrie et l’agriculture.

Au fait, n’oubliez pas d’éteindre la lumière en sortant de la salle de réunion où vous avez discuté du nucléaire…

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10 mars 2009 2 10 /03 /mars /2009 08:47

Pendant longtemps, les personnes soucieuses de l’intégration de l’architecture dans l’environnement ont été attentives au style des maisons afin qu’elles respectent les critères de l’habitat traditionnel : volumétrie, matériaux et couleurs des murs, type de toiture, forme des ouvertures, etc. Les mêmes, dont j’étais, ont de ce fait eu à déplorer les constructions « standards » se répétant à l’infini, quelque soit la région et son contexte architectural traditionnel. Le marché a eu raison de la tradition, si ce n’est ici ou là quelques aspects sauvegardés, comme les tuiles canal dans le sud ou les pignons aveugles en Bretagne.

Mais les temps changent et, la crise aidant, on se soucie de plus en plus d’énergie en construisant des bâtiments peu gourmands, voire à énergie positive. Les contraintes techniques que cette approche suppose ne se concilient pas toujours facilement avec les volumétries traditionnelles. Va-t-on, de ce fait, vers des « maisons écologiques » qui n’auraient plus rien à voir avec les aspects ancestraux de l’habitat ?

En poussant à l’extrême, on pourrait concevoir une maison qui tienne dans un cube, à énergie positive, avec une terrasse végétalisée, des ouvertures à fonction bioclimatique, une loggia d’angle, des panneaux photo-voltaïques en façade et une éolienne à axe vertical qui domine l’ensemble. Les nouveaux canons de notre époque seraient satisfaits, mais on serait bien loin, par exemple, de la chaumière normande à colombage…

Alors que faire ? Faut-il s’accrocher à la tradition ou savoir évoluer ? Ne peut-on imaginer une synthèse entre l’architecture traditionnelle et la contemporaine ? C’est le défi que vont devoir relever les architectes, comme certains s’y sont déjà employés en choisissant des matériaux apparents comme le bois ou la brique par exemple, en redessinant les toitures et les ouvertures pour concilier des caractéristiques régionales du bâti avec une nouvelle donne des fonctionnalités.

 

Voir aussi ma chronique « Habitat bioclimatique ou habitat régional ? » du 29 avril  2008.

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3 mars 2009 2 03 /03 /mars /2009 08:26

 

La crise économique et sociale touche beaucoup de pays qui ont réagi en mettant en place des plans de sauvegarde dont les véritables impacts à terme sont mal connus. Quelles seront en effet les répercussions, plus ou moins lointaines, de ces plans qui vont amplifier la dette nationale ? Les Etats vivent ainsi à crédit, en espérant pouvoir résorber la dette un jour…

Cela n’a pas empêché, dans les pays développés les citoyens de continuer à consommer, en achetant… à crédit. La baisse du pouvoir d’achat n’entame que partiellement le moral des consommateurs qui sont encouragés, par des publicités, à regrouper leurs crédits pour pouvoir aller de l’avant !

A cette occasion ne faudrait-il pas remettre un peu d’ordre et de transparence dans la « vérité des prix » ? Dans la fringale d’achat, personne ne sait plus ce que coûte réellement les choses. Ainsi qui sait que le repas de cantine à l’école, toujours trop cher bien sûr, est payé par les parents pour environ la moitié du prix ; que le ticket de transport collectif, toujours trop cher, est payé pour environ 30 % par le voyageur ; que les frais médicaux, toujours trop chers aussi, sont payés environ à hauteur de 10 % par le patient, quand ils ne sont pas gratuits. Le reste est alors payé par le contribuable.

