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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 09:28

 

Dans la Somme, un projet de ferme dit « la ferme des 1 000 vaches » fait beaucoup parler. Le projet, mené par l’entreprise de BTP Ramery, prévoit de coupler l’exploitation avec une centrale électrique alimentée par le biogaz provenant des déjections animales. Des riverains et des associations de défense de l’environnement sont vent debout contre ce projet au motif qu’il va générer un trafic important de camions, consommer de l’eau en très grande quantité, faire courir un risque d’épizootie et surtout… parce qu’il est disproportionné par rapport à ce que l’on connaît de l’agriculture picarde.

Bien que la démarche soit très innovante, en couplant élevage et production d’énergie, il est sûr que l’on franchit là un seuil, en passant de l’agriculture à l’industrie, dans un esprit de gigantisme et de recherche de profit qui laisse, pour le moins, perplexe.

Mais regardons autour de nous, c'est-à-dire autour de la planète. En France, les cheptels de plus de 100 vaches sont encore assez rares. Au Danemark, la moyenne est à 110 vaches, mais en Californie on atteint 1 056 ! Encore plus fort : en Arabie Saoudite, 5 élevages suffisent à assurer l’autonomie de tout le pays en produits laitiers. La ferme de Al Safi a été la plus grande au monde avec 18 000 vaches Holstein en plein désert, pour une production de 122 000 litres de lait… par jour. Cette ferme est un modèle du groupe Danone qui envisage de la reproduire en différents endroits de la planète. Mais cela, c’était… en 1998.

Aujourd’hui, la plus grande ferme au monde est, peut être, celle de Fair Oaks farm, aux Etats-Unis (Indiana) avec environ 30 000 vaches. Celle-ci est ouverte au public, comme un parc d’attraction, pour assister au spectacle grandiose de la traite et ainsi « faire la promotion de l’agriculture durable ». Elle est couplée à une unité de production de biogaz qui alimente 42 camions de lait et le réseau de gaz naturel.

Mais ce n’est pas tout : en Asie aussi, le phénomène des méga fermes progresse. En Chine bien sûr où deux fermes Fonterra de 3 200 et 7 200 vaches ont été créées récemment. En Inde un projet de construction d’une dizaine de fermes de 3 000 vaches est en cours de préparation. Au Pakistan, l’industriel Engro Foods a en projet la construction de 100 fermes de 3 000 vaches chacune. Enfin un nouveau record est en vue avec le projet de TH Milk au Vietnam pour ouvrir en 2017 une ferme de… 137 000 vaches.

Ah la vache ! Je ne sais plus si j’ai encore envie de lait… et vous ?

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Published by Michel Lerond - dans Nouvelles
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commentaires

Christiane Obers 19/10/2013 13:04

Meuh ,meuh meuh , meuh meuh .....Meuh (puissance 1000)

Cyriaque 10/10/2013 21:51

Voici une citation de Robert Hainard qui nous ouvre le champ de la réflexion :
« Sans doute avons-nous tort de croire l'agriculture plus « naturelle » que l'industrie. L'homme a vécu des millions d’années avec une industrie si modeste soit-elle, il n'y a que : quelques
dizaines de siècles qu'il a entrepris de modifier systématiquement la nature. La civilisation pastorale, qui passe pour le plus près de la nature, est celle qui en a détruit le plus: les forêts,
les grands fauves, les grands herbivores lui perturbaient l'élevage. Je ne crois pas au "paysan gardien de la nature". D'un certain état de la campagne, toujours en évolution plus ou moins rapide,
oui. Foncièrement, le paysan est l'adversaire de la nature. Tout ce qui ne travaille pas pour lui est sales bêtes et mauvaises herbes, bonnes à écraser et à incendier. Il est bien des paysans qui
aiment la nature, c'est en tant qu'individus non comme paysans.

Bien sûr que je ne défends pas l'abus des engrais et surtout des pesticides. Mais toutes choses égales d'ailleurs, je ne crains pas l'intensification de l'agriculture et même son industrialisation,
à condition que ce soit pour nourrir plus de population sur moins de territoire, non pour augmenter la population mais pour restreindre le territoire cultivé et rendre de l'espace à la nature
sauvage. Tout en allégeant la peine des hommes, en leur donnant des loisirs qui ne peuvent les conduire, s'ils sont bien utilisés, que vers la nature (et vers tout ce qu'elle apporte à la culture,
intellectuelle cette fois)."