Dans un secteur important comme l’agriculture, les subventions de la PAC représentaient en 2003 environ 90 % du revenu moyen des exploitations, payées par les contribuables européens, notamment les Allemands. Une étude britannique très détaillée montrait que l’agriculture, en 1996, coûtait chaque année à la Grande Bretagne environ 3,5 milliards € en dépollution, restauration des habitats, traitement des maladies causées par l’agriculture, soit l’équivalent des revenus du secteur…

Curieuse façon que de toujours reporter sur « quelqu’un d’autre » le coût de ce que l’on achète : soit le contribuable paie pour le consommateur, soit les générations futures paieront pour les présentes. Certes la solidarité est indispensable pour rétablir des équilibres difficilement tenables, comme dans le cas de la santé, mais celle-ci a aussi ses limites quand on frise une telle indécence. La dette publique d’aujourd’hui est préjudiciable à l’avenir des générations futures, de même que la surexploitation des matières premières, ce qui peut générer des conflits intergénérationnels que l’on pressent déjà.

La dette de la France, qui était de  1 200 milliards € en 2007, devrait passer à 1 400 milliards € en 2010. Il va donc falloir résoudre cette équation difficile : comment résorber la dette en l’augmentant chaque année ?? Il y aurait de quoi rire si ce n’était pas si grave. Pour en sortir, il faudra bien se résoudre à consommer moins dans les pays développés.

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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 07:54

Comme nous le disions, il y a peu, dans notre chronique «Biodiversité : vous ne le saviez pas ? » du 10 février 2009, les enjeux majeurs du 21ème siècle sont clairement la biodiversité et l’eau, mais aussi le climat et l’énergie. Là encore, bien que cela soit devenu évident pour une partie de la population, les évolutions indispensables ne sont pas toujours au rendez-vous, comme si on ne savait pas…

Pour ce thème aussi, quelques extraits de publications accessibles à un large public  témoignent que tout cela est connu depuis bien longtemps :

-         2000 : Le Monde (Yves Lenoir) : « Les tempêtes, inondations et sécheresses « du siècle » succéderont de plus en plus fréquemment aux tempêtes, inondations et sécheresses « du millénaire ».

-         1992 : brochure du PNUE « Audit de la Terre » : « De tout son histoire, notre planète n’avait jamais été confrontée… au danger croissant d’un réchauffement mondial... »

-         1989 : Le Courrier du CNRS : « Recherches sur l’environnement » : « … L’augmentation du gaz carbonique d’origine anthropique appelle de nombreuses questions : quel est son impact climatique ? Comment répond la biosphère ? Quelle sera l’évolution future ? »

-         1980 : René Dubos, Courtisons la terre (Stock) : « On estime ainsi possible une fonte de la calotte polaire due à l’intervention de l’homme. »

-         1979 : Le Nouvel Observateur : « 1980-2000 : vingt ans qui vont tout bouleverser : … Le temps de l’insouciance énergétique est révolu. Définitivement. »

              Il y a ceux qui se projetaient dans l’avenir comme Yves-Bruno Civel de la revue Systèmes solaires (in : L’Environnement magazine de 1995) : « … dans 150 ans… le monde souffrira encore de l’effet de serre car le phénomène du réchauffement global du climat aura été difficile à ralentir. »

         Et vous, dans quelques années, vous direz que vous ne saviez pas ?

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17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 08:39

Chacun l’a remarqué, certaines décisions publiques sont prises « à la va-vite » sans que l’on voit clairement quel en est le fondement, quand ce n’est pas « le fait du prince » qui décide seul, sans argumentaire audible. C’est ainsi qu’a été décidé le programme nucléaire français, dans les années 1970, ou ces derniers temps le lancement des EPR. C’est aussi de cette manière qu’en Haute-Normandie, il y a quelques années, ont pu être décidés des contrats d’agglomération sans que l’on ait pris la peine d’en définir les objectifs… Au-delà de la rigueur intellectuelle se pose la question du bon usage des fonds publics, au bénéfice de la collectivité, dans une perspective de développement soutenable.

En ces temps de crise que nous traversons, la prise de décision est d’autant plus importante que ses conséquences peuvent être très lourdes. Dans le domaine de l’aménagement, de l’urbanisme ou de l’environnement les décisions sont parfois perçues comme déconnectées des réalités quotidiennes ou des engagements pris par ailleurs comme, par exemple, ceux du Grenelle de l’environnement. Pourtant le processus de décision devrait être toujours le même : diagnostic à enjeux à objectifs à actions.

Le diagnostic fait apparaître les grandes composantes du problème à résoudre et identifie les enjeux révélés par la description de cet état initial. Ces enjeux sont hiérarchisés, puis déclinés en objectifs stratégiques, en vue d’estimer les impacts. C’est à ce stade que des indicateurs sont choisis par rapport aux enjeux identifiés comme prioritaires pour faire l’objet d’un suivi régulier. Ce n’est qu’en fonction de ces éléments que seront décidées les actions, en toute connaissance de cause.

Le processus de décision, pour être efficace, doit être associé à une démarche d’évaluation et bien sûr à une concertation. On voit bien tout le chemin qui reste à accomplir, du niveau communal au niveau national, pour que les décisions publiques soient prises en connaissance de cause, en concertation et en faisant l’objet d’une évaluation des résultats par rapport aux objectifs.

Alors, c’est décidé ?

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10 février 2009 2 10 /02 /février /2009 08:37

      C’est devenu un peu une litanie, à force de le répéter : les enjeux majeurs du 21ème siècle sont la biodiversité et l’eau (indispensables à la vie et donc à notre alimentation), le climat et l’énergie (conditions de notre logement et de nos déplacements). Bien que cela soit devenu évident pour une partie de la population, les réalités quotidiennes ne traduisent pas toujours les évolutions indispensables, comme si on ne savait pas…

Pourtant, tout cela a été dit depuis longtemps comme en témoigne quelques extraits de publications accessibles au « grand public », parmi des centaines d’autres :

- 1998 : Sciences et Avenir : «  Des milliers d’espèces sont en voie de disparition sur la planète. Les protéger ne sert à rien si l’on ne préserve pas le milieu où elles vivent et si on laisse s’épuiser le sol qui les abrite. »

- 1992 : brochure du PNUE « Audit de la Terre » : « Les activités humaines sont responsables de la diminution rapide du nombre d’espèces animales et végétales qui existent sur notre planète. L’industrie et l’agriculture dépendent de cette biodiversité pour une partie importante de leurs besoins. »

- 1990 : L’Express : « Le nouvel ordre écologique mondial » : « …Quand au patrimoine génétique, la cause centrale est la destruction des forêts tropicales… Il s’agit de ressources dont la perte est définitive et qui sont irremplaçables. »

- 1986 : Actuel : « 8 bombes à retardement » : « La plus grande extinction d’espèces animales et végétales… a lieu en direct sous nos yeux et nous en sommes la cause. »

Et pour ceux qui avaient déjà quelques interrogations, voici quelques preuves de prises de conscience, déjà anciennes :

- 1973 : Konrad Lorenz, Les huit pêchés capitaux de notre civilisation (Flammarion) : « L’homme civilisé qui dévaste, avec un vandalisme aveugle, la nature vivante qui l’entoure et dont il tire sa subsistance, attire sur lui-même la menace d’une ruine écologique. »

-  1952 : Roger Heim, Destruction et protection de la nature (A. Colin) : « Il s’agit de sauver ce qui subsiste d’un patrimoine partout gaspillé, de plus en plus pillé, et dont le mécanisme de transformation aboutit, par l’érosion, à la désertification. »

         Et enfin, il y a ceux qui se projetaient dans l’avenir comme Patrick Blanc du Museum de Paris (in : L’Environnement magazine de 1995) : « … dans 150 ans… les conservatoires d’espèces vivantes se multiplieront. Les espaces verts des villes seront les derniers refuges des espèces rares. »

         Et vous, dans quelques années, vous direz que vous ne saviez pas ?

 

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