Robert Hainard

Michel Lerond 13/10/2013 09:34



Merci Cyriaque de ce commentaire sur la démographie et de cette citation de Robert Hainard. Ses arguments sont tout à fait recevables, venant de lui grand protecteur de la nature. Je serais
toutefois un peu plus nuancé dans la mesure où il  semble que l'on ne peut pas traiter de la "matière vivante", quand bien même s'agit-il de vaches, cochons ou poulets, comme d'un "produit
manufacturé". Nous sommes toujours à la recherche d'un certain équilibre...


Michel



Cyriaque 10/10/2013 21:42

Michel, tu soulèves un fait essentiel qui me semble à la base de la plus grande partie de nos problèmes écologiques : notre démographie irresponsable. En effet, c'est encore un sujet tabou, mais de
moins en moins je trouve. Je te rejoins aussi en préférant "choisir" plutôt que "subir". Voici un lien pertinent : http://www.demographie-responsable.org/

Danielle Lerond 02/10/2013 10:16

Complètement d'accord avec le commentaire précédent. Sauf peut-être son pessimisme: des alternatives à ce mode de traitement des animaux destinés à être mangés existent. Par exemple celle-ci :
http://youtu.be/1jHNTjfQMWE. Personnellement, j'aime aussi la viande, et gère mal le conflit intérieur de cette gourmandise avec mon respect de la gente animale et de la vie en général... Ah! Si
Darwin ne m'avait pas été conté!
Sérieusement, c'est à chacun d'agir sur son propre terrain, je pense. Ce qui n'exclut pas les débats sans lesquels aucune alchimie entre notre imaginaire avide d'un monde meilleur et notre activité
dans le monde réel ne peut exister, ce me semble...
Je mange uniquement bio (AMAP et marchés) et de la viande une à deux fois par mois...

Michel Lerond 03/10/2013 11:22



Merci beaucoup à Philippe, Cacahuette, Danielle et Laurent et aussi à Dorothée et Xavier pour vos réactions et le débat qui s'instaure entre Vous. Comme toujours, ces questions en suscitent
d'autres et rien n'est vraiment simple.


En effet il faudra bien trouver un moyen "efficace" de nourrir la population terrestre qui ne cesse de croître, mais il faut aussi garder un certain respect de la vie animale...


Pour ma part, il me semble qu'il faudra bien un jour aborder la question taboue de la limitation de la population terrestre. Pas simple, mais mieux vaut une régulation réfléchie et "humaine"
plutôt qu'une régulation "naturelle" par épizooties gigantesques par exemple... Il faudra aussi s'interroger sur ce qu'est la vie, même animale. Les vaches, porcs, poulets, lapins et autres
canards ne sont pas des produits manufacturés... et cela pose quelques questions éthiques aussi. Un éleveur paysan a un réel contact avec ses animaux !


Michel



Laurent M 02/10/2013 09:44

Alors je fais quoi? Je suis tenté par le végétarisme et peut être par le véganisme. J'aime bien le slogan "On ne mange pas nos animaux" Mais je mange de la viande avec plaisir.
On va être bientôt 10 milliards sur terre, il va en falloir du lait, des produits carnés, de l'énergie. Les industriels de s'y trompent pas. Alors moi què'que je fais? Faut limiter sa propre
empreinte sur terre par tous les bouts. Et puis considérer le règne animal. Les animaux ne sont pas des machines industrielles.

Danielle Lerond 01/10/2013 10:23

Cette voie soit-disant "durable" ne l'est pas, y compris pour les industriels eux-mêmes, qui pourtant le savent bien. Mais hormis leurs profits, rien ne les intéresse.... Le gigantisme en matière
de boucherie(s) devient monnaie courante (galopante!), hélas, avec toutes les conséquences sur le "développement durable" de la vie sur (et de)cette planète....

Cacahuette 01/10/2013 10:12

Quand je repense à "mon Gautier" et ses 3 vaches !! ... C'était ... que au siècle dernier !!. Biz.

Philippe SAUVAJON 01/10/2013 09:53

Tout comme pour la viande, on essaie de se restreindre (1 fois par semaine), mais il faut avouer qu'un bon Neufchatel fermier (http://earl-moinet.com/la-fromagerie.php), de temps en temps avec une
baguette normande (http://alimentation.gouv.fr/un-pain-100-local) et un verre de cidre (http://papimarc.typepad.fr/declein/2010/04/de-ferme-en-ferme-au-clos-du-mont-joyet-pays-de-bray.html)